‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 104 sur 158 · ALENÇON · texte numérisé non relu

ALENÇON

tous les savants persécutés dont elle s*était déclarée la protectrice. — En

1562, les premières familles de la ville étaient toutes protestante^;. Le cuiv. les vicaires, beaucoup d'autres ecclésiastiques et une foule d'habitants notables avaient embrassé Ips croyances évangélique?. Aussi, le jour (!•' la Kéte-Dif ii dp c*Mtt' ann6e-l<i. irosa-l-on pas faire la procession ordinair.' avec le - ^aint sacrenient. » Elle lot n't;ihlic un peu plus tard sous la protection du seigneur de MalctVo, qu'escortaient les bouchers, armés de leurs outils et accompagnés de leurs chiens. Les protestants tioreot d'abord leurs assembléM au &ubourg Saint-Biaise, airaite dans le jardin Ricordeau, pui& au lieu appelé l'atimdfte, situé dans le parc. Les huguenots ayant obtenu rexercice publie de leur culte par Tédit de janvier 1561, on put constituer ouvertement TEglise d'Alcnçon, dont Bidard-Poinçon est cité comme le premier pasteur. — Vers 1570, les protestants <•( \n< catlioliques se partageaient les frmctions mimicipales. Sur douze ijalulants choisis pour administrer les revenus, six étaient protestants ainsi que deux des quatre échevins et l'un des présidents laïques de l'hôpital. Kulin le procureur syndic devait être alternativement un catholique et un protestant. Eu 1572, le gouverneur, Matignon, résolut d'empêcher le massacre de la Saint-Bartbélemy. 11 fit fermer les portes de la ville, établit des corps de garde <|an8 tous les quartiers, défendit, sous peine delà vie, aux catholiques de rien attenter eoDtre les huguenots, et ordonna à ceux-ci de se rendre, sans armes et ?ous sa sauvegarde, sur la place. Là il leur recommanda la *tranquillité el la soumission, leur promit de les protéger, leur fit prêter serment et prit des otages. Le péril fut ainsi conjuré. — l^e roi de Navarre idepiiis Henri lYi, après s étre é( lia[q>é de la cour au mois <le février 1570, se rendit à Alençon, dont Ilertré lui ouvrit les portes. La femme de son m^ecin Deshayes étant accouchée, le roi consentit à présenter l'enfant au baptême et la cérémonie se fit dans une halle où les protestants célébraient leur culte. Dès que le roi fut entré, le ministre fit chanter le psaume XXI, qui commence par ces paroles : « Seigneur, le roi s'éjouira d'avoir eu délivrance, par ta grande puissance, n etc. De quoi le piince lira un bon augure. Cette halle était vraisemblablement celle ffiie Nicolas le Barbier, lientenaiit général, très zélé partisan de la Ligue, til démolir en iriHH. On mentionne un autre lieu de culte à l'endroit appelé le boulevard. Un synode y fut t.'nu en i:)î)7. La salle étant devenue trop petite, les protestants prirent à loyer un bâtiment situé dans lesfossés du boulevard de la porte deSées. — L'édit de Nantes, destiné, éaoB la pensée d'Henri IV, à mettre un terme légal 9ux guerres civiles et aux persécutions, fut appliqué dans la ville d'Alençon en mai 1600. Aktrs les protestants firent l'acquisition d'un fonds dans la rue du Temple et y élevèrent une chapelle, malgré l'opposition du commandant Matignon. Ils obtinrent en 1637 la permission d'y tenir un synode national. Cette ville vit encore s'assembler plusieurs synodes particuliers des Eglises de Normandie, un entre autres le :27 levier l()71. Mais, avant d étre supprimé par Lonis XIV. l'édit de Nantes fut souvent battu en brèche, niéconnu dans son esprit, contrarié dans son application. Ainsi les protestants fuient privés, par un arrêt du parlement de Rouen

