‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 89 sur 263 · BÈZE — BIBLE · texte numérisé non relu

BÈZE — BIBLE

cii'té d'/ustoirc du Prot. j'unirais, passim, documents inédits très-précieux; Savons, Etudes littéraire* sur les écrivains /'murais de la Réformation ; Herzog, art. Bèze dans son Encyclopédie; les histoires générales de l'Eglise et les histoires spéciales delà Réformation.

A. VlGUIÉ.

BÉZIERS (Hérault) \Bliterra, Biterrœ, Béders, Bédeirezj, évêché sufiragant de Narbonne. La légende rapporte que saint Paul a fondé L'Eglise deBéziers; L'apôtre ensuite quitta cette ville pour Narbonne. laissant saint Aphrodite à sa place. Usuard mentionne cette tradition (voy. Acta SS., 22 mars) à laquelle le couvent de Saint-Aphrodite, dont l'église fut cathédrale avant celle de Saint-Nazaire, a donné un corps, mais jusqu'après 418 on ne sait rien de r évêché de Béziers. Ce n'est pas le lieu de raconter les malheurs de cette ville :

Anno milleno ducentenoque noveno

In Magdalena mit urbs Biterris amœna.

Nous île voulons néanmoins pas omettre de dire que le mot sinistre que l'histoire a pu attribuer avec vraisemblance au légat du pape : « Tuez-les, car Dieu connaît les siens, » est inconnu des témoins du massacre, et apparaît, quelques années seulement après la ruine de Béziers, sous la plume d'un moine allemand peu digne de foi, Césaire d'Heisterbach. Outre le conciliabule arien de 356, il se tint à Béziers un grand nombre de synodes; ceux de 1233 et 1246, seuls dignes de remarque, s'occupèrent de combattre les Cathares et de réformer le clergé (Hefele, V; Mansi, XXIII). L'évêché fut supprimé en 1801. — Voyez : Catel, Hist. du Languedoc; Andoque, Calai, des év. de Béziers, 1650, in-4°; Sabatier, Hist. de B., 1854; G allia, Vf; Tamizey de Larroque, Mèm. sur le sac de Béziers, P., 1862. S. Berger.

BIBIENNE (Sainte) ou Bibiane, martyre romaine, n'aurait aucun titre à notre attention, si son nom n'était celui d'une église de Rome, dédiée versl'an 470 par le papeSimplice au lieu dit ad (Jrsum Pileatum, et qui fut reconstruite en 1625 par le cavalier Bernin. On fête sainte Bibienne le 2 décembre.

BIBLE. Le mot de Bible (t<z BiSXta, les livres, d'où les moines, dans leur mauvais latin, ont fait le singulier biblia), employé depuis le quatrième siècle, désigne la collection des livres regardés par les chrétiens comme saints ou comme « les livres par excellence ». IJ est synonyme du terme Ecriture sainte (Scriptura -sacra, lepà Ypoppora, Ypa<pa». rytai, ou simplement r, YPacPÎ5 a- YP*¥a'l)j (iul est même plus ancien, vu qu'il a déjà été usité dans la Synagogue, pour désigner l'Ancien Testament; c'est dans ce sens qu'il se rencontre dans les écrits du Nouveau Testament (Màtth. XXII, 29; Jean XIX, 26; Act. VIII, 32; Boni. I, 2; 2 Tim. III, 15). Le mot de Testament (en hébreu berith, en grec SuttoptiQ, inexactement traduit par la Vulgate par testamentum, dans le sens de teètatio, lex) désigne, par une abréviation passée dans l'usage à partir du troisième siècle, les documents relatifs à l'ancienne alliance que Dieu conclul avec le peuple d'Israël par Moïsi \ de

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l'alliance nouvelle (xatvyj en opposition avec izcCkœ.oL, Matth. XXVI, 28; 2 Cor. III, 14), que Dieu conclut avec l'humanité par Jésus-Christ. Des articles spéciaux seront consacrés à l'histoire de la formation (voy. Canon), de la conservation (voy. Texte), de la vulgarisation (voy. Versions) et de la propagation (voy. Fart, suivant) de la Bihle, comme aussi au\ divers écrits dont elle se compose et aux idées qu'elle développe (voy. Théologie biblique). La science qui s'occupe de l'histoire de la Bible, considérée comme le recueil des documents de la religion révélée, porte le nom de science de l'Introduction à la Bible ou d'Isagogique (voy. cet article). — Nous ne traiterons ici que de la valeur dogmatique reconnue à la Bible par l'Eglise chrétienne. Pendant longtemps il n'y eut pas de doctrine arrêtée à cet égard. Dans l'antiquité chrétienne, à mesure que le recueil des écrits du Nouveau Testament se forme et s'impose à l'usage des Eglises, on lui attribue la même valeur qu'au recueil, depuis longtemps adopté et vénéré, des livres de l'Ancien Testament. L'idée d'une inspiration spéciale ou théopneustie (2 Tim. III, 16), impliquant de la part des écrivains une attitude passive vis-à-vis du Saint-Esprit qui les guide et leur dicte leurs oracles, passe couramment de l'un des recueils à l'autre (Justin, Dial. c. Tr., VII, 115; Cohort., VIII; Athenag., Légat., 9); elle est étendue à toutes les parties du recueil, comme à chaque mot dont il se compose (Orig., Deprinc. prœf., 4; Iren., III, 16, 2). Pourtant, en opposition avec le montanisme, les écrivains ecclésiastiques distinguent l'inspiration de l'extase et se plaisent, en particulier dans l'école d'Antioche, à relever le côté humain de l'Ecriture, lrénée parle de l'originalité du style de saint Paul, et saint Augustin dit des évangélistes que chacun d'eux a écrit : « ut quisque meminerat et ut cuique cordi erat » (De consensu evang., II, 12). De même, l'Eglise des premiers siècles ne se prononça pas sur les rapports de l'Ecriture et de la tradition (è'yypaçoç et arfpaqoç)* et leur autorité respective. lrénée invoque avec la même force l'autorité des apôtres et celle des évêques institués par eux comme leurs successeurs et dépositaires de la doctrine apostolique (III, 3) ; Tertullien, tout en regardant la Bible comme la norme de la foi (De prœscr., 29, 38), proclame la tradition, gardienne de la vérité scripturaire, laquelle est altérée et faussée par les hérétiques (De prœscr. , 17 ss.). On peut trouver, dans les écrits d'un même auteur, et souvent à quelques lignes de distance, des assertions également concluantes pour l'autorité souveraine de l'Ecriture comme pour celle de la tradition et de l'Eglise qui la personnifie. Ainsi saint Augustin dira : « Titubabit fides, si dimnarum Scripturarum vacillât autoritas » (De doctr. christ., I, 37), et il n'en soutiendra pas moins : « Ego vero Evangelio ne crederem, nisi me catholicse Ecclesiœ commoveret autoritas » (C. ep. fundaîn., 5). L'indétermination : tel est le caractère de cette première période. En réalité, l'épiscopat, investi de l'autorité souveraine en matière de foi, invoque tantôt la Bible, tantôt la tradition en faveur de ses décisions. — Le moyen âge, sinon dans la théorie, du moins dans la pratique, subordonna résolument la Bible à la tradition, c'est-à-dire à l'Eglise; la première était inconnue, inaccessible, suspectée; la

seconde, incarnée dans la papauté, exerçait un ascendant irrésistible et gouvernail toute chose : la toi, la vie, la science. Aujourd'hui encore,

