‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 108 sur 158 · BUISSON - BULL · texte numérisé non relu

BUISSON - BULL

de riiumanité, considéré dans Tindividu, dans la famille et dans la socit^té, et les ciroanstances rengagèrent à faire paraître en premier lieu

lf'« discours qui se rapportent aux deux derniers points do vue; le voliiiiip sur VHonmiP lie fut édité qu'en IHoT; tous trois forment un enst'inble d'cDscigueiuents à la fois classiques et saisissants où la forte logique s'unit à la haute él(Mjuence connue à l'onction jtônétrante. Ce fut après la publication do ces livres ijue le prô>ideul du consistoire de Lyon reçut la croix de la Légion d'honneur. Eu 1807, le pasteur Buisson perdit en quelques mois un fils et une fille dans la fleur de l'âge. Alors on put juger de la puissanee de ses convictions religieuses par la résignation, par la douceur, par la ferme espérance avec lesquelles il supporta ces cruelles épreuves. Dans la g^rrc de 1870 et 1871, encouragé par le dévouement de sa femme et de ses deux filles, seconde par des parents et des fidèles iiénéreux. il établit une ambulance protestante doQt lui et sa famille curent la direction et qui ^ruérit ou soulagea un nombre considérai do <lo pauvres blessés, sans dictinotion de culte. — En 1872, lo pasteur Buisson présida b' synodo pntviucial séant à Lyon, et tous les membres de cette réunion le romorciorenl de la faoon impartiale, éclairée et sympatliique dont il avait dirigé les délibérations. Néanmoins il ne fut point nommé délégué au synode officiel, parce que, tout en montrant le plus grand respect pour d^autres opinions que les siennes, il manifesta ouvertement ses propres tendances toujours fran- «hfiment libéralos. Le 1" février 1877, il prononç a une dernière prédication dans son Eglise. Frappé bientôt après d'un mal incurable, il envoya, le 30 décembre 1878, sa démission au consistoire qui lo supplia, av.'c succès, (lo jjrarder les fonction-: pastorales, en se décliar;^oant de celles (le la présidence oflicidlo d en ^^irdunt le titre de prcsiib-ut honoraire. Au mois do juin 1880. sa digne compagne lui fut onb'vée. Le ii octobre 1881, il s étoignit paisiblement à Saint-Etienne, après avoir déployé dans ses entretiens intimes une charité toujours plus large, toujours plus élevée au-dessus de l'esprit de parti, une résignation sereine, une foi toujours plus semblables à la vue. jEschimann.

BQUi (Geoirge), théologien anglican, né à Wells en 1634, mort en 1710. Après avoir fait à Oxford de solides études «pii lui valurent b> dipldmede docteur (1680), il fut nonnné évéque de Saint-David (1705). Très versé dans la connaissance de l'antiquité ecclésiastique, il composa un j^rand nombre d'ouvrages (jui ont été publiés par Erno<t Grabe, à Loiiilros, en 1703, avec des passages des Pctos (jui avaient échappé aux recborcln s de lautoiir. Nous citorons parmi eux : 1*^ Jlnrmnnùi apostolica, Londres, iGCy, oii Buli s'clforce de montrer l'accord qui existe entre saint Jacques et saint Paul sur Ja fui et les bonnes œuvres ; 2° Defensio fidei Aic«iue, Ozf., 1685-1688, oà Tauteur cherche à établir que les dooteurs et pères avant Nicée enseignaient déjà la doctrine ofBcielle^ laent prodamée dans ce concile ; une nouvelle édition de cet ouvrage fut publiée, en 1784, par Zola, professeur à Pavie, avec des additions et des notes; S° Judicium Eccla^ix catholicœ irium priorum s;frulonim, 101)4; Primitiva et apostolica traflttio dogmalis in KccUiia catholica recepti de Jtsu CAristi dioinUale, 17Uo. — La VU de

m BULL — liUStN BALAI

Bull a été publiée par Robert Nelson en 1713, ainsi que ses Sermcm, en 3 Tol.

BURIDAN (Joan), c«^lM)re nominalisto qui professa au xiv" siècle, à runivorsité de Paris. Né à BéthuiiP, dans l'Artois, il vint à Paris, vers

I. 'iiO, ol s'attacha à Ocrain ; il onsoigna lui-inrine comme nienilire la faculté (U'S artistes, avec un grand succès, snus le règne de Pliilip])e VI. remplit en 1348 les l'onclions de recteur, lit partie d'une ambassade à la cour du pape à Avignon ; puis, après la défaite des nomioalistes par les réalistes. iPnuiita Paris pour se rendre à Vienne, en Autriche, où il professa pendant quelque temps. Il mourut vers 1358. Buridan développa avec une grande rigueur et une courageuse franchise les principes de son maître Occam ; Tun des premiers il montra <f ue la dogmatique et la métaphysique, la vérité théologique et la vérité philosophique se mouvaient dans des domaines différents ; l'un des premiers aussi, il accorda une attention particulière aux problèmes psychologiques et éthiques, et s'occupa avec prédilection de celui de la liberté humaine [tifrum sit poss'ihilr, (jnod coluntas, r.i'feris omni/nis mdein tnoffn se hnbentibut, diUerminetur ali</u(mdo ad umnn o/i/josifnnwi, alifjuandn ad al'mdh Mais Buridan pose la question plultU qu'il ne la résout et se n'tire prudenmient sous l'égide des autorités philosophiques et théologiques régnantes : Nullus débet de via eommuni recedire propter ràtimet tiii iutobtbile», specialitér in Ail, qux fidem tangere posnmt mU mores. C'est pour rendre plus clair ce problème que notre docteur se servit de la comparaison des deux Anes mourant de faim entre deux bottes de foin ou d'avoine, bien qu'elle n'ait pas été trouvée jusqu'ici dans ses écrits. Ses principaux ouvrages sont une Summa sen summula â»* dinltrfim, rtui) Compend'ium /o^/rap. Editions : Paris. 1500 4510, 1518; Oxford, 1037, IGW). 10'»!. — Voyez Bul,'P»is, Jlist.wilr.. Paris., IV; Fabricius, l/iàl. lat. med. œvi; Uauréau, Philos, scoiasi.,

