‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 56 sur 263 · BENEZET · texte numérisé non relu

BENEZET

est pourtant certain que Bénézet a appartenu à Tordre laïque des Frères- Pontifes. L'œuvre de ces confréries hospitalières était religieuse, carelles avaient pour but principal de faciliter le voyage des romieux ou pèlerins. Chose singulière, nous retrouvons en 1239 la fondation d'un pont sur la Durance rattachée à une éclipse de soleil. — Yoy. Hélyot, II, 281 ; Magne Agricole (de Haitze), Hisl. de S* B. et des relig. pontifes, Aix, 1708, in-16; Grégoire, Rech.sur les Fr. Pontifes,?., 1818, in-8°,cité par Hase, art. Brùckenbrùder, dans Ersch et Gruber.

BÉNEZET (Antoine), grand philanthrope, premier promoteur de l'abolition dé la traite des noirs dans les Deux Mondes, né à Saint- Quentin le 31 janvier 1713. Il descendait par sa mère de Jean Crommelin, le principal créateur de l'industrie saint-quentinoise au seizième siècle (Bull, de l'Hist. Protest., t. VII, p. 488). Son père étant mort en 1681, sa famille, qui avait été jusque-là l'objet d'une certaine tolérance, fut obligée de chercher un refuge en Hollande, puis en Angleterre. D'abord destiné au négoce, il y renonça bientôt pour apprendre l'état de tonnelier. A l'âge de quatorze ans, il entra dans la Société des Amis (Quakers). En 1731, il passa en Amérique avec ses parents, qui s'établirent à Philadelphie, où il se maria en 1736. Tout en s'occupant d'une entreprise manufacturière, il montrait dès lors la vocation philanthropique qui devait bientôt l'entraîner dans une autre voie, celle d'une pédagogie éclairée, et de l'abolition de l'esclavage des nègres. En 1742, il accepta la mission d'enseigner la langue anglaise dans l'école publique fondée par William Penn, et pendant douze ans il la remplit avec un grand succès, se préparant à fonder lui-même une école de filles, ce qu'il fit en 1755. Il y appliqua des idées qui étaient fort avancées pour son temps : instruction générale variée, discipline austère, mais pleine de douceur. On cite particulièrement les soins qu'il prodigua durant deux ans à une élève sourdemuette, qu'il parvint à mettre en état de jouir du commerce de la société, préludant ainsi aux travaux de l'illustre abbé de l'Epée. La condition misérable des noirs de l'Afrique, qu'un trafic dégradant livrait aux Américains pour en faire des esclaves, avait éveillé en lui une sollicitude qui devint active et fervente en 1750. Il commença à plaider leur cause au tribunal de l'opinion, et, prêchant d'exemple, il ouvrit pour eux une école gratuite qu'il dirigea et que le concours généreux de la Société des Amis permit bientôt de transformer en un établissement plus vaste. Les progrès ainsi obtenus pour l'amélioration morale et religieuse ouvrirent les yeux d'hommes influents qui n'avaient jusqu'alors professé que du mépris pour la race noire, et on commença à porter quelque intérêt à cette question. L'opinion ((qu'un épidémie noir ne pouvait envelopper un être doué de raison, » cette opinion que la ligue impie de l'orgueil et de l'ignorance, de l'avarice et de la cruauté avait réussi à enraciner dans les esprits, fut enfin attaquée de front et ébranlée. On put bientôt faire appel à la pitié et à la justice des peuples et des gouvernements, en démontrant l'illégalité de l'esclavage, la barbarie criminelle de la traite. C'est ce que fit Bénezet en publiant : Notions su?' la pairie de l'Afrique

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qu'habitent les nègres (1762); Observations sur Vital et le caractère des natifs Indiens de ce continent (1763) ; Avis à la Grande-Bretagne et à ses