par l'organe du concile de Trente et de tontes les huiles pontificales qui ont confirmé ses décisions, L'Eglise catholique, tout en proclamant ({ne la Bible et la tradition occupent le même rang et qu'elles doivent être reçues «pm^pietatis affecta acreverentia » (Conc. Trid., Sess. ]\\, decr. de ciui. $a v'/i/.i. l'ait dépendre l'interprétation de la Bible de la tradition, considère la Vulgate comme le seul texte authentique et en interdit la lecture aux lidèles, ou, ce qui revient au même, en subordonne l'autorisation au bon plaisir du confesseur (voy. Y Index librorum prohibitorum, joint comme appendice au Conc. Trid. et sanctionné par une huile du pape Pie IV en 156i, Régula IV). Bellarmin (De verbo IV. 3) et tous ceux qui l'ont suivi, justifient ce procédé par le caractère incomplet et le langage obscur de la Bible. — Les réformateurs, sans se prononcer sur la question de l'origine, de la composition et de l'inspiration de l'Ecriture, proclamèrent son autorité normative en lace des doctrines et des préceptes de l'Eglise romaine qui ne reposaient que sur « des traditions humaines ». Seul, Luther s'enhardit jusqu'à faire dépendre la valeur des écrits sacrés du degré plus ou moins intense avec lequel « Christ y est prêché » (Vorr. zuder Ep. S. Jakobi et passim). Les confessions de foi réformées sont, en général, plus explicites que les symboles luthériens. La doctrine de la « théopneustie » se trouve déjà en germe dans la Formula consensus H civet. , c. 1 : « Hebraicus Y. T. Codex, tum quoad consonas, tum quoad vocalia, sive puneta ipsa punctorum saltem potestatem, et tum quoad res tum quoad verba ÔeoTeveucroç. » Ce fut- au milieu des débats passionnés qui remplirent le dix-septième siècle, que les théologiens protestants développèrent la doctrine de la Bible et fixèrent sa valeur dogmatique. Ils lui confèrent tous les attributs que les catholiques revendiquaient pour l'Eglise, identifiant l'inspiration avec l'infaillibilité et le document inspiré avec la révélation divine elle-même : « Quidquid De us revelavày infallibiliter certum est. Quidquid sacra Scriptura docet infallibiliter eertum est » (Hollaz). Il est vrai que le mot de révélation est toujours pris, non dans le sens de manifestation historique, mais dans celui de communication de la doctrine nécessaire au salut: « Sacra Scriptura est rerbum Dei aproph. et apost. ex inspiratione div. libris consignatum, ut per illud peccator informetur ad œternam salutem. » L'Ecriture est ainsi complètement identifiée avec la parole de Dieu et proclamée comme le plus puissant moyen de grâce. Dieu est la causa principalis et Yautor primarim de la Bible; les écrivains sacrés n'ont été que ses instruments passifs : c'est le Saint-Esprit qui leur a mis en main la plume et qui l'a conduite : « Utiautem os Dei fuerunt in loquendo seu prœdicando prophet. et apost. , ita quoque m anus fuerunt et calamiSpiritus Sancti in scribendo » (Quenstedt). L'inspiration divine implique: 1° Yimpulsus ad scribenéum ou 1(3 mandatumdivirmm, tandis que les docteurs catholiques enseignaient que les écrivains sacrés avaient pris la plume ex occasions quadam accidentaria aliundeoblataaut necessùate coactos ; 2° la suggestiorerunty qui ne doit pas être considérée; comme une simple assistentia

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et directio divina, mais comme un véritable dictamen, et qui s'étend absolument à toutes les parties, même les plus insignifiantes, de l'Ecriture : « Si enim unicus Script, versiculus, cessante immediato Spiritus Sancti influxu, conscriptus est, promptum erit satanœ, idem de toto capite, de integro libro, de universo denique codice biblico excipere, etper consequens omnem Script, autoritatem elevare » (Quenst., I, 71) ; 3° la suggestio verborum qui, à son tour, s'étend jusqu'aux points- voyelles hébraïques. La diversité du style s'explique par une accommodation du Saint- Esprit; mais elle ne saurait compromettre la pureté absolue de la langue sacrée : « Stylus Nom Testamenti ab omni barbarismorum et solxcismorum labe immunis est. » Si l'on pouvait constater la moindre tache ou la plus légère erreur dans la Bible, c'en serait fait de son autorité et par conséquent, de la foi du chrétien : « Périt fidei nostrœ certitudo et infallibilitas. Si enim qusedam inscript, occurrunt dubia, incerta, erronea falsa, unde de ceterorum autoritate, certitudine autveritate constabit? »

Y)e cette théorie de l'inspiration découlent ce que les anciens dog-

matistes, depuis Calov, appelaient les affectiones seu proprietates Scripturœ sacrœ, c'est-à-dire les attributs de la Bible. Ils en distinguent quatre principaux : 1° La divina auctoritas, qui repose sur l'origine divine de la Bible, est attestée par des preuves externes (la sincérité des auteurs les miracles, les prophéties, l'accord unanime de l'Eglise, les martyrs, les triomphes du christianisme, etc.) et internes (la majesté, la simplicité, la vérité du langage biblique, la sainteté des préceptes, etc.), mais surtout par le testimonium Spiritus Sancti, ou le témoignage que Dieu se rend à lui-même dans l'âme de chaque auditeur ou lecteur attentif de la Bible. Cette autorité est à la fois normativa, en tant que seule elle peut déterminer ce qui est nécessaire au salut, et judicialis, en ce que seule elle peut trancher les difficultés et terminer les controverses qui peuvent se produire en matière de foi. L'Ecriture est le seul code et le seul tribunal que la théologie et l'Eglise chrétiennes puissent reconnaître. 2° La perfectio ou sufficientia. Tout ce qui est nécessaire au salut est contenu dans la Bible. La lumière intérieure qu'invoquent les sectaires et la tradition sur laquelle l'Eglise catholique fonde ses dogmes et ses cérémonies sont des guides trompeurs. Dieu nous a donné dans la Bible une révélation complète et pleinement suffisante de la vérité. 3° La perspicuitas . La Bible expose avec la plus grande clarté les vérités nécessaires au salut. Cette clarté ne s'applique pas aux res qui demeurent des mystères, mais aux verba. Elle est gradualis ' tous les passages de l'Ecriture ne sont pas également clairs, mais il V en a qui sont comme les sedes doctrinœ, loci classici, dicta probantia. Les passages obscurs doivent être expliqués par les passages clairs. La Bible possède la facultas se ipsam interpretandi ; elle est sui insius legitimus interpres. Enfin la clarté de la Bible est ordinata, c'està-dire liée à certaines conditions religieuses, morales et scientifiques, nécessaires à celui qui la lit. 4° Vefficacia. La Bible n'est pas une lettre morte. Elle a le pouvoir de convertir, de régénérer, de redresser et de consoler. Chacun peut trouver dans ce moyen de grâce une source puissante d'édification. — Etablie au dix-septième siècle, dans la dou-

