BÉRULLE — BESANÇON
recteur de conscience que théologien, 11 occupa une position intermédiaire entre les partis de son temps, s'appliqua surtout à la réforme des mœurs, et ne montra quelque ardeur que dans la controverse avec les protestants. — Voyez Habert de Cérisi, Vie du cardinal de Bertille, P., 1646, in-4°; Tabaraud, Hist. de P. de Bèrulle, P,, 1818, 2 vpL ; Nourrisson, Le card. de Bérulle, sa vie et ses écrits, P., 1850.
BERYLLE, évêque de Bostra en Arabie, homme instruit, vivait dans la première moitié du troisième siècle (Ëusèbe, Hist. eccl., VI, 20, 23; Hieron., De Script, ercl.j 60). Il gouverna longtemps son Eglise avec gloire, mais ensuite il tomba dans une grave erreur sur la personne de Jésus-Christ, et peu s'en fallut qu'il ne devînt sabellien. Il prétendait, en elï'et, que le Fils de Dieu n'existait pas avant l'incarnation comme hypostase ou personne particulière ; mais qu'il ne commença à exister qu'à partir de sa naissance et qu'il n'avait en lui que la divinité du Père (tov awT^pa xal xtfpiov r^wv A£*fsv [ayj wpouçiorravaî v~z~' '.o'.av G:j5'.xq r.zp'- Ypaçr^v r.pb rqq eîç àvôpw-syç ï-\zr^J.xq \j;rfii \j;r^ SâOTYjTa ISiav ë^E'.v, aXX' â{A7:dp.Teuo^évyjv a-jTo) (AÔvYjv tyjv t> x~ p'.v.rft . Eusèbe , //&£. éTC/., VI, 33). Grâce à Origène, Berylle abandonna son erreur et revint à l'enseignement orthodoxe de l'Eglise, en Tan 244. D'après Eusèbe, il écrivit des lettres et d'autres opuscules; les premières sont des lettres de remerciment à Origène ; le contenu des autres écrits est inconnu et il n'en reste aucun vestige (cf. Ullmann, De Beryllo Bostrene, Hamb., 1835).
BERZELLAI [Barzilai], de Roglim, dans le pays de Galaad, donna l'hospitalité à David, lorsqu'il fuyait devant Absalon. Il refusa les services qui lui furent offerts à la cour, en faveur de son lils Chimeliam (2 Sam. XVII, 27; XIX, 32 s.s.).
BESANÇON, archevêché. La capitale de la grande Séquanaise, Vesuntio (Bisimtium), reçut l'Evangile de saint Ferréol, envoyé, dit-on, avec saint Ferjeux ou Ferrutius, son frère, par saint Irénée, et qui mourut martyr avec son compagnon vers 212 (16 juin). On croyait autrefois que saint Lin, avant d'être pape, avait été en Tan 54 évêque de Besançon, mais il semble plus juste d'admettre qu'un autre saint de ce nom annonça l'Evangile dans la cité bisontine en même temps que saint Ferréol. On doute qu'à ce moment Besançon ait eu des évêques, et jusqu'à Célidoine, qui fut déposé en 444 par un synode que présidait saint Hilaire d'Arles, les évêques de notre ville ne nous paraissent pas appartenir à l'histoire. Au neuvième siècle seulement, Besançon prit le titre d'archevêché. On admet généralement que ce siège avait eu autorité sur ceux d'Avenches, d'Augst et de Winclisch et (s'il exista jamais) sur celui de Nyons; quand Windisch eut été uni à Constance et ainsi rattaché à Mayence, quand l'évêché d'Augst eut été transporté à Bàle, celui d'Avenches à Lausanne, comme peut-être celui de Nyons fut mis à Belley, le siège de Besançon garda ces trois derniers suffragants. En 1871, la province de Besançon, aujourd'hui diminuée, comprenait les diocèses de Strasbourg, Metz, Verdun, Belley, Saint-Dié et Nancy. L'Eglise de Besançon fut divisée, pendant tout le moyen âge. par une querelle de clochers : deux cathédrales, Saint-Jean-Apôtre
BESANÇON — BESOLD 249
(rebâtie au onzième siècle), où Ton conserve le saint-suaire, et Saint- Etienne (rééditiée en 1042), se disputaient ce qu'on appelait le privilège de maternité. On croit même qu'en 614 Besançon avait deux évêques. Calixte 11 décida en laveur de SainthJean et en 1254 les deux
chapitres turent nuis par Innocent IV; ce ne fut toutefois qu'en 1668, Lorsque Saint-Etienne eut été démolie avec ses maisons canoniales, que Les deux chapitres furent confondus en l'ait comme endroit. Les archevêques de Besançon, dont la capitale avait pris le nom allier de Chrysopolis, étaient princes d'empire; parmi ces dignitaires, au nombre desquels nous trouvons les représentants de toute la grande noblesse franc-comtoise, nous ne nommerons que Granvelle (1584-1586), le fondateur de l'université. Des synodes furent tenus à Besancon en 1124 et 1571. — Voy. : Dunod, Hist. de l'Egide Besançon, Bes., 1750, in-4°, 2 vol. ; Richard, H. des Dinc. de Besançon et de Saint-Claude, 3 vol., 1847-51; Vies des Saints de Fr.-C>, Bes., 1854-56, 4 vol.; Hauréau, Gàllia, XV. s- Bebgeb.
