‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 112 sur 158 · FAVRE — FINNOIS · texte numérisé non relu

FAVRE — FINNOIS

l'abreuvait et aux regrets dont son àine était obsédée, dans son uinon avec une personne aussi distinguée que dévouée, fille d'un pasteur d'Alsace. D'ailleurs, malgré la réserve qu'il s'imposait désormais dans la vie parlementaire, U n'en continuait pas moins à défendre les grandes causes qui lui étaient chères et travailla jusqu'à la fin à raffermissement de la République. Sous le 24 mai, puis sous le 16 mai, il lutta eocore Taillamroent contre la réaction et Ton revit plus d*une fois à la tribune l'orateur des grands jours. En 1876, il avait été élu sénateur du Rhône. — Cîommc avocat, Jules Favre eut une activité considérable; il phoda dans une foule de procès politiques, civils et criminels. Son plaidoyer pour Orsini est un véritable chef-d'œuvre. Il se dépensait sans compter, trouvant encore dos loisirs pour l'étude, niônir pour la poésie, et donnait à des (puvres d'instruction ou de l)ienfaisance le concours si recherch'^de sa parole dans des conférences populaires. Do son éloquence OD ne peut rien dire qui ne soit devenu un lieu comnum à force d'être n'pété. A la tribune et au barreau, il fut un maître incomparable, unissant à la grandeur et à rélévation des pensées la perfection de la forme. On ne saurait oublier, quand on a eu le privilège de l'entendre, cette Toii tour à tour mélodieuse et éclatante, ce langage d*un^ ricbease étonnante, ces périodes qui se déroukiient majestueuses avec une sorte de cadence poétique sans jamais 8*embarraBser au milieu des incidents et sans que le style fût déparé par des inconectioiis ou des trivialités. — Jules Favre était membre de l'Académie française; dans son discours de réception il fit une profession très nette de spiritualisme,, qui lui aliéna quelques sympathies, mais dont ne pouvaient s'étonner ceux qui connaissaient tant soit peu l'illustre orateur. En effet, il fut dès sa jeunesse, non seulement spiritualiste, mais déiste et, malgré le vague où s'enveloppa longtemps sa religiosité, il croyait à la Providence et à la bonté de Dieu. Trop indépendant et trop jaloux dos droits do la raison pour se soumettre à rEg:lise romaine et à ses dogmes, il n'iiésita i)oint à faire acte lie protestantisme quand l'intimité d une épouse ])rotestanto et clirétionne l eùt mis à même d'apprécier les bienfaits do 1 Evangile et son respect de la liberté humaine. Quelques articles de lui sur des sujets d'histoire religieuse, notamment une étude surl'ifMfotre des trois premier» Héek» de f Eglise deM.de Pressensé et une pré&oeà ï Histoire du ptmpU suUse de Lsendiker, marquaient une évolution intéressante de sa pensée à cet égard, n suivait assidûment le culte réformé, et c'est d'après sa volonté expresse que M. le pasteur Passa, pour lequel il professait une affectueuse estime, présida ses funérailles. — On a de Jules Favre les DUcour» du Bâionnat, suivis de la Défense d'Orsini et de quelques Discours parlementarres, 1 vol. in-12; Quatre conférences faites en Belgique en 1874, 1 vol. in-12 ; Le Gouvernement de la défense nationale, 3 vol. in-S" ; Home et la République française, un vol. in-H*^; depuis la mort de son mari. M*"" Jules Favre, née Vclton, a [)ublié de lui des Conférenctis et mélanges, l vol. in-l:2 et le recueil complet des JJiscours parlemeniaires. do iHi8 à 1870, 4 vol. in-H". II. Duaussin.

FINNOIS Mylliolo^io dos). Le nom de Finnois est pris dans tant d'acceptions dilTcrenleis qu'il faut commencer par préciser le sens que nous lui

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donnons. Nous ne l'appliquons pas exclusivement aux lialiitants de la Flalandc propre, formant la pointe sud-ouest du grand-dudié, mais nous ne l'étemlons pas aux Esthoniens, ni aux Lapons, ni aux autres peuples nuprro-fiunois de la Russie. Il désigne ici la branche de cotte iaiiiille (jui lorine |p fouJ de la populalion du grand-duché de Finlande, et (pii s'étend aussi, de temps immémorial, dans quelques cantons voisins ou peu éloignés, soumis à la Suède, à la Norvège et a la llussie. Le sujet ainsi restreint est fort mal éelairépour les temps purement païens pendant lesquels les Finnois ignoraient encore lusage de l'écriture ; mais les documents de la période catholique, en latin, en vieux norrain, en suédois et en russe, commencent à jeter quelque lumière sur la mythologie finnoise, passée à l'état de superstition chez un peuple converti au christianisme depuis la fin du xil" siécir ; c'est soiiIfiDcut dans les temps modernes que l'on a recueilli une multilude dcchaut^, de traditions et de contes ptqmlairt's, remplis d'allusions aux an<Meimcs < r()yaiice>. Depuis une centaine d'années des mytiiographes, s appuyant sur ces diverses catégories de documents ont essayé de retracer la physi»>uomie des divinités linnoises ; ils nous la montrent bien sous la denuere forme qu'elle ait affectée ; mais ils ne pouvaient réussir à la dégager complètement des traits empruntés aux mythologies Scandinave et slave ou modifiés sous Tinfluence du christianisme. Nous ne répondons pss que Texposé suivant soit absolument conforme à Tidée que les Finnois pa!ens se faisaient de leurs dieux, mais il résume les croyances de leurs descendants à demi christianisés. — Les deiuc principes sont juxtaposés dans cette mythologie ; chacun d'eux domine dans sa sphère propre, mais ils ne sont pas «l'égale puissance et, lorsqu'ils entrent en contlil, c^lui du mal cède toujours à celui du ùien^ représenté par Jumala 'Je ciel), h* Jiuntdf^ des Bjannes au xi" siècle (nom qui a été appliqué postérieurement au Dieu des chrépeusj, aussi appelé Jlman ukku et iso ^le vieillard et le père de Tair), Toatto taivahinm (le Père céleste), >7i;Mmaîa (le Dieu suprême), Luoja (le Créateur, sous Tinfinence des idées chrétiennes, car ce n*est pas lui qui crée les astres et la terre), Kaikivalta (le Tout-Puissant), Pauvanne (le Tonnant), Armollmen (le Miséricordieux),(le Saint). On le plai^it tellement au-dessus de rhumanité qu'on ne lui en attribuait ni les passions ni les défauts. Si Akka (la "Vieille), aussi appelée fiauni, était sa leinme. connue le croient quelques niythographes, cv n'est jias d'elle (ju il a engendré les L)nmn->tar fgénies de la nature) ; ce n'est pas non plus en se faisant lendr»' I.- . ràue, comme Jupiter lors de la naissance de Minerve, qu'il leur a donné le jour, mais c'est en se frottant les deux maïus contre le genou gauche, irait qui se retrouve dans la mythologie groenlandaise. Quant aux magicieiis, c*est an figuré qu'ils se nomment dîUkko (l/iftonpo/a/). La vieillesse qu'on lui attribuait signifiait seulement qu'il remontait au delà de la création du inonde; elle n'était pas synonyme de décrépitude, puisqu'on le regardait comme plus puissantque tout; c'est à lui que l'on s'adressait, quand il ne restait plus d'autre recours. Avec Tarc-en-ciel il laïu ait des flèches en cuivre ou des traits de pierre, ces haches du premier .ige. que tous les peuples ont regardées comme des carreaux de la foudre. L'édair

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