‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 111 sur 158 · DUPANLOUP · texte numérisé non relu

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fif successivriiiPiit sfs ('tiulos «lans la maison de la ruo du Uej^ard, à S;n'iil-Nirolas ot à Saint-Sulpicp. Ordonnr pnMrR on 182.", il fut attaché il la paroisso do l'Assomption ol y lit les catécliisines pendant plusieurs années. M. Borderies, évéque de Versailles, lui avait dit : « Les cattVehismes 1 Je leur doit tous mes biens. Yons leur devras tout. Soyes tou« jours vrai a?ee les enfiints, et vous seres un bon prêtre. » Pendant plus de quinie ans, Tabbé Dupanloup put voir se confirmer la justesse de ce conseil. II aima les enfants avec une âme de père et de mère : « Aprës Dieu, s'écriail-il, qu'aimerions-nous sur la terre, si ce n'est les enfants ? » &1 tendresse pour eux était patiente et ingénieuse; rien ne la rebutait. Pour arriver à son but, elle s'épuisait en pieuses industries et en attentions délicates. Jamais il ne st' lassa d'aimer les enfants; ils le charmaient et le consolaient; c'était la source d eau fraîche à laquelle il revenait toujours. En 1827, l'abbé Dupanloup «levint confesseur du duc de Bordeaux ; en 1828, catéchiste des jeunes princes d'Orléans et, quelques mois avant la révolution de Juillet, aumônier de madame la Dauphine. — Il débuta» comme prédicateur, en 1834, où il fut chargé d'ouvrir les conférences de Notre-Dame. Son éloquence se distinguait par l'abondance des développements et la vigueur du débit plus que par la richesse des idées ou l'harmonie de la forme. La pensée n'est ni profonde ni originale; le souffle manque de puissance. Jamais, comme orateur sacré. Dupanloup n'a occupé le rang des Lacordaire, des Ravij^nan. Ce fut comme directeur de rciiseij;nement, des consciences et des affaires qu'il acquit la haute iiitlucncc (ju'il n'a cessé d'exercer. Son esprit souple à la fois et ferme était fait pour s'insinuer et pour commander : on le redoutait et ou lui obéissait. L'autorité dont il jouissait s'appuyait d'ailleurs sur une vie très digne et très pure, entièrement eonsaerée à la cause qu*il servait. Il était dur envers lui-même. Son état de maison, dans tous les temps, était simple juiiqu'à l'aust^té, ses manières franches, cordiales, bien qu'un peu rudes. Le trait dominant chez lui était la passion. Le temps même n'en amortit pas la violence. A voirce vieillard infatigable, grand, sec. maigre, un parapluie sous le bras, marcher dans la campagne, téte nue, pour calmer la chaleur «l'un sang toujours en mouvement, (m pouvait prévoir que Tàge lui-même ne serait pas capable de lui donner la sérénité. — Préfet des études au petit séminaire de Paris, premier vicaire de Saint-Hoch, vicaire général de M. de Quélen, l'abbé Dupanloup fut appelé, en 1841, à occuper la chaire d'éloquence sacrée è la Sorbonne. U ne fit qu'un petit nombre de leçons, car son cours fut suspendu à la suite d'une séance tumultueuse provoquée par des paroles sur Voltaire. Nommé évéque d*Orléans en 1849, il déploya, dans son diocèse, une activité prodigieuse, unissant le travail de la prédication au soin de l'administration, surveillant de près tout l'en» seignoment, soutenant dans son p«'tit séminaire la concurrence contre les établissements laïques, ouvrant école même dans son palais. Amateur éclairé des lettres classi<|ues. il se plaisait à convier, aux représenta- . tiuns des tragédies grecijues <jui ^e donnaient dans son |)etil séminaire, les amis de la littérature ancienne, parfois aussi ceux qu'il supposait peu sympathiques à l'éducation cléricale. Il demanda aussi la restauration des