BESCHITZI (Elie), fils de Moïse fils de Menahem, juif caraïte, né à Adrianople, vécut à Constantinople (d'où son surnom de Bèschitzi, le Byzantin) jusqu'en li()0 où il succéda à son père comme chef de la congrégation caraïte d'Âdrianople, où il mourut en 1491. Il laissait inachevé un ouvrage intitulé Aderet Elijahmi (manteau d'Elie) que son disciple et bean-frère Caleb Afendopulo acheva en 1497, et que le petit-fils de l'auteur lit imprimer à Constantinople en 1531, in-fol. (nouv. éd. publ. par Firkowitz, Eupatoria, 1835, 2 part., in-fol.). Ce livre qui, basé sur la connaissance de toute la littérature caraïte antérieure, aujourd'hui en grande partie perdue, décrit les rites et les ordonnances des caraïtes, a acquis dans cette secte une si grande importance qu'il y sert en quelque sorte de code civil. Bèschitzi écrivit aussi quelques petits ouvrages polémiques contre les juifs rabbanistes (imprimés dans redit, de 1835), et parait être l'auteur d'un traité de logique dont il existe 'quelques manuscrits. Son arrière-petit-fils, Moïse, tils d'Elie Bèschitzi, quoique mort à dix-huit ans (1572), avait écrit plusieurs ouvrages importants, dont la plupart périrent dans un incendie du vivant de l'auteur; ce ne fut pas le cas du Mate Elnhim (bâton de Dieu), dans lequel il défendait les principes des caraïtes contre les rabbanistes, et dont on a publié un fragment dans le Dod Mardechai (Hamb., 1714; Vienne, 1830).— Sources: Wolf, Notitia Carœorum {Dod Mardechai), p. 63, 93 et 146; Wolf, Bibliotlteca Hebr., t. I et 111. n'j^ 237 et 1519; De Rossi, Diiion. d. autori Ebr. ; Fûrst, Biblioth. judaica, I. p. 114; Fùrst, Gesck. des Karœerthums von 900 bis 1575 iLeip/., 1865), p. 304-322. A. Bernus.
BESOLD (Christophe) [1577-1638], jurisconsulte et apostat célèbre, professa le droit à Tubingue. Accablé par les malheurs du temps et l'ennui des discussions théologiques, séduit par le mysticisme doucereux et la poésie du culte catholique, il abjura le protestantisme en 103V. au moment où les troupes de Wallénstein occupèrent la Souabe. Dans une série d'écrits (Prodromus vindiciarum eccles. Wirtemb., 1636, m-'i : Documenta rediviva monaster. Wirtemb., 1536, in-4°, etc.), il
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chercha à prouver que les couvents wurtembergeois , dont les biens avaient été appliqués par les ducs Ulrich et Christophe à l'entretien des églises et des écoles protestantes, étaient la propriété immédiate de r empire et devaient en conséquence faire retour à l'Eglise catholique. Lorsque le duché fut évacué par les Autrichiens, Besold sollicita et obtint une place de professeur en droit à Ingolstadt, mais il mourut Tannée suivante. Son exemple n'eut guère d'imitateurs, comme les jésuites l'avaient espéré : seuls, trois étudiants en droit de T ubingue se convertirent à l'Eglise romaine (voy. Fischlin, Meraor. theol. wirtemb. suppl.).
