BERTHOLD — BERTHOLET
les besoins et dont il a partagé la vie. Parfois tendre et mystique comme son maître, plus souvent incisif et pénétrant, attachant plus de prix à la vie du cœur qu'aux formes extérieures, véritable apôtre de la mission intérieure, il accomplit des conversions merveilleuses et exerça une influence énorme sur ses contemporains. — Voyez : Piper, Zeugen der Wahrheit, 1874, III, 82 ss. : Néander, K. G., 4c'éd., Mil, 34; Ébrard, K. G., 1865, 11, passim.
BERTHOLDT (Léonard) [1774-1822] professa les langues orientales et les sciences bibliques à Erlangen. Son ouvrage sur le prophète Daniel (1800, 2 vol.) lit sensation. Son Introduction aux écrits de V Ancien et du Nouveau Testament (1812-19, 5 vol.) a vieilli; la méthode en est défectueuse, Fauteur groupant et mêlant les livres des deux alliances d'après leur genre littéraire ; la tractation elle-même dénote une absence choquante du sens historique. L'auteur représente le rationalisme dans ce qu'il a de plus vulgaire. Son Introduction aux sciences tl/éologiqiies (1821-22, 2 vol.) et son Manuel de l'histoire des dogmes (1822-23, 2 vol.) sont encore plus faibles.
BERTHOLET (François) est né à Aigle (canton de Vaud),le 27 février 1814. Amené jeune à la foi (1824), il se prépara au saint ministère dans l'académie de Lausanne, et entra en 1837 dans la carrière pastorale, en qualité de sutfragant à Gryon, village de montagne au-dessus de Bex. En 1843, renonçant à sa position officielle, il revint à Aigle, sa ville natale, pour y exercer un ministère indépendant; mais, chassé par la persécution qui ne sévit nulle part avec plus de force dans le canton de Vaud que dans la vallée du Rhône, il accepta un appel de la Société évangélique de France, et desservit pendant quatre ans le poste de Sens (1845-1849), dont il fit un centre d'évangélisation. Rayonnant de là dans plus de vingt-deux localités différentes, toujours à pied, souvent chargé de la balle du colporteur, traitant durement son corps et ne lui accordant qu'une maigre nourriture, il contracta dans ce ministère tout apostolique le germe d'une maladie qui devait le conduire de bonne heure au tombeau. Après quelques semaines passées dans ses chères Alpes, pour y refaire sa santé, Bertholet se rendit à Lyon, où pendant cinq nouvelles années (1849-1854) il dépensa ses forces au service de l'Eglise évangélique de cette ville et dans de vastes tournées d'évangélisation dans les départements avoisinants (Drôme, Hautes-Alpes, etc.). Obligé de quitter Lyon, dont le climat aggravait le mal qui le consumait, Bertholet accepta en 1854 une place de prédicateur dans l'Eglise évangélique de Genève. Il put y exercer pendant huit années un ministère actif et béni, souvent interrompu par des courses missionnaires en Suisse et surtout en France (Midi, Ouest et Centre). .Le 27 juin 1862, se sentant épuisé physiquement, il partit pour le val d'Anniviers, espérant refaire ses forces sur les sommets des Alpes; mais au bout de peu de jours, il venait mourir dans une localité presque inconnue, sans que nul des siens pût le revoir (2 juillet 1862, à Vez, près Sion, Valais). Bertholet a été par excellence le prédicateur populaire. Exclusivement désireux de sauver les âmes, il courait au pins pressé, sans s'inquiéter des règles et des formes; mais sa parole