PÉDAGOGIE
comprime nu ('toufTc laculturfi pour conserver son empire sur les psprits, comme chfz la plupart des peuples musulmans; tantôt la religion et la culture forment, comme (3n Chine, deux mondes à part, doux appareils pédago^i(|ues distincts, étrangers mais non ennemis, deux vies qui, dans ^le même individu, se développent paisiblement à côté Tune de l'autre, sans se heurter ni se pénétrer; tantôt, comme dans le monde grec, la culture finit par prendre un tel essor qu'elle domine la religion et ne- lui laisse qu'une place inférieure dans la vie. — L'mcomparable supériorité du christianisme sur les autres religions n'éclate pas moins en pédagogie que dans tous les autres domaines. Sa propaga^ tion parmi tant de peuples difTérents montre déjà (ju'il s'appuie, non sur de» éléments particuliers et variables, mais sur le tond même de la nature humaine. En même temps, sa puissance éducatriceest telle, il a transformé si complètement les peuples qui l'ont embrassé, qu'il serait ditlicile de distinguer aujourd'hui ce qu'ils lui doivent de ce qu'ils tiennent d'ailleurs. — Le principe delà pédagogie chrétienneest déjà mis en évidence par Jésus-Christ. En appuyant son autorité sur l'idée nationale juive du Messie, Jésus-Christ rattache celte idée elle-même à ce qu'il va déplus profond et de plus universel dans la con>cionce : Tidéeetle besoin de la sainteté et le senlinient de la fragilité el de la misère morale de l'homme. Par là. il identifie sa cause, non seulement d'intention, mais de fait avec celle lie la nature humaine, et pose implicitement le principe que la foi chrétienne est le terme auquel aboutit la culture et le développement normal de l'humanité. — Les disciples et leurs successeurs restent fidèles à cette méthode. C'est surtout au sens moral universel qu'ils s'adressent, au besoin de sainteté, de pardon et.de force morale. Seulement, lorsque le christianisme, en se propageant, se trouve en présence du monde grécoromain, quand les hommes cultivés commencent à venir à lui, il faut bien qu'il songe à déterminer le rôle et la valeur de cette culture qui lui amène dus disciples. Malgré son idée de la chute, malgré sa déliaiice instinctive pour un fruit que la foi chrétienne n'a pas produit, le disciple de Jésus-Christ ne peut se refuser à reconnaître (jue tout n'est pas mauvais dans la culture païtnne, et que, même en dehors de la révélation, la nature et l'intelligvnce humaine ont conservé quelques bons éléments. Il reconoalt donc que la luroièïe divine luit encore au fond de la conscience, et que quiconque la voit et s'applique à la suivre finit par aboutir à la vérité révélée de Dieu. De là, à côté des anathcmes contre la fausse philosophie, ces éloges de la vraie philosophie, éloges plus vifs à mesure qu'augmente dans l'Eglise le nombre de ceux qui doivent .à cette culture leur première éducation. — Ce mouvement ne lai>se pas de niodiOer considérablement, dans la forme sinon dans l'esprit, le caractère pédagogique du christianisme. Tandis que c'est l'intérêt religieux et moral qui, d'abord, absorbe exclusivement le chrétien, d'autres pensées rieDnent peu k peu se joindre à cette préoccupation dominante. Après avoir commencé par maudire ou dédaigner la culture Atimeine, il en vieot d'abord à la tolérer, puis à s'en servir, et, finalement, à déclarer légi» time et bon le développement de toutes les facultés de l'homme. Cependant, tant que fleurit l'ancienne civilisation, c'est la défiance qui domioe.