BESSARION (Jean ou Basile), de Trébizonde, né en 1395, fut un de ces savants distingués qui, après la chute de Constantinople, transportèrent en Occident les monuments de la littérature grecque. 11 eut pour maître Gemistos Pletho, à qui il doit son enthousiasme pour Platon. En 1410 il se transporta à Constantinople et, probablement en 1423, il entra dans l'ordre des basiliens. Elu archevêque de Nicée, il accompagna en 1437 Jean VII Paléologue au concile de Florence (1439), convoqué pour la réunion des deux Eglises. Dans ce concile il se distingua par son éloquence et par son ardeur à poursuivre la réconciliation projetée. Après le concile il passa à l'Eglise catholique. Il ne nous appartient pas de juger ici les raisons qui le déterminèrent à cet acte. Toutefois, à quelque point de vue qu'on se place, il paraît bien difficile d'admettre que les motifs qui le dirigèrent en cette circonstance aient été complètement désintéressés (voir l'article de Hase sur Bessarion dans l' Encyclop. von Ersch u. Gruber). Quoiqu'il en soit, il ne cessa pas d'aimer sa patrie et de travailler avec une ardeur infatigable au progrès des lettres grecques. Sa maison fut toujours le rendez-vous des savants les plus distingués de la Grèce et de l'Italie. Il fut créé cardinal-prêtre par le pape Eugène IV; Nicolas V r éleva à la dignité de cardinal-évêque du titre de Sainte-Sabine et d'archevêque de Siponto, et sous le pape Pie II il reçut le titre de patriarche de Constantinople (1463) et il fut envoyé comme légat à Bologne, où il restade l'an 1451 à 1455. Après la chute de Constantinople il parcourut l'Allemagne et la France; il alla jusqu'à Vienne pour susciter une croisade contre les Turcs, et il fut le protecteur de tous ses compatriotes exilés. Quatre fois il fut revêtu de la dignité de légat et deux fois il fut sur le point d'être élu pape comme successeur de Nicolas V et de Paul II ; mais il échoua par les intrigues de ses adversaires. En revenant d'un voyage en France il mourut à Bavenne le 19 novembre 1472. Sa riche bibliothèque, contenant 600 manuscrits grecs précieux, fut léguée par lui au sénat de Venise. Il travailla beaucoup pour le développement des lettres. Attaché à la philosophie de Platon, il prit sa défense contre George de Trébizonde et publia sur ce sujet à Borne, en 1469, un ouvrage intitulé Contra calumniatorem Platonis. Il a laissé aussi quelques ouvrages théologiques ; son Traité sur le sacrement de V Eucharistie a été inséré dans la Bibliothèque des Pères ; d'autres ont été recueillis dans les Actes du concile de Florence du P. Labbe et du P. Hardouin (voy. De vitaet rébus gestis Bessarionis cardinalis JSicxni Commentarius,
BESSÀRION — BETHEL 251
Roma?, 1777: Trithèrae et Bellarmin, De Script, eccles.; Auberi, Histoire des Cardinaux). J- Moshakis.
BETHABARA est, d'après le texte reçu depuis ûrigèrïe, le nom d'un endroit sur te Jourdain, où Jean baptisait (Jeanl,28). Mais lés plus anciens manuscrits portent Bëtlianie. Origène ne trouvant pas sur les bonis du Jourdain d'endroit du nom de Béthanie, s'est décidé pour la leçon aujourd'hui reçue: tous les Pères Tout suivi. Il faut en distinguer un autre endroit nommé Bethbara (Jug. VII, 24), qui était situé sur la rive droite et non, comme Bethabara, sur la rive gauche du Jourdain, au-dessous de Bethsan.
BÉTHANIE, village situé à gauche de la route qui va de Jérusalem à Jéricho, à H) minutes de Jérusalem (15 stad., Jean XI, 18). Il n'est cité nulle part dans l'Ancien Testament. C'est là qu'habitaient Lazare et ses sœurs (Jean XI, 1 : comp. Matth. XXI, 17 ; XXVI, 0 et les pass. parallèles). Jésus s'y retirait le soir, pendant son séjour à Jérusalem. D'après le Talmud, il y avait à Béthanie des réservoirs où ceux qui étaient souillés se lavaient avant d'entrer à Jérusalem. Peut-être cette tradition doit-elle sa naissance aux récits bibliques. L'étymologie est incertaine. La version rabbinique, Beth-hinê, « la maison des dattes, » quoique s'écartant de la prononciation grecque, semble la plus probable. De trèsbonne heure, les chrétiens l'ont appelée Lazarium, d'où les Arabes ont forgé le nom d'e/ Azriyeh, qui a entièrement prévalu. Aujourd'hui Béthanie est un méchant village arabe : pourtant on y voit çà et là de grandes pierres qui doivent provenir d'anciennes constructions. On y montre le château de Lazare, les maisons de Marthe et Marie que la tradition a tantôt réunies, tantôt séparées, la maison de Simon le Lépreux et le tombeau de Lazare. La tradition relative à ce dernier, quoique fort ancienne (elle remonte au quatrième siècle), manque de fondement. — Voyez Tobler, Topogr. v. Jerus., II, p. 422-464.