ble lutte contre les catholiques et les illuminés, cette théorie de la valeur dogmatique de la Bible ne tarda pas à trouver des adversaires au sein même du protestantisme. Son vice fondamental est de confondre les documents de la révélation avec la révélation elle-même, que la nature el le mode de l'inspiration prêtée aux écrivains sacres rendent absolument inutile. L'Ecriture n'est pas la Parole de Dieu, elle la renferme. C'est ce qu'ont mis en pleine lumière les travaux el K-s débats de la théologie protestante depuis le milieu du dernier siècle. Si l'accord n'existe pas encore sur le rang et la valeur qu il convient d'attribuer à la Bible dans le domaine de la foi et dans celui de la science chrétienne, aucun théologien ne soutient plus la théorie de l'infaillibilité absolue de la Bible. Dès à présent, nous pouvons considérer comme définitivement acquis les résultats suivants : 1° ^ an~ cienne dogmatique a méconnu le rapport intime qui existe entre la tradition orale et la tradition écrite, en revendiquant pour cette dernière une autorité qu'elle dénie à la première. 2° La Bible, comme tout autre livre ou recueil de livres, loin de redouter l'examen de la critique historique, doit le provoquer et l'encourager; toute obscurité volontairement et arbitrairement maintenue est un témoignage de défiance non justifiée à l'endroit de sa valeur. 3° La Bible renferme les documents les plus anciens et les plus authentiques sur les origines, sur l'essence et sur les caractères de la religion chrétienne, et en particulier sur la personne et sur l'œuvre de son fondateur ; à ce titre seul elle a droit au respect dont on l'entoure, à l'usage auquel elle sert, ainsi qu'aux patientes et laborieuses recherches dont elle est l'objet dans l'Eglise chrétienne. 4° La théorie de la Bible ainsi que sa valeur dogmatique dépendent, en dernière analyse, de celle de Y inspiration et de la révélation (voir ces deux articles). F. lichtbnbkkger.

BIBLE (Propagation de la). Avant la découverte de l'imprimerie, deux obstacles principaux s'opposaient à la diffusion des saintes Ecritures : 1° L'ignorance presque universelle. On ne savait pas lire et l'Eglise ne s'en mettait point en peine. La foule n'avait qu'à croire et à obéir, nullement à examiner. D'ailleurs, depuis Grégoire VU et les conciles de Toulouse (1229) et de Tarascon (1234), la lecture de la Bible était le privilège exclusif des prêtres. 2° Le prix énorme des livres. Faust, venu à Paris pour se défaire des Bibles qu'il venait d'imprimer, les vendit 50 couronnes (360 fr.), tandis que l'exemplaire manuscrit se payait de 4 à 500 couronnes (2,900 à 3,500 fr.). Or un ouvrier gagnait alors trois ou quatre sous par jour. Quand les réformateurs en appelèrent de l'Eglise et du pape à l'Ecriture sainte et à la conscience individuelle, ils firent une véritable révolution et la plus bienfaisante entre toutes. Basée sur le livre et l'école, la Réforme voulut que tons lussent et s'assimilassent les enseignements de Jésus; de là, les traductions en langue vulgaire mises à la portée de tous et même des plus pauvres. Les Bibles glosées et historiées imprimées jusqu'alors, abrégeaient le texte (surtout celui de l'Ancien Testament) ou y intercalaient sans scrupule les superstitions du temps. Les traductions proprement dites ne commencèrent qu'avec les réforma

teurs; aussi leur débit fut-il considérable. Les peuples se précipitèrent avec avidité sur le saint volume. Dès 1555, la Bible allemande de Luther comptait 58 éditions. La Bible française d'Olivetan, qui subit à Genève une révision perpétuelle, reparut plus de cent cinquante fois au seizième siècle. Elle avait été précédée de celle de Lefèvre d'Etaples, qui eut une trentaine d'éditions, y compris celles du Nouveau Testament : les plus illustres personnages avaient subvenu aux frais de l'entreprise, et Brieonnet « n'avait épargné or n'argent, pour donner livres à ceux qui désiraient y entendre. » Il en fut de même partout où s'étendit la Réforme. L'extrême vivacité des controverses força l'Eglise romaine, qui jetait au feu traductions, traducteurs et lecteurs de l'Evangile, à descendre sur le terrain protestant, et à publier aussi la Bible, en ayant soin de l'annoter, de tirer à elle tous les passages qui paraissaient s'y prêter, et d'atténuer tous ceux qui lui étaient défavorables. La Bible de Louvain, corrigée aussi à diverses reprises, et mise au jour, selon Richard Simon, pour détourner les catholiques de la lecture de la Bible de Genève, eut, dit-on, plus d'éditions que celleci. En outre, la France possède une trentaine d'autres traductions catholiques, principalement du Nouveau Testament, en dépit des prescriptions anti-bibliques du concile de Trente et des papes Pie IV, Clément VIII, Grégoire XV, Urbain VIII, Clément XI, Pie VII, Léon XII, Pie VIII, Grégoire XVI et Pie IX. De même, quand la traduction des psaumes, qui faillit conduire Clément Marot sur *le bûcher, eut paru, une multitude de rimeurs (au moins 200), pour la plupart catholiques, s'empressèrent de publier des Psautiers ou des fragments de Psautier en vers. Celui de Marot, que chantent encore aujourd'hui les Eglises réformées, fit le tour du monde, fut traduit en vingt-trois langues, et imprimé en français plus de quinze cents fois. Outre les premiers essais d'association biblique qu'on trouve au berceau de la Réforme, Genève en vit un autre en 1588. Quelques personnes firent un fonds destiné à imprimer la Bible, et stipulèrent que le bénéfice appartiendrait aux pauvres réfugiés de divers pays. Cette combinaison eut pour résultat de maintenir assez élevé le prix de l'édition, et les synodes de Saumur et de Gap s'en plaignirent. Soixante ans plus tard, en 1649, une pensée aussi charitable et plus féconde* donna naissance à la première société biblique, qui fut restaurée en 1661. Son titre, Société pour la propagation de l'Ecriture dans la Nouvelle-Angleterre , indique assez le but qu'elle se proposait, savoir la traduction des saints Livres dans les idiomes des peuplades sauvages du nouveau continent. Les solitaires de Port-Royal semblent aussi s'être associés, pour la propagation du Nouveau Testament auquel ils avaient travaillé en commun. Ils le firent imprimer, l'année 1667, en bons caractères pour les riches, en très-communs pour les pauvres, et le vendirent au prix coûtant et peut-être parfois à prix réduit, si bien que 5,000 exemplaires furent placés à Paris en quelques mois, et que l'ouvrage compta cinq éditions la première année, et quatre la seconde. Quand il crut avoir détruit l'hérésie par ses missionnaires et ses dragons, quand il eut enlevé aux protestants leurs écoles et leurs Bibles, et qu'il les eut contraints à

