‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 105 sur 158 · BACON — BAILLET · texte numérisé non relu

BACON — BAILLET

temporaine, Tun des derniers représentants du vieux type puritain, et il a lutté toute sa vie poar rindépendauce de l'Eglise locale à l'égard de , toute ingérence du dehors et ))our la vieille orthodoxie calviniste. Mais il a pris une part non moins active à toutes les grandes luttes du si«3cle en Amérique. Il fut au premier rang dos adversaires de l'esclavage, et l'on assure que ses écrits sur ce sujet contribuèrent à former les convictions abolitionnistes d'Abraliam Lincoln. Gomme prédicateur, il fut plus solide que brillant, mais comme orateur de meetings, il possédait une grande puissance de parole. Il prêcha encore à l'occasion de la mort du président Garfieid, et il est mort, le 24 décembre 1881, laissant sur sa table un article inaeheyé sur la question mormone. — Ouvrages du ly L. Bacon : Select Prartiml Writings of Richard Da.rler, 1831 ; A Mottuai for Voung Church Members. 1833 ; Thirteen hislorical Dhcourses, 1839; Slaverij Discussed, 18'iO; Chrutian self-Culture, 18i>3; The (it'nesis 'of the ISew-England Ckurc/trs.

BAILLET '.\drienK né à la Neuville, village à quatre lieu deBeauvais, le 13 juin 1649, mourut à Paris, le 21 janvier 1706, âgé de 57 ans. Issu d'une famille pauvre, il fut en partie élevé par des cordcliers, puis par le curé de son village qui parvint à le faire entrer au collège de Beauvait où, après avoir terminé ses études, il professa les humanités pendant quelque temps. Il embrassa les ordres et fut pourvu d*une cure modeste qu*il quitta pour devenir, par la protection du docteur Hermant (voyez ce nom) ,hibUothépaire du respectable Lamoignon, alors afocat général et, peu de temps après, président à mortier du parlement de Paris. .\ partir de ce moment, la vie de Baillelse résume dans les travaux de sa charge et dans les études qu't^le lui facilitait. Retiré au sein des livr^ dont on lui avait confié le soin, il en rédige de sa main le witalogue en trente-cinq volumes in-folio. Baillet est auteur d'ouvrages nombreux doiil plusieurs sont considérables par leur éteadoe et leur érudition ; on a dit de lui qu'il y avait lieu de s*étonner qu'il eût pu tant lire^ ayant tant composé, et tant composé ayant tant lu. Malheureusement son style n'était pas à la hauteur de son savoir ; Baillet écrivait lourdement, sa phrase est sèche, sans vie, longue, peu soignée comme sa mise qu'il négligeait entièrement. On a de lui : . !• Jugements des Savants sur les principaux ouvrages des auteurs, 1685 eH686. 9 vol. in-12; ce n'est (jue la première partie d'un vaste tout dont Baillet avait con(,u l idée sur un plan qui lui fait honneur. ^Ialgré des qualités incontestables, cet ouvrage, tait hâtivement, rentérme des erreurs de jugement (jui attirèrent des réponses très vives à leur auteur, dont VAnti'Baillet du poète Ménage est un échantillon. Baillet ujunqnaît de ce sens fin, de ce goût et de cette sagacité qui font le critique, et son assemblage de Jugements laisse souvent dans l'incertitude de ce qu'on doit penser sur un auteur, dont il a rapporté tant d'appréciations contradictoires. 2^ Des F n fonts devenus célèbres par leurs études et par leurs écrits, 1688,1 vol. in-12 ; d^^Des Satires personnelles, Traité historique et critique de celles qui portent le titre d'Asm, 1689, S vol. in- 12; \" Auteur déguisés sous des noms étrangers, empruntés, supposés, faits à plaisir, chiffrés, renversés^ retournés ou changés d'une langue en

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une autre, 1690, \ voL in- 12, ou\Ta{î(» non terminé; 5* Vie de Descarir^, . 1691, 2 voL in-4<»; il en fit un abrégé deux ans plus tard, 1693. l voL m-12 ; 6" Histoire de Hollande depuis la trêve de 160H, finit Grotius, jusgu^n notre temps, \(VM), sous lo |>seiitlonymr do la NoumIIp, ivol.iii- 12 : 7" De la dévotion à la sainte Vit'i ;/i' cf du culte qui Jui est dn, lb'J4, in-12. Dans ce livre, l'autour rombat les dévotions oxcessives dont la Vierge était l'objet déjà de son temps. L'ouvni^^e souleva une tomptHe décolères qui le dénoncèrent à l'autorité ecclésiastique ; cependant l'archevêque de Harlay ot la Sorbonne relusèrent de le condamner, mais Rome le frappa de ses foudres en 1695 : 8** De la conduite des dmet, 4695, 1 vol. m-13, paru sous le pseudonyme de Daret de YiUeneava. 9° Viei des Sainte compoeée» eur ce qui noue eet reeté de piue authentique et de plue auuré dans leur histoire, 4701, 3 vol. in-folio ou 12 tqI, in-^, ce qui donne un volume pour chaque mois de Tannée; 10* JKftoire des fêtes mobiles, les vies des Saints de l* Ancien Testament^ k chronologie et la topographie des Saints, 1703, 1 voL in-folio ou 5 vol. in*6^; autres éditions en 1704, 4 vol. in-folio, et en 1739, 10 vol. m-V. Cet ouvrage, précédé d'un discours étendu et fort remarquable sur les vies des Saints, est certainement le meilleur qui soit sorti de la plume de Bailh't ; c'est le plus exact sur cette matière; les fables, les insanités, les Taux miracles en ont été écartés, et riiistoire. appuyée sur les docuuitMits authentiques, y a remi)lacé la lé}^'ende. C'est le travail hajîiograplii(iue le plus sûr que nous possétljuns, sans en excepter l'iiiimonse répertoire des bollandistes où les fadeurs et les inepties ne iiiauquent pas, soit dit en passant. Pour cette partie de l'Histoire ecclésiastique, l'ouvrage de BalUet tant décrié, surtout de nos jours, est indispensable i quiconque veut s'y approfondir. C'est une sorte de bibliothèque qu'on ne consulte jamais sans profit ; îî^ La vie de S» Etienne de Grandmmd^ 1 vol. inol2 ; Maximes de S, Etienne de Orandmant^ en latin et eo français, avec une préface, 1704, 1 vol. in-12; 13<» Vie d'Edmond JHekert 1714, in-12; W La vie de Godefroi Jlermanf, 1717, 1 vol. in-12; 1^ Histoire des démêlés du Pape Boniface VlU avec Philippc-le-Bel, rei de France, 1717, 1 vol. in-12; une autre édition en 1718 ; 16*^ Relation curieuse el nouvelle de Moscovie, publiée sous le nom de Balt-lleïeneil do la Neuville, 1709, in-12 ; 17" Noucclle relation contenant A « voyages . de Thomas Gaf/t\ dans la Nouvelle-/: spagn«% traduite de l'anglais, par Beaulieu Uuet Oneil, 1676, 2 vol. in-8"; autre édition, 1699, 2 vol. in- 12. — Sources : Vie dr /Juillet, (par Augustin Frion. son noveu) qu'on trouve dans l'édition (jue la Monnoye a donnée des quatre premiers ouvrages de Baillet, Paris, 1722, 7 voî. in-4» A. MAtuvAur