BÉTHEL, le plus ancien et pendant longtemps le premier sanctuaire des Hébreux. Son nom signifie « maison de Dieu » ; toutefois il faut entendre par là non pas un temple, mais une de ces pierres sacrées dans lesquelles la divinité était censée habiter, comme en possédaient la plupart des endroits où se rendaient des oracles. L'histoire de l'échelle de Jacob fait bien comprendre la vraie nature de ce 1 h Itc. La Genèse rapporte la création de Béthel tantôt à Abraham (XII, 8 MIL 2), tantôt à Jacob (XXVIII, li); XXXV, G). D'après Gen. XXVIII, 19, la ville s'appelait primitivement Luz ; il se pourrait toutefois que ce lût là son nom profane à côté du nom sacré; dans le livre de Josué (VIII, 17; XII, 10), le nom de Béthel se trouve de même associé, d'une façon assez insolite, à celui d'Aï. De tout temps, Béthel eut son autel et son Bâma, il posséda même l'arche, et fut un centre prophétique jusque sous les rois d'Israël (Jug. XX, 18; 1 Sam. VII, 16; \. 3; l R. Il, 3). .Mais, à partir du schisme, Béthel revêtit un caractère d'opposition religieuse et politique à Jérusalem; «on n'y adorai! pasJéhovah. » Jéroboam y érigea un veau d'or et y institua nue fête solennelle au 18 jour du 8e mois (I R. XII et XIII). Dès lors, son culte lut considéré comme idolâtre e1 poursuivi par les prophètes,
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surtout par Âmos et par Osée (comp. Jér. XLVIII, 13), jamais pourtant à Tégal du culte de Baal ; Jéhu ne l'abolit pas, et il fut continué même pendant la captivité des dix tribus par des prêtres qu'avait renvoyés à cet effet le roi d'Assyrie, à côté d'autres cultes païens (2 R. XVJI) — Josias y mit lirt, et réunit Bétliel au royaume de Juda. Jusqu'alors, et sauf une conquête passagère d'Abia, sur la fin du règne de Jéroboam II (2 Chron. X1I1, 19), Béthel avait toujours appartenu à la maison de Joseph. La répartition du pays clans le livre de Josué indique de la part des Benjamites des prétentions sur Béthel qui semblent n'avoir existé réellement qu'au retour de la captivité (Esdr. II, 28;Néh.-VH, 38; XI, 31). Pendant les guerres des Machabées Béthel fut pris et fortifié par Bacchides le Syrien; plus tard, Vespasien s'en empara. On n'a jamais eu de doutes sur l'identité de Béthel avec Beîtin. Les ruines qui sont assez importantes, les substructions, la tour et le réservoir, doivent dater du moyen âge. Le village ne compte que 400 habitants ; il est sur le penchant sud d'une colline située entre deux vallées verdoyantes. Distance de Jérusalem, 4 heures 1/2; d'après Eusèbe, 12 milles romains. Ph. Beegeb.
BÉTHESDA, d'après Jean V, 2, un des étangs de Jérusalem, situé près de la Porte des Troupeaux et dont les eaux avaient certaines vertus curatives. Il était entouré de cinq portiques où les malades se tenaient, en attendant le mouvement des eaux. On l'a placé successivement de tous les côtés de Jérusalem. Mais il semble résulter des passages de Néhémie (III, 1, 32; XII, 39), où cette porte est mentionnée, qu'elle devait se trouver au nord de la ville. Plus généralement, on identifie la Porte des Troupeaux avec la Porte Saint-Etienne qui forme l'angle nord-est de l'enceinte sacrée (/Jaram-el-Schériff'), et l'étang de Béthesda avec le grand bassin, qui longe la mer du côté du nord. Ce bassin, long de 1 10 mètres et large de 40, et situé 21 mètres plus bas que le niveau du temple, est aujourd'hui à peu près comblé. Il devait jadis s'étendre encore davantage; à l'ouest, deux grandes voûtes pénètrent à une distance d'au moins 30 mètres sous les maisons ; du côté opposé, à l'angle sud-est se trouvait une tour qui servait à régler le niveau des eaux; le trop-plein s'écoulait dans la vallée duCédron. Les dimensions mêmes de ce réservoir permettent difficilement d'y voir une source thermale. Peut-être faut-il chercher Béthesda dans un bassin plus petit situé un peu plus au nord, contre l'église Sainte-Anne, la piscina interior des anciens, que l'on appelait à l'époque des croisades « l'Etang des Troupeaux » pour le distinguer du Birket Israïl. Aujourd'hui, cette identification peut être considérée comme certaine. Le réservoir de Béthesda avait conservé sa vertu après la prise de Jérusalem. C'est ce que prouve un ex-voto curatif, trouvé clans l'église Sainte-Anne, et publié par M. AYaddington sur l'indication de M. Clermont-Ganneau. Cet ex-voto porte une inscription grecque, de la lin du premier ou plutôt du commencement du second siècle, surmontée d'un pied; la donatrice s'appelait Pompeia Lucilia. Il n'y a pas, contrairement à l'usage, de nom de divinité, ce qui semble indiquer une sorte de souvenir de la religion juive. Le bassin était encore plein d'eau à l'épo-
BÉTHESDA — BETHLÉHEM 253
que de la visite du Pèlerin de Bordeaux (333 ap. J.-C). qui dit que l'eau est trouble et rougcàtre. C'est sans doute encore lui que Yltinè* raire d'Antonio (au sixième siècle» désigne comme la />is<iti>i natatoria où il se taisait de nombreuses guérisons; peut-être enfin faut-il le reconnaître dans Y jzmz XguxiXXiovôv dont il est parlé dans la vie de saint Sabas (c, 67), également écrite au sixième siècle. S'il en était ainsi, on pourrait supposer que cette Lucilia était une personne considérable <pii avait restauré les portiques ruinés pendant le siège, peut-être la tille de Lucilius Bassus qui gouverna la Palestine après la prise de Jérusalem. Le nom de Béthesda est très-douteux. Dans le Cod. Sinaït. on lit en place Bethzatka, et. on trouve dans les différents manuscrits et auteurs anciens de nombreuses variantes, telles que BsXÇeQz, Befoatha, Betzeta. 11 est probable que ce nom est le même que celui de la colline septentrionale de Jérusalem, qui est appelée par Josèphe Bezetha. — Voyez : Hobinson, II, p. 137, note; Tobler, Denkbl., p. 58 ss. ; Waddington, Ac. des Insc?'., C. R., 18(58, p. 333 ss.
