‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 109 sur 158 · DIODATI · texte numérisé non relu

DIODATI

fort si Ton mesurait à Tétendue de sa réputation actuelle son influence sur ses compatriotes et sa renommée ches ses contemporains. 11 y a dei hoiiiines qui devancent leur siècle et sont comme des pionniers défrichant ravenir.Ge ne sont pas ceux qui ont le {)! us de succès de leur vivant.

Il y a des hommes qui sont tout entiers de leur époque, la résument, et se trouvont à un moniont tlonn»'» les rrprésontaiits îos plus exacts et les plus autoris«''s (J une nation, d'un «Hat social, d'une reliirion, d'une nstilution, d'un principe. Cela ne veut pas dire «{u'ils ne puissent proiluirc une œuvre traversant les siècles, mais le domaine où ils se meuvent surtout, c'est le présent : ils brillent de tous les rayons qui se concentrent sur eux à un moment donné, mais pour se ternir pins vite. Tel fut Jean Diodati pour l'Eglise de Genève. — Issu d'une fiiniiDe noble de Lucques, que la persécution avait poussée à Genève, fl montra dès son jeune âge des facultt^s brillantes et fût bien vite un des champions les plus ardents et les plus considérables de la foi réformée. Pasteur et professeur dans la Rome protestante, en un temps sérieux et troublé, les occasions no lui manquèrent pas de prouver Son zèle et ses talents. — Il montra tfiuto sa vie le plu? granii intérêt pour révan«rélisation de l'Italie, à la(juelle lo rattacliaieut Sun origine et ses traditions de famille. A certain moment, Venis»î étant eu délicatesse avec Uome, les protestants continrent le projet de rattacher à la Réforme la puissante république. Un parti influent, dirigé par .le célèbre Paolo Sarpi et encouragé par Tambassadeiir anglais, penchait vers les idées évangéliques. Jean DiodaU entretint une correspondance active avec les chefs du mouvement, le rendit même h Venise pour préparer les voies, et son nom est indissolublement lié à cette tentative hardie, qui excita de si grandes espérances, qui paraissait avoir tant de chances de succès, mais (pii échoua (lovant les otlorts do la réaction catholique et à la(juelle le meurtre de Henri IV vint donner le coup do mort. S/)es cum vila reijis fjnril/, écrivait douloureusement Sarpi à Duplossis-Moruay. — Jean Uiodati fut plus d'une fois chargé de missions iniporlautes par la compagnie des pasteura. Ainsi en 1611 il fut envoyé vers les Eglbes de France pour quêter en faveur de la République de Genève, dont Isi ressources étaient épuisées ; en 1618, il fut un des deux députés genevois au synode de Dordrecht et défendit avec une ardeur qu'on a jugée intolérante, les doctrines orthodoxes contre les arminiens. Il fit partie de la commission (jui rédigea les célèbres canons de Drodreclit. — Comme prédicateur, Jean Diodati s'ar.jnit une réputation qui dopassa les Ix.rnos do sa patrie. Original, courat:eux au point de s'attirer qnelquolois des désagréments avec le gouvornoniont dont il no craignait p-i? déjuger les actes, véhément jusqu'à l'ext-ès, il manquait |inurtant de clarté, si l'on en croit le propos de Pierre Du Moulin, l'illusiro théologien français. Ce dernier ayant prêché un jour dans notre ville, quelqu'un demanda à Diodati ce qu'il pensait de son sermon. « Les eaux claires ne sont jamais profondes, » répondit le pasteur genevois. Le même dimanche, Diodati ayant fait une prédication à laquelle assista Du Moulin, celui-ci fut invité à se prononcer sur le discours quH

