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avait été égorgé pendant le massacre. C'est là que, après avoir été célébré quolquo temps dansla rue Mondétouret dans la rue Dauphine (alors rue de Thionville), le culte lut transporté, en 1091, par Marron, grâce au concours de La Favctto ot do Bailly. A l'ouest de cette édise et à une distance d'environ cent mètres se trouvait l'hôte! de Gtmpeau rue des Orties , dont tous les liaitilants avaient été massacr-'sen 1572. Là Unissait Paris. Venant de la porte Saint-Honoré (au bout delà ruede iloban], le rempart aboutissait à remplacement du eôté oriental de la nouvelle salle des Etats formant avant-corps sur la place du Carrousel. Derrière le rempart, Palissy avait installé, en 1570, deux de ses fours, découverts récemment au pied de la grille de la cour des Tuileries, à environ vingt niMres au sud de la porte située à gauche de l'Arc-de-Triomphe. C'est aux Tuileries que le protestant Boissy d'An^las, président de la Convention nationale, salua la téte du député Féraud portée au bout d'une pifjue. Derrière les Tuileries, sur la terrasse des Feuillants, on vil l'Assemblée constituante présidée par Kabaut Saïut-Ktienne, l'un de ces ministres que les lois proscrivaient depuis plus d'un siècle, et auquel Malesherbes, alors au pouvoir, avait rendu visite à l'hôtel de Ntmes, dans la me de Grenelle-Saint-Honoré. — Etablie, en 1634, dans la rue des Fossoyeurs (aujourd'hui rue Servandoni), puis, en 1647, dans la rue Pavée-au-Marais, on 164S, dans la rue Sainte-Avoye (portion de la me actuelle du Temple comprise entre la rue Saint-Merry et la rue Michelle-Comte), la maison des Nouvelles-Catholi(jnes ouvrit une succursale rue Neuve-Saint -Eusiache, en 1651. Les deux établissements furent réunisen 1673 sur la butte des Moulins, au n° 03 delà rue Sainte-Anne. A la Révocation, le roi donna par moitié à l'Hôpital Général et aux Nouvelles Catholiques, qui racbetèrentrantre moitié, l'emplacement du temple de Charenton, la bibliothèque du Consistoire et les maisons avoisinantes, où fut déversé le trop plein de U maison de Pftris. A an certain moment de l'ann^^e 1686, les maisons de Paris et de Charenton comptèrent deux cent vingt-quatre prisonnières protestantes confiées à la direction de Fénelon, sans parler de celles qui se trouvaient à la Madeleine-ilu-Tre»nel (rue de Charonne n° HH', dont Fénelon était au;?i le directeur, ni de celles qui étaient enfermées chez les dames de Saint- Chaumond (près la porte Saint-Denis) et dans les innombrables couvents de Paris et des environs : Cordelières de Saint-Marcel, Anuonciades de Saint-Denis, Hospitalières de Saint-Gervais (rue Vieille-du-Teniple), Annonciades de Paincourt ou de Popinconrt, Sainte-Marie, Motre- Dame-de Liesse, proche la barrière des Incurables, Port-Royair Miramiones du Calvaire, de la rue Saint-Louis, Penthemont (devenu <Jepuis 1802 le temple* protestant de la rue de Tirenelle-Saint-Germain), Filles du Calvaire, proche le Luxembourg, Récollettes du faubourp- Saint- Germain, Filles du Précieux Sang, de Vaugirard, Fille:^ de la Crc^iv. du faubourg Saiut-Autoine, Sainte-Agnes, près Saint-Enstaelie, Filles- Dieu de la rue Saint-Denis. Filles de la Conception de la rue Saint-Uonoré, Visitation Sainte-Marie, près de Penthemont, Filles du Saint-^crement de la rue Saint-Louis-au-Marais, Filles de la Visititioo de SainV-Denis, Abbayfr«ux-Bois, Filles du Saintp-Sacrement de la rue