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études pliilosopliiques, si cruellement mutilées; il voulait que renseignement philosophique fût chrétien. Mais, pour y réussir, que proposait-il t De revenir à la scolastique. — Dans la discussion sur la part à faire aux classiques paiens dans l'enseignement rhrétien, l'évôque d'Orléans, par- , tisaii (lu plus large développement des études littéraires, se vit attaqué violemment par V( nirers. Il adressa, à cette oceasion, à son cltTtré une instruction pastorale sur le mal ipip le> pnlémiques de 1 V '/?/rff/ s faisauMit à l'Eglise et défendit <jue ses séminaires fussent alxuiués à cette feuille. Un grand nombre d'évèques se joignirent à lui. Des instructions venuesde Rouie mirent lin à cette controverse. Malheureusemeut les brochures par lesquelles Dupanloup combattit cette nouvelle invasion de barbares dans i le champ de la littérature sont écrites avec une verve passionnée et un emportement qui fait tort à la solidité des arguments. Elu membre de j TAcadémie française en 1854, il ne tarda pas à obtenir, dans cette compagnie, une influence qui se manifesta par des exclusions célèbres. En 1KG3, noiamineuif son Avertisseîiif'nt aux pères de famiiie, personnel* lement dirigé contre MM. Littré, Maury, Taine et Renan, et composé en grande partie de citations découpées avec un art perfide dans lesouvrages de ces écrivains, fil échouer les premières candidatures du savant auteur du I)irtinnuau'e dr la langue française. Lorsqn'enlin. en IH71, Littré eut été élu, l'évécjue d'Orléans crut devoir donner avec éclat sa démission d'académicien et refuser de continuer à faire partie d'une c<uiipag!iie qui admettait des athées dans son sein. Il revint sur cette détermination sur les instances de ses collègues; toutefois, il s'abstint dès lors de paraître à l'Institut. Quelques jours avant sa mort, il exprima ses regrets de ne pouvoir se rendre à l'Académie pour y donner sa voix à M. Taine dont les nouveaux livres avaient gagné sa sympathie. — Dans ses controverses avec Y Univers, Dupanloup s'était montré partisan du catholicisme libéral des Montalembert et des Laoordaire^ «t* sayant de concilier la doctrine de son Egliie avec la société moderne. 11 ' est cependant un point sur lequel il se trouva d'accord avec ses a<lvcrsaires ultramootains : il défendit comme eux le pouvoir temporel du saint siège; il s'y porta avec sa virulente ardeur dès qu'il le vit menacé par la politique de Napoléon III. Avec une véhémence et une lilwté de j langage à laquelle le seeon<l empire n'était pas habitué, il dénonça en chaire « les calomnies vomies })ar la ]iliiiiie » de M. Edm. About. puis : poursuivit, dans sa Lettre à un ca(/io/i'/iie (IH-jO) ^ les sonhisnies, les i contradictions flagrantes, les absurdités palpables >> de la brocliun^ anonyme, le Pape et le Coiujres, à laquelle on attribuait une origine impériîde. Les termes blessants dont il parla des rédacteurs du Siècle et de l'un de ses prédécesseurs sur le siège épiscopal d*Orléans, Mf^Roussesn, lui attirèrent, de la part du journal et de la nièce de cet évéque, une double plainte en diffamation; le procès aboutit à un arrêt sévère de Is Cour impériale, mais sans condamnation (1860). — Après l'apparition de V£^ney€lique de I86i, Dupanloup, au grand étonnement du public, lit une apologie du Syllabus qui condanniait d'une manière si sévère les tendances du parti catholique libéral, bien qu'il eut tout tait pour en empêcher la publication. A partir de ce moment la conduite de

