BENEDICTION
Dieu ne nous les accorde pas pour nous seuls (1 Tim. IV, Mi), et sous le prétexte de combattre les erreurs des païens qui croyaient que toutes Jcs parties de la nature étaient animées par des esprits ou des génies tantôt bienfaisants, tantôt malfaisants, elle a multiplié les aetes et les formules de bénédiction, en les attribuant comme un privilège exclusif à la caste sacerdotale. C'est ainsi qu'elle a prescrit que les maisons, les campagnes les fontaines, les rivières, les animaux, les aliments tussent bénis par «les cérémonies particulières, de même que les personnes dans diverses circonstances de la vie, tels que les nouveaux époux, les accouchées, les mourants, les abbés et les abbesses, etc. La bénédiction, dans ces cas, tend à se confondre avec la consécration (voy. cet article). En vertu de la même tendance, l'Eglise a ordonné que tout ce qui a trait au culte divin fût béni : édifices, cimetières, croix, images publiques, clocbes, habits sacerdotaux, linges, vases de l'autel, huile, sel, pain, eau (voy. ces divers articles). On nomme bènèdiclionnairesles livres liturgiques qui contiennent l'énumération des formules et des rites prescrits par l'Eglise pour tous les cas particuliers, avec des instructions très-détaillées sur la manière de s'en servir. L'usage du signe de la croix, invariablement employé dans les bénédictions, et l'importance attachée à celles que donne un prêtre nouvellement consacré suffiraient à eux seuls pour montrer combien la superstition a exploité un domaine que Ton voulait arracher au pouvoir des sorciers <-t des magiciens. Les bénédictionnaires règlentaussi la compétence des divers membres de la hiérarchie ecclésiastique pour les rites en question. C'est ainsi qu'ils statuent qu'il y a des bénédictions réservées aux évèques seuls, comme le sacre des rois, la consécration des églises et de- autels et toutes les bénédictions qui exigent l'emploi des saintes huiles. Il en est de même de la bénédiction solennelle à la lin des messes hautes : il n'y a que les évêques ou les abbés mitres qui puissent la donner. De son côté, le pape s'est réservé le pouvoir de bénir certains objets, tels (pie l'agneau pascal, la rose, la catholicité entière, vvbi et orbi*9 toutes les personnes qui s'approchent de lui doivent demander sa bénédiction. La benedictio pontificia ou apostolica a une efficacité particulière en vue du pardon des péchés. Les évêques ne peuvent la donner qu'en vertu d'une délégation expresse du pape. Par un bref du :> septembre 1762, Clément XIÏI informa les évêques du pouvoir qui peut leur être accordé, lorsqu'ils le demandent, de deux, t'ois l'an, à l'issue d'une messe pontificale, la bénédiction papale accompagnée d'une indulgence plénière pour les fidèles qui -ont présents. Quant à la bénédiction ordinaire, l'évêque peut la donner toujours, même in via ou itinerando, aux personnes qu'il rencontre sur son chemin, dans toute rétendue de son diocèse. Les o naires attachent une importance particulière à la bénédiction fl" saint-sacrement^ qui doit toujours être donnée en silence, pareeque, 'lui « e cas, ce n'est pas proprement l'évêque ou le prêtre qui bénil le peuple, mais Jésus-Christ lui-même. L'oftfciani u'esl qu'un pur instrument : c'esl pourquoi avant la bénédiction il récite une prière déprécatoire, et. pendant qu'il bénit, il se tait entièrement, aussi bien