DoniN
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PARPAILLOT, eobriquet déritoira donné par les catholiques aux'protestaats-. D'après Iselin, Perrin, Qénin, ce mot sérait, aussi binn que haguenol, un mot nouveau inventé pour la circonstancp, et dérivé du nom de Perrinet Parpaille, président du parlement des cHats d'Oraiip^e. Ce Parpaillc, zélé persécuteur des réformés, et l'iin des prrmiiTs à commumerà la iacou nouvelle dès ijue les protestants d'Orange eurent le dessus eu 1361, fut décapité l'année suivante par les catholiques, après avoir été exposé dans une cage de bois aux injures de la populace. 8a convernon lîop brusque pour n*étre pas suspecte, Tardeur avec laquelle il poursuivit ses anciens frères, le supplice qu'il subit, étaient des faits trop communs alors pour que l'imagination populaire en fût frappée et songeât à tirer de Parpaille la dénomination d'un grand parti politi<[ne et religieux. D'ailleurs à cette date, c'est le mot huguenot (voir tome VI) qui fait fortune, et il sera établi tout à l'heure que parpaillot appartient h une autre époque. — I/étyinologie qui fait venir parpaillot de parpaillule, monnaie d'inlinie valeur, et lui attribue le sens de «rieu (jui vaille» est également insoutenable et mérite à peine d'être mentionnée. — Parpaillot, qui s'écrivait aussi parpaillau et parpaiiland (une ferme des environs d*bsoudun s'appelleencorelaParpaillauderie, comme il y avait la Hugoenoterie à Landouzy en Thiérocbe), est un mot patois du Midi, dérivé de Titalieu parpagiione, par lequel on désigne le papillon blan- . châtre (en Berry parpillon, en Franche-Comté et en Auvergne parpillo, en Provence parpailhoun, en Dauphiné parpaillou, en Languedoc et en Gascogne parpaillol et parpaillot i (\\n V(de autour de la Imnière jusqu'à ce qu'il s'y brûle. Il n'y a pas le moindre doute sur ce point. Mais (jnand et dans quel sens ce mot fut-il appliijué aux protestants? La (piestion, posée en 1859 dans le Bulletin de l'histoire du protestantisme français et agitée a plusieurs reprises, ne nous parait pas avoirété de tous points heureusement résolue; toutefois les savantes recherches provoquées par M. Charles Read ont mis en lumière les éléments de la solution. — Entre les protestants et le papillon quelques-uns ont vu un rapport physique, d'autres un rapport moral : de là diverses significations du sobriquet. Dans les premières guerres civiles, la cavalerie des réformés portait lacasaque blanche. « Ces casa(iues blanelies, dit ¥A'\v Henoit, iireut si bien à la bataille de Paris, au jugement d un envoyé turc, qu'il ne Souhaitait que si.\ mille hommes de cette .sorte à son maître pour assujettir tout le monde. » De la couleur de cette casaque e&t pu venir le mot parpaillot ; mais il n'en vient pas : il y avait longtemps qu'on ne pensait plus aux cavaliers blancs de Gondé lorsque naquit l'épithète populaire Pierre Borel se prononce pour le rapport moral ; il dit dans ses Antiquités de Catireê i «On désigne les huguenots smus le nom de parpaillots, parce que courant au danger sans crainte, ils allaient chercher la mort, comme font les papillons qui vont se brûler à la rliaiidrlb». » Et connue jamais les princi[)au\ chels hu^nienots ne ténioicnèrenl une CDUhance plus in'.prudeute «jue lorscju'ils vinrent à Paris pour les noces du roi de Navarre et de la sœiu: de Charles IX, des écrivains ont cru que la qualification de parpaillot datait de la Siiint-Barthélemy, et provenait de cette ezelamation de quelque témoin du lugubre drame, surpris de
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voir CoKpniy et les siens se livrer sans défense àleiirs ennemis : « Oh ! les naïfs, les grands enfants, 1rs papillons snns rervolle ! » Cependant rien ne prouve que telle soit l'origine de rt'pithèto. bien au contraire. Ce n'est pas l'étourderie des hugueaots. ce sont leurs dévastations, c'est-àdire les désastres enfantés par la guerre civile, qu un poète fanatique, eélébrant quelque massacre, très probablement la Saint-Barthélémy, a mises en relief dans une pièce intitulée La grande défaite du hannettm faite par la grâce de Dieu sur un branle nouveau, tirée du Friidempi de» chansons nmweUei, Lyon, 1583, in-18 : » >
Comme un v;mloiir inique , Proniélhéc va rouger,
La gueule liannetoniqûe Nous venoit outrager,
Voit'lanlo,
Rapiimnlf,
Des fruits savoureux
Mais Dieu, à la prière Des catholiques bons, A cliîissé et mis en doroutc Celle troiipo {.'oerrière De maudits hannetons,
Qui en terre
Menoieut guerre.