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l'évdqae d'Orléans subit une moilificafion s^rieuso. Dans div(>rses eireonstances, notamment dans l'un descougrès deMalines(i867), il donna ion adhésion coTnplMo aux doctrines politiques, philosophiques et sociales du Syllabus. Il lut aussi l'un des pluszél/s promoteurs du denier de Saint-Piorre et envoya des sommes considt'rables au pape. Après s'être montré publiquement l'adversaire de rinfaillibilité du saint père en matière de foi (lettre <]ii 9 novembre 1801)) et après l'avoir énergiqueraent combattu au sein du concile (Pcuniénique du Vatican, à la tète de la minorité, Dupanloup, une fois le dogme proclamé, déclare se loamettre sans réserves à' la décision du concile. — Pendant la guerre de 1870-71, révéqne d'Orléans, qui avait toat hii pour raviver les traditions de Jeanne d'^rc et qui ne se consolait pas d'avoir échoué dans ses tentatives de fiiire canoniser Thérolque pucelle, se montra grand patriote et chrétien dévoué. Il se multipliait pour alléger autour de lui le poids des charges de la guerre et pour améliorer Tinstallation des ambulances. Aux élections du 8 février, il fut élu représentant du Loiret à l'Assemblée nationale dans laquelle il joua un rôle considérable, à la téte de ce que l'on a, par ironie 'sans doute, appelé le parti de Tordre moral. Partisan de la fusion des Bourbons et des d'Orléans, adversaire de la loi de l'insfructioii ;„Tatuite. oldi^^atoire et laïque et des réforuies libérales de rpuM'i^'nement, il faisait entendre sa parole véhémente, devenue pesante et embarrassée avec l'Age, cbaifue fois qu'il croyait rut nacés les intérêts et les privilèges de l'Ei^lise. Il joua le rôle prépondérant dans la discussion de la loi qui constitua des universités catholiques libres et leur accorda le droit de conférer les grades. Le journal qu'il inspirait, la Défente religieuse, se montiuTundes organes les plus vio* lents de la réaction clérieale. — Dupanloup Ait élu sénateur inamovible en 1875. Malgré sa soumission absolue au saint siège et son zèle à fiiire remplacer dans son diocèse la liturgie parisienne par la liturgie romaine, il ne put obtenir le chapeau de cardinal, parce qu'on le trouvait • trop remuant et trop inventif. » L'A }^e porta une sensible atteinte à son talent d'orateur et de polémiste. Ses derniers discours firent peine à entendre. Il les débitait à la tribune d'une voix éteinte avec des efforts visibles de mémoire et un désordre trop réel dans la suito îles idées. — Dupanloup. qui habitait le village de Virollay pendant les sessions parlementaires, mais (jui avait coutume de j)as5er quelques semaines de ses vacances en Dauphiné , mourut subitement au château de Lacombe . près de Doméne , le 10 octobre 1878. Avec lui disparaissait le représentant le plus fidèle du catholicisme français pendant le demi-siècle qui vient de s'écouler. M>' Dopanloup en a connu toutes les luttes, il en a essuyé toutes les débites ; il portait en loi-méme les contradictions qui Tout déchiré sans parvenir à les surmonter. G*est ce qui loi donne parfois, comme on Ta <lit, l'apparence d'un certain manque de sincérité. Au fond, ce n*est pas là par où il pèche : c'est sa position qui était fausse et non son âme. La loyauté parfaite est bien difficile dans une religion d'autorité, car il faut sans cesse ruser avec cette autorité pour n'être pas brisé par elle. De bonne heure, et d'une manière toujours plus sensible, à mesure que