Ph. Bebger.
BETHHORON [Betkhôrôn hà'elion, Betkhôrôn hattakhtôn, 8 liant Bethhoron » et (( Bas Bethhoron, » aujourd'hui Beù Ur el-fôkha el Beù Ur et tachta], sur la route qui allait de Jérusalem à la mer en l>assant par Gabaon, à l'entrée de la gorge profonde qui rejoint lamontagneà la plaine des Philistins, d'où son nom de Bethhoron, «la Maison Creuse. » La route de Bethhoron a été peu à peu remplacée par celle qui va de Jérusalem à Joppé en passant par Ramleh et Nicopolis, mais les localités n'ont pas changé d'aspect. Les deux Beit Ursont séparés par une vallée assez large qui rejoint le Wadi Saleiman. Beit Ur et-tachta est sur une colline peu élevée, au pied du plateau que couronne Beit Ur elfôkha, à 200 mètres environ plus bas (460 et 640). Pour atteindre le second il faut gravir un défilé étroit et pavé de grandes dalles polies. La situation de Bethhoron lui donnait une grande importance. La tradition (1 Chron. VII, 24) en l'ait remonter la fondation à Seéra, fille d'Ephraïm. D'après le livre des Rois (I R. IX, 17) et les Chroniques (2 Chron. VIII, 5), les deux villes furent construites et fortifiées par Sabmon. La gorge qui mène de l'une à l'autre est restée célèbre dans l'histoire des guerres d'Israël. C'est par là que Josué poursuivit les Âmorrhéens (Jos. X, 10 ss.) et que les Philistins montèrent pour attaquer Saûl il Sam. XIII, 18). Judas 3Iachabée y livra deux batailles 1 Mac. III. io ss. ; VII, 31) ss.) ; et l'armée deCestius Gallus y fut enfer m. v par les Juifs et presque anéantie (Jos., Bell. Jud., II, 19, 8). — Voyez Robinson, III, p. 58 ss. Ph. Berger.
