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que la contrainte reHgieusa.» Dieu ne veut pas d'hommages forcés, car le dernier des hommes n'en voudrait pas (A/>o/., 23). La fameuse péroraison de l'apologie, dans laquelle TertuUien montre dans le sang des chrétiens la semence de l'Eglise et dans les supplices nn cbarme mystérieux qui lui gagne des adhérents {est illœcebra in illix) est dans toutes les mt''UJoires [ApoL, 50i. Si nous en venons à l'apologétique proprement dite, elle abonde daus les écrits que nous avons cités; mais c'est dans le traité Ih tentmanio animœ que son principe fondamental est formulé avec la plus grande netteté. — Passons rapidement sur la parUe négative de cette apologétique, en tant qu'elle réfute soit le paganisme, soit le judaïsme. Le irûté A dJudxos, qui établit le caractère transitoire des institutions mosaïques, est d'une authenticité douteuse ; en tout cas. il a été remanié. En ce (jui concerne le paganisme, rien n'égale la verve insultante avec laquelle TertuUien trahie ses dieux dans la boue et écrase ses sectateurs sous le poids de leur corruption. Il ne sait pas, comme Clément d'Alexandrie et Origène, rendre hommage à la grande philosophie du passé et y voir une préparation au christianisme} celle-ci n'est pour lui qu'un ramassis d'erreurs et d'inconséquences, il n'a ((ue des anathème* pour la haute culture antique [ApoL, 46-47). Et cependant il admet que le christianisme trouve ses antécédents et ses preuves sur cette terre qu'il vieut éclairer et sauver. La nature ellemême est une révélation divine {quanto natûralia^ tanto divma; De' tettim, anim,, 5). Ne nous donne-t-elle pas le spectacle d'une incessante résurrection (Apo/., AS)'? Mais la grande prophétesse, c'est surtout l'âme humaine» cette àme qu'il n'hésite pas à appeler naturelleim nt chrétienne dans son traité immortel sur le témoignage de l'âme. Chez l'homme le plus incullf. et surtout s'il est inculte, se trouve le pressentiment des plus grandes vérités de la foi. « Qu'y a-t-il d'élonuant, dit-il, si, venue de Dieu, celte âme chante ies mêmes choses qu'il a données à connaître aux siens » {JVU mirum n, a Dto data^ eadem canit quse Dewsins dédit nosse; Detestim. an/m., 5? » Crois à ton àme, ce sera croire à toi-même» {Cr>'i('; mi'tmie; id.j.Lù témoignage des Ecriture, dont il admet l'autorité dogmatique, lui parait suhor.lonné à celui du cœur humain se révélant dans sa spontanéité; car. pour croire au livre divin, il faut être déjà chrétien \^Tes(im., 1); ce qu il relève surtout dans ies saintes Ecritures, au point de vue apologétique, c'est leur beauté, leur majesté \ Apolog.^ i8-19), sans qu'il néglige Taccomplissement de la prophétie {Apol., 20). En Jésus-Christ, TertuUien nous montre de préférence la gloire du ressuscité [Apol.. et l'effet .régénérateur que sa doctrine produit sur ses disciples [Apol., 25). Il ne nian«[ne pas non plus de mettre en cause la consiience et la volonté, atltihtiant l'erreur persistante au parti pris du mal. La délicatesse de la conscience, dit-il, s'est oblitérée dans l'opacité de l'erreur volontaire (rcnut/^is conscienfix obduratur in callosi' tatem voluntani erroris; Adv,nationesy II]. Après cette argumentetion si élevée, on est étonné de le voir insister comme il le fait sur la preuve tirée des exnrcisme^ \p<il., l'I).
H. Le poléuuste, chez Terlullien. est hien plus passionné (jue l'apologiste. L'hérésie excite bien plus son indignation que le paganisme, parce
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qu'elle le met en présence d'advers^iires plus rapprochés. Chez lui, la disciusioii tourne fteilement à rinvective, aux personnalités les plus iniiirieuses, tout ea étant singulièrement acérée et parfois d*une dialeetique pressante. — C'est aux gnostiques qu'il a porté les coups les plii?riidt's comme on peut s'en convaincre par son écrit contre le peintre Hermon-f-no, et surtout par ses cinq livres contro Marcion , qxù datent de sa péri.uie montaniste. 11 ne veut voir en Marcion que l'erreur et le mal, sans reconnaître ses beaux côtés voir l'article sur Marcion). Le premier livre discute les bases philosophiques du système ; le second ses applications historiques ; le troisième roule sur la christologie; le quatrième réfute les antithèses de Marcion entre la loi et TEvan^e, et ^efforce de détruire Tirréconciliable opposition établie par l'iiérétique entre lo Dieu de rAncicn Testament et celui du Nouveau. Le cinquième livre tend à reconquérir sur Marcion l'apostolat de saint Paul qu'il cherchait à confisquer à sou profit; il abonde en discussions exégétiques. Tonte cette argumentation serrée, souvent subtile, parfois éloquente, est interrompue sans cesse par de véritables objurgations. Le traité contre les Vaientmiem nous présente les mêmes qualités et les mêmes défauts. Celui contre Fraxeas, le dénonciateur des montanistes auprès <1p l'évf^que de Rome, auquel il avait fait accepter en le déguisant son imtrijjossianisme doc/itiquc, traite surtout de la question christologique. On y sent frémir l'indignation du nt'i.phyte du montauisme contre son plus dangereux adversaire. Le traité Ue pncscriptionibus^ qui date d'une époque antérieure, peut être rangé parmi les écrits de polémique de TertoUien, car il est tout entier dirigé contre l'hérésie à laquelle il oppose une fin de non-recevoir absolue, une espèce de prescription judiciaire au nom de l'autorité de la tradition. Elle est déclarée non recevable, uniqueni-'Ut parce qu'elle est nouvelle et que toute nouveauté dans l'Kglise est condamnée par cela niénie. Tertullien devait atténuer plus tard ce principe si commode et si dangereux, lorsque