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562 ALE.NÇO.N — AI.LIOLI

(1637), de la portion du cimetière de Saint-Biaise tjiii leur avait été accordée. Un arnM du conseil (1661' orHonna la dénudilion du temple situé dans l'intérieur de la ville. Ils achetèrent un eiii|»ln<'ement à rextr-'iiiit»' du lauliourg Lancrel et y tirent runstruire un éililiee d une ronnc t Upanle (t665l l/Eglise réformée d'Aleneon fut prescjue toujours des^e^vie par trois pasteurs, hommes de talent la plupart, et versés dans les langues anciennes. — Depuis le milieu du dU-septième siècle, chaque année ajoute aux vexations et aux insultes que subissaient les protestants. Leur culte ftit interdit le 9 octobre 1684, un an avant la révocation de Téditde Nantes (18 octobre 1685), en vertu' de laquelle le temple d'Alençon fut déntoli; les matériaux et les meubles furent donnés à l'hospice et les ]»iens-fonds du consistoire y furent réunis. La ville d'AIeneon perdit, pendant o^tte année et les suivantes, environ le quart de ses eitoyt'Us les plus aisés. Beni»it. témoin occulaire et l'un des bannis, nous assure, dans les méujoirt's de sa vie, «ju'il denn ura en France à peine la liuitième partie de ceux dont l'Eglise d'AIeneon était composée, ils allèrent chercher le repos de leur conscience chez l'étranger, y portèrent beaucoup d'argent et -les manufactures du pays. On Ut dans un mémoire de M. de Pommereu, intendant d'Alençon en 1608 : «r Le commei(ce des toiles a diminué ; la retraite des religionnairei qui étaient en grand nombre à Alençon et qui en faisaient le plus grand trafic en ayant causé la diminution. Dans l'élection d'Alençon, il pouvait y avoir .environ quatre mille huguenots, dont près de trois mille demeuraient en la ville d'Alençon et y faisaient un grand commerée. et le surplus était dispersé en quelques autres lieux, dont il est sorti peu; mais la plus grande partie de ceux d'AIeneon ont passé en Hollande et en .\ngleterre. avec leurs effets consistant uniquement en argent ou eu marchandises qu'ils ont vendues. >> — On trouve encore, après la révocation, la trace de réunions secrètes de 20 à 30 personnes, malgré lai enlèvements d'enfants et autres dangers. Mais le culte publie ne fat rétabli dans Alençon et la Réforme n'y reparut que de ^nos jours, par les soins de la Société évangélique de France. Cette œuvre date de 1849. et les premières réunions eurent lieu dans une salie maçonnique abandonnée, rue aux Sieurs. Une chapelle, l>àtie par les soins de M. le pasteur Audehez, fut inaugurée le 2."» septembre 1853. Elle est située dans une position centrale, rue du .Icudi. Depuis M. Audehez, un de? principaux fondateurs de l'oMivre, phisieurs pasteurs, entre autres MM. Porchat, Luigi et Marsault, ont dirigé (•<• petit troupeau, qui peut comprendre une centaine de protestants, la plupart anciens catholiques» car les familles protestantes de jadis ont entièrement disparu. L'Eglise se rattache à l'Union des églises évangéliques de France; elle a deux annexes : Argentan et Mamers. Ch. Lmci.

ALLIOLI (Joseph-F^çois), savant tbéologien allemand, né en 11934 Sulzbacb (Bavière , mort à Augabourg en 1S7.'^. Il entra en 1815 ausé» minaire épiscopal de Hatishonne et suivit plus tard les cours de l'uinversité de Landshut, où il professa p^'udant un an (I8:2.*{). Appelé à Muni- h, il obtint le titre ile cons«'illpr ecclésiastique et devint, en IK'JO. n ri. ur de runiversité. En iti^o, il fut nouinié chanoine à Hatisbonue, et,

ÂLUOU — ANTON£LU

en 1838, prévôt du chapitre d'Âugsbour^. Allioli doit surtout sa réputation à sa traduction allemande de la Vuigate, Nuremb., 1830; 6» éd., 1839-4845, 6 voL, accompagnée de notes. Parmi ses autres ouvrages,

nous citcroii!^ : Anti/ptités hi'fjliques, Landsh., 1835; Viede Jétm, 1840. ALOMBRADOS. Voyez Illuminés.

ALZOG (JpanV célèbre historien ecclésiastique, né à Ohlau (Silésie) en 480S, mort à Fribourg eu 1878. Après de fortes études philosophiques et tlié<dogiques aux universités de Breslau et df Bojiu. il cuira eu 1834 au séminaire de Cologne où il fut ordonné i)ré(re. Il professa successivement aux séminaires de Posen, de llildesheim et de Fnbourg-en- Brisgau. — Parmi les nombreux ouvrages d'Âlzog, nous citerons : 1* Manuel de Vhittoire eeeUeinHque umveneiie, May., 1840; 8^ édit., 1859, 2 vol.; trad. franç. de J. Goschler et Audley, Paris, 1845-46, 3 vol. in-8<»; 4« édit., 1874-75, 4 vol. in-18; 3» Explieaiio catholieorum' systematts de interpretatione litterarurn sacrarum, Munster, 1835; 3" /esquisse de pafrologie ou d'ancienne bibliographie clirtUierme, Frib., 186G; 3"^ édit., 1874; trad. franc, par P. Belet. Paris, 1807.