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Cassette, Ursulines de la rue Saintc-Avoyo, Filles de rAssoinption, Carmélites de lame Chapon, Notre-Dame-de-Gonsolation, couvcnl du Gbeiche-Midi, abbaye de Saint-Mandé, couTeal des Anglaises, Ursulines de Saint-Denis, Hospitalières deiSaint-Marcel, Filles-du-Galvaire, de Saint- Gerrais, Saint-Lasare, Hospitalières de la place Royale, Hôpital Général, etc. Les prisons aussf regorgaient de protestants qui refusaient • d'abjurer, de m^'iiio qup les coniniunaut*!*» d'hommes : l'abbaye de Saint* Germain-des-Prés, le séminaire des Missions Etrangères, la maison des Pères de l'Oratoire (l'ancien de Charenton, Gervaiso. y fut enfermé au sortir do Saint-Majjloirc, puis envoyé an cliAteau d'Aiii^'ouléme et enfin expulst' du royaume en 1G88), Saint-Martin-des-Ghamps, la Culture- Sainte-Caliierino, Sainte-Geneviève, Saint-Victor, Saint-Denis. Saint- Magloire. les Blancs-Manteaux et les Gélestins, proche l'Arsenal. — Au connnencoment de la rue Neuve-des-Petits-Champs, près du rempart qui traversait alors l'emplacement de la place des Victoires, le jeune CaumoDt La Force, eaehé sous un tas de morts, à la Saint-Barthélemy, fut sauvé par un pauvre catholique, lequel avait voulu lui enlever un bas de toile, son unique vêtement. De l'autre côté de la place des Victoires, dans la rue des Fossés-Montmartre (portion de la rue d'Abouktr comprise entre la place et la rue Montmartre), demeurait Daillé fils, ministre de Charenton. Près de la porte Montmartre, à la rencontre de la rue des Fossés etd*; la rue Montmartre, il existait en 1655 une sorle d'hôpital protestant, l'ne assemblée se tenait, au mois de juillet 168(), chez la dame Combel, dans la rue Neuve-Saint-Eustaoho. Marc-Antoine Crozat, sieur de la Bastide et ancien <Ie Charenton, réviseur des psaumes de Conrart qui n'avait fait que reviser ceux de Marot, habitait la mémo rue, ainsi que llarhes et la dame Brécourt, veuve de Géranl, chez lesquels Malzac tenait des assemblées en 1692. — Près de la porte Saint-Honoré (au bout de la rue de Rohan), un barbier et son lils furent tués à la Saint- Barthélemy. Presque au même endroit, en fkee du Palais-Royal, sur la place actuelle de ce nom, demeurait un ancien de Charenton, François Janiçon, sieur de Morsain, avocat au Conseil, exilé à Vienon à la Révocation. A quelques pas de U, il existait, en face de l'église et du cloître Saint-Honoré, vers le milieu dé remplacement des magasins du Louvre, une maison ayant pour enseigne : A la ville de Montpellier. Au quatrième étage habitait une vaillante huguenote, Elisabeth Bonnefonds, femme de l'avocat François deRieux, de Montpellier, et belle-sœur d'un nialtre-d'hôtel de Louis XIV. Klle tenait une sorte d'agence d'émigration et logeait des familles désireuses de passera l'étranger. .Vrrétée en septembre 1686 et transférée au cliAleau d'Angers l'année suivante, elle fut relâchée au mois de juillet et obtint, au mois d"octul»re, la décharge des frdis de la garnison qu'on lui avait envoyée pendant son emprisonnement. Cardel tint chez elle des assemblées en 1688, et, dix ans plus tard, malgré son âge très avàncé, elle fut envoyée à l'Hôpital Général comme fiiisant profession ouverte de la R. P. R et fréquentant le prêche de l'envoyé de Danemark. — La maison portant le n* 40 de la rue de Grenelle-Saint-Honoré (aujourd'hui rue Jean-Jacques Rousseau), a été bétie sur remplacement de l'hôtel de Louis OuiUard, ancien évéqne de
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Chartres qui, après avoir contribué à rélarpisscment de Marot (1526), embrassa linaloinont la H<''fornic. Jeannt^ dWlbret y mourut \o 9 juin 4572, au l)Out do cinq jours d'une maladie caust'o par un aposthume du .poumon. Au n"* 55 éiait la principal»- i ntn'-e de I'IkMcI de Soissons (aujourd iiui halle aux hlés), dans lequel Cund»- (1505] et Catherine de Navarre firent prr^cher leurs aumôniers. — Lors de la réorganisatiuu des cultes, ea 1802, le premier consul amit mis à la disposition des protestants l'église Saiote-Marie, Téglise dePeotheroontet l'église Saiot-Lom'sdu-Louvre. bientôt condamnée à être démolie. A celle-ci, un décret de 18U substitua Téplisp des Pères de l'Oratoire, située en (ace du Louvre, dans la rue Sainl-Honoré. Cette égli>t>. ijui esl encore aujourd'liui le principal temple réformé, a été construite en HVM), par les Oratorions, sur remplacement de riint*'! du Boucha^M-, habita ji ir