lui-même serait rangé parmi les novateurs à la suite de Monteo. Il se rétracta de la manière la plus belle par ces mots : Christwncndixii: Simeoniuetudo,9ed:/Sktmventaa {Detrirgin. velandiiti), — Au fond, presque tous les écrits de Tertullien appartiennent à la controverse, qu'il s'agisse de doctrine ou de morale. A la preriiièp' catégorie appartiennent les traités suivants : De animay De carne Christi, De rcsurrcctiouc (v/////.s. /Je haptisiiw. \\ ne cesse d'avoir en vue le gnosticisme avec son faux spiritualisme qui Hutte entre le docétisme et le dualisme. Comme moraliste chrétien, Tertullien a indiné vers Taseétisme. Son traité De ipeeiaeuHs fiilmine-un anathème d'one éloquence sans pareille contre les plaisirs du monde et ne fait aucune réserve pour les jouissances esthétiques. Le traité De idolatrta rendait inipos-îililf toute relation des chrétiens avec la société païenne, tant l'auteur est ingénieux à trouver partout des rites idol;\tre?. Ses deux lettres Ad uxorem^ sans flétrir le mariage eu soi et sans coudamuer absolument les secondes noces, tendent visiblement à rabaisser Tunion conjugale ordinaire. Simplement chrétien, et de la manière la plus belle» dans ses écrits De oratione. De patientiny il est encore modéré dans son traité De ptenitentia. Son exhortation Ad martyres tourne à l'apothéose xu 9
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des coBfiMseim; Mtta enltation du mÊSiyrt Mt enoore plut nuuiqiiée dUM sa polémûpie Aduersus gnosticon scorprace et dans SOQ écrit A fuga in persecutionef dans lequel il interdisait les plus simples précML"
tionsdc la prudence chr»Hio,nne. Au montanisme le plus pur et le plus militant appartiennent les traités JJe prudmtia, monoganùa^ De virginiùus velandis. De exhorlatione caslUatia, De haùilu mulieùrif Depallio, De eorona militis, TertuUien y enseigne Tasoétisme I0 plus •ôvèn; «on oontent d'interdire le» secondes nooes, il rabaisse les pirexuiëres. U veut que le chrétien marque sa rupture avec la société généfale par l'austérité de aen vêtement, qu'il pratique le jeûne le plus rigoureux. Le service militaire est présenté par lui comme une apostasie. Il refuse enfin ^ l'Eglise le droit de pardonner les péchés mortels. Tous ces traités respirent l exaltatiou. Un sent que TertuUien prend à la lettre la prophétie montaniste, et qu'il attend le retour prochain de répoux mystique : «1 La fin des temps, dit- il, est proche » {in moê eucurrerunt finn temporii).
lil. Dég.igeons maintenant la théologte proprement dite de Tertullien de ces écrits si divers. Pour le? points fondamentaux, elle n'a point varié depuis son accession an nidiitanisme, sauf en ce qui concerne l'autorité de l'Eglise. Un [leiit ramener à quelques points capitaux ce que ses vues ont eu d original. Sa théologie est tout entière pénétrée du réalisme le plus absoia. TertuUien veut toujoun revenir de Tidée an fait, à la réalité, à la nature, tidle que Dieu Ta «réée, telle ^e €hriftt Ta restaurée. De là l'aiitorité qu'il accorde àTantiqulté : « Tout ce qui e^t aiilérienrest la preuve de ce qui le suit » [Omnis resanterior posteriori reyulaiii fjr.nmmistnif : Adv. Marc, I, IV- religion de Jésus- (jhrist n'est pas autre chose que la restauration de la religion primitive. L'autorité de l'Ecriture se l'onde sur eu qu elle est la plus anoieimc 4cadition {Apol., 18); son inspiration est plttfdt affirmée que précisée. Cette aitttorité de la tradition se retrouve dans les Eglises apostoliques. G^est d^elles qu'il faut recevoir le divin Credo en se contentant d*opposer une prescription indiscutable aux hérétiques, c'est-à-dire aux novateurs De prxscript., 20-21) ; Posterior nostî'it res non est, imo outnibus prior est {id., 351. — En ce qui eoucerue la théodicée, TertuUien établit Tunité absolue de Dieu Anie omnia Deus erat solm {Adv. Prax., 3j. 11 n'admet pas la pi^existenoe personnelle dn Veifae avant la création : J^ûtiempiu tum et Filnu non fini (Ado. jBermog,^ 3). Le 'Verbe a été engendré de Bien pour créer le monde, c'est alors que la parole intérieure est devenue parole extéricure(Af/y.i*rax.,r)).Dans l'incarnation, le Verbe s'est uni à un corps humain sans souillure {De carne Christi, 18). Les deux natures sont restée.-^ distiiules m lui id., 18). La Vierge mère n'a point c<jnservé ultérieurement sa virginité {id., 20 '^ij. L'esprit de Dieu n'apparaît comme personne distincte qu'après l'ascoDsion {Ado. Prox,, 35). Nous sommes ainsi en plein subordinatianisme. La rédemp- -tion est surtout la victoire de la sainteté parfaite du Christ ; non caractère propitiatoire est relégué dans l'ombre {Adv. Marc,, 111, 17-ltt).Dieu n'est pas un esprit pur, il a un corps subtil : Qiiis n*'<jafiit Deum corpus esse (De anim.f 7j ? Ainsi en esl-il de ïème humtune. La liberté est
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afliriuée avec éoergie par Tertullien contre le iutalisme gnostiqua {ih amma, 16). s9e là notre culpabilité dans le péché origiQel. De là la pos- HUité de Botre lettvement par la fui en Ghriet. 'Cette foi n*empéche
pis que la prière et les bonnes œuvres ne soient reconnues comme méritoires (De orat.^ 23; De patientta, 13>; De Jojun., 3). Tertullien adinctt iit sans hésitation rét»;rnité des peines. La iiia<;nirii[uo et t»'rril>le fmi 'lusiDn tlf* sou traité Df spfctaculi's décrit le jugouieiit final sous les plus vivib couleurs. On voit cuiubien cette théologie est éloiguée des iynbola des grands conciles du quatrième et du cinquième siècle, et ceouneat, néadmoius, elle acoBtribué à préparer rovgaoisation ecclélisslique qui les a produits eoit par sa tkéone de la troditbn, soit par Ms écarts de la doctrine de saint Paul.