colonies sur la situation désastreuse des JVègi'es esclaves (1767); Notice historique sur la Guinée, sa situation, ses produits, ses habitants, accompagnée de recherches sur l'origine et les progrès de la Traite des JXègres, sa nature et ses effets calamiteux (Londres, 1772 et 1778). Il faisait imprimer et distribuait à ses frais ees publications, en adressant aux principaux, personnages d'Amérique et d'Europe des lettres d'envoi particulières qui ne laissèrent pas de produire un heureux effet : le bon grain était semé, il allait lever peu à peu. La notice sur la Guinée eut, en 1785, une influence décisive sur l'esprit de Thomas Clarkson, cl en lit un infatigable abolitionniste, dont les travaux contribuèrent pour beaucoup aux mesures prises par le parlement britannique. En 1781, Bénezet adressa un appel à l'abbé Raynal ; en 1783, à la reine Charlotte d'Angleterre, aux reines de France et de Portugal, et il suscita partout des dispositions sympathiques qui devaient plus tard porter les fruits qu'il en attendait. Après une vie entièrement consacrée aux œuvres de paix et de bienfaisance, Antoine Bénezet mourut le 17 mai 1784, dans sa soixante-et-onzième année, laissant après lui une mémoire bénie et d'universels regrets. Jamais on n'avait vu un tel concours de monde à des funérailles. Il avait fait promettre à un ami de s'opposer à ce qu'aucun tribut d'éloges lui fût payé après sa mort. Ce panégyrique muet n'en fut que plus éloquent. Ch. Read.

BÉNEZET (François), né à Montpellier en 1726, n'était encore que proposant et assistait Paul Rabaut et les autres pasteurs du Désert, lorsqu'il fut arrêté, le 30 janvier 1752, près du Vigan, dans les Cévennes. Transféré à la citadelle de Montpellier, il fut condamné à mort « pour avoir été, dit l'arrêt, dûment atteint et convaincu d'être prédicant et d'en avoir fait les fonctions dans la province du Languedoc. » Un prêtre, chargé de déployer toute l'éloquence possible pour le faire changer de religion, l'ayant menacé de l'enfer, s'il ne l'écoutait pas : « Si vous étiez convaincu de l'existence de cet enfer dont vous parlez, dit Bénezet, me persécuteriez- vous donc comme vous le faites? M'aurait-on condamné à mourir sur le gibet, pour avoir simplement ♦'xhorté mes frères? » L'exécution eut lieu le 27 mars, sur l'esplanade, devant la porte même de la forteresse. A peine en eut-il franchi le seuil, que les roulements des tambours couvrirent sa voix. Il chantait le psaume LI, cette lamentation sublime qui n'est autre que le Miserere. La mort de ce courageux confesseur de vingt-six ans fut bien cette d'un martyr. On la célébra dans une complainte, un de ces nombreux poèmes populaires inspirés par les calamités du Désert. Elle renferme dix-sept strophes d'une grande naïveté {/Jut/. du Protest. firanç., t. XIV, p. L258). Purent-elles adoucir la douleur de la jeune femme de Bénezet, qu'il laissait enceinte? Ch. Read.

BENGEL (Jean-Albert), célèbre théologien wurtembergeois du dixhuitième siècle, naquit «-n 10S7 à Winnenden, où son père exerçait les [onctions du ministère pastoral, et mourut en 1693, victime de, son zèle lors d'une épidémie. Grâce à la protection d'excellents amis et du