Gabrielle d'Estrées, chez huiuelle Henri IV reçut le coup de couteau de Jean Ghastel. Le cardinal de Bérulle, fondateur de l'ordre, mourut subitement en disant la messe dans une chapelle de l'Oratoire. Bossuct y reçut, en 1690, Tabjuration du ministre Papin, qui, pour obtenir un passeport en Angleterre, avait feint de venir prêcher sous la croix. C'est à l'Oratoire que le régent se mettait en retraite quand venait le moment, toujours critique, de faire ses Pâques. La chaire du haut de laquelle prêchaient le jésuite Bourdaloue et les oratorieiis Massillon et Mascaron, a été occupée avec non moins d'éclat j)ar le?; Adolphe Monod, les Rognon, les Martin Paschoud et les Ath. Coquerd, père et fils.— Le 21 janvier 1535, une procession généralissime à laquidie assistait le roi,nu-tèto. partait de Saint- Germain-PAuxerrois, précédée de la musique, et s anctail desaut le reposoir dressé à la Groix-du-Trahoir (croix plantée dans la rue Saint- Honoré, au bout de la rue de TArbre-Sec). Trois bûchers s'élevaient en face du rcp<iSoir, et trois luthériens y furent estrapadés : Simon Fouhet, chantre de la chapille du roi; Audeltert Yalletoo, receveur de Nantes, etNicde, clerc du greffier du Chàtelet. La Saint-Barthélemy fit aussi des victimes dans la rue Saint-Houoré : Seref , tué dans sa maison, tout près du Trahoir; la fille du sieur de la Bouvriére, j^niidon de l'aniiral; tous les habitants de la maison de la Bannière de France et cru\ de la maison du Lion-Noir, où logeait Téligny. On sait qu'en sortant de ia rue de Bétbizy, Guise alla continuer son œuvre daus la rue de^ Prouvaires, habitée par le comtedeLaRoehefoucault. Dans larueTireehappe (représentée par la rue du Pont-Neuf), Gardel présida, en 1680, une assemMée chez Carré et M""" d'Angure, dans la maison qui avait pour enseigne : An nom de Jésus. Rue des Bourdonnais, à la Chasse, il y eut avant les troubles des assemblées chez Condé, habitant la maison de M. de la Horde, père de M"'" de Mornay. En ItiHO. la poliee çignalail des réunions dans la même rue, chez M""^ Lè^^T, de Sainl-QiKMitiii. — Le 27 septembre 1527. De la Tour, gentilliomme du due d'Albany, lut brûlé au Marché-aux-Pourcoaux, dans l'impasse des Bourdonnais, où une nouvelle victime subit le même supplice, le 5 mai 1535. Dans la rue dei Fourreurs (qui se trouvait à l'entrée de la rue actuelle des Halles), habitait Hamonnet, marchand de dentelLes et ancien de Gharenton, qu'on arrêta, porteur de 400,000 livtes, au moment où il passait à
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l'étranger. On l'expulsa de France en 1G88, après qu'il eut lassé tous les geôliers par sa constance. Dans la rue de la Haumcrie (démolie en ni^nie temps que la rue des Fourreurs, dont elle était le prolongonient), Grespin signale un armurier massacré à la Saint- Barthélémy. Parenteau, secrétaire du prince de Gondé, et sa femme, fille du jiîinistre Perussel, ainsi que Hector Let'er et sa femme, périrent amsi en 1573, dans la rae de la rue Vielle-Monnaie, aujourd'hui disparue (eUe allait de la nie de laHaumerie à la rue des Lombards). Aux Halles, Jean Dubourg, riche drapier de la rue Saiot-Benis, fat brûlé eu 1934, après raCHcbage du placard injurieux pour la messe; pendant la procession généralissime du 21 janvier 1535, on esirapada, devant le reposoir élevé au même lieu, le fruitier Jean LenfTant, un faiseur de petits paniers de fil de fer et un menuisier. Celui-ci fut seul étranglé avant d'être brûlé. En l'honneur de la procession de 1540, un nouveau biicher s'allume aux Halles^ où l'on brûle encore, en 1559, Nicolas Ballon, colporteur évangélifjue, et où Ton décapite, en 15()2. quatre gentilshommes huguenots arrêtés ])rès de Sentis. A la Saint- Barthélémy, De Serres, marchand, l'ut assassiné dans la rue de la Tonnellerie (itprésentée aujourd'hui par la rue Baltard); Rolet et sa femme, dans la rue de la Friperie (démolie, elle aboutissait à la rue de la Tonnellerie, près de la rue de la Ferronnerie. Une faut point quitter les Halles sans donner un coup d'œil à la fontaine des -Innocents ornée des sculptures de Goujon, et un souvenir à Henri lY, frappé du poignard de Ravaillac dans la rue de la Ferronnerie).