L'abjuration par le sabre, Louis XIV fut obligé (ravoir recours à la méthode protestante, pour essayer de convertir réellement ceux qu'il appelait les nouveaux convertis. Il fallut qu'il distribuât dos Bibles comme un vulgaire janséniste <>u un obstiné huguenot Le missionnaire Pénelon demandail des Nouveaux Testaments à profusion, en même temps que l'établissement de bonnes écoles, auxquelles 'es veaux catholiques seraient forcés d'envoyer leurs enfants : « On ne fait rien, écrivait-il, si on n'ôte les livres hérétiques; j> mais il faut absolument les remplacer. « Si on ôte leurs livres sans leur en donner, ils diront que les ministres leur avaient bien dit que nous ne voulions pas laisser lire la Bible, de peur qu'on ne vît la condamnation de nos superstitions et de notre idolâtrie. » Plus de 150,000 Nouveaux Testaments de Godeau et des Psautiers du même traducteur, furent imprimés par ordre de l'archevêque de Paris ; mais on craignait qu'ils ne tombassent en d'autres mains que celles des protestants. C'est pourquoi, en invitant Foucault, intendant du Poitou, à commander une édition du Nouveau Testament, Louvois lui ordonna d'en prendre tous les exemplaires dès qu'ils seraient, imprimés, et de faire rompre les planches. Un peu plus tard, tandis que les Eglises sous la croix étaient absolument dépourvues de livres religieux, et que Brousson se faisait copiste et colporteur en même temps que prédicateur, la Société pour la propagation des connaissances chrétiennes naissait en Angleterre (1698), et imprimait la Bible en arabe, en gallois, etc. Le principe de la Réforme, qui produisait chez les huguenots une indomptable revendication des droits de la conscience, portait de plus en plus ses fruits salutaires au sein de l'heureuse nation qui l'avait adopté. Pendant que l'ultramontanisme ne savait que persécuter, en France et ailleurs, le protestantisme d'outre- Manche enfantait la Société pour la propagation de V Evangile dans les pays étrangers (1701), et la Société écossaise pour propager la connaissance de la religion chrétienne (1719), toutes deux nécessairement vouées à la diffusion des saintes lettres. Sous l'influence de Spener et de Franke, un mouvement semblable s'opéra en Allemagne. Les Bibles y étaient mal imprimées, pleines de fautes, très-chères et rares. Le baron de Canstein trouva, grâce à son immense fortune, le moyen de remédier à ces inconvénients. Il se procura assez de caractères pour imprimer toute une Bible, et quand elle fut composée, il en garda les planches pour renouveler le tirage ad libitum. C'est ainsi qu'il fonda l'institution biblique de Halle (la première du continent), laquelle répandit, de 1712 à 18io, 3,030,400 exemplaires des livres saints en Allemagne. en Russie, en Suède, en Danemark, en Pologne, en Hongrie et en Transylvanie. La pénurie de ces livres se faisait plus vivement sentir encore parmi les réformés de France. Dans le Midi, de soi-disant inspirés, qui croyaient converser directement avec Dieu et recevoir ses ordres immédiats, étaient plus écoutés qu'il n'aurait fallu. « La nédet livres est grande, » écrivait Antoine Court; cette affirmation ><■ reproduit sous mille formes dans ses lettres et dans celles de Corteiz. Mais comment s'en procurer? Le pavs était trop pauvre pour les

acheter de ses deniers, et la surveillance des ennemis trop active pour les laisser pénétrer librement. Les réfugiés avaient souvent réussi à faire parvenir à leurs frères quelques ouvrages. On s'adressa encore à leur générosité et on les pria de multiplier leurs dons. La Suisse et la Hollande se firent remarquer par leur empressement à répondre à cet appel. « M. Basnage, écrivait le pasieur Vial, m'a « mandé qu'il vous envoie des livres par la voie de Genève et d'autres « endroits, aussi bien qu'à nos frères du Poitou. J'ai même su que les « Etats de Hollande ont fait un petit fonds pour ce sujet ; cela m'a « fait soupçonner qu'à l'avenir vous aurez peut-être moins besoin de « ceux que nous vous envoyions ci-devant. Cependant nous ferons à « cet égard-là tout ce que nous pourrons, et quand vous n'en pourrez « pas tirer d'ailleurs, vous n'aurez qu'à m'écrire. » Ces livres étaient des Testaments et des Psautiers, des Testaments surtout, puis des ouvrages de morale. Quant à faire .pénétrer ces ouvrages en France, de hardis colporteurs s'en chargeaient. Les difficultés et les périls étaient grands, mais ils en triomphaient. Avec leurs ballots, un beau jour, ils passaient la frontière, arrivaient, déposaient leur précieux fardeau en lieu sûr et repartaient. Lorsque les prédicants possédaient quelques livres, après le prêche ou dans leurs courses, ils les distribuaient aux fidèles. C'était la « manne divine ». Tous, pour en avoir, se précipitaient, se ruaient ; ils mettaient de la fureur à obtenir une Bible, des Psautiers, des catéchismes. « Il me serait difficile, écrivait Corteiz, de « vous dire où se distribuèrent ceux que votre bonté me donna. J'en « ai laissé un peu partout, et si j'avais voulu croire le monde, je les (( aurais tous laissés à la première paroisse... » Les livres, malgré tous les efforts, étaient si rares qu'en aurait-on eu « mille quintaux », on les aurait distribués en moins d'un mois ». (Edm. Hugues, Ant. Court, 1,50). Court se félicita bientôt de l'heureux succès de ces distributions. « Toute la montagne donne présentement gloire à Dieu, écrivit-il vers 1718. Quelques livres parsemés ont réveillé un grand nombre d'âmes qui dormaient, tellement que les noises, les discordes, les procès, les querelles commencent à perdre leurs forces; mais surtout la jeunesse travaille avec empressement à croître ses lumières et ses connaissances, tellement que le curé des Plantiers, proche Yalleraugue, un jour de dimanche, se prit à pleurer, disant que tout d'un coup son église était devenue déserte, mais que le seigneur évoque en serait informé. Quelques lâches en furent intimidés ; mais la jeunesse bénissait le ciel qui l'avait éclairée » (ibid., p. 60). Le souvenir de Port-Boyal et l'exemple de l'Angleterre et de l'Allemagne, portèrent un pieux abbé, secondé par quelques évêques, jansénistes comme lui, à fonder en France, vers 1719, la seconde Société biblique du continent, et la première Société biblique catholique. Il se nommait de Barneville, et, bien que né à Dublin (1659), il avait fait toutes ses études à Paris, et avait été reçu, à l'âge de 29 ans, dans la congrégation de l'Oratoire. L'association catholique acceptait des dons et distribuait gratis aux pauvres, et sans notes ni commentaires, le Nouveau Testament traduit par son fondateur ; mais elle n'excluait pas

les préfaces. Celles qu'elle a publiées respirent un tel amour des Ecritures, un sentiment de piété si large, que la Société des /mites religieux de Paris, a pu en insérer de nombreux extraits dans un opuscule qui porte le iv 107 de ses publications. En 1728, des perquisitions turent faites chez M. de Barneville et chez quelques autres prêtres également coupables de trop (rattachement à la Bible, et l'association fut obligée de se dissoudre par de misérables tracasseries, qui démontrèrent une fois de plus l'irréconciliabilité de Rome et de la Bible. On connaît de la traduction de l'abbé de Barneville, 12 éditions parues de 1719 à 17o3. La seconde moitié du dix-huitième siècle vit naître en Angleterre quatre autres sociétés, dans les attributions desquelles entrait la publication de la Bible: la Société pour l'avancement de la connaissance de la religion parmi les pauvres (1750), la Société biblique, destinée à fournir des livres saints aux armées de terre et de mer de la Grande-Bretagne (1780), la Société pour le soutien et l'encouragement des écoles du dimanche (178o),etla Société biblique française de Londres (1792). Celle-ci se proposait de répandre les saintes Ecritures parmi les catholiques et les protestants français, au moyen de dépôts placés chez les pasteurs ou autres personnes zélées, qui se chargeraient de vendre les exemplaires à ceux qui pourraient les payer, et de les céder à prix réduit ou même gratis aux pauvres. Les protestants ne pouvaient qu'accueillir avec un joyeux empressement la circulaire qui leur fut adressée ; car aucune Bible protestante n'avait été imprimée en France depuis 1678. Le pasteur de Paris, Marron, se mit en relation avec là Société et en reçut 4,000 francs, qu'il remit à un imprimeur pour l'impression qui se préparait. Mais la Révolution ruina l'imprimeur, suspendit les relations <iitre les deux peuples, et la Société fut dissoute, non sans avoir laissé aux protestants de Paris le vif désir d'en établir une du même genre. Le projet fut repris par une autre société anglaise, probablement celle des missions, qui, en 1802, fit imprimera Paris un Nouveau Testament, dont la distribution fut confiée à un comité, sous la surveillance du consistoire de l'Eglise réformée. Les hostilités qui recommencèrent en 1803, arrêtèrent de nouveau l'admirable élan de zèle religieux qui transformait en sœurs deux nations violemment divisées par la politique. Eniin le 7 mars 1804, pendant que l'Europe se livrait à une guerre terrible et insensée, fut établie l'une des plus puissantes associations religieuses qui aient jamais existé, et qui allait répandre sur le monde entier les bienfaits d'une pieuse et chrétienne sollicitude, la Société biblique britannique et étrangère. Elle se donna pour unique mission défaire circuler les Ecritures parmi les chrétiens, les mahométans et les païens. Plusieurs sociétés déjà existantes avaient à peu le même but; mais elles manquaient du caractère d'universalité que prit leur cadette. Elles n'étaient que des œuvres de secte ou de diverses dénominations religieuses, tandis que tous se trouvèrent réunis «■t d'accord pour fonder l'œuvre nouvelle. Aussi son budget, qui atteignit bientôt plusieurs millions, lui permit-il d'aider, par des subventions considérables, un grand nombre d'autres sociétés créées à son exemple <t sous son influence. Depuis son origine, elle a distribué

