BENOIT D'ANIANE — BENOIT (René
«langer qu'il avait couru en sauvant son frère. Entré au couvent de Saint-Seine, il trouva les règles de Tordre trop relâchées et se retira dans la solitude à Aniane, son pays natal. Sa réputation de sainteté attira près de lui de nombreux disciples, qu'il réunit dans un monastère fondé par lui en 782. Les guérisons merveilleuses, les soins de la culture et de la charité ne l'empêchèrent pas de relever le chant religieux et d'initier ses moines à l'étude des Ecritures. 11 créa plusieurs couvents célèbres, auxquels il donna la règle de Saint-Benoît, en lui imprimant un caractère à la fois plus rigide et plus minutieux. Son Ordo regularum se répandit dans la Gaule franque, à Saint-Savin en Poitou, à Corméry en Touraine, à Sainte-Barbe de Lyon, à Marmoutier en Alsace, etc. Nous n'avons pas à relever le rôle politique qu'il joua sous les successeurs de Gharlemagne. En 794, il prit part à un concile qui condamna les opinions de Félix, évoque d'Urgelles ; en 799 il l'amena à comparaître au synode d'Aix-la-Chapelle avec un sauf-conduit qui fut respecté, et le renvoya dans son diocèse après avoir obtenu sa rétractation. Nommé abbé d'Inde, près Aix-la-Chapelle, par Louis-le- Débonnaire en 815, il reçut en 817 la mission de réformer tous les ordres religieux et l'empereur lit publier sous sa rédaction un capitulaire en quatre-vingts articles, qui renferme plus d'un détail puéril. Benoît s'attira par ses réformes et ses idées politiques de nombreux adversaires, dont les principaux, Adalhard et Wala, rentrèrent en faveur aussitôt après sa mort, survenue le 12 février 821. — Voyez : sa Vie, par Ardon; Mabillon, Act. Sanct. Ord. Bened., ssec. IV, 1; Néander, K. G., V, 215, VI, 188 ss. ; Guizot, 'Cîv. en Fr., II, 216 ss.
BENOIT LEVITA, c'est-à-dire diacre, célèbre par la rédaction d'un recueil destiné à continuer et à compléter celui d'Anségise. Entreprise vers 840 et achevée sept ans après, sur l'instigation d'Autgar, archevêque de Mayence, cette collection de prétendus décrets de synodes et de diètes, dispersés in diversis locis et in diverses schedidis, bien qu'elle portât le titre de 5e, 6e et 7e livres des Capitulaires d'Anségise, ne compta jamais au nombre des codes de l'empire. Dès le dix-septième siècle son authenticité a été fortement attaquée par Blonde! et Conring, et faiblement défendue par Baluze; de nos jours, Savigny (Gesch. des rom. Redits im 'Mittelalter, II, § 45) et Knust {De Benedicti Leviix collectione rapitularium, 1836) ont prouvé avec la dernière évidence que le recueil de Benoit est l'œuvre d'un faussaire qui a habilement mis à profit les ouvrages les plus divers que recelaient les archives et la bibliothèque épiscopales de Mayence, les codes des Visigoths et des Bavarois, celui de Théodose, la Bible, les écrits des Pères, les recueils de canons, mais surtout les Fausses Décrétâtes (voy. cet article), dans le but de faire donner force de lois en Allemagne aux théories ecclésiastiques contenues dans le recueil de Pseudo-Isidore, notamment en ce qui concerne les droits de l'épiscopat vis-à-vis de la royauté. La collection de Benoît a été publiée dans les Monumenta Germanise Legum, IL
BENOIT (René) [152L-1608]. Confesseur de Marie Smart, puis curé de Saint-Eustache en 1669, il fut l'un des chefs de ce parti mitoyen, royaliste et gallican, appelé politique pendant la Ligue, janséniste plus