IV. EccLÉsiOMHiiE. Les principes développés par Tertullien sur l'auturité de la tradition et des lig lises apoRtoliques, qu'il considérait comme ses gardieunes attitrées, auraieut dû logiquement l'auiouer à l'avuriser lei progrès du système hiérarchique^ 11 n'en est rien pourtant. Même, a¥ittt d'être montanists, il n*avait pas insisté sur l'épiscopat à la manièrs d'iréaée. il mettait i'autorité dans la tradition .de l'Eglise, bien .pltttétque dans ses dignitaires. Ce qui le préserva de toute concession à répiscopali?nje et l'amena promptenient à lui résister, ce l'nlson haut itloal de la vie elirélieune. Il n'admettait |»as de mélange impur dans le peuple chrétien, il ne puuvait consentir aux accuinmodemeuts des indulgences et des pardons accordés au nom de 1 Eglise. De là sou indomptaMe rémstauee aui tentatives de Tépisco pat romain de s*eniparer du .^loiifuir des elefe, «a rouvrant aux grands pécheurs, par une absolution Mclésiastique, les portes de la société religieuse sur la terre et dans le uei jvoir les articles sur Hipjuilyte o{ le Monianisnif . <- Qui remettra les ]^hés. s écriait-il e.n lac^' do ces usurpations, sinon Dieu seul : Qm's dimUtU delictn, tiiai solus JJeus [D*' pudicit.^ 21)? pardon est le droit de maître et du Seigneur, non du serviteur : D^mmi^ non famulL/us et €tiitrium {id.). £o culte, TertuUien demeunit convaincu que le peuple rhiitien ne pouvait se recruter comme Tancien Israël, par la simple naissimce, ce qui était le seul moyen de l'encadrer d'oHice dans une institution hiérarchique. 11 a fornuilé l'individualisme évangéli jue^Jdans te qu'il a d'immortel par ce mot de génie : .Aon nascuu(ur, sed fiant Christ iani {on\ no naît pas chrétien, on le devient; Teslitn. anim., W C'était donner pour raison d'être à TËglise la loi vivante et personnelle K écarter .par làfliénie tous les régimes de servitude ^ui ne sont'-pos- •iblss que quand elk livre une multitude confuse, ignorante et inerte» •ax pouvoirs ambitieux (]ui veulent la dominer. Tertullien. partant de ces principe-', a cnml>attu de la façon la plus énergiquejc» prétentions ipie l'éviSpie de Rome fondait sur le pontificat do saint Pierre, établissant (jue sa primauté était toute d'intlutfnco et lui était per.-onnelle [Ikpudicit.y il). Personne n'a proclamé avec plus de force le sacerdoce universel. « D*oii viennent, disait-il, l'évéque et le clergé? De Tuaiveisdité des fidèles; nous, laiqoes, ne somme&^nous pas des'prètres ? » {kmmêèràotn suiims : Exhortai, ad ca»tilat,^'l),-^Osi est étonné de voir se ipintualiime hardi aboutir à une notion magique du haptéme dont
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l'eau serait imprégnée de l'esprit divin : Spirilus super baptismi aquas Cùnquteteit (De bapiitm., 8). Il voudrait pourtant qu'il fût retardé jas* qu'à Tige où Tesprita oonscience de lui-même {id., 18). Par un singulier contraste, la sainte cène a pour lui un sens purement symbolique : Hoc eit corputf id est figura ccrpori* mei [Cont. Marc, IV, 40). On ne peut n(^anmoins cotitoslpr que, malgré ce libéralisme ecclésiafitiqu»^ si large, TertuUieii n'ait rniitrihut' moralement à fortifier plu? tard le pouvoir épiscopal qu'il battait eu brèche avec Uint d'énergie. En créant la distinction des péchés véniels et des péchés mortels, en enlevant au pardon du Christ une efficacité universelle et immédiate, il préparait, sans s*en douter, la servitude de l'avenir; car tout oe qui est ôté à la rédemption du Christ revient en définitive au prêtre. Dès qu'on proclame insuffisante la repentance qui permet h V\mo pcrhere^se de retrouver son Dieu sans intermédiaire, dès (ju'on établit des barrières outre elle et lui, on tend à fortifier le pouvoir sacerdotal, car, pour échapper au désespoir, le pécheur recourra à toutes les pénitences imposées. Tertullien combattait bien Tasservissement de l*Eglise, mais il n'en extirpait pas le principe qui est Tatténuation du salut gratuit et de la justification par la foi. C'est ainsi que son ouvre, au total, nous parait imparfaite et mêlée, comme toute œuvre humaine. II n'en laisse pas moins l'uiip <le> plus grandes mémoires du christianisme primitif par l'éclat de son lier et rude génie, comme par la sincérité do sa pensée et la vaillante fidélité à sa cause. S'il n'a pas connu la prudence ot la modération, il a ignoré le calcul et les basses préoccupations personnelles. — Sources : Editions anciennes : Beatus Rhenanus,Bâle, 4528; Rigaltius, Paris, 10:H; Semler, Halle, 1770, Migne, Paris, 1844; Terlutliani o/5em,Lipsiae, 1870; éd. OElilor,Lipsi.e, 1855: Jérôiiio, vir. illust., 57; Vincent do Lériiis. Contmomtor., ii4; Tillomont, Mémoires, t. 111; Neander, .l«/'^»j".s^/'ws, IJorlin, 1821, 2« édit., lSi9; Mœhler, Pah<ylogie, V. I, 7Ul-7i>0; Bœhringer, kirch. Christ., 1, 270-374; Freppel, les Apologistes des deuxième et irou&me sièelet, Paris, 1880; Ritschl, Alt, catholisek. Kireh, ; Pressensé, Hist, dei trois première ttèele» de fEffUse chrétienne, III, 421-464; IV, 426 ss.; V, p. 465 ss.; VI, 136 ss.; Koim, Rom nnd das Christenthum, Berlin, 1881 ; Ghastel, Histoire du chn'sttani'^mr depuis son uriff ine jnsf/u'n fiof; jourx', Paris, 1881, I. 270 .\. Haufk. Tn-tu/lnin's Schvifjlni. Erlaii-on. 1877; N. Bouwetsch, die Schrifftcn TertuHians nach der Zeit ihrer Abfas^ung untersuckt, Bonn, 1878; Hoffmann, Qesehkhte des JCirehenlateins, faseic. I et II. E. dk Pressens^.
