BLONDEL
travaux d'érudition. Pour bien connaître Blonde] et se faire une idée exacte de son développement littéraire, il faut lire surtout Courcelles et des Marets; Courcelles, sympathique, forçant peut-être la note favorable (Stephanus CurceUseus, Prœfatio apologetica), et des Marets, qui décidément doit être regardé comme un adversaire (Maresius, Réfutatio prxfat. apolog.Curcellaneœ. Blonde! débuta dans la carrière littéraire bientôt après sa venue à Houdan. En I6i9 il publia son premier livre (Modeste déclaration de la sincérité et vérité (les Eglises réformées
France, Sedan, in-8°). Ce fut un brillant début, plein d'espérances qui ne tardèrent pas à se réaliser. Le livre était une réponse aux violentes invectives dirigées contre les protestants par trois ou quatre écrivains catholiques et en particulier par l'évèque de Lucon, si connu plus tard sous le nom de cardinal de Richelieu. La science et les succès de Blondel, les services par lui rendus à la cause attirèrent sur sa personne l'attention des protestants français, et il fut député à quatre synodes nationaux et eut des emplois d'honneur dans plus de vingt synodes provinciaux, surtout l'emploi de secrétaire. Des Marets insinue que cette charge lui fut donnée surtout à cause de sa belle écriture : proptèr calligraphiant factus est actuarius synodorum. Mauvaise et mesquine insinuation : ce qui mit Blondel aux premières places des synodes, ce fut l'estime dont il fut entouré par ses coreligionnaires. Les synodes honorèrent toujours ce savant et lui fournirent, autant qu'il était en eux, les moyens de travailler : et d'abord le synode national de Castres (1626), qui l'engagea à écrire pour la cause protestante et lui lit un don de [mille francs. Le livre important qui vit
jour à la suite de cette invitation fut, non pas une réfutation des Annales de Baronius (voir Bayle et Haag, France protestante), mais bien le fameux traité Pseudo-Jsidorus et Turrianus vapulantes ( Gen. , Chouet, 1628, in-4°) ; réfutation exacte, complète, achevée des Fausses Décrétales et des arguments qui avaient été avancés naguère par le jésuite espagnol François Torrès. En 1631, au synode de Çharenton, la province d'Anjou le demanda pour être professeur à Saumur, mais le comte de Roussy, François de La Rochefoucauld, s'y refusa, et il fut décidé qu'il resterait ministre de l'Eglise qui s'assemblait dans le château de ce seigneur. Il y resta jusqu'en 1644 (voir Bulle t. du Prot, franc., VIII, p. 428 et 454). En 1641 parait le fameux livre : Traité historique de la primauté en V Eglise, auquel les Annales ecclésiasttqttea du cardinal Baronius, les Controverses du cardinal Bellarmin , In réplique du cardinal du Perron sont confrontées avec la réponse du sérénùsime roy de la Grande-Bretagne, Genève, Chouet, in-fol. Ce livre ruine les prétentions ultramontaines, il est la réfutation complète et compendieuse des raisons avancées par les cardinaux susnommés pour établir la suprématie absolue de la papauté au détriment de l'autorité civile. Le synode national de Çharenton (1643) récompensa très-honorablement Blonde! en Le nommant professeur honoraire et en lui permettant de résider à Paris, pour la facilité de ses travaux, avec un traitement supplémentaire de mille livres. « Le synode voyant que le public avait tiré mie grande Utilité de ses ouvrages tous remplis d'èru-