BERRY — BERTHE
de T Allier (Bourbonnais), est de création récente, car au moment de ia réorganisation des cultes Sancerre n'était qu'un simple oratoire, qu'un décret du 10 brumaire an X avait rattaché au consistoire de Paris. — Bèze, Hist. eccl. ; Jiullet. de la Soc. de l'hist. du prot. franc., 1863, p. 111) ; 1853, p. 100; Jean de Lery, Hist. mémor. de la ville de Sancerre, 1574, in-8° ; Rabaut le jeune, Annuaire ou répert. eccl.
E. Arnaud.
BERSABÉE [B e1 ê r G h â b a \ B e1 ê r C h e b a \ « le Puits du Serment, » « ou le Puits des Sept, » la tradition biblique varie à ce sujet (Gen., XXI, 28; comp. XXVI, 32)]. Bersabée était située à l'entrée du désert et à la limite extrême du pays de Jucla; delà l'expression « tout Israël, depuis Bersabée jusqu'à Dan. » Comme cette dernière ville, du reste, elle paraît avoir été un centre religieux dès la plus haute antiquité ; elle joue un rôle considérable dans l'histoire des patriarches ; elle est signalée par des apparitions divines (Gen. XXVI, 2-3; XLVI, 1) ; Abraham y plante un tamarisc et y adore Jéhova, El Olàm (XXI, 33); elle sert de cadre à l'histoire du sacrilice d'Isaac,et plus tard c'est encore au même endroit qu'Elie reçut, sous un genêt, la vision qui lui donna la force de marcher quarante jours et quarante nuits et de se présenter à la face de l'Eternel au mont Horeb (I Rois XIX, 3). Ce culte parait s'être continué sous les prophètes qui le condamnaient (Amos V, 5; VIII, 14) : (( Ceux qui jurent par le péché de Samarie et qui disent : Vive ton ce dieu, Dan, et vive la voie (?) de Bersabée, tomberont et ne se relève- « rontplus. » Bersabée a longtemps conservé son importance. Au temps de saint Jérôme, elle comptait parmi les places fortes romaines sur les contins delà Palestine, prima et tertia ; à la fin du onzième siècle, elle était le siège d'un évêché (Reland, Palxstina, p. 620 ss.,et Spruner Menke, Hist. Handatlas, pi. 80). D'après Guillaume de Tyr, les Arabes lui donnèrent le nom deBeth-Gabril, « maison de Gabriel ; » aujourd'hui, sonemplacement porte l'ancien nom de Bir-d-Seba'; seulementles Arabes lui ont donné encore une nouvelle étymologie : « le Puits du Lion. » La ville a presque entièrement disparu, mais on voit, à quelque distance d'une colline couverte de ruines, deux puits anciens entourés d'auges en pierre, où les troupeaux viennent se désaltérer (Robinson, Palsestina, I, 337). Palmer (The désert of the Exodus, II, 388) prétend qu'on voit les restes de sept puits en cet endroit, mais cette donnée, qui repose sur une étymologie sans doute fautive quoique très-répandue, n'est pas acceptée par tout le monde. C'est par un jeu de mots analogue que l'on a donné le nom de Bersébaà une station de la Société des missions de Paris au pays des Bassoutos, où se trouvaient également sept puits lors de l'arrivée des missionnaires. ph. Beegee.
BERTHE (Sainte), veuve et fondatrice du monastère de Blangy, au diocèse de Thérouanne, parait avoir vécu au septième siècle. Tout ce qu'on a sur elle est récent; ses actes (Boll., 4 juil., Il ; Mabillon, AA . SS. Ben., s. III, 1, 451) ne méritent aucune créance: d'après leurrécifc, elle était veuve de Sigefroy, parent de Clovis II, et nièce de sainte Bathilde. En 682, elle bâtit le couvent de Blangy, où elle mit des nonnes. Los bénédictins s'v établirent en 1032.
BERTHIEJR — BERTHOLD 245
BERTHIER (Guillaume-François), savant jésuite, né à Issoudun
en 1704. Après avoir occupé plusieurs chaires avec distinction, il fut chargé de continuer* V Histoire de l'Eglise gallicane du P. Brumoy, qu'il mena jusqu'en 1529 et à Laquelle il ajouta six: volumes. 11 traita ce sujet,
délicat pour un jésuite, avec autant de modération dans la forme que d'érudition véritable. Ces qualités le tirent appeler au Journal de Trévoux qu'il dirigea à partir de 1745. 11 eut à subir dans ces fonctions de critique les invectives de tous ceux dont ses jugements blessaient la vanité, niais il ne parut jamais s'en émouvoir. Voltaire lui-même, dont il appréciait les œuvres historiques avec une rigueur qui exaspéra l'écrivain, ne put ramener à la réplique. Les encyclopédistes, également piqués, n'y réussirent pas davantage. A la suppression de son ordre, le dauphin, père de Louis XVI, le lit précepteur de ses enfants; mais il dut partager, en 17(iï, l'exil de ses confrères, et se lixa à Offenbourg. Dix ans après il obtint de se retirer à Bourges où il mourut en 1782. Il avait achevé dans cette ville un Commentaire sur les Psaumes et sur haïe, travail estimé que le P. Querbœuf publia après sa mort, ainsi qu une Réfutation du Contrat social et ses Œuvres spirituelles.
BERTHOLD, apôtre de la Livonie, abbé de Lockum dans la liasse Saxe, de Tordre de Citeaux, fut appelé en 1196 par l'archevêque dé Brème à continuer près des populations slaves païennes des bords de la Duna, en Livonie, L'action missionnaire commencée par Meinhard et Théoderic. Après avoir reçu la consécration épiscopale, il se mit à l'œuvre et réussit à grouper autour de lui à Yskûll, près de Riga, les quelques disciples déjà gagnés à la cause de l'Evangile et de nombreux païens attirés par ses aumônes et par les bénéfices que leur assuraient leurs relations commerciales avec Brème. Toutefois son succès fut de courte durée. Trop vite découragé par les menaces du parti païen, il se réfugia en Allemagne et revint à la tète d une armée de croisés, qui remporta une victoire éclatante et imposa aux vaincus la profession de la loi chrétienne. Mais l'évêque avait péri pendant le combat et le paganisme ne tarda pas à relever la tête après le départ de L armée allemande. — Voyez Néander, K. G., 4e éd., VU, 45 ss. ; Blumhardt, Missionsgesch., 111, 2, 518 ss.
BERTHOLD, le franciscain, né dans les premières années du treizième siècle, mort le 14 décembre 1272, l'un des prédicateurs les plus populaires de l'Allemagne au moyen âge, a été Lire de l'obscurité par .1 . Grimm et Néander et par la publication de ses sermons par Kling (Berlin, 1824), et plus récemment par Gœbel. On suppose que son nom de famille était Lechi et que son origine était humble. Disciple et ami du prédicateur mystique David, il a prêché à Augsbourg, à Ratisbonne et dans une partie de la Suisse, le plus souvent en plein air (en Bavière un vieux tilleul porte encore son nom), devant des auditoires immenses. Dans sis discours, il emprunte ses images à la nature, a souvent recours aux apostrophes directes, aux. dialogues. Tout en étant fortement imbu des idées de son temps, il s'élève avec énergie contre les indulgences, l'oppression des grands, les crimes du temps, l'hérésie grandissante, les vices du peuple, dont il connaît à fond les misères et