‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 8 sur 263 · BADE · texte numérisé non relu

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guerre acharnée aux nouvelles doctrines. A Fribourg on brûla, par la main du bourreau, 2,000 écrits évangéliques. « Friburgi Brisgoiae, écrit Luther à Spalatin (sept. 1523), nomen meum ne per vi'am guidem licet meminisse. » — Ne pouvant suivre les destinées de la Réforme dans tous les territoires particuliers, nous devons nous borner aux plus importants. Au sud, sur la frontière de la Suisse, nous trouvons d'abord la cité qui reçut dans son sein le deuxième concile réformateur et vit se dresser le bûcher de Jean Huss. Constance accueillit favorablement la Réforme ; la bourgeoisie s'opposa à l'exécution de redit de Worms; à l'archiduc Ferdinand qui réclamait l'expulsion des prédicateurs, le conseil répondit : « Nous ne voulons autre chose que l'Evangile affranchi des traditions humaines, pour la gloire de Dieu et la paix des consciences. » Les principaux réformateurs de Constance furent Jean Wanner, Jean Zwick et Ambroise Blaurer. A partir de 1525 on abolit les tribunaux ecclésiastiques; l'évéque dut se transporter, avec son chapitre, à Meersbourg. La ville de Constance se joignit aux Protestants de Spire en 1529, et en 1530, à la diète d'Augsbourg, elle présenta, avec Strasbourg, Ulm et Memmingen, la Confession tétrapolitaine ; elle entra ensuite dans la ligue de Smalkalde, mais l'issue malheureuse de la guerre de Smaikalde amena pour elle la ruine de la Réforme. Ayant refusé de se soumettre à l'Intérim, Constance fut mis au ban de l'empire (1548) et pris par les Impériaux, après une courageuse résistance; le culte catholique y fut rétabli ; beaucoup de bourgeois émigrèrent avec leurs pasteurs; en 1555, la ville fut exclue de la paix d'Augsbourg, et bientôt les jésuites et les capucins y firent disparaître les derniers vestiges de l'Eglise évangélique. Dans le Haut-Rhin la domination autrichienne empêcha la Réforme de prendre racine ; la persécution l'étouffa là où elle tentait de s'établir. Dans les margraviats de Baden-Baden et de Baden-Durlach, elle fit d'abord de grands progrès. Le margrave Philippe se rendant (1526) à la diète de Spire, emmena son prédicateur, François Irenicus, qui y prêcha l'Evangile. Après la paix d'Augsbourg, les margraves Charles II et Philibert réorganisèrent dans* leurs Etats le culte évangélique, avec l'aide de Christophe de Wurtemberg et de Jacques Andrese. Mais sous l'influence d'Albert de Bavière, tuteur du margrave Philippe de Baden-Baden, les jésuites purent rétablir le culte catholique, de sorte que le nombre des protestants diminua considérablement. Dans le Palatinat, la Réforme fut d'abord tolérée par Louis V, qui pourtant resta lui-même attaché à l'Eglise romaine. Mais Frédéric II et surtout Othon-Henri établirent et organisèrent le culte luthérien. Othon-Henri appela àHeidelberg le théologien strasbourgeois JeanMarbach, et, le 4 avril 1556, il donna à l'Eglise uneagende évangélique {Kurpfàlzische Kirchenordnung). Pour réformer l'université, il lit venir, sur le conseil de Mélanchthon, Tieïmann Heslius de Rostock, luthérien fougueux et passionné, qui eut bientôt les plus violentes disputes avec son diacre Guillaume Kîebitz. Ce dernier ayant ouvertement attaqué la cène luthérienne, la querelle occasionna des conflits scandaleux jusque sur les marches de l'autel. Frédéric III expulsa les deux fanatiques, en 1559, et, ayant embrassé la foi réformée en 1560, il ap-

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