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second mari de sa mère, il reçut une éducation soignée et étudia la théologie à Tubingue. Très-pieux en même temps que très-studieux, il mena de front les exercices de piété et l'étude consciencieuse de la philosophie, de celle, entre autres, de Spinosa. Toutefois ses convictions évangéliques demeurèrent victorieuses des assauts qu'elles eurent à subir pendant ce temps d'épreuve. Bengel, toute sa vie, devait offrir l'alliance rare d'une érudition très-remarquable et d'une soumission presque enfantine aux doctrines traditionnelles. Ajoutons que son excellent caractère, son esprit tolérant, la pureté de sa vie, la sincérité de sa piété mystique et onctueuse lui valurent pendant toute sa carrière la confiance, l'affection, bientôt même la vénération de l'Allemagne protestante. Après une grave maladie qu'il fit en 1705 et quelque temps dé ministère pastoral à Metzingen, il fut nommé répétiteur à Tubingue, et en 1713 professeur au séminaire de Denkendorf. C'est là qu'il publia d'abord une édition des Lettres de Cicêron (Stuttgard, 1719) avec notes et commentaires, puis en 1722 le Panegyricus ad Origenem de Grégoire le Thaumaturge (grec et latin), puis encore en 1725 les six livres de Chrysostôme De sacërdatio (grec et latin), auxquels il joignit \mProdromus sur le texte grec du Nouveau Testament. Bengel en effet avait été frappé, précisément en proportion de sa foi profonde en l'autorité de la Bible, des nombreuses variantes que la comparaison des manuscrits et des éditions accusait dans le texte du Nouveau Testament. Il entreprit de soumettre ce texte à une révision soigneuse, se procura toutes les éditions imprimées qu'il put réunir, vingt-quatre manuscrits grecs de diverses provenances et beaucoup de manuscrits latins, et en 1734 il fit paraître sous le titre d'Apparatus criticus, en même temps qu'une édition révisée du Nouveau Testament grec, le résultat de ses laborieuses recherches. Sa règle était de préférer la leçon la plus obscure à la plus claire, celle-ci devant a priori avoir été substituée à la première, toutefois à la condition qu'elle eût été déjà admise dans une édition imprimée. Evidemment cette seconde clause fait plus d'honneur à sa prudence qu'à sa logique. Cela suffisait cependant pour qu'il ne craignit pas de rejeter comme inauthentique un passage aussi connu que la doxologie Matth . VI, 43. Le livre qui sortit le plus modifié de ce travail de révision fut l'Apocalypse. C'est lui aussi qui eut l'idée de classer par familles les anciens manuscrits du Nouveau Testament. Cette publication lui valut de nombreuses attaques, les uns l'accusant d'innovations téméraires, les autres d'une timidité excessive. Il tint tête aux assaillants avec une grande fermeté et compléta son œuvre d'exégèse en publiant en 1742 son Gnomon Novi Testameati in quo ex nativa verboruai vi simplicùus , profit ndita*, conctnnitas, salubiims tensuum cœlestium indicatur (rééditions en 1759, 1773, 1788, 1835, 1850; trad. en allemand par Werner , Stuttg., 1853). 11 partait de ridée que les livres bibliques forment un tout harmonique, une économie ou une disposition divine. La bienfaisante inlluence de ces livres sur le cœur était selon lui la preuve suffisante de leur divine origine. On pouvait même remarquer chez lui la tendance à émanciper l'interprétation des livres sacrés des restrictions traditionnelles et confession-

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Délies. Ce livre fut très-lu et exerça mie puissante action sur le développement de la science exégétique allemande. Il passa même à 1' étranger, et Wesley, en Angleterre, bien que peu enclin à recourir aux lumières de la science, taisait une exception très-expresse en faveur du Gnomon de Bengel. — Peut-être pourtant l'ouvrage <jui contribua le plus à la réputation théologique de Bengel est-il celui que nous serions tentés de regretter le pins pour l'honneur, de son renom scientifique. Il eut le malheur de s'adonner à des calculs apocalyptiques dont l'ingénieuse complication ne saurait voiler l'arbitraire. En 1741 il avait fait paraître son Ordo temporum, où il croyait pouvoir retracer toute Tliistoire et même prédire l'avenir jusqu'à la fin du monde en se fondant sur les indications prophétiques de la Bible. Il s'imaginait, entre autres, que les passages du Nouveau Testament qui parlent de la fm prochaine du monde doivent s'entendre en ce sens que la durée de la nouvelle alliance sera plus courte que celle de l'ancienne économie, et comme il calculait qu'il s'était écoulé 3,940 ans d'Adam à Jésus- Christ, que déjà 1.740 ans le séparaient de la première venue du Christ, qu'il fallait retrancher du chiffre total de la seconde période le règne de 1,000 ans (auquel il croyait à la lettre) ; comme de plus, en vertu de la valeur du chiffre 7 attestée par plusieurs supputations bibliques, on pouvait tixer la durée totale du monde à 7,777 ans, il se voyait amené à renfermer dans les 97 années qui devaient encore venir tout ce qui manquait encore aux antécédents de la seconde venue du Christ annoncée par l'Apocalypse. Nous n'entrerons pas dans les détails subtils du calcul dont nous indiquons ici les lignes générales. Il nous suflira de dire qu'il faisait du chiffre apocalyptique 666 (où les modernes lisent le nom de César Néron) un nombre d'années s'étendant de 1143 à 1740 et qu'il assignait à l'an 1836 le commencement du règne de 1,000 ans. L'excellent Bengel était presque tenté de croire qu'il devait cette connaissance anticipée à une révélation supérieure, et i! continua de s'enfoncer dans cette recherche stérile qui amena la publication d'une Apocalypse expliquée (éditions de 1740, 1747, 1788) et de 60 discours édifiants sur l'Apocalypse (1747, 1788, 1836). Cà et là, au milieu de bien des divagations, on est frappé de quelques rencontres heureuses, mais qui témoignent plus en faveur d'un jugement en somme clairvoyant sur les tendances de son temps que de la justesse de ses calculs. Par exemple, il prévoit toute une période de libertinage, de scepticisme et de naturalisme. 11 n'accorde pas plus de soixante ans de durée à l'empire germanique, et se demande si le souverain de la France ne deviendra pas empereur à la lin du siècle. Il prédit que les évéchés allemands seront sécularisés, que l'on connaîtra bien mieux I»' -lobe, au point que les anciennes cartes deviendront hors d'usage, etc. Cette explication de L'Apocalypse fut traduite dans presque toutes les langues de l'Europe ; en Allemagne, elle fut commentée, développée «'u prose et m vers. Quelques-uns la tinrent pour miraculeusement inspirée. Il est vrai qu'elle lut aussi très-vivement combattue, mais resta populaire longtemps même après qu'elle eut perdu tout lit scientifique. • Bengel fut appelé de Denkendorf en 1741 au poste