DIODATI — DUJEUNCÛUUT

Yemt d'entendre. Connaissant le propos tenu sur son compte, il dit spirituellement : « Les eaux profondes ne sont jamais claires. » — Mais le vrai titre de glore de Jean Diodati» c'est sa traduction italienne de la Bible. De là vient que son nom est beaucoup plus conftu au delà des Âlpes que dans son propre pays. Il maniait Titalien avec plus de ! facilité et dVMé finance que le français, et son travail (tbtint, dhs son appai rition, un succès qui n'est comparable qu'à celui dn la version do Luther on A.lleniagne. Encoro aujounriiui, après plus de deux siècles, c'est la version de Diodati qui se répand à profusion dans la Péninsule, et qui j est entre les mains de tous les Italiens èvangèlique^. Ello parut la première fois à (jRnève en 1007. Jean Diodati mit aussi les psaumes en vers italiens, et en vers lïançais. Le premier de ces ou\Tages eut un grand nouibre d'éditions. II traduisit en français la Bible, qull enrichit de notes et commentaires (1644), V Histoire du Concile de Trente de Paoli Sarpi, et un livre anglais d*fidwin Sandys intitulé : Rapport de tétai de- religion en Occident, Il écrivit en outre beaucoup de dissertations théologiques en latin. — La principale biographie de Jean Diodati est due à la plume de M. Eugène de Budé, Vie de Jean Diodati, Genève, i8G9. Nous en avons tiré en grande partie la matière de cette notice. Voir aussi Senebier, Histoire littéraire de fienhe, t. II, p. 79-80; deux articles assi^z complets insérés dans la Nouvelle hiograjfhh' rj/hirra/p de Ho'lèr, Paris, 1^58, et dans la Biographie universelle ancienne et iiiuderue de Michaud, Paris, 1854, ainsi que les articles de M. Charles Dardier sur Jean Diodati à .\imes dans le Journal du Protestantisme français^ 1882, n»» 1 et 2. A. Gun.Lor.

DRELINCOURT (Laurent), né à Paris en 1020, digne fils du pasteur Charies Drelîncourt. Après de brillantes et solides études à Tacadémie de Saumor, il reçut vocation de TEglise réformée deLaKbchelle et, comme La Ghapellière, fit de sa vie tout entière k plus éloquente des prédications, n fut consacré par son père, à La Rochelle, au ministère évangélique, en 1651, avec le coiicours des pasteurs Auboyneau, Bouhereau, Flanc et du Faur, et justifia la confiance des Rochellais par Fassiduité en sa charge, la sainteté de sa vie, la douceur de ses mœurs, ses lumières, son humilité chrétienne, sa charité et son dévouement inépuisable. Forcé d'abandonner son troupeau en 1060 par siiite de fédit qui interdisait le séjour «le La Rochelle aux familles des pritte?tantsqui n'étaient pas domiciliées avant le sièire de 1028, il fut appelé par l'église de Niort et mourut le 2 juin lOSO, dans sa 50*^ année, à la suite de cruelles soutTrances supportées avec un héroïsme chrétien. — On lui doit : Le saùif ministère de l'Evangile (1051 j; Sermon sur les noces deCana (1637). /^salutaire lever du soleil de justice [i^iio) ; Les étoiles de l'Eglise et les chandeliers mystiques (1677). Un recueil de Sonnets chrétiens^ souvent réimprimés et qui soutinrent la foi de nos pères pendant les persécutions. « Ces sonnets sont fort pieux, écrivait fabbé Goujet, asses bien versifiés, exacts pour le dogme comme pour lliistoire, et je n*en ai pas vu un seul, ajoute le bon abbé, qui se ressente des erreurs du calvinisme dans lesquelles M. Drelincourt

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èiAii enga^'é. » L'inspiratioo religieuse a certes sa puissance daos les vers suivants sur l'épreuved

Coup», brùlc, mon Dieu, cette chair criminelle, n N'épargne point ma vie, éleins-la si tu veux» Pourvu que ta bonté, répoDiiant à mes vœux. Me saufe des horreurs de la mort étemelle.

La peine dont Ta loi menace riofidèle

Mft fait glacer le sang et lirosscr les cheveux, Et que sont au prix d'elle et les fers et les feux Dont je sens les assauts en ma (Muirse roorlcUe?

Mais mesure ma for< (' à relie de Tes coups, Verse pour me guérir Ton hailtne le plus doux, Fais (jue j'éprouve en Toi les tendresses d'un père,

Qu'ailoraut Ta sagesse, cl pleurant à Tes yeux. J'envisage ma croix connue un mal nécessaire, Puisque c'est par la croix »]ue I on s'élève aux cicux I

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