‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 62 sur 263 · BENOIT XIII — BENOIT XIY · texte numérisé non relu

BENOIT XIII — BENOIT XIY

du sacré-collége l'empêcha de travailler comme il aurait voulu à l1 apaisement des esprits. Il publia toutefois un bref favorable à la doctrine de la prédestination et de la grâce efficace par elle-même que soutenaient les dominicains et qu'il appelait tutissima et inconcussa SS. Augustini et Thorax dogmata. Aux protestations des cardinaux il se contenta de répondre : « Vous m'avez fait pape malgré moi, je vous ferai obéir malgré vous. » Les jésuites ayant réclamé : « Appelez-en au concile, leur dit-il, vous m'y trouverez. » Benoit a eu quelques démêlés sans importance d'ailleurs, avec la cour de Vienne, au sujet de Parme et Plaisance, avec la diète polonaise et avec le roi Jean V de Portugal. Il mourut en 1730. Nous possédons de ce pape un ouvrage étendu : Homélies sur l'Exode, Rome, 1724, 3 vol. in-4°. — A consulter : Aless. Borgia, Vita Benedîcti XIII, Rome, 1741; Walch, Commentatio de Concilia Lateranensi, Lips., 1727; Kapp, Historia Conc. Lateran.y Lips., 1731 ; Ranke, Die Pœpste ; de Reumont, Gesch. der Stadt Rom.

BENOIT XIV (Prospero Lambertini), d'une famille illustre de Bologne, cardinal en 1728, archevêque de sa ville natale en 1731, élu pape le 17 août 1740, était qualifié plus que personne par ses talents, par son caractère, par sa science pour relever l'autorité pontificale, pour réconcilier l'Eglise avec l'Etat et pour faire cesser les dissidences. En 1744 il publie la bulle Ex quo sin g ulari contre les pratiques superstitieuses que certains missionnaires autorisaient en Chine et aux Indes ; en 1745, la Sacrée Congrégation de Rome proscrit sur ses ordres la Bibliothèque janséniste du jésuite Colonia qui renfermait, entre autres livres, les œuvres du cardinal Noris, zélé défenseur de la doctrine de saint Augustin. Dix ans après Benoît condamne Y Histoire du peuple de Dieu du jésuite Berruyer. L'assemblée du clergé de France, n'ayant pu tomber d'accord sur la manière de traiter les non-constitutionnaires dans l'administration des sacrements, s'adressa en 1755 au pape qui répondit par une lettre encyclique conciliante et raisonnable. Dans ses rapports avec les puissances catholiques, Benoît déploya autant de modération que d'habileté ; il apaise la cour de Sardaigne qui s'était vu retirer soiis Clément XII des concessions importantes, par les instructions concordatives de 1741 et 1750; il signe en 1753 avec l'Espagne un concordat par lequel il renonce au droit de collation des petits bénéfices en se réservant cinquante-deux de ces bénéfices pour qu'il puisse récompenser des prêtres espagnols et en se faisant payer une indemnité en argent ; dans le royaume de Naples les privilèges de la nonciature sont réduits, le clergé est obligé de contribuer aux impôts, Benoit n'y fait pas d'objection. Il va si loin daqs la voie des concessions qu'il abolit, à la demande de la cour impériale, plusieurs jours de têtes, qu'il éteint le droit de patronage qu'exerçait le roi de Portugal sur l'Eglise de ses Etats, institue un patriarche légat à Lisbonne. Enfin il cède aux instances de Pombai, soutenu par plusieurs ordres religieux et par le parti des philosophes, et donne, par un bref de visite et de réforme, le droit au cardinal Saldanha d'inspecter les établissements des jésuites situés en Portugal et dans les colonies portugaises. Peu après Saldanha, dans un décret très-énergique, blâme les opérations com-

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