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tard, et dont on retrouverait peut-être quelqu.es traits dans l'école dite catholique-libérale de notre temps. Benoit fut par excellence l'homme des compromis, et il en ('prouva tour à tour les avantages et les inconvénients. Il donna en 1566 (Paris, in-fol.) une traduction française de la Bible on il avait mis peu du sien, s'étant contenté de corriger à sa façon la version de Genève, et d'y adapter à la marge des notes de Vatable augmentées de remarques de controverse à l'adresse des hérétiques. Cette précaution ne sauva ni le livre de la censure ni l'auteur de la colère de la faculté qui l'exclut de son sein. Après de vaines protestations, il publia une nouvelle édition de sa Bible (1588, 2 vol. in-4°), enrichie d'une apologie dans laquelle, négligeant adroitement les autres griefs, il s'étonne « que la langue française soit plus excommuniée, pour parler chrétien, que la latine ou autre langue quelconque. » Le courage lui était revenu avec la faveur du roi qui venait de le nommer professeur cle théologie au collège de Navarre. Mais la faculté ne se départit pas de sa rigueur, et pour y rentier comme doyen, en 1588, il dut se résoudre à souscrire à ses condamnations. Benoit était intimement liéavec le jurisconsulte Belloy, ce fougueux adversaire des Guise et des ligueurs. Il soutint avec lui que les droits du roi de Navarre au trône étaient indépendants de son orthodoxie. Du reste, il travailla avec succès à éviter aux amis catholiques du Béarnais la nécessité de défendre cette thèse jusqu'au bout. Forcé de fuir les fureurs des Seize, il se réfugia au camp du roi. Henri se prêta à ses conseils, et Benoit de son côté obtint de l'assemblée de Saint-Denis que le roi fût réconcilié avec l'Eglise sans attendre ordres de Borne. Ce' service inappréciable lui valut l'évêché de Troyes. Mais les ultramontains ne lui pardonnèrent jamais son gallicanisme et surtout l'application qu'il en avait faite en esquivant l'intervention directe du pape dans l'abjuration de Henri. On renouvela les vieux griefs d'hétérodoxie de sa Bible, et malgré les efforts du cardinal d'Ossat, il ne »*eçut jamais ses bulles et n'eut de son évèché que le revenu temporel. Il finit même par l'abandonner en 1604 (voy. d'Ossat, Lettres ; Mézeray ; et, pour la longue liste de ses ouvrages, Lacroix du Maine et .Nicéron, t. XLI). P. Rouffkt.
BENOIT Elie), né à Paris le 20 janvier 1640, mort à Delft le 15 novembre 17:28. pasteur etécrivain, l'une des victimes de la révocation de 1 édit de Nantes, est surtout connu par son Histoire de cet édit célèbre. Fils <\'i\\\ concierge de l'hôtel de La Trémoille, il fit successivement ses études aux collèges d'Harcourt, de Montaigu et de La Marche, et acheva sa philosophie a Montauban. Il racheta quelques années de dissipation par un.- longue vie de travail et de dévouement. Il étudia la théologie tout endonnanl «l<-^ leçons à quelques élèves, et fut consacré pasteur vers 1664. Il desservit pendant environ neuf mois deux églises de la Beauce, et lut appelé, en 1665, dans celle d'Alençon, où il remplit les
fonctions pastorales pendant vingt ans, au milieu des circonstances h-, plu- difficiles. Il soutint une lutte fort vive contre le P. de La Rue sur divers points de controverse; et ce jésuite trop fameux n'ayant pu, malgré son éloquence, vaincre l'opposition de son savant adversaire,
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eut recours, pour se débarrasser de lui et des protestants de la ville, àun moyen plus expéditif : il fanatisa par ses prédications la populace catholique, qui vint, le 10 août 1681, assaillir le temple nouvellement élevé dans le faubourg de Lencrel. Les assaillants furent repoussés à coups de cannes et d'épées par les huguenots, tandis que Benoit continuait tranquillement sa prière. Celui-ci ne quitta pourtant Alençon et la France qu'après la révocation. Il fut nommé troisième pasteur de l'église wallonne de Delft, et après trente-et-un ans de ministère dans cette église, il obtint en 1715 le titre de pasteur émérite. Dans sa nouvelle patrie, il s'employa avec une activité infatigable à la défense et au soulagement de ses frères persécutés. Il fut, avec Jurieu, l'un des agents les plus dévoués des réfugiés, surtout lors des négociations qui précédèrent la paix de Ryswick (1697). Il aurait voulu que les plénipotentiaires des princes protestants imposassent à Louis XIV le rétablissement des Eglises réformées de France. Mais les princes ne donnèrent pas des ordres dans ce sens : ils tenaient à garder dans leurs Etats ces milliers de familles qui déjà avaient apporté avec elles F industrie, la moralité, la foi. — Benoit a publié de nombreux ouvrages de controverse, de polémique ou d'édification. Le seul qui soit resté est sou Histoire de redit de Nantes... jusques à l'édit de révocation, en octobre 1685, Delft, 1693 et 1695, 5part.in-4°; trad. en anglais, Lond., 1693, in-4°, et en flamand, Amst., 1696. 