76,400,000 exemplaires des livres saints et dépensé 198,580,350 francs. Elle a reçu dans son dernier exercice 6,717,600 francs. Son rapport annuel très-abrégé forme un volume in-8° de 4 à 500 pages. Elle a des dépôts à Paris, Bruxelles, Cologne, Francfort, Amsterdam, Berlin, Stockholm, Copenhague, Saint-Pétersbourg, Vienne, Odessa, Constantinople, Rome, Madrid, Lisbonne, et des sociétés auxiliaires à Bombay, dans le Pendjab, dans le nord de l'Inde, à Calcutta, Madras, Colombo, Jaffna, Sengapore, Hong-Kong, Shangaï, en Australie, dans la Nouvelle- Zélande, aux Indes occidentales, au Canada/et sur les côtes est, ouest et sud de l'Afrique. Rien ne montre à un degré supérieur la fécondité et les heureux effets du principe d'association. Actuellement 79 Sociétés du même genre \ sans compter celles d'Afrique (67 en Europe,- 4 en Amérique et 8 dans l'Inde), travaillent de concert avec la société de Londres. Les principales sont la Société biblique américaine, la Société biblique américaine et étrangère, Y Union biblique américaine, la Société biblique nationale d'Ecosse, la Société biblique hibernienne, celles de Suède, de Norwége, de Danemark, de Néerlande, de Wurtenberg, de Prusse et de Russie. La plus importante, après celle de Londres, est la Société biblique américaine, fondée en 1816. Le chiffre de ses distributions s'élève à 33,125,800 exemplaires des livres saints, et ses dépenses à 86,145,800 francs. Les recettes de son dernier exercice ont atteint 2,980,600 francs. De même que la découverte de l'imprimerie avait précédé la Réforme, de même la découverte de la stéréotypie(trouvée en 1795 par Firmin-Didot) précéda de quelques années la fondation des sociétés bibliques du dix-neuvième siècle, qui allaient en faire usage sur la plus vaste échelle. Elles ont dépensé jusqu'ici environ 366,550,000 francs, et distribué plus de 141 millions d'exemplaires des livres sacrés, chiffre énorme, qui égalera bientôt celui des kilomètres (153 millions) qui séparent la terre du soleil. Sous quelque rapport qu'on l'envisage, on demeure frappé de stupeur et d'admiration, à la vue du gigantesque travail opéré par la foi en la Bible. Le saint livre est aujourd'hui traduit et imprimé en 227 langues ou dialectes, dont plusieurs n'avaient jamais été écrits. Dire que les traductions n'étaient qu'au nombre de 50 avant 1804, c'est montrer la grande part qui revient dans cette œuvre à la Société britannique et étrangère. Voici le tableau de ces 227 traductions, auxquelles il en faut ajouter deux qui sont sous presse (total 229) : l'une en balinese , l'autre en butta. — EUROPE : anglais, gallois, gaélique, irlandais, dialecte de l'île de Man (Iles Britanniques) ; — français, breton, basque (France) ; — espagnol, catalan, basque espagnol, dialecte de Guipuscoa, gitano, portugais (Espagne et Portugal) ; — islandais, suédois, lapon, finnois, norwégien, danois, fœroé (Nord de l'Europe) ; — hollandais, flamand, allemand, lithuanien, polonais, haut wende, bas wende, bohémien, hongrois, esclavon, ruthénien (Europe centrale) ; — italien, latin, roman du haut pays, roman de l'Engadine, piémontais, vaudois, maltais (Italie et Suisse) ; — grec ancien, grec moderne, Ibanais du Nord, albanais du Sud, turc, roumain, serbe, croate, bulgare de l'Est, bulgare de l'Ouest (Grèce, Turquie) ; — slave, russe mo-

derne, esthonien de Dorpat, esthonien de Kevel, livonien, carélien, siriane, samoyède, calmouck, mordouine, tchérémisse, tchouvache, tartare d'Orenbourg, tartare turc, tartare de Crimée (Empire russe). — ASIE : ossète, géorgien, arménien ancien, arménien moderne, arménien de TArarat. tartare trans-caucasique, kurdoijpéorgie) ; — hébreu, arabe, syriaque, carse (Syrie); — persan, afghan, belouchi, sanscrit, hindoustani (Inde) ; — bengali, bengali musulman, santali, mondari, lepcha, maghudha, orissa, hindoui, bughelcundi, brug, canoj, kousulu; harroti, oojein, oodeypora, marwar, juyapora, bikaneera, buttaneer, sindhi, sindhi gurumukhi, moultan, pendjabi, dogura, gondi, cachemirien, népalais, palpa, kumaon, gurwhal (Présidence du Bengale);

— telinga, carnatique, tamoul, dakhani, malayalim, tulu (Présidence de Madras) ; — kunkuna, mahratte, guzarati, parsi guzarati, cutchi (Présidence de Bombay) ; — pâli, cingalais, indo-portugais {Ceylan); — assamois, munipoora, tibétain, khassi, birman, peguese, bghai karen, sgau karen,pwo karen, siamois (Indo-Chine); — chinois, dialecte des mandarins de Pékin, dialecte des mandarins de Nankin, dialecte de Ningpo, dialecte de Canton, dialecte de Hakka, mandchou, mongol de l'Est, mongol du Sud, japonais, loochooan(CAme et Japon);