AMBROISE D'ALEXANDRIE, célèbre contemporain d'Orig.Mip. Il embrassa d'abord les lo^résics des gnostiques valentiniens ou basiiidieus, mais, attiré par la science et la renounuée d'Origène, il déposji ses erreurs et devint l ami intime et l'excitateur spirituel (épYooK.'jxrfi;) du grand théologien. Il rétribua de sa propre bourse sept sténographes et sept copistes pour conserver el multiplier ses travaux et n*épargna aucuns frais pour lui procurer des exemplaires de la Septante et d'autres ouvrages précieux. Il aida aussi son ami dans la comparaison des textes. Origène lui a dédié beaucoup de ses écrits. Ambroise exerçait des foncticms politiques qui exigeaient de fréquents voyages. Pendant la persécution de Maximin, nous le trouvons en prison (235). Jén^me {De virib. i/lusir., c. 56) prétend qu'il était diacre. Il parle de quebjues belles lettres qu'il aurait écrites à Urigène. Il mourut vraisemblablement en 250. Beaucoup de martyrologes mettent sa féte au 17 mars. — Voyez Eusèbe, Ifist. ecct.f Vi, 18; Epiphane. liieres.^ G4, 3.

AHTONELLI (Giacorao), cardinal et homme d'état italien, né à Sonnino, près de Terracine, en 1806, mort à Rome en 1876. Descendant d'une ancienne famille de la Romagne* il fit de fortes études au grand séminaire de Rome et devint l'un des favoris de Grégoire XVI, qui le nomma prélat, puis assesseur au tribunal criminel supérieur, puis délégué à Orvieto, à Viterbe et à Macerata. En 1841, il devint sous-sec réia ire d'Etat :ni ministère de l'intérieur, second trésorier en 18H et ministre des tinances en 1845. Pie W le lit cardinal en 1817. La souplesse de son caractère, sa fermeté déguisée sous les deliors les plus affables, non moins que ses opinions qui étaient alors libérales, le désignèrent connue président de la consulte d'Etat, chargée d'étudier les besoins nouveaux et de présenter un rapport sur les réformes jugées nécessaires. En mars 1848, Antonelli, devenu très populaire, présida le nunist^ dit national qui s'apprêtait à combattre l'Autriche dans les Légations et en Lombardie. Mais alarmé par les progrès de la révolution, obligé d'exécuter les promesses d'une constitution repoussée de

ANTONELLl — ARÉVOURDIS

tout le haut clergé* le cardinal donna sa démission, tout en restant le conseiller intime de Pie IX et le directeur souYerain de sa politique. Après l'assassinat de Rossi, il dirigea la luite du pape, qu'il no tarda pas à rejoindre à Gai't»'. (> fut lui qui adressa, le 18 février IHi!», la circulaire qui ri'claniait do la chrrtienl»' tout entière le rétaMi>S( nit'ilt de son souverain spirituel sur le trône de Saint-Pierre. Toiitt s l^s mesures n'actionnaires que prit Pie IX après son retour à Rome lui turent diclées par Anlonelli, devenu ministre des alfaires étrangères et partisau décidé de la politique intransigeante. Malgré l'opposition qa*il rencontra au sein du sacrà collège et les avertissements donnés au pape par les puissances étrangères, l'inflexible cardinal garda jusqu'à sa mort la faveur de Pie IX. Il ne put empêcher toutefois, en dépit de son haliileté consommée, les événements de suivre leur cours, et assista en téin> in impuissant et irrité à la décadence et à la ruine du pouvoir temporel »lu pape. Antonelli prit aussi une large part aux préparatifs du concile œcuménique de 1870, (ju il jugeait nécessaire pour alliriner rautonnmie (\o l'Eglise, bien qu'il tuf stM-rrteiiifnt li<tstile à l'iiidiirnce grandissante des jésuili^s cl qu'il s abstiul de vott^r sur rinfaillilulité. Antonelli. en mourant, a laissé une fortune princière que les jouruau.x oui évaluée à 80 uuUious, sans compter l'une des plus belles collections de pierreries existant en Europe. Le procès intenté par sa fille, la comtesse Lambertini, à ses héritiers, a causé un certain retentissement.