Faisans mille maux,..
Des I,ili(»nrenrs grand' Inmde Venuil à qui mieux mieux Avec la perche grande Les assommer, joyeulx.
Etc.
Enfin on a imaginé, mais cette rorijecture ne saurait-tHre prise au sérieux, qu'un réformé marchant au supplice se serait écrié que sou âme allait s'envoler au ciel comme un parpaillot, et que dès lors ce mot serait devenu le surnom des adhérents de la religion nouvelle. — Des érudits, en tète desquels s*est placé M. Gazalis de Fondonee, ont ouvert une voie nouvelle : ils ont trouvé dans Rabelais le mot parpaillot m' ployé tantôt dans le sens naturel, tantôt pour désigner ironiquement oi à mots couverts les disciples de la Réforme, et tantôt d'une manière aniphibolopique. c Kn son à.gp viril, dit l'auteurde (/a/v/an/ua, qm'a\-ait habité Montpellier, (irand|jfousier épousa Gar«ramelle. lilb' iln r«ti des Parpaillos (Liv. I, cliap. m). » M. (Gazalis de Fondouce pense avec raison que les parpaillots sont ici les réformés*. « Grandj^ousier, dil-ii, épousant la reine des parpaillots, c'est la Renaissance .s unissant dèston origine à la Réforme, comme à la cour de Navam et dans le diœèsede Meauz. Quoi de plus protestant, en effet, que la réponse laite par Gagamelle, pendant ses couches, à Glrandgousier, qui cherche à lai fàin prendre les douleurs en patience en lui citant des passages de rEvan* gile? « Ha, dit-elle, vous dites bien, et aime beaucoup mieux ouïr « tels propos de TEvangile et beaucoup mieux m*en ^uve qua de
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«ouïr la vie de sainto Mari^ucrito, ou quelque autre caphar.lerio. » Cette phrase a été supprimée de toutes les éditions postérieures à celle de Dolet (lo42) et restituée dans l'édition publiée par Ledentu eu 1837. » M. Gazalis de Foudouce conclut de là «juc Uahelais est l'auteur de Tépithëte, et que c'est dans Gargantua que le peuple i'a prise pour jeter la dérision sur nos pères. — M. G. Osmond partage cette opinion, et eite deux passages du grand satirique : « Bohèmes, juift, égyptiens^ ne seront pas cette année réduits en plate-forme deleur attente : Vénus les menace aigrement des écrouelles gorgerines ; mais ilseondescen- 'iront au veuil du roi des Parpaillous » \ Prngnosticalion pantagruélinef chap. VI). « Gar;.^:intiia couroit volontiers après les Parpaillon? d(>squel9 son père tenoit l'enjpire» [Gargantua, cliap. XI). Dans ce dernier passage, M. Osmond voit encore nne allusion aux réformés, et M. Gazalis de Fondouce développe à ce propos son interprétation primitive. Pour lù, les parpatUots de Rabelais, c*estpà-dire de 1532, sont les adeptes de' la foi nouvelle, qui, « semblables aux papillons attirés par la flamme brillante, accouraient toujours vers les centres de la Renaissance, là o& ils voyaient briller quelque flamme de liberté, le plus souvent, hélas I pour s'y brûler. » Puis, de môme que le mariage de Gargamelle et de Grandgousier lui paraît figurer l'union de la Réforme rt <le lu Ronaissance, il découvre daii* la poursuite des parpaillots par (Jargantua la destruction de la Ilérorme par la Renaissance. Sans nous arrêter à exauiiner si cette dernière explication n est pas forcée ou même ciiliércmeut inexacte (car on peut courir après les papillons pour s'amuser, sans que cette course entraîne nécessairement leur destruction : au reste la Réforme n*a pas été entièrement détruite, et seraitril juste d'attribuer k