— malai, bas malai, javanais, sundanese, dayak, niasian; macassar, bugis (Malaisie)\ — malgache, narrinyeri, maori, néo-calédonien, nengonese, lil'u, iaian, aneityum, eromangan, faté, hawaïen, lidjien, rotuman, tongan, niué, samvan, rarolongue, tahitien, marquisien, kusaien, ebon, gilbert island (îles du Pacifique). — AFRIQUE : copte, éthiopien, amharique, tigré, galla, kinika, swahili (Afrique de l'Est) ; — berbèré, mandingo, temne, mende, bullom, grebo, accra, otji, ewe, yoruba, haussa, ibo, nupé, mpongwe.efik, dualla (Afrique de l'Ouest); — benga, namacqua, sechuana, sessouto, zulu, kafîr (Afrique du Sud). — AMERIQUE': groenlandais, esquimau, mohawk, mie mac, maliseet, dialectecreç de l'Est, dialecte crée de l'Ouest, chippeway,tukudh, ojibwa, delaware, choctav, dakota, cherokee, muskokee, seneca, mayan, mexicain, créole, dialecte nègre de Curaçao, arrawack, dialecte nègre de Surinam, aimara. Si considérable que soit le travail accompli, il est loin d'être complet; car Balbi évalue à 5,000 le nombre des dialectes, et à 2.000 le nombre des langues, dont il n'a cependant classé que 860. Il reste donc encore immensément à faire, pour qu'aucune àme ne demeure forcément soustraite à l'influence de l'Evangile. Cette sainte propagande a souvent excité la colère de Rome. Après vingt années d existence^ la Société biblique catholique de Bavière, fondée aussi en 1804. par Wittmann, régent du séminaire de Ratisbonne, dut renoncer à ses travaux, sous les menaces des jésuites redevenus tout-puissants. Il en fut de même de la Société catholique pour la distribution du Nouveau Testament, établie à Paris par un protestant, M. Léo, en 1816. Elle ne dura que huit ans. Plus courageux, le célèbre moine bénédictin et professeur de l'université de Marbourg, Van Ess, dont la traduction du Nouveau Testament, imprimée aux frais de la Société de Londres (1807-1830), eut vingt éditions, fut abreuvé de persécutions, mais résista jusqu'au bout a Léon XII, qui, dans une encyclique de 18c2't,qua-

lifiait & innovation diabolique et redoutable pour la foi et les mœurs, la Société biblique dont l'acti vite s'exerçait « avec effronterie sur le monde entier ». C'est dans le même esprit que l'assemblée générale du clergé de France avait présenté au roi, en 1780, un long mémoire contre les entreprises des protestants, en suppliant Sa Majesté de revenir aux ressorts salutaires et aux voies réprimantes des beaux jours de Louis XIV. La réponse lut redit de tolérance de 1787, bientôt dépassé par la Révolution, qui proclama l'égalité de tous les citoyens devant la loi, rendit aux glorieux descendants des martyrs leurs droits civils, religieux et politiques. Le protestantisme commençait à renaître quand fondirent sur lui la réaction de 1815 et la Terreur blanche. Il fallut un certain courage au marquis de Jaucourt, à Boissy d'Anglas, au grand Guvier, aux pasteurs Marron, Gœpp, Monod,etc, pour fonder, trois ans après (1818), une société destinée à fournir des Bibles aux protestants du royaume, la Société biblique protestante de Paris. Elle ne tarda point à avoir des auxiliaires jusque dans les moindres villages. Elle réchauffa le zèle et vivifia la piété un peu froide du dix-huitième siècle. Ses assemblées aunuelles étaient des fêtes auxquelles les protestants, disséminés et sans lien commun, accouraient de toutes parts, apprenaient à se connaître, à se compter et à s'aider mutuellement. Elle devint nonseulement un centre de ralliement, mais un foyer d'action, d'où sortirent la -Société des traités religieux, la Société des missions et la Société pour l'encouragement de l'instruction primaire. Les subsides que la puissante Société de Londres lui accorda généreusement dans les six premières années, cessèrent tout à coup, non par suite de divergences dogmatiques, le dogme n'était nullement en question, mais par suite de divergences de méthode. Deux esprits régnaient dans le comité de Paris, et se manifestèrent dès la publication de sa première circulaire: l'esprit conservateur et l'esprit progressif. Quand il s'agit de clicher un texte et de le rendre pour longtemps immuable, les uns proposèrent la révision améliorée de Lausanne (1822) qui venait de paraître. Les autres, au contraire, firent adopter le texte vieilli et inexact d'Ostervald, et sans le dire, y substituèrent en beaucoup d'endroits celui de Martin, plus vieux encore, et qu'ils trouvaient plus orthodoxe. Les premiers tenaient à ce que les livres apocryphes continuassent à être joints aux livres canoniques; les seconds, au contraire, en vinrent à considérer la distribution des apocryphes comme une infidélité. Ces deux esprits agitaient aussi le comité de Londres, et la fraternelle et chrétienne largeur des premiers temps disparut, quand le second l'emporta sur le premier. En 1826, la Société anglaise modifia son règlement qui jusqu'alors avait autorisé la publication des livres apocryphes, et exclut de ses libéralités toutes les Sociétés qui ne renonceraient pas à imprimer ces livres. La Société de Paris ne voulut pas y renoncer, et, pour rétablir la paix dans son sein, elle imprima des Bibles avec les apocryphes et des Bibles sans les apocryphes, en laissant le choix aux lecteurs. Cependant, dès 1819, la Société de Londres avait confié à un membre de celle de Paris, M. Kieffer, un dépôt de Bibles et de Nouveaux Testaments destinés aux catho-

tiques. Grâce à rabaissement des prix, les agents de M. Kieffer en vendirent des quantités prodigieuses. En 1827, emportée par son aversion pour les apocryphes, la Société de Londres, entrant décidément dans le domaine de celle de Paris, adressa une circulaire à

tous les pasteurs de France, et, Tannée suivante, elle chargea M. Kieffer, qui appartint jusqu'à sa mort (1832) au comité de la Société biblique protest un te de Paru, de faire concurrence à cette Société, en distribuant aux protestants des' Bibles sans apocryphes. M. Kieffer n'était pas seul dans cette position fausse et intenable; plusieurs autres membres de la Société de Paris faisaient partie du comité qui dirigeait le dépôt de la Société de Londres. Dans ce dernier comité, où Ton ignorait absolument les difficultés budgétaires, les distributions de la pauvre Société, qui n'avait pas à sajdisposition des centaines de mille francs, étaient jugées mesquines. Aussi, après la révolution de 1830, qui permettait d'élargir la sphère d'action de la Société biblique protestante , M. Kieffer et ses amis voulurent l'obliger à modifier son règlement et à s'occuper aussi des catholiques. Le refus redoubla des tiraillements depuis longtemps inévitables, et lors des élections de 1833, chacun des deux partis vota pour exclure plusieurs membres de l'autre. Deux hommes du parti conservateur et des plus récemment entrés dans le comité ne furent pas réélus ; les autres donnèrent leur démission, et tous ensemble ils fondèrent la Société biblique française et étrangère, laquelle n'avait guère de nouveau que le nom, puisqu'elle existait sous le nom de dépôt depuis quatorze ans. Toutefois le dépôt continua d'exister à côté d'elle et sous les ordres directs de la Société britannique ; il existe encore aujourd'hui, et la France lui est redevable de la propagation de o millions d'exemplaires des livres saints. La Société biblique protestante fut grandement affaiblie par le schisme ; mais ayant trouvé le moyen de placer l'Ecriture sainte dans toutes les mains protestantes, en donnant gratuitement un Nouveau Testament à chaque catéchumène, lors de sa première communion, et une Bible à chaque couple qui reçoit la bénédiction nuptiale, elle poursuivit son œuvre circonscrite et en rapport avec la modicité de ses ressources, sans s'interdire du reste les distributions dans les écoles, les hôpitaux, les prisons, etc. Trente ans après le premier schisme, la lutte éclata de nouveau entre les amis du progrès et les partisans du statu quo, qui ne se défiaient pas moins qu'en 1822 des versions améliorées. La question biblique, posée en 1862 avec un grand éclat, fit oublier un moment les autres sujets qui divisaient le protestantisme français. Les fautes de tout genre de la révision d'Ostervald, ou plus exactement, de la révision qu'on imprime à tort sous son nom, ayant été signalées dans des brochures répandues à un grand nombre d'exemplaires, il devint impossible de les nier et même de garder le silence. Mais tandis que les uns disaient : Le devoir de la Société biblique est de publier 1rs meilleures versions possibles, les plus exactes, les plus françaises, c'est-à-dire actuellement, l'Ancien Testament de Perret-Gentil et les Nouveaux Testaments de Genève et d'Arnaud; les autres répondaient : ce o'es! pas la pluralité, mais l'unité de version qui est

