BENOIT VI II — BENOIT XI
— Voy. Watterich, I; Gregorovras, IV, 14; Hirsch, Jahrb. Heinrich II, 1875.
BENOIT IX (1033-1048), également nommé Théophylacte, était neveu des deux papes précédents, Benoit VIII et Jean XIX, et fils du consul de Rome, Albéric de Tusculum. D'après Raoul Glaber, il avait dix ou peutêtre douze ans, lorsque l'argent de son père réleva à la papauté. Simoniaque et débauché, « benoît de nom plus que défait, » ce pape infâme se lit chasser par Jean, évêque de Sabine (Silvestre III), en février 1044. Après trois mois, pourtant, il rentra dans Rome avec l'aide de sa famille. Une première fois déjà, en 1037, il n'avait triomphé des Romains révoltés que par les forces de Conrad II. En 1045, il osa demander la main de sa cousine, la fille de Girart de Sasso, et comme Girart faisait difficulté de marier sa fille à un pape, Benoît vendit la tiare, pour quelque 1,000 livres, à son parrain Jean, dit Gratien, archidiacre de Saint-Jean-devant-la-Porte-Latine, qui fut Grégoire VI. A ce moment, dit un chroniqueur, il y avait trois papes à Rome, Silvestre à Saint- Pierre, Grégoire au Latran, Benoit à Tusculum. Cependant le synode de Sutri (1046) excommunie Grégoire, sans condamner Benoît qui s'est fait justice à lui-même, et met Clément II sur le trône. Telle était la corruption des mœurs, que Grégoire VI n'a pas été considéré par ses contemporains comme un simoniaque. Il s'en alla mourir en Allemagne. Mais Théophylacte, voyant qu'il a été joué par le père de sa fiancée, revient à Rome au moment où Clément vient de mourir par le poison {nov. 1047). Il fallut qu'Henri III contraignit par ses menaces le marquis de Toscane, protecteur de Benoit, à le chasser et à mettre à sa place le pape légitime, Damase II. Certains auteurs prétendent que Théophylacte mena désormais une vie d'aventures dans les montagnes du Latiuin, les autres, qu'il mourut moine à Grottaf errata. — Voy. Placentini, De sepulcro B. IX, R., 1747; Watterich, 1, où on lira les documents de cette honteuse histoire ; Th. Mittler, De schism. sub. Ben. IX, Zur., 1835; Papencordt, Gesch. d. St. Boni, p. 191 ; Gregorovius, IV, 40.
BENOIT X (1058-1059), Romain, évêque de Velletri. Il s'appelait Jean, on l'a surnommé Mincius (rninçkio, imbécile?). Quoique cet évêque ait conservé son rang dans la série des papes (son portrait se voit à Saint-Paul parmi les médaillons des papes), il n'est en réalité que l'antipape de Nicolas II. Nous renvoyons à ce nom l'histoire des luttes de Mincius contre Hildebrand. Lui aussi, ilfut le protégé des Tusculans et des Crescentius. Benoît vécut dans la retraite jusqu'au pontificat de Grégoire VII, qui lui fit donner la sépulture des papes à Sainte-Agnès. On lira dans Watterich les récits absolument contraires de Pierre Pisan, dans le Lwre des Papes, de Bonizo et de Boson, hildebrandiens déclarés, et des Annales Bomaines, organe des ennemis de Grégoire VII.
BENOIT XI (Saint) [oct. 1303 - 6 juil. 1304]. Au moment où Bonifàce VIII était insulté à Anagni par les serviteurs du roi de France, le cardinal-évêqued'Ostie, Niccolo Boccasini, était presque seul auprès du pape. Dix jours après sa mort, il fut élu en sa place. Il était trévisan et prieur général des dominicains. Philippe-le-Bel, à cette heure, menaçait de poursuivre le procès de Boniface, il réclamait un concile général,