* — C'est dans une salle louée à un marchand de vin de la rue Mondétour (dont il reste un fraj^ment à Tentrée delà rue de Turbigo), que, le 7 juin 1789, le culte réformé fut célébré publiquement et sans entraves, pour la première fols depuis laRévoca^ tion. Marron n'y prêcha qu'un hiver; au mois de février suivant, ce local fut remplacé par celui rie la rue Danphine, déjà mentionné. — Philippe de Gastine, riche marchand très cr»nsiiléré de la rue Saint-Denis, ouvrait aux assemblées sa maison des Cinq croix blanches, au coin de la rue de l'Aiguillerie (démolie) en face de la rue des Lombards. Il fut pendu et sa maison, rasée, parce qu'on y avait célébré la cène. A la place s'éleva un monument expiatoire appelé la croix de Gastine, haute pyramide de pierre, surmontée' d'un crucifix, et sur laquelle on voyait Une inscription en lettres d*or, rédigée par Etienne Jodelle si confusément qu'on prétendit qu*il s'était moqué à la fois des protestants et des catho- Ûqnes. A la paix de Saint- Germain-en-Laye (1570), Goligny obtint que cette pyramide fut transportée à l'entrée du cimetière des Innocents, de quoi certains catholiques se montrèrent si furieux qu'ils allèrent piller (15 et IG décembre) quelques maisons huguenotes sur le pont Notre- Dame et ailleurs. On voyait encore en 1850, entre les n"**7o et 77 de la rue Saint-D<mis, un espace vide, qui était remplacement de la maison de Gastine. Parmi les victimes ([ue la Saint-Barlhéleruy fit dans cette TU»', on cite Marjj^uerite du l'crray, Matthieu le Picard, quincailler, près la fontaine du ponceau; à la (ïnrne-de-Cerf, unmarchaml de snic, safemme et leurs trois enfants; le marchaml Pierre Baillet, tué devant l'éj<lise Saint-Magloire ; Pierre Feret, marchand de drap de soie près du Bon-
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Pasteur, emmené avee sa femme à l'abreavoir Poupin et là assommé par ses neveux. A l'époque de la Révocation, le ministre de Gharenton Bertheau habitait le quartier Saint-Denis. En 1689, Gottin fréquentait la maison d'un des frères Dicq, celui de la rue Saint-Denis, à l'image Saintr François. Dans la rue Troussevaclie (aujourd'liui rue La Reynie), un menuisier, nonimé Uobert, tut tué à la Saint-Barthélémy. L'ancien de Gharenton Aulrére, logeait dans la rue des Ciiiq-Diamants aujourd'hui rue Nicolas Flaniel), à la première porte cochère en venant delà ru«^ des Lombards. Après son exil à Gliateau-Ghinon 1 1685), il fit une tentative d'évasion qui ne réussit pas. Fa laiseau, banquier fort riche, et aussi ancien de Charcnton, possédait une maison dans la même rue. Il passa dans le Brandebourg lors de la Révocation. Meusnier, marchand de lame Saint- Denis, recevait fréquemment la visite de Gardel-en 1689. Le doc de la Force et Théodore T.ecoq, ancien de Gharenton, furent enfermés dans le couvent de Saint-Magloire en 1086. Bertrand aîné, boutonnier dans la rue aux Ours, fut massacré avec sa femme et trois de ses serviteurs pendant la Saint-Barthélémy. Gardel fréquentait en 16881a maison de Laumonnier, sieur de La Motte, en 1G88, et (^»ttin celle d'un protestant nommé Voreaux, toutes deux dans ia rue Bourg-l'Abbé. En 1697, Leelerc présidait une assemblée dans la même rue, au Bon Chrétien, chei Fréguevet. Gardel fréquentait aussi la maison d'un vitrier de la rue dn Petit-Lyon. Gottin allait chez Tundes Dicq, auGadmn, dans la rue6rs> neta, dont un autre habitant, le cabaretier Marchand, feignit d'embrasser le protestantisme et fit arrêter le ministre De Salve chez Paradez, en 1690. En 1533, le moine Augustin Berthaut, qui finit mal, prêchait la R/'Iorme à Saint-Sauveur, en ince. de la Trinité. A l'issue du passage Baslour, là oii passe la rue