ZURICH
Zurich .•.mi|.t;iit. ;m I e-- «l.'.-ombrp IH8(I. :28:j,i;{i iirô!o>tants. :i0.2î)S catl»oli<jUfs, 8<.)G i?rat-litos e( li.XiH adhérents d aulros cuites. — EiitiVî dès 1351 dans la ligue des preuiiers cantons suisses, Zurich a joué ua rôle de première importance dans l'histoire religieuse du protestant tisme. Centre de la réforme iwinglienne, il est resté Tune des capitales théologiques et religieuses de ceux qui se rattachent à cette forme da protestantisme. Aujourd'hui, si les swingliens ne vont plus chercher leurs inspirations à Zurich, ils ont emporté | artout où leur doctrine s'est répandue quelque chose du caractère zurichois. Aujourd'hui encore, 1p canton, malgré le temps et les révolutions, a conservé beaucoup, sinon de ses anciennes institutions, du moins de son ancien caractère, — Les principes ^^éuéraux du droit ecclésiastique cantonal sont consignés dans la con-lilution du 18 avril 18G9, articles G3 et 64, dont voici les principales dispositions : « La liberté des croyances, du culte et de la doctrine est garantie. Les droits et les devoirs civiques sont indépendants des croyances religieuses. Aucune contrainte ne poum être exercée sur les communautés, les associations ni les individus. L'Eglise nationale évangélique et les autres associations religieuses règfent elles-mêmes, sous la haute sur\*eillance de l'Ktat, les alTaires intérieures de leur culte. L'organisation de l'Eglise nationale évangélique est fixée par la loi. sans qu'il puisse être porté atteinte à la liberté de conscience. L'Etat accepte d'une manière générale la charge «ie pourvoir, comme par le passé, au.x besoins de l'Eglise. Les paroisses élisent leurs pasteurs ; l'Etat pourvoit à leur traitement. Les ecclésiastiques des associations religieuses salariées par l'Etat sont soumis tous les six ans à la réélection. » — L'Eglise réformée de Zurich se divise en 11 chapitres et 160 paroisses. Elle possède trois ordres d'autorités: centrales, de district et paroissiales. Les autorités centniles sont l'anlistes, le synode et le conseil d'Eglise. L'antistes. chef du clergé zurichois, est élu par le grand conseil sur une liste de trois candidats pn'*sentés par le synode. Le synode, dont l'antistes est [«résident de droit, se compose (le tous les membres, titulaires et auxiliaires, du cjeru'é réformé <lu canton. La loi ecclésiastique du août 1801 deliuit d'une manière assez vague les attributions de ce corps, en disant qu'il est chargé de « veiller aux intérêts de l'Eglise nationale. » Il prend des décisions sur toutes les matières purement ecclésiastiques et adresse sa gouvernement des avis et des vœux sur les matières d*un caractère mixte. Le conseil d'Eglise est le pouvoir exécutifdu gouvernement ecclésiastique zurichois. Il se compose de 7 membres : l'antistes, président «le droit, 2 ecclésiastiques élus parle synode et l laïfjues élus par le graud conseil. — Les autorités de district sont le doyen, le chapitre, composé de tous les ecclésiastiijues résidant dans le district, le conseil di' ilirtrit't, composé du doyen président, d'un pasteur délégué du chapitre et de 3 membres, dont au moins 2 élus par i assemblée des électeurs réformés du canton. — Enfin les autorités paroissides sont le pasteur, ressemblée de paroisse et le conseil de paroisse, composé du pasteur et de 5 laïques au moins élus par l'assemblée. — Los pasteurs zurichois font leurs études à lu faculté de théologie de l'université de Zurich. — Im
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catholiques du canton se' divisent en catholiques romains et en vieux catholiques. Ces derniers ont à Zurich et à Winterthur des communautés assez importantes. Les catholiques romains sont répartis en \ [taloisses. Ils étaient autrefois rattachés au diocèse de Constance. Depuis la suppression de cet ancien évéché. ils avaient été placés à titre provisoire sous la juridiction de l'évéqiie de Coire. Des difficultés survenues entre ce pn'lat et le gouvernement zurichois ont amené, en 187,"). la dissolutidii de ce lien, qu'aucun autre n'a encore remplacé. — BiMiograpliie: Staafska/cnder d. K. Zurich, ISSJ ; (îareis et Zorn, Sidni mdK'irche 'm dcr Schwciz, 1877-1878, t. I, p. iOa-23(); G. Finsler, Kirehi, Statistik der réf. SchweiZy 1850, p. 3G-8o ; B. Higgenbach, Tùickenbuch fur die schweixer, ref, GeMkkmy 1876-1881, etc.
E. VAirciiBR.
ZWI6KAU (Les prophètes de}. Voyez luther» ZWIGKER (Daniel). Voyez AntitrmUairef,
ZWINGLI (Ulric), le plus célèbre des réformateurs suisses. — L Sa vie. U naquit le l*''" janvier 1 48 i, à Wildhaus, village alpestre dans l'ancien conité (leToggenbourg,aupied duSœutis.La famille des Zwingli, dont Thumble chalet existe encore, était estimée dans le pays par sa piété, sa vie simple et laborieuse, ses mœurs austères. Les parents d'I'lric, l'ammaii, le premier magistrat de Wildhaus, et Marguerite Meili, sœur de l'ablié de Fischingen, jouissaient d'une certaine aisance, maii^^ré leurs dix enfants, buit fils et deux filles. Au grand air d(î.s hautes Alpes, l'Ame \\\\ petit berger était de bonne heure iuiprégiiée des sentiments de loyauté, de liberté et de patriotisme qui formaient le meilleur patrimoine de ces montagnards fiers et indépendants. Les rudes travaux du pâturage et les intimes joies du foyer domestique, relevées par le récit des légendes populaires et les chants patriotiques, remplissaient le cadre pittoresque de cette heureuse vie patriarcale. L'onde paternel du jeune Ulric, Barthélémy Zwingli, pasteur-doyen de Wcscn, voulant développer ses talents précoces, s'occupa avec un grand zèle de son éducation, et, le destinant à la prêtrise, l'envoya à Bàle, dans l'école élémentaire de Georges Binzli, l'excellent instituteur de la paroisse de Saint-Théodore, l.'lric, àgi' seulement de dix ans, eut bientôt devancé ses condisci[>les et passa à HiTue, sous la direction du pieux et savant chanoine Lu[)iilus pm-te et latiniste distin^nié, <jui l'initia à la eonnaissanc»' de ranti(jui(é classique. Ce digne mailre survécut à son illustre él»'ve et composa en son honueur deux épita()lies en vers latins. Les dominicains, (jui, dix ans après, s'attirèrent la haine et le mépris des Bernois par leurs honteuses nipercheries dans l'affaire Jetzer (voy. Merle d'Aubigué, // /., II, 40i], aoiaient bien voulu gagner pour leur couvent Tintelligent élève de Lnpalus, dont ils comptaient utiliser le grand talent musical; heureusement» le prévoyant oncle d'Ulric, de concert avec le père de celUt-ei, apprenant ces intrigues monacales, se hâta d'éloigner son protégé et renvoya à Tuoiversité de Vienne, pour y étudier la philosophie (1-499). — Sous le nom latinisé de Cofjenfius^ le jeune étudiant, ardent au travail, cultiva avec snCCès, pendant plus de deux ans, la dialectijjue et la rhétorique et aiguisa son vif esprit dans le commerce de jeunes gens stu-
(lieux, entre autres Henri Lorit, de Mollis {Glareanm),]t'<: fri'res Conrad et Léopold Grebel, (le Zuricli. et les Soual»es I:ck et Faher. Ces d» ux derniers devinrent, dnns la suite, ses ennemis iniplacaldes. Joachiiii de W mil {Vadtduus], plus tard bourgmestre de Saint-Gall. l'nn des plus z«3i«'s propagateurs de la Uéforme eu Suisse, l'ami dévour du réformateur et le chroniqueur érudit de labbaye de Saint-Gall, n'a pas encore connu Zwingli à l'uniTersité de Vieiine, comme on l'admet généralement. Vadian n'arriva à Vienne qu'en octobre 15(t2 (voy. ABchbach, Gesch. der Wien. Univ., 1877, II, p. 393); or, notre jeune étudiant, âgé de dix-huit ans, revint dès avril de cette annéeàBAIe, où, enseignant lui-même le latin comme régent de l'école de Saint-Martin, il continua ses /'ttides littéraires, philosophiques et tliéolof]^iques. Il suivait avee prt''(liit\lion les leçons instructives et édiliautes du professeur Thomas Wyttenliacli, de liienne, (jiii, aliandonnaut les arides subtilités des docteurs scolastiques, ramenait ses disciples à la simple vérité évangélique et aux sources pures de lu parole de Dieu. « Le temps n'est pas loin, disait ce pieux précurseur de la Réforme, où la théologie scolasUque sera abolie, et l'ancienne doctrine de l'Eglise restaurée. Le célibat des prêtres est une institution funeste, antibiblique et contre nature; les indulgences ne sont que du cbarlatanisme : la mort du Christ est la seule rançon de nos âmes. » Le cœur avide de vérité de Zwiugli trouvait là les semences pn'cieuses d'une vie nouvelle ; il les reçut avec la plus vive # reconnaissance. Léon Jnd, fils d'un cur<' de Uiheauvillé l Al-ace). se Ha avec Zwingli par les liens de la plus tendre aiiiilit'. parta^^eaut avec lui ses études, ses récréations et surtout son goût pour la niusiiiuc et son antipathie contre la scolastique; il devint son meilleur collègue à Zurich et Tun des plus fidèles continuateurs de son œuvre réformatrice. — Dans plusieurs passages de ses écrits, Zwingli cite Wyttenbach comme le maître auquel il doit le plus ; et Léon Jud [Préface des Notes exéj, de Z^iïfï^x 9ur le Nouveau Teslnment^Zvx., 1530) adresse les paroles suivantes au magistrat et à la bourgeoisie de la ville de Dienne que W'yttenlmch avait amenée à l'Evangile : <• C'est de votre cité qu'est sorti le célMire docteur Tiiomas Wyttenbach, homme adiuiraldeuieut verse dans toutes les connaissances, un vrai phénix de la science, f/esl k lui que Zwingli et moi, pendaut notre séjour commun à Bàle, vers lo05, avons dù notre éducation. Cet homme supérieur ne nous a pas seulement instruits dans les lettres classiques, mais il nous a ouvert les trésors de TEeriture sainte. Doué d*uoe grande éloquence et d*uD esprit pénétrant et prophétique, notre hien-aimé maître nous a révélé des vérités que d'autres n'ont proclamées que bien plus tard. Il nous a prévenus contre les abus de l'Eglise romaine et les indulgences papales, qui pendant des siècles avaient dupé le monde crédule. Cet houime fut \^ source où nous avons puisé tout ce ijue nnus possédons en l'ait de science solide : c'est à lui que nous devons tout. C'est lui qui jeta dans l'Ame de Zwingli les seuiences de la vraie religion et qui le poussa à ne s'en tenir qu a l'Ecriture sainte, en rompant avec toutes les absurdités sophistiques. » Quand, plus tard, le vénérable professeur, occupant des postes ecclésiastiques à Berne et à Sienne, Regrettait avec Zwingli les années
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qu'il avait fait perdre à ses étudiants dans de vaines discussions dogmatiipies, son ancien disciple le consolait en lui disant : « Ce n'était pas votre faute, mais celle de notre temps : de nouvelles générations, instruite» par notre exemple, suivront une voie plus courte pour parvenir
à la vérité! » Dans le cercle des amis de Z\vin<;li à Hâle se trouvait aussi Capiton, qui devint le collaborateur de liucer à Strasbourg. — Muni du grade de bacheli<'r <'t de celui <le maître es arts, ayant reçu la prêtrise parrévéquede Coustiince, ayant prononcé son premier sermon à llapperswyl, sur le lac de Zurich, et célébré sa première messe à Wildbaus, le jeune théologien, âgé de vingt-deux ans, se rendit (1506) à GlariSy où les suffiràges de la paroisse Tavaient appelé comme curé, en dépit de son concurrent Henri Goldli, palefrenier du pape, bénéficier du saint^iège, muni d*un bref pontifical (jui devait lui assurer cette place importante. Nous remarquons que, dès le début de sa carrière pastorale, Zwingli eut roccasion de connaître par expérience les abus et les menées politi(jues du siège de Rome, dont il ne sora lui-iiiriiip jamais le courtisan, mais qu'il IraittTa d'ab(»rd avec beaucoup de réserve, et dont il acceptera assez buigtemps les disliuctions les plus llatteuses. — Malgré sa grande jeunesse, le pasteur de Glaris s'appliqua avec le plus grand sérieux aux devoirs de son ministère, et sut bientôt s^attirer TaflÎBCtion de ses paroissiens et de ses collègues par son fëlci son dévouement, sa culture littéraire et scientifique, et surtout par sa candeur, sa véracité et son amabilité. Outre l'étude des Pères et de TEcriture sainte, il poursuivait avec ardeur la lecture des auteurs classiques, grecs et latins-, dont il apprenait par cœur les plus beaux passages. r)(>s 1513, le grec devint sa langue favorite et exerça sur son esprit une grande influence en lui communiquant celte mesure, cette souplesse lucide, et ce sel attique qui distingiu* la plupart de ses écrits. Mais Tétude de la Bible passait toujours en première ligne ; il s'adressait de plus en plus directement au texte, même, en y ajoutant en marge des extraits des meilleurs commentateurs, et surtout d'Erasme.pour lequel il conçut tout d'abord le plus pur enthousiasme littéraire et avec lequel il entra en correspondance dès 151 i. En 1515, il n'alla à Bé^e que pour voir le célèbre chef des humanistes, dont la société le ravit. — Il ne laissa pas inaperçus les écrits deWiclef et de lluss, ainsi que ceux des plus fameux sectaires et mystiques du moyen âge, s'assinulant librement ce qu'ils pouvaient renfermer de vrai et d'utib'. f)n a beaucoup exa;::éré (Sigwarf . Ztrinr/li] l'intluence qu'a dù exercer sur Zwingli le littérateur polyglotte duquinllèoie siècle, Jean Pic de la Mirandole, dont le néoplatonisme i'antastique et panthéiste ne pouvait pas être dangereux pour un esprit aussi positivement monothéiste que Zwingli. Il ne parait non plus que Tauler et les autres mystiques aient trouvé dans Zwingli un disciple aussi fervent que Luther. — Quoi qu'il en soit, les collègues du jeune pasteur érudit voyaient peu à peu de mauvais œil qu'il s'occupait avec tant de sansgène d'auteurs réputés hérétiques. Ils n'approuvaient pas non plus ses f'ouniLTeuses prédications dans lesijuelles il n'attaquait pas seulement les vices des grands et des petits, des riches et des pauvres, mais où les miracles des saints, l'adoration des reliques, les rites et les cérémonies de
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l'Eglise romaine, les processions et les pèlerinages ne jouaient presque aucun Tùh, Zwingli se consolait de ces méfiances et de cc?^ calomnies en suivant loyalomont la voie qu'il s'était tracée et en s'attachanl de cœur à un groupe de jeunes gens qu'il réunissait dans.sa maison pour leur inspirer le noble amour pour la patrie, pour les sciences et pour !• » lettres dont lui-mAïuc t'Iait aniin»', et parmi lesquels nous noniiiuToiiri <loux frères de Zwingli. André et Jacques ; Valentin Tscliudi, qui devint <ud successeur à (ilaris ; Jacques Heer, sou vicaire ; les trois f^ère^ Lewis. Pierr»' et E^ide Tschudi lo célèln-e chroniqueur suisse ; Guill.iunie Nesen, Haltliasar Eluier; Friiioliu el l*hili|»[»e Hrunnor. Ces l>ravo^ jemies gens, ilevenus |»lus tard des pasteur», des littérateurs ou des hommes d'Etat dans leur patrie, trouvaient en Zwingli un mettre distingué, un guide paternel, un conseiller sûr pour leurs mœurs et pour leurs études, qui les suivait au sein de leurs familles, et dans leurs séjours aux diverses universités, à Paris, à Bàle, à Vienne. Méine ceux de ces élèves qui refusèrent d'adhérer à la Réforme ne furent jamais ingrats et restèrent avec leur maître vénéré dans les relations les plus amicales. — sainte Ecriture n'était pas pour Zwingli un objet de pyres recherches exé^rétiquès. mais avant tout une source de liniiièn'. de paix, de salut et de sanctification. Le jeune prêtre était expo»»* aux plus grandes tentations au milieu d'un elertré i;j:norant et corrompu, et d'une population rongée par la plaie hideuse des pcn^it'iis et des guen es étrangères, amenant à leur ?>uite toutes espèces de vicias et de <lissolution>. Zwingli lutta énergiquement pour conserver cette caudeur, cette véracité, celte pureté d àme qui formaient déjà comme le fond résistaut de son noble caractère: mais, il en fait Taveu sincèredans une lettre adressée au chanoine Uttingcr, de Zurich, les séductions de la jeunesse ne furent pas sans exercer quelque empire sur son âme inexpérimentée. Un profond repentir, des prières ferventes et Tétode de la parole de Pieu le préservèrent de tomber dans l'abîme. Sic n'i'trentia purloris, imprhnis auiem offieti divini^ pef'petuo ravit (Osw. Myconius, VitaZw. . — N<uis ne pouvons pas noter dans le dével«tpp<'ment moral et religieux de Zwingli de ces grands moments dramatiques qui nous frappent el nous enlf'vent dans la vie du moine d'Eifurt: il y a bien ici des crises et des luttes niorales, mais ( lies ne sont pas aigucs; l'Ame de Zwingli les traverse sans que sa sérénité en soit atteinte; liaiis son caractère, comme dans son a*uvre. il y a quelque chose de Iraoc, de «Mime, de mesuré, de progressif et de <'onsé(juent qui exclut les crises profondes et les réactions vioh ntes. — Zwingli décrit lui-même son état religieux à cette époque : u II y a huit ou neuf ans (dit-il en 1883). j*ai été amené à cette ferme conviction qu il n*y a qu*un seul médiateur entre Dieu et nous, à savoir Christ. J*ai lu alors une belle et touchante poésie latine du savant Erasme de Rotterdam, dans laquelle Jésus le plaint de ce qu'on ne cherche pas tout secours en lui seul, l'i^^n qu'il soit la source de tout bien, l'unique Sauveur, la consolation et le Uésor des âmes. Alors j'ai pensé : Eh bien, s'il en est ainsi, pourquoi chercherais-je mon secours auprès de la créature? Et, malgré le* autres hymnes du même Erasme adressées à sainte Anne et à d'autres, je