BALTZER (Jean-Baptiate)^ théologien catholique, né à Andernach sor le Rhin en 1803, mort à Bonn en 1871, subit à Bonn Tinfluence ds célèbre Hermès (voy. ce nom) et professa la théologie à Breslau depuis 1830. Esprit libéral, U se déclara contre rinfàiUibUité en 1870. Ses envrages se distinguent par leur caractère conciliant. Nous relèveroni parmi eux : l® Le caractère fondamental du systhne hermésient Bonn, 1831 ; 2° Origine de ropposition de doctrine entre le catholicisme etk protestantisme, Bonn, 1832 ; 3<> Lettres théologiques, May. et Brésil

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SsérieB, 1844-1853, dédiées à Gûnther; 4^ Essai cTun jugement équitable sur ie catholicisme et le protestantisme^ Bresl., 1839-40, 2 vol. ; 5** Le dogme de ta félicité chrétienne cTaprh la confession catholique et d^aprèx la cimfcssvm protestante, May., 1844 ; 6® La création d'aprkt la Bible, Leipz., 18G7-73, ^ vol.

BAUM (Joan-fiuillaumoi, pi-niiicateur et historiou célèbre, né à Floiiheiui, dans la liesse rhénane, en 1809, mort à Strasbourg en 1878. Fils de parents pauvres, il conquit, après une jeunesse laborieuse, par l'énergie persévérante de sa volonté et les beaux dons de son intelligence et de son cœur, dans la capitale de TAlsace devenue sa patrie d'adoption, et dont il constatait avec regret les sympathies françaises, les positions enviées de pasteur à révise Saint-Thomas (1836), de professeur au séiuinairn protestant (1830* et à runiversité (1872). Par son éloquence mâle et entlamraéc, par l'élévation et la richesse de ses vues, par le (lévoneiiient inTaUçable qu'il apportait dans l'exercire de son ministère, Bamn devint l'un des chefs les plus influents du parti libéral alsacien dont il dt't't ndit à maintes reprises la cause par sa parole et par sa plume. Comme savant. Baum est surtout connu par ses monographies historiques sur le seizième siècle, animées d'un vif enthousiasme pour les héros de la Réforme. Nous signalerons parmi ses ouvrages, tous écrits en allemand : l'* Françoi» Lambert d*Aingnon, Strasb., 1840; S» Théodore de Bèze, Leipz., 1843-52, 3 vol. ; 3» Jean-George Stuber, le précurseur d*Ober^ au Ban de la Hoche, Strasb., 1846; 4<' Capiton et Burt-r, Elberf., 1860; 3" I^es f-glises réformées de France sous la croix ^ Strasb., 1869 ; 6' Jacques Sturm de Sturmeck, 1870; ,7*» Mémoires de Pierre Carrière, dit Corteis, pasteur du td'srrf, 1871 ; 8° Procès de Baudi<ho)i de la Maisunneitre accusé d'hrrésie à Lyon, 1873. Bauin a aussi collaboré à l'édition des Opéra Calvini, Brunsw., 1863 ss., à la Revue de théolngv\ au Bulletin du la Société d'histoire du protest, franç., au Kirclienbote. Sa veuve a rédigé une ^io^ra^Aie intéressante, dédiée à ses enfants, Strasb., 1880.

BATLE (Maro-Ântoine), écrivain religieux fécond, né à Marseille en 18S5, mort en 18T7, exerça dans sa ville natale les fonctions d'aumônier du lycée. 11 a publié, sous le pseudonyme^ de Théotime un volume depoésies religieuses, des ouvrages de <lévoiion et d'édification, des romans religieux, des sermons, des études historiques et littéraires. Parmi les livres reîigrieux de l'abbé liaylc, nous citerons : 1'' Vie de saint Vincent Ferrier, Mars., 1856; 2" IVc de saint J^hili/i/je de .\éri, 1859;

MassiUon, 1867; 4" Oraison funèbre du B. P. lAicordaire, 1S62; h'' Homélies sur les Eva)if/iles, Tournai, 1865, 2 vol. Nous mentionnerons encore sa traduction du livre de Dœllinger : le Chrùtiùnieme et VEgiùe à Vépoque de leur fondation, et sa collaboration au CoMeiller eatIuMque (1851-52), à VAnù de ta religion, etc., etc.