ABÊVOUKDIS. — Les arévourdis ou fils du Soleil formèrent en Ar> ménie au neuvième siècle de notre ère un parti religieux qui professa des doctrines empruntées au christianisme et surtout au mazdéisme, ll^ durent le nom sous lequel on les désigne au culte qu'ils adressaient, paraît-il, au soleil. Les origines de cette secte sont d'ailleurs fort oltscnres. Ou sait seulement «(u'eiitrc l'an 8,'M et 85't un certain Semhat, paulicien de la proviiic«' d'Ararat. travailla, de concert avec un médecin et astronome persan, nommé Medschusik, à donner une forme nouvelle à la dogmatique des arévourdis; dans ce but, Sembat se rendit au bourg de Thondrak, d*où ses disciples reçurent le nom de thondrakiens ou thondracéniens. La secte dut se répandre rapidement, sll est vrai toutefois qu'en 1002 le métropolitain Jacob de Harkh ait adopté leurs principes; mais le fait qu'il aurait donné à leur enseignement un caractère plus chrétien, allant partout préi her la repentance et le salut par la foi, i)orm< t de mettre rn doute cette conversion : le nom de tliondracénien était pndtahlT'mont alors en Arménio le synonyme d'hérétique. La dissidence de l'évéque .lacoh. qui fut mis à mort, devint le signal d'une, persécntion à laquelle la secte des aivvourdis ne seinlde pas avoir survécu. Les arévourdis étaient plus attachés aux doctrines de Zoroastre que les pauliciens. Les historiens orthodoxes d*Arménie leur reprochent' leur panthéisme antinomien ; ces sectaires auraient non seulement nié les dogmes fondamentaux du christianisme, la Providence, l'immortalité de TAme, la gn\ce, etc., mais renversé toute morale. Ces accusations d'immoralité qne l'Eglise a si souvent lancées contre les hérétiques, qu'elle a de tout temps combattus, ne méritent aucune créance. II est malheureusement regretta-

AUÉVOURDIS — ARNAUD D'ANDILLY

ble que les aréirourdis aient dég^uisé leurs doetrinés sous l'apparence d'une busse orthodoxie, comme le fiii^aient les paulieiens, pour échapper k la persécution; de là provient Tincertitude de nos renseignements sur

leurs rrnyances. £. Montet.

• A&NâULD D'ANDILLY (Robert), fils aîné de 1 avocat au parlement, Antoine Arnauld, naquit à Paris en 1588, et non en lo85 ou 1589 solon plusieurs de ses biojrraphes. Issu d'uno doces bonnes t'ainillcs parlementaires (|ui se transmettaient les pratiques de la vertu ot de i'Iionnrur, il fut t'Ii'vé dans Ips principes d'une piété rigide et sincère. Quoique introduit à la four de bonne heure, il ne paraît pas en avoir subi la dan^'ereuse iiilluence. La modestie et la droiture <le son cararlcre l'y firent aimer, et lui attirèrent les relations les plus élevées et les plus illustres. Dès l'âge de seize ans, nous dit Besoigne, toujours bien informé pour ces petits détails, entré dans Tadministration des finances, « il avait la permission d'assister au Conseil, derrière les &uteuils du Roi et de la Reine. » A l'âge de 24 ans, il épousa Catherine Lefëvre de la Boderie, dont le père était employé dans les ambassades, et qui lui apporta la lene de Pomponne ; il reçut lui-même de son père celle d'Andilly dont il porta le nom dès lors. Après avoir occupé diverses ronctions à lacour, il fut nommé intendant des armées du roi, où sa probité lui valut l'estime des plus hauts ofliciers, notamment du maréchal de Brézé. Etant jeune encore, il avait connu à Pniliers lo céIM)re abbé de Saint-Cyran Vdvez t e nom), sous la conduite du(|uel il se plaça, et dont il devint 1 ami intime. A sa mort, l'austère directeur légua son cœur à celui <[ui avait été son pénitent le plus aimé, à la condition qu'il quitterait le monde et irait se retirer à Port-Uoyal-des-(^liamps pour y vivre dans la retraite et dans la prière. — D'Andilly accepta ce legs, mit ordre à ses affaires, ;publia ses Ze//re5 pour justifier la conduite qu'il avait tenue dans le monde et s'adonna dès lors à des travaux de pure édification. Il les commença par la publication des Letîret spirituelies de S. Gyran ; puis il se rendit auprès de la reine pour prendre congé d'elle avant de se rendre à Port-Royal ; dans cet entretien, d'Andilly déclara spirituellement à sa souveraine qu'il n'allait pas devenir sabotier comme les ennemis de Port-Hoyal le disaient: les jésuites répétaient alors partout que les célèbres solitaires étaient tous sabotiers ou cordonniers ; l'abbé Boil'^au. frère de notre poète satyrique. à qui l'un de ces Pères affirmait que Pascal avait fait des souliers à Port-Royal, lui répondit: « Je ne sais pas s'il a fait des souliers, mais je sais qu'il vous a porté de bonnès bottes. )> D'Andilly s'étant retiré à Port-Unyal r n !(>i(», y passa treute ans. sauf les temps de persécution qui l'en éloignèrent ; mais il y revint dès que les circonstances le lui permirent, et il y mourut le :27 septembre ItiTi, âgé de quatre-vingt-cinq ans et cuu[ mois. Il avait eu quinze enfants dont cinq étaient morts en bas âge ; les autres, six filles, lurent religieuses à Port-Royal ; l'une d'elles était la Mère Angélique de Saint-Jean ; au nombre de ses fils, nous devons eiter le marquis de Pom- P<mne, ministre d'Etat. — Dans ce monde de Port-Royal, où les figures le montrent généralement revêtues d'une expressioii sévère allant jus- §a'ilaroideur,d'AndiUynousapparait comme une individualité souriante