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pas pu me détacher de cette idée que Jésus-Christ est Tunique trésor dé notre paum âme. Dès Ion j'ai examiné soigneusement k sainte Ecriture et les Pères pour y trouver un enseigp:iement précis sur Tinter* cession des saints ; et je n*y ai rien trouvé à ce sujet. » — Mais ce n'étaleot pas uniquement les questions théologiques qui préoccupaient le sélé pasteur de Claris. Son cœur de patriote était navré des conséqueoces funestes qu'entraînaient les guerres mercenaires. Les Suisses, qui avaient vaillamment acquis leur indépendance, s'en allaient folle- , ment verser leur sang sur les champs de bataille de Tltalie, à la solde de princes .'tr.ingers et à la merci de toutes les fluctuations polifitiues du commencement du seizit-me siècle. Par devoir pastoral, et d apn'S les usages du temps. Zwingli suivit deux t'ois en Italie la Immiit rc de Glaris. Les ronfedt'rés, joints aux Vénitiens, forcèrent les Fram ais d'évacuer le Milanais et rentrèrent avec de magniii(iues trophées et les riches présents du pape Jules II, que Thabileet puissant Schinncr, cardmal-évéque de Sion, confla à Zwingli pour qu'U les distribuât luimême aux soldats victorieux. Les Suisses reçurent le titra de « défcnsears de TËglise, » et le pasteur de Glaris, qui jouissait déjà d*une peosion annuelle de cinquante florins, fut comblé d*éloge8 et de flatteries de la part du saint-siège. Trois ans après, sous Léon X, nous retrouvons Zwingli à Monza, près de Milaa, haranguant les troupes laisses qui étaient restées fidèles à la cause du saint-père, tandis que les autres confédérés étaient rentrés dans leurs foyers: TaumAnier les exhorta à remplir leurs devoirs avec courage et aver prudence, mais ses «onseils ne purent em[)érher le <lésa<tre de Marignan (lolo). — Revenu à Glari«i, Zwingli rédigea une notice détaillée sur ces guerres italienne? au\i[u»'lles il n'avait pris part qu'à contre-cœur, mais qui avaient cependant élargi son expérience des hommes et des choses. Il adressa ce premier écrit, qui d'ailleurs est sans valeur littéraire, à son ami Yadian de Saint-Gall (iSf. Zw, ad Vadianum, de Gestis inter Gallos et Eêlvedos ad Bavennam, Papiam et alia loca^ Kpistola). La défaite des Suisses à Marignan accrut Tinflucnce du parti français, qui était très nombreux dans la ville de Glaris. Travailler à la régénération monte de la Confédération par l'abolition des capitulations et des guerres mercenaires : telle devint dès lors la préoccupation dominante de Zwingli, son delenda Carthago ; c'est cette idée patriotique qui, en s'alliant t rid»'e religieuse, devait préparer pour une grande part la Uéfornie en Suisse. — Deux poèmes de Zwingli, en langue allemande, dans le goût des lounls fabliaux du moyen àiie, composés à cette époque, renferment des pa<-ages d'une forte sève morale et chrétienne, et d'une certaine originalité. L'un, le fjifnjrint montre, sous des allégories mythologiques plus ou moins transparentes, la décadence morale, religieuse et sociale do la patrie suisse, dont les meilleurs fils sont vendus à l'étranger conime de la viande de. boucherie ; Thésée, le héros libérateur, veut sauver le pays en frappant le Minotaure, en dépit des ennemis, la France, TEspagne, Tltalie, TRnipire. « Ainsi maintenant, s'toie le poète indigné, les hommes errent dans un labyrinthe ; mais étant sans fil, ils ne peuvent regagner la lumière. On ne trouve plus
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nulle part Timitation de Jésus-Christ. Un peu de vaine gloire nom Cùt exposer notre vie, maltraiter notre prochain, nous lancer dans les rixei
et les combats : on dirait des furies échappées dos gouffres de l'enfer. Le monde est rempli de tromperies et d'artifices. I^>in il'cMro dos chrétiens, nous sommes devenus des païens; quelle honte! Le plus habile au meurtre et à la délciuche est répnt<^ un homme couratrfux; où voyez-vous la doctrine rluVticuiip? >. f.S'o ist die Writ j»'lzt vnlhr Tnn} und Lixty — Dasx fn'r, mu (Jhrisd JJildnuss fern, — ScInnnrhvolU ah f/f'idr/i uns hpir;rhrn! . Coninje Thésée, dit h ce pro[»os un l)io<;raphe (F, Naef, Ilist. de la ///'/'.). Zwingli se d«'voua plus tard. 11 prouva ain<i que ces poèiiu s de sa jeunesse n'étaient pas un produit de l'imaginatioû seulement, mais du cœur. Dans le poème satirique Du Bœuf et de quelques autres animaux, que Zwingli résuma lui-même dans une centaine d'hexamètres latins, la situation morale et politique des confédérés est encore mieux précisée et les résultats déplorahles des capitulations sont énergiquement représentés dans toute leur laideur. — La longue station de Glaris fut donc pourZwingli une prépamtion utile à sa lâche de réformateur. Mais cette préparation fut plut(M politique et intellectuelle que religieuse, et rien n'indi que que déjà alors le pasteur consciencieux et Tenthousiaste ami des hutres songeât h attaquer l'Eglise romain^. Il s'occupait avor uno »''gale ardeur des étudfs ltil>liqup? et dps t'tudps ciassi(jues. et ce dévcloppoinont parallèle et harmonicjue foriiH' un «les tniits di^îtinclifs de stui esprit libre et largem<'nt ouvert au vrai, au beau et au bien qu'il c<»nsi(lérait, d'après Platon, comme une triple manilestation de la divinité. Sa ciuTespondance, à cette époque, est pres<pie exclusivement littéraire : dans les dernières armées de sa vie elle deviendra toutf religieuse et politique j^Zw, Opp,, VU et VIII). — Il demande è sm amis les livres sortant dies presses de BAle, de Paris, de Lyon, de l'Aile magne, de Tltalie. Il applique à toutes ses lectures un vif esprit d'enmen et une sagacité remarqual)le : « Dans les meiUeurs auteurs, dit-il, je trouve à blâmer; dans les plus mauvais, je trouve à apprendre. «H caractérise les grands génies de l'antiquité d'une manière souvent frappante : tt Platon a bu à la source sacrée ; mais, quelque admiration que j'aie pour Sii richesse, sa splendeur et son ampleur, j*apprécie aussi U finesse d'Aristote. sa rlartéet son érudition. Sén^(Iue est le laboureurdw ûiues [nr/rii o/a unimtinnn). Dans le ( /itilina de Salluste. nu apprend àcnDnaître l'audaec. Ie> hrigues et la corruption «les ;'rands ; dans sonJugurtha. on voit ce que peut h vénalité et ce ({u'oscnt les hommes acheté» à prix d'argent. Valère Maxime est très recommandable à cause desl>eaux exemples qu'il cite; les Vies de Plutarque sont au premier rang de^ livres à étudier. » Il parle de a ce vaste fleuve » des Histoires de Tite-Uve; il annote Homère, Gicéron, Démostbène, et commente Lucien. — Il écrira (en 1526) une belle pré&ce pour l'édition de Pindare par G^porin et Cratander, où nous lisons cet éloge enthousiaste : « Qui saurait diie si le génie de Pindare fut plus savant ou plus saint ? Sous Tapparente idolâtrie de l'art et de la pensée, Pindare jette les éclairs les plus extraordinaires et les plus divins oracles. Sa droiture est sans égale ; sa pureté, telle qu'on cherche en vain dans ses poésies une expression las-
cive. Personne plus que lui n'eut un cœur incorruptible, épris du juste, <lu vrai, du saint. C'est de là que coule à tlots limpidos toute sa poésie. Quoiqu'il parle des dieux magnifiquement, on sent qu'il ne croit pas à leur multitu<le, et bien souvent il s'élève jusqu'à rmiitéde l'Kfre divin; bien supérieur en ceci aux autivs iH.i't» s ; dont Augustin et Origèii.^ ont dit avec raison que, tout en chantant plusieurs dieux, il savait bien que Dieu est unique. Aucun auteur grec ne me semble aussi utile pour l'iutelligenee des Ecritures, surtout des Psaumes, de Job, de ces chants divins qui n'ont pas d'égaux pour la piété et pour Tesprit, pas de supérieurs pour la beauté » ! Quel bel hommage rendu par le fils des Alpes à l'esprit sublime de Pindare. et quelle admiration bien sentie pour la beauté littéraire^ de la Bible ! Nous ne saurions trop insister sur c« double côté de la culture à la fois classique et bil)lique de Zwingli : il était certes un humaniste des plus distingués, mais, à la dilfér*Mice de tant d'autres disciples passionnés de l'antiquité, il était un humaniste profondément chrétien. — il appelait les langues classiques dos dons de Dieu : u Elles sont les- vraies pioches avec lesquelles nous creusons jusqu'aux racines de la vérité. » Il n'apprit l'hébreu qu*en 15â0 et s*y appliqua très fortement* « J'ai eu, dit-il (Prmf, in Jesaiam), bien des maîtres pour les lettres sacrées : les Hébreux, les Grecs et les Latins. CSonabien donc je serais coupable si j*étais ingrat envers l'un de ceux qui m'ont aidé à pénétrer dans le sanctuaire de la vérité. — J'ai pensé que les savants et les sages forment comme une société d'élite, où chacun prend la parole à son tour et dit son opinion. Ce que chacun a écrit est notre et n'est plus sien : car le sage, sebu» le mot de Socrate, est un bien public. » — Plein des hautes idées de patriotisme viril et de vertu républicaine qu'il s'était faites à l'école desanciens, et nourri des auteurs sacrés, Zwingli tourna tous ses effortsi contre la vénalité cupidé des chefs mercenaires et surtout contre celle du parti français ; mais il ne le put saDs se iaire de nombreux et puissants ennemis. L'orage des calouuiies et des injures grondait sur sa téte, lorsque l'administrateur de l'abbaye d'Einsiedeln, Diebold deGeroldseck, qui unissait à l'amour de la science celui de l'Evangile, lui fil offrir dans le célèbre couvent une retraite paisible et un champ nouveau d'activité avril loKJ). Ce que le voyagea Rome avait été pour Luther, le séjour à Einsiedeln le devint pour Zwingli : ce lut sur ce gnind niarché d indulgences qu'il apprit quel abiine existe entre l'Eglise du Christ et celle de son prétendu vicaire. On ne saurait toutefois établir quMl y commença définitivement Tœuvre d'une réforme religieuse et ecclésiastique. Mais, encouragé par Geroldseck et par Tabbé Conrad de Rechber|r, ainsi que par d'autres amis qui se groupaient autour de lui (Michel Sander. Jean Oechslin, Erasme Schmid, François Zingg), il continua ses études bibliques et se fit bientôt connaître comuje orateur élocpient et populaire. Kn voyant de près les abus et les superstitions qu entrainail l'adoration de l iuiage miraculeuse de la Vierge, en lisant sur la porte du monastère de Notre-Dame-des-Ermites l'inscription : « Ici l'nn Imure une //leim' rémisnon de lous /es pfxàé$t » le hardi prédicateur, devant la foule des pMerins venus de toutes parts, et particulièrement en septembre, à la « Féte des Anges.» proclama hau-
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tement cette simple vérité : que Dieu seul la source du salut, par Jésus-Christ, et qu'il l'est partout ; ce qui suffisait pour écartpr la fausse dévotion des assistants et pour mettre en complet discrédit l'efficacité dp lour pMorinago. Los pratiques oxt»''rirurps et les vaincs cérémonies étaient inipitoyaldciiient dénoncées coninio inutiles et dangereuses pour a vr aie piété chrétienne : « Négligeant d'accomplir la hd de Dieu, les chrétiens de nos jours ne songent (pi'à racheter leurs crimes, sans y renoncer. Vivons au gré de nos désirs, disent-ils, enrichissons-nons du bien d'autrui, ne craignons pas de souiller nos mains de sang et de meurtre, nous trouverons dans les grâces de TEglise des expiations fadlet. Les Insensés ! Croient-ils obtenir la rémission de leurs mensonges, do leurs impuretés, de leurs adultères, de leurs homicides, de leurs trahisons, au moyen de quelques prières récitées en l'honneur de la Heine du ciel, comme si elle était la protectrice de tous les malfaiteurs î »> — Il va sans dire que cette franche prédication du salut par Chi-ist seul diminuait considérahlement les revenus du couvent ; mais Zwingli, sans atta(juer de front le pouvoir du saint-siége, n'en laissait pas moins agir la vérité divine, en ayant pleine confiance en sa puissance sur lésâmes. « 11* voulait, dit Hyconius (JSTw. vUa), laisser la vérité faire son office 'dans le cœur de ses auditeurs, bien assuré qu'ils ne tarderaient pas à recon- ' naître d'eux-mêmes rerreiir et à la détester » ( Volebat ven'tatem cogni' tam in rordihns nud'itorum a(jvre suum officium). Ce n'était pas là une méthodi" de négation et de destruction, mais d'affirmation et de régéné- » ration. Par l'étude de l'Ecriture sainte, Zwingli s'affermissait de plus
en plus dans les principes évangéliques. 11 copia et ajiprit par C(eur les Epitres de saint Paul pour s'assimiler plus parfaitement les doctrines du grand apôtre de la grâce justiliante. Ce beau manuscrit, en langue grecque, d'après la récente édition du Nouveau Testament d*Erasme. est daté d'Einsiedeln, 1517 {Fx Eremo) ; c'est la plus précieuse relique littéraire de la Bibliothèque de Zurich. — Le pieux administrateur Geroldseck secondait efficacement son ami dans la propagation de la vérité chrétienne. « Lisez les saintes Ecritures, lui disait Zwingli, et, pour les mieux comprendre, étudiez saint Jérôme. Cependant il arrivera, et bientôt, avec l aide du Seigneur, (jue les chrétiens n'eslimeronl à nn haut pri.\ ni saint Jérôme ni aucun autre docteur, mais seulement la parole de Dieu » [Forr. ulipt»' hrer 'i, Ont sir jurante, nt netju»' f/ierimt/mus neque acivriy si'd sttlu Srrijjfura divina, apud ChrUlianos In prxtio $H futura, Zw, 0pp., /, p. 273). Geroldseck fit ôter la scandaleuse inscription sur la porte de l'abbaye ; il fit enterrer les reliques ; il prescrivit aux religieuses du couvent de femmes la lecture du Nouveau Testament en langue allemande, et permit même à celles qui le désiraient, de quitter le monastère et de se mari<T. — Zwingli, croyant d'abord, de même (jue Luther, que In réforme des abus et des superstitions devait s'acc<»niplir par les clicfs suprénjes de l'Eglise, s'adressa directement à l'évéque Schiuner, qui lui fit les meilleures prnmes>^e>^ à ce sujet, sans songer sérieusement aies réaliser auprès de la cour }Minliticale. I/év.Mjue de Constance Hugo de Landeuberg, prélat du iliucèse de la Suisse orientale, que Zwingli conjura instamment de permettre la libre prédication.