II, àHll

BUSENBAUM ^llermann), célèbre casuiste, né à Nottelen. en Westphalie, en 4600, professa la théologie à Cologne, puis exerça les fone* tiens de recteur du collège des jésuites deHildesheim et de Muoster. H mourut en 1068. Outre un traité ascétique : LiUum inter sjmas^ de

virtj'mihus Dco devoHs eitfuf in ssculo inservientibus, on a de lui une Medulla tkeologiae moralis, fncili ac persptcm meihndo retohwÊ casut conscÎPnfi.T, Munster, 1045, qui, en sept livres, traite des principaux cas de conscience, et a eu ])lus de cinquante éditions. Personne n'y avait rien trouvé à retire, jus({u';i ce que les PP. Lacroix et Colleiida! en lirenl deux volumes iii-t'olio à l'aide de conunentaires et d'additions, édition qui reparut à Lyon en 1720, avec de nouvelles additions, par les soins du P. Montausan. La dernière édition est de Louvain, 18i8. Le parlement de Paris condamna le livre, à cause des propositions relatives à l'assassinat, en particulier au régicide ; celui de Toulouse le fit brûler et cita devant lui les directeurs des collèges de jésuites qui toléraient l'usage de la Medulla; ils nièrent que ces maximes fussent celles de leur ordre, mais un jésuite italien, le P. Zacharia. les défendit. Ces débats ne contribuèrent pas peu à préparer l'orage qui éclata, contre l'ordre des jésuites, sous

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le nfioistèie de Ghoiseul. Malgré des expression^ é^voqueset des principes trop accommodants, il serait injuste pourtant de placer Busenbaum sur la même ligne que Suarei ou Mariana.

CAZALfiS (Edmond de), abbé et représentant du peuple, né à Grenadesur-Garonne en 1804, mort à Rennes en 1876. Il était fils de Jacques de Cazalès, memlire de la première Constituante, étudia le droit et devint juge auditeur au tribunal de Provins. Il abandonna ces fonctions en 18:21) pour se consacrer à la diseussion des questions religieuses, il défondit awc enthousiasnie les principes des catholiques qui essayaient de concilier l'Ej^lise romaine avec la Hévoliilii)n française, et jusqu'en 183i il fut rédacteur du Correspondant et de la Revue européenne. En 1835, il obtint une chaire à Funifersité catholique de Louvain. Deux ans après, il embrassa la carrière ecclésiastique et 'fut ordonné prêtre en 1843. Après un voyage & Rome» il fut nommé en 1845 directeur du séminaire de Nimes. A ^'avènement de la République de 1848, il était vicaire général et supérieur du grand séminaire de Montauban. II se fit déléguer par les électeurs de Tarn-et-Garonne à l'Assemblée constituante et à la Législative, où il prit une part active :\ la discussion de la loi sur renseignement. Outre un certain nombre d'i)uvra<res de piété de moindre importance, on a de l'abbé Cazalès une Etude /lislorit^ne et critique de tXUemagne contfmiporfi'me, Paris, 1853, et un écrit de circonstance, Nos maux et leurs remèdes, Paris, 1875.

GâZAUiA (Augustin), martyr espagnol, disciple de Garranza, archevêque de Tolèdo, et comme lui confesseur de Gharies-Quint. D*une naissance illustre, de beaux dons, une grande fortune, l'éducation la plus disfinguéè lui frayèrent la voie des premières dignités ecclésiastiques. Au sortir de luniversité d'Alcala, grâce à l'influence de son père, Pedro Gazalla, pré* sident de la cour royale des comptes, il fut nommé chanoine à Salainanque et attira l'attention sur lui par son éloquence; en 1545, il fut nuiiiiiié cbapelain et auniAnier de (ibarles-Quint ; en Allemagne, où il accoiiipa«:na son maître, à l'époque de la jfuerre de Suialcalde, il cnmbattit d'abord les lutbériens avec une grande ardeur, dans ses prédications et dans ses écrits. Lue étude plus attentive de l'Ecriture sainte lui fit reconnaître les erreurs de la doctrine romaine et la vérité de la foi éfangélique. De retour à Salamanque, et plus tard à Yalladolid, il prêcha ouvertement le salut par la foi seule. La renommée de son orthodoxie, qui le protégeait encore, explique sa présence' au couvent de Saint-Jusl et l'influence qu'il y exerça sur Cbarles-Quint. Mais il pouvait d'autant moins échapper à l'œil vigilant de l'inquisition que la de-

CAZALLA — CLÉMENCET

meure de sa mèro à Valladolid était devenue le li«ni de réunion de la jeune communauté évangélique. En ITioH, il fut arrtMé avt c ileux frères et dvMx sn'urs li 70 h 80 aufn's pnitestatits ; apn'S {(lusieurs mois d'eniprisoniK HUMit, menacé de la torture, il coniVssa j)ar écrit s«»n adhésion aux «loctrines de Luther, il lut brûlé avec ses frères et sœurs et io autres personnes sur la place du marché de Valladolid, le 21* mai 1539. Une statue, élevée sur le lieu de la maison détruite et rasée, en mémoire du fanatisme barbare de Tinquisition espagnole, ne fut enlevée qu'en 1800 par les Français. — Voyez M*Grie, Hisi. de la Réforme m Espctgne\ l^ivhmoT, liiquîsil. u. Evangnl. in Sfjanieii^ dans Idi Deutsche Zeitsckr,, f, cAr. Wissemch.j 185i, 13 ss.; Plicninper, Aug. Caznlln u. seine vier Geschîvîster^ dans le Erang. Kalender de Piper. I85H, p. 493 88.; Zœckler, dans la Rfal-Encykl. de Hcrzoï:, -2^ éd.. 11. Ki-i ss.