MCK(Jean-Tobie), célèbre théologien, né à Balingen, dans le Wurtemberg, en 1804, mort à Tubingue en 1878, fit ses études à Tubingue (1822-27) et, après avoir exercé les fonctions de pasteur dans divers villages de la Souabe (1827-36), il professa la théologie à Uàle (1836-12) et k tubingue (1843) où lavaient appelé Baur et Ëwald pour l'opposer

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à Dorner. Beck no tarda pas à se faire à l'université de Tubingue une position tout à fait indépeixlante et à exereer sur les étudiants, venus de près et <le loin, mais surt(jut Jo rAlleinafrne du Nord, pour se grouper autour de sa chaire, une intluence très considérable. Ce qui frappait d'aiiord en lui, c'était sa |missaiite originalité souabe, son absoncoet son dt'dain des formes, son aversion contre tout ce qui est forcé, fnctio', conventionnel, soit dans la vie sociale, soit dans l'Etat, suit surtout dans l'Eglise, dans sa tlié<dogie, dans son gtmveinement. Ueck (b'ploya • une grande fidélité dans l'acconiplisscnient de sa lâche spéciale. 11 considérait son professorat comme un sacerdoce, s'appliquant non seulement à enseigoer la théologie, mai8 à rendre un témoignage vivant i révangile, à représenter d'une manière personnelle la foi chrétienoeen face de ses élèves. Sa piété avait im grand cachet d'individualisme, d'énergie et de saveur natives; elle était à la fois humble et exubérante avec un accent de cordialité et une expression de gaucherie qui en rehaussaient le prix. Nature virile, rude, nalve» Opiniâtre, il imposait par son trrand sérieux, te m pf' ré toutefois par une douce gaité et une sorte de bonhomie instinctive. — Beck avait quelque chose du propbèle, particulièrement dans lesdigressions polémiques qu'il se permettait dans ses cours contre le pliarisaïsme hypocrite et le formalisme corrert de la piété mutemporaine. 11 définissait volontit rs sa tendance, une sorte «le r.'•ali^Ine bibli(jue. Il ne voulait, en etl'et, être le disciple de personne (|ue <!»' la Bible et [prétendait y puiser directement son système, sans faire d'emprunts à aucune école théologique : il y avait dans cette amliilion une grande dose d'iUusiuu, pour ne pas employer un terme plus sévère. Beck était Fadversaire décidé du confessionalisme légal, de la théologie du juste milieu, de Técole historique critique, et flageUait ses représentants d'allusions sarcastiques faciles à saisir. Sa notion de Tinspiration de la Bible était des plus étroites, mais, comme les théosopbes wurlembergeois auxquels il se rattachait, il prenait sa revanche par une liberté d'interprétation fort grande. Son exégèse «pneumatique» secomplaisait dans la typologie et dans le déchiffrement du sens allégorique et profond de la lettre biblique. 11 affirmait d'ailleurs expressément ne point admettre de distinction entre la forme et le fond de l'Kcriture, ni entre les divers types de la doctrine soit prophétique, soit apostolique. 1^5 préoccupations esclialoloj^iques étaient fort grandes chez lui et il jujreait avec une sévérité extrême toutes les productions de la culture moderne. Adversaire [lassionné des missions, des ;v?(;/t;fl/s, des conversions opérée» en serre chaude, des manifestations liévrcuses de la piété méthodiste et américaine, il n'accordait aucune valeur aux institutions de TEgliie et croyait qu'elles n'étaient &ites que pour en compromettre la spiritualité. Le fonctionnarisme et le bureaucratisme ecclésiastiques, tels qu'ils fleurissent surtout en Prusse, n'avaient pas d*ennemi plus dangereox et plus redouté que lui. Détestant l'hypocrisie sous toutes ses formes. Beck était un grand insoumis aux honunes par soumission à Dieu. Il unissait à un degré extraordinaire l'ardeur de personnalité la plus prononcée à une piété humble et profo nié ment mystique. Il • xagérait comme à plaisir les vertus de l'individualisme chrétien. Beck eut souvent maiUe

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à partir avec les autorités et les corporations officielles, et même avec ses aaditeors, les beckistes, qui ne se distinguaient ni par la largeur des ▼ues ni par Taménité des manières et accueillaient parfois la parole du maître avec cette maniuo de dô'^approhation particulière aux rtiuliants allemands, qui consiste à ràder le plancher avec la semelle <i(^ Imirs bottes: c'est ce qui arriva, lorsque, pendant la guerre «le 1870. Beck comparait l'attitude de la Prusse vis-fi-vis de la France à celle du pharisien, qui dit eu regardant le péaper : <* Je te remercie, o Dieu, de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes ijui sont ravisseurs, injustes, adultères, ni même comme celui-là. Je jeûne deux l'ois la semaine, je donne la dlmé de ce que je possède, et... je porte mon livre de cantiques avec moi dans mon havre-sac. » — Beck n'a pas laissé de disciples, et ses ouvrages, laborieusement rédigés, ne rendent qu'imparfaitement rimpression que Ton recevait de son contact personnel si rafraîchissant et si fortifiant. On ne s'est pas beaucoup trompé en rappelant le Tertullien moderne. Nous citerons de lui : !" Introduction an s}j^ff>nte de la doctrine chri't'te7\nr . Stutt^^. IH.'W'j S" •'dit.. 1870; i2" La d'U'trini' rh, ('ln'iino (Va près /rs sources f/i/j/iques, 18ii; IV' f-Ssf/uisses de ljsyrli(,i(H/t\' Inhlique. 18i."{ : .'J*^('(iit.. 1871; i" La iinisso/ire d'' la vie chrétienne et de l dniour c/irrtifa t/rs /fum/nes, 1872 ; La ({m irine chrétienne de C amour ^ 1874; G' La doctrine des sacrements , 1874; 7* Discùttrs chrétiens, 4834-1870, Jfi vol. ; 8» Penseéi ôiàh'ques sur la vie chrétienne et sur le ministère ecclésiastique, 1878 ; 9^ Ethique chré~ tienne, publiée par Lindemeyer, Gtiter^l., 1882, S vol.