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•1p l'Kvaiigile pour le relèveiiieut de la pinte, fut é^'alemont sourd à ses prières et à ses remontrances. Tl se vitjdnnc <dtligt'' d'assuiiitT lui-mr-ine la tâche de plus en pîiis inévitalilc de |a^r«'*t'oruu', et prouva ijue sa n'-snlution était inél»rarilal*le en attarjuant èner^fiqueuient l'infÂuu' uian iié d'indulgenees que le irauciscain liernardin Sanison, venu d'Italie eu été 1318, avait établi à Uri et à Schwyz avec une inipudeuce inouïe. Gomme le vendeur d^indulgeoces avait iiégli^'é de demander le permis olBdel à l'évéquede Constance, celui-ci n'appuya pas son trafic, et Samson, chassé de Zurich et Berne, quitta honteusement la Suisse en reprenant le ehémin du Saint-Gothard (1519). — En Allemagne, Luther par se? fameuses thèses contre Telzel, en ociobre 1517, avait donné le signal retentissant de la grande lutte contre Rome ; en ce sens il est le premier réformateur, l'héroïque initiateur de la réformatiun du sei- 7ième siiVle; Zvvingli, en 1518, indépendamment de Luther, fit unepro- '•'station tout aussi rouragcuse cnntre les abus de l'autorité pontificale,
- iiis attirer l'attention de l'Europe et sans que la papauté s'en inquiétilt i»e.iur(inp. 11 eonvieiit de mar(|uer eett»' dillérence d orij^ine des deux mouvriiienls^'iiovateurs, qui avaieul cependant le même poiut de départ tlaus la doctrine fondanieulale du christianisme, le^salut par la j^rckc. Zwingli était si peu disposé à diminuer l'autorité du saint-siège, qu'il s'adressa au légat du pape, Pucci, pour obtenir de lui les réformes les plus urgentes, lui déclarant en même temps qu'il renonçait à la pension qu'il recevait de la cour de Home. Pucci fit les plus belles. promesses au saTant curé d*Einsiedeln et, pourTattficher davantage, il le fît nommer chapelain acolyte du pape, lut promettant encore de plus grands honneurs. -- Parmi les visiteurs d'EinsiedeIn, en 1518, nous voyons Capiton et Hédion, qui furent, dans la suite,de zélés prédicateurs de la réforme à Strasbourg.jDans leurs conversations intimes, Capiton et Zwingli tombèrent d'aceord sur un point : «« Le pape de Uoiiie d..it tomber! — îlédion, docteur en théolo«;ie de Biile, avait entendu prêcher Zwingli Mir la parole de Jésus-Christ (Marc V. ^i' : « Le lils de riuuiunc a sur id tern' l'autcu'ité de pardonner les péchés. •> Ce sermon tout pénétré de la doctrine du salut gratuit, avait gagué le cu'ur du jeune docteur en théologie. Longtemps après, il en expriuiait son admiration : « Que ce discours était beau, profond, grave, complet, pénétrant, évangélique, et comme il rappelle la force des anciens docteurs! » (Zw, Epp ) — La ré pntation de l'éloquent prédicateur d'EinsiedeIn s*était répandue au loin. Vers la fin de 1518, on lyi proposa, par l'intermédiaire de son ami Oswald Myconius, de Lucerne, alors instituteur à Zurich, une place de pasteur (Leufprister) à la cathédrale de cette ville importante, à la fois si dévote au saint-siége et si dissolue dans ses mœurs. Naguère ZwiugU, c'est lui-même qui nous le raconte, avait demandé à Dieu de l'envoyer où il plairait à sa providence (|u'il annoneAt l'Evangile, le priant toutefois que C"^ ne fût pas à Zurich. Comme Farel soiniiiera Calvin ht'sitniit à restera '"«'■nève. de même Myconius supplia Zwingli de venir exercer son ministère à 2!uricli. L'i sera son dernier poste, son poste d'houneur et de gloire, qu'il occupera jusqu'à sa mort avei: nue incoiuparalde lidélité.
— Après avoir franchement déclaré devant le prévôt et le chapitre du
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Grand-Moûtier, dont quelques membres ne lui étaient nullement fovo- i .rables, qu'il ne s'astreindrait pas dans sa prédication, aux périeopes o^ dinaires, mais qu'il expliquerait la Bible dans son ensemble, Zwingli inaugura son ministère à Zurich, le l*** janvier i5l9, par Texplication
hoiniltHiquo de IV'vangile selon saint Matthieu. C'ôlail la simple et populaire méthode des pasteurs do l'Eglise primitive, et Zwingli l'introduisit avec beaucoup de talent et un grand succès, et trouva Ment«M de nombreux imitateurs parmi ses colIèjj:ues de Suisse et d'ailleur?. Dans l'espace dr» quatre ainn-es. il développa devant ses auditeui-^ 'le ])his (Ml plus attentifs et nombreux, soit le diuiancli^', soit dansb-^st rvices do semaine aux jours de m.ircbé, Matthieu, les psauuies, les aitt ?. les épitres saint Paul, de saint Jacques, do saini Joan, df saïut Pierre, et onlin IVqjîtro aux Hébreux, qu'il considérait comme l exposition la plus parfaite de l'œuvre rédemptrice de la nouvelle alliance. De | prime abord, son enseignement reposait ainsi, non sur la traditioi romaine et la théologie scolastique, mais sur TEcriture sainte, k seule règle de la foi et de^ mœurs, pieusement suffisante pour le aalnU Tédification et la sanctification des âmes. Pour répondre jja. défenseurs ignorants et égoïstes de la tradition. Zwingli publia^unoerr/ion sur la clarîf' rt la certitude fie la pnroh' dr Dieu (1522), prononcé devant 1^ religieuses du couvent de rOEdenbach, dans lequel nous lisons : a Conime nous venons de voir que IMn^nmie, créé ;\ l'imàge de Dieu, aspire au fond de sun être à s'unir di- plus en plus avec Dieu, il s'ensuit qu'il ne trouve de paix ot do joie (ju'on Dieu même, c'est-à-dire «laiis sa par(tlo, qui no doit ôtro remplacéo par aucune parole buniaine. En effet. Dieu o<t nolro croatenr et notre [)ôre, que nous devons ainier de f*'Ut iKttro c(our e( de loutos nos pensées. L'hoiumo no vit pas de p<im seulement, mais de toute parole sortie do. la bouche de Dieu. La parole divine est si vivante et si efficace, qu'elle fortifie et nourrit l'âme: A celui qui vit selon cette parole ne verra pas la mort étamellement. Ajoutons donc pleinement foi à cette sainte parole, et nous verrons par expérience que rien n'égale sa toute-puissance et son efficacité bénie : il fout que la parole de Dieu triomphe sur le monde ; autrement Dieu ne serait pas le souverain bien et la souveraine puissance. » — Les jours <le | marclié, Zwingli prêchait de grand matin pour le peuple des campagnes, ce qui augmenta sa grande popularité au dehors, et ne contribua peu à faire triompher la réforme dans le canton de Zurich. A mesure qu'il s'attirait l'alb'ction ot le respoct de ses paroissiens, il oiunpreuait la i-Mandcur de sa tàclio dans bKjuelle, en dépit île tous les <distacles.il embrassait d'uno manière do plus en plus décidée la rég-énération iii"ralo. religieuse et politique, non souloment de Zurich, mais de toute la confédération. Il avait la claire consoionce que, de la chaire d'où toiubaieut ses exhortations mâles et lucides, il se faisait entendre de toute la patrie suisse. Il s éleva énergiquement contre l'immixtion des aaifé* dérés dans la rivalité entre Gharles-Quint et François qui convi'i* taient l'un et l'autre la couronne impériale (1519) , et il réussit (1331 à | obtenir le vote populaire de la cité zurichoise contre l'alliance firan^sis^liC magistrat, lié envers Léon X, permit bien à une petite armée de
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passer les Alpes ; mais la mort du pape lompit les engagements, et dès lors les pensions el le service mercenaire lurent interdits à Zurich sous peioe de mort. Zwingli renonça définitivement à la pension qu'il recevait de la cour romaine; L'abolition des guerrea meroenaires était due 4 l'influence croissante du réformateur que les amis des capitulations, unis aux catholiques, calomniaient comme traître à la patrie et comme destructeur de l'antique religion des ancêtres. Sans attaquer encore directement le papisme, Zwingli, malgré sa grande réserve, le sapait par ses fondements. Il cherchait aussi, dans des entretiens particuliers avec le^ arli^a^s. les paysans <>t les nia^:istrats de la n-piildiiiue, à préparer leiitfMiuMit les esprits pour la rétunne de rEglise <jiii, depuis son arrivée à Zurich, était devenue l'objet principal de ses nobles elForts. — Dans Tété de Tannée 1519, la peste (la « grande mort ») qui avait éclaté à Zurich, fournit à Zwingli l'occasion de prouver à ses paroissiens que, s'il aimait à prêcher la doctrine de JésuMShrist et à eûlter les vertus de rSglise apostolique, il savait aussi suivre lui-même les traces des . p i f » urs fidèles. — A pdne eut-il appris l'apparition de la terrible maladie à Zuricli^ qu'il accourut des bains de Pfetfers, où il comptait prendre quelque repos, et offrit aux souffrants et aux moribonds les consolations de rEvanL'ile. Zwingli a traité des devoirs du pasteur dans un d«' ses meilleurs sermons (/,e Pasteur, « Au lieu, dit-il, de
prétendre loicer les hommes à croire, que le bon />a«/et4r les éclaire; qu'il leur présente le pur Evangile, qu'il ne leur enseigne rien qui ne loit conforme à TEcriture; qu'il les dirige avec douceur vers le bien, qu'il cherche à leur foire aimer tout ce qui est vrai, honnête et juste ; qu'avant tout il s'applique lui-même à une conduite sans reproche, à la chasteté, à la tempérance, à l'humilité; s'il a d'ailleurs de la prudence et de rexpérience, s'il sait donner de bons conseils' pour la vie commune; s'il est doux, sociable, non moins empressé pour les pauvres que pour les riches: si, au-dessus de l'éloge et du blAine, i'accomplisseinent de SOS dovdirs t'St l'essentiel pour lui, dans la bonne comme dans la mauvaise lortuiie ; s'il ne se glorilie pas du bieu qu'il peut l'aire, en rapportant tout a la gloire de son Dieu ; s'il s'abstient de toute intrigue et de toute haine; si toujours il est charitable et affectueux : qu'il soit le bienvenu, l'homme de Dieu ; c'est un pasteur selon l'Evangile. Ouvrez vos coeurs à ce médecin des êmes ; c'est un digne disciple de Jésus-Christ et des apôtres; devenez semblables à luit n — Zwingli, en traçant ce tableau du vrai pasteur, qu'on peut appliquer à lui-uiéme, faisait la satire de la plupart des prêtres infidèles de son époque, qui, loin de remplir l»'urs di'voirs pastoraux, passaient leur temps dans la paresse et la dissipation. La devise que Z\vi!i}rli plaça à la téte de ses nombreux écrits, sortis des presses de Froschauer, indique le caractère foncièrement évangélique de sou ministère pastoral : u Venez à moi, vous tous qui êtes tiavaillés et chargés, et Je vous soulagerai » (Siatth. XI, 28). — En exerçant dans cet esprit d'abnégation et de dévouement sa charge de consolateur chrétien auprès des malades et des affligés, le fidèle ministre fut lui-même saisi par la maladie, dont il ne se releva qu'à grand'peine. Cette triste nouvelle répandit l'inquiétude parmi tous les amis de TEvan-
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gile, à Zurich et dans les environs. Z^-ingli, dans une belle poésie allemande, a dépeint ses angoisses et ses espérances chrétiennes pendant cette grande épreuve (ju'il venait de traverser. En voici quelques . strophes (d'apr^s la traduction de Merle d'Aubigné) : <« Ma porte s'ouvra
— Et c'est la mort ! — Ta main me couvre, — Mon Dieu I mon tort! — 0 Jésus, l('ve — Ton bras percé; — Brise le glaive — Qui m'a bl^ss^.