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s'achevait le cycle des sacrifiées à la vérité, la conscience às rémiiieiit prélat se cou^atura. Pour étoullsr ses dernières velléités de riantsnee et les suprêmes révoltes de sa délicatesse, il multiplia contre son siècle les anathèmes sommaires qui aigrissent sans «éclairer; il multiplia lr< sentences rigoureuses et ces malédictions routinières qui ressemblent à un th^nie appris par cœur ou transmis de chaire en chaire pour l édification dos d«'V()ts et le scandalo de ceux qui pensent. — Nous avim» déjà dit (\iw r<'Vf%|u»' d'Orlt^ans a beaucoup i^crit. sans pourtant av.>ir laissé un seul ouvrage d"un« valeur durable. O sont tous dfs écrits <it' circonstance, composés hAtiveiiient au milieu du fou de la lutte et uii une rli»''tori(|ue assez lourde de séminaire et une science de seconde ou de troisième main se uiôleut à des vues assez superticielles et à uae préoccupation polémique constante. Ses écrits sont de tous points bien inférieurs à ses discours. En .morale, notre auteur penche volontîen vers la casuistique, avec les élans de mysticisme d'une piété réelle, un peu étrmte, poussant aux pratiques ascétiques. Nul n'a vu mieux quelti tout ce que le désœuvrement, qu'il a rencontré si fréquemment danssef relations avec les cercles aristocratiquês, pouvait amener de désordre parmi les heureux et les privilégiés de ce monde. Ce n*est pas lui qui encouragea ce funeste esprit d'abstentioà où s'énervent et se perdent les forces vives d'une brillantejeunegse, et qui n*est bon qu'à créer une classe d'oisifs au niili»Mi d'une p'Miération active. Il s'était proposé d'indiquer en détail, aux lioiuiiies du monde, un plan, un pro'jrannne complet d'études littéraires. Mais dans ses jtréi'érences c< un me dans ses prescriptions, il resta sintrulit'rement étroit. Le XVIII'= siècle, en particidier. était l'objet de ses plus violentes sorties. C'est toujours « l'odieusr liceiitv de Voltaire, la honte des Lettres persanes ^ rinsuppurlable sophisme dt Rousseau » ; c'est toujours le même système, commode mais brutal, des exécutions sommaires; toujours le même conseil d'éviter avec mnd ces mauvaises lectures. H persistait à ne voir chez eux, et notammeotehsi Voltaire, que l'impiété, l'immoralité et l'indécence de certaines pnges, sans jamais se souvenir de tout ce qu'avaient de monstrueux et d'anlichrétien les institutions, le régin^e que ces philosophes contribuèroit à détruire en croyant s'attaquer au christianisme. — Nous'citerons ceu.x<le5 ouvraf^'es de Dupanloup qui ont eu le plus de sacc('»s: /Je i éditralion ; 2" De la haute cdnrnflnn mtfUt rtuvIh', 1866, 3 v(d.; 9« éd., !87i; Mariarje r/m^den, IHOS : éd., 1875 ; 4« LEnfant, 186Î) ; 3''éd.,i87i: 5" Méthode ijénérale de catéchisme, 1841, 2 vol. Dupanbuip a composé d'<'.\traits de Hossuet um Jintrnre du chrétien^ 18.'i8. et d extriit? de Fénelon. son auteur favori, toule une série de puldications : /:"x/y">fiion des iirmrijial*'s vérités de la foi cnthnlique ^ 1H32. 2 vol. : Im vraie et solide vertu sacerdotale \ hJlement s de rhétovi^u'' sacrée, IHil : ^ Christianisme présenté aux hommes du monde, 1844, (i vol. Parmi Iw discours prononcés en diverses circonstances solennelles, nous riterons: le Panégyrique de Jeanne d'Arc, le ùiseows de réception è f Académie française, VOraison funèbre du P, de Iiavignan,\é ÛisHûurs prononcé w Congrès de Matines sur renseignement populaire (1864), VOraison funèbre de Lamoricière (1865) ; enfin toute une série de Lettres pastorakt

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et (le Mandements. On a conimenc»^ une édition do ses Œuvres choisies, 1873-1875, 7 vol. — Voyez Falloux, Etude sur la vie de Mgr. JJupauhup, dans le Correiptmdantf déo. 1878 ; Vapercau, Dietùnmmre des eonten^iwraitu ; E. de Preseensé, Hevue chrétienne, .XXV» 711 88.

EBRARD, Eberard ou Everard, de Béthuno, vivait du douzi^mo au treizième siècle. On ne sait rien de la vie do cet auteur qui s*oi cu[)ait de théologie et de grammaire. Son ouvrage principal est un poème de plus de 3,000 vers, intitulé Gtœcisimu, très -répandu dan» le8 écoles du moyen Age, dans lequel r«nteuur traite, sans plan ni méthode, de la rhétorique, de la poétique, de la grammaire, etc. On a aussi d'Ebnurd un fj^er aHtihmresis dans lequel il combat les Cathares, alors très nomhreux en Flandre; il s'y applique principalement à réfuter la manière dont CCS sectaires interprétaient la Bible. Cet ouvrage a «Hé publié pour 1» première ibis parle jésuite Gretser, sous le titre erroné Contra JJ'nldtmses, dans les Ti'ins scriptortim rentra JVaidenses. Ingolst., 1014, in-4°; puis dans la Dihlinth, P. P. }fnx. de Lyon, XXIY; enfin dans les Œtivrfs: rnmplèti'<< de (iretser, XII, 2.

