‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 78 sur 263 · BEROSE · texte numérisé non relu

BEROSE

à caution. 11 faut en dire autant de l'histoire de ses rapports avec la sibylle, et dos légendes qui nous sont parvenues sur son compte au travers de l'école d'Alexandrie. Bérose est Fauteur supposé d'une histoire de Babylone, qui comprenait la mythologie et la cosmogonie. Cet ouvrage, intitulé Babyloniaca par les auteurs qui le citent, est perdu : mais des fragments importants nous en ont été conservés par Josèphe et par Kusèbe dans sa Chronique, abrégée au huitième siècle par George le Syncelle. La Chronique d'Eusèbe s'est conservée en outre dans une version arménienne, retrouvée au siècle dernier et traduite en latin par Ang. Mai, en 1818, et publiée en dernier lieu par Schcene. Eusèbe toutefois ne connaissait Bérose que de seconde ou de troisième main ; il le cite toujours d'après Alexandre Poiyhistor, qui le connaissait par l'historien grec Apollodore. Quant à Josèphe, il est difficile de dire s'il a connu directement le livre de Bérose, ou bien s'il a puisé aux mêmes sources qu'Eusèbe. Les Pères de l'Eglise ont fait un usage assez fréquent de Bérose; il est cité par l'apologiste Tatien, dans son « discours contre les Hellènes », par Athénée, Clément d'Alexandrie, Agathias et Hésychius. Les Babyloniaca paraissent avoir été écrits primitivement en grec et se divisaient, au dire d'Eusèbe, en trois livres. Le livre Ier traitait de la géographie et de la cosmogonie chaldéennes, et les livres II et III de l'histoire. Les données de Bérose relatives à la cosmogonie et à la mythologie ont reçu une confirmation éclatante par le déchitïrement des textes cunéiformes. Le récit du déluge reproduit souvent textuellement celui qui a été retrouvé, en 1872, par George Smith. Tous les fragments relatifs à ces matières ont été publiés par M. Fr. Lenor niant, qui en a rapproché une foule de textes tirés des inscriptions assyriennes. L'attribution des Babyloniaca à Bérose est très-contestable, malgré le témoignage d'Eusèbe (6%., 11, p. 8) ; il est possible que leur auteur ait voulu mettre son œuvre sous le patronage d'un nom illustre, et qu'elle soit, comme tant d'autres, pseudépigraphe. M. Havet prétend que non-seulement le nom de Bérose est supposé , mais que les Babyloniaca n'ont jamais été réellement cités par Alexandre Poiyhistor ni par Apollodore, et il s'appuie sur un passage des livres sibyllins cité par Bérose pour faire descendre la composition de tout l'ouvrage jusqu'à l'époque de Fère chrétienne. Toutes les discussions sur l'origine des fragments de Bérose n'ont fait que mieux établir leur valeur intrinsèque. Ils représentent, comme le traité d'agriculture nabatéenne étudié par M. Renan et comme toute cette famille d'écrits, une tentative de tout expliquer parles forces physiques qui était bien dans l'esprit delà vieille doctrine chaldéehne. Mais l'exactitude des renseignements contenu- dans Bérose et leur coïncidence, d'une part avec les textes cunéiformes, tracés sur briques, qui composaient la bibliothèque de Sardaoapale, de l'autre avec les fragments de l'historien Abydenus, leur

-ii'-iii une date beaucoup plus reculée. Les fragments de Bérose ont été recueillis el publiés par Richter,Lipsiae, 1825, et par K. Muller,dans 1rs Fragmenta hist. grxc, t. II, p. 495-510, Paris, 18't8. Les fragments

mogoniques ont été publiés à part et commentés par.Fr. Lenor-

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