désirable. Le premier qui a divulgué les fautes d'Ostervald a commis une mauvaise action. Ces fautes existent sans doute, bien qu'on en ait exagéré le nombre, et des corrections paraîtraient nécessaires; mais elles troubleraient la foi des simples, et il faut à tout prix éviter ce danger. D'ailleurs le Nouveau Testament de Genève est suspect au point de vue de la fidélité dogmatique, et nous nous opposons formellement à ce que la Société biblique publie aucune version nouvelle. Au fond, il s'agissait de savoir si la Société biblique (et avec elle l'Eglise réformée) était inféodée pour jamais à une Vulgate française, plus fautive encore que la Vulgate latine ; car, si un changement peut troubler aujourd'hui les âmes, il les troublera demain, après-demain, toujours, et s'il- suffit d'accuser une version d'infidélité sans ombre de preuve, pour qu'elle soit mise à l'index, toutes les versions nouvelles pourront être mises à l'index. Durant deux années, la majorité du comité recula devant une menace de démission réitérée parla minorité. Elle dut cependant, tout en sauvegardant la liberté de ceux qui préféraient Ostervald, faire droit au vœu des Eglises qui réclamaient les versions nouvelles. Les démissions ne se firent pas attendre (fin 1863), et une troisième société biblique fut fondée, sous le titre de Société biblique de France (1864). La Société biblique française et étrangère crut devoir s'effacer devant sa jeune sœur, et cessa d'exister (1865) après avoir distribué 750,000 volumes et dépensé 2,400,000 francs. La Société biblique, de France, qui rejette les apocryphes, semblait vouée, par son origine et par les principes qui lui avaient donné naissance, à la distribution d'Ostervald in œternum. Mais fort heureusement ses fondateurs furent eux-mêmes entrailles par le progrès. Ils s'étaient retirés de l'ancienne Société, parce qu'elle violait, disaient-ils, l'article 1er de son règlement, en imprimant des versions récentes ; et lorsqu'ils constituèrent une Société nouvelle, ils s'empressèrent d'abroger cet article, et d'y en substituer un qui leur permît de distribuer dans l'avenir d'autres versions que celles de Martin et d'Ostervald. En attendant, cette Société révise elle-même Ostervald et a déjà publié deux parties de sa révision : le Nouveau Testament et les Psaumes. Ses dépenses se sont élevées jusqu'ici à environ 402,000 francs, et ses distributions ont atteint le chiffre de 223,500 exemplaires, y compris des portions détachées de l'Ancien et du Nouveau Testament. Tardivement éclairée sur les dangers auxquels pouvait l'exposer encore l'article 1er de son règlement, l'ancienne Société l'a modifié et rendu aussi large que possible. 11 était ainsi conçu à l'origine : « La Société a pour but unique de répandre parmi les chrétiens protestants les saintes Ecritures,- sans notes ni commentaires, dans les versions reçues et en usage dans leurs Eglises. » Sa rédaction actuelle est la suivante : « La Société a pour but de répandre les saintes Ecritures parmi les chrétiens protestants, dans les versions demandées par leurs Eglises. » L'article correspondant du règlement de la nouvelle Société est différent : « Si la majorité des Eglises demande d'autres versions fidèles, celles-ci pourront être distribuées par la Société. » Ajoutons, pour finir, que , dans ses 57 années d'existence, la Société biblique protestante de Paris a

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dépensé 2,234,000 francs, ci mis en circulation 575,850 exemplaires de l'Ancien ef du Nouveau Testament. — /lis/, de lu Soc. bibliq. britanniq. et étrang.y traduite de l'anglais du rév. J. Owen, Paris, 1820, 2 vol. in-S°; La Bible pour tous pays, par Baxter et fils ; The history of the british and foreign Bible society..., by tlie George Browne, London, 1859, 2 vol. in-8°; Geschichte der Cansteirfsçken Bibelanstalt, von 0. Bertram, Halle, 1863, ln-89; Die Bibel und ihre Geschichte, von Albert Ostertag, Bâle, l« édit, !S(î3, in-12, ouvrage traduit en traînas par HUï Dufour, Paris, 1857, in-12; La bible et son histoire, etc., par L|ouis] N[apoléon] Rfoussel], Toulouse, 1861, in-12; La Bible en Fronce, etc.. par Emmanuel Pétavel, Paris, 1864, in-8°; Hist. de la Soc. bibliq. prot. de Paris, par 0. Douen, Paris, 1808, gr. in-8°; Sixtieth annual report of the american Bible society ; Seventy-second report of ihe british and foreign Bible society. 0. Douen. ■

BIBLIANDER, Buchmann (Théodore) [1507-15641, professa les langues orientales à Zurich, après la mort de Zwingle. Il se distinguait par une connaissance approfondie de l'hébreu et termina la traduction de la Bible commencée par Léon Juda. Partisan des idées d'Erasme, Bibliander combattit, non sans une certaine véhémence, la doctrine de la prédestination, professée à Zurich par Pierre Martyr dans toute sa rigueur. Son ouvrage le plus connu est Machumetis Saracenorum principis ejusque successorum vitai, doctrina ac ipse Alcoran, etc., Bâle, 1543, in-tol.|Il a laissé un grand nombre de manuscrits conservés dans la bibliothèque de Zurich.

BIBLIOGRAPHIE THÉOLOGIQUE. Les livres consacrés à l'indication, à l'analyse ou à la critique des ouvrages théologiques sont fort nombreux ; nous devons nous borner à indiquer les meilleurs et les plus récents, ou ceux plus anciens qui n'ont point encore été dépassés ou qui ont conservé une utilité réelle. Nous signalerons d'abord ceux qui se rapportent à la théologie prise dans son ensemble, puis les ouvrages consacrés aux diverses disciplines, en distinguant ceux qui suivent l'ordre systématique, utile surtout pour connaître ce qui a paru sur un sujet particulier, de ceux qui suivent l'ordre chronologique ou alphabétique des auteurs, destiné plutôt à trouver le titre exact d'un livre que l'on connaît ou les divers ouvrages d'un môme auteur.

I. THÉOLOGIE dans son ensemble.— 1° Bibliographie systématique. Parmi les divers ouvrages qui, sous la forme d'introduction à la théologie, d'histoire delà théologie, d'encyclopédie théologique, etc., donnent en même temps une grande place à l'indication des livres essentiels publiés dans chaque branche, nous mentionnerons G. -M. Pfaffius fntroductïo in historiam theologia • litterariam,^ éd.,Tubing., 1724-2G, :> vol. in-4d); J.-F. Buddeus (Isagoge historico-theologica ad theologia m universam, 2 éd., Lips., 1730, in-4°); G. Stolle (Anleiiung zur Historié der theol. Gelahrheit, Iena, 1739, in-4°) ; G.-J. Plank (Einkitung in die theol. Wis$enschaften% Leipz., 1794, 2 vol. in-8°) ; C.-F. Staeudlin (Gesch. d. theol. Wissensehàften, Gœtting., 1810-11, 2 vol. in-8°, et Lehrbuch d. theol. Encyclop. u. Méthodologie, llan., 1821) et, parmi les plus résents, tout particulièrement K.-K. Hagenbach (Encyktopœdie u. Me-