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de prélat et de conseiller du prince (fùrstlicher Rath), puis en 1749 à celui de conseiller consistorial et de prélat d'Alpirsbach avec résidence à Stuttgard. Il avait toujours décliné les offres qu'on lui avait faites d'une chaire professorale à Tubingue. Sa correspondance était des plus actives (il y eut des années où il écrivit près de 1,200 lettres), parce qu'on le consultait de toutes parts et du sein de toutes les classes sociales sur des points de religion ou de conscience. En qualité de conseiller ecclésiastique et de théologien, il eut à s'occuper des affaires des frères Moraves dont il connut de près le réformateur, le fameux comte Zinzendorf. Tout en l'estimant beaucoup, lui et ses frères, il trouvait leurs idées sur l'Eglise exagérées et leur théologie trop exclusivement absorbée par la constante et unique préoccupation du sang versé sur la croix. Mais il prit leur parti contre les mesures intolérantes dont ils étaient menacés. Il agit de même dans l'intérêt des petites communautés séparatistes du Wurtemberg. De son mariage avec Jeaime-Régine Seeger, Bengel eut douze enfants, dont six moururent en bas âge. Des six autres, quatre étaient des filles qui se marièrent heureusement; des deux garçons restants, l'aîné étudia la médecine, le second mourut doyen à Tubingue. En 1751 la faculté de théologie de Tubingue lui décerna le titre de docteur, non sans surprendre beaucoup de personnes qui croyaient la chose faite depuis longtemps. Il composa plusieurs cantiques dont plusieurs comptent encore aujourd'hui parmi les plus goûtés du recueil liturgique du Wurtemberg. C'est en 1751, le 2 novembre, et à l'âge de soixante-cinq ans, qu'il s'éteignit doucement, dans les sentiments de la piété la plus confiante. Sa mémoire est restée vénérée dans sa patrie. Bengel, par ses travaux sur le texte du Nouveau Testament, ouvre la série des grands exégètes allemands et a fondé par cela même une science dont il ne prévoyait guère les évolutions ultérieures. On peut dire de lui. qu'il fut critique en vertu même de sa foi. Longtemps ce mélange d'orthodoxie sincère et de hardiesse dans les détails d'interprétation, qui fait si souvent son originalité, devait caractériser l'exégèse allemande, si différente à ce double point de vue de l'exégèse anglaise ou française. La vie de Bengel a été racontée par son fils dans la troisième édition du Gnomon. Cette biographie a été reprise et enrichie par son arrière-petit-fils, J.-C.-F.Burk(Stuttg., 1831; 2e éd., 1837). Outre les ouvrages de Bengel que nous avons mentionnés et quelques opuscules sans grand intérêt pour nous, il faut citer encore son Esquisse des frères Moraves (A briss der Brùdergemeinde) , Stuttg., 1751, remarquable par la grande sûreté des renseignements qu'on peut y puiser. A. eéville.