566 ARNAUD D'AINDILLY

qui apporte avec elle, sous les ombres du doitre, un reflet de cette société aimable et brillante où il avait longtemps vécu. Chez ce pénitent qui taille les ari)res du potager et qui a eharge de recevoir les visiteuRf on sent Thommelle haut ton; son affabilité, sa parole élégante etcoQ^ toise, son exquise distinction, tout en lui rappelle le gentilhomme répandu à la ville comme à la cour. Il cultivo des poires, mais il les en* voie à la reine. Sa haute taille, son triiil clair, sa répartio fuip. la nuance ensolpilh^p qui enveloppe pnur ainsi «liro sa personne de grand seigneur mortilit'. attirent vers lui ot roposent la vue au milieu »le cetto gaitTÎt] (jps rigides solitaires. 'Alort*' onroro avec ses ({uatre-viugt-ciiui ans, le Iront couvert île cliovtMix Idaïus, toujours aiuiublc quoique rerut illi. spirituel quoiijut* liuniilié, il semble se détacher en saillie lumineuse de ce fond de pénitence. Son style aussi, sans être bien vif, a quelque chose de plus chaud que celui des autres écrivains de Port^ Royal ; il est elair, large, facile et parfois pénétré d*onction comme oelui de Hamon avec lequel il aune certaine analogie. — Ses ouvrages qui sont nombreux, publiés par Piêrre-le-Petit, ont été réunis en huit volumes in-folio dont impression et papier sont de la plus grande beauté; presque tous sont des traductions. Chacun de ces ouvra-: es parut séparément à difTérentes fois et sous plus d*un format ; il serait supertlu d'en indiquer ici toutes les éditions. Nous bornant j\ celle parue en in-folio, sous le titre gémirai d'Œuvres diverses de M. Anmuld d'Andilh/. nous indiquerons ce (jui était contenu dans chacun de ses huit volumes. Ttuue l : 1" Poèiiu' sur la ri>' de Jcsus-C/irisf ; 2" Sfancfis sur direrst's vén'lrs chrétiennes ; 3*^ JJùrours *Mr la réfurnialion de lliomme uitfrieur (de Jansénius^ ; i" Lt'Ure de saint Kuclier sur le yue^ris du de ; ■S'^ /ji Vie de sdint .Iran C/imaque] 6° L'/:c/iel/e sainte, de saint Jean CUtuar/ue ; 7" Instructions chrétiennes tirées des Lettres de M. dt Saint-tyran ; 8* La Vie du bienheureux Grégoire Lopez^ de François Losa; Tome II: ^Les Vies det saints Pères des déserts, et depudques saifites, écrites par des Pères de téglise, et atUres anciens auteun ecclésiastiques (précédées d'un discours aussi intéressant que remarqua» ble sur ces vies) ; Tome III : 10^ Histoire de C Ancien Testament, tirée de l'Ecriture sainte; 11* Les Confessions de saint Augustin ;Tomel\l 12* Vies de idusieurs saints illustres: Tome V : 13" Les Antiquités judaïques, de F/a dus Josèphe; Tome VI: 14* Jlistoirp de la Gt^erre det Juifs contre les /loniains, du môme; Tome VII: iù"^ Les Œuvres de sainte Thi'rhe; Tome VIII : IH'^ l.es Œuvres du bienheureux Jean d' \viln. En deliors de ces huit V(duines, et outre les Lettres dont nous avons |>arlé plus haut, il y a les Mémoires de messire liohert Aniauld d'Andillt/, écrits par lui-même, 2 parties en un volume in-12, llin"bourg l*aris). 1734. — S(»urces : liesoigne, J/ishare de l'Altbaye de Port-Uoyal, t. IV, pp. 55 à iUi ; l'abbé Racine^ Abrégé de l'I/tst, «cciés. t. XI, pp. 474 à 488 ; Fontaine, Mém, pour serv. à VhUt. de /V/- Jiot/al ; Lancelot, Mémoires touchant la vie de M, de Saint^Cifran ; Du Fossé, Mém, pour serv* à Vhiat, de Port-Royal; Recueil de pièces pour serv. de supplém, aux Mém, de MM, Fontaine, Lancelot et Du Fessé; Dom Glémencet, ffist, génér, de Part-Royal, t. VII ; du méoie, Si^'