TESSIN. Le canton du Tessin, soumis depuis des siècles à l'autorité de quelques cantons suisses, est devenu, en 1803, vn membre indépendant de la confédération. C'ost lo >. ul i)ni soit italien de languo ot de nationalité. Sa population osl de 1 lît,f)lî» Ames, tous catholi(jues, à la seule exception de 234 protestants, la plupart étrangers. La situation ecclédAsti<|ue des catholiques tessinois présente cette particularité que l'Etat ne leur reconnaît pas de lien épiscopal. Au point de vue de la curie romaine, le Tessin est rattaché aux diocèses lombards de Gôme U84 paroisses), et de Milan (54 paroisses). Mais le gouvernement fédéral
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a, dàs lon^(^mp6, vu dp mauvais œil cette autorité spirituelle exercée sur son (orritoire par dos év«^<[ue8 étrangors. Plusieurs fois, dnpuis 1815, il a f'utauié des négociations avec le saint-si^go pour obtenir rt'*rection d un évôché tessinois ou pour rattacher len catholiijues* de ce canton à un autre évèché suisse. Mais la cour de Rome refusa toujours d'entrer dans cette voie. Alors, par la loi fi&dérale du iS juillet 1859, le gouvernement toisse déclara dissous tous les liens diocésains rattachant des psroissee suisses à des évéehés étraDp^ers. Depuis lors, les catholiques tessinois se trouvent sans autorité épiscopalo légalement reconnue. Mai«. en fait, l'autorité de l arcliev(V|ue de Milan et de l'évéque de Gtine est presque restée la même pour le clergé et les fidèles qui avaient dépendu d'eux jusque-là. Du reste, le pouvoir de l'Eglise catholique est infiniment plus contesté dans le Tessin qu'il ne Test dans aucune autre légion oh le catholicisme a conservé une aussi forte supériorité numérique. Depuis 1815, la lutte n'a pas cessé un instant entre les catholiques et les radicaux, et, à plusieurs reprises, des épisodes sanglants ont nécessité ^inter^•ention médiatrice des autorités fédérales. Malgré de fréquents échecs, les radicaux ont réussi plus >()iivent et plus longtemps que leurs adversaires à diriger les alfaires du c<inton, et ce sont eux qui ont donné à la législation ecclésiastique tessinoise son caractère général. Les nltramontains sont parvenus, il est vrai, i faire insérer dans la coDstitotion cantonale de 1852 un article 1, ainsi conçu : « La religion catholitjup, apostolique et romaine, est la religion du canton. » Mais, avant même que la constitution fédérale de lS7i eût ôté toute portée pratique à cet article, l'importance réelle en était bien réduite par les lois ecclésiastiques de 1819 et du 2i mai 1855. D'après ces lois, l'admi» Dîstmtion ecclésiastique repose presque eidusiveroent sur la commune politique, et les autorités municipales font fonctions de conseil de paroisse. Les curéfl sont élus par le suflfrage paroissial, et celui-ci ne peut se porter que sur des candidats en possession du placet toujours révocable du gouvernement. Les assemblées de paroisse ont également le droit de révocation des curés. Les biens d'Eglise sont gérés par les conseils municipaux, sous la surveillance du conseil d'Etat. L'Eglise catholique du Tessin est ainsi placée entièrement sous la main du goumnement qui a souvent fiût payer du retrait du plaoet l'obéissanoe trop grande, à son gré, de certains curés pour les ordres venus de Gàme ou de Milan. Le canton est divisé en â38 paroisses, dessenûes par 392 prêtres s<!iculiers. Il existe dans le canton 4 maisons de capucins avec 27 religieux, et 3 couvents de femmes. — Les protestants du Tessin • ni long, temps restés sans organisation ecclésiastique. Depuis quelqu. ;. années, ils forment à Lugano une petite communauté confiée aux soins d'un évangéliste. — Bibliographie : Gareis et Zom, Staat imd Kirehe m der Schweiz, I. 1, p. 563-591, 1877 ; // Milano SaerOy 1877 ; La question du letsin, 1863; Battaglini, Das Qe.memdeiaesen dm K. 7'essin, dans Wïnh, Statistik, II. 430-499; Da^ (ioaetz ûber die Hechle des Siaates uxkirchlirhen Dinffen im K. Fessin, iHi'À). E. VAUCiiF.n.