Palestro, entre les n"* 20 et 22, fut le troisième cimetière protestant. G'êtait une portion du cimetière de l'hôpital de la Trinité, séparée du reste par une simple cloison, en vertu do Tédit de 1576. Le célèbre musièien Glaudin le Jeune, professeur de La Noué, de Téligny , de D'Aubigné, et harmonisateur des psaumes huguenots» y a reçu la sépulture (1600), ainsi que Salomon de Ganx (1621) et Anne de Gasauhon (1641). — Parmi les personnes massacrées en 1572 dans la rue Saint-Martin, on cite une veuve et ses enfants, Jobin, sa femme et trois demoiselles d'Orléans, enfin une femme enceinte, tuée sur le toit de sa maison, puis éventréc par des monstres qui broyèrent son enfant contre la muraille. Samuel Lardeau, procureur au Parlement et ancien de Gharenton, habitait la même rue; c'est chez lui que Braconnier fit arrêter les pasteurs du Désert, Givry et Giraud, en 1692. Gardel avait aussi sur ses tablettes le nom de Boucher, de la rue du Vertbois. Malsac tint des assemblées, en 1691 et 1602, chez M*>* Vabois, meSaînt4ttlien-des-Hénestriers (aujourd'hui rue de Venise). — Fatigués de ne pouvoir se réunir dans la ville que par petits groupes de vinq-einq h trente, les protestants résolurent, au mois d'octobre 1561, de se rassembler dans les faubourgs et de rentrer par diverses portes afin d'éviter des rixes. La première réunion eut lieu à la Gerisaie. hors de la porte du Temple (aujourd'hui faubuurgdu Temple), et non, comme Pasquier l'indique par erreur, près de l'abbaye de Saint- Antoine-des-Ghamps (aujourd'hui hôpital Saint-
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Antoine). Au retour, les huguenots trouvèrent les portes fermées, oi les catholiques en armes sur le rempart. Il y eut quelques blessés, entre autres Daboval, mercier de la cour, laiisé pour mort dans Tégout de la porte Montmartre. Le soir ses coreligionnaires, allant pour rensevelir,
Ir trouvèrrnt vivant, le ramenèrent et l'élurent ancien peu après. Un peu plus loin, dans l'Ilot circonscrit aujourd'hui par les rues de la Butte- Chaumont, Des Ecluses-Saint-Martin, Grange-aux-Belles et le quai de ' Jeniiuape^, s'élevait la sinistre butto de Mon-tfaucon. Los fourchas patibulaires (|iii reruront les restes informes de Coligny, se trouvaient au nord-est de cet ilot, dans la partie (jccupée par les n^^ Oo,G7 et de la rue Grange-aux-Belles. — Un jeune clerc, nommé Hugues Nyssier, fut brûlé au Temple pour l'affaire du placard de 1534. Un peu avant la Ré- Tocation, le ministre Mesnard 8*était fiiit construire une maison dans le même quartier, qu'habitait aussi Rousseau, peintre du roi, passé à l'étranger en 4686 sans que la police pOt découvrir ses biens. Vers le milieu de la môme année, elle dénonçait une assemblée tenue proche de l'échelle du Temple, c'est-à-<l i re près de l'écheile patibulaire ou potence, que les Templiers avaient établie dans la nie des Vieilles-Haudriettes. — Michel Nattier lut tué à la Saint-Barthélemy dans rue la Miclielle-Comte. Au coin de la rue de Braque et de la rue du Chaume (aujour- • d*hui rue des' Aichiyes), se trouvait autrefois ThAtel de .Bi'a<iue, dans lequel Jehan le Rentif ou le Rétif, dit le prêcheur de Braque, prêchait la Réforme en 1533, en iiice de l'hôtel de Clisson,qui allait devenir l'hôtel de Guise (1553-1606), puis l'hôtel de Soubisc, et enfin le palais des A rclii vos, Enl68o, l ancicn de Cbarenton Jacques Grostéie, sieur de la Buffière, dont le fils (l)esMahis), quoique pasteur, avait abjuré en 1683. habitait la rue de Braque. — Conrarl, neveu du fondateur de l'Académie française et l'un des vingt-quatre de Charenton, passé à rétran}j:er après la Révocation, habitait la rue Beaubourg. — A la Saint-Bartlit lcmy, la * femme du commissaire Aubert fut tuée, rue Simon-le-Franc, et celle d'un tailleur, dans la rue Barreau-Bec (portion de la rue actuelle du Temple compiise entre la rue de la 'Verrerie et la rue Saint^^Merry). Peu après la Révocation, on