ARNAUD D ANDILLY — AUFUËDI 567

iittir. (manuserite) de Port^Rcyal ; Viet intéreuanies et édifiantes dee Reliffieuset de Port'Royalt daos lesquelles on tronve des Mémoires

d'Andilly sur s. Cyran (t. I), et son Eloge par Sacy (t. IV) ; Lettres d Ant. Amauldy t. III. h. la fia du vol. ; Nécrol. de l Abbaye (U Porf- Jbyal, au TI sept. ; Nécrol» des plus célèbres défenseurs et confess. delà oérilé, t. I. et IV. A. Maulvadlt.

AUFREDI (Aufrei, Alexandre). — a Lan 1^03, Alexandre Aufrodi, bourgeois et armateur de La Uochrlle, tombé, selon la tradition, de l'opulonc-e dans la pauvreté et redevoou riche par le retour inespéré de ses navires, fonda et dota cet hôpital, s'y consacra avec sa femnae, Pernelle, au soin des malades et le léjriia en 1:220 à la conunune de La Rochelle. Après le siège de 1628, Louis XI II le confia aux frèns de la Charité. Il a été érigé en hôpital militaire eu 1811. n Telle est riascriptkm complète dans sa brièveté qui perpétue le souvenir du plus populaire des grands hommes de La Rochelle, du laïque chrétien, Uenfiiiteur de la cité. Une miniature enluminée du quinzième siècle nous montre Taumônier en robe rouge introduisant les pauvres dans la maison ho»pitaliére, tandis que de pieuses femmes ensevelissent les morts. Quatre écQssons armoriés rappellent le royaunte de France, le vaisseau de La Rochelle, et le patronage du mairo. Le signataire de ces lignes a découvert l'original sur parchemin du testament du fondateur, qui donnait "ublié de son sommeil six fois séculaire, mais gardait, malgré les lujures (lu temps et la dent des rats, les caractères indiscufahles de son authenticité, u Univorsis Christi fidolibus ad quos présentes littcrœ per- » venerint Aloxander Aufredi salutem (Sciatis) quod ego in presentia * » venerabilis patris moi P, Doi f^ratia Xanctonensis episcopi... permis- » sioneni vel ordittfitioneui aliqiubus vrl cum aliquibus fecerim de domo

• elemosinaria nova quam uiditkavi apud Uochellam voluntate mea » inritum revocavi et statui quod in dicta domo sit prociirator rerum » temporalium latcus qui paupe (rum bona) ministret, ad presens autem, » Tolo et statuo quod P.- Barba, si ipsum de transmarinis partibus redire