CLAUSEN lIrnri-NicolasI, théologien et homme politique danois, né à Mariljo. dans l'île de Lalaud, en 171)3, mort à Copenhague en 1H77. Après avoir terminé ses études, il voyagea en AUenjagne, eu Italie et en France. A lierliu, il subit l'influence .de Schleiermacber. De retour dans sa patrie, il fiit nommé professeur de théologie à Copenhague et publia, en 1825, un ouvrage qui souleva une longue et vive polémique : VEtai ecclésiastique, la doctrine et k rite du eathoUcitme et du protestanthmc. Il le fit suivre de trois autres publications : Aurelius Auguh tinus JJijipnnenstt, Mcrœ scripturie interpres, 182ÎI; (Juaiuor J^vangeliorutn taf/ul.r sf/noptica\ 1829; BuUa refonnntionis Paitli pa/t;»' III, ad historlaui iuncilil Tridml ini pertiiifiis. loncfpta non culgaia^ 1H"J'J. Malgré la persistance de. ses atlversaires. Clausen vit croître sa popularité et l'estime du roi, (jui le nonniia, après la publication de ses Discours populaires sur la J{é format ion, 183(i, recteur de l'université. Nous avons encore de lui un Précis historique sur les travaux de CuniversUé de Copenhague en 1837 et 1838; une Herméneutique du Nouveau Tn^ tamentf 1840; un travail sur le Développement des dogmes fondmnen' taux du christianisme y 1843; une Explication historique et dogmatique de la confession dWugsbourg, I8.*)l ; le Journal de Uttà^ture t h col ogiipie étrangère^ depuis 1831* En politique, Clausen se montra partisan décidé de la nation danoise et des idées lihéralos. U siép:ea dans les assemblées législatives, lut membre 4u Conseil d'Etat et ministre des cultes (1848- 1831).

CLÉMENCET (Dom Charles) narpiit eu 1703, à Painldanc, village dp l'ancien diocèse d'Autun,et aujourd'hui du département de la Cùte^j'Or. Placé chez les oratoriens de la ville de Beaune,il y lit ses humanités; de là, il passa chez les dominicains de Dijon ojk il étudia la philosophie. Bntré dans la congrégation des bénédictins de Satnt^Biaur, il y fit ss proléssion dans Tabbaye de la Sainte-Trinité, à Vendôme. Envoyé succès^ sivement à l'abbaye de Saint-Gîilais et à celle de Pontlevoy. il y monira de grandes aptitudes pour les divers emplois dont il fut chargé. V^mhi enfin à Paris, il v h iliita le monastère des Blancs- Manteau.x où il fut associé à Dom Durand pour travailler au recueil des Décrétâtes, dont il j»répara deux viduuics. Dès hu-s. l;i vie de Dom Clémeucct se résuiiK' dans les grands travaux (^u'il a accomplis seul ou en collaboration avec

CLÉMENGET

MS savniitf; ronfn'Tes. Il mourut dans la maison que nous venons de nommpr, le ri avril 1778 : sa piété profonde, sa nature ai inanto. sa droiture et sps vertus l'on liiit roiisidrrer, à juste titre, eomnie l'un ilos hoiunies ies nieillpurs sou «'piujur'. Ce savant Ix'nf'dii'iin a laisse plusieurs ouvrages considérables dont voici la nonidiclature : 1' L'art fie vri/i'^r les dates historiques, df:s chartes, dus chrunù/ucs el anciens monuments depuis la naissance de Jésus-Christ, par le moyen d'une table chronol<h gique, eit.^ avec un calendrier perpétuel, l'histoire abrégée des conciles, des papes, des emperem%,des rois, etc., Paris, 1730, inA", dont il donna une nouvelle édition, 4770, in-folio, en collaboration avec Dom Durand et Dom Clément, immense travail d'une colossale érudition ; ^Lettres d*Eusèbe Philarète à M . Fr. Morénas, sur son pn-tendu abréijé de l'HiS" foire ecclésiastique de M. Fleury, Liège (Paris), 1753, i vol. in-i2; \V' h'ttres d'un rnnf/islrat à M. Fr. Morénas, dans Icsquc/fcs on examine ce qu>' dit cet auteur dans la continuation de son abrê'jé de ri/istoicr orr/ésiastique. sur ce qui s est passr en France dans /es tribunnu.v sém/if/ s^ au sujet de la constitution L'nigenitus, 1754, in-12; V Histoire >jèiiérale de Porl-lloyal, depuis la réforme de l'abbaye jusquà son entière destruction, Amsterdam (Paris), 1755-1757,40 vol. in-12, ouvrage bien écrit, accompagné de piècies et de documents précieux ; 5« ffisloire générale des écrivains de Port-Boyal^ contenant la vie, le catalogue des masrages composés par les solitaires qui ont habité ce célèbre désertf et fivec des éloges historiques des a^it^'urs, la chronoloffie de leurs ouvrages, des remarques sur les principaux, le dénombrement des différentes éditions, nuvra<re qui n'a point été imprimé. D'après ral)l)é Grégoire, dans ses /{uiru's de Porf- Itoyal, il dovait f-n exister deux manuscrits dont l'un, possédé par Dnin Brial, a été arcjuis par M. Saintr-Bouvo ; il est niaiiili'nant à la /Jibliot/tèque du Prol l'stantisuie français, place Vendniiu', à Paris. L autre exemplaire est pndjaldenieiit celui que M. l'abbé Guettée avait entre les mains il y a quelques années, et qu'il essaya de publier sous le titre de Histoire littéraire de Port-Rogal, 1. 1, Paris, 1868, in-8^ Malheureusement, cette publication n*a pas été continuée; ce tome I^'est le seul paru. Le manuscrit se compose de 5 volumes in-4"; G* Conférences de la M, Angélique de S. -Jean (ArnauJd), abÔesse, sur les cnnstituf ions du monastère de Port-flnyal du Saint-Sacrement, Virechli^ ans), 17<><), l\ vol. in-li; 7" Vcrité et f Innocence victorieuses ; lettres àun ami sur la réalité du projet île /faury-Fontaine. Cologne. 1758. 2 vol, in-42; 8** Vains efforts (les henis pères jtour rennnreler la fahlede /lourg- Fontaine et les calomnies publiées dans la »< Uéalilé du projet de Hnurg- Foutaine » démontrée dans l'exécution, brochure de 84 p. in- 12; 'J".4mthenHeitédes pièces du procès criminel de religion et d'état qui s'instruit contre les Jésuites depuis deux cents ans, démontrée, etc«, 1760, 4 vol. in-IS; 10^ JLettre de Philippe Gramme, imprimeur à Liège, à Vauieur de la h Lettre sur le nouvel abrégé de l'Histoire ecclésiastique, par l'abbé Racine,» Liège, 4759, in-i2, 55 p.; ii^' Justification sommaire de l'Histoire ecclésiastique de l'abbé Racine, 1700, 1 vol. in-12; 12" Les 10" et 11** volumes daV Histoire littéraire de la France, et partie du 12" concernant saint Bernard et. Pierre le Vénérable; 13*>ies Œuvres