TESTAMENT (Ancien et Nouveau). Le mot hébreu beritli et le ujot grecâtaOr^xT^, qui signifient alliance et qui étaient employés pour désigner
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l'alliance concliio ontre Dieu ot Ips hommes par rintermédiaire de Moïse et par celui de Jésus-GIirist, ont été rendus dans 1 ancienne traduotion latûiBdw évangiles, qui remonte airaeeradiièele; parle motdelMlmatf»tvm. Parla suite, les théologieBi de l'Bglifla latine, etphuterd TOerideot
tout entier, s*acGoatUTnërent à parler des livres de TAncien rt du Nouveau Te^mcnt. Cette formule ne tarda pas à s'abréger dans l'usapo de tousles jours, t:int <lan^ la boucho du peuple qno sous la plume des auteurs; 011 «linottait le tiir»t de livres, et l'on parlait simplement des deux testa^ menls pour désigner les recueils sacréâ, comme on disait en Orient les deux olUanteÊ par uneabréviation andogue (voyex< Tartiole Kbk).
TSTZEL (Jean), moine dominicain, né Tcn 145S à Leipcig, étudia à IHiniversité'de Ba>^1e natale, entra en 1489 an eouvent des dominicains elr.se distingua par son zèle et son talent pour la prédication. Ën 1502. il reçut du pape le mandat de prêcher le juhiU5: le snceès considérable qu'il obtint dans la vente des indul trences auijinenta encore la faveur (|iie lui témoignait le saint-siège. Il parcourut les provinces du nord et du centre de l'AUomagne, ^lomssant les flMiee par la pompe ehariata^ neaqae de Bon'appaiition, et aesaiaonnânt ses discours de propos ordu** ners et blasphématoires. II fit en 4511 un voyage à Rome, mais revint en Allemagne d^s l 'année suivante et se trouva impliqué dans une affaire criminelle qui faillit lui coûter la t(^te. Grâce à de puissants protecteurs, il fut remis en liberté et reprit son scandaleux trafic avec une audace qui ne connut bientôt plus de bornes. Chargé par l'archevêque Albert de Mayencede la vente de» indulgences que le pape Léon X avait ordoBoée en vue- d'achever le dôme de Saint-Pierre, Tetael paretmnit la llisoie, 1» Thuririge et la Marche bran debourgeuise, choisissant de préférence Tépoque des foires pour y débiter effrontément, au milieu des jeux de quilles et de dés, sa marchandise spirituelle 1516-^517). C'est qu'il attira l'attention de Luther (voyez cet article), et devint la cause involontaire du conflit d'où sortit la Héformalion. Il convient d'ajouter que, mandé devaot le légat pontifieal Miltiz, il fut vivement blâmé pour in grossièreté deses procédés et Timmoralité de ses discoure, au point qu'il en tomba gravement malade, ce qui hii attifa une lettre de eondoléaneede Luther. Tetzel mourut dans son couvent dos dominicains, à Leipzig*, en 1519. — Voyez Hochtius, Viln Joh. Tezelii, Wittemb., 1517; Mayer, Dissert, de Jo. Tezt^lio, Wittornb.. 1717: Vopel, [>a>i Leben T., Leipz., 1727; liofmann, J^ibensbeschreibnng des Dr.-J, J'ezel, Leipz., l844;Graiie) Titaelu. Luther, Soest, 1853.