— Mais si niou àme, — En son midi, — Ta voix réclame, — Clirisl. me voici ! — ... Mon Dieu, mon Père ! — Tu m'as jfut'ri. — Sur cette terre — Me revoici. — L'heure incertaine — Viendra sur moi, — Peut-être pleine — De plus d*effh>i. — Mais que m'importe! — Toujours joyeux, — Mon joug je porte — Jusques aux cieux! s — Dès ISSOt le petit conseil ou sénat de Zurich, sur l'avis du grand conseil des Deux-cents, publia un décret par lequel il était ordonné à tous les eedésiastiques du canton d^expliquer au peuple le Nouveau Testament, de ne rien enseigner qui n'y fût < (mformc et de s'abstenir de toute polémique injurieuse. Li' maj^istrat, de concert avec Zwingli, prenait aiusi en mains la direction du mouvement rénovateur <lont Zwingli avait dcmné l'initiative. Mais cv n'est qu'en l.''):22 que cf mouvement prit une tournure plus décidément réformatrice. Dans un de ses sermons de carême, Téloquent prédicateur- de la cathédrale, dont la parole incisive avait déjà acquis une grande influence, avait avancé que l'ahstinenee de viandes à certaines époques, loin d'être ordonnée par TEvaDgile, était une pratique entièrement libre, souvent inutile, et même contraire à l'esprit du christianisme, qui décline toute espèce de rites arbitraires et imposés par des autorités humaines. Le prédicateur ajoutait que, lorsque les hommes mettent trop d'importance à des choses indillérentes, ils oublient volontiers l'cssentirl, c'est-à-diru les vertus chrétiennes. L'effet de cette déclaration su comprend lacilement : plusioiu^ citoyens, entre autres l'impriuieur Froschauer, se permirent de ne plus foire maigre. Les piètres papistes en ayant porté plainte devant Té* Têque, celui-ci envoya à Zurich son grand-vicaire, Jean Faber qui, en présence du chapitre et des commissaires du magistrat, prétendit que Tebolition du jeûne menait tout droit au désordre et à Tanarehie. Zwingli n'eut pas de peine à prouver, contre ces absurdes assertions, que jamais l'ordre et les bonnes nururs n'avaient autant régné a Zurich que «lopuis qu'on y précbait le pur Evaii^ib'. Les citoyens coupables «< d'avoir fait gras » ayant été punis par le lua^Mstrat, Zwingli lança dans le pnbiic.-si pn^mière brochure réiorniatrice : un sermon en langue allemande, Surlelil^re choix des mels ( Vom Erkicseu dur Sypscn^ 1522], où il défend la liberté chrétienne avec beaucoup d*esprit et avec une énergie remarquable. Alon
— la vraie lutte commença. Dès ce moment, Zwingli n*aura plus ni trêve ni lepos^ et continuera jusqu'à son dmier soupir le bon combat contre le papisme. — ^ Menacé de destitution par Tévéque de Constance, le réformateur composa une défense éloquente et étendue, en soixante-neui articles, qu'il intitula Arc/ielc/rs (c'est-à-dire commencbment et lin <iu procès). C'est un chef-d'œuvre de polémique religieuse, et comme la déclaration de guerre île la réforme contre la hiérarehie mnjaiiio. hn voici les propositions capitales : «« 3. Libertas evaugelica jure asàcrilui-
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» 4. Ego rerum omnium niaxima jactura ciipiam ovanpelicam dootrinam » promotani e?se ! AiuploctorPtur ardcntius, tuerotiir voliPiiiontius. n o. Contendendiira est pro voritatr. 0, Qiiis in orclosia p;istnr, quid » cuique lupi, furos et latrorips sint, suosijne irridere soleant ? Nemo » alium tantopere subsannat, quain qui divina pro hunianis recipcre » nulla ratione persuader! potest. 8. Gonttantia non est pervicacia et » pie facinnt qui a Teritate semel percepta nolunt*abduci. 9. Humana » nisi cédant divinis falsa est que jactatur pax. iO. Golumbina simpH- » dtate prsedita plebs Bvangelio uni cedet ciquc eo magiâ adhœrescet
• quo minus est imbuta superstitione. 19. Seandalorum in ecclesia auc- » tores 5unt pr;psides ejus, errorumque pariter. Cum Evanj^'oliinu tanto n lahore ac prriculo pra'dicat rusticus isto Zwinf/l'nis g:raviorPS hodie B errores sfriiriturî 20. S<'hismata ercipsia', (jiiis auctor eoruiu? Is
• démuni httToticus est, qui litoras sarnis non ad Christi lucernani sed » suam probat. 69. Ubi per uDivorsam Diœcosin Coustauliensem tara » unanimi consensu recepta est doetrina tua, o Jesn! quam Tiguri? » Anne in alio Helvetiorum pago màjorem pacem videre licet? Adhue » tamen ausi sunt, spede eonclliandspaeis,illie ubi nulla erat dîscus- » sio, omnem movere lapidem, quo in bonumsemenzizaniasererent.^ » Quod autem ad nos attioet, ntbil opus p^t tp vocare testem» quonam » animo quîeque fariam: ipse enini nosti. o Jesu ! quain longissime a n teneris abfiieriin ab omni dissensiono rttutnnltu: nec tauien dcsti- » teris nos ad id nuineri? inviluin ac reclainanteni trahere : Quamobreiu » te nniic nierilo appclhi, ut bonum opus quod cmpisti perfieias usque » in (liem domini, et si unquam quicquam uiinus dextere atque oportet » a»dificavero dejicias, xi ftmdamentum aliud prseter te jecerOf demo- » liarit / » — Dès ses premiers écrits polémiques, Zwingli nous révèle ses grandes qualités de lutteur intrépide pour la foi et la liberté : clarté, précision, Tivacit(^\ science, fine dialectique, logique impitoyable, et cependant mesure, sérénité antique, humour populaire. Ce ne sont pas les sorties passionnées, le-: ronps de massue, les éclairs de ^énie et les p.i'je? entraînantes de Luther; ce n'est {)as ran)])lenr dot^niatiiiue et Tordcnnancf aclievée de Calvin; Zwingli ne songe pas à polir et à arrondir ses travaux littéraires, qui sortent la plupart de sa plume (il le répète souvent), comme des actions subites, comme des écrits de circonstance, avec une hâte et une facilité étonnantes, n ne parle pas aussi souvent de lui-même que le réformateur saxon, mais parfois il descend jusqu'à Tautobiographie avec candeur et bonhomie, parfois aveo une touchante ouverture de conir. 11 parle toujours avec chaleur, sans outrecuidance théologique ou dogmatique ; il est absolument anticlérical; amant enthousiaste de la vérité, de la justice, de la liberté, de la patrie, de l'humanité; il expose loyaicniont les objections de ses adversaires, et ne veut triompher ijue par de bonnes raisons, par des exemples concluants, et avant tout par la parole de Dieu, «lans la connaissance de laquelh' il égale tous les autres réformateurs, s'il ne les surpasse, et qu'il explique non avec des idées préconçues, mais en en recevant humblement le souffle divin et la valeur étemelle. Esprit admirablement sincère, vif, passionné pour le vrai progrès, homme moderne dans le meilleur sens
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du mot. Tel Zwinjrli nous apparaît au «lébut de son œuvre n' formatrice, tel il persévérera, eu se développant sans cesse, jusqu'à ce qu'une mort tragique mette suliitement fin à ses luttes vaillantes et à ses nobles efforts. — Pour montrer qu'il se plaçait sur le terrain de l'Eglise apo8« tolique, il adressa à révéquede Constance et à la Diète helvétique une Pèiition (juil.1522), signée de dix autres ecclésiastiques du canton ztirichois (entre autres > Werner Steiner. Léon Jud, Erasme Fabririus, Ulric Pistorius et (iaspard Mepand^r. dans laquellf^ il demandait la libre prédirait ion dp l'Evan^ilo et Tabolitidn du célibat dos pnMres. (V»''tait roiiijirp 011 visièro à l'autorité épiscopabMjui allait l»irntôl étrf remplacée à Zurich par celle <lu niairistrat civil a^nssant au nom de l'Eglise \ike tcclesiff'). — Les adversaires du rétoriiialour, qui se composaient surtout des égoïstes «mis des pensions et des ignorants et ftnatiqucs partissni de Tancien régime dans les cinq waldstetten (Luceme, Un, Zug, Schvryts, Underwalden), diercbaient partons les moyens à miner l'influence du hardi novateur de Zurich, et l'on songea même à se débarrasser de lui par (b s voies violentes. Les magistrats furent assez longtemps obligés de placer la nuit une gardedevant le presbytère de leur cb< r pasteur, pour le préserver du poignard de ses assassins. Entre autres injurfs. on répandait le bruit que. dans un sermon, Zvvin'*'li avait parlé de la Vierge avec la dernière inconvenance. Pour s"<'ii détendre devant sa propre famille «le Wildhaus, il publia à ce sujet le discours iju il venait de prononcer, dans lequel il témoigne de son profond respect pour la sainte Mère du Sauveur, tout en proclamant avec insistance que Christ seul est notre médiateur auprès du Père céleste {Ein Predig von der rin'fjreinen Magd Maria der MutterJent uruers A^rlôsers, zu Zurich ge- //ion, 152i). — En janvier loS'i. le pape Adrien VI, successeur de Léon X, fit reniettreà Zwingli un bref spécial par un envoyé extraordinaire. Le pontife, informé du mouvement rétVtrmateur dans la confédération, offrit au dangereux novateur de Zurich une nouvelle pension et les plus grands honneurs, s'il voulait consentir à se tair»^ et à si^ montrer lils dévoué au saint-siège. «Ta lidélité et ton zèle, lui disaille pape, nous ont engagé à te donner cette marque particulière de notre confiance. Nous avons ordonné à notre nonce de te remettre les présenti en personne, et de t'assurer de notre bienveillance. Nous sommes persuadé que tu travailleras aussi fidèlement pour nos intérêts que nom sommes, à notre tour, disposé à te combler d'honneurs et de récompenses » {Qun uns animo ad honores tuos et cntnmnda tendimu.'i. eodcm tu in ri'islris, rt Srdis A /t'>sfofir;t' rrhtt.t prorrdns. iJt' quo f/rafinui nfiud nos inrenit's non med/ncrr/n). — Zwingli répondit à ce? bonI"Mi>e? intrigues papales en donnant a <t's opinions réformatrices la plus Lrr utde publicité possible : repoussé par les autorités suprénies de l'Eglise, le ré» formateur s'adressa aux suffrages du peuple chrétien dont la voix, guidée par la sainte Ecriture, lui semblait sans appel. Les partisans de Zwingli se multipliant, le magistrat introduisit de sages innovations à Zurich ; la réforme entrait à Béle, par Capiton, Hédion, Rublin.OEcoIampade ; elle envahissait Saint-Gall, Mulhouse, Aj)penzell. les Grisons: Hall- r pn*chait l'Evangile à Berne; les écrits de Luther, imprimés par Frobea de
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Bàle. avaionf pén»^ln'! en Suisse, et plusieurs villes de l'Allemagne du sud,coiiinie Constance, Uhn,Lin(lau, Reutlingen, Menimingen,c'oiiini(>n- ^ent à accueillir favorablement la parole de Dieu. Le franciscain Lambfirt, d'Avignon, arrivé à Zurich pour entendre le réformateur suisse^ fut pleinement gagné à la vérité évangélique. et devint, dans la suite, l'organisateur de l'église réformée de la Hesse. Tous ces fiiits encourageaient Z^nngli à aller bardiment, bien que prudemment, en avant, d'autant plu» que plusieurs chanoines et quelques membres des conseils tâchaient de démolir son œuvre par les accusations les plus haineuses. — Le pasteur de Fislibach fut persécuté pour ses idées novatrices ot emprisonné ;\ Constance ; Oswald Myconius, chassé de la catliuliquo Lucerne. où le commandeur Coin-ad Schmid avait vainement essayé d'introduire la réforme, remplara à Eiusiedcln Léon Jiul. (jui lut nommé pasteur de Saint-Pierre à Zurich. « Ce fut alors, dit la Chronique de Bnllinger, que commencèrent les persécutions des confédérés contre l'Evangile ; et cela eut lieu à l'instigation du clergé, qui en tout temps a traduit Jésus-Christ devant Hérode et Pilate. » — Léon Jud, attaqué par les moines à cause de sesconvfetionsévangéliques, pria son ami Zwingli de demander au magistrat une conférence publique. Zwingli obtint cette réunion pour le 29 janvier 1523 : c'est la Première dispute de Zuricli, qui eut les conséfjuences les plus impurlantcs. Zwingli y défendit devant une nombreuse assemblée d'ecclésiasti<[ues, de députés de l'évêque et de commissaires du gouverneuient zurichois, soixantesept thèses y qui jouèrent en Suisse un rôle analogue à celui des thèses de Luther en Allemagne. DansTintroduction Zwingli dit : « Je déclare avoir prêché dans Thonorable ville de Zurich, d'après le contenu de ces propositions, sur la base de l'Ecritare sainte, théapnewtos, c'est-à-dire divinement inspirée; et je m'offre à défendre mes doctrines par cette sainte Ecriture, m'engageant à me soumettre à toutes les preuves qui pourraient être tirées contre moi de la parole de Dieu. » Voici les thèses principales : 1. Tous ceux qm prétendent que l'Evanjxile n'est rien sans î'aïqtritbation de l'Eglise, se trompent et blasphèment Dieu. — -2. La somme <le l'Evangile est : que notre Seigneur Jésus-Ciirist, vrai lils de Dieu, nous a révélé la volonté de son Père céleste, et par sou innocence nous a sauvés de la mort et réconciliés avec Dieu. — 3. Là eet l'unique chemin du salut pour tous les hommes, dans le passé, le présent et l'avenir. — 4. Celui qui cherche ou indique une autre porte se trompe; c'est un larron et un meurtrier des âmes. —5. Car tous cevoL qui mettent les doctrines humaines sur le même rang que l'Evangile ou sur un mng supérieur, se trompent et ignorent la valeur de l'Evangile. — 6. Car Jésus-Christ est le guide et le capitaine promis et envoyé à luut le genre humain. — 7. 11 est le salut éternel de tous les croyants, qui sont les membres de son corps, dont il est le chef. — 8. Tous ceux qui sont attachés au chef sônt enfants de Dieu ; ils forment la communion des saints, Feclesia catkoliea, — 9, De même que les membres de notre eorps physique ne. peuvent rien sans la téte, de même pour le corps de Christ : personne ne peut rien sans le chef. — 14. Tous les chrétiens doivent faire des efforts pour que l'Evangile seul soit partout prêché. —