la Renaissance la persécution du seizième siècle?), nous tenons pour démontré que Rabelais a le premier nommé papillons ou parpaillots les réformés qu'il voyait « griller comme harengs saurels »> ; mais nous ne crnvoDs j);is pour cola qu il soit le véritable aîitftir df répitliètc parfois eiicure usitée de nos jours. — La popularité de Ualiel.iis fut nécessaireniput restreinte h une épofjue où l'iiistrurtion était assez peu répandue pour qu un graud uombre de nobles n'eussent d'autres signature» que leur cachet. En outre, si le Gargantua et la firognotiieaiiùn pantagruéime étaient cbers aux humanistes, qui inclinaient tous plus ou moins vers la Réforme à ses débuts, ces ouvrages avaient moins du snceès auprès d'uné catégorie de lettrés, qui y voyaient, non sans colère, «la terre de Papimanie» et ((l'Ile sonnante»- c'est-à-dire les abus de l'Eglise romaine, vertement flagellés. Comment donc admettre (jue, pour ridiculiser et injurier nos [>ères. les <' papimanes » -itieiit allés chercher dans ces livres suspects une expression amphil)ologii}U(! sans doute peu remarquée de la plupart des lecteurs? Les sobrKjuets populaires ne se créent pas ainsi. — M. le pasteur Antonin Bourel admet l'origine rabelaisienne du mot, qui, selon lui, « servait à désigner Tinconstance religieuse des protestants, et leur imprudence en présence du danger. » Gomme exemples de cette inconstance il cite les premiers réformateurs, qui avaient d'abord ét'é de fervents Catholiques : Lefèvre d'Etaples, Falel, Berquin, François Lambert, sans s'apercevoir que la foule, témoin
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du supplice de tant (]o Christaudins. no pouvait accuser d'inconstance les martyrs dont la constance triomphait du bûcher. — M. Ch. Pradel- Vernezohre croit « à une seconde création de ce sobriquet, à laquelle Rabelais a'aurait aucune part», et nou& sommes entièrement de son avis. U est impossible d'expliquer autrement pourquoi 1 epithète décocbée une ou deux fois en passant par le plus vaste esprit de la Renaissaooe, disparaît ensuite absolument, pour ne reparaître, mais cette fois avec éclat et de manière à n*étre plus oubliée, qu'en 16S1. Durant les guems de religion, on ne la trouve (sauf erreur) chez aucun historien, non plus que dans les Mémoires du temps, ni dans les pamphlets et les chansons de la Ligue. Après l'édit de Nantes, les Parisiens, furieux de ce que les réformés eussent enfin un lieu de culte à Gri<^ny, puis à Ablon, puisa Charentuu, les insultaient toujours et souvent se jetaient sur eux à leur retour du prêche, ils finirent- même par incendier le lemple-ds ' Gharenton ; mais ils ne eonnaissent d'autre dénomination qne hugoenots, ablonisteset gens delà vacbe à Ciolas. Du haut de la ebaire, le jésuite Gontier excite la foule contre ces « vermines et canailles » ; cependant parpaillot manque à son vocabulaire, même après l'assassinat de Henri TV, au moment où l'on craignait avec raison une nouvelle Saint- Barthélémy. Parpaillot ne se rencontre pas davantage dans des libelles , tels que L'Abrcyé de l'art et méthode nouvelle pour bâillonner Us ministres, 1018, par Véron, curé de Gharenton, et Le Moulin sans farine 1618, dont l'auteur, Pierre Frizon, interpelle de la manière suivante le célèbre ministre Pierre Dumoulin :
Un moulin sans farine, un moulin sans cls^etf C'est vous, 6 maître Pierre, épuisé de caquet.