. TEOTONIQUB (Ordre). Les AJlemaiids avaient fondé, k Jérasalem, aussitôt après sa conquête, un hépitel ponr lespèlerins allemands, sous ki
direction de religieux qui se consacraient au soin des malades. Moins dlun siècle plus tard, en 1190. pendant lo siècle do Saint-.îean-d'Acre, par les forces réunies de Kichanl Cœur de Lion et de Philippe- .Atit^iiste, quelques marchands de Lubeck vt de Brème, émus de pitié à la vue de nombreux malades mourant sans secours, fondèrent une confrérie qui, tous l'impulsion de Frédéric de Sônabe, se transforma en an ordre nouveau, celui des chevaliers de Tordre teutoniq&e, placé sens Tinvocation de. sainte liane de Jénisalem,et'rBcevant,comme insigne, la oioix nolie*
TEUTOWQUE
snrfoTKÎ hlanr. Les rèfrlos de cet ordre, rédigées par les grands maîtres de Saint-Jean et du Temple, empruntaient au premier ce qui touche le soin des malades, et au second su discipline et ses vertus guerricres. Henri Walpoth fut le premier grand maltro de oe tioisIènM ordre» composé, M «mi, de trais elasses, eonfirmé BaecestivemeBt par Gélettin UI et Clément m, et qui reçut ses premiers biens terrestres de )a muniftemiee df l'empereur Henri Vî, qui lui fit don des revenus d'un riche couvent de Palorme. Toutefois il n'a jamais joué en Orient qu'un rôle secondaire et de cdiirle durée. Son grand m ait re llennann de Salza (voyez //^.'rmaw/t deSalza , conseiller tidèle de Frédéric II, l'associa à sa politique et lui attini l'inimitié des défenseurs aveugles du saint-siège, dont lui-même ni toiqoiii» conserver les bonnes grdces. L'Allemagne ayant cessé de t'intéresser aux eroisaâes, l'ordre teutonique était menacé de langoir dans l'inaction, quand un appel verni du nord lui ouvrit un nouveau champ d'activité où il devait se signaler par son courage, par ses succès, mais aussi par sa cruauté «-t par une politique ?ans scrupule, toujours suivie par cette Prusse, dont il prépara le berceau et la lointaine grandeur. La Prusse, ou Samland, occupée par des populations slaves, crcHlées avec des tribus sonnes et finnoises, avait jusqu'alors opposé nne lésistaoee éœrgiqne à tonte» les tentatives missionnaires de rOoeident chrétien (voyez Pnme).Fiotégée, de la Vistule au Niémen, par ses côtes l»s?e< et inho-pitalièrC'», que visita Wulfstan au neuvième si^cIe, et où aborden'Ht, à de rares intervalle^, des marchands allemands attirés par l ombre de ses rives, à l'intérieur, par des marais et des lacs sans Bomhre, la Prusse n'avait pu empêcher toutefois la fondation de Riga^ dsQt le premier évéque, Gbristian, soutenu par le prince de MaioYie, Gonmd, vooliil tenter par la fafoe la conversion des idolâtres. Vaincu en bahillp rangée, Conrad alla en Italie invoquer l'appui d'Hermann de Salza (1126) ; il ignorait qu'il préparait, par cette dén)archc auprès de l'ambition germanique, la ruine de sa patrie polonaise. Toutefois, ce ne fut qa en 1228 que les {vreniiers chevaliers teutoniques parurent en Pni^, sous les ordres de liermann Balk. Ils commencèrent leur œuvre SI manquant à la Ibi jurée envers l'évéque Christian, qui fut aban>dnoé du légat lui-même, tomba entre les mains des Prussiens, à la saite d'une mission mal soutenue per ses novvecnx alliés, et ne dut sa liberté qu'à la charité de quelques chrétiens, au grand mécontentement <les chevaliers. «Leur conduite comme celle du légat était immorale, dit un historien allemand, mais politique » ;cela lui suffit! La conquête de la Prusse a duré cinquante- trois ans; et il faut lire dans les ouvrages Ml sUenands le récit de oes scènes atroces de carnage, de ces chasses k ITwinme qui deviennent des parties de plaisir, de cette extermination tyiténittiqne et féroce de tout nn peuple pour fiiire place aux marchands, aux agriculteurs, <Ma civilisation de l'Allemagne. Du reste, l'ordre teutonique procéda méthodiquement, s'avancant pied à pied, remontant la Vistule, sur laquelle s'élevèrent succossiveuient Thorn. Marienbour^'. iUrienwerder. Aujourd'hui encore, le voyageur admire les uiagiiiliques «fcétoatn qui prodament l'antique puissance de rcrdre teutonique, et •Bteot ces twfaui d'aaoïélioration des bonehet de k Yistule et de la
TEUTONIQDE
Nugat, qui ont transformé «les marais malsains en des terres fécondes et comblé une partie du Frische-HafT, à une époque où l'art de riogénieur était dans renfonce. De leur côté, les négociants de la Hanse surent profiter de ces nouveaax débouchés ouverts à leur commerce, et fondèrent, dès 1237, la ville d'Elbing, en plein pays ennemi. Après avoir réduit en rsclavago les quelijuos Prussiens ôcliappés au massacro. l'ordre teutonique sut attircrdo nombreux colons iilleinauds, qui trouvaient dans ces pays nouveaux plus de ressources t.i plus de liberté. Eu li41, il prêta son appui au grand-duc de Silésie et au roi de Hongrie, menacés par la terrible invasion mongole. La bataille de Wahlstadt, qui infligea aux chevaliers des pertes cruelles, eut pour résultat de refouler la barbarie tartare en Russie. Les progrès rapides et menaçants des chevaliers commençaient à inspirer des craintes sérieuses aux princes chrétiens, aussi bien qu'aux idolâtres. Maître. g^Ace h sou union avec l'ordre des porte- 'çîlaives, de la Livnnie, Idnlre voulait fotiderun empire nouveau. Depuis la prise de Saint-Jeau-d Acre, le grand maître lixa sa résidence à Marienbourg. Dès ce moment, nous voyons les villes se créer et recevoir leurs chartes de franchise, les villes hanséatiques conclure des