F. LiCHTENBERGER.

BELLOWS (Henry Whitney), philanthrope et tht'ologien unitaire américain, né à Boston en 1814, {gradué du collège d'Harvard et de Técole de théolo^ir- <lo Cambridge, a été. depui-i 1838 et jusqu'à sa mnrt, survenue le 30 janvier 18H-2, pa-t(Mir dp la preniif^ro église ronixréjrationali.'ti' unitaire de New- York. Préilicutour distingué et excelleiil admiiiistratt'ur, il a été l'un des chefs les plus marquants de l unitarisme américain. Il appartenait au type conservateur de cette église. « Je me range, disaiMI, du cAté de la religion positive du Fils de IMeu, qui a fait des miracles, qui a été crucifié^ qui est monté au del, et je considère que le déclin de la foi au christianisme historique est le symptôme le plus redoutable de notre époque et le principal ennemi de notre repos politique, domestique et individuel. » En 1857, il publia une Défense du Dranie [Defence of the Drania) et lit une série de conférences devant le « Lowel Institute », à Hoston, sur le traitement k appliquer aux mala- " dies sociales. Il prit une p irt af^fivo. dés 1859, à l'organisation de cnngr»^s pnur l'amélioration de la condition sanitaire dos gramles villes, et ce fut surtout à ses efforts qui- Ton dut, en 181)1, l'organisatiiui de la commission sanitaire qui a rendu de si grands services pendant la guerre eirile. il fut le président de cette commission pendant les six années de son existence. En 1866, il visita TEurope pour y propager l'idée de commissions sanitaires internationales pour les armées. Il a rédigé successivement le Cfinstian Inquirer, le Christian Examiner et le Ziheral Christian, organes des églises unitaires. H a publié un volume de ser-

BELLOWS — BESOIG.NE

mons sur la doctrine chrétienne et un ouvrage sur levions monde, Tkt old World in Ils m-w Face. 1868-69, 2 voL

BERNARD DE TOLEDE, le plus ardent propagateur des idées de Grégoire Vil en Espagne. Né à A;/on. soldat, puis moine bf'nédictin, ahU du couvont de Saha«2:una eu Caslille (1080!, il rendit d'éraiin-iits sorvices. tant au papo qu'au mi Alphonse VI, qui le noninia arrlievt^que de Tolède, l<irs(ju'il sr fut euipan' de cotte vjUo sur les Maun^s, titre auquel il ne tarda pas do joindre celui de primat de l'Efilis»^ d Espagne que lui décerna I rbain II. Il pla(;a à la téte des évécliés les plus importEints du royaume des moines béuédictins qu'il avait amenés de Frauce et s'efforça de eubstituor partout la Uturgie romaine à la liturgie mon- ' rabique, malgré la résistance du roi et d'une partie du clergé espagnol, soutenu par rarehevéque de Saint-Jacques^de-Cpmpostelle qui oonteHa à Bernaid sa qualité de primat. Son caraotèro soldatesque se manifeste aussi dans sa conduite à Tégard des Maures et dans ton projet d'entreprondre une croisade en Palestine à la téte d'une année castillane. Il mourut en 1125. On a de lui quatre Semitmes, qui sont insérés dans les Œuvres de Bernard de Glairvaux, Paris, 1719, V.

BESOIGNE (Jérôme) naquit à Paris en 4686 et mourut dans la même ville le 2r> janvier 176."î, i\{^é do 76 ans et qiieNjues mois. Issu d une famille intiioralde et ancienne de la lihrairie. (|ui s'occupa de son éducation avec le plus j^rand soin, il montra de bonne heure des dispositions puur l'étude ; dès l'Age de sept ajis il taisait sa sixième au collège Mazariii. Ayant poursuivi et terminé ses humanités avec succès, il s'adonna à U théologie dont il conquit successivement tous les grades. A l'occasion de sa Itcenee, chargé des Paranyniphes pour la maison de Sorbonne, iloonh posa des poésies qui furont appréciées. Après avoir professé la philosophie au collège du Plessis et dirigé l'instruction religieuse des jeuuei gens dans plusieurs autros établissements universitaires deParisil entn au séminaire de S. Magloiro. Ordonné prétro en 1715, il obtint le ûtff de docteur en Sorbonneen 1718 et se consacra dès lors à la composition des divers ouvrages qu'il a laissés. .Mais ayant rofuséde se soumettre à la bulle UnigenituSf il fut dépouillé de ses charges, exclu àc la Sorbonne et banni du royaume où on lui permit de rentrer toutefois quelque l^mps après, mais demeura ))rivé de toutes ses autres fonctions. D'une profonde piété, Besoigne supporta en vrai chrétien la lunpn'' maladie dont il devait mourir. Voici la liste de ses priru'ipau.x ouvra!:e^.' 1" Cunconh' (les Itrres de In Sfi'jcs^r >,u niora/e du S. Esprit. {TM et l'iti 1 vol. in- 12 ; 2** Concorde des K pitres de S. Paul et de toutes les e]>ilres canoniques ou morale des Apôtres, 1747, 1 vol. in-li; 3*» Principes ét la perfection chrétienne et religieuse^ 1748, 1 vol. in-l*2; plusieurs éfr tions depuis; k** Hiitoirede Vabhaife de PoH^Hoyal ^ 1752, 6 vol iiHS. Cette histoiro est divisée en deu.x parties ; les trois premiers volnmes renferment Vhistoire des religieuses ; les trois d<'miers, celle des sieurs. Composée d'après un très grand nombre de manuscrits dowanant Port^Royal, cette histoire est riche en détails intéressants qu'on oe trouve pas ailleurs, écrite de ce style tranquille et posé, de ce ton recueilli qui lui donnent comme une saveur de cloître tout à fait ea np-