Le mot n'f^clate que trois ans plus tard, et fait alors le tour de la France avec une rapidité prodigieuse. — Dans le chapitre dix du Socrate chrétien, Balzac, mort en 1654, s'exprime ainsi à propos du mot reli gîonnaire qu*il C4MidAmne : « le ne voudrais dire ni les gueux, comme on nuisait aux Pays-Bas, an commencement des troublas de U rellgioii, ni les parpaillots, comme on fit en France dans nos dernières guenss civiles, et durant le siège de Montauban (1621). Ces deox mots ont été de courte vie, et leur destin n'a pas voulu qu'ils durassent, outre qu'ils me semblent un peu trop comiques et trop populaires. » — La dato va être précisée encore davantige : « Voici, écrit Génin, comment un contemporain, Pasquier. qui aurait pu être bien instruit de la vérité, d'autant qu'il travaillait alors à ses ilecherches de la France^ voici, dis-je, comment Pasquier explique rorigine des parpaillots : « On dit qu'au «iège « de Glairac, les protestants firent une sortie, couverts de cbemiaes bUa- « ches en un temps où Ton voyait beaucoup de papillons, que les Gss- « cens appellent parpaillots, comme 1|» Italiens farfalla, et que delà « ce nom leur est demeuré. » Notons en passant que Génin se trompe. Comment Etienne Pasquier, mort en 1613, aurait-il pu parler du «iège de Clairac. lequel n'eut lieu qu'en 1621? L'auteur cité est très probablement Nicolas Pasquier, fils d'Ëtienne, dont les Lettreg ont été impn-
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nées à la suite des Heeherches et des Letires de son père. Cette erreur n'a dtt reste aueuue importance, puisque le témoignage de Pasquier n^est
pas isolé. — On lit, en effet, dans le t. VII du Mercure français de l^i : «Ceux de l'assemblée de La Rochelle dans leurs déclarations, et tous ceux de leur religion, de vive voix ot par écrit, appelaient les catholiques papbtes et papaux, leur pensant faire une grande injuro ; et aussi en cette année, dans la Guyenne, les catholiques les ont appelés parpaillots... L'auteur du si('(jo de Glairac dit que ce sobriquet lour fut donné en ce siège par les soldats de l'urmée du roi, qui voyaifut les rebelles vêtus de toiies blanches voltiger çà et là comme des papillons en défendant les dehors de Glairac. Bref, ce mot a été cause à Bordeaux de plusieurs batteries, jugements et défenses; mais il est advenu, comme e'sst Tordinaire, tant plus on a fait la défense et plus on les y a appe* • lés. » Il existe sans doute plusieurs récits de ce siège ; car celui de quelques pages qui est daté du camp de Glairac, le 5 août 1631 (L ordre du siège tt réduction de la ville de Claùrae^ Paris, 1621 in-lS) ne mentionne pas les paipaillofs. — Elie Benoit, retraçant les principaux é?énements de Tannée tient le même langage que le Mercure : « Il y avoit, dit il, un mot nouveau qui étoit alors à la mode et que les catho^ Uques avoient toujours à la bouche quand ils vouloient offenser un réformé, mot de hugJienot étoit si vieux qu*on y étoit accoutumé, et que beaucoup de gens fort sages et fort iii(>dérés s'en scrvoient comme d'un mol équivalent à celui de prétendu réformé. Mais on lui en avoit depuis peu subrogé un autre, que le peuple avoit reçu avec beaucoup d'avidité. C'étoit celui de parpaillot dont l'origine est fort inconnue. Quelques-uns tiennent que la première occasion où on s'en servit fut au siège de Clairse. La garnison, disent-ils, fit une sortie de nuit, et pour se reconnaître dans la mêlée, mirent une chemise sur leurs habits. Gela leur fit donner le nom de parpaillots par les soldats de Tannée du roi qui les repoussèrent, parce que, dans cet équipage, ils ressembloient à des papillons qvi ont les ailes blanches, et dont on voyait alors une grande quantité. Le vulgaire en Guyenne et en Languedoc appelle ces petits an»maux des parpaillots ou des parpaillots. Ce mot, prononcé par quelqu'un à la vue des soldats sortis do Glairac, fut recueilli par les autres, en moins de rien fut appris de tmite Tarmée. De là il se répandit par tout le royaume, où les troupes furent dispersées. Il n'y avoit pas de lieu en France où ce mot lut plus en usa^e qu'à.Paris, ot