BETHLÉHEM [Bêt-lekhem, LXX HrfiX&éy., Jos. Brfi\ée\La, « maison du pain s |, lieu de naissance de Jésus, d'après Matthieu, Luc et la tradition universellement reçue dans l'Eglise (cf. Jean VII, 41-42). Bethléhem appartenait à la tribu de Juda; on l'appelait Bethléhem de .Inilii. pour le distinguer d'un autre Bethléhem situé sur le territoire «If Zabulon (Jps. XIX, 15). Son nom primitif parait avoir été Ephrath qui es! longtemps resté dans l'usage, comme adjectif (Gen. XXX VI, 19; lintli I. 2; .Miellée V. I); il se pourrait toutefois (pie ce dernier ait
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toujours désigné un canton plutôt qu'un endroit; d'après les généalogies des Chroniques (1 Chron. II, 19 ; IV, 4), Bethléhem était petit-fils d'Ephrath, femme de Caleb. La signification des deux noms est à peu près la même (Ëphrath — fertilité). Bethléhem ne ligure pas parmi les villes de Juda qui sont énumérées Josué XV (texte hébreu) ; il est vrai que clans les LXX on l'y retrouve à la suite du v. 59, ainsi que les noms de dix autres villes qui manquent également dans le texte massorétique; mais son antiquité nous est attestée par l'histoire de la mort de Rachel et par différents passages du livre des Juges. Toutefois, il est surtout devenu célèbre comme berceau de la famille de David. Le livre de Ruth était destiné à établir cette descendance. Bethléhem était aussi la patrie des fils de Tserujah, tille d'Isaï, ainsi que d'Elhanan, fils de Dodo, un des preux de David et peut-être un de ses parents (2 Sam. XXI, 15-22 ; comp. XXIII, 9-18, 24), et devint le théâtre de plus d'un de leurs exploits. C'est enfin là que David fut oint. Aussi les espérances messianiques se sont-elles attachées de bonne heure à Bethléhem, bien que ce fût un endroit de peu d'importance (il avait pourtant été fortifié par Roboam, 2 Chron. XI, 6; comp. Jér. XLI, 17). La tradition juive est restée fidèle à cette croyance (Reland, p. 644). D'après le récit biblique, Jésus y naquit dans un caravansérail, et Marie l'emmaillotta et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux à l'hôtellerie. La tradition, que l'on trouve déjà formée au deuxième siècle, chez Justin Martyr, a placé le lieu de naissance de Jésus dans une grotte qui est à l'ouest de la ville. Constantin fit construire sur cet emplacement, en 330/ une belle basilique, celle, d'après M. de Vogué, que l'on voit encore aujourd'hui. En 1010 elle échappa par miracle, suivant les chroniqueurs, à la destruction, lors de l'invasion des musulmans. En 1101, au jour de Noël, Baudouin y fut couronné roi, et en 1110 Bethléhem fut transformé en évêché. A partir de ce moment et pendant tout le cours du moyen-âge, on peut suivre presque année par année le sort de la basilique et les embellissements que les différents princes chrétiens y ont apportés. En 1672, les Grecs réussirent à s'en rendre maîtres ; mais dans ces dernières années, grâce à l'intervention de Napoléon III, les Latins ont de nouveau pu y rentrer. Bethléhem, son église et sa crypte ont été décrits par presque tous les voyageurs. Ph. Berger.
BETHLÉHEM, le plus petit desévêchés de France. En voici l'origine : En 1168, un comte de Nevers, mourant en Terre-Sainte, lit don à l'évêquede Bethléhem, pour s'y retirer en cas de besoin, de l'hôpital de Pantenor, à Clamecy, et bientôt, chassé par les infidèles, l'évêque dut transférer le siège de Bethléhem-Ephrata dans la petite chapelle de l'hospice, qui prit le nom de Notre-Dame-de-Bethléhem. Dès lors, et jusqu'à la Révolution, il y eut à Pantenor un évêché dont un hôpital formait tout le diocèse et dont le titulaire, nommé par les ducs de Nevers, relevait directement du pape. L'évêque de Bethléhem, qui n'avait pas mille livres de revenu, vivait d'expédients. Aujourd'hui la cathédrale de Bethléhem est une auberge.
BETHLÉHEMITES, nom de deux ordres religieux dont le premier,
BETHLÉHÉMITES — BETHSAÏDE 255
disparu aujourd'hui, s'établit en I2:>7 à Cambridge. Les moines étaient vêtus comme les dominicains et portaient sur la poitrine une étoile rouge, en mémoire de L'étoile qui guida les mages. Le second
lut tonde dans les lies Canaries, en 1655, par Pierre de Betlieneouri, gentilhomme français, rattaché à Tordre des franciscains. Il devait se vouer au service des malades dans les hôpitaux. Approuvé par Innocent XI en L687, cet ordre reçut de nouveaux privilèges sous Clément XI en 1707. Les religieux sont soumis à la règle des augustins, et portent au cou une médaille représentant la naissance de Jésus- Christ à Bethléhem. Le siège de Tordre est à Guatemala; il compte iin,> quarantaine de maisons, répandues principalement dans les iles Canaries (voy. Gaet. Moroni, Diction., Y, p. 196 ss.).
BETHPHAGÉ, « la Maison des Figues, » était située sur le mont des Oliviers, tout près de Jérusalem (Matth. XXI, 1) et à côté de Béthanie (Marc XI, 1 ; Luc XIX, 29). On discute pour savoir lequel des deux endroits était plus rapproché de Jérusalem. Il semble résulter du premier de ces passages que Bethphagé était aux portes mêmes de la ville, au haut de la descente qui y conduit et sur le côté de la route. C'est là que la place la tradition. On ne retrouve du reste. actuellement aucune trace ni du nom ni de Tendroit.
BETHSABÉE, tille d'Ammiel et femme d'Urie THéthéen. Voyez David.