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iî). Noire saint est basé sur la loi. notre coiulamiiatimi ilrrive d«' l iucrédulité; les vérités du salut soiil parfaiteiucut claires pour la foi. — 16. L'Evangile nous apprend q ue les doctrines et les inventions hnmaines sont inutiles au salut*. — 47. Christ étant notre grand-prétre, unique et étemel, ceux qui prétendent au pontificat suprême méprisent l'anlimté du Christ. — 18. Christ s'étant une fois sacrifié en victime expiatoire pour les péchés de tous les- croyants, il sVnsuit que la messe n'est pas un sacrifice, niais le nx'mnrial du sacrifice éternel et tout-puissant du Christ, 1111 gai: (' la rtNlcmption que r.lirist nous a acquise, — 11). Christ est l'uiiiijui' iiit'tiiatt'iir iMitn' Difii cl nous. — 22. Chris! est notre justice ; donc, nos u'uvres ne sont lioiiiies qu'en tant que faites par Christ; en tant que nous apparteuaiiL a nous-mèniesi elles ne sont ni. justes, ni bonnes. — 23. Le Christ rejette la pompe et les biens de ce monde ; ceux qui les convoitent par avance méprisent son nom. — 24. Le chrétien n*est astreint qu'aux œuvres ordonnées par Dieu; il est libre de manger les mets qu'il lui convient ; les lettres patentes concernant le beurre et le fromage {ICxs-und Butterbriefe) sont des tromperies romaines. — 28. Ce que Dieu permet ne peut être défendu : le mariage est permis à tous les hommes. — 30. Les vomix de célibat et rlechnsteté sont arbitraires et absurdes. — '.i'2. On ne peut oxcommnnier que colui qui donne un scandale public. — 33. Le bien mal acquis par b^s couvents, les moines, les noimes, les chapelles, doit être employé pour les pauvres. — 34. Le pouvoir prétendu spirituel n*a aucun fondement dans renseignement du Christ. — 35. Le pouvoir temporel est fondé sur l'enseignement du Christ. — 37. Tous les chrétiens doivent être soumis au pouvoir temporel, pourvu ^ue celui-ci n'ordonne rien de contraire à la loi divine. — 43. En somme, le royaume le meilleur et le plus solide est celui qui est gouverné solon Dieu ; le pire, le plus fragile, est celui qui est sans Dieu. — Vi. Les vrais adorateurs de Dieu doivent l'adurer en esprit et en vérité. — 50. Dieu seul peut pardonner les péchés, pnr Jésus-Chrisî, son fils, notr»' Sei<;n<'ur. — ."il. Celui (jui accorde ce privilège à la créatuns enlève à Dieu l'honneur qui lui est dû ; idolâtrie! — 54. Christ s'est chargé de toutes nos misères. Celui qui attribue à des soi-disant expiations humaines ce qui n appartient qu'à Christ, se trompe et méprise Jésus^Shrist. — 57. La sainte Ecriture ignore le purgatoire. — 58. Le jugement des trépassés n'est connu qu'à Dieu seul. — 61. L'Ecriture ij^Miore une consécration des prêtres qui leur confère un caractère indélébile. — 66. Que les chefs de l Ej^lise s'humilient promptement, antroiiient ils périront : la cognée est mise à l'arbre. — 07. Sortez d'ici, tous cru.x <jui ne veulent pas l'Ecriture pour juire suprême \ l' nra^i Co/csIk Amt'ii ! — La discussion solennelle de ces thèses s*(»nvrit sous la présidence du brave bourgmestre zuiicbois, Houst. Zwingli avait de\ant lui une bible ouverte placée sur une table. Faber, battu d'avance, eu appelait à un concile, ou à la décision d'une université célèbre, comme Paris» Louvain ou Cologne. Zwingli proposa ironiquement l'université d'Er furt ou celle de Wittemberg. L'observation de Faber^ que Lutlier était trop près de là. «-xcita un rire «iénéral. Dans le silence obstiné des papistes, Faber se hasarda à dél'endre l'autorité pontificale, le célibat des
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pnUres. rt'ivmotiios rnm;iinofi. et surtout la messe. Zwingli If réliita vifforit'Uîjrint'iit par Ir lion sens et par l'Ecriture. Le '^îraml conseil Jéclara que la doctrine de Zwin^^li n'ayant pas été démontn'e fausse, les pasteurs de Zurich-Ville et ceux de Zurich-Canipague, n'avaient qu'à continuer à prêcher le pur Evangile. — Le procès-verbal de cette conféreoee, répandu à profusion, hâta les progrès do la réforme, et fut confirmé par une excellente Fxplieaiitm des thètei {Uikpvng der Schluss' rcdSm, 1523); modèle de la haute sagesse et de la modération du rérormateur, en même temps de son énergique revendication des droits de la conscience rlm-tienne éclairée par l'Ecriture sainte. — Outre les doctrines fondamentales de la réf<»rn]ation, nous trouvons dans cet écrit remarquable les principes spécialeincnt zvvingliens. Zwingli rejolte altsolument le pouvoir clérical et allinue l'autorité du gouvernement civil, auquel tous les chrétiens doivent être soumis, et dont la règle doit être la parole de Dieu. Il aboutit ainsi à une espèce de théocratie républicaine, dont on peut critiquer l'opportunité, d'après Tessence de l'État moderne, mais qui était alors une nécessité politique indiquée par les circonstances où ce «trouTait le réformateur. I^s développements de quelques thèses concernant les rites et usages du culte, sont une preuve de sa sage modération relativement à ries pratiques extérieures sans valeur morale, pratiques que Zwingli l.iissait subsister jusqu'à ce «ju'elles tombassent d'elles-iiu^mcs »'n désuétude. « Je no condaiiuii' point absoluiiunt, dit-il, lusage d iuiplorer la misériconle divine pour lésâmes des ujorls; mais de prétendre assigner arbitrairement un terme h leurs loufirances, et de mentir ainsi pour de Targent, c'est ce que je regarde comme impie et comme sacrilège !» — Il finit par recommander la tolérance envers ceux qui persisteront dans Terreur : :* Qu'on les laisse mourir en paix ; qu'on abandonne à Dieu seul le soin de les punir ou de les absoudre ; mais que ceux à qui est confié le gouvernement de l'Ëglise cessent enfin de s'opposer h une réforme devenue absolument nécessaire! » — Les résultats de cette première dispute de Zurich était iuinienses : c'est de là que date le commencement de h réiormation en Suisse. Le magistrat de Ziiruh, s'appuyaut sur la majorité {Das Mehr) du canton, rompit toute relation avec le pouvoir épiscopal et gouverna dès lors l'Etat et l'Eglise sous l'inspiration et l'impulsion permanente de Zwingli, qui avait rendu aux prêtres leurs droits de citoyens et aux laïques leurs droits de chrétiens. — A l'occasion de l'explication de la i8<' Thèse (de la messe) Zwingli porte un jugement remarquable sur Luther, jugement que nous ne pouvons pas passer sous silencp. Zwinjjli ;i c<Mnpris rceuvre d'émanci[»ation religieuse dont Lufher était le i^raiid initiateur; il avait même protesté publiquement dans une brochure contre l'injuste condamnatiou du professeur de Wittemberg {Consilium cujusdam ex animo cupiatiis esse consul tum ni liomani Poii' tifcit dignilatiet Christiansereligionis tranquillitati, 1521) ; Luther, de ion eété, aussi peu que Calvin, n*a jamais compris à sa vraie valeur le noble réformateur suisse et ne lui a jamais rendu pleine justice. Est^ ignorance, est-ce jalousie, est-ce étroitesse dogmatique? — Nous n'osons le décider. Voici le beau portrait que Zwingli trace de Luther : « Les
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grands (lo ce monde ont commencé à p^-rsécuter o\ h Caire mépriser la doctrine du Christ sous le nom de Luther, de sorte qu'ils appellent Ivt/icrienne toute doctrine évan'réli(]ue. Ils appellent luthrrien celui qui n'a pas lu tou< ccrits de Luther, et qui ne s'est pas nit^lé directement à se- dispiitt v ,11 allemand s/):fn) : voilà ce qui m'arrive. Longtemps avant qu'mi ait connu le nom de Luther dans nos contr»''es, j'ai pnVht'le pur Evangile. Arrivé à Zurich, j'ai couuuencé par expli<îuer en chaire TEvangile selon saint Matthieu, d'après les principes de mon cher mattie Wyttenbach ; est-ce que mes ennemis m'appelaient alors luthé' rien? Lors de 1 apparition de VExplieation de la prière dominiceie, par Luther, beaucoup de gens me soupçonnaient d'avoir écrit cette excellente brochure; et cependant il n*en était rien. On voulait simplement par là m*injurier et faire dédaigner ma prédication. Luthrr, il me semble, est un soldat de Dieu si excellent, un connaisseur de rËcriture si sérieux et si a<lmirable, comme il n'en est pas apparu sur terre depuis mille ans (je le déclare en dépit des papistes !) et personne. depiii< l'existence de la papauté, n'a attaqué le pape de Rome avec une ùuk' aussi virile, sans (juc je veuille par là mépriser les autres. Mais quia fait cela? Dieu ou Luther? Demandez-le à Luther lui-même, et il vous répondra : Dieu ! Pourquoi donc attrihuer ma doctrine à Luther, fi lui-même l'attribue à Dieu? Luther ne veut introduire aucune nouveauté ; il ne prêche que ce <jui se trouve dans l'éterneUe et inaltérable parole de Dieu : c'est là ce qu'il proclame, c'est là le trésor céleste et inépuisable qu'il présente aux pauvres chrétiens si longtemps induits en erreur ; et il n'a nul souci des attaques des ennemis de Dieu ; il se moque bien de leurs injures et de leurs menaces. Toutefois^ je ne veux pas po^ ter le nom de Luther ; j*ai lu peu de ses livres, et' je m'en suis abstenu à dessein, en vue des papistes. Mais de tout ce que j*ai lu de lui en &it de lincirine et d'explication de l'Ecriture (car je ne me mêle pas de set disputes, denn seiner spam nehm ich mick nichts an ) , je déclare qu'aucune créature au monde ne peut le renverser, tellement c'est bien et dûment fondé sur la parole de Dieu. Les stupi los adversaires de Luther ont condamné cet admirable serviteur de Dieu pour pouvoir apjteb'r sectaires et hérétiques tous ceux qui approuvent sa doctrino. Mais, ô pieux chrétien, no permets pas qu'on t'impose le nom d un homme quelconque, et n'impose pas de nom à d'autres. No demande pas à ton prochain : Ës*tu aussi un luthérien? mais demande-lui s'il est un chrétien, c'est-à-dire un fidèle exécuteur de la volonté de Dieu. Et si les papistes prétendent au titre de chrétiens, dis-leur : Que chacun porte le nom de celui pour lequel il combat, dont il est le serviteur. Etes-vous des serviteurs du Christ et défendei-vous son honneur seulement et sa parole ; dans ce cas, vous êtes des chrétiens. Mabû vous combattez pour le pape, pour son honneur, pour ses paroles, voos étrs des papistes! C'est pourquoi, pieux chrétien, n'échangeons pis rhonoraldo nom du Christ contre celui de Luther! Car Luther n*<'sf pa< m«»rl pour nous, mais il nous apprend à connaître celui de qui dérive tout notr»' salut. Ainsi je ne veux porter nul autre nom que celui de mon capitaine Jtsus-Christ, dont je suis le soldat, et qui m'a placé dans mou
ministôrp. J'ai tenu à faire cclto (lt'Tl;irati<*n, pour montrer à tout le luoiide Combien l'esprit «le Diou est partout le même, et cjue, malgré la distance qui nous sépare, Luther et moi nous enseignons la m6me doctrine du Christ, sans nous être eoncertés, bien que je ne m^estime pas son égal ; mais enfin, chacun &it selon la mesure que IKeu lui a départie!» — Quelques partisans trop enthousiastes de la ri^formc voulurent Djarcher plus vite que lés prudentes autorités zurichoises et que le sagp Réformateur. Phisieurs images furent endommagées ou renversées (Inns les églises; à la campagne on parla d'abolir la messe et d'établir la célébration de la ci'ne selon le rite apostolique, l'n cordonnier, Nicolas Hottinger, de concert avec quebjues citoyens, renversa cl mutila un crucifix placé près d'une porte de la ville. Les coupables furent mis en prison et bientôt relâchés sur la prière de Zwingli. Banni de Zurich, le malheureux Hottinger, errant de lieu en lieu, fiit saisi par ordre de h Diète, dans le comté de Baden et exécuté comme sacrilège sur la place publique de Lueeme (février 1524) malgré l'intercession du concile de Zurich. — Après cette première victime du fanatisme religieux, d'autres exécutions d'évangéliques ensanglantèrent différentes localités des cantons catholiques. A la suite du trouble caust' dans le public par la témérité de Hottinger, une seconde dispute puhlmue fut convocjuce à Zurich pour le octi 'lire I :iL>.'î. Les évéques n y envoyèrent aucu!i représentant; elle fut néanmoins très nombreuse ; on y compta neuf cents assistants, sous la présidence de Joachiui Vadian,le bourgmestre de Sldnt-(Jall. La discussion, très intéressante, roula principalement sur Tautorité ecclésiastique, sur les images et Tinvocation des saints, sur le purgatoire, sur la messe. Plusieurs ciirés, les dominicains et les franciscains furent sommés de défendre la messe, les saints, les* images, Tadoration de la Vierge : ils s'en avouèrent incapables et rendirent hommage à la vérité biblique. Lorsque quelques assistants déclarèrent vouloir suivre dorénavant non les doctrines seolastiques, mais les nouveaux docteurs: « Ce n'est pas nous que vous devez croire, s'écria Zwiuiili, c'est la parole de Dieu! Il n'y a que la sainte Ecriture qui ne puisse jamais tromper 1 » Cette seconde victoire remportée par la vérité évangélique sur les erreurs et les inventions humaines émut si profondément Zwingli qu'il versa des larmes à Tissue du colloque. Plusieurs furent gagnés par l'émotion du réformateur et pleurèrent avec lui. — Malgré ce triomphe éclatant, le magistrat, sur l'avis de Zwingli, laissa encore célébrer la messe par égard pour les âmes timorées ; mais on abidit les processions, on enterra les reliques, on enleva, à huis dos, les ima^'es des temples ; on distribua aux pauvres les ornements d'église ; on envoya à tous les ecclésiasti<|ues du canton une instruction sur les fonctions de leur ministère [Christ iwhe inleiturif/, nov. 1523), espèce «le manuel pastoral rédigé par Zwingh, un de ses meilleurs ouvrages de théologie pratique. Des délégués du magistrat, accompagnés de quelques pasteurs, visit^nt.toutes les paroisses de la campagne pour s'assurer si Ton se conformait à la parole de Dieu. — Zwingli, radical quant aux principes, fut très résérvé dans l'application des réformes. Loin d'être iconoclaste, il dit, au SD^et des images et des ornements d'église : « Nous
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laissons subsistor tout ce qui relt'vo le rulte srin> iavori?pr !;t «upprstitiod ; nous ne pensons pas, [)ar exemple, (jiie l'on doiv»> enlever le? images peintes sur verre (jui sont encliàssi'es en manière d'omeiiieut dans les fenêtres des églises, car per^onno ne songe à les adorer. » Quant au ebftnt d*église, Zwingli ne songea nnlleiDent à bannir les eantiques chantés par la communauté chrétienne, et, après sa mort, la paroisse de Zurich eut ses psaumes et ses cantiques comme les auties paroisses réformées. Zwingli s\>tait seulement opposi^, et avec raison, à ces litanies monotones et insignifiantes que des chanteurs mercenures psalmodiaient dans le culte, sans profit pour rédification commun?. — Une troisit^-me conférence, qui eut lieu le l.'i janvier 1524, étaldit définitivement la réforme à Zurich, et dès lors le gouvernement régularisa le mouvement. — On supprima les couvents et on en appliqua les revenus à des établissements de charité pour les pauvres, les malades, les orphelins, les vieillards infirmes et surtout ft des écoles populaires et supérieures. Déjà les chanoines de la cathédrale avaient transformé leur monastère en une école supérieure ou gymnase (1523) qui, sous le nom de cm'olhmm (en souvenir de Charlemagne), devint une des gloires de Zuricli et la l)ase de son université actuelle. G'estlà que Zwingli, avec l'aide des Ci>n^eil?. attira des professeurs distingués (Céporin, Pellican, Collin, Annnan, Binder) pour l'enseignement de la littérature classique, de la philosophie, des scient es naturelles, do I hébreu, do l>xégèse biblique, de la théologie. Lui-même, nommé recteur de l'école, en 1525, y donna des leçons d'exégèse sur l'Ancien et le Nouvcatt Testament, leçons qui ont été la plupart publiées par ses amis et successeurs. Nous signalons les belles Etudes sur les prophètes Esate et Jérémic, que le réformateur avait traités avec une grande prédilection, et où il puisait les enseignements du plus ardent patriotisme et les puissants encouragements ])our le sertice de Dieu. — L'abbesse du vaste et riche couvent du Fraumunster ahandonna ses droits de propriété au sénat/nrichois etiiesc r^'^e^va (pTun pi^tit domaine. Le Conseil remplaça par une loi matriaioiuale la juikIu I ioii iléeliuede l'évéijue de C(jn>taiice. Plusieurs prêtres se marièrent. Zwingli lui-niémo épousa, le7 avriU324, la pieuse et vaillante veuve de Meyer deKuonau, à laquelle il s'étsit engagé secrètement dès 1522, et qui fit le charme et la consolation des dernières années de sa vie. Elle lui amena un fils, Gérold; et deux fiUes, et donna au réformateur quatre enJknts, deux fils et d'eux filles. Les Zwingli qui existent encore en Suisse, descendent d*un frère du réformateur dont la descendance s'est éteinte avec Anna Zwingli, en 1031. En i.'iil), Zwin^di eut la <;rande joie de présenter à sa ehére et tlii-'Q'' femme un e.\emplain> de la Bible zurichoise, en langue allemande, tmduction très inférieure, pour le style, à celle do Luther, et à laquelle* Zwingli avait travaillé avec son collègue Léon Jud, depuis 1525. Zwiugli écrivit pour son fils adoptif Gérold, dont il avait longtemps soigné fédiication, et qui dut mourir à côté de lui sur le champ d'honneur, un excellent traité pédagogique, pénétré à la fois d*un esprit largement jibéral et d'une piété tout évangélique [Quq pacto ingenui adolescentes formandi sint pneceptiones pauculee. Èdid. Ceporin., Basil., 1523.) "