il s'en falloit beaucoup qu'il ne fût aussi commun en Guyenne, ce qui pourroit faire douter que ce fût là le lieu de son origine... Ge qu'il y a do certain est que les réformés se tenoient fort offensés de ce nom, etneregardoientpas celui de huguenot comme une si grande injure. Ge sont deux choses ioot il est souvent également difficile de rendre raison, que Torigine de Mains mots, qui en moins de rien deviennent d'un usage universel, lans qu'on en puisse dire ni l'auteur ni Toccasion, et que Tidée d*injure qu'on y croit jointe. Ainsi le mot Hust en Normandie étoit une injure vulgaire que le menu peuple disoit aux réformés. G*est un mot de luimême sans signification (erreur, c^est Timitation du cri du porc, et par conséquent l'onomatopée est synonyme de cochon), et sur Torigin*
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diiqiipl jn n'ai jamais ouï faire que de? contes ridicules et sans vraîsonihlaiicc. Néanmoins ce mot t'foit réputé fort séditieux, et j'ai va des requêtes présentées aux magistrats, en conséquence des<iuelles il y avoit eu des informations, des sentences, et même des arrêts de parlement, qui défendoient d'user de ce mot, qui étoit le seul crime arliculé dans la plainte. Il en étoit de même du mot de parpaillot, dont les réformés se plaignoient comme d*une injure atroce, quoiqu'ils eussent eu peut-être bien de la peine à marquer ce qu'ils y trouvoient de choquant, si ce n'est que ceux qui le prononcoient avoient dessein de les ofTenser. Les réformés donc, accueillis à Lyon par celte canaille séditieuse, furent entre autres appelés parpaillots et menacés de la corde : l'ordinaire du peuple étant de joindre ensenil)I(^ cette injure et cette menace. Quelquesuns ayant été un peu trop proin[its d répondre, en{laminèrent par leurs discours ces esprits déjà échauffés, dont le nombre s'accrut jusqu'à trois ou quatre mille... Ces séditieux se jetèrent dans les maisons des réformés, pillèrent ce qu'il y avoit de bon^ brûlèrent ce qu'ils ne purent em* porter, battirent, blessèrent, tuèrent plusieurs, de ceux qui leur tombèrent entre les mains. Cotte fureur dura trois jours, sans que le mag^istrat etc. » — A peine inventé, le sobriquet figura dans les chansons : témoin Le Covfifmr dna parpaiilaux rebr/les, 1623, in-12, dont un exemplaire est à ki bil)liothè<|ue du protestantisme. En voici les deux premiers couplets et le dix-neuvième :
Parpaillaux, si l'Esprit divin Vous enseigne tout le contraire Des cboses que nous devons faire, Tous seuls tenez le droit chemin. '
Confitffir.
Car, pendiuil (pu- vous résistez A votre prince légiliiiie, L'oq voit en l'excès de ce crime Le peu d'honneur que vous portez '
Dm oinnijiotenli...
Entiii le nntiianjue français De SCS canons cumniu d'uu fuudre Réduira vos villes en poudre Et fera dire aiiv Huchelais :
^ed cu^dy etc.
Le ligueur Louvet, auquel M. Bourel a supposé que la chan?on précédente pouvait être attribuée, écrivait dans son journal : « T^i nuit d'entre le vendredi et le samedi, 17 dndit mois d'avril 1622, le roi a défait l'armée de Benjanun de Rohan, sieur de Souhise,... lesquels huguenots déconfits le roi a nommé parpaillaulx, lesquels on a toujours depuis les défaits ci-dessus appelés et seront appelés huguenots parpaillaux, que monsieur le curé de Saint- Michel du Tertre de cette ville d^Angers s interpellés en un' sermon quUl a fait. » — Enfin le mot parpaillot revient dans chacun des couplets d'une Chantan poiiemnt sur la T-rJonissanee Me la déroute du sieur de Souàize et pe ses gens dans nie de Bié ^
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notre roi Louis XIII t extrait de La Gente Poitevine ^ 1660, par M. le pasteur Yaurigaud :
Vke le roi, notre.' bon sire,
II n'en fui jamais un pareil.
Ce beau Monsieur de Soubize, Qui se «lit roi des Parpaillaux, Tout gonflé par le vent de bize, Est monté sur ses grands chevaux.
Vive le roi, etc.
... Qu'ils sont gens de peu de cervelle Ces malotrus de Parpaillnux, De se brûler à la tlianilclle Âprès.qu'ils ont fait tant de mauxl
Vive le roi, etc.
Chantons tons à pleine tète ' La défaite des 'Parpaillaax, etc.