m CLÉMëNCëT — COMaÂLOT

de saint Grégoire de Naziaoze, le 1** volume, Paris; 1T78, in-folio; en collaboration ayecDom Prudent Haran(voirce nom). Clémencet travailla pendant quatorze années à la préparation de l'édition complète qui a para depuis. Il avait appris le grec tout seul, et ce long travail prouve qu'il s'en était rendu maître. On a de lui plusieurs autres ouvrages polémiques sur les (}u est ions religieuses qui agitaient son époque; ils sont dépourvus d'intér.H dp nos jours. A. Maulvault.

COFFIN (Charlos) naquit le i octol)re !r>7(>, ù Buzanci, bourg de r:inrien dioeô^ic de l{pims, aujourd'hui du d(^p;irteinent des Ardonnc*. Il tit ses proinitTOs éhidos à Beauvai? et les tertnina au cidlège du lMe?sis. Ayant embrassé l'rtat pcch'siastique. il ne voulut point en d«''passpr les ordres niinpurs Pt serontpnta toutp sa vie de la siniplp tonsure. Dure?te, (juoique pipux, il «'tait plus litti'ratpur queclere, Ips bellps-lpttrps Voccupèrent toujours beaucoup plus que la théologie, et sa véritalde vocatioD fut l'enseignement auquel il consacra toute sa vie. En 1718, il devint recteur de TUniversité, en succédant à Rollin, charge qu'il exerça avec distinction ; mais c'est surtout comme poète latin qu'il s'est illustré. C'est à la prière de M. de Yintimille, archevêque de Paris, qu'il composa les hymnes du nouveau Bréviaire de Paris, et qu'on peut appeler des poésies admirables. Ces hymnes qui, à la grAce du rythme, joiim^nt la simplicité la plus touchante et l'onction la plus tendre, sont d'une latinité exquise. Goflin mourut d'une fluxion de poitrine, en 1740: il était âgé de 72 ans. On a de lui quelques discours et quelques odes latino?. Ses œuvres ont été recueillies et publiées en 175o, ^2 volumes in- 1:2. 11 prit part à la revision dp V A fi- Lucrèce^ du canlirial de Polignac. — Se? hymne-; ont été d<»nnées an public pu un volume in-i2; dans l'édition du Bréviaire de Paris de IH.'Ui, plies sont manjuées d'un G., ce qui permpt dp reronnaître toutes celles dont il pst l'antpur.

COMBALOT ^Théodore , célpbrp prédicateur catholique, né à ChiUenay (Isère) en 1798, mort à Paris en 1873, fut ordonné prêtre à 23 ans, après avoir déjà professé la philosophie avec distinction. Disciple lélé de I^mennais, dont il désavoua plus tard les doctrines, Tabbé Gombalot représenta longtemps, dan^ la chaire, les traditions du journal VAvmr. Ce fut lui qui prêcha, devant Charles X, le carême de 1830. Pendant les dix premières années du rtgne de Loui»>Philippe. il fut, dans les églises de Paris, le principal émule de l'abbé Lacordaire. Le pape Grégoire XVI, dpvant lequel il prêcha à Home, lui donna le titre de vicain* apostolique. L'abbé Gombalot fut successivement nommé vicaire général des diocèses de Rouen, d'Arras et de Montpellier. L'éloqupucp dp Gombalot se distinixue par son caraetere fou^nipux pt in(piuj)éraiit, par un stylp ampoulé pt souvput trivial; il assaisoime sou arguinPiitati'Hi d'invectivps pnssioiiiiéps à l'adrpsse des philosopliPs et dps hérétiqiio^ Pt ne reculp pas dpvant l'aruip déloyalp dp la calomnie. Lp matérialisme n^h" gipu.v, chez lui, tête s<ui triomphp Ip pluscomplpl : lepapejesévéques.les jjrétres sont des divinités en chair et en os, auxquelles est due une soumission absolue. Parmi ses écrits nous relevons : 1* Eléments de philoiophie catholique y Paris, 1833 ; 3^ La cormaissanee de Jisux^hmt^ ou le dogme de VIneamaHon envisagé comme la raison dernière et suprême

COMBALOÏ CUADlTlÛiNALlSiME • m

de tout ee qui est, 1841 ; 4" édit., 185:2 ; 3^ Mémoire adressé aux évêquei de France et aux pères de famille sur la guerre faite à la société par le monopole universitaire ^ 1844, écrit violent qui valut à lautcur des poursuites judifiairps pt iino condamnation ù un mois de prison; 4" Conférences sur les fjj-tntfk'urs de lu Sainfe Virt-f/e, iSio ; Tv' Ij'Kre à M. (iuizot sur le libre cxaniett et la pro/myande des sociétés bibliques^ 1858. On a pul)lié à Nantes des Anali/ses développées des discours et conférences de M.fabbé Combalot, im.