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port avec le sujet qu'elle traite. Beioigne est le chroniqueur intime de Port-Royal, et sa phrase fenrente raconte avec une exactitude pénétrée respect qui finit par gagner le lecteur et par Témouvoir ; 5® Viet de$ quatre évèques engagés dans la cause de Port-Hoyal, formant un sup^ pkment h V Histoire dont nous venons de parler ; 1756, 2 vol. in-12. Les quatre év<^quos dont la vie est racontée dans ces deux volumes, étaient: M. d'A/ef (Pavillon), M. d'Angers (Henri Arnauld), M. de Beauvai s {Charles de Buzenval), .V. dr Pamiers (de Caulel); 6'* Prières et réflexions m for }iie de Litanies pour tous les temps et toutes les fêtes de Vannée ^ 1757 ; 7*^ Principes de la pénitence et de la co7iversion, ou vie def Pénitents, 1762,1 vol. in^l2 ; ^ Principes de la justice chrétienne ou fûkdesjmies, 176S, 1 vol. Ces deux derniers ouvrages sont excellents, on y sent une piété nourrie à Técole des Saintes Ecritures, mais Tooetion y manque absolument. On les a souvent réimprimés. Ceux qd auraient aujourd'hui la patience de les lire, en seraient largement récompensés par le profit qu'ils en retireraient au point de vue de Tédification. Besoigne est encore auteur de plusieurs autres ouvrages de polémique sur les matières théologiques ousur les questions concernant la Bulle Unigenitus ; ils ne présentent plus aucun intérêt aujourd'hui. On peut ron?ii)tPr snr Besoigne; Hoiidet, Mémoires sur la vie et les ouvrag 'S de lii'SoHiui', n«l.3, in-8'\ paru précédemment en téte du Catalogue des livres de Besoigne ; Cerveau, iXécrologe des plus célèbres défenseurs et amis de la vfhùté du dix-huitième sièclf, t. VI (Picot) ; Mémoires pour sernr à fhist. err lés. pendant le dix-huitième siècle, t. II et IV; IJiblioth.jansén.; t. lll. A. Maulvault.

BÛCmULLOT (Lazare- André), né à Avallon le l«r avril 1649, mort dans h même ville le 32 septembre 1728, à Fàge de quatre-vingts ans, était iisa d'une &mille pauvre et obscure. Son père, ancien sergent, était aubergiste; sa mère, malgré Thumble condition oh elle vivait, s'occupa de frite donner une bonne éducation à son fils, et le plaça tout jeune au collège des jésuites, de Dijon, dans lequel, fiiit remarquer avec complaisance un auteur janséniste. » on n*apprenait point à connaître les livres saints, pas même le Nouveau Testament. » Le jeune homme ne répondit point aux espérances que sa mère semblait concevoir de lui, car, après avoir terminé ses études, on le vit fréquenter de mauvaises compagnies et se livrer à la dissipation. Hésitant tour à tour entre Ja carrière des armes et l'état ecclésiastique, il embrassa tout à coup la diplomatie- SV'tant tait a<rréor par M. de Moiutel, ambassadeur «le France àConslanti. ii'jplc, punr faire partie de sa suite, il raccompagna en Turquie où il passa deux ans. Revenu en France, il se tourna vers le barreau, se lit recevoir ifoeat à Bourges, et vint exercer cette profession dans sa ville natale où il mena en même temps une vie de plaisirs et d'égarements. Mais cette ostore ardente et passionnée était trop généreuse pour pouvoir trouver Il satisfaction dans une pareille existence. Une lassitude morale saisit OAtre jeune avocat et le jeta dans une profonde mélancolie ; c'était la premiète phase de rœuvre de grâce qui allait s'accomplir en lui. Il avait un ifèrsches les minimes auquel il ouvrit son cœur, et, sur son conseil, il slk passer quelque temps chez les chartreux d'Auvrai. Il sortit de cette

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reiraite pour entrer au séminaire ou il édifia ses condiaeiples par tt piété et son application dans les choses de Dieu. Ordonné prcHrc en 1615, il voulut séjourner quelque temps au séminaire de Notre-Damedes-Vertus, tenu par les pères do l'oratoire et y eut pour directeurs Michel le Yasser ot le c/'lèbre abbé Dugruet (voir cet article dans le présent supplément). Nommé curé dans los environs d'Avallon. à GliAtelux, il dut bientôt (juittor cette paroisse pour cause de surdité. Cette intlrmitt' l'ayant mis en rapport avec M. Hamon (voir cet article , célèbre iiuMlcciii do Poi t-Royal, il alla passer huit mois dans celt«' solitude dont il adopta le régime de vie pour le reste de ses jours, et uù sa conversion semble avoir reçu son baptême de feu. A partir de cette époque, Bocquillot, pleinement consacré à Dieu, oShe en sa personne l'exemple des vertus chrétiennes. Entièrement livré à Tétude et à la prière, il recherche Thumilité et pratique les exercices d*une profonde piété. De retour dans son pays, il y mena une vie édifiante et studieuse qui loi acquit Testime de tous les gens de bien. Généreuse et désintéressée, wo âme une Fois éclairée par la vérité religieuse, y demeura fidèlement attachée. Son opposition à la constitution Unigenitus lui attira des disgrâces vers la tin de sa vie, sans qu'il en ait été ébranlé dans ses convictions. 11 a laisst'' plusieurs ouvrages; nous ne citerons que ceu.x qui ont trait à la religion; ce sont los suivants : Ihjmi/irs ou instrttctiom fnini/irrrs sur les covimnndi un'nts <le Dieu et de 1' E>/'i.se, publiées sous le psi udunyme d«' sinu- dr Saint-Lnzare, Paris, 1088, 2 vol. in-12 011 trouve un abrégé de ratérhisme à la lin du second volume); 2** Hottiéliei sur les sficmments, 1088; 3" Homélies sur Ir symbole des apôtres, i&lS^'* i" Homélies sur l'oraîson dominicale^ 1689 ; 5** Homélies sur les fêles de quelques samts, i690; Homélies pour les vêtures et professUms rtU' gieuses, 1694 ; V Discours sur les jeux innocents et les jeux défendus, 1702. Ces différents ouvrages que l'auteur publia sur le conseil de Hamon et de Nicole, sont de format in-lS; le style en est simple et iSuile; ^ Traité historique de la liturgie sacrée ou de la messe^ Paris, 1701, 1 vol. in-S", ouvrage remarquable et fort estimé, plein de recherches savantes et qui fait autorité sur la matière dans laquelle l'auteur éUit versé profondément. C'est le livre cfui a valu une certaine célébrité à son auteur on le classant parmi les liturgistes les plus disfin'^aiôs. — Sourops: Vit: de M. Bocquillol, par M. Letors; l'abbé liarral. les App'dnnts célèbres: le père Lal»ellr,(le l'Oratoire, :\Lrrologe d^s appelants et opposants nia bulle Uiiigeniliis; Pictit. Mémoires pour setvir à Ih'sto^''^ ccclésias/ique peiulant le dix- lunl lènw sii-r/c^ t. IV; Dom Glémt'iic»'l, Histoire générale du Porl-Hogal, t. VIll, p. 104 et suiv.; Besoigu«', Histoire de r Abbaye de Port-lioyaL t. V; Nouvelles ecclésiastiques, au 3 avril 1745 ; Guibert, Mémoires historiques et chronologiques sur V Abbaye de Port-Royal des Champs, t. VIII de la III* partie.