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La maison du réformateur, grice à Tordre, à la simplicité et à Téconomie qu'y faisait ré^'upr son épouse exemplaire, tlrvint un asile pour les pa\ivres, les malades, les afllii^és. nt iiii rofii;.'o iwisplfalifr p»>»ir los iioiiiltreux réfuf/tés venus de foules ])arls, évangi'liques de France', d'Italie, d'-Uleinagne. C est l'eïspril tolérant de Zwingli qui accueillail tontes ces victimes de l'intolérauce cléricale, maintes fuis aussi, IndasI celles de l intoléranee protestante. Le chevalier Hutten, Tintrépide champion de la Kherté en Allemagne, avait été chassé de Mulhouse par un mouvement excité par le^ prêtres; Erasme le fit repousser de Bàle; il se réfugia enfin à Zurich chez le l>on, le tolérant Zwingli qui lui fit un accueil compatissant dans son presbytère. « Est-ce là, écrit Zwingli à Pirckheimer, à Nurcmîierg (devenu plus tard un étroit lutliérien\ e^l-ce là votre terrilde Hutten, ce destructeur, te vainqueur! Lui qui s'abaisse avec tant de douceur vers ses amis, ver? les ••nfants et les plus humbles des hounnes. Coimuent croire qu'une bouche si aimable ait soiifflé une telle tempête! » llutteii; à bout, près de mourir, écrit à son ami Eobaa Hess, i Erfurt : « La destinée ne finira-trelle pas de me poursuivre si cruellement! Ma seule consolation, c'est que j'ai un courage égal à mon malheur. L'Allemagne, réduite comme elle l'est, ne pouvait plus me donner asile : une fuite volontaire m'a conduit en Suisse et me conduira peutêtre plus loin encore. J'espère ({ue Dieu réunira un jour les amis de la vérité, dispersés maintenant dans le iiioiule. et qu'il humiliera nos ennemis î >t Z\vin»;li avait envoyé liutten dans la verdoyante petiti' ilo d'ClTuau, à l'extrémité du lac de Zurich, pour y recevoir les toins du pasteur, qui se connaissaiten médecine. C'est là que le fougueux ennemi des moines mourut le 29 août 1524, à l'Age de trente-six ans. Carlstadt, un autre hanni, fut hospitaliferemint reçu par Zwiugli qui M procura un petit poste ecclésiastique à Zurich même; de là il passa à BAle, où il mourut en 1547.. Zwiogli disait de lui à ses amis : « Fian- * chement, Carlstadt n'est pas aussi méchant comme l'a peint Luther; on n'a qu'à traiter les gens avec douceur et patience! ) Le réformateur avait i^'mndement besoin de trouver dans la retraite et dans les douces et paisil)les joies du foyer domesti(|ue des compensations et des encouragenients au milieu des luttes incessantes et des troubles que lui suscitait son œuvre dillicile. — La haine de sesa<lversaires <ians la diète, dans les Waldstetteu et à Zuricb même, loin de se ralentir, prit un caractère de plus en plus menaçant. ASchwytz et à Luceme il était l'objet des injures les plus grossières; on le br&la en effigie devant la populace fanatisée par les prêtres et les pensionnaires. Les frères de Zwingli étaient consternés de toutes ces nouvelles; ils exprimèrent leurs craintes au réformaieur et le supplièrent d'éviter le sort de Jean lluss. Zwiuj^li leur avait déjà répondu, en leur envoyant son Traifé sur In Vicrfje : «> Tant que Dieu me le i)ermettra, leur écrit-il, je m'ac(|iiilterai du travail qu'il m'a conlié, sans craindre le uumde et ses tyrans superbes. Je sais tout ce qui peut m'arriver. Il n'est pas de danger, pas de malheur que je n'aie dès longtemps pesé avec soin. Mes forces sont le néant même, et je sais lapuissanèe de mes ennemis; mais je sais aussi (|ue je puis tout en Christ qui me fortifie. Quand je me tairais, un autre serait contraint de
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faire ce que Dieu fait mainteuant par moi» et moi je serais puni de Dieu. Rejetez loin de vous, 6 mes chers frères, toutes vos sollicitudes. Si j*ai une crainte, moi, c'est d'avoir été plus doux et plus traitable que notre siècle ne le comporte. Quelle honte, dites-vous, ne rejaillira pas sur toute notre faniillo, si tu es ou brûlé ou mis à mort de quelque autre inaiiiorp ! 0 mes tViTOS bien aimés î L Evanrrile tiont du sanir de Christ cette nalurt' ('touiiante, «[ue les persécutions les plus violentes, loin d'arrêter sa iiiarclie, ne tout que la liAter. Ceux-là smils sont de vrais soldats de Glinst qui ne craignent pas de porter en leur corps les blessures de leur maître. Tous mes travaux n*ont d'autre but que de faire connaître aux hommes les trésors de bonheur que Christ nous a acquis, afin que tous se réfugieot vers le père, par la mort de son fils. Si cette doctrine vous offense, votre colère ne saurait m*arréter. Vous êtes mes frères, oui, mes propres frères, les fils de mon père, et le mêiiie sein nous a portés:... mais si vous n'étiez pas mes frères en Christ et dans l'œuvre de la foi, alors ma douleur serait si véhémente que rien ne saurait l'égaler. Adieu. Je ne cesserai jamais d'être votre véritable frère, si seulement vous ne cessez pas vous-mêmes d étre les frères de Jesus- Ghrist. u — Malgré tous les obstacles venus du dedans et du dehors, le culte réformé fiit établi dans le canton de Zurich avec une suite, une sagesse et un ordre admirables. Par l'entente de plus en plus parfiiite du gouvernement avec Zvving^ et ses collègues, la petite république zurichoise, devenue pour la Suisse ce que Wittemberg était pour TAllemagne, s'enrichit à la fois de citoyens pieux et éclairés, d'institutions utiles et de mœurs austères et chrétiennes. Ln dhn'pline des mœur$, ^ rédigée par Zwingli, et publiée par le Magistrat en mars t.i.30, prouva que la vie civile et la sanctification religieuse devaient se pénétrer mutuellement et être réglées par la loi souveraine de la parole de Dieu. De toutes les superstitions romaines, la messe fut- supprimée la dernière. Aux fêtes de Pâques 1525, on célébra pour la première fois, avec une touchante solennité, la sainte cène selon l'institution de Jésus-Christ et selon la simplicité de l'Eglise apostolique. Zwingli avait composé pour le service de commémoration de la mort du Christ une belle Liturgie dont les dispositions principales sont encore en usage dans les églises de Zurich, l'iie des épreuves les plus douloureuses pour le réformateur, dans la consolidation de sa doctrine et de son œuvre régénératrice, fut, outre l opposition des pa|)istes et les attaques peu fraternelles des huhériens, la })olémique uii|uiétante excitée par les anabaptistes, dont les plus exaltés, rebelles contre toute autorité (Ilul)uie\ er, Grebel, Hetzcr, Mantz^ Blaurock), après de vaines discussions privées et publiques, furent punis sévèrement par les magistrats, soit par le bannissement, soit par des noyades, rigueurs auxquelles Zwingli n'eut d'ailleurs aucune part. Dans plusieurs écrits que Zwingli composa contre ces fanatiques dangereux, dont la devise était « l'esprit », mais dont la pratique était l'antinomisme le plus charnel ; Vim mensrhUcIter iind gœttlirher Gt' rt^rhtifjh'il ; \ on T<tuf, \Vi»'dert<>t(f, K'mdi'rdmf : A'/enc/ms in gaiafmptislaruni struphas). le réformateur e.\posa ses principes sur la lil)erlé chrétienne et sur l aulorité civile avec une lucidité remarquable : u Lu bon
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chrétien, dit-il, est aussi un bon citoyen et un bon magistrat ; et la meiUeiire cité, t'est une cité Traiment chrétienne. La vraie liberté ne consiste pas à pouvoir satisfaire sans obstacle à tous ses désirs et à toutes ses. passions, ce qui serait une tyrannie pire que le despotisme d*un seul ou de plusieurs ; mais elle existe là oii on laisse un libre cours à la vérité et à la justice, et où règne une égalité entière de droit et de devoirs. » — Grâce à la sagessé et à la libéralité des institutions républicaines en Suisse, le mouvement des paysans excité par Thomas Mûntzor ni d'autres rebelles, ne se répandit pas dans la confédération et la rél'onne ue fut pas coiuproniise dans ce pays par ces soulèvements terribles qui lui firent tant de mal en Allenuigne et (|ui furent une des causes principales de l'allaissenient spirituel et de la réaction dogmatique dans le caractère du grand réformateur saxon. Les déploraldes discussions soulevées ù propos de la sainte cène prouveraient au besoin la vérité de notre assertion. Luther, né sous un gouvernement monarchique, élevé dans un doltre, n'ayant jamais pu se détacher entièrement delà scolastique, ni du respect presque superstitieux de l'empire et du sacerdoce, réformait plus en théologien et en pasteur chargé de veiller à la pureté de la foi qu'en citoyen et en politique ; ZwingU, au contraire, agissait autant en homme d'Etat, en républicain qu'en théologien : de là la différence de tendances sociales et de conceptions théo-logiques, différences qu'il faut impartialement constater, sans les exagérer. Dans le Commentaire sur la vraie et la, fausse religion, 1525 [Zu\ opp., III), dédié à François P*", et écrit dans l'intention défaire connaitr»* la doctrine évangélique aux Français, les grandes vérités du christianisme sont exposées avec beaucoup de clarté et avec une grande richesse de citations bibliques. Cet ouvrage important est le premier Iivté' de dogmatique protestante, après l'apparition des Loci, de Mélaucbthon 1521). lîien n'égale lafrancbise avec laquelle l auteur y met à découvert la fausseté du système romain, si ce n'est l'énergie avec laquelle il expose la foi évangélique et la piété noble et pure des vrais ad<»lateurs de Dieu en Jésus-Ghrist, l'unique 'sauveur, dans la communion du Saint-Esprit. La Préface, adressée au roi de France, est digne de celle que Calvin, dix ans plus tard, adressa à ce même monarque. No- ' tons cette noble parole qui indique le caractère positif de la réformation suisse : « Nihil possnmus contra veritatem, et positi sumus adtedifiea»' dbim, non ad destruendum ! » — Dans sa dogmatique, Zwingli expose pour la première fois puldiquement sa manière de voir sur la sainte cène, et se prononce dans le sens d'une simple commémorationde la mort expiatoire du Sauveur, repoussant toute idée d'une i)résence corporelle et locale du corps de Jésus-Glirist. Dans la polémi(jue qui s'ensuivit entre les théologiens saxons et les tiiéologiens suisses, on peut al'lirmer que Luther, par son opiniâtreté dogmatique et ses subtilités scolasliques, et surtout par sou manque total de modération et de convenancs, se montra sous son plus mauvais jour, se fermant ainsi à lui-même toutes les voies de la réconciliation; tandis que Zwingli, par sa science sérieuse, par sa caimeur et son esprit de .fraternité, par son spiritualisme élevé et par hi lucidité de ses démonstrations bibliques (son argument capital
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était Jean YI, 63), doit gagner la sympathie de tous les jng< s non prévrnus. T.uthor et ses partisans (Bugenhagen, Strauss, Pirckbeimor;
les Wurteinbcrpeois lîrPiiz et Osiander, ailleurs du Sf/ngranimn, sont bf'uncôup plus modérés) ne trouvent pas des tonnes assez grossiers et des injures assez furies pour dénoncer au grand public " ces zwinjrliens diaboliques », « ces prophètes fanatiques », n ces rêveurs ivres •> {Schwiermery Sttenneri) ; ZwingU et ses amis (Oexolampade, Capitou, Hédin,Bncer) font précéder ou suivre leurs brochures de prières ferventes, dans lesquelles ils demandent à Dieu de left guider dans la recherche de la vérité et de consolider Tunion entre tous les frères évangéliques. visà-vis des incrédules et des papistes. — Dans la Arnica Exegesis, i. e. positio euckarislix nei/ocii nd M. Liithorum modèle de polémique
éloquente et fraternelle. Zwinpii apostrophe ainsi le terrible champion de la présence corporelle : « Kxponimus noslram in Kiicliaristia senn tentiam hactenus, doclissime Lutliere! Tela tua arbitror ouniia aut » esse jain e nianibus erepta, aut sua spunte lapsura : quœdam eniiri sic » in te retor&imus, ut vel arcem dedere istuni [la présence corporelle] » cogaris, vel te ipsum redargoere. Quis mortalium omnium unquant » fuit, de quo juredici potuerit «ieXxxT|To;? Novi nihil patieris, si dicas : » Miki exeidif In multis enim offendimus omnes ! Uic autem inauditum '» quid patereris, si de Lutbero diceretur : nusquam lapsus est, nus- » quamfalsus; imo blaspheniium, quum tibi stulti tribueremus, quod » solius summi niiminis est. Meinineris quantum lurri f;iefurus sis nii- ») seris (îernianiie pupulis, qui jani oniuos doini s(>ntiunt, (jiiod tute » sentire non vis vel non audes, si unuin hoc verliuiiiin ingénue pro- » feras. Vincet. vincet indubie senteutia nostra, sed le obstanle labo- » riosiorBrit Victoria : parturiri cniui oportebit, quam inveuisse omnes » gratularemur, si Mihi exeidif dixeris. llumanum est errare, labi* 9 &lli, decipi. Humanum abs te nihil alienuni putas. Die ergo apud te :, » quid si Mi/u excidi ? Memineris quanta per te in médium protulerit! » Haec, inquam, est absolulio nostra^ expiatio, satisfactio ac peocatoram » omnium remissio, cum Jesu Christo, Dei filio, tidimus : jani enim » seimus omnia nobis cum illoet per illum dimari. (Juid nmlla * Augia? » slaltiilniii, si eas imagines quin ad cullum [)rnsfant, sustulisses : » liclum iii pane corpus Ciiristi nn-poraliffr nun edt rcs : in evangelii » luce videres purgalorium rele pccuniaruin esse; absolulioneni auleiu » vel claves evangelii fidem : unum solummodo Deuui ac mediatorem » Dei et hominis lllium Christum Jesum, non solum repurga visses. » verum etiam cœlum ipsum tulisses : unum corpus sumus, eaput » Ghristus est, alter oculus iMtherus est I Te ergo, o venturum saeeu- » lum appello, ut pro judicii tui integritate de bis nostris. pronuneîes. » Non dubitamus enim et hujus pugna^ quiddani ad te pcrventuruni et » te hujus aut istius affeetunni quam minimum babiturum. ludefi magi<- » fra flirfrl! Lampada porrigiinus ! Vale. " — Les généreux efforts des tbéolugiens de B;\le. de IJerne et de Strasbourg, pour ramener la coucorde entre les deux grands adversaires protestants au sujet de la cène, et le colloque de Marbourg, réuni par Philippe, landgrave de Messe (15:29 ; voy. cet article) ne purent empêcher la funeste scission entre les
