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sautes que lui ouvrait la vie mondaine, il se lit consacrer prêtre et reçut les fonctions d'archidiacre qu'il exerça avec le plus grand dévouement jusqu'à sa mort, opérant de nombreuses conversions eu Piémont, dans le Valais, à Genève, en Savoie et en Lombardie. Sa pensée dominante était d'arracher le col, qui depuis a porté son nom. à la double possession du démon et des Sarrasins idolâtres, et d'y élever un asile pour les pèlerins. Sur le col du Petit-Saint-Bernard se dressait une colonne, débris d'un temple de Jupiter {columna Jovis), appelée aussi VŒU de Jupiter, à cause de l'escarboucle qui avait été enchâssée dans l'orbite de l'œil de la statue, et grâce à laquelle, suivant la tradition païenne, elle pouvait apercevoir de loin ceux qui avaient besoin- de secours. Bernard lit abattre cette statue que la légende chrétienne disait possédée du démon et à laquelle elle attribuait toute sorte de maléfices. En même temps il s'employa activement à la conversion des Sarrasins, établis sur ces hauteurs inhospitalières où ils pouvaient exercer impunément leurs brigandages. Grâce aux dons nombreux qui affluèrent à la suite des éloquentes prédications de Bernard, et aux riches legs que firent les membres les plus proches de sa famille, il put ériger (vers 996), sur ce col élevé de 7,000 pieds audessus du niveau de la mer et enseveli pendant neuf mois de l'année sous la neige, un monastère et un hospice qui rendirent, dans la suite, les services les plus signalés aux voyageurs. Le concile de Latran (1215) rattacha les moines du couvent de Saint-Bernard à la règle de Saint- Augustin. — La source principale est la Legenda vitx S. Bernh. de Menthone de Richard, archidiacre d'Aoste et proche parent de Bernard. Elle a été publiée d'abord par les bollandistes, d'après un manuscrit trouvé dans l'église de Saint-Jean-de-Maurienne par Chiffief (AA. SS., 15 juin, p. 1074); puis, en latin, par Adam Schirmbeck, à Munich (1652) ; enlin, en français, par Viot, sous le titre de Miroir de toute sainteté en la vie de saint Bernard de Menthon. Il existe deux autres récits de la vie de ce personnage, également publiés par les bollandistes, l'un, qui paraît être un abrégé du précédent, ex mannstripto cœnobii Bodecensis, p. 1082; l'autre, qui n'est qu'un tissu de fables et de légendes et qui peut être considéré comme la source de tous les miracles prêtés à Bernard, tiré ex manuscripto Carthusiœ Colon.. p. 1080. Voyez aussi un article de Ph. Bridel dans le Conservateur suisse, V, p. 231 ss. ; une Vie de saint Bernard en allemand de L. Burgener (1856), et l'article du docteur Gelpke dans la Real-Encykl. de Herzog, XIX, p. 178 ss.
BERNARD DE HILDESHEIM (Saint) [Bernward, Bernouard], évêque de 993 à 1022, canonisé en 1193, neveu du comte palatin Adalbéron, élevé à l'excellente école de Hildesheim, instruit dans les lettres, dans les arts et dans les lois, devint le précepteur et le chapelain de l'empereur Otton III et exerça une grande influence sur sa cour. Dans son diocèse, il favorisa les études, enrichit la bibliothèque épiscopale d'écrits classiques, philosophiques et théologiques, en partie rapportés d'Italie, écrivit lui-même sur les mathématiques et l'alchimie et dirigea a construction de divers édifices ecclésiastiques, en particulier de
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l'abbaye des bénédictins érigée en l'honneur dé saint Michel. Bernard défendit les droits de sou évêché contre llàrchevêque de Mayencè, lit plusieurs voyages à Home où il était très-estimé et fortifia Hildesheim
et ses environs contre les attaques des Normands. Sa biographie, écrite de son vivant par le prêtre Tangmar, son précepteur et le compagnon le ses voyages, se trouve dans Surius, an 1018, 20 novembre.
BERNARD DE TIRON (Saint) [1046-1116], évangélisa la Normandie eu compagnie de Robert d'Arbrisselles, et fonda, en 1109, une congrégation nouvelle de Tordre de Saint-Benoit, qui porte son nom.
BERNARD (Claude), appelé communément le Pauvre Prêtre ou le Père Bernard (1588-1641), originaire d'une famille noble de Dijon, étudia le droit et la théologie, fut détourné par une vision de la vie mondaine qu'il menait sous l'habit ecclésiastique, résigna le bénéfice qu'il avait, et vint se consacrer, à Paris, au service des malades et des pauvres, pour lesquels il se dépouilla de tous ses biens. Il prêchait plusieurs fois par semaine, et ses sermons entraînants produisaient des miracles de charité, bien qu'il parlât sans préparation. Il a été enterré à l'hôpital de la Charité. Sa vie a été écrite par plusieurs auteurs, entre autres par Th. Le Gaufïre, par le P. Giry, minime, et par le P. Lempereur, jésuite.
