‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 6 sur 263 · BACON · texte numérisé non relu

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scolastique dont il dénonça avec courage le formalisme et les subtilités. Il ébranla sans hésiter les autorités insuffisantes sur lesquelles, en matière scientifique, on ne cessait de s'appuyer, à savoir Aristote, dont il déclara un jour avoir envie de brûler tous les ouvrages pour ouvrir une carrière nouvelle à la curiosité de F esprit humain, comme les Pères de l'Eglise, dont il combattait l'infaillibilité en montrant qu'ils s'étaient maintes fois corrigés et divisés, et dont il dit : Quod si vixissent v.sque nunc, multa plura correxissent et mutassent {Op. magn., p. 17). A ces autorités caduques, dont l'unique force consiste dans la prescription que leur a donnée l'habitude, Bacon oppose d'abord la rigueur des démonstrations que présentent les mathématiques, qu'il proclame la première des sciences parce que la quantité est la première catégorie après la substance et que nous ne reconnaissons les choses spirituelles et éternelles que par les choses corporelles et temporelles. Mais si la méthode d'induction propre aux mathématiques séduit l'esprit de Bacon, il ne tarde pas à donner la préférence à l'expérience qui en est le complément indispensable et le critère même de la vérité. La preuve abstraite, en effet, ne suffit pas ; seule, la vue de la réalité peut calmer la raison. L'expérience est la maîtresse de toutes les sciences spéculatives : Sine experientja nihil suffi çienter sciri potest. Argumentum concluait, sed non certificat neque removet dubitationem, ut quiescat animus m intuitu veritatis, nisieam inventât via experientiœ. Hœcsola scientiarum domina spéculât w arum (0/?.??20^.,p.465).En matière religieuse, Bacon ajoute à la démonstration mathématique et à la méthode expérimentale un nouveau complément : il l'appelle la foi, qui est une expérience aussi, mais des choses invisibles. Pour posséder la vérité divine, il faut s'élever d'un degré : Oportet primo credulitatem fieri, donec secundo sequitur experientia, ut tertio ratio comitetur. Notre auteur a admirablement entrevu le caractère propre de la théologie et le but pratique qu'elle doit poursuivre, lorsque, la plaçant au-dessus de la spéculation pure, il disait que Yintellectus practicus était plus noble quel' intellectus speculativus (/. c., p. 47). Bacon assignait le rang le plus éminent à la Bible dont il disait : Tota sapientia est ibi principaliter contenta et fontaliter (p. 421); le droit canonique et la philosophie, qui n'en sont que le développement, doivent toujours y être ramenés. Les laïques sont exhortés à lire la Bible dans le texte original, à cause des fautes nombreuses dont fourmillent les versions. — Bacon a porté son esprit curieux et investigateur dans les domaines les plus divers, et un grand nombre d'inventions et de découvertes modernes ont été, sinon faites, du moins entrevues par lui. Citons seulement son projet de réforme du calendrier, ses observations sur la réfraction de la lumière, son explication de l'arc-en-ciel, sa description de la chambre noire, des verres grossissants, du télescope, de la pompe à air, de la poudre à canon, des véhicules par eau et par terre au moyen de la vapeur; il recommandait des études philologiques sérieuses aux jeunes gens placés sous sa direction, et démontrait aux missionnaires l'utilité des connaissances géographiques et ethnographiques ; mais , fortement engagé dans* les illusions superstitieuses de son temps, il avait une

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prédilection particulière pour l'alchimie et l'astrologie : il espérait trouver le secret de faire de l'or au moyen de la pierre philosophale et dé( huait qu'il était indispensable de consulter les étoiles avant de s'engager dans une entreprise. Aussi ce grand esprit, si jaloux d'affranchir ses contemporains de la servitude de la routine, fut-il accusé par eux de sorcellerie. — Voyez : Ritter, Gesch. der christl. Philosophie, IV. i . 'i7;> ss.; }\{\\iu\cY,Airchengesch., V, p. 565 ss.; Protest. Monatsblœtier, 1866, H. 2; Charles, H. Bacon, sa vie, ses ouvrages, ses doclri- Bord., 1802. F. Lichtenbeeger.

BACON (François), né à Londres en 1501, montra de bonne heureune merveilleuse aptitude pour toutes les sciences. Sous le règne d'Eliot h, il ne put, malgré ses talents oratoires, sa renommée de jurisconsulte et sa complaisance servile, obtenir un poste qui satisfit sorv ambition. Il se concilia la faveur de Jacques Ior et fut nommé successivement garde des sceaux, lord grand-chancelier, baron de Verulam, vicomte de Saint- Alban ; mais des actes de vénalité dont il dut se iv<-< .maître coupable, l'obligèrent de se démettre de ses charges- 81), et jusqu'à sa mort (1626) il se consacra plus librement aux travaux scientifiques qu'il reconnaissait comme sa vraie vocation. >a jeunesse, il avait conçu le plan d'une réforme des sciences; il exposa ses pensées dans un ouvrage intitulé Instauratio magna ■ m, 1620, qui était formé pour la plus grande partie de deux traités publiés auparavant, le De dignitate et augmentis scientia- . I Novum organum. Bacon partage le sentiment de Telesius, de is, de Campanella sur la méthode scolastique et sur les sciences qu'elle a produites. « Instauratio facienda est ab unis furvJ amentis . » , I, 31.) À cet effet, il faut abandonner les hypothèses, les coni abstraits, ainsi que la déduction, le syllogisme aristotélicien, et observer la réalité, c'est-à-dire la nature. Aussi son Organum a reçu un -titre : sive indiciel vera de inttrpretatione naturx, et l'esprit pratique, utilitaire du philosophe anglais se manifeste dans l'addition : gno hominis. « Meta scientiarwn vera et légitima non alia est ut dotetur vita humana novis inventis et copiis » (Org., I, 81). Bacon reconnaît d'autres sciences, la logique, les mathématiques, l'histoire ; mais il les subordonne à la philosophie de la nature : « Pi c magna maire scientiarum haberi débet. » (Org., I, 79). L'observation ait seulement les matériaux de cette philosophie; c'est par i induction qu'on s'élève des phénomènes aux lois, aux formes nécessaires i > s. Bacon décrit avec beaucoup de soin les règles de cette ménouvelle; il aurait voulu en écarter l'emploi de tout prini l3 mais dans le cours de ses indications il est obligé de recourir à quelques notions initiales, sans se prononcer toutefois sur le nombre et la teneur de ces principes premiers. Du reste c'est généralement la théologie qui lui en garantit la vérité, par exemple pour l'axiome que la quantité de la matière n'augmente ni ne diminue (De c?^w.,I).Car à u\ le inonde de la connaissance est partagé en (U>ux domaines icts : l'un profane, objet de nos libres investigations, l'autre sacré, révélé dans la parole divine. Il admet bien une théologie naturelle,

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