2 vol. in-fol. 1er vol. : de l'origine de la Réforme à la mort de Henri IV, en 1610 ; 2e vol. : règne de Louis XIII, 1610-1643 ; 3U vol. : 1643-1665; 4" vol.: 1665-1683 ; 5e vol.: 1683-1688; avec des centaines de pièces justificatives. Le style est diffus, la composition lâche, la forme vieillie ; en outre, bien .des pages sont amères ; Fauteur ne contient pas son indignation contre le clergé catholique qu'il accuse, à bon droit, d'avoir poussé à la persécution. Mais sa fidélité historique est incontestable. Il avait eu entre les mains de précieux mémoires recueillis par Abr. Tassereau, qui avait été pendant vingt ans secrétaire de Louis XIV, de 1653 à 1673, et qui mourut à Rotterdam en 1689. Sa véracité a été confirmée par toutes les pièces officielles qui ont été publiées depuis lors ou qui ont été consultées dans les archives et les bibliothèques publiques. La seule réfutation qui fut tentée par les PP. Thomassin et Bordes (Paris, 1703, 2 vol. in-4°) consista à justifier le roi persécuteur : il aurait eu le droit de frapper des hérétiques, à l'exemple des premiers princes chrétiens; comme si un crime pouvait être légitimé par un crime semblable ! Quelques erreurs seulement, et de peu d'importance, se sont glissées dans cette masse de détails et de noms propres. Mais l'auteur, après avoir reçu des lettres qui rectifiaient des faits avancés dans son Histoire, signala lui-même ces rectifications dans son Supplément, qui malheureusement n'a pas été imprimé, et qui contient en 84 pages serrées in-folio une continuation de son Histoire jusqu'en 1690. Ce supplément, de la main de Benoît, se trouve dans les manuscrits d'Ant. Court à la bibliothèque publique de Genève, n° 50. D'autres documents inédits sur le même sujet sont dans la même collection, aux nos 17 et 48. Chauffepié donne les titres avec des extraits fort étendus de seize autres volumineux manuscrits
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laisses par notre pasteur, mais qui n'ajoutent pas grand'chose à sa réputation : il pensait librement, mais il a exprimé, en critique et en philosophie, des idées singulières et bizarres. Sa gloire a été de raconter fidèlement les souffrances et l'héroïsme de nos pères martyrs, et cette gloire lui restera. — Sources : Haag, Fr. prot., II, et Bulletin du Prot. fr.. VU, VIII, XI. Ch. Dardier.
BENOIT (le Père) [i663-1742]. Issu d'une famille maronite du Mont- Liban, il l'ut envoyé à Home à l'âge de neuf ans. Après treize ans d'études, il retourna dans son pays où le patriarche Adœnsis le chargea de corriger ses ouvrages sur la liturgie et l'histoire des Maronites. .Délégué à Rome par l'Eglise maronite d'Antioche, il fut retenu en Italie par Cosme 111 de Florence qui lui conlia l'organisation de son imprimerie pour les langues orientales et la publication de plusieurs manuscrits écrits en ces langues. Benoit, à quarante-quatre ans, renonça à la chaire d'hébreu que Cosme lui avait donnée à Pise, pour se faire jésuite. Après son noviciat, Clément XI l'adjoignit aux savants qu'il avait chargés de réviser le texte grec de la Bible. Le cardinal Quirini, qui avait été son élevé, le décida plus tard à entreprendre une édition de saint Ephrem, son compatriote. La mort le surprit au milieu du second volume, et le savant Assemani, sous-bibliothécaire du Vatican. en acheva la publication (Rome, b' vol. in-fol., 1742-46).