BERNARD (Samuel). — I. Les registres du temple de Charenton, anéantis par les incendies de 1871, contenaient des renseignements précieux sur la famille de ce peintre et graveur célèbre. Baptisé le 8 novembre 161o, il était le quatrième des douze enfants de Noël Bernard, qualifié de maitre peintre, et de Marguerite Sevin. D'après Mariette, « il avait étudié sous Vouët et ensuite sous Duguernier, et il a merveilleusement bien peint la miniature. » Il fut un des membres fondateurs de l'Académie de peinture en 1648 ; nommé professeur le 6 juillet 1655. 11 exposa en 1673. On lui doit, dit Robert-Dumesnil, « de charmantes copies en petit des plus célèbres compositions de Raphaël, et qui sont d'un fini précieux, sans sécheresse. Le faire de la Vision d'Attila, par lui gravée, peut aisément mettre sur la voie de l'exécution de ces petits chefs-d'œuvre, qui sont anonymes. » Il a gravé lui-même les portraits de Duguernier, du musicien Hautman, du comte de Béthune, etc. On a pu voir, en 1864, à l'exposition régionale d'Evreux, un cadre de 24 portraits de Samuel Bernard appartenant au duc de Clermont-Tonnerre, qui descend de lui par une de ses arrière-petiteslilles, née Bernard de Boulainvilliers. Exclu de l'Académie, comme protestant, en 1681, il lut réintégré dans son fauteuil après avoir abjuré le 20 octobre 1685. Il mourut à Paris, rue de l'Université, le 2't juin 1687, âgé de 72 ans. Il avait épousé, en octobre 1645, Madeleine Lequeux, fille d'un tailleur, qui lui donna douze enfants. — II. Samuel Bernard, le célèbre financier, était le quatrième des rulants du peintre qui vient d'être mentionné. Il fut baptisé à Charenton, le -l décembre 1651. En juin 1676, il fut reçu maitre dans la co poration des marchands de draps d'or et de joaillerie; et, en dé embre 1685, il ligure parmi les soixante-trois notables négociants iris de la R. P. H. que le secrétaire d'Etat Seignelay mande chez
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lui pour leur faire signer une abjuration en règle. Nonobstant, et par suite d'une erreur singulière, on envoie des dragons, commandés par d'Artagnan, dans sa belle campagne de Chenevières-sur-Marne, lesquels, croyant avoir affaire à un non-converti, font là, consciencieusement, en quelques jours, pour dix mille livres de dégâts. Le Journal de Dangeau nous apprend qu'en juin 1697 Samuel Bernard aida à l'élection du roi de Pologne, en envoyant à Dantzick 200,000 écus, selon le désir de Louis XIV, « qu'il servit très-bien en cette occasion. » Il fit dès lors preuve d'un génie linancier et d'une étendue de crédit, propres à seconder puissamment les desseins du monarque. Aussi reçoit-il, au mois d'août 1699, des lettres d'anoblissement, pour lui et ses descendants, portant cette clause remarquable : « Sans que pour « ce il soit tenu de cesser son commerce, ce que nous luy avons « expressément défendu, pour l'utilité que nous et nos sujets pouvons « continuer d'en retirer. » Il avait, est-il dit encore, « fait venir à grands « frais des grains de l'étranger, en temps de disette, et avait montré « autant de zèle que de désintéressement dans des affaires secrètes « dont il avait été chargé. » En juin 1702, il fut fait chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Son concours devenait de plus en plus nécessaire à Chamillart et à Desmarets, à mesure que le roi avait à se défendre contre plus d'ennemis. On sait, par le récit piquant de Saint- Simon, comment Desmarets aux abois, en 1708, attira Bernard à Mari y, afin que le grand roi daignât lui-môme le promener, le iïatter, et ainsi « lui couper plaisamment la bourse ». On peut croire qu'en semblant tout concéder, l'habile linancier ne laissa pas d'y trouver son compte. C'est lui qui avait commencé la fortune des frères Paris; il se ligua avec eux et avec Crozat contre le système de Law. En décembre 1725, Louis XV le fit comte de Coubert, érigeant en seigneurie une terre de ce nom, située près de Brie-Comte-Robert. On avait toujours besoin de lui. L'histoire de l'Administration de la Guerre constate que, pendant tout le ministère du cardinal Fleury, « le véritable ministre du matériel de la guerre fut ce simple négociant, banquier de la cour, qui se montra habile au possible, courageux, infatigable. » En novembre 1730, il fut l'ait conseiller d'Etat, à titre de récompense