A. Maulvault. •

BŒHBDKiER (George-Frédéric), historien célèbre, né à Maulbrono. dans le Wi'irtemberg, en 1812, mort à Bàle en 1879. Après avoir achevé ses études k Tuidngue, compromis par ses opinions politiques avancées, il se vit obligé de iuir en Suisse (1^3). fut nommé pasteur à Glattfel-

BŒHRLNGEU — BOISSY D.ANGLAS

Àeùt dans le canton de Zurich, et se lia d'amitié aveo (Strauss. Il donna M démission en 18S3, et se retira à Bàle pour se consacrer tout entier à ses travaux historiques. Aveagle, pendant les quinze dernières années de sa vip. il dut se [aire aider pour ses travaux les plus récents. L'œuvre

à laquelle Bœhrinjrer a attaché son nom est intitulée r Eglise chrétienne j et se^t témoins ou Histoire de V Efj lise en biographies^ Zurich, 18i2-18o8, k> V..I.: 2« nlit., Stultg., 1801-187^, 24 vol. : die s'arrête à Huss.

BOISSY D'ANGLAS fFraiirrus-AïUoiiiH), célèbre couveiitioriiK^I, naquit le 8 décembre 175(3, à Saint-Jeau-Chaiiibro, près d'A.Miiuiiay. dans une famille prolestante où parait s'être conservée la tradition huguenote. Dans unvoyagcque sa mère lit avec lui à Ai^niesmortes, alors qu'il n avait encore que Hept ans, elle le mena à la Tour de Constance^ où étaient encore enfermées quatorse prisonnières pour cause de religion ; Tenfiint conlerfa de cette visite un profond souvenir que Thomme fait a consigné dam un de ses ouvrages. — Boissy d'Ang^as, ses études terminées, teit devenu avocat au parlement de Paris, mais, au lieu de plaider, il se livrait à la littérature. La sénéchaussée d'Annonay l'envoya aux états généraux comme député du tiers état. Il y soutint les principes de la Révolution et demanda en 17D0 des mesures rigoureuses contre la coalition réactionnaire qui menaçait le Midi de la guerre civile. 11 défendit Ips droits des hommes de couleur dans les colonies. Ses opinions politiques et religieuses le faisaient accuser de rôver rétablissement en France d'une république protestante. Nommé procureur général syndic de l'Ardèche, il s'ac(|uilta de ces fonctions avec fermeté et ne craignit pas d'exposer sa vie pour défendre celle de quel(|ues prêtres enfermés dans la prison d'Annonay. Député à la Convention (septembre 1793), il vota la détention de Louis XVLpuis i*appel au pcuploet le sur^ sis i l'exécution du roi. Cet esprit de modération, peut-être aussi la velléité qu'il laissa apercevoir d*uu appel à la résistance contre la Convention le firent accuser par ses ennemis de royalisme déguisé. Secrétaire delà Convention après la chute de Robespierre, puis membre du Comité deScilut public, il accepta la lourde responsabilité des subsistances dans , une période des plus difficiles et ne se montra peut-être pas toujours à la hauteur de la tâche. Le peuple de Paris, affamé, se porta, le 12 germinal an 111 (1*"^ avril 1795; sur l'assemblée (}u'il envahit demandant du pnin et la Constitution de 'J3. Celte échaiillourée provoqua des ^mesures de rigueur contre quelques nKmtagnards. .Mallieureiiseinent, l'irritation populaire ne faisait que grandir avec la misère générale. Le 1*^'^ [)rairial 20 mai . l'Assemblée est «le nouveau envahie par un Uni d émeutiers qui réclaïueiit du pain, la Constitution et rélargissenient des «< patriotes » : détenus. Boissy d'Anglas remplaçait au fauteuil le président absent. Des foieenés se précipitent vers lui, portant au bout d'une pique la téte du ; représentant Féraud qui vient d'être égorgé. Ou présente ce sanglant ; ' trophée à Boissy d*Ânglas qui, avec une apparente impassibilité, salue I la téte de son inforttmé collègue et reste immobile à son siège, sans répondre aux injonctions ni aux menaces de la foule. « Ce moment, dit Ëdgar Quinet, fut le plus atroce de la Révolution ; la foule se mit à rire et à applaudir eu même temps. » Le courage, le calme imposant du pré-