BENTHAM (Jérémie) [1748-1832], de Londres, donna une forme juridique à la morale utilitaire. Ils'occupade la réforme des lois et reçut de la Convention le titre de citoyen français. Son Introduction aux principes de la morale et de la législation, 1789, exposait qu'une action est bonne quand elle est utile, quand elle a pour conséquence d'augmenter notre bonheur ou de diminuer nos maux ; c'est à ce titre seulement qu'elle est juste, morale, légitime. Le principe de nos actions, c'est donc l'intérêt, et le critérium du bien n'est que le calcul du plus grand plaisir, évaluation qui s'obtient en considérant chaque plaisir au point de vue de son intensité, de sa durée, de sa certitude, de sa proximité, de sa fécondité en. plaisirs nouveaux et de sa pureté de toute douleur. Le problème d'arithmétique morale se complique toutefois de plusieurs éléments encore: le tempérament, l'état de santé, les habitudes, etc. Le même raisonnement s'applique aux douleurs, et la législation, en attachant un châtiment aux actions malfaisantes, contribue au triomphe du bien. Bentham n'admettait pas qu'il pût y avoir opposition entre l'intérêt individuel et l'intérêt général ; à cet elïet, il s'appuyait sur un deuxième principe, la sympathie naturelle qui unit les hommes, et enveloppait ainsi dans la philanthropie une doctrine donl l'égoïsme était le point de départ, heureuse inconséquence qui seule pouvait satisfaire son âme bienveillante. — Voyez Joutfroy, ('oins de droit naturel, t. II. M. Grote a publié récemment, d'après les papiers de Uentham, La religion naturelle, son influence sur le bonheur du genre kumain9U, en fr. par M. Gazelles, 1874.
BENTLEY (Richard), célèbre philologue anglais, né en 1662 à Oulton, près Wakefield, dans l'Yorkshire. Son père, qui n'était qu'un simple maréchal-ferrant, l'envoya d'abord à l'école de Wakefield. Il en sortit
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en 1670 pour aller à Cambridge. Il se lit remarquer de bonne heure par son goût pour les langues anciennes et par son érudition critique. A l'âge de vingt-quatre ans, il avait composé, dit-on, une table alphabétique de tous les mots hébreux contenus dans la Bible avec leurs diverses interprétations en chaldéen, en syriaque, en latin, etc. En 1700, il fut nommé professeur de théologie au collège de la Trinité à Cambridge, et Tannée suivante fut pourvu d'un archidiaconatà Elv. Sa passion pour la critique philologique ne l'empêcha pas de publier un volume de sermons qui, après avoir eu un certain nombre d'éditions en anglais, ont été traduits en plusieurs langues. Dans ces sermons, Bentley s'applique à réfuter l'athéisme et puise surtout ses arguments^ dans les idées philosophiques de Newton et de Locke. Il mourut en 1742, à un âge avancé.
BÉRAULD (Michel), né au Mans vers 1535 et mort à Montauban le 11 juillet 1610. Vers 1555, il quitta le couvent des dominicains de sa ville natale, où il faisait son noviciat, pour faire profession de la religion réformée. Reçu au ministère évangélique en 1560, il desservit les Eglises de Lodève (1561 et 1562) et de Béziers (15*33 et 1564). Chassé de cette ville par la persécution, il se rendit à Montauban. On le trouve pasteur à Puylaurens en 1573, puis de nouveau à Béziers en 1576. Cette Eglise ayant été dispersée quelques mois à peine après son arrivée, il alla desservir l'Eglise de Réalmont (1577-1579). 11 fut à cette dernière date nommé pasteur à Montauban, et à la fondation de l'académie de cette ville, il fut appelé à une des deux chaires de théologie. Sauf un intérim de deux ans environ qu'il passa à l'académie de Saumur, qui avait réclamé momentanément ses services, il remplit ses deux fonctions de pasteur et de professeur à Montauban jusqu'à la lin de ses jours. Michel Bérauld joua un rôle considérable dans l'Eglise réformée de son temps. Il prit part à de nombreuses conférences sur les matières controversées, assista à plusieurs assemblées politiques, et présida les trois synodes nationaux de Montauban (1594), de Montpellier (1598) et de La Rochelle (1607). Le caractère de son action dans l'Eglise réformée de France est surtout marqué par le fait qu'il fut le principal promoteur du parti de la résistance. Ses écrits sont peu nombreux, ce qui ne saurait étonner de la part d'un homme qui prit une part très-active à presque tous les événements importants de son temps dans l'Eglise réformée. Voici la ;lisle de ceux que nous avons pu avoir entre les mains : Athénagoras d'Athènes, philosophe chrestitn, louchant fa résurrection des morts, Montauban, L. Rabier, 1582, pet. in-8° de 70 pages, plus une dédicace de 6 pages aux protestants de Béziers, une préface de 20 pages et 2 pages contenant deux sonnets de Jean Gardesi ; Briçve et. clan e défense de la vocation des ministres de l'Evangile, contre la Répliq. de messire Jacq. Davy, évesque d'Fvreux, Montauban, Denis Haultin, 1598, petit in-8° de xxi et 498 pages; Epistola apologetica ad l'iantavitium Pauseum semi-jesuistam, Salmurii, 1608, petit in-8° de 164 pages ; Disputationum theologicarum prima de sacra theologia (thèse sur laquelle argumenta Pierre de Liques), Salmurii, 1608, in-4° de 6 pages.
