BIDDLE — BIEN
pas longtemps tranquille; il le lit arrêter et mettre en prison. Ce dernier emprisonnement altéra profondément sa santé et il mourut en 1(302, à l'âge de quarante-sept ans. Ses adversaires eux-mêmes n'ont pu s'empêcher d'apprécier son grand savoir, la douceur de son caractère et l'austérité de ses mœurs. a. Gaey.
BIEL (Gabriel), qui, en Allemagne, fut le dernier nominaliste, de même que Jean Heynlin a Lapide fut le dernier réaliste, était originaire de Spire. Il lit ses études à Heidelberg, les continua depuis 1442 à Erfurt, remplit pendant quelque temps les fonctions de prédicateur à Mayence, devint prévôt du chapitre et conseiller du comte Eberhard de Wurtemberg. Quand celui-ci fondaruniversitédeTubingue,il y appela Biel comme professeur de théologie. Sur la lin de sa vie, le vieux savant se retira dans un couvent de chanoines réguliers de Saint-Augustin ; c'est là qu'il mourut en 1495. Dans son Collectorium ex Occamo super Ubros Sentcntiarum (Tubing. , 1495 et 1501 , in-f°), il expose le nominalisme d'Occam d'une manière habile et lucide. Outre quelques recueils de sermons (Sermones dominicales de tempore et de sanctis, Tubing., 1500, m-4° ; Haguenau, 1520, in-4°; Sermo seupotiustractatus dominiez passionis, Hag., 1520, in-4°), on a de lui une Canonis missœ expositîo resolutissima (Tubing., 1499, in-4°, et souvent), et un Epithoma expositionis canonis missœ (Spire, s. a., in-4°). Cette Exposition est moins un ouvrage de Biel lui-même qu'un résumé de leçons que maître Engelin de Brunswick avait faites à Mayence. On y rencontre quelques passages assez libres sur les abus du temps; l'auteur met en doute l'efficacité de certains sacrements, il place les conciles universels au-dessus de la papauté et prend la défense des canons de celui de Bàle. Attaqué à ce sujet, Biel se justifia par un Defensorium contra œmulos suos de obedientia sedis apostolicœ. Ch. Schmidt.
BIEN. Le bien est ce qui doit être, comme le mal est ce qui ne doit pas être. Pour quiconque croit en Dieu, le bien est donc la réalisation de la volonté de Dieu. En dehors et au-dessous de cette définition religieuse qui est seule complète, on trouve chez les penseurs et chez les moralistes des formules très diverses par lesquelles ils ont essayé de déterminer la nature et les conditions du bien, appelé, dans le langage philosophique, le souverain bien. Pour Platon, le bien ne fait qu'un avec le beau et le vrai et consiste essentiellement dans la ressemblance avec Dieu. L'effort pour imiter Dieu (qjioiuxnç ©sw xaià to Suvaxov) est, suivant Platon, la perfection de l'homme (Thcétète, Philèbe, la République). C'est aussi l'unique condition de son bonheur: « Le plus vertueux et le plus juste des hommes en est aussi le plus heureux ; le plus méchant et le plus injuste en est le plus malheureux » (Républ., IX). Aristote cherche le souverain bien dans l'utile, ou dans la somme des jouissances qui résultent du plein exercice de la raison. L'exercice parfait de la raison est pour lui la vertu et le bien, et réciproquement le bien est la perfection même de la raison. Le bien pour Epicure, c'est le plaisir ou le bien-être, un ensemble d'impressions agréables et l'absence de toute sensation comme de tout sentiment pénible. Si Epicure recommande à ses disciples ia recherche de la