BETHSAIDE, « Pêcherie, » bourg de Galilée situé sur les bords du lac de Génésareth, non loin de Capernaum (Marc VI, 45, 53; Jean VI, 17. 24 ss.) , patrie de Pierre (Jean I, 44 ss.; XII, 21) , Jésus y lit de nombreux séjours. Le nom de Bethsaïde est attaché au souvenir de la multiplication des pains. Ce miracle nous a été transmis par six rédactions différentes : deux dans Matthieu (XIV, 13-21 ; XV, 29-39), deux dans Marc (VI, 30-44; VIII, 1-10), une dans Luc (IX, 10-17), et une dans Jean (VI, 1-14). 11 résulte de ces différents récits que Jésus lit ce miracle à Test ou au nord du lac, sur le territoire de Philippe le tétrarque, et que c'est à Bethsaïde en Galilée qu'il aborda lorsqu'il eut apaisé la tempête, après avoir congédié le peuple. Seul Luc raconte que la multiplication des pains eut lieu dans un endroit solitaire où Jésus s'était retiré, près d'une ville appelée Bethsaïde. C'est à ce dernier endroit que semble aussi se rapporter la guérison de l'aveugle qui esl racontée Marc VIII, 22-23. On est naturellement porté à voir dans la mention d'une seconde ville nommée Bethsaïde en dehors de la Galilée le résultat d'une confusion. Pourtant, quelque étrange que cela paraisse, il n'est pas impossible qu'il y ait eu deux Bethsaïde; phe stinble faire la même distinction, mais les passages où il touche à ce sujet sont très-obscurs pour nous. En tous cas, si cette ide ville a jamais existé, nous ne croyons pas qu'il soit possible de Tidentifier, comme on le fait le plus souvent, avec la célèbre ville de tuée au nord du lac. à Tendroit où il reçoit le Jourdain. Josèphe lui-même distingue Julias, auparavant Betharamphtha, de Beth- • :|ui avuit également reçu le nom de Julia (voyez Josèphe, .1///.,
25G BETHSAIDE — BETHSAN
XVIII, 2, 1 ; 4, 6 ; Bell. Jud., II, 9, 1; III, 10, 7). L'emplacement de Betlisaïdc de Galilée est très-mal connu. On Ta placé tantôt près du nord du lac, kel-'Tâbigah, belle source qui est environ à 35 minutes de Tell- Hûm, emplacement présumé de Capernaùm ; tantôt plus au sud, à Khan-Mini/eh, « le petit port. » Les lieux, dans ce dernier endroit, se prêteraient fort bien aux circonstances des récits bibliques. C'est dans la même contrée, mais plus au sud encore, qu'il faut cbercher les territoires de Magada et Dalmanuta, d'ailleurs inconnus, qui ont si fort tourmenté les exégètes. Peut-être, du reste, peut-on limiter la difficulté. M. Renan pense en effet qu'il ne s'agit que d'un seul et même endroit, Magada, défiguré par la plume d'écrivains qui ne le connaissaient pas. Voyez :Robinson, Pal., III, p. 288-294, et Lot. attires., p. 344.
Ph. Bekger.
BETHSAMÈS, Beit-Ghemech, « Maison du Soleil », aussi appelée Mr Chemecb, « Ville du Soleil» (Jos. XIX, 41), et peut-être identique avec Har-Kheres, « la Montagne du Soleil » (Jug. I, 35). Ville sacerdotale située près de Kiriat-Jeharim, à la limite de la plaine des Philistins et de la montagne de Juda. Beth-Chemech était sur la route d'Ekron ; elle fut le théâtre de la rencontre entre Joas, roi d'Israël, et Amazia, roi de Juda, où ce dernier fut fait prisonnier (2R.XIV, 11 ss.; 2 Chr. XXV, 21 ss.). Sous Achaz, les Philistins s'en emparèrent (ibid., XXVIII, 18). D'après le livre de Samuel, il y avait là « une grande pierre» sur laquelle on déposa l'arche de Jéhova, lorsque les Philistins l'eurent renvoyée. Cette pierre, qui était un monument religieux, et sans doute solaire, resta longtemps debout (1 Sam. VI, 10-18, où il faut corriger au'/v. 18 : ve *êd 'eben haggedôlâh, « ce dont témoigne la grande pierre » ). Aujourd'hui Aïn-Schems, « la Source du Soleil » (Robinson, III, p. 17 ss.). Deux autres villes portaient le même nom : l'un était dans la tribu d'Issachar (Jos. XIX, 22), l'autre était phénicienne; elle est citée deux fois (Jos. XIX, 38 ; Jug. I, 33) et toujours à côté de Beth-Anath ; le livre de Josué la met au nombre des villes fortes de Nephtali, mais il est dit dans le livre des Juges que les Hébreux ne purent s'en emparer. Jérôme (0nom.,s. v. Bethsamis) dit à son sujet: « in quâ cultorcs pristzni manserunt. »