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BÉRAULD (Pierre), un des (ils de Michel, né à Réalmont de 1577 à 1579, el mort à Montauban en 1645. Après avoir passé quelque temps à aider son père à Montauban, il desservit les Eglises de Bergerac (1603-1613), de Pamiers (1614-1618) el de Montauban (1619-1645). Après la mort de Charnier, il fut nommé à la chaire de théologie laissée vacante à l'académie. Il poussa encore pins loin que son père le système de la résistance et prit une part active aux guerres civiles de 1621 à 1628 (Aymon, Synodes nation., t. 11, p. 456, 458, 467 et 468). Nous ne connaissons de lui que les écrits suivants : L'Estat de Montauban depuis In descente de l'Anglais en Ré le ¥2 juillet 1027 jusqu'à la reddition de La Roc/telle, (Montauban) 1028, in-8° de x et 161 pages; L Espluchement de soy-mème, ou sermon faict au jeusne des Eglises de France, célébré en celle de Montauban, le quatrième jour de mars 1621, fur Sopftonie II, Montauban, Pierre Goderc, lb'22, in-8° de 128 pages; La Froissure de Joseph, ou sermon faict le vingt-neuvième jour de septembre 1()22 en la solennité du jeusne célébré en l'Eglise de Montauban, pour les fidèles de Montpellier assiégés, Montauban, Pierre Codcrc, 1022, in-8° de 102 pages. M. Nicolas.
BÉRAULD (Nicolas). Né en 1473 à Orléans, il y professa le droit, pendant plusieurs années, avec une distinction qu'attestent les écrits d'Erasme et de Badius. Quittant les travaux du jurisconsulte pour ceux du philologue et de l'humaniste, il vint à Paris, où il vécut dans la société de Budé, de Huel, de Louis de Ruzé, de François de Loques, d'Etienne Poucher, et d'autres amis des lettres. Occupé de ses études favorites et obéissant en outre au mouvement qui, en France de môme qu'en d'autres contrées de l'Europe, poussait alors les esprits à la recherche de la vérité religieuse, il s'intéressa aux premiers travaux entrepris pour la restitution et la publication du texte des saintes Ecritures. Vne étroite amitié s'était établie entre lui et Louis de Berquin, disciple de l'Evangile et courageux adversaire de l'intolérante Sorbonne : l'année même où Berquin, martyr de ses convictions chrétiennes, fut brûlé à Paris, Bérauld lit paraître dans cette ville un écrit {Enarratio Psalmorum LXXI et CXXXII, in-4°, Parisiis, 1529) dont la composition tut sans doute inspirée par son amitié pour la pieuse victime du l'anatisme de la Sorbonne et de ses adhérents. De 1514 à 1528, Bérauld avait conquis par d'importants écrits une place honorable dans le monde savant; non moins sûr que bienveillant dans ses relations, il jouissait de la réputation méritée d'homme de bien et de savoir. Ce fut alors que la maréchale de Chàtillon le chargea de diriger l'éducation de m> gis Odet, Gaspard et François. Dès le début de sa mission, Bérauld justilia pleinement la confiance dont il avait été investi. Il aimait la jeunesse et possédait le secret de se faire comprendre et aimer d'elle. Alliant à une fermeté calme et digne une aménité de langage et de manières qu'accompagnait l'expression d'une physionomie empreinte de bout.', il se concilia d'autant plus aisément l'affection de ses trois disciples, qu'il leur lit sentir immédiatement la sincérité de la sienne. On ignore jusqu'à quelle limite Bérauld poussa les études des lils de la maréchale. Quant aux directions morales qu'ils reçurent de leur