signalait des assemblées et des chants de psaumes chez Girou, compagnon tapissier de la rue du Plâtre. Rue de la Verrerie, vis-à-vis de la rue du Coq-Saint- Jean (elle était entre la rue des Billetteset la Rue du Temple », fut tué à la Saint-Barthélemy, le président de la Cour des aides, l'intègre historien Pierre de la Place, qui habitait la rue Vieill('-<lu-TemplG. — Saluons en passant l'éj^lise des Billettes, le ' principal temple de la confession d'Augsbourg à Paris. Près de là, au cimetière Saint-Jean (aujourd'hui marché Saint-Jean), furent brûlés, à l'occasion du placard de 1534, Barthélémy Milon, jeune paralytique, Btienne de la Forge, riche maiéhand, qui distribuait des Nouveaux Testaments imprimés à ses frais ; il fut sans doute Tinstrument de la convei^ sion de Calvin, lo^^é chez lui pendant quelque temps. Au même lieu furent brûlés, en 1559, un charpentier, un menuisier nommé Jean Isabeau et Nicobis Guénon. A la Saint-Barthélemy, un tailleur nommé fiillesy fut massacré. — A l'angle de la rue des Rosiers et de la nie des iuifs était la statue de la Vierge, dont la tète brisée, on ne sut jamais par
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qui, suscita, on iri:28, une si violentt' pors/^ciition ; le roi alla de ses propres mains n'inplacer l'iuiai^c nuililée, par uue staluo d'arirent. — Dans la rue Saint-Anloino. devant celle de la Culturr-Sainto-CallRniic (aujourd'liiH rue Séviiçné, où il faut voir, à I hùlei Carnavalet, uu chefd'œuvre de Goujon], lurent brîilés en 4235, Barthélémy Poille, maçon, et, en 1549, un pauvre contuiier protestant, que Henri II 8*étaît amiué à faire discuter avec le savant Pierre Duchàtel, de Intbérien defeni persécuteur. Le tailleur ayant rudement interpellé Diane de Poitiers qui se mêla à la discussion, le roi avait juré de le voir brûler. En effet, il assista au supplii-p, d'une fenêtre de rhôtei de la Hochepot, sur remplacement duquel Louis XIII a élevé l'église Saint-Louis et Saint-Paul; mais il ne put soutenir le ferme regard du martyr obstinément fixé sur lui. Au iiH^iiie lieu furent tués, à la Saint-Bartiiélemy. Jean Tisserant. compa?srur, et >a iVinnie, et près de l'église Saint-Paul (ruo Saint-Paul démolie dans notre siècle) Jean du Bos, menuisier. C'est dans celtp inôiue église Sainl-Paiil et dans celle de Saint-Ciorvais (derrière l'IlôtelHie- Yille), (|iu' Pierre Caroli expliqua les épîtres do Saiul-Paul sur le texte français depuis la lin de mars 1524 jusqu'en octobre {o2o. DenysPerrot, l'un des quatre pasteurs tués à la Saint-Bartbélemy, fut frappé près du palais des Toumelles, sur l'emplacement duquel Henri IV éleva la constructions de la place Royale (aujourd'hui place des Vosges); cette place a été habitée par Jeàn de Béringhen, secrétaire du roi et ancien de Gharenton, qui«sè réfugia en Uollando à la Révocation, ainsi que son fils Théodore, lequel se disait « mari sans femme, père sans enfant, conseiller sans charge et riche sans fortune ». Le 21) juin 1559. Hoori II, blessé dans le tournoi donné sous la Bastille, à l'extrémité de la nie Saint-Antoine, et à qirel<jues pas de l'endroit où il avait fait l>rûltT le couturier, lut iiaiispurt^ mnuriint dans son palais des Titurnelies. L)r< de l'assasMiiat de Henri IV, Sully s'enferma s<iij^neu<;riiii'iit dans l'iirsenal, dû logeait aussi, en IG88, le marquis de Tliéubon. dont Cardcl avait inscrit le nom j^ur ses taldettes. Le temple de Sainte-Marie est l'ancienne chapelle construite par Mansard pour les Visilandines de Sainte-Marie. La première fois que Marron y prêcha (1802}, il remercia Dicudeceque les protestants de Paris pouvaient enfin se réunir en toute sécurité «entre les deux plus grands 'épouvantails de leurs ancêtres », savoir la Bastille et Tancien couvent des jésuites, devenu le lycée Gharlemagne. La Bastille était en un sens plus redoutable que le bûcher : tandis que Tuo mettait une fin glorieuse aux luttes et aux tentations, Tautre