GQMDirraALmE. — Le eonditionalisnie est une laçon nouvelle de eoDcevoir rimmortalité de Tâme. Il nie rimmortalité essentielle de rème et n'admet la survivance étemelle que pour ceux des hommes qui auront rempli certaines conditions; de là le nom d'immortalité condi* tionnelle. Ces conditions peuvent se résumer ainsi :.la foi en Christ, la vie en Christ; cette foi seule, cette vie seule communiquent à la person* iialitt' un princijje de vie d/'linitif, indestructlMe. Le l)ut de rincarnation a »''lé d'iiniiiortaliser la vie liuniaiue. Les nitcliants. It's opposants du Christ, prrinait absolument ; leur personnallh' sera dissoute. On a aussi nommé cette doctrine doctrine »le l'anéantissement des inrcliaiits. Celte doctrine, si elle n'a été systématisée et n'est devenue en 'certains endroits populaire que de nos jours, n*est pas sans parrains plus anciens dans l'histoire religieuse et philosophique; les égyptiens, les stoïciens, les gnostiques valentiniens, Ârnobe TAncien, certains socinienff (Biddle, père des soeiniens anglais), le docteur Watts en admirent le principe avec des nuances dans Tapplication. Mais ce nVst qu'au dixneuvième siècle que la doctrine recrute presque simultanément plusieurs défenseurs autorisés et (ju'elle tend même à devenir populaire. En divers endroits de leurs ouvrages Weisse et Olshausen déjà, y semblent favorables (mais non pas Nitzsch, commr on l'a dit), llotlie. Horm. Schullz, (ioss l'adoptent lonnoliemiMit. Mais c'est en Angleterre et aux Etats-Unis seulement que le grand public s'occupa de cette évolution dogmatique et que, de purement théologique et philosophique qu*il était, le débat est descendu sur le terrain religieux. — Le point de départ historique de ce mouvement des esprits est la publication du livre lÀfe in Christ par le ministre indépendant Edward Witbe, en 1846. Les théologiens anglais prévirent quel ébranlement cette conception nouvelle communiquerait au dogme traditionnel et on s'entendit pour ne pis la combattre, afin do la laisser ignorer. M. Wliite roiniirit le sensde cette conspiratiim du silence, et se fit lui-niéine j)endant plus de trente aimées le prédicateur de ses idéi-s, gagnant srs «iiscipb's un à un. Aujourd'hui, plusieurs d«'S plus distingués parmi les bommes d'Kglise et les théologiens de langue anglaise partagent ses cuaviclions eton assure qa*il y a en Angleterre seulement plus de 50,000 conditionalistes. H. White n*a jamais youlu fonder une Eglise séparée, car il considère rimmortalité conditionnelle comme un dogme fondamental du christianisme et espère y ramener toutes les Eglises. Parmi les illustrations daconditionalisme, il faut citer les docteurs Dale, Parker. Perowal, les professeurs Hudson et Stfd<e?. M. Henry Dunn. etc. Le Christian Worldt là JVortà ameriean iteview^ V Union chrétienne de New-York

CO.NDlTlOiNALlSME

se sont occupés de cette question avec assez de fracas ; de même à Londre» la Contemporary Beview, — M. Byse vient de traduire la 4* éd. de Touvrage de White, qui avait commencé par être une grosse brochure, et qui est devenu un gros v<>Iiiino. toute une théodicée. Quelquoîi pasteurs franç^iis, anciens étudiants de Ilothe, ont inclin<^ au conditionalisme. M. lloïKnivior s'en déclare partisan et a |)iiblié une série d'articles, dus à la plume jleM. PAtavol, dans la Critique rrlif/ieuxc. île janvier 1879; autant en a fait la Ih-vuc (hénliKjiquo do Mmitanhan: M. Dyse a étudié la question avec syinpatiiie dans le J<nirna/ du /trot''^fanlisme (murais, A (ienève, M. Pétavel est rélo(}uentet ardent dt'lVnseur du eonditionalisnie ; il a donné sur ce sujet un coursa Tuniv^^rsité et a gagné à sa cause un pasteur en office et un ancien rédacteur de la Semaine religieuse qui, elle aussi, avait brièvement traité le sujet. Enfit le Chrétien évangéligue, de Lausanne, a publié une remarquable étude critique de M. G. Godet, de Neuchàtel (janv. et fév. 188i). AuzEtats- Unis, la question passionne à ce point que les conviotions conditionslistes d'un pasteur, M. Pettingell, 1 ont contraint échanger de résidence; 'ses collègues ont tâché, sans y réussir, d obti iiir contre lui une déclara- • tion d'hérésie ; le Bible Bauner. dr Philadelphie, a publié de^ articles desapiume et a traduit ceux de M. Hyse. Lo eonditionalisnie est discuté en Australie, en Chine ei aux Indes. Il a trois j'iurnaux exdii^ivp- • nient à son service : le Hamboïc, le Jiihle Erfn», le C/instian Sifjntil. 11 n'y a pasjus(ju'au darbysme (]ui s'en uiéle : le conventicule de NeuchAtfla exclu un de ses nienihies, ctinvaincu d'hérésie conditioualiste. — Chose curieuse, cette évolution dotf:niatique semble être due à des motifs dépendant uniquement de la mofahî; d'une part, les progrès contemporains de l'immoralité, de l'autre un certain abaissement de la prédication ont conduit à étudier les moyens de rendre au christianisme son influence et son activité moralisatrices en train de décliner. M. WMte et ses disciples ont cru découvrir que Timmortalité essentielle de Time n*e8t dans le christianisme qu*une infiltration platonicienne, et que les termes m&rette dans i' Ancien Testament, OâvaToc, SXcOpoc et hstikUx dans le Nouveau signiiient anéantissement. Or, au contraire, pour les Hébreux, le mort descendait au schehùl, où il continuait à vivre d'une vie réduite et décolorée, mais où enfin il existait, et la notion d'anéantissement parait absente de la grande philosophie grecque, comme aussi le terme rii:«tureu\ 'l'ait défaut au irrec classique [Ph'don, XXIX). Létude attentive des textes prouvet|uele mot mort généralement O/vxTo;) n"a que deux sens dans le Nouveau Testament î mort corporelle et condamnation dans la vie luture.Un seul passair»- fstà peu pW's favorable à l'anéantissement, mais il est dans 2 Pierre 11, li. Une foule de passages, au contraire, le combattent; citons seulement: liuc X, 18; XX, 3M8; Jean V, 25-29; Luc XVI, 19-31 ; i Cor. XV. 22. 23. Les conditionalistes croient trouver ches certains pères leur doctrine &vorite ; mais les passages de Polycarpe, de Théophile d'Ântioche, d'Irénée et de Clément d'Alexandrie qu'ils tirent à eux sont contredits par toute Tharmonic des ouvrages où ils les puisent. Si Justin, Tatien, Irénée et Théophile pensent que Timmortalité de l'àme est un