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deux Sglûes sœurs issues du mouvement rénovateur du seizième siède. Utmipn évang>'li([ue, poursuivie de nos jourspar tous les esprits éclairés . et généreux du protestantisme ne pourra s*établir que sur la base des doctrines vitales de la réformation : la justification par la foi et l'autorité nligieuse des saintes Ecritures. — Zwini^li. cumulant les fondions de pasteur, d'organisateur des églises, d'écrivain et d'homme d'Etat, tra- \'aillant avec une ardeur et une facilité à toute épreuve, voyant ses vœux entrav»''s do tous cAtcs, ne perdit point courajje et continua vaillamment à man licr i-u avant sur la route que Dieu lui avait tracée. Le Colloque de Badr (15 mai \o'2V)) où Haller et OKcolampade défendirent la. vérité évan^élique contre Eck et Faber, et dont les débats (officiellenieiit publiés en allemand) lurent suivis; assidûment par Zwingli resté à Zurich par mesure de prudence, fut en déhnitive vaw victoire pour les réformés, bien que les papistes, le virulent moine Thomas Mnnrar en téte, s'attribuassent le triomphe. L'importante Conférence de Berne (janvier 1528), dans l'église des Franciscains, inspirée et présidée pir Zwingfi, consolida la Réforme dans cette puissante cité, et répandit la prédication évangélique dans plusieurs cantons limitrophes. Les Deux préchéspar Zwingli à Berne, à cette occasion, furent imprimés et largement répandus ; Je réformateur y développe avec une grande abondance de preuves les vérités fondamentales du christianisme, d'après le Symbole apostolique, et démontre éloquemment la nécessité d'abandonner le culte d«'s saints et des imagos. L"ni' excellente institution due à l'initiative de Zwingli furent les syno<les, tenus dès lo^H à Ziiricb, à Frauenfeld, en Tliurgovie, à Saint-Gall. et dans d'autres localités. Ainsi fut établi le régime presbyléral <|ui caractérise l'Eglise réformée et auquel Calvin devait imprimer le sceau de son génie organisateur. En 1529, Zwingli dédia à Pliili[)pe de liesse son beau traité De procidentiar développement philosophique d'un sermon ||ull avait pronencé à Biarbourg, lors du colloque. — Lès quatorze Articles de Marbourg, rédigés par Luther et signés par les autres membres du colloque, furent révisés par les théologiens saxons à Schwabacb et formèrent la base de la célèbre confession d'Augsbourg. Les quatre villes libres. Strasbourg^ Lindau, Constance et Memmingen, présentèrent à Charles-Quint une confession spéciale (Tetrapolitana). Zwingli tint à envoyer à l'empereur sa confession individuelle {/talio fidel, 1o30', dans laipielle il donna un résumé substantiel de sa do<'trine, et qu'il détendit vietoi ieuseiiieutcontre Eck. Zwingli s'était lié iiitiuieinent avec Philippe de liesse cl entretenait avec ce prince une reniar([ualde correspt)ndanee ptditit[ue, la [dupart «lu temps chitrréc ^voy. dans liriegcr, Zeit^chr. fin- Kivcfivnfj.^ 1871), vol. III, l'*? articles très ii)>tru('lirs de M. le professeur Max Lenz, de Marbourg, i^ui a découvert la clef de cette correspondance dans les archives de Hàibourg). Les plus vastes plans politiques, dont le réformateur était fauteur et dont le landgraf devait être l'exécuteur, sont discutés dans ces lettres. Zwingli^ qui avait déjà 'établi l'alliance des réformés ptr k camàourgeoisie chrétienne [cAristlich Burgrecht)^ elliance où entrèrent peu à peu Zurich, Berne, Bàle, Constance, Strasbourg, Mulhouse et le landgraf lui-même, songeait à une grande confédération
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évangéli(jue qui devait embrasser tous les protestants de l^Eoiope et dont le but secret était de tenir en échec, peut^tre même d'abattre U puissance réunie du pape et de la maison d'Autriche. Les vUles libics du sud de TAllemagne, le duc Ulric de Wurtemberg, et même Ftançois I" et les Vcînitiens, devaient fournir des appuis à cette Ligue protestante, qui était une généreuse, mais illusoire conception de Zwingli, que les oppositions des esprits timorés et la triste issue des guerres religieuses en Suisse ont fait échoupr et traiter par maint historien dp chimère zwini^lienne. Sans nous faire 1«' panégyriste des prnjt^ts politiques de Zwiufxli, nous ne protestons pas moins contre les ju^'ements étroits et peu l'Iiaritaldes auxquels ils ont donné lieu (voir Merle d'Aultifiiéel Stahl, par oxeinplc', et nous admirons sans réserve l'élévation de sentiment et le patriotisme elirétion qui ont inspiré au réformateur suisse ses idées de liberté religieuse et d'indépendance politique. — Le inéiue esprit de piété libérale et de largeur chrétienne- et humanitaire pénètre le dernier ouvrage de Zwingli^ adressé encore à François I*', et qui n'a été publjé, comme le Chmt du Cygne, qu'après sa mort (1536), par son fidèle disciple et successeur Henri Bullinger : ChrUHanx Fidei a H. Zwinglio prxdicatx brevi's et clara Exposition livre classique et, à noirp avis, le chef-d'œuvre littéraire du réformateur quant à la précision élégante du style et à la lucidité de l'exposition doctrinale. Nous citoas ici le célèbre passage sur l'admission des païens pieux à la félicité éternelle ; rien ne nous semhle prouver mieux que cette citation combien Zwini^li s'élevait au-drssus do son siècle, et avec (juelle profondeur de conviction il reconnaissait, dans le cliristiaiiisine, le règne de Dieu, la religion universelle, qui embrasse tous les jusles de tous les temps : « Je crois que les Ames de ceux qui meurent en Christ, montent au ciel dè? qu'elles se sont dégagées de leur terrestre enveloppe. Là, elles enlreui dans une étroite communion avec la Divinité, et jouissent d*un bonheur éternel. 0 roi très chrétien, si dans ta carrière tu suis les traces des David, des Ezéchias, des Josias ; si, comme euz^ tu fids un bon emploi du pouvoir que Dieu t'a confié ; crois-le, tu verras un jour Dieu luimême, tu comprendras son essence, tu contempleras les merveilles de sa toute-puissance, tu jouiras des trésors de sa bonté. Là, tu dois espérer de voir tout ce qu'il y a eu d'hommes saints, courageux, fidèles et vertueux dès le commencement du monde, de jouir de leur commerce et de leur intimité. C'est au milieu d'eux que tu verras les deux Adam, h- racliet/' et 1.' rédeni|)teur ; Ahel, Enoch, Noé, Abraham, Isaac, Jacob. Juda. Moise, josue. (i«'(li on, Samuel, Phinée, Elie, Elisée; Esaïe et la vier|i;e bénie dont il a propiiétisé; David, Ezéchias. Josias, Jean- Baptistt!, Pierre et Paul. C'est encore là (jue sont Hercule, Thésée. Scv crate, Aristide, Antigone, Nuina, Camille, les Galons, les Scipious; saint Louis et tes a'ieux qui ont marché dans les sentiers de la Foi. Qae dirai-je de plus? Depuis la création jusqu'à la fin du monde, il n'a pas existé et il n'existera pas de cœur droit, d'âme noble et pure, qui oe jouisse du bonheur de se réunir à notre Père céleste. » — De même qae Zwingli agrandissait l'Eglise invisible en faveur des païens, de mène il revendiquait dans l'Eglise visible, et au sein même des communautés
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protestantes, le droit de diwusaion théologique et le devoir des magistrats de laûser circuler librement tous les livres de controverse religiense, tant qu'ils n'attaquaient pas les autorités légitimes et qu'ils ne renfermaient rien de nuisible aux bonnes mœurs. Une de ses lettres les pins élo(|iiontes est adressée au conseit do Nuremberg qui, sur Tinstigar lion de Pirckheinier, trop fervent disciple de Luther, avait défendu à ses subordonnés hi iectiire des livres zwingliens sur la sainte Gène. C'est un curieux document sur la liberté de la presse religieuse au seizirme siècle. Nous en détachons un passage : « Vos ergo, viri pi iiiiciitissinii et » domini clementissimi, per Deum et tidem veram, qua simul vohiscuin
> in illum credimus, oro et obtestor : Primum, ne uostrœ ecclesiai et » indyts Tigurinorum dvitatis (quam vobis singulari studio et amore » oommendatam esse non dubito)exeniplumvelconteninereveldamnare » libeat, quse omnes, cujuscunque tandem sint generis, libros Papisti- » ces, Anabaptisticos, de corpQrea carnis et sanguinis Gbristi in pane » prœscntiaconscriptos, libère venundari, emi, legique permitlit. Ëodem » modo vos quoqtie inviclissimos et inexpiigiiabiles D. .iDcolampadii, » fratruni Argentinensiuni, Augustanoruni ac meos libros, qui in liujus » rei trai latione conscripti sunt, in urbe vestra venuni exponi, baberi
0 ac legi patiamini. Nam si Apostoli sententiam sequi voluerimus,
• omnÛK probare, et quod è&num est, reiinere debemus. Qua ratione
> autem aliquid probare dici poterunt, qui in hoc incumbunt, ut
• caveant, ne a quoquam cognosci et iutelligi possît? Deinde, ut juzta
• primitivse simul et nostne, qu» Ulmœ, Tiguri, Gonstantiie, et alib » in locis quam pluribus est, ecolesise exemplum utramquc de coena » Christi Jesu sententiam citra orane impediraentum eorani tota eccle- » sia prîedicari et audiri, et ec^lesia? de his judicandi potesfateiii facere » permittatis. Si enini illud fiât, unus et idem spirilus omnes ecclesias '» unanimes, et ejusdem sententia» studiosas redrb^l. Quod si veroillud
» minus permissum fuerit, jam de sententiis istis puguie, discordiœ et . » concertationes in iis quuque ecclesiis exorientur, quœ ad evangelii t partes conœsseruot. «Vos omne hoe eo animo, quo nos hsc conati
1 sumus, accipere dignemini. » — Depuis la victoire dé la Réforme à Berne, où les drames satiriques de Manuel avaient achevé de discréditer le papisme, le mot d'ordre de Zwingli était : la libre prédication de l'Evangile et l'abolition des pensions et des guerres mercenaires dans toute rétendue de la Confédération suisse. Les Waldstetten, s'appuyaut sur leurs antiques privilèges, et forts de leur alliance avec l'archiduc Ferdinand d'Autriche, frère de Charles-Quint, se refuser* nt abs(duiiient d'accepter ces exigences, qu'ils regardaient, non à torl à leur point de vue^ comme une immixtion tyrannique dans leur gouvernement intélieur. Dès lors la guerre civile et religieuse, longtemps évitée, devint imminente. Les catholiques^ qui avaient déjà assouvi leur haine en &itint exécuter, au nom de la diète de Baden, le bailli Wirth et son fils, accusés injustement de l'incendie de la Chartreuse d'ittingen (septembre 152i), consommèrent la rupture par le martyre du pasteur réformé Jacques Keyser, traîtreusement saisi et brûlé vif à Schwytz. Une armée xurichoise s'approcha des [routières de Zug, et déjà les deux troupes
ennfimîes t*taipnt en présence, lorsque le vénérable Aebli, landamman (le Glari?, supplia los confétiérés de ne pas sVnj^ager dans une lutte fratricide. La paix fut coiichie juin 10:29): mais Zwinirli. présent au camp coiume aumônier zurichois, di rlara prophétiquement que la roncorde ne reviendrait pas par des demi-nie<iirrs. II déposa ses prPS?fMtiments dans un chant méiancidique, comn)en»;ant par ces mots: " Guuverne maintenat ton char, ô Seigneur, car nous sommes près de devenir la fable des orgueilleux!» — 11 avait la ferme persuasion qu'en faisant une imposante démonstration armée contre les Waldstetten, les léfi»més les auraient obligés d*accorder la libre prédication évangéliqiie;il demandait d'ailleurs que nul ne fût contraint à ebanger de religioD. mais qu*en tout cas il fallait abolir les pensions et le service mercf» naire. Ces trormes de discordes ne tardèrent pas à rallumer la guerre. Les Bernois. longtemps hésitants, firent passer la malheureuse proposition de l)loquer les Waldstettea et d'interdire sur leurs frontières If commerce des grains et des subsistances : c'était, d'après l'avis expriinen chaire par Zwingli, la mesure la plus fiinoste; et c«»mme on hii i-n imputait l'odieuse responsabilit»'*, il se présenta devant les conseil», le 26 juillet 15;îf. pour leur remettre sa démission. 11 était profondément navré ot avait les yeux en larmes, lleprenant son poste, après trois jours de réflexion, sur les vives instances des magistrats, le réformateur, triste, mais inébranlablement dévoué au devoir et à la patrie, se regarda | dès ce moment comme une victime destinée à la mort. « Une chaîne «t ; forgée, s'écria-t-il dans un sermon, et cette chaîne m'étranglera, ! maint honnête confédéré avec moi I » Une- nuit , Zwingli se rendit avec le professeur GoUin et Werner Steiner ches le jeune pasteur de | Bremgarten, son cher Henri Bullinger, dans la demeure duquel étaient ; réunis quelques députés bernois. On y discuta chaudement les intéiélf j et les périls des réformés suisses. Avant le jour, en partant, le n'-f'^nnateur, prenant congé de son disciple et collègue bien-aimé, bientôt N»a surcesscnr : « Adieu, cher Henri, lui dit-il. liieu te garde î Sois tidéloà Jésus-(^lirist et à son Eglise!» — Les Waldstetten, exaspén's par If blocus, ci voulant frapper contre les Zuricliois un coup rapide et imprévu, se concentrèrent à Znir et s'avancèrent, au nombre «le huit mille hommes, vers Gappel, au pied de TAlbis, après avoir lancé une dit'lalatîon de guerre. La panique fut extrême à Zurich (10 octobre 1331). Le lendemain, un corps d'armée d'environ sept cents Zurichois, commandé par Goldli et par Rodolphe Lavater, réuni à la hâte et mal équipé, fot enveloppé de toutes parts par les troupes catholiques et complètement débit (11 octobre 1534). Parmi les morts se trouvaient beaucoup de mtgistrats, plusieurs ecclésiastiques, entre autres le brave Geroldseck. et | Zwingli lui-même, tombé près de la bannière principale. Anna Reinbard avait perdu son frère, son beau-frère, son gendre, son fils Gérold et son mari 1 Frappé d'une pierre et blessé d'une pique, le réformateur avait été renversé près d'un poirier, aux premiers ratigs des combattant?. Levant ses yeux vers le ciel, il s'écria : « Qu'import»^ qn^^J»' sucoondte : ils peuvent bien tuer le corps, mais ils ne peuvent tu^r I rsprit ! » O furent ses dernières paroles. Il refusa de se coufesser et d'invoquer les èanits; ,
alors un officier ennemi lui plongea son épée dans le cœur. Son cadavre, reconnu le lendemain, fut écartelé par la soldatesque fanaliijue et brûlé par la main du bourroaii ; ses cendres, mêlées avec des cendres de porr, furent di8j)ersées aux (jiiatre vents (12 octobre !5.'H ). Jean Schœnlirunner. i-atliolique zuric^hois au service des Waldstetten, reconnaissant le corps de Zwin<fli, dit avec émotion : « Quels qu'aient été tes torts en religion, tu lus néanmoins un fidèle et loyal confédéré. » Ainsi périt Zwiogli; mais la cause sacrée à laquelle il voua sa vie, et pour laquelle il mourut en héros, la cause de la liberté et de rEvangile, ne snceomba pas avec lui. Sur la place où tomba Zwingli, le gouvernement de Zurich, en 1837, a fait ériger un bloc de granit brut ; chacune de ses ' deux faces porte une inscription, l'une en latin, l'autre en allemand. — LsTie et Tœuvre du réformateur-martyr nous restent comme un haut enseignement de vertu et de dévouement jusqu'à la mort. En rendant cet hommage à cette grande et noble mémoire, notre.pensée s'élève jusqu'à l'Auteur de toute vérité, et nous bénissons Dieu en saluant celui qui s'est sacrifié pour elle.