BÉNIGNE (Saint),, apôtre de la Bourgogne. Envoyé dans* les Gaules par saint Polycarpe avec saint Andoche et saint Thyrse, il subit le martyre avec eux à Dijon, sous Aurélien (Surius, 1er nov.). Quelquesuns préfèrent lire ici le nom de Marc-Aurèle; mais Tillemont (III, 38) dit beaucoup mieux : « Il est difficile de rien dire de ces saints qu'on puisse tenir pour authentique et pour assuré. » Grégoire de Tours nous dit les miracles qui se faisaient au lieu de leur supplice. Sur leur tombeau s'éleva, en 512, l'illustre abbaye de Saint-Bénigne de Dijon, qui

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fut richement dotée par ('harles-le-Chauve. L'église en ml reconstruite en 101(> et restauréeau treizième siècle; elle sert de cathédrale à Dijon. La règle de Samt-Maur fut introduite à Saint-Bénigne en 1651. La chronique de Saint-Bénigne est imprimée dans le Spieilegium de d'Àchery il: 2" édit., II); elle est conduite jusqu'en 1052 et continuée jusqu'en 1513. — Voy. Gallia, IV, 668; Monasticon Galticanum, pi. 3(5-38; Kogct de Belloguet, Origines dijonnaises, 1851; Bougaud, ht. sur saint Bénigne et sur Vorig. des cgi. de Dijon, d'Autun et de Langres, Autun, t859, in-S". S. Berger.

BÉNITIER. Voyez Eau bénite.

BENJAMIN [Béni à mi n], fils cadet de Jacob etdeRacliel (Gen. XXXV, 17 ss.) et leur favori iGen.XLII, I, 36"; XLIII, 14). Il est l'ancêtre de la tribu qui porte son nom et qui était Time des moins nombreuses d'Israël (Nonîb. I, 37; XXVI, 41). Elle n'occupait qu'un territoire peu étendu, entre les districts d'Ephraïm, de Dan et de Juda, dans la Palestine centrale, près du Jourdain (Jos. XVIII, 11 ss.). Bien que montagneux, c'était un pays fertile, non-seulement dans les vallées et les plaines bien arrosées, mais jusque sur les plateaux et les sommets cultivés avec soin parles habitants (Josèphe, Aritiq., V, 1, 22). La tribu de Benjamin fut impliquée, au temps des Juges, avec les autres tribus, dans une guerre civile qui lui fit essuyer les pertes les plus cruelles (Juges XX, 13 ss.; XXI». Plus tard, Saiil, le premier roi d'Israël, fut choisi dans son sein, sans doute pour éviter toute jalousie entre les autres tribus, toutes plus puissantes qu'elle (1 Sam. IX; X, 20 ss.). Les Benjaminttes , après la mort de Saûî, demeurèrent fidèles à son fils isboseth, de concert avec dix. autres tribus (2 Sam. II. i) ss.), jusqu'à ce que David réussit à se faire proclamer roi partout Israël. Lors du schisme, la tribu de Benjamin se joignit à celle de Juda pour constituer le royaume de Juda (1 Rois XII, 21). Après l'exil, ces deux tribus formèrent le noyau de la nouvelle colonie juive en Palestine (Esdras IV. 1; X, 9).

BENJAMIN DE TUDÈLE , rabbin espagnol, mort en 1175, a parcouru les synagogues d'Europe et d'Orient, dans le but de réunir les matériaux destinés à favoriser la connaissance de la Palestine. Son ///ire, écrit en hébreu sous le titre de Mazaloth, pérégrinations, voyages, fourmille de fautes géographiques, de bévues et d'anachronismes de tout genre, qui n'autorisent pourtant pas la supposition que Benjamin n'a jamais visité les pays qu'il décrit. L' Itinéraire a été imprimé pour la pivni ère fois à Constantinople 1 1543, in-8°), puis réimprimé à Anvers en 1575 avec une traduction latine, par Arias Montanus. Les meilleures éditions sont celle de Constantin l'Empereur, Lyon, 1633, en latin; celle de Baratier, Amsterdam, 1734, 2vol. en français; enfin celle d'Asher, Londres, 18W, 2 vol., en anglais.

BENNOND'EINSIEDELN. originairede la Sonabe el parent de Raoul, roi de Bourgogne, était chanoine à la cathédrale de Strasbourg, lorsqu'en 907 il prit la résolution de se retirer (\u monde, il alla s'établir dans la solitude d'Einsiedeln , en Suisse, et y releva le monastère fond.'- par Meinrad, et depuis sa mort tondu- en ruines, sur une col-

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