COiNDillOiNALUsME — CUYIER

don non originel, mais surajouté, ils en font oependant dès Ion une qualité constitutive de cette âme. Tous les autres P^res sont formellement oontraires au conditionalisme. — Nous sommes obligé d'entasser, de presser et de réduire nos arguments. Christ n'a jamais combattu sur ce point les pharisiens, partisans do riiiiinortaHt»^ essentiolio. et pourtant il leur a conslainuient parlé delà vie future; on ne disfing^ue sur ce point non plus aucune modification île la foi juive des apt'ilres. L*^ conditionalisme est presque rn contradiction avec la doctrine de la grâce, puisqu'il aftirme i'irréparubilité du mal et la nécessité d'une expiation humaine adéquate au péché, tandis qu'au contraire la foi chrétienne détruit cette irréparabilité, puisque la grâce abroge la nécessité de la répafation. — Philosophiquement, les oonditionaUstes ont cru pouvoir, pour réconcilier.la science expérimentale avec la religion, 8*appuyer sur Tévolutionisme ; mais celui-ci n'admettra pas plus une immortalisation possible qu'une immortalité essentielle, car il faudrait toujours sous-entcndre chez l'individu l'existence d'un germe de vie immortelle. Moralement, on a voulu voir dans la mort éternelle, non une punition sans fin. mais une punition dont la conséquence; la destruction est sans lin; ou a transporté à la conséquence du fait la durée du fait lui-môme. Or, uû châtiment éternel doit avoir uue durée morale équivalente, qui n'existe pas si le coupable est soustrait à la souffrance par l'anéantissement; la souffrance est constitutive du châtiment. Le châtiment est envoyé pour avertir le pécheur et leramener ; ranéantissement n*estpas un châtiment, puisqu'il sépare irrémédiablement de Dieu. On ne peut d'ailleurs comprendre oii serait, suivant les conditionalistes, la limite entre les viables et les non-viables, puisque tout péché amène une destruction partielle. Enfin l'être libre ne peut pas. selon nous, user de sa liberté j)(.ur détruire sa vie (il ne s'agît pas ici de sa vie terrestre), car la vie est le don initial ijui iloniine tous les autres. — Voyez Life iti Christ^ parE. White, /i'" édit., Londres, 1879; le même [ Vie en Christ), trad. par Byse, Paris, 1880; La Fin du mal, par E. Pétavel ; Lî/e and Death, par E. White, Londres, 1877 ; Le Conditionalisme et VUnwerealisme eonditiomel, par H. Berguer, Genève, 1879. UKNRy Bkroubr.

GDVIEB (Gharles-Ghrétien-Léopold) naquit le 24 octobre 1798, dans le presbytère de Seloncourt (Doubs). Il fit ses premières études au collège de Montbéliard et fréquenta plus tard la Faculté de théologie de 8tras))0urg jusqu'en 1811). Appelé à Paris, il devint le secrétaire de l'illustre Georges Cuvier, son parent, et remplit en niénie temps les fonctions d'anmrtnier au lycée Louis-le-Grand. En 18:21. il fut nonmié professeur d'histoire au colli'ge royal de Strasbourg, et, en 182'i. il obtint la chaire d'iiistoire à la Faculté des lettres de cette villo qu'il occupa pendant quarante ans. En 1859, il fut nommé doyen de la Faculté et, lorsqu'une grave maladie Tobligea de renoncer en 1860 au professorat, le ministre le décora de la croix de la Légion d'honneur et lui décerna le titre de doyen honoraire. C'est pendant la retraite studieuse de 1860-1880 que Cuvier publia son Cours d'études historiques au point de vue philosophique et chré' tien, dont le sixième et dernier volume a paru un an avant sa mort. — Â côté de son enseignement universitaire, Cuvier avait toujours accordé

(XWEW — DA COSTA

une large place à la prédication et à une activité chrétienne richement | bénie: évangéliser, c'était sa vie. Dès 1823, il avait fondé pour les étudiants en théologio des réunions consacrées à Tétude delà Bible et à la prière. En 18iU, il fondait, avec le concours de plusieurs amis, la So- i ciété évangéli(jup, (jui avait pour but d'oinpéchor la dissidence et de ri'pondro aux hesoiiis roliLri^•u\ du Hévoil. I^i Sociélé pnl pnssessioii de la chapelle de rdratoirc où ('.iivirr nr^Muisa à des heures dilléreutes de celles du culte ])uldie un service d édilieation régulier, auquel il ajouta bientôt une école du diuianehe. Ce fut là, dans ces pieuses réunions, que Guvier déploya toute l'originalité de son esprit « t donna une pleine expression aux convictions de son co'ur aimant. Ses méditations si familiferes et si intimes, empreintes de tant de vie, furent pendant trente ans une source de recueillement et de bénédietions à un grand nombre d*&mes. — Guvier prit aussi Tinitiative de la création d'une Société des amis des pauvres, d*un Asile pour les servantes et d*un Refuge pour les jeunes filles tombées. Il présida pendant 36 ans le comité de l'Etablissement des orpbelins au Neobof et enrichit la littérature religieuse [ d*un Recueil de psaumes et canfiçues^ d'une Exposition de la doctrine évangélifue et d'une nouvelle édition augmentée de la </e /« €o7)ft'ssinn dWugshourfj . Ses Conseils et Consolations de rexpérienee, dont Vinet faisait '^^q-and cas, furent traduits en plusieurs langue». — Après la guerre de IHTO. M. Guvier s'étaldit d'abord à Berne. »'l r^'SiJa depuis 187.^ dans son pays natal de .Monlbt lianl, où il continua sou activité chrétienne et littéraire jus({u*au dernier jour de sa I on umu^ carrière. Il s'endormit le 17 avril i881, à 1 âge de quatre-vingt-deux ans.

