BLUMHARDT - BOCHART
de l'Afrique occidentale (Côte d'Or et Libéria) et sur les Indes orientales, en maintenant le lien sympathique qui l'avait unie, dès le début, à la Société de Londres. De grands efforts pour centraliser, entre les mains d'une Société unique, l'œuvre missionnaire des pays de langue allemande demeurèrent infructueux. Pour nourrir l'intérêt et le zèle en faveur des missions, Blumhardt publia une traduction des Christian Researches in Asia de Buchanan (Bàle, 1813) et un Essai d'une histoire générale des missions (1828-1837, 3 vol.). Caractère ferme et esprit conciliant, joignant une remarquable sagesse à une activité prodigieuse, Blumhardt présente un des types les plusbeaux et les mieux équilibrés du christianisme évangélique (voy. l'article du docteur Ostertag, dans la' Real-EncykL de Herzog).
BOCHART (René), pasteur de l'église de Rouen, était fils d'Etienne Bochart, sieur du Ménillet, qui fut successivement avocat général à la chambre des comptes et conseiller au parlement de Paris. Né en 1560, il se destina au ministère évangélique. Obligé de se réfugier en Angleterre durant les guerres de la Ligue, il s'y lia avec Pierre du Moulin, dont il épousa la sœur en 1595. On le trouve pasteur à Dieppe, en 1595, puis à Pontorson ; enfin, en 1594, à Rouen, où l'exercice public n'était pas encore permis : il ne fut autorisé qu'en 1599, au village de Dieppedale d'abord, puis, sur les plaintes que cette désignation avait soulevées, on le transféra au Grand-Quévilly. C'est là que fut élevé, par le charpentier Gigonday, sur les plans de Nicolas Genevois, le fameux temple qui pouvait contenir commodément 7 à 8,000 fidèles et qui fut renommé comme un des plus curieux et des plus hardis qu'il y eût en France.
BOCHART (Samuel), savant théologien protestant, naquit à Rouen le 30 mai 1599, de René Bochart, et d'Esther du Moulin, fille de Joachim du Moulin, pasteur à Orléans, et sœur du célèbre Pierre du Moulin. A l'âge de douze ans, il fut envoyé à Paris auprès de son oncle, qui le confia aux soins de Thomas Dempster. Après avoir fait sa philosophie à Sedan et sa théologie à Saumur, il accompagna Jean Caméron en Angleterre, passa quelque temps à Oxford et se rendit ensuite à Leyde, où il profita des leçons d'Erpénius pour se perfectionner dans la connaissance de la langue arabe. A son retour en France, il fut nommé pasteur à Caen. En travaillant à une série de sermons sur la Genèse (publiés après sa mort, à Amsterdam, 1705-1711, 3 vol. in-12), il fut conduit à faire sur les temps primitifs des recherches auxquelles il consacra vingt années d'études et dont il donna les résultats dans un grand ouvrage intitulé : Géographie sacrée parsprior : Plialeg seu de dispersione gentium et terrarum divisione facta in xdificatione turris Babel, et pars altéra : Chanaan seu de coloniis et sermone Phœnicum, Cadomi, 1646, in-fol. ; 2e édition, Caen, 1651, in-fol.,et 3e, Francof.,1681,in-4°. La première partie est une explication ingénieuse du Xe chapitre de la Genèse. Là où on n'avait vu jusqu'alors que des généalogies de familles, Bochart crut trouver le tableau des généalogies des peuples qui se sont répandus sur la surface de la terre, et qu'il tenait,, avec tous ses contemporains, pour les descendants de Noé. En établis-