EHRENFEUCHTER (Frédéric-Aupisto-Edouard). théologien distint'ué, d«m\ Léopoldshafen. près do C4arlsrulio, ou 181 i, mort à Gcottinpue en 1878. Après un vicariat k Woinhoini et à Carlsrulio, il tut appob^ comme professeur en théologie à l'université de Gœttiugue (18i5), où il enseigna avec succès pendant plus de trente ans. Sa spécialité était la théologie pratique dont il cultiva toutes les branches avec le plus grand soin. Unissant à une piété d*une dialeur commnnicative, un esprit net et un sentiment profond de ce que doit être le culte chrétien, estimé de tous les partis pour la droiture et l'élévation de son caractère, Ebrenfeuchter a exercé une influence bénie sur plusieurs générations d'étudiants. Homme de paix et de conciliation, poursuivant avec un zèle et une alinôfration que rion ne pouvait décourager, ralliance de la science •"f d^^ la foi, do î*K;iliso ohrétionno nt do la culture uKidrme, d'un naturel timide et déliant do lui-uiùiue, il a beaucoup souffert des agissements du parti ullraluthérioii. Ses ouvrages sont inférieurs à ses oours. Nous si^'naloroiis parmi eux: \° Thfarie du rnfte chrêtif}!, Hamb.,18i():

Ifislofrt' de In rfitêrh^t>qin\ (în'tt., 18o7; 3" La Théolofii»^ pratiijue, G<ett., 1859. restée malheureusement inachevée; le premier livre contient les principes fondamentaux de celle science; le second, la théorie de la mission; ¥ De la mission intérieure^ dans la Monatssehrift fur Tkeot. u, Kirehe, 1847; Du discours sacré et profane^ dans les Johrb. f, d, TheoL, 1869; trois programmes latins sur Celse, 1848;

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ehrùiiànUme et la eoneepthn du monde moderne, 1864, ainsi que

de nombreux articles biographiques et autres disséminés dans les tecuoils pt'Tiodiqiies. Notons aussi doux recueils intéresmnts de Sermons (1849 o\ 185:2). EhrenlVniciiter avait tH»'^ nomm*' en 18oo conseiller consistorial, en 1856 abbé du roiiveiit prolestant 'le Bur?feld. position trèà lucrative, et comblé de toutes les distioctions possibles par le roi de Hanovre.

ENGELHARDT Maurice de) [1828-1881], historien de l'Eglise et professeur de théologie à Tuaiversité de Dorpat, a laissé un certain nombre de monographies et une série d^artides d'un mérite solide sur certains points obscurs de l'histoire du moyen âge, insérés dans la Même de théologie historique ei dans d'antres publications périodiques. Quelquesuns de ces travaux ont t'té recueillis dans le volume intitulé: Etudes d'histoire eccléshistiqup , Erl., 1833, en particulier les belles recherches sur Joarh'nn de Flore. Parmi les ouvra^^es plus étendus d'Engelhardt nous citerons: 1" Va /enfin Ltpsrher, sa rie et son activité, 1853 : 2^ éd., 1856; :2*' Schenkel et Strauss. 186i ; 3'* CuthoUrisme et pmtestantime; /exposition populaire des principes fondamentaux du cat/iolicisme et de la réfurniation luthérienne y 1867; i** La tâche de l'instruction religieuse au temps présent ^ 1870 ; 5® Le christianisme de Justin Martyr, 1878, monographie très soignée dans laquelle Engelhardt cherche à démontrer que Justin était resté païen même après sa conversion au christianisme, ou du moins que toute sa doctrine est comme imprégnée dVléments païens ; cette thèse a été combattue par Staeheiin, Justin Martyr et ses juges les plus récents, 1880. Engelhardt a aussi publié un yolume de Sermons, 1880.