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zélé précepteur, elles ne purent qu'être salutaires, à raison des sentiments élevés qui animèrent celui-ci. Odet de Ghâtillon, devenu de bonne heure cardinal, attacha Bérauld à sa maison. On ignore la date de sa mort. — Voyez : doni Lyron, Singularités histor. et littér., t. III; dédicace de Bérauld à Poculus, 9 nov. 1520 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 6864) ; lettres de Bérauld à Erasme des 16 mars 1518, 1er juillet 1519 ; d'Erasme à Bérauld, du 21 février 1517 ; de Berquin à Erasme, du 17 avril 1526; de Morelet à Bérauld, du 9 août 1534 (op. Herminjard, corresp. des réform.). J. Del aborde.
BÉRÉE : 1° ville de Macédoine, en Emathie, au sud-ouest de Pella, sur le fleuve Astrœos et au pied du mont Bermios. Bérée est une des plus anciennes villes de cette riche contrée. Saint Paul y prêcha l'Evangile dans son premier voyage en Grèce, en se rendant de Thessalonique en Achaïe (an 54 ; comp. Act. XVII, 10-15). Aujourd'hui : Berre ou Kara-Ferdja. — 2° Bérée, en Syrie, nom de la ville située entre Antioche et Hiérapolis, sur le fleuve Halos, et beaucoup plus connue sous son nom actuel, Alep (voy. Helbon). — 3° Localité d'ailleurs inconnue de Judée, où périt Judas Machabée (1 Mac. IX, 4).
BERENGER DE TOURS, né au commencement du onzième siècle, disciple du savant et pieux Fulbert, évêque de Chartres, esprit fin et libre, mais caractère faible, nourri des lettres anciennes et habile dans l'art de la dialectique, joua un rôle important dans les débats relatifs à la fixation du dogme de la transsubstantiation. Il représente l'opposition au matérialisme sacramentaire qui triompha au quatrième concile de Latran. Scholastique de Tours depuis 1031 et archidiacre d'Angers depuis 1040, jouissant d'une grande considération tant à cause de sa piété que de sa science, Bérenger se prononça en faveur de la doctrine attribuée à Scot Erigène (en réalité professée par Batramne), contre celle de Radbert, presque universellement reçue dans l'Eglise, d'après laquelle la substance du pain et du vin se changent en corps et en sang du Christ dans le mystère de l'eucharistie. Bérenger, qui avait soutenu d'abord que Jésus-Christ n'est pas réellement présent dans la sainte Cène, mais seulement en figure, fut amené, dans le cours delà controverse, à modifier sa manière de voir et à reconnaître que Jésus-Christ est présent réellement dans le repas eucharistique, mais par son esprit, c'est-à-dire par la force spirituelle qui est cachée dans la substance des éléments terrestres du pain et du vin. Ceux-ci ne peuvent subir de transformation, parce que l'on ne peut admettre que les signes et les qualités d'une substance sont indépendants d'elle, et continuent à subsister, alors que cette substance elle-même a été changée en une autre. Le corps du Christ est au ciel où il demeure sans plus en descendre. En s' unissant avec Christ par la foi, le chrétien devient participant des vertus attachées à ce commerce tout spirituel. Pour lui, mais pour lui seul, les espèces matérielles se changent en quelque mesure en vrai corps et en vrai sang du Christ, avec les vertus qui leur sont propres. Celui qui ne croit pas ne reçoit absolument que le pain et le vin. En un mot, Bérenger, par un jeu de mot subtil, enseigne une transsubstantiation non des éléments terrestres présents dans la Cène,