exceptionnelle. Il mourut le 18 janvier 1739, en sa maison de la place des Victoires, et fut inhumé àSaint-Eustache. La fortune qu'il laissait était de 33 millions, qui furent « le fumier de bien des terres », par le moyen des alliances que la noblesse avait contractées avec ses enfants. C'étaient des partis de 800,000 livres : on se mésalliait souvent à moins. Bernard avait été marié deux fois. De sa première femme, Madeleine Clergeau, lille d'une célèbre faiseuse de mouches, il avait eu huit enfants, dont : 1° Madeleine, née en 1684, qui épousa, en 1701, Hardouin Mansart, comte de Sagonne ; 2° Samuel- Jacques, né en 1686, surintendant de la maison de la reine, qui épousa, en 1715, une Frottier de la Coste-Messelière ; 3° Gabriel, né en 1687, qui devint le président de Rieux et épousa, en 1717, une Saint-Chamans, puis, en 1719, une Boulainvilliers. De sa seconde femme, Pauline de Saint-Chamans (1720), sœur de sa belle-fille, Bernard eut encore une lille, née en 1721, qui épousa,
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en 17;W, le président Mole, avec une dot de douze cent mille livres. Le sang de Samuel Bernard entra ainsi dans les veines : 1° des Mole, des Cossé-Brissac et des Lamoignon; 2° des Montvallat d'Entragues, des Berryer et des Leclerc de J.uigné ; 11° des Lévis de Mirepoix, des Beauvoir du Roure, des Hallencourt, des Crussol d'Uzès, des Faudoas el des Clermont-Tonnerre. Un dernier Samuel Bernard, comte de Goubert (arrière-pétit-fils du financier), qui avait épousé une TUrgot, s'est éteint sans postérité, le 24 janvier 1861, à l'âge de 93 ans. Il avait fait passer son titre, en 1846, sur la tête de L.-F. de Forestier, fils de sa sœur et du vicomte de Forestier, commissaire général des guerres pour les troupes suisses. Ch. Rkad.
BERNARD (Jacques), publiciste protestant. Fils de Salomon Bernard et de Madeleine Galatin, de Genève, il naquit, le 1er septembre 1658, à Nyons, en Dauphiné, où son père était ministre. Ayant étudié à Genève, en vue de la carrière pastorale, il fut attaché en 1679 à l'Eglise de Venterol, puis à celle de Yinsobres. Lorsque l'exercice y fut interdit et le temple condamné à être démoli, en 1683, il ne put se résigner à la persécution et, à la tête de son troupeau, résista ouvertement à la force armée. Puis il gagna la frontière suisse et apprit qu'on l'avait pendu en effigie, en même temps que tous ses biens et ceux de sa famille avaient été confisqués au profit d'un parent converti. D'abord à Lausanne, où son père le rejoignit, il vécut de leçons de philosophie et de mathématiques. Ayant passé en Hollande, après 1685, il devint ministre pensionné par la ville de Gouda, se maria en 1690 et s'établit professeur à La Haye, en continuant à remplir son office de prédicateur à Gouda, même après que Le Clerc, son parent, l'eût chargé, en 1691, de publier les derniers volumes de la Bibliothèque universelle, au nombre de six. II ne se montra pas tout à fait à la hauteur de cette tâche. Cependant il entreprit encore, en 1699, de continuer les Nouvelles de la République des Lettres, journal qui avait dû au génie de Bayle un renom difficile à soutenir. 11 les publia jusqu'en décembre 1710, et les reprit, après une interruption, en 1716, pour ne les abandonner qu'à sa mort, en 1718. Longtemps il avait attendu une place de pasteur à Leyde, qui lui avait été offerte par les réfugiés français de cette ville; mais le roi Guillaume, l'ancien stathouder, lui fit opposition. Les principes politiques du publiciste lui déplaisaient : il eût voulu trouver un flatteur de la monarchie dans celui que la monarchie despotique avait proscrit. Enfin, après la mort de ce prince, en octobre 1705, Bernard fut nommé pasteur, et en même temps professeur suppléant à l'université de Leyde, où il devint titulaire en 1712. Il mourut à Leyde le 27 avril 1718, laissant deux filles et un fils, Jean- Pierre Bernard, qui a été chapelain du comte de Lorraine, s'est fait connaître par des travaux littéraires, et fut un des collaborateurs de la traduction du Dictionnaire de Bayle et de la Bibliothèque britannique. Jacques Bernard, écrivain plus laborieux que remarquable, a laissé de nombreux écrite, publiés de 1686 à 1714. Il a travaillé au Supplément au Dictionnaire de Moreri (1716) et a donné une édition estimée des Lettres de Bongars. Oh. Read.