‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 60 sur 263 · BENOIT XI - BENOIT XII · texte numérisé non relu

BENOIT XI - BENOIT XII

dont il attendait la condamnation de tous les actes du pape défunts

Benoit, homme de mœurs pures, mais de volonté faible, n' attendit pas l'arrivée des ambassadeurs français pour lever l'excommunication prononcée contre le roi (2 avr. 1304). Il annula la révocation des privilèges accordés à la couronne de France. En même temps (13 mai) il révoqua la sentence prononcée contre les auteurs du coup de main d'Anagni. sans pourtant rendre aux cardinaux Colonna leur dignité et sans permettre que Palestrina fût rebâtie. Nogaret était formellement exclu de cet acte de pardon. Mais bientôt le pape quitte Rome où il ne se sent plus en sûreté. A Pérouse, au milieu des populations guelfes de l'Omhrie, il reprend courage et procède avec rigueur (7 juin) contre ceux qui ont osé porter la main sur un pape. Il n'osa pourtant pas nommer le premier coupable, Philippe-le-Bel. Trente jours après, il mourait à Pérouse, di morte naturelle. On n'a pas voulu croire que Benoit n'ait pas été empoisonné. Un cordelier français fut accusé de sa mort. Y\. llauréau a trouvé dans le procès de ce moine le sujet d'un beau tableau de mœurs (Bernard Délicieux et l 'inquisition albigeoise, Paris, 1S77. in-12); mais ce [soupçon n'est pas plus fondé que la légende de la femme voilée, qu'ont répétée tous les historiens. — Voy. (Du Puy) Hist. du différend entre Bonif. VIII, etc.; Campana, Vita dt 11. XI, Milan, 17o6, in-4° ; Hefele, VI, 344; Gregorovius, Y, 585 : von Reumont, II, 671 ; Léon Gautier, Benoit XI, 3e édit.. Tours, 1876.

BENOIT XII (20 déc. 1334-25 avr. 1342) fut le troisième pape d'Avignon. Jacques Nouveau ou Fournier était enfant du peuple. Né à Sa verdun, il était entré dans l'ordre de Citeaux, avait été abbé de Fontfroide, évèque de Pamiers, puis de Mirepoix; il était cardinal depuis 1327. Aussitôt élu, Benoit reçut une ambassade des Romains qui le sollicitaient de rentrer à Rome. Le pape le promit, mais la politique de Philippe de Valois sut rendre vains ses désirs. Bientôt, tandis que Pétrarque le pressait de retourner dans la Ville éternelle, et que Philippe VI l'entretenait de chimériques projets de croisade, il commença la construction du nouveau palais des papes. Benoit aurait voulu se réconcilier avec Louis de Bavière, mais Philippe VI sut encore lui imposer ses ressentiments : « Si Louis a agi contre l'Eglise, disait le pape, que n'avons-nous pas fait contre lui ,? » Le 15 juillet 13:18, les électeurs forment l'Union de Rense, et déclarent l'élection du roi des Romains indépendante de l'approbation du pape. Tel était en effet le droit. Mais le S août, Louis de Bavière, allant au-delà, dénie au pape le droit d'excommunier un empereur; il proclame le concile généra'I jugé du pape, et déclare que la couronne impériale est donnée par Dieu seul et appartient au roi élu, sans qu'il ait besoin de l'approbation ni du consentement du siège apostolique (Pragmatique Sanction de Francfort). Albert de Strasbourg, témoin de ces luttes, eu a été l'historien (Urstisius, demi, il/., II). Benoit laissa la mémoire d'un homme savant, juste et modéré. Comme théologien, il axait condamné la doctrine de Jean XXII sur l'état des âmes avant le jugement. — Voy. Baluze, Vitx Papar. Aven.; Raynaldi, Annales; Hefele, VI, 555; (ire-

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