FAVRE (.Iules), orateur (•♦'lèbre, l'une des gloires de la tribune et du barreau français, né à Lyon le 21 mars I8(M), mort à Versailles le 10 janvier 1881). Après avoir fuit ses études de droit à Paris, où il se trouvait encore lors de la Révolution de juillet, il entra au barreau de sa ville natale et ne tarda pas à s'y distinguer. La défense des ouvriers mutnellistes de Lyon en 1834 venait de mettre son nom en relief lorsqu'un procès plus grave, celui des accusés d'avril (1835), devant la Chambre des pairs, attira sur ce jeune avocat de 26 ans l'attention générale. Pendant trois mois, il porta seul le poids de la défense, déployant une énergie et un talent extraordinaires; sa renommée fut consacrée dès lors, mais l'extrt^m»' fatigue d'un effort si prolongé, compromit sa sauté au point (juc l'iui put craindre un instant pour sa vie. En 1836, ii alla se tixer à Paris; tout eu se livrant aux travaux du barreau,

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il collaborait successiveineiit au Droit ^ uu AV/^/ona/et au Monde. Secrétaire de Ledru-Hollin au ministère de l'intérieur (1848), il fut élu à la GoDstifoante par le département de la Loire, puis à l'assemblé législative par le département du Rhône. Lors du coup d'Etat du â décembre, il se réunit aux députés qui organisaient la résistance et signa I l'appel au. peuple rédigé par Victor Hugo. — Eloigné de la politique durant six années, les élections de 1857 l'y ramenèrent : il entra au Corps législatif comme député de Paris et il surfit de noniiiiPi* lo groupe j des cinq^ pour rappeler le télé considérable dévolu à Jules Favre dans la campagne énergique dp revendications libérales et d'opposition patrio i tique entreprise coutro le réf^ime impérial par les roprésenlants de la I démocratie. Son élo([uen('e ne parvenait jamais à ébranlor la majorité ', officielle, mais j^i's discours produisaient dans le pays une impression profonde, qui se traduisait à chaque renouvellement de la (iliaiiibre, en 18ti3 et en 1809 par une auj^mciitation pro^;ressive du nombre dis députés indépendants. La présence d'orateurs tels que Thiers el Herryer renforçait Toppositiou sans diminuer Téclat de l'action personnelle de Jules Favre, qui demeurait le chef de la gauche et Tantagoniste le plus redouté du pouvoir. Il ne laissait pas de relâche aux défenseurs de la politique impériale, les harcelant sur tous les points, relevant avec une ironie impitoyable les contradictions et les mensonges d'un système qoi, pour faire vivre en harmonie le bon plaisir du souverain et la volonté populaire, n'avait pas trouvé de meilleur expédient que de frelater le suffrage universel ; qui, au dehors, répandait le sang français pour ratrranchissement des peuples opprimés, tandis qu'i'i l'intérieur il résistait à toutes les aspirations libérales et corrompait l'esprit public; qui prétendait enfin concilier l'indépenilance et l'unité de l'Italie avec la papauté tcnipurelle. Sa parole puissante dénonçait au pays les scandales de l'expédition nuvvicaine : son palriolisnu', alarmé par l'ambition de la Prusse, s'efforçait de mettre l'timpire on <,Mrde contre le péril dont la France était menacée de ce c<Ué ; avant Sadowa, il avait prédit Tunité germanique: « l'n jour peut-être, disait-il le 2 mars 1866, cette nation sera appelée, non plus seulement dans les conseils, mais sur les champs de bataille, à devenir notre rivale. Souffrir sans s'y opposer son téméraire agrandissement, ce serait une faute énorme que la France ne doit pas commettre. » C'est surtout dans la revendication des libertés publiques et d mi- les protestatiims de la conscience contre le débordement d'immoralité, queléloquenco de Jules Favre trouvait les plus admirables accents. « La France est saturée de gloire militaire, » s'écriait-il un jour, et, après avoir flétri le cynisme çt Timpudicité encouraj;és au tliéàtre, il ajoutait : « Non. nous ne sommes pas faits pour les voluptés terrestres. Nous pouvons être <:rands et honorés dans le monde, nuiis nous ne sommes rien, si nous ne pouvons lever les yeux vers le ciel, et nous ne le pouvons pas si nous ne sonnnes pas libres.') — L'importance et l'éclat des services remlus par Jules Favre à la cause libérale, la fermeté de ses convictions, le prestige de son talent lui avaient acquis une popularité aussi grande que légitime. Au 4 septembre 1870, il devint vice>président du gouvernement de la Défense nationale, et se chargea du portefeuille