traités de commerce, l'industrie et le trafic prendre uneeztension rapide, et la culture pénétrer dans l'intérieur du pays. En 1241, le duc de Poméranie, Swatepnlk, prit eu main. quoi([ue chrétien, la cause des Prussiens opprimés, et, pendant huit ans, menaça re.xistence de l'ordre vaincu en bataille rangée et assiégé jusque dans Culm. En 1241), il dut toutefois, assailli à son tour par une armée de croisés, signer une paix avantageuse pour ses ennemis. En 1245, pour faire honneur au roi de Bohême, Ottokar, le grand maître pénétra avec lui dans le Samland et, après les massacres accoutumés, fonda la ville de Kœnigsberg, qui porte, en souvenir du chevaleresijue Ottokar. l'aigle noir dans ses armoiries. Quatre évéchés, fondés à celle époque pour Culni, la Poinéranie, l'Ermland et le Saniland, demeurèrent sous la juridictnui du grand mailre, qui lit peser sur eux un joug de fer et. laissa mourir en prison ua de leurs titulaires, qui avait refusé d'obéir. Aji moment où les teuto* niques pouvaient croire leur œuvre achevée, une formidable révolte des Prussiens, réduits au désespoir, les mettait à deux doigts de leur perte. Le 13 juillet 1260, le grand maître succombait avec l'élite des chevaliers p<irti'-glaives,sur le champde batailli' de Durban, sur le Memel; lesLivonii us, les Conrlandais, proclamaient leur indépendance. D'un bout à l'autre du pays, excepté dans les plac. s fortes, les villages fureul incendiés, les églises profonées, les prêtres et les colons massacrés ou livrés au supplice au pied des idoles. Ce fut en vain que Tordre invoqua Tappui de l'Europe; l'Âllemagpae, en proie aux dissensions de l'interrègne, était absorbée par ses propres souffrances, et les chevaliers, vaincus une fois encore à Locbau, ne durent leur salut qu'à l'avénemenl de Rodolphe de Habsbourjx, et à l'arrivée de nonvclles armées de l Occidenf. il n'est pas nécessaire de dire ce que fut la vengeance des croisés; un coin de la Sudavie conquise est resté désert jusqu'à nos jours. Dans le cours du quatorzième siècle, la Uthuanie encore païenne tenta un dernier effort pour sauver son indépendance, sous ses princes Gédimin, Olger et
TEUTONlUUt: — TKXTE DE L'ANCIEN TESTAMENT 41
Yito\1. Los teutoniqiif's, sontornis par Jfan de Boliômn, Albort d'Autriche et de nombreux chevaliers, se rendirent maitres de la l'oniérellic et de Dantztg, et virent en une nuit quatre mille Lithuaniens niourir dans les flammes plutôt que de se rendre. Une révolte de l'Esthonie fut noyée dans le sang. Vainqueurs à Rudan (17 février 1370), où périt le grand maître Henning-Schindekopf, le8teutonique8es8uyèTOnt,enl410, à Tanneherg, une dé&ite déeisive, dont l'ordre ne put se relever. La paixdeThorn, conclue en février 1411, lui imposait la cession de la Samo^rétie et une lourde cnntribution de pruerre. A la suite d'une nouvelle campagne mallieureiis»' contre la Pologne en \à±2, le grand maître dut signer à Meiuo un nouveau traité, qui enlevait à l'ordre la Sudavie et la rive gaudie de la Vistule. En 1440, le grand roaitro dut reconnaître les droits et les libertés des villes prussiennes coalisées contre sa tyrannie. En quelques mois, cinquante chAteaui tombèrent sous les coups des bourgeois révoltés. Les confédérés prussiens, unis au roi de Pologne, contraiirnirent le grand maître à se réfugier à Kœnisberf?, et lui inflipTcnt une sanglante défaite à Zarnowitz, le 15 septembre 1462. Le traité deThorn (14(>(>), rendit à la Pologne tout le cours de la Vistule, et réduisit l'ordre à l'état de vassal pour les provinces qui lui furent laissées en fief. Dès lors il ne fit que végéter jusqu'à l'avènement d'Albert de Brandebourg, (jui, en sécularisant ses Etats le 8 avril 1525, mit fin enrôle politique de l'ordre et assura le triomphe delà réformation dans le nord de l'Rtirope. La grandeur de la Prusse allait commencer. Les Russes reprirent un peu plus tard la Livonic, dont les patriotes allemands déplorent encore la perte. — Les chevaliers qui refusèrent d'embrasser la Réforme se retirèrent à Mergenibeim, et y continuèrent une existenee obscure, jusqu'à ce que Napoléon fit disparaître l'ordre par décret, en distribuant ses biens entre les divers princes d'Allemagne. CSe n'est plus aujourd'hui qu'un ordre de chevalerie autrichien, sans valeur politique; mais la Prusse protestante él»'>ve dans sa gratitude de in'mltreux monuments aux chevaliers de l'ordre de Marie, (jui exterraiut Tcnt tout un peuple pour sji gli)ire. Nous possédons des documents miportantâ sur les diverses phases de la vie religieuse et politique de l'ordre teutonique, documents négligés par les premiers historiens de la Prusse, et remis en lumière de nos jours par Hirsch. A côté des chroniques d'Oliva et 4® celle des grands maîtres, deux ouvrages se distinguent parleur valeur intrinsèque, ce sont : la chronique de Pierre de Diisbourg, 132(i, et cette même chronique traduite en vers allemands par Nicolas Jeroschin, et dédiée au grand maitrc Lutlicr de Brunswick. — Sources : Lorenz, Deutsckl. Gtsch. Quelkn, II, lUO-212; ilirsch, Script, rerum Pruaic. fJM^z.f 1861; Toeppen, 6refcA. derpreusB. His^ torio^.y Beriin, 1853; A. L. Ewald, ûie £rob. Preitsaens éurch die Ùetiisch..^ vol., 1872-1875; V.-H. de Treitschke,da*(Wcr/rt/jf/ Prcussen, 1871; de Val, Hi$t. de l'ordre Tetit., Paris et Reims, 1784; Joh. Voigt, Gesch. Preussens, 1827: Weher. AUg. Weltff.. VII, Vlll, IX; Lavisse, jReoue des J/eux-Mondàs, io mars, 15 avril, 15 mai 1879.
