‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 64 sur 263 · BENOIT DE NURSIE — BENOIT D'AXIANE · texte numérisé non relu

BENOIT DE NURSIE — BENOIT D'AXIANE

Léger ; au neirv ième siècle, Benoit d'Aniane ; en Flandre, Gérard de Brogne (890); en Angleterre, l'archevêque de Gantorbéry saint Dunstan (924- 988), qui écrivit un expose delà règle de Saint-Benoit; en Italie, Pierre Damien. Innocent III, bénédictin lui-même, lit duMont-Cassin la forteresse et la pépinièredu saint-siége, et préféra la règle de Saint-Benoit à la vie érémitique fondée par Romuald. Fructuosus, archevêque de Braga (647), exagéra la sévérité de la règle et fonda le couvent de Complutum en Portugal. Dès le neuvième' siècle les couvents bénédictins, qui avaient réussi à se soustraire à l'influence des évêques, furent ruinés plus par la domination des riches laïques, auxquels les rois les livraient en pâture, que par les invasions normandes. Ils créèrent vers eette époque le tiers-ordre des laïques, qui soutenaient leurs intérêts et répandaient leur influence. La fondation de l'ordre de Gluny par Bernon en 910 leur rendit une partie de leur ancien prestige. Peu à peu les religieuses durent se soumettre à la même règle, mais saint Benoit n'avait pas songé à elles et Héloïse s'en plaint dans plusieurs de ses lettres. Ce fut Tordre de Saint-Benoît qui, pendant plusieurs siècles, fournit à l'Eglise ses évêques les plus éminents, ses papes les plus énergiques. Tout en étant soumis aux évêques, il fut affranchi de la juridiction des simples curés qui, choisis dans les ordres les plus inférieurs de la société, durent être réformés à plusieurs reprises. La vie canonique tomba bientôt en désuétude, mais la vie monastique se réforma d'elle-même. Gérard de Brogne et quelques autres introduisirent dans l'organisation de l'ordre la congrégation, libre union des couvents indépendants les uns des autres. Une union plus étroite ne put jamais exister et le désir d'une centralisation plus forte amena la création d'ordres nouveaux, qui eurent bientôt leur vie propre, tout en acceptant plus ou moins les règles de l'ordre de Saint-Benoît. Celui-ci se confondit de plus en plus dans la masse, et ses membres, à cause de leur costume, reçurent le nom de moines noirs. La création des ordres mendiants lui porta un coup sensible; les décrets de Benoît XIII (1336) et de Clément VI (1343) n'eurent qu'une influence restreinte et peu durable. Le concile de Trente, dans sa session XXV (De réf., cap. 8), organisa des congrégations nouvelles, dont les moines, choisis avec soin parmi les classes nobles, se livrèrent exclusivement aux travaux scientifiques. Parmi les plus célèbres nous pouvons citer celles des Flandres, de la Bourgogne, des Pays-Bas, celle de Saint-Vannes de Verdun, qui luttèrent avec quelque succès contre l'influence des jésuites. L'ordre des bénédictins reprit une nouvelle vie, grâce à la célèbre congrégation de Saint-Maur, fondée en 1618 à Paris (voy. l'article Saint-Maur). — Voyez : saint Grégoire, />ta/.,liv. III ; Mabillon, ActaSanct. Ord. S.B., Paris, 1098-1701, 9 vol. in-fol. ; Brandes, Der B. Ord. nach s. welthist, />V/.,Tub. Quartalschr., 1851, 1 ; Montalembert, Les Moines d'Occ, II; Guizot, //ist.fli' la civ. enFr., I, 370-85. A. Paumieb.

BENOIT D'ANIANE naquit en 750 dans le Languedoc. Son nom de

[amille était Witiza, et son père s'était distingué dans les guerres des

ntre les Gascons. Elevé à la cour du roi Pépin, il suivit son fils

Gharlemagne en Italie ci se voua au Seigneur à la suite d'un grand

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