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dos ailaires étrangères. Une période de grandes difficultés et de »iouloureuses épreuves commençait pour lui; nous n'en pouvons indiquer ici que les foits les plus saillants, dont le. premier est la fameuse entrevue de Ferriëres. Jules Pavre était allé demander à M. de Blsmaidc un armistice pour la convocation d'une assemblée constituante ; il désinit | en outre pressentir les exigences du vainqueur» quant aux conditioni de paix. On doit reconnaître que le représentant de la France avait trop de candeur et de sensibilité pour se mesurer avec un diplomate aussi habile et aussi froid que Thomme d'Etat prussien; mais ceux-là font preuve d'autant delégiîreté <jue d'ingratitude, qui lui reprochent les larmes versées en cotte circonstance : Ip pays on fut vivement toucho ?t l'humiliation intlii^éo à son mandataire, hion loin <rexpo>pr au blàine la démarche i|U il avait eni devoir tenter, en lit mi<'U.\ voir le iinihiin patrioti(jiio et afTermit partout la résolution d'une guerre à outninc». « Ni un [)ouc<' do notre ti-rritoire ni une pierre de nos forteresses '.d Cett*^ déclaration d'une généreuse imprudence devint le mot iTordre de tous. Jules Favre et ses collègues du gouvernement travaillèrent, sous U présidence du général Trochu, à la défense de Paris assiégé, tandis qu'une délégation organisait la guerre en province, sous la direction de M. Gambetta. La capitulation de Paris mit fin à la lutte. Dans la rédaction de détail de Tarmistice, un oubli regrettable de Jules Favre servit de prétexte aux vainqueurs pour exclure nobe armée de l'Est du !)énéfice de la suspension d'armes, et pour l'écraser. — Aux élections du 8 février 187t. le vice-président de la Défense nationale fut élu député dans six déjiarlements. M. Tliiers, nomoé chef (lu p<mvoir exécutif, le maintint au ministère des aflairo*; HnDr gères. Si .Iules Favri' avait été j)réoccupé du soin tle s;i popularité, il ciil alors décimé toute partieipation aux actes du gouvernement; il re?tâ aux aliaires, selon îos prupn-s exprosions « pour assister M. Thi'TS dans la tài lie cruelle dont il acceptait la responsaliilité avec une ailuiirable et patriotique ahnégation. » Il lui tallut apposer sa signature au b»s des préliminaires de paix, puis au bas du traité qui livrait àl Allemagne deux provinces françaises. « Je me suis pris à la fois en pitié et en mépris, » écrivait-il au lendemain de cette terrible épreuve. Le malbeor de la patrie avait été pour lui un coup foudroyant. Nul n'en pouviit douter à voir, dans les dernières années de sa vie, le puissant athlète d'autrefois fléchir sur sa haute stature, la téte inclinée, le visage empreint d'une incurable tristesse, la démarche tout entière trahissant dans sa majestueuse gravité une lassitude profonde. U se retira du pouvoir h la suite d'un vote de l'assemblée qui renvoyait au ministère des affaires étrangères la pétition des évéques en faveur d»" la ^ papauté te?iif».»relle . .lulfs Favre. qui avait sans cesse combattu le pou- j voir temporel des pajx'ï^ et l intervi ution <le la France à Ronif^, * pouvait pa-; se faire latent d'une politi(ju»' tout opposée ; il a<ln\*^aA M. TliH'rs une lettre de démission conçue dans les t«'rmes les {dus dignes. Quand il fut redevem» simple député, ses ennenus cherchèrent àlaw** bler de leurs attaques les plus passionnées et exploitèrent même contre lui la calomnie. Il trouva un adoucissement aux umertuines dont oD

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