liOISSY D'ANGLAS ~ BOMFAS-LACONDAMLNE

âdentt 8auv^^ent l'autorité ot prohablement aussi Texistence de la Goa» vention. En tout o^s, un actv si héroïque immortaliso h juste titre le nom <\o son auteur. Hoissy d'An^Mas prit une part importante à la Constitution «le l'an III. Sun umu ftnit dovenu s^i populaire qu'il l'ut (itsiim»' par les assemblées électorales de 7:2 dt-parteuifuts pour taire j)arti(' du ùmseil des Cinq cerits. Lrs propositions de i léiiuMUN' qu i! soutint en faveur des prêtres insenneotés et des émigrés, son opposition aux projet! d'amnistie des délits révolutionnaires, peut<étre aussi des relations personnelles avec les royalistes de ce conseil, suspects de oonspiratioD, le firent, au 18 fructidor, condamner à la transportation. Mais il parvint à fuir. Après le 18 brumaire, Bonaparte l'appela au sein du Tribunatdoat il lut élu président et plus tard le nomma sénateur (1805), comte de l'Empire, {^rand oftiiier de la Légion d'honneur. Ses opinions politiques semldiMit avoir été assez tlottantes à cette époque; en effet, Louis \VIII le noiiiiiia membre de la Chambre d«'S pairs, comme ayant acrepté la déchrauce de Napob'fiu: celui-ci retrouva ses services sous les Cent jours, et, a])n'S Waterloo, il fut l'un des conuuissaires royaux cbartrés de négocier avec les alliés. Néanmoins l'ancien conventionnel n avail pas abdiqué ses principes libéraux et il eut plus d'tme occasion de les défendre avec éclat au sein de la Chambre des pairs. Il s'eflbrça de retenir Is Restauration dans les voies constitutionnelles : le jury* la liberté de la presse trouvèrent en lui un défenseur énergique et il sollicita le rappel des conventionnels exilés. — Boissy d'Anglas se montra toujours ua protestant dévoué : sons la Révolution, il avait appuyé la liberté des cultes. Il contribua à la rédaction des lois organiques du culte protestant licrminal ;in X) et devint membre ilu consistoire de I Kglise dp Paris. Eu IH18, quand la n'actinn ratboliijiip, au mépris des lois, prétendit contraindre les protestants à tapisser les façades de leurs demeures sur le parcours des processions du Saint-Sacrement, Boissy d'Anglas, conjointement avec un autre protestant illustre, M. de Jaucoart, défendit les droits de ses frères. Il mourut à Paris le 90 octobre 1826. La Société biblique de Paris, dès sa fondation, Tavait choisi pour l'un de ses vice-présidents et Tlnstitut le comptait au nombre *de ses memitres. Boissy d*Anglas ne fut ni un grand orateur ni un écrivain brillant; c'était un homme d'étude et sa parole comme sa plume furent constamment au service de la liberté. II ('crivit bon nombre de brochures j>oliti<jnes nt de rapports «boit <|iiel<jues-uns remarquables. Ses ouvrages les plus étenrlus <ont les ^\\///\ sur la rir, 1rs pcrtts rf les '^pinion^ ri'' M. de Mnh'slwrhe^. 2 vol. in-S", et les Eludes /ittruiirei et fto^-liqiies d'un vieillard, 5 vol, in-12. H. Uralssi.n.

BONIFAS-LAGONDAMINE (Ernest), professeur en théologie, né le il octobre 1826, décédé le 19 décembre 1859. Après avoir poursuivi ses études classiques jusqu'à la licence ès lettres, complété sa préparation théologique de la faculté par un séjour de deux ans en Allemagne, il entn dans la carrière pastorale qui était dés son adolescence Tobjet de ses vœux les plus chers. Consacré en avril 1854 à Nérac, il exerça pendant quelques mois, au sein de la petite paroisse de Salies-du-Béarn. un ministère que la maladie vint interrompre. 11 rentra momentanément «laiis

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BOi\li'AS-LAGOiM)A.\li.\E — BONIFAS 579

sa famille à Montaubanet employa ses loisirs à la théologie. Un appel (le l'Eglise de Ganges rarracha à la préparation de sa thèse de licence. Sun activité au milieu de cotte Eglise, bien qu'elle n'ait diin^ qu'une année, y a laiss»- dans les cdMirs un snuvonir durable. En 1836, son [H're, M. Bunitas-tiuizot, prolcsscur d'Iirbrcu à la Faculté de Monlauban. étant mort, les sufl'ragesde la majorité des cunsistuires, sanctionnés par l'autorité, appelèrent Ernest Bunilas à la chaire vacante. Dans un remarquable discours d'installation, le jeune professeur, exposant les principes de renseignement théologique, combattait à lafoisleeritieismo et le dogmatisme exclusifs. « La théologie, disait-il, est une science positiTe dans son principe et dans son objet* La théologie repose sur la foi; la science chrétienne sur !"< rit nce chrétienne. » Il ne concevait pas une telle science désintéressée de la pratique ci il estimait avoir «charge d'Ames.» Mais, s'il ailirmait que l'école sort de l'Eglise, il voulait une théologie libre en ses travau.x. « L'es[irit de l'enseignement théologique, le véritable esprit scientifi(pic doit être à la fois un esprit de libre recherclip rt de loi positive, de critique indépendante cl de fidèle soumission. » Tels furent les principes de son enseigncuieiit personnel, dont les brillantes promesses ne purent recevoir qu'un commencement d'exécution. Obligé d*intemmpre son cours après trois ans seulement, il s'éteignit à Cannes, entouré des siens, donnant au milieu des angoisses et des luttes de l'agonie, comme il l'avait fait dans la santé, l'exemple d'une foi simple et profonde. — Il n'a été publié de lui qu'un vohune d'Haméliet et fermons, où se trouve aussi wnJHscottrs dHnstaUa"