DA COSTA (Isaae), poMe et a[)nbtgiste chrétien en Hollan'le, né à Anisterdaui en I7ÎJ8. mort en 18G0. Originaire d'une laniiib- nolile de juifs portugais, il lit ses études en droit à l'université de Leyde, se «listingua de bonne heure par ses dons poétiques, et se convertit en I8il. avec son ami le docteur Capadose, au christianisme. Zélé pour la défense de TEvangile en face des attaques de Tincrédulité moderne, il composa une foule d'ouvrages d'apologétique populaire qui se distinguent par la chaleur de la piété, la variété des connaissances et un style poétique entraînant, plus que par la profondeur de la pensée ou la solidité du raisonnement. Il organisa de même, à Amsterdam, une série de conférences publiques sur les saintes Ecritures, dans lesquelles il s'appliquait à en démontrer la vérité et la divinité, en s'appuyant surtout sur les preuves internes. Parmi ses écrits nous signalerons : 1** l'unité et l'harmonie des /ivatigiles^ i8iO, 2 vol., dirigées coutre 1^

DA GOSTA — DENPERT-ROGHEREAU 593

Vie di" Jésus, de Strauss ; 2<* f'npotrn saint Paul, 1846, contre Baiir et l'école de Tubingue; 3^ L'apôtre saint Jean et ses écrits, 4854; 4° Les Arfes des apôtres, 18n0-o8. 5 vol. ; 5" Le peuple d'IsrnlH, i849. Il protesta aussi avec (''iiertrie rontre les tendances néologistes di'S écoles de GroDiogne (18i7j et de Leyde (1857). — M. Kœnen a publié un Levenskrickt de Da Costa dans les Handelingen van de Maattchappy der yederl, j^tlerhmde, 1860, p. 305 sa., avec un catalogue complet de ses ouvrages. Le même auteur publia une édition de ses œuvres religieuses s<Mis le titre de Opsiellen van godgeieerden en gesehiedkundigen mhond, 4 Tol. Ses poésies ont paru sous le titre de Kompieete dkhtwerken, à Harlem. 1861, 3 vol.

Q860ER&T (Gaspard) . prêtre français, né à Lyon, en 1797, d'une famille originaire de la Suisse, fit ses études au petit séminaire de sa ville natale, puis au collège de Villorranrhe. Ordonné prêtre en 1820, il profeîM la philosophie, l'éloquence et la théologie, et se livra ensuite à la nn'iiiration. En 1824, il prêchait k Lyon ; m 1825 et 1826 à Paris, t't, I innée suivante. Charles X le nomma aumônier du 6** régiment df la irarde royale, qu'il suivit jusqu'en 18.30 à Orléans, Rouen et Paris. Après la révolution de 1830 l'abbé Deguerry reprit le cours de ses prédications. Au retour d'un voyage accompli à Rome, en 1840, il devint chanoine de Notre-Dame, puis arehi-prètre, et passa successtvement à la cure de Sain^-Bustache (1815), et à celle de la Madeleine (1849). Il refusa l'évéehé de Marseille qne Napoléon III lui o£Elnt, mais se chargea de Téducation religieuse du prince impérial (1868). Arrêté, après Finsurrection du 18 mars 1871, comme otage, par les fédérés, avec MM. Darboy et Bonjean, il fut conduit h Mazas et fusillé à la Roquette avec ses eaash pagnons. On a de lui deux Eloges de Jeanne-d'Arc (1828 et 1856); une notire sur la Trappe {\HA\)f une Histoire de r Ancien et du Nouveau Tes- 1846), une Vie des saints '!8i5), une Retraite prèchée aux con- ((■rcnces de saint Vincent de Paul (1851i) et des sermons prôchés à la chapelle des Tuileries sur VOraison dominicale (1866).

DENFERT-ROCHEREAU (Pierre-Marie-Philippe-Aristide), le colonel, naquit à Saint-Maixent (Deux-Sèvres), le 11 janvier 1823. Il (Hait fils de René-Glovis Denfert-Rochereau et de Constance David La Noue. La &mille Denfert de Rochereau dont il descend est une ancienne famille de la Saintongo qui avait embrassé le prostestantisme dès la Réforme. Ba 1193, les Denfert de Rochereau ont abandonné la particule de, remptaeée depuis par un trait d'union. Le colonel Denfert-Rochereau, après ivoir &it de brillantes études à Poitiers, à Toulouse et' à Paris, au lycée Louis-le-Grand, fut admis en 1812 à TEcole polytechnique, puis entra en 1841 comme sous-lieutenantrélève du génie à l'Ecole d'appli- •ation de Metz, d'où il sortit le premier en 1846. 11 fut envoyé à Montpellier comme lieutenant au 1"' régiment du génie que coraman- 'iiit alors le colonel Niel, depuis maréchal de France. En 1849 il prit part au siège de Rome, monta à Tassant on trte de colonne et eut sa 'unique criblée de balles qui, heureusement, ne l'atteignirent pas. Après la campagne, il l'ut nommé capitaine à Toulon et chargé, à ce titre, de la construction d'un lort très-important. En 1854 il prit part à

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m UENFBRT^OCHËREAU r* DE SANCTIS

