BERRUYER — BERRY
que les auteurs avaient atteint leur but, qui était de faire connaître l'ouvrage, et ils multiplièrent à l'infini les éditions et traductions de cette Bible d'un nouveau genre. p- Rouppet»
BERRY (Eglises du). Lorsque Calvin, attiré parles leçons du laineux jurisconsulte Alciat, vint en 1528 à Bourges, capitale du Berry, les doctrines luthériennes y étaient connues et prêchées même assez librement par les docteurs en théologie Jean Chaponneau, moine de l'abbaye de Saint-Ambroise, et Jean Michel, del'ordre de Saint-Benoit. Le savant humaniste allemand Melchior Wolmar, qui enseignait à Bourges, les professait aussi et y initia Calvin, pense-t-on. Six ans plus tard (1533) Chaponneau et Michel, prêchant avec plus de hardiesse, trouvèrent de zélés collaborateurs dans le prêtre Jean Gamaire et dans Jean deBournouville,dit loquet, prieur de l'abbaye de Saint-Ambroise. Ils eurent pour continuateurs Augustin Marlorat, Jean de l'Epine, Richard Vauville, l'augustin Jean Loquet et le jacobin Jean de Bosco, qui tous devinrent dans la suite d'excellents pasteurs. L'étude de la théologie fut transformée par les soins du docteur en théologie Michel Simon. Mais ces réformes ne se firent pas sans résistance. Les prêtres cherchèrent à étouffer la voix de Jean Michel à l'heure de sa préi I ication et, par un juste retour, l'inquisiteur Matthieu Ory, qui voulut lui faire concurrence en chaire, fut empêché de parler par le peuple. Tout honteux, il partit pour Paris, dans le but d'obtenir contre les luthériens des ordres plus sévères, qu'il ne put heureusement exécuter. Aussi quitta-t-il Bourges pour n'y plus revenir. Sancerre, autre ville du Berry, fut évangélisé avec beaucoup de succès par le même Jean Michel en 1534. Un conseiller au parlement de Paris, nommé Bourgoin, qui demeurait dans le voisinage, chercha, mais en vain, à arrêter le mouvement. L'inquisiteur Ory, qui était venu dans la ville dans des vues hostiles, « se contenta si fort, dit Bèze, du bon vin qu'on lui donna pouiTapaiser, qu'étant de retour à Bourges il assura en chaire qu'il avait trouvé les gens de Sancerre fort gens de bien. » Son substitut Rocheli marcha sur ses traces, mais, plus sérieux, il se convertit et prêcha la réformation. Néanmoins trois luthériens, à la requête de l'archiprêtre .Iran Tranchant, furent incarcérés, et l'un d'eux, le barbier Denis Brion, brûlé. Issoudun, qui était en importance la seconde ville du Berry accepta les doctrines luthériennes vers 1547. Le gouverneur de la ville, Jean de Fosses, entièrement gagné à l'Evangile, ainsi que son neveu, Antoine Misnier, qui remplissait les fonctions d'enquêteur, tirent venir de Bourges le jacobin Jean de Bosco, qui prêcha la réforme de même que l'éloquent cordelier Abel Pépin. Les autres cordeliers d'Issoudun, ayant conçu une grande irritation contre eux, les attaquèrent violemment dans leurs sermons et ne craignirent même point de s'en prendre à la reine de Navarre elle-même, qui possédait Issoudun (ii apanage, si bien que François Ier, pour faire respecter sa soeur, ordonna l'arrestation du plus violent d'entre eux, Toussaint Hémard, qui fui condamné aux galères. Pour en revenir à Bourges, un jeune écolier y fut brûlé en 1547, à la requête des moines de Saint- Sulpice, et Jean Michel, qui revenait d'un voyage en Suisse, fut pris, il. 16