BINGHAM — BITHYNIE
fut, à cette occasion, accusé (Tarianisme, de trithéisme, etc. Bingliam crut devoir céder à Forage et abandonna sa charge pour aller occuper la modeste cure de Headbourn-Worthy, dont le revenu de 100 livres sterling suffisait à peine à l'entretien de sa nombreuse famille. C'est là qu'il mourut en 1723.
BITAUBÉ (Paul-Jérémie), littérateur, petit-fils de Jérémie Bitaubé, un des premiers protestants qui, à la révocation de redit de Nantes, s'étaient réfugiés à Kœnigsberg et y avaient fondé d'importantes maisons de commerce. Né en cette ville, le 24 novembre 1732, il préféra le barreau au négoce et alla étudier à Francfort-sur-1'Oder, où son goù le porta bientôt, vers les travaux théologiques. 11 entra dans le ministère évangélique et prêcha à Berlin, non sans succès. Mais sa passion pour la Bible en avait engendré une plus forte encore pour Homère, qu'il se mit à traduire, sacrifiant tout à cette œuvre qu'il mit au jour en 1760, sous le titre cV Essai dJu?ie nouvelle traduction cï Homère (Berlin, in-8°). Cet essai ayant reçu à Paris un accueil très-favorable, Bitaubé fut admis, en 1766, dans l'Académie de Berlin. En 1780 il publia à Paris sa traduction complète de Y Iliade en 2 vol. in-8°, et en 1785 celle de Y Odyssée, en 3 vol. in-8°. Les deux poëmes réunis furent réimprimés en 1786, en 12 vol. in-12, avec de savantes annotations, et valurent à leur auteur, cette même année, le titre d'associé étranger de l'Académie des belles-lettres. Après avoir été d'abord l'objet d'une admiration un peu trop enthousiaste, l'œuvre de Bitaubé a continué à jouir assez longtemps d'une certaine estime. Bitaubé professait cette opinion que les prêtres ne peuvent être bien traduits qu'en prose, et, àl'appuide sa théorie, il composa un poëme en prose : Joseph (Paris, 1767), qui eut un véritable succès et fut traduit dans presque toutes les langues. Il entreprit un autre poëme sur la délivrance des Provinces-Unies : Guillaume de Nassau (Amst., 1773; Paris, 1775), qui fut achevé sous un autre titre: Les Bataves (Paris. 1798), œuvre où la raison et la froideur dominent. Bitaubé, devenu tout à fait Parisien, fut victime, en 1794, de nos troubles civils: arrêté et incarcéré comme suspect, il ne dut d'échapper à l'échafaucl qu'à la chute de Bobespierre. Quand l'Institut fut créé, il en fit partie, d'abord dans la classe de littérature et beauxarts, puis dans celle d'histoire et littérature anciennes. Membre de la Légion d'honneur dès la première fournée, il reçut de Napoléon, en 1807, une pension de 6,000 francs. Il mourut le 22 novembre 1808, accablé surtout de la douleur qu'il ressentait de la perte de sa femme. Ses œuvres complètes, publiées en 1804, en 9 vol. in -8°, ne comprennent pas un certain nombre d'opuscules qui avaient pourtant paru avant cette date et qui ne manquent pas d'intérêt pour l'histoire littéraire. Ch. Eead.
BITHYNIE, province de F Asie-Mineure, conquise par les Romains en l'an 75 avant Jésus-Christ. Couverte de montagnes boisées avec de gras pâturages dans les vallées, elle était, sous l'empereur Auguste, bornée au nord par la mer Noire, à l'est par la Paphlagonie, au sud par la Phrygie et la Mysie, à l'ouest par le Bosphore de Thrace, la Propontide et la Mysie (Pline, IL TV., 5, 40; Strabon, 12, p. 563;