tî'nn,

BONIFAS (François), professeur et écrivain émiiient, frère du précé- •lent. naquit à Grenoble le lU octobre 1837. Doué d'une intelligence vive et pénétrante, il avait conquis à vingt-neuf ans. et de la façon la plus brillante, les deu.x diplAujes de docteur ès lettres et docteur en théologie, lorsqu'il fut, eu 1866, appelé à occuper la chaire d'histoire eeelésiastique, vacante à la Faculté de Montauban, par la retraite du doyen Montet. Antérieurement à cet appel, François Bonifas avait rem- (li près de la même Faculté les doubles fonctions de sous-direeteur du séounaire et de professeur agrégé de littérature. Les leçons qu'il donnait slon sur Corneille, résumées plus tard dans des articles de la /tevue chrétienne, furent très appréciées pour l'originalité des pensées et le talent d'analyse comme pour l'art de liien dire. Peu de professeurs, comme le faisait ^'marquer justement un de ses collègues, sont arrivés à leurs {"nnctinns aussi remarquablement doués et aussi solidement préparés que lui. L autorité du savoir se trouvait rehaussée, chez FraïK^ois Bonifas, par une humilité profonde, une piété austère sans raideur ni étroitesse, ane droiture de conscience qui l'avaient déjà fait admirer de ses condisciples lorsqu'il n'était qu'étudiant et qui inspiraient à ses élèves, malgré n jeunesse, une réelle vénération. — Son enseignement avait un succès c risitlérable : l'attention des auditeurs était forcée, saisie par une voix We et douce qui dénotait, hélas ! la coniplexion délicate du professeur, mais où transparaissaient également et la candeur de son î\me et la finesse de son esprit. Si les grands mouvements lui étaient interdits, sa

BONIFAS — BOST

fîiction ralnip, pure avait un rlianne p<^n^trant. et l;i sûreté de >oii ♦•ruditioii. la pmfondt'ur de ses idée-<. la (.lart»' de son expQsitioii fnppai»'at toi)- ]r< esfirits. tandis que le souille inoral de tout son t nseipntMnent remuait l âme. — Par .ses convictions profondes, Franctiis Bomfds s€ rattachait à ce qu'on est convenu d'appeler l'orthodoxie, et assnrimeiit jamais orthodoxie ne fut plus vivante ni plus charitable que la sienne. Pendant les douze ans qu*a duré sa carrière professorale, carrière ^ conde et bénie, mais beaucoup trop brève au gré des nombreux amis qui se félicitaient de ses travaux dans Tintérét de la théolo^:ie et de TEgiise, ses idées religieuses acquirent la maturité que donne l'expérieDCc; elles ne varièrent point. Tous ses travaux, tout son enseignement, poursuivis dans un but ap«tlogéti(jue, ont été tid»'les au programme de son discours d'installation : la foi et la science ne sauraient s'exclure, les atTirmatioiis de l'une doivent s'accorder avec celles de l'autre. « Il faut, dit-il. que la philosophie soit religieuse et que la religion soit philosophique... Il ny a pas deux vérités, il n*y en a qu*ttne. lia vérité qne découvre notre esprit ne saurait contredire la vérité que Dieu nous révèle; car notre esprit vient de Dieu et mettre aux prises la science et la foi, la religion et It philosophie, ca serait, selon l'énergique expression de Leibnitx, fidie combattre Dieu contre Dieu. L'homme d'ailleurs ne peut être divisé cootre lui-niénie ; il ne peut croire comme chrétien ce qu'il rejette comm^ philosophe ou comme savant. » — François Bonifas fut enlevé à li science, à l'Kgliseet h sa famille par une mort prématurée, le l.'i déc<'ii!hr<' 1878. Il n'était Agé (jue de quarante et un ans; mais il avait pu pn^ duire bon nombre de travaux dignes (l'atleii(i(»n et «buit (juebjues-uns ont une importance considérable, notannnent .sa thèse de doctorat es lettres, Etwle sur ia Théodieée de LeiànÙZf ses thèses de licence et 4e doctorat en théologie, la DùetHne de la Rédemption dam Scheiermaeker et Y£$8ai sur Vunité de l'enseignement apostolique. Rappelons en pas* sant sa précieuse collaboration à V Encyclopédie elle-même. Il éerivit pour compléter l'ouvrage de M. de Félice une Histoire des protestants de Frnnre depuis 1864. La Itevue théulngique de Montauban, dont il était le rédacteur-génint, a publié de lui |dusieurs éludes critiques et dogmatiques dont la dernière, sur la '/'nniti', demeure inachevée. — Deux (ouvrages posthumes verront lueiitot le jour : une Uisloin' d''s (lof/mes, rédigée d'après ses noteset celles de ses élèves par un <!.• reux-o, M. J. Bianquis, avec une étude de M. Dois sur l'onivre du tlicologien, et un Recueil de mélanges littiraùres et tkéologiques^ précédés d'une notice biographique étendue, par M. D. Benoit. H. Draussin.

BOST (John) [1817-1884], philanthrope chrétien, né à lloutien- Grandval (Berne), où son père. Ami Bost (voy. ce nom) était pasteur, n souffrit, tout enfant, des nombreux déplacements de sa famille, et, incapable d'un travail de téte appliqué, fut placé comme apprenti chei un relieur de Genève, puis il donna des leçons de musique par goût c\ pour vivre, se rendant à Paris pour suivre les ciuirs de Cfi0[)in et d*' Kalkbrenner. L'intluence du pasteur Loius Meyer le raiioMia aux tni'litions de toi de son enfance, et le jeune artiste de ans passa un an à Sainte-Foy et deux ans à Moulauhan pour étudier ia théologie. MaiS' ses

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