BETHSAN [Beit-Che 'an , LXX: BaiSsav, Jos. : Br/hava, Beisân, Etym. incert., « lieu de sûreté? »] était située sur le territoire de Mariasse (Jos. XVII, 11), et commandait l'entrée de la vallée de Jizréel du côté du Jourdain. Elle resta entre les mains des Cananéens jusqu'à l'époque de David. C'est à sa muraille que fut pendu le corps de Saùl (1 Sam. XXXI, 10; comp. Jug. I, 27 ss.). Sous le règne de Salomon (1 Rois IV, 12), le territoire de Bethsan formait une des douze intendances du royaume, mais c'est la seule fois qu'on voit figurer son nom parmi ceux des villes d'Israël. Les Grecs l'appelèrent Ni/sa, en l'honneur de Bacchus (Dionysos**.). Mais elle porte plus généralement le nom de Scytliopnlis; on admet qu'elle reçut ce nom lors de l'invasion des Scythes mentionnée par Hérodote ; peut-être aussi vient-il d'un endroit appelé Succoth qui était en face,, sur la rive gauche du Jourdain /Burckhardt, 11,595). Scythopolis faisait partie de la Décapole ; c'est par
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là que Pompée pénétra en Judée; plus tard elle l'ut reconstruite et fortifiée par Gabinius. A l'époque chrétienne, elle devint le siège d'un évêehé, et futle lieu de naissance dugnostique Basilide et de saint Cyrille; cuti n. elle lut prise et incendiée par Saladin. Lors des croisades, on la connaissait sous ses deux noms; aujourd'hui, c'est l'ancien qui a prévalu. Beisàn est située sur le Tell-Beisân, au nord duDjalùd, à l'endroit où il se jette dans le Jourdain; elle domine d'une hauteur de 100 mètres la vallée qui montait vers Jizréel et donnait ainsi accès dans la plaine du Kishon. La ville était anciennement beaucoup plus étendue que le village actuel ; on y voit les ruines de temples en basalte, sauf les colonnes, celles d'un théâtre ainsi que des murailles qui couronnaient la hauteur. — Socin, Pal., p. 352.
BETHSUR, «la Roche, » aujourd'hui Beit-Sûr, «ville de la Montagne de .luda» (Jos. XV, 58 ; 1 Chr. II, 45), sur la route de Jérusalem à Hébron. Tour ancienne, ruines. Fortifiée par Hoboam (2 Chr. XI, 7; comp. Néh. III, 10), elle est surtout devenue célèbre à l'époque des guerres d'indépendance. Judas Machabée releva ses murailles après avoir battu Lysias; mais elle fut reprise par Antiochus Eupator, et resta aux mains des Syriens, jusqu'à ce que Simon s'en emparât de nouveau il Mac. IV, VI, IX, XI, XIV, passim). Le deuxième livre des Machabées la mentionne également, mais ses renseignements sont sujets à caution. Josèphe (Ant., XIII, 5, 0) l'appelle la première place forte de Judée. C'est près de là que, d'après une tradition déjà connue d'Eusèbe et de saint Jérôme, l'eunuque de la reine d'Ethiopie fut baptisé par Philippe.
BÉTHULIE. nom, dans le livre de Judith, d'une ville qui devait être située sur la montagne d'Ephraïm, au sud de la vallée de Jizréel et non loin de Dothaïn. On ne le rencontre jamais en hébreu. Dans ce livre, Béthulie est le centre de l'action, et, à ce titre, elle est minutieusement décrite; néanmoins, on n'a pas réussi à l'identifier jusqu'à présent. En général, on admet que ce nom répond à un endroit réel; mais le caractère romanesque de l'histoire de Judith et ses nombreuses inexactitudes font qu'on se demande si le nom de Béthulie n'est pas, lui aussi, de pure invention; sa forme réelle, Bethilua, « Maison de Dieu i?) », se prêterait assez à une semblable explication.
BEVERIDGE (Guillaume), évèque anglican de Saint-Asaph, naquit en 1638 à Barrow, dans le comté de Leicester; il lit à l'université de Cambridge des études distinguées et publia de bonne heure un traité sur les langues orientales qui porte ce titre : De linguarum orientalium Prœstantia et /'su, cum Grammatica syriaca. Après avoir été revêtu successivement de différentes dignités ecclésiastiques, il fut appelé en 170V. par la reine Anne, à l'évêché de Saint-Asaph; la mort ne tarda |>as à l'enlever à ce poste éminent, le 5 mars 1708. Beveridge n'était pas un novateur; il défendit avec ardeur l'ancienne version rimée des Psaumes à l'usage de V Eglise anglicane, qui était plus que surannée, el il se prévalut parfois <lu mot de Tertullien : Credo quia ineplum, pour expliquer sou adhésion à tel ou tel dogme. On a publié de lui