A. Paumier.
TEXTE DE L^ANdEN TESTAMENT. Avant l'exil de Babylone et même
TEXTE DE rANCIEK TESTAMENT
assez longtemps après le retour des Juiis dans leur patrie» l'hébreu «"éerivait à pra pfrès eomme le phémeien et 1« moablie. Dm momiAiM, des eaohets gravés, trouvés en Palestine, et tont partienlièremeat Tio* seription de la fontaine deSilo«^. di'oouverie dernièrement, mettent 00 fait, connu depuis longtemps, absolument hors de doute. L'inscription de Siloé, déchiffrer niaintoriîint ;ivor uno certitude snfiisaiile, nous fait cniin;\itro plusiiMirs des particuhinlt'S ^'r.ij)[ii(jiios et ortln»^n'aphiqucs de l'hébreu à cette époque reculée. Les mots y sont sépares par un point, comme dans la stèle de Mésha, roi de Moab (neuvième sièdi ). Mais il n'y a pas d'eiemple du trait vertical qui sépare les phrases dans Vittseription de Dibon. L'orthographe défective est de règle, même au pluriel des noms masculins (voy. le fac-similé de cette inscription, qui date prohablpincnt du septième on du huitième siècle avant notre ère, dans la ZfUschnft des deutsrhfn Pa/;t'stinac(*rt'tns , 1881, pl. H . — Dans les inscriptions phéniciennes, les iiints sont parfois sépares par un léger intervalle, mais ils sont écrits le plus souvent eu série continue. L'orthographe défeetive est plus complète en phénieien qtt*e& noabite. L'héhreu, ^i a beaucoup plus d'anabgie avse le msalMte qu'avce le phénieien, s'en rapproche davantage aussi pour les procédés graphiques et poTir l'orthoffraphe. Il est probable cppoiidarit qu'avant l'exil on avait r.'ii<mcé ;i séparer les mots aussi bien que les pin'ases ; car, dans 1rs rouloaux des synagogues, Ifs versets ne sont point séparés les uns des autres, et la distinction des mots est bieu peu marquée. — Mais un siècle environ après le xetour de Teiil, du temps d*Bsdras, d'après, une tradition juive consignée en divers endroits du TislmBd et connue d'Origène [Hexapl.^ I,p.8r). /'d. M(uitfHucon),et de Jérôme \ ProLgaUttt»\ l'ancienne écriture, nommée dans le Talmnd écriture brisée (à cause de la fornit^ des lettres^ ou hchraîque, fut remplacée par tme autre espèce d'écnture. que le Talinud appelle carrée ou assyrienne, parce que, dit-il, « elle monta avec lui (avec Esdras) d'Assyrie » {San/iedr.y f. 21). Les rapports de plus en plus fréquents des Juiis avec ks régions qui avaient appartenu jadis à l'Assyrie et qui ont rsçu, proJbablement à cause de cela, le nom de Syrie, qu'elles ont conservé jusqu'à Boa jours, ftirent évidemment la cause de ce changement, qui dut coincid r avec rinlrodtu'tion progressive du dialecte aram»''en ou syrien en Palesliiip. L'historien juif Graetz suppose que ce clian<renient tu', rendu nécessaire par l'usage qui s'introduisit de lire la Loi ot d'autres portions de 1 Ancien Testament dans les synagogues : connue des laïques étaient admis à cet honneur, il fallut aîdopter Téoriture la plus usitée {0€t€k, der luden^ II, 9, p. 180). Pour le même motif, les mots durent être séparés les une des autres, d'autant plus que le nouveau caractère avait (pielques lettres finales. L'ancien caractère se conserva cependant chez les Samaritains, qui. vers la même épo<jue, empruntèrent aux Juifs le Pentateuque. Il dut se conserver aussi cliez les Juifs d'Kgypte un peu plus lon^lem jjs qu'en Palestine, car, d'après Origèneet Jérôme (/oc. cit. ), les nuiJieurs manuscrits de la version des LXX por(aien4enooredeleurtenpsletétragramme sacré, I H V H (Jéhovah), en caractères antiques, les premiers tradueteurs s'étant abstoius de le rendre par un mot grecQuoi qu'il en •