Voilà, nous sembl^-i-il, un acte de naissance en bonne forme et avec pièces à Tappui, d'où il résulte que le sobriquet date du siège de Glairac (Lot-et-Garonne), petite, mais forte ville, qui, dans l'avant-dernièie prise d'armes des huguenots, osa, seule de toutes les places de la Guyenne, résister à Louis XHT, accompaj^né dos réf^iments de Picardie, Champagne. Beaumont, Pithnont, Navarre, Normandie et Cliappes. En véritables habitants du pays de goguenardise, criix do Clairac se vantaient d'être dos a soldats sans peur défendant une ville sans roi. » Los soldats catholiques, parmi lesquels il se trouvait des Gascons, ne furent pas en reste de quolibets; ils qualifièrent de papillons ces «soldats sans peur», 8urto.ut lorsque, au bout de douze jours de siège, ceux-ci se rendirent à discrétion (4 août 1624). Les royaux avaient si vigonreusèment repoussé la sortie du 25 juillet qu^ils n'avaient perdu qu'un seul homme. A la prise d'un retranchement qu'on ne pouvait aborder que par le marais et en ayant de l'eau jusqu'au milieu de la cuisse, huit cents défenseurs de la pUce étaient restés sur le carreau. Finalement elle compta plus de quinze cents morts, tant hommes que femmes. On se figure aisément les gorges chaudes de l'armée victorieuse sur ces fanfarons qui n'avaient pas tait plus de résistance que des papillons, qui n'avaient su (fue fuir ' comme des papillons, qu'on avait, assommés aussi aisément (juc des papillons, et qui toutau moins n'avaient réussi qu'à se brûler à la cliandello comme des papillons. Etaient-ils vêtus de Itlanc, miront-ils des chemises sur leurs habits pour faire une sortie, sortirent-ils tout simplement en manches de cliemise la lin de juillet), ou bien ne sont-ce là que des suppositions destinées à donner de la vraisemblance à l'étymologie? Peut-être oui, peut-être non; on ne le saura jamais; mais il n'importe. Que ce soit au sens physique ou au sens moral, le mot papillon fut dit alors. Prononcé en français il n'eût en sans doute aucun succès et l'on ne s'y serait certainement pas arrêté ; il en eût été de même si le mot avait été prononcé en patois uniquement devant des gens qui savaient le patois, tandis que, en entendant pour la première
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fois ce mot bizarre, étraage, extraordinaire : parpaillot, les troupes dtt Nord furent ébahies, se mirent à rire, le répétèrent à satiété comme n'offrant aucun spnsàîeur esprit, et le trouvèrent d'autant plus comique qu'il rimait tant liicn <]uo mal avrc huixonot. Dt's lour arrivoe sous les murs (le Moiilauhan, où Luynes c<»n(iuisit le roi en (juittant Clairac, les soldats royaux tout tiers de leur triomphe et du sobriquet qu'ils venaient de fabriquer, en régalèrent les Montalbanais qui les attendaient de pied ferme et les forcèrent à leyer le siège le lâ novembre, non sans avoir retoniué le mot avec usure : Eh bien, papistes, les voilà ces papillons! Da ne vous craignent ni ne s'enfuient; c'est vous qui décampez honteusement devant les parpaillots ! — Ainsi se fixa la forme de Tépithète que tous p^ono^c^^ent parpaillot, même ceux qui disaient habituellement parpillo ou parpaillioun. L'usage qui, selon Elie Benoit, m fut plus fréquent à Paris qu'en Guyenne, prouverait à lui seul, non que le mot n'est pas ori|j:inaire de Guyenne, niais bien que la fortune du mot tint moins à sa ^iguificatiou qu'à sa forme surprenante et inintelligible pour la moitié de U France, d Bst bien certain que les gamins catholiques qui nous criaient dans notre en&nee;
Huguenot, Pari»aillol, Tu es bien misérable D'avoir quitté Dieu pour servir le diable,
et auxquels nous répondions :
Catholique, Apostolique, ' Il te faut trente-six mille briques
Pour raccommoder ta vieille boutique, •
ne comprenaient pasplus que nous-mêmes le mot parpaillot. Pour toute la France du nord, l'épithète n'avait, aussi bien que celle de huguenot à laquelle elle n'était pas toujours jointe, d'autre sens que celui d'hérétique, de mécréant détestable et détesté; les catholiques l'adressaient aux protestants connue une injure et ceux-ci s'en trouvaient injuriés et irrités, ainsi que Ta remarqué Benoit, sans se rendre compte de sa significatioD réelle et précise. Nous n'oserions affirmer qu'il en fût autrement dans le Midi ; il est bien possible que là aussi l'idée d'hérésie dominât celle de papillon, et que la foule songeât rarement à se demander pourquoi les hérétiques, gens en général peu légers et qui ne démordent guère, étaient appelés papillons. C'était l'atfaire des savants, des chansonniers; ceux-ci n'eurent pas de peine à trouver un sens acceptable, aujjuel n'avait très probablement pas pensé le premier qui dit le mot, savoir: éventé, téte folle, homme de peu de cervelle, dont le savoir-faire consiste à se brûler à la ebandelle. Rabelais l'a certainement employé dans une acception plus relevée, non seulement dépourvue de fanatisme, mail empreinte au fond d'une certaine bienveUlance. U ne faut pas se le di»> simuler, les mots huguenot et parpaillot, devenus incffensUSs depuis que