BERNE — BERNIS
M. Herzog. Une faculté de théologie catholique a été fondée en 1874 à l'université de Berne; elle comptait, en 1876, o professeurs et 11 étudiants. — Bibliographie : Berne?' Staats Kalender, 1870 ; Almanach de Gotha, 1877 ; G. Finsler, Kirchliche Statistik der réf. Schweitz, 1856 ; de Mestral, Tableau de V Eglise chrétienne, 1870, etc. E. Vaucher.
BERNIÈRES-LOUVIGNY (Jean de) [1602-1659], trésorier de France à Caen, est F un des principaux représentants du quiétisme (voy. cet article). Il avait établi et dirigeait une espèce de communauté composée d'ecclésiastiques et de laïques, unis par le lien de la contemplation spirituelle et de la prière, et qui s'intitulait Y Ermitage ; il contribua aussi à l'établissement d'hôpitaux, de couvents et de stations missionnaires, surtout dans le Canada. Parmi ses écrits, nous citerons V Intérieur chrétien, qui a eu un grand nombre d'éditions. Ses Œuvres spirituelles, publiées en 1670, in-8°, en 2 vol., ont été mises à Y Index comme entachées de quiétisme. Tersteegen les a traduites en allemand, en 1726, avec une préface remarquable.
BERNIS (Francois-Joachim de Pierres, comte de Lyon et cardinal de) naquit à Saint-Marcel de l'Ardèche, en 1715. La noblesse de sa famille qui lui assurait de grands avantages dans l'Eglise, et sa pauvreté qui la rendait nécessaire, décidèrent de sa vocation ecclésiastique. Du chapitre noble de Brioude, il passa bientôt [h celui de Lyon, puis au séminaire de Saint-Sulpice. Accueilli dans les cercles les plus distingués, il adopta, dès le premier jour, une ligne de conduite de mondanité décente dont il ne s'écarta jamais. Dévoré d'ambition, mais trop judicieux pour brusquer la fortune, et du reste assez mal en cour tant que vécut Fleury, il employa, avec une insouciance apparente, toutes les ressources de son esprit à charmer une société qui récompensait comme des services les agréments qu'on lui donnait. Il sut plaire dans le salon de madame de Pompadour comme dans tous les autres, mais en proportion de ce qu'elle pouvait pour lui, et comme de la favorite à la politique il n'y avait qu'un pas, Bernis l'eut bien vite franchi. D'abord ambassadeur à Venise, il était membre du conseil quand madame de Pompadour, dans tout le feu de son enthousiasme pour l'alliance autrichienne, crut l'assurer en lui faisant donner le portefeuille des affaires étrangères. Quelle part prit-il à ce fatal traité qui amena la guerre de Sept-Ans? En fut-il l'auteur, ou seulement le partisan, ou même l'adversaire? Ce qui n'est pas douteux, c'est qu'il se chargea de l'exécuter, et c'est lui que le cri public, dès les premiers désastres, en rendit responsable. En 1758, Bernis conseilla fortement la paix, malgré sa protectrice qui le lit exiler aussitôt. Mais il pouvait désormais se passer d'elle, car il venait de recevoir le chapeau de cardinal. En eftet, dès la paix, Louis XV le nomma archevêque dAlbi, et, en 1769, ambassadeur à Rome. Il occupa jusqu'à sa mort ce poste magnifique, dépensant les 400,000 livres de revenu de ses bénéfices et de son archevêché avec autant de bonne grâce qu'il en avait mis autrefois à jouir de l'opulence de ses amis. En 1791, il accueillit à l'ambassade les tantes du roi qui venaient d'émigrer. La Révolution lui enleva ses revenus, mais la cour d'Espagne y suppléa par une pension consi-
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dérable. Il mourut à home en 1794. On a longtemps surfait, maigre' les justes railleries de Voltaire, le talent poétique de Berriis, niais sa prose est exquise. Son véritable chef-d'œuvre est sa correspondance
;i\«'t Voltaire. Depuis sa grande fortune, il ne laissa pas d'être un peu confus de ses premières poésies auxquelles il devait pourtant une bonne partie de ses succès, sans compter son entrée à l'Académie f nuise. 11 essaya (Vvn réparer la légèreté par son poëme de la Re/ùjinn vengée, imprimé après sa mort, et il y réussit, mais dans un sens tout différent. Ses œuvres, publiées séparément dans une foule d'éditions diverses, ont été réunies par Didot en 1797, in-8°, et par Uelangle en 1825, in -S". p. Kouffet.
BERNON. premier abbé de Cluny, issu d'une famille noble de Bourgogne, mort Tan 927, dut sa réputation à la fermeté de son caractère et à l'austérité de ses mœurs. Il réforma une série de monastères de sa province, notamment ceux de Baume et de Déols. Voyez Cluny.
BERNON (ou Bernard), abbé de Reichenau, sur les bords du lac de Constance, après avoir séjourné dans les c'ouvents bénédictins de Fleury-sur-Loire et de Prum, près de Trêves, mort Tan 1048. Bernon était savant, poète et artiste. Il donna un grand éclat à l'école de Reichenau. enrichit sa bibliothèque de manuscrits précieux et s'employa activement à la réforme du chant d'église. En 1013, il accompagna l'empereur d1 Allemagne Henri II à son sacre à Rome. Outre des Traii- s mr In musique, des Lettres et des Sermons, on a de lui : 1° un traité de Officto mùsx, P., 1518; Yen., 1572; Col., 1568; il se trouve aussi dans la M. Bibl. P., t. XVIII; 2° un traité sur le jeûne des Quatre- Temps, intitulé Dialogus cum Gerungo monacho, dans Bern. Pez, Anecdota, II. p. 59 ss.; 3° un traité sur l'Avent, sous le titre : Qualiler idventus Domini celebretur, iôtd., p. 69 ss. (voy. D. Ceillier, Hist. des aut. eccl., XX, p. 200 ss.; Hefele, Tub. tlieol. Quartolschrift, 1838).
BERNSTEIN (Georges-Henri), orientaliste, né le 12 janvier 1789 à Cospéda, près îéna, professeur à Berlin (1812), puis à Breslau (1821), mort à Lauban en Silésie, le 5 avril 1860. Après avoir publié quelfin» -s opuscules de peu d'importance relatifs aux littératures indienne et arabe, il se voua exclusivement à la langue syriaque, domaine dans lequel il fut un des maîtres les plus écoutés; malheureusement son exactitude minutieuse et l'ambition de nedonnerque de l'irréprochable l'ont empêché de mener à bonne fin les œuvres importantes qu'il avait entreprises, tout particulièrement un dictionnaire syriaque pour lequel il réunit pendant toute sa vie des matériaux, notamment dan- ses voyages scientifiques en Angleterre (1816 et 1836) et en Italie ilS'r2-'i:i, et dont un spécimen important est le Lexique (Leipz., 1836, in-S; qu'il composa pour la chrestomathie syriaque de Kirsch (1789) dont il avait publié une édition fort améliorée et augmentée (Leipz., 1832, in-S"). Quant au dictionnaire, qui était devenu sous sa main presque une encyclopédie syriaque, il ne put en publier qu'un petit commencement [Lexicon linguse syriacœ, Berlin, 1857, in-fol., fascieul. 1 de 144 col.); les matériaux qu'il laissa à sa mort, de même que ceux réunis dans un but analogue par Et. Quatremère, ont été mis à la dis-