les renouvelait et les perpétuait par des souffrances de tout genre et par la voiide ses convertisseurs. Les volontés les plus capables de résister pouvaient fléchir quand l'esprit s'atlaihlissait : la Bastille triomphait des ron-cîpnces en tuant la raison. Pourtant un grand nombre de captifs sortirent victorieux de T/preuve, il fallut s'en débarrasser en les envovanl à la frontière. Nous ne citerons que peu de noms ; les sonirs Foucault, induites au supplice ,1585; en sortant du donjon où elles laissaient Palissy, qui y mourut (15ÎK)) « étranglé par la faim et la vermine «. et dont les chiens de Bussy-le-Clerc dévorèrent le cadavre sur le rempart ; le ministre d*Âmours (15B9), qui en sortit plus heureasement, ainsi que
Digitizoo l y C-u)o^l
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rhistoriographe Jean Rou (1675) ; les anciens Girardot, Hamonnet, Lar^ deau, Masclari, Jean de Béringhen et son ûls Théodore ; Mallet, Grommelin, le duc de la Force, M. de Sainte-Hermine, Jean Gardel de Tours, François de Monginot, médecin, Gédi^on Mesnage, sieur de Cagny; M""* Mallpt. llamonnet, de Villarnoul, Brunier, de La Fonlninc, Bourneau, M"''* de Lespinay, de La Fontaine, de Vilhirinoul; les pasteurs du Désert, Lestang, Meslrezat, Leclerc, Bonneau; les prédicants et guides des pasteurs, Baril, Bernier et Poupaillard, De Beaunioiit, Constant. De Villaines, Beck, Mercat, le comte de Vivans, etc. — En 1685, la dame Lecouvreur, demeurant au faubourg Saiut-Àntoine, proche les Enfants- Trouvés (plus tard hospice des Orphelinel), tenait en pension,, sous la surveiUanee de Bezard, ancien du quartier, des orphelins entretenus par le consistoire. — Après avoir placé la Cerisaie hors la porte du Temple, Bèie s'exprime ainsi (I, 670) : « En ce même temps continuaient les assemblées... tant au lieu de Popincourt hors la porte Saint-Antoine, que da côté de l'Université hors la porte Saint-Marceau. » Gela signifie-t-il qu'on quitta la Cerisaie pour Popincourt, ou que la Cerisaie était à Popincourt? Se trouvant en face de la Vieille-rue-du-Temple, le village de Pupinroiirt était accessible aus^i bien pac la porte du Temple que par la port* Saint-Antoine. Quoi qu'il en soit, le proche alternatif quotidien, mcnl.onné plus haut, avait litui, un jour au Patriarche, et le lendemain, dans la vaste maison de Bernard, sieur de Popincourt, dont la rue de co nom (entre la rue de la Roquette et la rue de Ménilmontant) indique la situation. Le 10 décembre 1561, malgré une forte pluie, Bèze y prêchait en plein air devant six mille personnes, et lisait du haut de la diaire la résolution relative à la distribution des anmônes, qu'on lut aussi le 11 au Patriarche. Le 25 février suivant, dans Taprès-inidi, son auditoire, se composait de vingt-cinq mille personnes. On a vu plus haut comment finirent ces assemblées. La police signalait en 1686 d'autres assemblées au fond du faubourg Saint-Antoine, vis-à-vis d'un porcheron, là où était le trône lors de l'entrée de la reine. — A partir de la Révocation, les proto^tnnt? nVurent plus de cimetières, ils enterrèrent clandestinement leurs morts dans les champs ou duns les faubourgs (voyez fjcs ISuits d'E. Young). Un secrétaire d'Etat écrivait h La Rcynie, le 17 mai 1694: « Monsieur a dit au Roy qu'il vit, il y a quelque temps, passer dans la rue Saint-Honoré un chariot couvert de l»hinc, tl.ins lequel on prétend qu'étaient les corps Inorts de ceux de la R. P. R., h squels on va euterrer dans un cimetière près du Roule, et Madame assure qu'on on a vu plusieurs fois ee ehariot. » Parfois même la populace déterrait les corps et les tralnaità la voirie. En 1720, les plaintes réitérées de l'ambassadeur Hopp décidèrent le comte d'Argensou à autoriser l'inhumation des protestants étrangers dans un lieu clos de murs. Toutefois Pinhumation ne pouvait avoir lieu que « nuitamment, sans lumière, flambeau, ni éclat >», et moyennant une permission expresse du lieutenant de police. Le cimetière des étrangers était situé, rue Traversière, au f.iuhourg Saint- Antoine, dans le grand chantier du Port-au-Plàtre {aujourd'hui port delà RApée), appartenant, en 17i:2. au sieur Moreau, et, en 17i4, à la demoi-elle d*' Gliancourt, marchuiulc de bois. Il était désigné sur un permis de crtte année, comme « lieu de sépulture ordinaire des protestants. » 11 a fallu