• contigerit (tempora) lium ipsius domus perpetuus proourator, etc.» — Voici un réformateur avant la réforme, voici un bourgeois du treizième siècle qui affirme par son testament ratifié par l'autorilé religieuse la nette distinction du domaine spirituel et du domaine temporel. Au laïque l'administration de l'aumônerie à recclésiasti(juo uniquerhent le service do la chapelle. « Statuo etiam (juod ad prosoLis Hubortus pros- " bytcret iiia^ister Galtcrius, si forte rediorit de transmarinis partibus » ibidem statuant ur et ad ecdeMastira sacra uien ta ministranda pauperibus » etfratribus dicte domus pr.eter baptisiua non redierit ad ebM-fioiu-m pro- » cur.itoris domus otconsiluim supra dietorum viroruiu alius presbyter » 8tatuatur,etc.» Le testament est del2iO. Aufredi ai'tirme par la charité la foi personnelle et libre; il précise par sa vie entière le sens du mot Idque, dans sa plus haute acception. Gagné à la vérité par les épreuves, il ne s'est pas borné à donner ses biens aux pauvres, il s*est donné luimême avec sa compagne dévouée. Une lettre de Louis XI du 19 novemkeU73con(lrmant les privilèges de Taumônerie, précise ce caractère laïque et municipal imprimé par Aufredi à ea fondation charitable, en

AUFREDI — HAGOX

plein moyen âge. « La dicte aumosnerie Saint-Barthoiné de la dicte vill»' estoit du corps ef collegfce d'icelie ville et desdiz mairt', osclievins, conseillers et pers qui eu avoient la totalle et princ.iiialle adiuini&tracion... couiHH' uu'mhre deppandant d'eulx, en laqm'Ue auuiosnerie lU avoient totalle puissance et jurisdicion et estoit icelle aumosnerie ultiee de la dicte ville de La lioclielle, en laquelle... lesdiz maire, eschevins, etc., commectoieni et ordonnoient ou eslisoient, toutes voyes que besoing en estoit, l'un d*eulz pour gouverner et administrer icelle diète aumoanerie... pour recueillir les povres gens, malades, orphelins, etc.., ledict aumosnier... est homme Uy, non subgect à paier aucune finance, en ic( lie dicte aumosnerie Noustre Saint Père le Pape, Archevesque, ne l'Evesque de Xaintonge, ne autre prélat d'Eglise, n'avoient que venir et que cognoistre en forme et manière qui tust. mais estoit uniquement icelle dicte aumosiirrie ol'tice de la dicte ville, corps et collPiT'r^ d'icelie tt le service et autres euvres piteuses et charitables qui estoit fait en la dicte ttumosnerin estoit fait par chappellains locatifs et par la main dudict aumosnier lay et dudict collegge de ladicte ville, sans ce ijue les gens d'Eglise y eussent que Teoir et que cungnoistre, etc. » — Dès le treisième siècle, le prôtre, à La Rochelle, est strictoment renfermé dans sa mission purement spirituelle, dans m chapelle. L'admi* nistration des hôpitaux appartient à la commune, aussi bien pour l'aumônerie Saint-Barthélémy que pour toutes les autres auniôneries fondées par Henri de Nochoue (1348), etc., et même l'hôpital de Saint- Etienne fut fondé le 8 février 1710 par uue laïque. Anne Forestier. qui, ayant abjuré la loi protestante après les dragonnades, se voua à cette vie hospitalière pour es-ayer de c^^tlmer les troubles de sa conscience. — Voir notre Inventaire des arriuves de la Charente-I^érietire, Introduction à l'analyse des archives hospitalières, Découverte du testament original ifAuhwlif etc. L. de Richbmond.

BACON (Léonard), né en 4802, & Détroit (Michigan), où son père était missionnaire parmi les Indiens, prit ses grades littéraires au collège de Yale, en 1830, et fit ea théologie à Técole d*Audover. En 1825, il devint

pasteur de Centre-Church, New-Haven (Connecticut). Il occupa cette position jusqu'en 1866. Il devint alors professeur de théologie révélée au collège de Yale; depuis 1871, il occupait dans le même établissement la chaire de p<tlili([ue ecclésias(i(jue(/:V/?/f'.«ïfV/.s/<Va/ /W«Vy)et d'histoire de l'Eglise en .Vnjérique. Il prit Xiiw part active au journalisme, fut l'un des fondateurs du Ativ-L^nt/lander, et, de 18Ui à 1S0."{, l uii «les rédacteurs de ïlndependent. 11 a été, au milieu de la génération cou-

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