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thodologie der thel. Wissenschaften, 9e éd., Leipz., 1874, in-8<>). Quant aux ouvrages plus spécialement bibliographiques, J.-G. Walch [Bibliotheca theologica selecta, Iena, 1757-65, 4 vol. in-8°) occupe encore maintenant une place éminente par la netteté de son plan, la sûreté de ses indications et la masse de renseignements qu'il offre dans toutes les parties de la théologie; il n'a été dépassé depuis que par G.-B. Winer (Handbach der theol. Literatur, 3e éd., Leipz., 1838-40, 2 vol. in-8° et 1 supplém. en 1842), mais le plan de ce dernier exclut tout renseignement accessoire, sauf cependant les courtes notices biographiques réunies à la lin de l'ouvrage. Nous ne rappellerons que pour mémoire les ouvrages analogues de J.-O. Thiess (1795-97), D.-G. Niemeyer (1796- 1812, 4 vol.), J.-A. Nœsselt (1800), F.-L. Simon (1813), J.-S. Ersch (1822), W.-D. Fuhrmann (1818-36, 4 vol.). Le Dictionnaire de bibliographie catholique, par F. Pérennès (Montrouge, 1858-60, 4 vol. in-4°, faisant partie de la troisième Encyclopédie théol. de Migne), contient une masse énorme de titres, qui ne sont malheureusement pas toujours suffisamment exacts ni rangés dans un ordre commode. Pour la connaissance des ouvrages plus récents, la plupart des revues théologiques publient des comptes-rendus isolés d'ouvrages importants; mais, en dehors des revues purement bibliographiques, la Zeitschrift fur die gesammte lutherische Théologie u. Kirche (36e année, 1876, Leipz.) seule donne un compte-rendu d'ensemble sous le titre de : Allgemeine kritische Bibliographie der neuesten theol. Literatur. Le Theologische Jahresbericht de W. Hauck (Wiesbaden, 1865-75) a cessé de paraître et a fait place à la Theologische Literatur zeitung de E. Schûrer (Leipzig, 1876 et suiv.), à côté de laquelle se range pour la théologie catholique /e Theologische Literatur blatt de F. -H. Reusch (Bonn, 1866 et suiv.) ; la France n'a guère que la Bibliographie catholique (Paris, 1842 ss.) .qui n'est pas spécialement théologique. La simple indication des titres des ouvrages parus est fort bien donnée par le catalogue de la théologie protestante que publie deux fois par an, depuis 1848, la librairie Vandenhœck et Ruprecht à Gœttingen, sous le titre de Bibliotheca theologica (rédigé depuis 1867 par W. Mùldener) ; la Bibliotheca catholicotheologica n'a paru que pour l'année 1867. Les catalogues analogues publiés à Leipzig chez Hinrichs, 1870 et 1875, par E. Baldamus (Protestantische Théologie, 1865-69 et 1870-74; Kathol. Théologie, id.) embrassent chacun une période de cinq ans et s'en tiennent plus exclusivement aux ouvrages allemands. Toutes ces bibliographies systématiques sont terminées par des tables alphabétiques des auteurs. Abandonnant l'ordre systématique rigoureux pour ranger les divers ouvrages sous la rubrique alphabétique des sujets traités, M. Lipenius (Bibliotheca realis theologica, Francof., 1685, 2 vol. in-fol., terminée par une table dès auteurs) a donné un volumineux catalogue assez inexact; Danz (Universal- Wœrterbuch der theologischen, kirchen-u. religionsgeschicht lichen Literatur , Leipz., 1837-43, in-8°, avec un supplément, 1843) a suivi un plan analogue et peut rendre de bons offices ; il lui manque seulement une table des auteurs. — 2° Bibliographie par ordre d'auteurs. Les grands ouvrages consacrés aux auteurs ecclésiastiques par Possevin,

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Cave, Du Pin et son continuateur Goujet, Geillier.j Oudin, comme ceux moins volumineux de Trithème, de Miraeus, de Bellarmin continuë par Labbe et Du Saussay, d'OIearius, fournissent sur les auteurs anciens un grand nombre de renseignements plutôt littéraires que bibliographiques. Les bibliographies suivantes l'ont connaître les livres théologiques plus récents : Enslin (Bibliotheca theologica, 2e éd., Stuttg., 1833, in-S), qui indique les ouvrages protestants parus en Allemagne jusqu'en 1831, et Zuchold (Bibliotheca theologica, Gœttfng., 1864, 2 vol. in-8°), qui le continue pour la période de 1830 à 1862, tandis que l'ouvrage anonyme de M. Schmalhofer (Bûcherkunde dtr kath. t licol. Literatur bis 1836, Augsb., 1837, in-8°, avec des suppléments .intitulés Hatidbùchkin d. neuesten Literatur des /Calholizismus, Schaffhaus., 184044) rend des services analogues pour la théologie catholique; le Thésaurus librorum rei catholicœ (Wûrzbourg, 1848-50, 2 vol. in-8° et 1 supplément) embrasse l'ensemble des auteurs catholiques et joint dans son ordre alphabétique les écrivains aux sujets. traités. Darling (Cyclopxdia bibliogra/jhica, London, 1854, 2 vol. in-4°) s'occupe de toute la littérature théologique, mais n'est un peu complet que pour les auteurs anglais; il présente l'avantage de faire connaître le contenu détaillé de toutes les grandes collections et des ouvrages composés de dissertations détachées, comme aussi des sermonnaires qu'il indique. La place ne nous permet pas de rappeler les nombreuses bio-bibliographies théologiques consacrées aux auteurs de certaines époques ou de certaines contrées. — 3° Catalogues de bibliothèques particulières. Nous ne devons pas omettre les catalogues raisonnes que plusieurs théologiens allemands du siècle dernier ont donnés de leurs bibliothèques particulières, à cause des notices souvent très-développées et fort exactes qu'ils ont jointes à l'indication des titres : Jo. Fabricsus (Historia Bibliothecœ Fabricianae, Wolfenbùt., 1717-24, 6 vol. in-4°), dont l'ouvrage consciencieux, interrompu par sa mort, manque d'une table générale des matières ; J.-F. lieimmann (Catalogus bibliothecœ theologicœ systematico-criticus, Hildesiée, 1731, in-8°, avec un supplément. 1747); Mien. Lilienthal (/Jiblisch-Exeyetische Uibliothek., Kœnigsb., 1740; Theologische Uibliothek, 1741; Fortgesetzte Theologische Bibliot/n-k. 1744, en tout 30 fascicules in-8°, formant 3 vol.); S.-J. Baumgarten (Nachrichten von einer hallischen Bibliothek, Halle, 1748-51, 8 vol. in-8° ; Nachrichten von merkivùrdigen JJùchern, 1752-58, 12 vol. in-S0) ; ces deux ouvrages de Baumgarten, remarquables surtout par la précieuse collection de Bibles qui y est décrite et par l'exactitude des renseignements bibliographiques, sont terminés par des tables fort commodes sur l'ensemble des 20 volumes. J. -M. Francke est l'auteur du Catalogua Bibliothecœ Bunavianœ (Lips., 1750-50, 7 vol. in-4°), ouvrage malheureusement inachevé, qui ne présente point comme les précédents de renseignements autres que les titres, mais qui donne avec une scrupuleuse exactitude le contenu détaillé et systématiquement classé des ouvrages de cette belle collection (aujourd'hui à Dresde), particulièrement riche dans le domaine de L'histoire ecclésiastique el de la biographie. Nous joindrons encore L'indication de deux catalogues ii 19

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