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la Révolution fraiicaisp pour rendre aux fils <U'S hujruonots tous les droits civiques dont le de>[H)ti<ni(' ntyal. mis au sorvico de Tintoléranee du clergé, les avait viulemuient dépouillés depuis plus d uu siècle. L holel de Jaucourt, qu'on appelait au dix-huitième siècle • la maison des huguenots»», semble avoir été presque en &eede la fontaine de Bouchardon. au n*^ 60 de la rae de Orenelle-Saiot-Germain. -t- Comme complément, voir Tart. CharenUm, et, pour]*époque actuelle, A. Decoppet.Pan's, prot, ses temple!^, ses pasteurs, cXc, 1875, in-!2. — Sources. J/s :Ke^. du secrétariat, 0 32 et suiv. et série TT,aux ArcHivcs; Suppl.fr, 7Û5i-7053,à la Bibliotli. nat.; He^^istres del'Egl. réf., à lOratoire. — J m prhnés : Wh. Coquerel 111^ P/'vns d,' l'hist. d,' VEql. ri-f. de Paris, 1862, in-8"; Les Teuipltvs prot.jdans /'aris Oaid'!, I8G7, iu-8°, Jean Calas, 180i>. in-8*», Uist. d une rue de Paris , dans le Bullet. de la S. d'Uist. du ^rol., t. W; Bëze, HUi, ecc/., Gen. 1580, in-8*; Crespin, Mist, des mtartyrs, Gen., 1583, in-folio ; Mim, de Veatat de France tout CharUt Pieufietme^ Middellïottrg, 1578, in-8?; P. de la Place, Commeni de tetlai déia reiighn et de 1(1 république sous les rots II. et Fr. 11^ Paris, 1565, in-8*» ; Lti' tret d'Estienne Pasquier, Paris, !.*)8G, in-4°; S. Goulart, Itecued mntenant les choses les plus mêmnrahles advenues sous la Ligue,, 151K)- 1591); P. de L Ksloil.-. Journal d,' H. I V , M\{, \\\-H\ Journal de H. II!, 174i, iu-8°; Di; Villegonil»iain, des troubles arrives en France s<>m
Ch. IX, n. m et et IL IV, Pari>, lOtiT, in-12: Mi-vu de Condé, Londres, 1743, iu-i"; llerniinjard, Corrresp.desréf., 1800-1878, in-8**; CalviniOpera, édit. de Bnmswifir ; Ch. Schmidt, Gérard Homtel^ 1845, in-8*; La France proteti, ; le Bullet, de ktS» d'hitt, du prot,, I-XXX; l'/n/ir» médiaire det ehereheurt et det curieux^ 1-XlI ; Crottet, Petite ehroaif. prot., 1846. in-8'*; Journal d'un bonr;/rnis de Paris sous Fr. P', 1854, iii-8®; Chroniq. du roiFr. I", publiée par G. GuifFrey, 1860, iii-H'' ; Journal de Cabbë Brulart, dans les Métn. de Condé', Journal d'un voyarjeù Paris en 10.'i7-1058, pul». par Faugère, 1802, in-8<^; \'ot/at/e de Lister. publ. par la S. des l»iblii)[>hiles, 1874, in-8°; Pierre Cléuient, La police sous L. XIV, 1800, iu-8"; Ao/e.v de René dWrgenson, Paris, 1866, in-8''; Le christianisme au dix-neuvième tiède, 20 août, 17 octobw 1873; un article de M. Kobler dans le Témoignage, 1878, p. 31S; Ravaisson, Areh, de la Baetille, 1866-1877, in-8^; Linguet, Mém.ter la Bastille, 1864, in-S»; G. de Renneville, LS Inquisition fr., Amtterd., 1724, in-12«; l'abbé Lebeuf, LList. delà ville de Paris, édit. Cochcris, 1803, in-8"^ Dulaure. Ilist. de Paris, 1830, in-8"; llurtaut,. Ùict. hi!ftoriq. de la uil/r df Paris, 1779, in-8'^; J. A. L., Dictionn. bistoriq. et tupographiq. de la ville de Paris, s, date, in-8"; Jaillitt, Recherches critiques sur la ville de Paris. 1779, in-8''; Sauvai, LJist. et recherches des antiquités, etc., 1724, iii-lulio ; Félibieu, Jlist. de Paris, 1723, iu-folio; Beriy, Topographie hîstorig, duvieux Paris, 1876, in-4°, et lacontinoation par Tisserand ; Hoffbauer, Parit à travert let âget, 1874, in-lblio; Gh. Lefeuve, Zet aneiennet maitant de Parit, 1874, in-S»; H. Bordiffi La S t- Barthélémy et la critiq. moderne, 1879, in-4''; notre Intolérant* de Fénelon, 1875, in-i2; notre 67. Marol et le psautier hug,^ 1878- 1879, in-8", et nos Premiert patteurt du Détert, 1879, in-8''.