BELL1NI — BELSUNCE
y a trop de majesté officielle et pas assez d'émotion intime dans ces expressions si placides et si reposées. Ajoutons que le peintre excelle à construire les groupes avec une symétrie parfaite qui n'exclut point l'aisance et le naturel. Parmi les chefs-d'œuvre de Bell in i, nous citerons, au-dessus du maitre-autel de la sacristie de Sancta-Maria de1 Fratri, à Venise, la Vierge sur son trône, entourée de saints et d'anges faisant de la musique, et symbolisant ainsi, avec une rare éloquence, l'accord harmonieux qui règne entre les divers personnages de ce groupe ; un Christ enseignant, dans une attitude pleine de dignité et de noblesse, à la galerie de Dresde ; une Madone, avec l'enfant Jésus, debout et la bénissant, appuyé contre une balustrade, à l'Académie de Venise ; un Saint Jérôme, absorbé dans sa lecture, dans un paysage sauvage, au milieu de rochers aux tons chauds, avec saint Augustin à sa droite, et saint Christophe portant l'enfant Jésus à sa gauche, dans l'église de S. Giovanni Crisostomo, à Venise; Jésus soupant avec les disciples d'Emmaùs, dans l'église San Salvadore, etc. Giovanni Bellini fut le maître du Titien et du Giorgione. F. Lichtenbergeii.
BÉLOUTCHISTAN (Statistique religieuse). On comprend sous le nom de Béloutchistan le vaste territoire qui s'étend sur les bords de la mer d'Oman, entre la Perse et l'Hindoustan. Le pays n'est, à vrai dire, qu'une vaste steppe parcourue par les tribus nomades des Béloutchis et des Brahonis. Quoique soumises nominalement au khan de Kélat, ces hordes sont, de fait, à peu près indépendantes. La seule influence qui pèse sur elles est celle de l'Angleterre, qui fait peu à peu du Béloutchistan Pavant-garde de ses possessions indiennes contre la Russie. La population du pays est évaluée très-diversement : les chiffres fournis par les voyageurs varient de 700,000 à 3,000,000; les plus bas sont probablement les moins éloignés de la vérité. Toutes ces tribus professent l'islamisme : c'est tout ce que l'on peut dire de leur état religieux. — Behm et Wagner, Die Bevôlkeruny von der Erde, II, 1874; Dieterici, Mittheilungen de Gotha, 1859; Boss, Comptes i codas de la Société royale de Géographie de Londres, t. XVI, 1871-72, etc.
BELSUNCE de Castel-Moron (Henri-François-Xavier de), né en 1671, au château de La Force , entra chez les jésuites à l'âge de vingt ans. Grand-vicaire d'Agen et évêque de Marseille en 1709, il ne sortit de la Société de Jésus , dans un temps où la grande majorité de Fépiscopat gallican lui était hostile, que pour mieux la protéger du dehors. Capable également d'abnégation héroïque et de rancune haineuse, il réunit les caractères les plus opposés et pourtant les plus authentiqués de l'ordre. II ne connut de charité que celle qui livre son corps : ce fut un Borromée, moins la douceur. On connaît le zèle admirable avec lequel il se dévoua à son troupeau pendant la peste qui désola Marseille en 1720 et 1721. Il s'attacha à son Eglise en proportion de ce qu'il avait fait pour elle et refusa Pévêché de Laon, duché-pairie, et l'archevêché de Bordeaux, n'acceptant du pape que le pallium, et du roi que le revenu, d'ailleurs considérable, des deux bénéfices. Mais avant la fin de son long épiscopat, il avait fatigué son diocèse à force de turbulence et indisposé ses plus sincères admirateurs. Le souvenir