‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 53 sur 263 · BENEDICTION · texte numérisé non relu

BENEDICTION

genoux, fléchir les genoux; puis, surtout au pluriel (béréq), implorer, adorer et louer Dieu, et, par une extension naturelle, souhaiter à quelqu'un, implorer pour quelqu'un la faveur divine. D'après les Hébreux, Dieu est la source inépuisable de toutes les bénédictions. Celui qu'il bénit demeure béni éternellement (1 Ghron. VIII, 27); par contre, tout effort, tout travail de l'homme est vain, si Dieu ne le bénit (Ps. CXXVII, 2; cf. Luc V, 5). Les bénédictions de Dieu sont temporelles (Gen. XXXIX, 5; Exode XXIII, 25; Deut. XXVIII, 38; Ps. CXXXII, 15; cf. Hébr. VI, 7) et spirituelles (Esaïe XIX, 24 ; XLIV, 3; cf. Eph. I, 3). Elles sont le partage de celui qui craint Dieu (Ps. CXXYIII, 1, 3, 4; CXV, 13; Ecclésiastique I, 19; cf. 1 Tim. IV, 8), qui se confie en lui (Ps. XXXIX, 10; Jérém. XVII, 7), de l'homme juste et pieux (Ps. V, 13; XXXVII, 26; CXII, 2 ; Prov. III, 33 ; XXVIII, 20 ; Jérém. XXXI, 23) ; de celui qui ne se lasse pas d'implorer l'assistance divine (Gen. XXXII, 26 ss.; Osée XII, 5). De môme, Dieu bénit les pères pieux dans leurs enfants (Prov. XIII, 22; Ps. CIII, 17; Ecclésiastique III, il), et fait reposer une bénédiction sur la mémoire des justes (Prov. X, 7). Mais la grandeur, la sagesse et l'inépuisable fécondité des bénédictions divines se manifestent surtout dans le dessein qu'il a formé, de toute éternité, pour le salut des hommes et dont il a préparé l'accomplissement dans le temps. C'est clans ce but qu'il a plus particulièrement béni Adam et Eve (Gen. I, 28; V, 2), Noé (Gen. IX, 1), Abraham (Gen. XII, 2; XXIV, I, 35; Esaïe LI, 2; Hébr. VI, 14), Jacob (Gen. XXXV, 9; XLVIII, 3), Joseph (Gen. XLIX, 25), ainsi que les principaux représentants de l'ancienne alliance. Moïse, pour entretenir le souvenir de ces bienfaits passés et futurs, ordonna que les prêtres, matin et soir, bénissent les enfants d'Israël au moyen d'une formule que la Synagogue, et l'Eglise chrétienne après elle, se sont appropriée (Nomb. VI, 24-27). Cette bénédiction attachée à l'observation exacte et fidèle de la loi, Balaam la rappela au peuple au moment de son entrée en Palestine, et Josué, après la conquête, sur l'ordre de Jéhova, la grava dans sa mémoire dans une cérémonie solennelle accomplie en face des monts Hébal et Garizim (Jos. VIII, 33). Lespsalmistes et les prophètes ne cessent de la rappeler. Ils soutiennent et consolent Israël dans ses épreuves par le souvenir des promesses de l'Eternel et annoncent la venue de celui par lequel la bénédiction d'Abraham sera répandue sur les païens (Gai. III, 14). En Jésus-Christ, Dieu nous a abondamment bénis des biens spirituels les plus variés (Eph. 1,3) ; le Sauveur lui-même bénit les enfants (MarcX, 16), ainsi que ses disciples, lors de son ascension (Luc XXIV, 50, 51). A l'exemple des hommes pieux de l'Ancien Testament qui avaient laissé leur bénédiction à leurs descendants (Gen. XXVII, 27 ; XLVIÏI,9; Exode XXXIX, 43; Deut. XXXIII, 1 ss.;l Rois VIII, 14), il nous ordonne de bénir tous les hommes, même nos ennemis (Matth. V, 44 ; Luc VI, 28; cf. Rom. XII,. 14 ; 1 Pierre III, 9). —L'Eglise chrétienne n'a pas su comprendre et appliquer, dans sa spiritualité, la puissance de bénédiction renfermée dans sa mission d'annoncer l'Evangile à toute créature. Pour rappeler aux hommes que tous les biens de ce monde sont des dons de Dieu, qu'il faut en faire un usage conforme à sa volonté, que

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