BENNON — BENOIT III
line qui porta le nom de Bennau. Il y vécut, avec une courte interruption, pendant près de trente ans.
BENNON (Saint) [1011-1107], évêque de Misnie, fut élevé au couvent de Hildesheim et dirigea pendant quelque temps le séminaire deGoslar, où les jeunes clercs recevaient une instruction supérieure à celle que Ton donnait dans la plupart des établissements de ce temps. C'est là que Bennon composa son ouvrage : Expositiones supra Evangelia dominkalia. Nommé en 10(56 évêque de Misnie par Henri IV, il ne tarda pas à être impliqué dans les querelles qui s'élevèrent entre cet empereur et le pape Grégoire VII. L'attitude qu'il observa parait avoir manqué de netteté. Accusé d'avoir concouru à fomenter l'insurrection des Saxons contre Henri IV et d'avoir épousé la cause du saint-siége, il se vit à diverses reprises emprisonné et ne fut réintégré dans son évêché qu'à la lin de la querelle des investitures. Bennon s'occupa avec zèle de la réforme de l'instruction, du culte et des mœurs dans son diocèse et eut beaucoup à souffrir de la part des nobles et du clergé récalcitrants. Il s'appliqua également à la conversion des populations slaves enclavées dans son diocèse ou établies sur ses frontières. La canonisation de Bennon ne se lit pas sans difficulté; elle ne put avoir lieu qu'en 1523. A l'occasion des fêtes qu'elle provoqua, Luther publia son pamphlet : Widerden neuen Abgott u. altcn Teufel, (1er zu Meissen soll erhoben werden, que Jérôme Emser chercha à réfuter. — Voyez, indépendamment des annalistes du temps de Henri IV et des chroniques de Hildesheim, le panégyrique d'Emser : Epitome ad papam Julium II super vita, miraculis et sanctimonia divt'patris Bennonis, Misn., 1505, in-4°, travail qu'on trouve avec plusieurs autres pièces relatives à ce personnage dans les A A. SS. des bollandistes, t. III. junii, p. 150 ss. ; Seyffart, Ossilegium Bennonis, seu vita et acta ipsius, veterum mtmumentis ac dipiomatum reliquiis illustrata, Monach., 1765, in-4°, réfuté par Crammer, Apologia Bennoniaua, Monach., 1773.
BENOIT Ier, dit Bonose, fut pape de 573 à 578.
BENOIT II (Saint) [684-685] s'appliqua à faire accepter les décrets du sixième concile. L'empereur Constantin Pogonat, en retour, sans renoncer à son droit de confirmation, permit que désormais « l'élu au siège apostolique fût sans retard ordonné pape. » Ses successeurs n'observèrent pas cette constitution. Benoit lui-même avait, à ce qu'il parait, attendu près d'un an la confirmation impériale. — Voy. sa Vie attribuée à Anastase, et les bollandistes, 7 mai, II.
BENOIT III, Romain (juillet 855-858). La légende met la papesse Jeanne entre Léon IV et lui. Son concurrent, Anastase, déjà condamné par quatre synodes, sut gagner les ambassadeurs qui allaient demander à Lothaire et à Louis le Germanique la confirmation de Benoit. Les députés impériaux introduisirent à Saint-Pierre Anastase, qui jeta bas à coups de hache le tableau qui représentait sa condamnation. Mais le peuple de Rome se prononça avec tant de force en faveur du pape régulièrement élu, que les représentants des empereurs durent céder à sa voix. Après trois jours d'un jeûne public, Benoit, tiré de sa prison, fut installé à Saint-Pierre. Anastase fut, plus tard encore, anathématisé