‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 83 sur 263 · BERRY · texte numérisé non relu

BERRY

condamné et exécuté à Paris. Ces supplices n'arrêtèrent pas l'œuvre. Uh ermite inconnu prêcha l'Evangile à Bourges sur la place publique, et de faux miracles, auxquels recoururent les prêtres pour relever leur crédit, tournèrent au contraire à leur confusion, car en 1556 le ministre Simon Brossier put organiser l'Eglise de Bourges et pendant cinq mois Tévangélisa avec un grand succès. Néanmoins il dut la quitter après ce temps, car on voulut se saisir de sa personne. Il fut remplacé par Martin de Hargous, dit de Rossehut, qui prêchait avec talent et affermit L'Eglise. En 1557 les assemblées se tenaient non-seulement à Bourges, mais encore à Asnières, situé à une lieue delà. En 1500 l'Eglise s'accrut considérablement sous le ministère des pasteurs David Veran et Jean Jortrin. La cène fut célébrée dans la salle des grandes écoles publiques, à minuit. De Rys, bailli du Berry, voulut poursuivre, mais il ne trouva aucun témoin à charge. De Barbezieux, envoyé comme gouverneur de la ville, ayant ordonné le recensement des habitants de la cité, les ministres se retirèrent, et les assemblées furent suspendues pendant huit jours. Passé ce temps, elles reprirent plus nombreuses que jamais, ■et ce fut en pure perte que le clergé incita Barbezieux à les interdire. Simon Brossier, en quittant Bourges, se rendit à Issoudun et y organisa la communauté (1er novembre 1566). L'Eglise d'Aubigny fut -également « dressée » par le ministre Hamet et prospéra beaucoup, malgré les persécutions des seigneurs du lieu. En juillet 1561, les prêtres de Bourges, exaspérés des progrès de la Réforme dans leur ville, excitèrent une émotion populaire, qui entraîna la mort de plusieurs catholiques et luthériens. La sédition n'eut heureusement pas de suite, car les deux partis s'accordèrent. Le favorable édit de janvier 1562 fut publié et les assembléeSj se tinrent dans le faubourg de Saint-Sulpice, malgré les tracasseries des moines, et peu après clans l'intérieur même de la ville. Aux approches de la première guerre de religion, les huguenots de Bourges coururent de grands dangers, par suite de la haine que le bailli du Berry nourrissait contre eux et de l'animosité des catholiques, dont un message fut surpris, qui demandait au duc de Guise et au cardinal de Lorraine un secours de 300 hommes, moyennant quoi ils se faisaient forts de massacrer tous les huguenots de la province. Informé du complot, le prince de Coudé envoya sur l'heure à Bourges 120 chevaux (27 mai 1562), commandés par Montgomméry, qui, renforcé bientôt de trois enseignes, fit prêcher au cloître de Saint-Etienne le ministre de Rovière, désarma les catholiques et laissa briser les images et brûler les reliques. Après cela il assiégea la tour de Bourges, dont la garnison se rendit sur l'heure, vie, bagues et armes sauves. Les autres villes du Berry, comme Issoudun, Vierzon et Mun, apprenant la reddition de la tour de Bourges, offrirent spontanément à Montgomméry de ne plus souffrir chez elles d'autre religion que la religion réformée. Mais ce dernier n'accepta pas leur proposition et, se bornant à s'emparer de tous les fonds royaux, il retourna à Orléans, laissant Bourges aux mains des religionnaire. Ce fut une grande faute, car les villes susmentionnées fournirent beaucoup de vivres à l'armée royale, qui assiégea Bourges quelques

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mois après et 1** prit par composition (iei septembre). A partir de ce moment, et pendant de Longues années, Bourges refusa ses portes à tous les huguenots qui voulurent s'y établir et expulsa même quelques-uns de ceux qui y habitaient depuis longtemps. Dans d'autres contrées du Bercy

il y eut plusieurs massacres de religionnaires. A Dion, village distant de trois lieues d'Issoudurr, treize jeunes gens logés dans l'hôtellerie du lieu turent mis à mort sans pitié (8 mai 1562). De tous les assassins un seul lut puni. Dans le même mois de mai, deux écoliers rencontrés sur le chemin de Bourges par des catholiques d'Issoudun, furent laissés pour morts. Le lieutenant général de la ville, ayant voulu poursuivre les eoupahles, fut décrété d'arrestation sur un ordre venu de Paris, ainsi que Valentiennes, son lieutenant particulier , et le procureur du roi François Arthur s. Peu après de Larzay, beau-frère du bailli du Berry, nommé gouverneur d'Issoudun , se saisit de la ville (9 juillet 1562), et chercha à capturer, mais sans succès, les deux ministres Bobert Barbier, surnommé de Lacroix, et Ambrois le Balleur, surnommé La Plante. Il dévasta le lieu des assemblées, lit emprisonner les luthériens et laissa piller leurs maisons dans la ville et les villages environnants, et finalement leur ordonna à tous de quitter Issoudun sous peine de la hart. Quant à Sancerre, il ne put être pris, mais au moment où Bourges fut assiégé par les troupes royales, on avait jugé prudent de faire sortir le pasteur de Gléreau, qui revint quelque temps plus tard. Châtillon-sur-Loire eut un plus triste sort. Il fut pris et pillé. Son pasteur, nommé Dumont, et les pasteurs de Cléreau, de Sancerre; Lamouroux, de Saint-Satur, et Yaliay, de Gien, qui s'étaient réfugiés dans la ville, furent incarcérés, puis relâchés moyennant une rançon. Pendant les autres guerres de religion, les protestants du Berry eurent beaucoup à souffrir. A Bourges et à Issoudun un grand nombre d'entre eux lurent massacrés (août 15(18). A l'époque de la Saint-Barthélémy, il en fut de même dans 'la première de ces deux villes. Sancerre soutint peu après un siège resté célèbre par la famine épouvantable qui décima ses habitants (janvier à septembre 1573). La ville avait été déjà assiégée par les catholiques en 1569, mais sans succès. Sous le régime de l'édit de Nantes, le Berry, érigé en colloque, forma avec l'Orléanais, le Blaisois, le Nivernais, la Haute-Marche et le Bourbonnais un arrondissement synodal. Les principales Eglises étaient Sancerre, Henrichemont, Aubigny , Châtillon-sur-Loire et Issoudun. Quant à celle de Hourges, elle ne put obtenir le droit d'exercice, parce qu'elle u'.n jouissait pas au moment de l'édit de Poitiers. La révocation de l'édit de Nantes détruisit presque entièrement les Eglises du Berry. Réduites à un petit nombre, elles n'eurent pas de pasteurs en propre et lurent seulement visitées de loin en loin par les pasteurs des autres provinces; mais, à l'époque de la Bévolution, le culte réformé •li'hra publiquement à Sancerre jusqu'en 1794. A cette date, le temple lui fermé. Il se rouvrit en l'an Y, sous le pasteur Darnaud. Le consistoire actuel de liourges, qui comprend les Eglises deSancerie et d'Asnières-les-Bourges et dessert les protestants disséminés du Cher (Berry), de l'Indre Bas-Berry) , de la Nièvre (Nivernais) et

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