roxpéditioii d'Orient, se signala aux atlaqups de droite, et monta à Tassaut le premier dans les fameuses journées des 7 et 18 juia ( Mamelon vert et Tour Ualekotfj. Atteint d*un biscàlen à l'épaule, 11 resta, malgré sa bleBsuie, mr le champ de bataille, à son poste, jusqu'au moment où une balle, lui traversant la jambe, vint le mettre forcément hors de combat. D reçut p»»ndant cette canipagno la croix de la Légion d'honneur, et la médaille de la valeur militaire de Sardaigne. Nommé professeur-adjoint du cours de construction, à I'EpoIc d'application don! il avait ('fM îmtrt^fois l'un des éh'^ves Ips plu? brillant*:, il livra ardoininont à Tétudo <\o l'art do l'ing-éiiioiir. et tit paraître un iiu'Uioirf tns remarqué sur les voûtes en berceau. Ce nu'Mnoire, (jui a été publié d.ins la /f'-ruc <l'nrrhitecluri\ fut présent»' à rinstilut par le maréchal Vaillant. Eu 1860 il partit pour l'Algérie où 11 devait trouver l'ooeasion d appliquer ses théories sur la stabilité do voûtes, en construisant sur le Tighaout, près d'Orléansville, deux poati passerelles d'une grande hardiesse. En 1863 il fut promu au grade de chef de bataillon et, en 1864, nommé chef du génie de la place de Belfort où on faisait alors d'importants travaux de fortification. En 486811 reçut la croix d'officier de la Légion d'honneur. Le 7 octobre i870, il fut promu lieutenant-colonel ?\ son tour du tableau d'avancement au choix et. 1»^ lî> du ménu^ moi?, colonel et commandant supérionr do la place de Bt'Hort. Elu député du Haut-Rhin pendant le siéiie même de li.'ll'ort qui durait encore au moment des éleetions, il donna sa démission en mhm temps que les autres députés de l'Alsace. Réélu au 2 juillet dans le Doubs, risère et la Charente Inférieure, il opta pour ce dernier département. Malgré son attachement pour l'armée et ses goûts enUèreiMOt militaires, n'ayant pas été nommé général, il n'avait pas cru pouvoir exercer un commandement de colonel en temps de paix après avoir exercé, avec succès, devant l'ennemi, les fonctions de général de division. Aussi se résigna-t-il à accepter le mandat de député qu'on lui offrait, tout en restant en activité, hors cadre?. Son échec aux élections sénatoriales, en 1S76. l'oblij^ea à pr^n lre s;i retraite pour ne pas rester «laii? l'armée avec un grade qui ne lui permettait pas d exercer un commandement en rapport avec ses services. Il fut alors élu député du 6'' arrondissement de Paris, puis questeur de la Chambre des députés. — Camlni it du comité protestant libéral aux éleetions consistoriales de l'Eglii^e réformée de Paris en mars 1872, le colonel Denfert, opposé à H. Gnisot, échoua avec une honorable minorité. Il prit part, au mois de juillet df la même année, aux discussions du synode général. Il moural au palaif de Versailles, emporté par un accèi de fièvre pernicieuse, le i \ mai 1878. Plein de foi il avait vu approcher sa fin sans en rien dire à ceux qu'il aimait, montrant jusqu'au dernier moment le calme et la fermeté qui ne l'avaient jamais (juitté. 11 est enterré k Montbéliard où sa f'atiiillelui a élevr pour tombeau une simple pyramide de granit. Depuis sa mort on lui a élevé deux statues, l'une h Saint-Maixent, sa ville natale, l'autre à Montbéliard, dan.^ce pays qu'il a conservé à la France.

DE SANGTIS (Louis). — Né à Rome le 31 décembre 1808, prêtre i 83 ans, il se distingua par son goût pour les études théologiques et son dé-

DE SANCnS DIODATI

mement pour les bonnes œuvres, à Yiterbe d'abord, puis ù Gènes. De rttoor à Rome, il fut nommé membre Qualificatore délia Suprema S. Infuimione, et curé de la paroisse dite Maddalem alla Jtotonda. Son zèle pour la prédication et son ardeur à défendre les traditions romaines lui laissèrent dans Tàme un doute poignant, qui se trahit bientét. Suspect à rinquisition, on lui fit un petit procès. La lecture de la Bible acheva de le «létarher do TK^lise do Homo, et un pasieiir écossais lui procura l'occasioii de s'oxilor. Il (}uitta Homo lo 10 scptombro 1847, se rendit à Cortou par la voio d'Ancône et de là à Malte. Pie IX, ijui l'aimait, lui fit écrire par lo cardinal Ferretli. pour l'inviter à rotouruer. Ce fut eu vain. « Je jure devant Dieu que, en abandonnant Kumo, je n'ai eu d*tutre pensée que celle du salut de mon àme, n dit de Do Sanctis dans •a réponse. Sa Lettre à Fit IX ^ publiée Tan 1849, a compté SO éditions. C'est à Malte ^*il commença la série de ses publicationa, // criationo eaitoKeOt U CenfeeHone, etc. Il y épousa Marthe SoramerviOe, fille du gouverneur de Gorro. Il quitta Tlle en 1850 pour se rendre à Genève. Là il évangélisa, et son séjour ne fut interrompu quo par une visite missionnaire dans les cantons italiens. En attond int, l'Italie ouverte à la liberté et à l'Evangile lo réclamait, surtout l Eirliso Vaudoiso, qui TenrAla parmi ses ouvriert^ et, à sa domando, lui conféra l'imposition des mains. Il était à Turin, la c^ipitalo d'alors, et déjà lo réveil évangéliqiio prenait des proportions réjouissantes, lorsqu'une discorde roj^n'ltable éclata. De Sauctis se sépara de la communauté vaudoise et, pendant dix ans, appartint à la secte dite plymouthiste. Ramepé par rexpérience à l'Ei^ise qui Itti était chère, il dirigea YBco délia Vérité et fut nommé professenr à l'Ecole vaudoise de théologie de Florence. C'est là qu'il mourut, le 31 décembre 1869, quelques mois avant la chute du pouvoir temporel qu'il avait contribué à ébranler par ses écrits. Geux-ci constitiiont son plus grand mérite. Ils traitent surtout de polémique. Lo stylo c\\ est clair, jxipulairo. Tout y révèle une Ame liorinéto ot droite. De Sanctis est I homme le plus marquant du réveil évangélique italien. — Sotirces : Bwgrafia di Luirji l)f Snitcfis, Firenzo, 1870. Cet écrit anonyme, dù à la plume d'un vétéran du Réveil, énumère les nomlireax écrits de De Sanctis, même ceux qu'U laissa inachevés, et qui sont encoie inédits. Qavam publia aussi ime notice biographique de notre* aatenr. En. Gomba.

UBSTEL (Louis de), exégëte célèbre, né à Kœnigsberg en 1825, mort à Tttbingue en 1879, professa successivement avec un grand succès à Bcmn (1851), à Greifswalde (1862), à léna (1807), à Tubingue (1872). Sa branche de prédilection était l'exéjji^ése de l'Ancien Testament dont il s'acquittait avec une précision pleine do fraîcheur ot une science aussi modeste que sûre. Nous relèverons parmi ses ouvrages: 1" Ln hrnédiction de Jéhncn ((ienèso XLIX', Bonn, ISoi; 2" L'/nstoif^ de l ancien testament dans i'Ji';/lise clirét 'n'nnc, 1868 ; 3" h; dcliif/c et A-v légendes dans ranliquîté, 1871 ; 2'' éd., 1876. Diestel se rattachait au parti libéral modéré.

DIODATI (Jean) [1576*1649]. Parmi les théologiens genevois du XVII* siècle se détache la fl§fure de Jean Diodati. On se tromperait

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