II. Thêologik dk Zwingli. — D'u^u est le sourerain Dira, la toutepuissance, la v/'rité, la justice, la sainteté, l'ainour parfait. Sa Providence détermine tout avec une souveraineté absolue. Ce que nous attribuons au Père, au Fils et au Saint-Esprit se rapporte à la Divinité unique, indivisible. En effet, PEcriture sainte attribue au Père la toutepuissance, au Fils la gréce et la bonté, au Saint-Esprit la vérité. L'Etre souverain et étemel est donc, par sa nature même, tout-puissant, absolument bon, -vérité parfaite. « Tn dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toutes tes forces; » c'est là une loi qui pour l'esprit bumain surpasse toute science ; c'est la bonne nouvelle du salut de Phumanité; car celui qui veut être aimé nous a aimés le premier; s'il ne onus aimait pas, pourquoi se serait-il révélé à nous ? C'est lui qui a créé, qui conserve, qui anime tous les êtres. Il aime toutes ses créatures en Père; nous devons l'aimer, à notre tour, connue notre Créateur et notre Père. Nous sommes soumis à sa loi: hii-iiièni»; est au-drssus de t<»utes les lois, il est la liberté siKiveraine; (jui, en effet, iujposerait des lois au Tout-Puis?ant, et qui enseignerait celui qui est la lumière même? Ceux qui connaissent Dieu savent que leur vie doit être réglée selon sa volonté ; ceux qui ont la foi savent qu'ils sont élus par Dieu ; qu'ils ont à s'abstenir de tout ce qui est contraire à la loi divine. C'est pourquoi toutes choses concourent au bien des élus ; tout ce qui les concerne arrive selon la proyidence de Dieu ; rien n'est petit ou indifférent aux yeux de Dieu : le hasard est un mot impie. Bref, d'avoir une foi inébranlable en la providence, c*est pour les adorateurs de Dieu la meilleure arme contre les accidents terrestres. Le croyant s'élève au-dessus du monde avec grandeur d'âme et méprise tout ce qui est au-dessous de lui. Car, sachant que la providence règle tout, il dira : les dispensations divines sont toutes pour mon bien ; il faut que je surmonte tojites les difficultés et toutes les misères d'ici-l>as avec une inaltérable patience; y suis un instrument de Dieu, il veut que j'emploie utilement ma vie et que je ne la dissipe pas dans la paresse; hcureu.\ celui que Dieu appelle
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son collaborateur : il sera prcH à sacrifier cette vie caduque et misérable pour la gloire de Dieu et pour le bien de riiuninnitH. C/ost là «ju»^ nous conduit la foi en la providence divine. Dieu dira à ces ea.Mirs vaillante : Courage! rien ne vous arrive par hasard; tout arrive iniaillildenient par nui volonté dont le dessein est votre bien éternel. Quand vous aurez • courageusemeDt supporté toutes vos épreuves, vous remporteres la plus belle victoire là-haut, dans la communion des bienheureux, oà sont rassemblés les hommes justes, sages, pieux de tous les siècles, où la témérité ne s'appelle pascourage,rhypocrisie piété, le bavardage science, la vaine subtilité sagesse. Là-haut, on ne rencontrera que ceux qui ont recherché non les scories, mais la vertu solide et éprouvée. — La foi n'est pas une simple opinion nécessaire de l'intelligence, mais l'inébranlalde confiance de Y\u\o, saisis.-anl les choses invisibles; c'est l'espérance s'attachant à la plus sûre des certitudes. foi n'a aucune relation avec les sens charnels ; elle ne peut se rapporter aux créatures, mais uniquement au Dieu vivant et invisible. Cette puissance intime de Tàme ne peut provenir de Thomme (autrement chacun voudrait avoir la foi) ; elle ne vient que de Dieu seul, par son Saint-Esprit. Les hommes charnels recherchent les choses terrestres, mais les hommes nés d'en haut aspirent aux choses célestes. La foi est le meilleur et le plus précieux dnn rie Dieu. L'homme, c'est -à dire la chair et le sang, ne peut comprendre ces choses divines. Il est tellement accablé sous b- poids de srs péchés, qu'il lui est impossible d'arriver à Dieu par lui-même. Mais dès qu'il nM-uunait que, par sa propre force et par sa propre justice, il ne peut être sauvé, mais uniquement par la miséricorde de Dieu, il attribue cette connaissance à Dieu seul. Un tel homme est créé d'en haut, régénéré; une vie divine commence en lui ; sa vie antérieure lui est en horr reur ; il déteste le péché, il s'humilie devant la majesté divine, il se repentjournelleuient et il se purifie de plus en plus de s( s transgressions; quand il tombe dans un nouveau péché, il se relève et accourt vers son Dieu sauveur, s'arme contre l'ennemi et reste inébranlable à son poste. — L'honunr, créé primitivement à l'image de Dieu, est toml>é dans Ir pn-lic depuis la chute d'.Vdam ; le péché est une maladie \ein firent) qui a pénétré l'humanitr- tout entière. L'homme, sous le poids de la chaii\ pèche constamment contre la loi de Dieu, qui est la loi de Veiprit . L'homme est sous la loi ; Dieu, auteur de la loi, est audessus de la loi ; lui seul est souverainement libre ; nos péchés ne peuvent cependant pas lui être imputés, bien que rien n'arrive sans sa volonté. Nous sommes seuls responsables du mal qui est dans le monde ; car Dieu ne veut que le bien. Nous sommes tous des instruments dans la main de Dieu ; mais nul pécheur n'est excusable, car la loi de Dieu ne nous a été donnée que piuir que iioii-, accoiu[dissions sa volonté sainte et bienfaisante. — Tiuitcfois. l liuuianité étant incapable de se relever de son misérable état de péché, Dieu nous a envoyé son Fils unique pour nous révéler sa justice et son amour, et pour opérer notre rédemption, et pour créer en nous une vie nouvelle. Par sa mort eipiatoire (selon son humanité, car la divinité ne peut mourir), Jésui-CMi nous a réconciliés avec le Père céleste et a ainsi satisfait à la justice, à
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te sainteté et à Tamour de Dieu. Nulle créature n'aurait pu consommer rouvre (le notre salut; c'est pourquoi, reconnaissants envers un bien&it si inestimable, nous devons pnti^rement nous consacrer à Dieu et marcher sur les traces de notre divin Maître et Sauveur Jésus-Christ, notre unique médiateur, notro li])érateur, notre guide siipr(^me. Christ n'est pas un modèle en bois sculpté, une inia^^e morte et insensible, mais un ntodMe vivant qui Hoit nous exciter à une vie sainte dans toutes nos reliifums d'ici-bas. Nous ne pouvons aspirer aux choses célestes sans aiiiindonner et dédais^nier les choses charnelles et terrestres. Olui qui aime encore le monde ne peut pas aimer Dieu, mais celui qui méprise le mondé trouve sa félicité dans tout ce qui est vrai, juste, saint, éternel, divin. — La nature du grain de sénevé exprime la nature de la foi ebrétienne : elle doit de plus en plus augmenter et se manifester dans notre vie journalière, où Ja lutte entre la chair et Tesprit est incessante. Aujourd'hui, rejetons tel péché ; demain,'tel autre, jusqu'à ce que nous soyons parvenus à la vraie stature du Christ. Ne nous reposons jamais, ne nous arrêtons pas en route ; notre pèlerinage d'ici-bas traverse des chemins glissants, mais courage 1 par la persévérance et par la foi en h divine providence, par le regard attaché sans cesse sur Jésus-Christ, notre jruide céleste, nous arriverons infailliblement au but que Dieu nous a proposé dans son Kvanirile. En connaissant le vrai Dieu par Jé?us-Christ, comme notre Père côleste. unique, tout-puissant, sage, saint, juste et miséricordieux, nous ne pouvons l'adorer qu'en esprit et eu vérité, non par des cérémonies extérieures, par des inventions humaines, par la pompe du culte, mais simplement en lui donnant notre «enr et en lui consacrant toutes nos pensées et toute notre activité. La mue religion consiste dans la foi en Dieu par Jésus-Christ et dans l'amour du prochain : tout le reste n'est que vanité et hypocrisie. Christ t honoré le Père en faisant le bien à tous et en se sacrifiant pour tous ; c'est ainsi qu'en bannissant l'égolsme de nos cœurs' et en suivant l'exemple de Christ, nous adorons véritablement Dieu et nous trouverons le vrai bonheur dans ce 8er^ice qui se résume dans la prière dominicale : Que ton nom soit sanctifié ; que ton régne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. — Dès <jue la Parole de Dieu éclaire l'intelligence humaine, elle lui <l«mne la certitude des promesses divines, car elle est le gage de notre sahit et la lumière même. Bien seul, par son esprit, peut nous amener à compreudre sa divine parole. Nulle sagesse humaine ne saurait nous l'interpréter, car nul ne vient à Jésus-Christ que celui qui est attiré pjir le Père lui-uièine. Si le Père céleste veut lui-même être notre guide et notre maître, pourquoi s'adresser & d'autres guides et à d'autres interprètes? La foi des apôtres n'est si certaine et si inébranlable que parce qu'ils sont enseignés de IKeu. Tous ceux qui ont l'esprit de Dieu connaissent Dieu et se connaissent eux-mêmes ; ils sont persuadés que la parole de Dieu n'est que vérité et sainteté. C'est pourquoi, rejetant les guides et les interprètes humains, allez directement à Dieu pour qu'il vous ouvre l'intelligence le sa parole et les trésors de sa révélation infaillible. Ne jugeons pas I>ieu, mais suivons humblement sa parole ; ne prétendons pas ensei-
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g^nor Dieu : liii-inômc v< ut •'■trc notro inii(|uo instituteur. — Voulezvous bien comprendre l'Erriture? Eh bien! avant tout, demamlez à Dieu son Ksprit, afin que le vieil homme en vous soit tué, ce vieil homme, qui est fier de sa science et de son pouvoir ; en second lieu, laissez entrer Dieu dans votre cœur par ta saiote parole, et aeeordei à eelle-ci une pleine et entière confiance ; troisièmement, si voua tous sentez éclairés, consolés, fortifiés, priez Dieu qu*il affermisse en vous cette foi en sa parole, car cèlui qui est debout, qu'il prenne garde qu'il ne tombe?— 'Si tu sens que la parole de Dieu te renouvelle, que tu Taimes plus que les doctrines humaines: qu'elle te donne la ferme aîisurance de la pràee divine et du salut éternel ; (ju'elle t iiuniilie et t'anéantit devant Dieu, et qu'elle exalte Dieu à les yeux et le glorifie; sirnlin tu sens que la parole divine te rend joyeux dans la ciainte de Dieu, c est un résultat certain et béni de l'efticacité de la parole de Dieu et de l'esprit saint. — Ge n'est pas l'Eglise romaine qiii est juge de la * vérité de l'enseignement chrétien, mais c'est la ftaroiste ivangélique, ce sont les croyants éclairés par la parole de Dieu qui jugent si la doctrine est on non conforme à l'esprit de Dieu. Or, celui qui a foi en Dieu comprend et juge toutes choses : il faut que Thomine intérieur juge la parole extérieure ; et si la jtaroisse est pénétrée de la parole de Dieu, Dieu lui-même est au unlieu d'elle et lui donne sa lumière, sa vérité, sa pjiix. sa sainteté, sa consolation. .Mors, les faux durteurs et les bavards sont obligés de se taire d'eux-mêmes. C'est pourquoi b's /aies ont non seulement le droit, mais le devoir de lire èt d'étudier la parole de Dieu, et d'émettre leur avis sur l'enseignement chrétien. Dieu ne refuse son esprit à aucun fidèle qui l'invoque sincèrement et humblement. Il fout donc honorer uniquement la parole de Dieu et n'accorder notre- confiance il aucune parole humaine en fait de doctrine religieuse : car tous les hommes sont menteurs {omm's homomendax). La parole de Dieu seule est certaine, claire, infaillible; elle ne nous laisse pn< dans les ténèbres: elle nous enseigne par elle-njéme et non par ses interprètes; elle pénètre l àme humaine <le gràee et de salut: elle l'assure en Dieu: elle l'huniilie, l'anéantit, afin qu elle se perde elle-même et se relève et se retrouve en Dieu, dans lequel elle vit, auquel elle aspire. Renonçant à toutes les créatures, elle ne trouve de repos qu'en Dieu; comme il estdit au psaume LXX'VII : « Ma voix s'adresse à Dieu, et il m'écoute; je cherche le Seigneur au jour de ma détresse ; mon àme refusait d'être consolée, mais le Dieu fort s'est souvenu de moi et m'a consolé. » La vie étemelle, l'Ecriture nous l'affirme, commence des ici-bas pour les croyants, n<Nl dans sa p<'rfeeti<ui, mais dans la eerlitude d'une espérance inaltérable. — On aurait bien l'ait de ne pas introduire dans le culte chrétien le mot <le sncrrnwnt (}ui impliijue l'idée de quehjue chose de magi<pie et de mystérieux ; d'autres emploient le mot signe, mais prétendent que, moyennant ce signe, il s'opère dans l'âme du croyant une purification intérieure ; d'autres enfin sont, d'avis que le sacrement est un ngnetjfmboligue qui manifeste la foi du croyant et sert comme de sceau i la certitude qu'il a de la iniséri> orde divine. C'est là l'opinion de Zwingli, et il la soutient d'après l'Ecriture, en appuyant son argumantation sorlout
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tur le passage Jean YI, 63. — En effet, le sacrement ne peut être autre ebosequ*iin signe d'initiation (baptême) ou de profession de foi chrétisone (sainte cène). Il est impossible que Je sacrement par lui-même puisse conférer à l'homme une grAce quelconque. Dieu seul, parla foi, peut nous donner le pardon, la paix, la régénération, la sanctiiication en Jésu^-Ghrist, notre rédempteur; aucune chose extérieure ne peut nous communiquer res gnlces divines. Si l'on admet que les sacrements peuvent nous conférer la \i:ràce de Dieu, on diminue l'efficacité de la mort du Christ, et l'on attribue à un rite extérieur ce qui ne peut étn' que l'effet de la toute-puissaiito action de l'esprit divin. Donc les sacrements, dont personne ne doit d'ail!(Mirs nier l'institutiini divine, ne peuvent avoir d'autre but que de servir de témoignages publics de notre foi en Jésus-Christ et de notre attachement à son Eglise. Plus nous honorons TEvangile et plus noua attachons un prix inestimable à i*œum rédemptrice de notre Seigneur Jésus-Christ; plus aussi nous accordeions de valeur aux sacrements qui sont les symboles sacrés de la grâce et de la miséricorde divine. La bague d'alliance que le roi a offerte à son époiise n*estpas estimée par .celle-ci selon sa valeur matérielle en or; mais elle a pour la reine un prix inestimable, précisément parce qu'elle est le s\'mbole de l'amour fidèle du roi; c'^st pour la royale épouse la plus précieuse de toutes ses bagues, parce qu'elle lui rappelle l'union étroite qui l'attache à son époux : do même, le pain et le vin, dans la cène, sont les symboles de l alliance que Dieu a établie entre lui et les chrétiens par la mort expiatoire de son fils jésus-Ghrist. Le signe matériel est infiniment inférieur à la chose signifiée; mais par le symbole nous remontons directement au don de Dieu, nous lui rendons grâces (Eucharistie) pour notre salut opéré en jésus-Christ, et nous prenons l'engagement solennel d*aimer nos frères et de vivre avec eux dans la communion intime de la même foi, de la même espérance et de la même duffité; tous membres d'un seul corps, rfiglise» dont le Christ rédempteur, assis à la droite de Dieu, est le Chef unique et souverain. C'est en loi que nous devons vivre, lutter, souffrir et mourir pour régner un jour éternellement dans son royaume céleste. — ; L'insolence humaine arapporté l'idée d'Eglise seulement à quelques personnes ; c'est comme si l'on jirétendait qu'une nation n'est composée que de peu de per- ^••iiiics ; ipie le roi, c'est le peuple; que le conseil, cest toute la société civile. Dans un sens général, et d'après l'Ecriture, Frrh'siri , C onrio (Kahal, dans IWnc. Test.) se rapporte à l'ensemble du peuple israélite et plus tard du peuple chrétien, comprenant les bons et les méchants, ks fidèles et les infidèles. Dans un sens plus restreint, au point de vue idéal, V Eglise est la communion des fidèles, des saints, des vrais enfants delNeu.des vrais disciples du Christ; e*est(Ephés. Y), l'épouse immaculée de Jésus-Christ, qui n'a d*autre marque de sa fidélité que sa foi ; car eslm qui a foi en la mort expiatoire du Christ devient un homme nouveau et renonce de plus en plus au péché et à toutes les convoitises mondaines. Lorsque Jésus dit : » mon Église », il ne peut entendre par ces mots qu'une Eglise sans taches et sans souillures. Ceux qui appartiennent à cette Eglise du Christ doivent donc espérer à une vie sainte et
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purp: ils sont morts au péclié et (If^linrs ;\ la vie éteniplle (Rom. YI). Cette Eglise, l'épouse fidèle de Jésus-Christ, rtpanduedaiis tous les lieux et dans tous les temps, est invishlc aux hommes et connue de Dieu seul; elle ne manifestera sa gloire qu'au jour du jugement dernier; c'est alon^ seulement qu*on reconnaîtra la foi de chacun. Cette Eglùe invisible ne peut se tromper; elle est gouvernée non par les hommes, par les papes, les conciles, les docteurs ou les théologiens, mais par le seul esprit de Dieu, souverainement hon, saint, tout-puissant et infaillible. — La mort n'est pasune destruction, mais une simple métamorphose ; nous voyons un changement analof^^uc dans les quatre saisons. Le soleil se lève et se couche : de même la vie est suivie de la mort, et la mort se change de nouveau en vie. Qui n'aspirerait pas à la vie et à la lumière ? La mort nous transplante dans la vie étemelle et nous mène à une lumière inaltérable, à une félicité que nulle langue ne saurait dépeindre. Nous ne craignons la mort que parce que nous convoitons encore les choses terrestres et passagères aulieu d'aspirerà la communion avecle Père céleste et les bienheureux. G*est pourquoi les croyants doivent élever les yeux de la foi vers les biens impérissables. Connaître Dieu en Jésus-Christ, son lils unique, vivre par Dieu et \\i)UT lui et so sacrifier pour le bien des hommes : voilà la meilleure théologie et la véritable piété chré- . tienne. Christiani hoininis est non de doymatis vtoguifice foi/iii , sed cum Deo ardua semper ac magna facere! — Zwingli savait que la vérité chrétienne a pour elle cette immortelle alliée Tàme humaine, altérée du Dieu vivant. Ck>rome apologiste du christianisme il était de la famille des Origène, des Irénée, des Clément d'Alexandrie, des Justin martyr, dos Grégoire de Nazianze, des Jean Ghrysostome. Il n*allapas de la Bible à Christ, mais de Christ.à la Bible; la foi en la toute-puissance delà gr;\ce divine, qui procure la certitude du salut, est le principe de sa religion et de sa théologie. Dans sa philosophie idéaliste, il professa un déterminisme opiimiste et cependant essentiellement jjratique, qui a une conlianro inébranlable dans la victoire finale de l'esprit sur la chair, de Tinlini sur le lini, du bien sur le mal. de la justice sur rinjustice, de lalibertésur le despotisme, de la lumière sur les ténèbres. Par son organisation ecclésiastique , il voulut constituer un peuple chrétien, une socciété sanctifiée qui montrât Taccord de Tordre religieux et du droit social, de l'Eglise et de l'Etat, sur le fondement deTétemelle parole de Dieu, de la sainte et parfaite loi du Christ. Dès le début de son (pmTP, le patriotisme démocratique devint la passion maîtresse qu^on retrouve toujimrs chez lui sous tctutes les autres, et (jui. loin d'avoir nui à la réforme qu'il a entreprise, a imprimé le caractère essentiel à sa vie et en a fait la grandeur et l'originalilé.
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SUPPLÉMENT
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