‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 75 sur 263 · BERNARDIN — BERNE · texte numérisé non relu

BERNARDIN — BERNE

d'où leur est venu le nom, sous lequel ils sont plus connus, de religieux de Cîteaux (voy. cet article). Ils suivent la règle de Saint-Benoit avec les modifications apportées par les usages de Citeaux, et on les nomme bernardins, parce que saint Bernard a beaucoup contribué à illustrer et à étendre leur ordre.

BERNE (Histoire et statistique religieuse). La Réformation futprêchée à Berne à partir de Tannée 1518, par l'Allemand Berchthold Haller (f 1536) ; elle y trouva bien vite de nombreux adhérents : Franz Kolb, Sébastien Meyer, Nicolas Manuel furent bientôt les auxiliaires dé Haller, mais contribuèrent à donner à son œuvre un certain caractère d'agitation politique et une tendance zwinglienne plus prononcée. Dès 1523 le gouvernement autorisa les moines à sortir de leurs cloîtres pour se marier, et à la suite du colloque de 1528, la Réformation fut définitivement adoptée sur l'initiative des magistrats. Le canton de Berne fut dès lors un pays presque exclusivement protestant. Les catholiques n'y sont devenus assez nombreux que par l'annexion au canton, en 1815, de territoires considérables de l'ancien évêché de Bâle. Voici la proportion des adhérents des différents cultes d'après le recensement du 1er décembre 1870. Population totale, 506,465: protestants, 436,304; catholiques, 66,015; sectes chrétiennes, 2,746; israélifces, 1,400. Nous allons étudier séparément chacune de ces confessions. — 1. Prolestants. L'autorité centrale de l'Eglise bernoise fut d'abord le synode qui se réunit pour la première fois en 1532; ses sessions devaient être annuelles ; mais le gouvernement, jaloux de l'aristocratie bernoise, ne pouvait s'accommoder d'une autorité aussi considérable ; il ne convoqua le synode qu'à de longs intervalles (1536, 1537 (2 fois), 1546, 1549, 1581, 1599, 1615, 1699); cet ancien synode se composait de tous les pasteurs du pays, tant de langue allemande que de langue française, ce qui formait une assemblée très-nombreuse, car les possessions bernoises étaient alors beaucoup plus considérables qu'aujourd'hui; le canton de Vaud actuel, la plus grande partie de celui d'Argovie étaient soumis aux Bernois. A partir de 1615, l'autorité du synode fut déléguée au Kirchenconvént, composé des pasteurs de la ville et des professeurs de théologie. Pendant toute cette période, l'Eglise bernoise resta fidèlement attachée aux croyances du type réformé. Le piétisme de Spener y trouva beaucoup de partisans et fut même l'occasion de quelques troubles à la fin du dix-septième siècle ; le rationalisme y fut comme partout le fils du piétisme et n'a cessé depuis lors d'y gagner du terrain. Au commencement de ce siècle l'autorité du Kirchenconvént fut beaucoup diminuée et ses attributions les plus importantes transférées au conseil ecclésiastique fondé en 1803 et composé de 5 membres du gouvernement et de 4 pasteurs. La constitution de 1831 soumit entièrement l'Eglise à l'autorité de l'Etat. Le directeur des cultes devint le chef suprême de l'Eglise. Le synode général créé en même temps ne fut guère qu'une autorité consultative, n'ayant qu'undroitdeproposition souvent peu écouté ; plus réduite encore fut la part des synodes de districts et des conseils de paroisses. La constitution de 1846 se montre encore moins favorable à l'autonomie de l'Eglise. La loi ecclésiastique de 1854

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établit comme autorités purement consultatives, un synode cantonal composé de pasteurs et de laïques, se réunissant tous les ans à Berne, sept synodes de districts qui ont à s'occuper principalement de l'inspection (ies paroisses, une commission synodale et des conseils de paroisses. La Confession helvétique est encore officiellement la règle de renseignement. Mais il y a longtemps qu'elle est tombée en désuétude, ainsi (pie U catéchisme de Heidelberg, et que la grande majorité du clergé bernois prêche les doctrines du rationalisme. La faculté de théologie de Berne l'ondée, avec l'université, en 1834, en remplacement de l'ancienne académie, appartient à la tendance libérale. Elle compte 5 professeurs ordinaires, dont les cours étaient suivis en 1870 par 2() étudiants. Les paroisses sont au nombre de 183 réparties en 7 districts. Jusqu'à ces dernières années, les pasteurs étaient nommés par le gouvernement conformément à certaines règles qui n1 étaient pas les mêmes dans toutes les paroisses. Aujourd'hui ils sont élus pour six ans par les paroisses et soumis au bout de ce temps à une réélection. La liturgie revisée en 1846, le cantique adopté quelques années plus tard sont beaucoup meilleurs que ne le ferait supposer l'état de l'Eglise bernoise. Les principales associations sont la Société Biblique (181 (>) et la Société d'Evangélisation (1831). Il existe dans le canton de Berne une petite Eglise libre, peu nombreuse et s'en tenant strictement aux idées du réveil. Les principales sectes protestantes dont nous ayons connaissance sont une communauté morave à Berne, quelques conventicules de piétistes connus sous le nom de Heimberger Brùder, des anabaptistes assez nombreux, quelques baptistes fanatiques dans leur opposition à l'Eglise établie, des darbystes, des irvingiens et même un petit nombre de mormons. — 2. Catholiques. L'Eglise catholique du canton de Berne est presque exclusivement formée des portions de l'évêché de Haie réunies au canton en 1815. L'accord conclu par la Suisse avec le saint-siège en 1828 les avait rattachés à l'évêché de Bàle-Soleure , et malgré q uelques vexations du gouvernement, leur existence avait été assez paisible jusqu'en 1871. Depuis quelques années l'évêque, Mgr Lâchât, était en conllit sur plusieurs points avec les gouvernements cantonaux. La proclamation du dogme de l'infaillibilité et l'excommunication de deux prêtres qui avaient refusé d'y adhérer furent l'occasion d'une lutte violente qui se termina par la déposition de l'évêque. La grande majorité du clergé bernois refusa d'adhérer à cette mesure; le gouvernement déposa alors 07 prêtres du Jura bernois et les remplaça par des ecclésiastiques vieux-catholiques, français pour la plupart et généralement peu recommandables. Les paroisses restèrent fidèles à leurs anciens pasteurs; le conseil d'Etat dut faire installer par la force armée les nouveaux curés et envoya les anciens en exil. La loi ecclésiastique de janvier 1874 confirma toutes les violences des années précédentes et soumit entièrement l'Eglise; à l'Etat. La loi du 3 décembre 1874 organise un synode catholique; celle du 11 juin 1875, pour ruiner L'influence des curés destitués, invente toutes sortes d'entraves au droit de réunion et à la liberté des cultes. Les vieux-catholiques bernois reconnaissent actuellement pour évêque L'ancien curé d'Olten,

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