‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 96 sur 263 · BLONDEL · texte numérisé non relu

BLONDEL

dition, et que pour les perfectionner il ne pourrait aller dans aucun autre lieu plus propre que Paris... Et on l'exhorta de publier ses livres de théologie et d'histoire, puisqu'on était persuadé qu'ils contribueraient beaucoup à l'édification des Eglises de Dieu... Et d'autant que chacun connaissait que ledit M. Blondel était très-habile, et qu'il avait de beaux talents, qu'il était surtout bien versé dans l'histoire de l'Eglise primitive, ce qui le faisait estimer beaucoup de toutes nos Eglises... » (Vingt-huitième synode national, tenu à Charenton, Aymon, t. XI, p. 692 et 693). — Les écrits de controverse historique et théologique se succédèrent en effet avec rapidité. Nous ne signalons que les plus célèbres : Apologia pro sententia Hieronymi de episcopis et presbyteris, Amst., 1646, in-4°, traité dans lequel Blondel expose que dans la primitive Eglise les mots de prêtre et d'évêque désignaient les mêmes fonctions. Familier éclaircissement de la question si une femme a été assise au siège papal de Borne entre Léon IV et Benoist III , Amst.,

1647, in-8°. Ce traité ruine absolument la légende de la papesse Jeanne. Des protestants en voulurent à l'auteur d'avoir rendu ce service aux catholiques. Grand bruit autour de ce traité (voir Courcelles et des Marets); l'histoire de cette controverse est très-amplement racontée dans Bayle. De jure plebis in regimine ecclesiastico dissertation Paris,

1648. Le peuple chrétien a le droit de se mêler des affaires ecclésiastiques, et, en fait, il s'en est mêlé pendant les premiers siècles. Des Sibylles célébrées tant par V antiquité payenne que par les saincts Pères, Charenton, Périer, 1649, in-4°. L'auteur montre la fausseté des oracles sibyllins, explique comment les Pères ont cru pouvoir s'en servir pour le triomphe d'une bonne cause, et réfute diverses erreurs, en particulier les prières pour les morts. Oomminatorium de fulmine nuper Esquiliis vibrato, 1651, Amst., sous le pseudonyme d'Amand Flavien, est un traité adressé aux princes et aux peuples en faveur de la liberté de conscience, contre la bulle lancée par Innocent X contre le traité de Westphalie. Blondel passa les dernières années de sa vie en Hollande : elles ne furent pas heureuses. A la mort de Vossius, il fut appelé à Amsterdam comme professeur d'histoire; il s'y rendit en 1650. Le climat humide et l'excès de travail le rendirent aveugle : des chagrins sérieux hâtèrent sa fin. Il fut accusé d'arminianisme et fortement inquiété. 11 est déplorable de voir comment la vie fut rendue amère à certains esprits indépendants et graves, qu'on accusait d'hérésie. Assurément Blondel penchait du côté de l'arminianisme. 11 publia, en Hollande, ses « Actes authentiques des Eglises réformées de France, Germanie, touchant la paix et charité fraternelles que tous les serviteurs de Dieu doivent saintement entretenir avec les protestants qui ont quelque diversité, soit d'expression, soit de méthode, soit même de sentiment, rassemblés pour la consolation et confirmation des âmes pieuses et pour l'instruction de la postérité, » Amst., in-4°. Dans ce livre il ne cache pas ses préférences pour la doctrine plus large de l'arminianisme; il blâme la conduite de Dumoulin et de Rivet, dans les synodes, à l'endroit des sévérités dogmatiques contre Amyraut (voir la lettre de Blondel à Philippe Vincent, Bull, du Prot. franc.,

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