POLOGNE
que le christknisme avait été introduit en Pologne |»ar Tapôtre des Slaves, Méthode, et l*on a invoqué à Tappui de cette thèse la liturgie du diocèse de Gnesen. Il suffit de rappeler que le royaume de Moravie embrassait alors, outre la Silésie, quelques provinces de la Pologne pour expliquer cette tradition et la renfermer dans les limites qu'elle comporte. Il n'en est pas moins vrai que, lors de la destruction du royaume de Moravie par les Hongrois encore païens en 908, de nombreux proscrits cherchèrent un rofiif^e en Pologne et y introduisirent les premiers germes do la foi. En 904, le piast Micislas. vaincu par le marg^ravo Géro, menacé par h^s Prussirns idolâtres, se décida à répu<iier ses six femmes ot à épouser Daljraca ou Damhroska, fille du duc de Holiéuie Boleslas, et à so faire baptiser. 11 contraignit par la force ses sujets à imiter son exemple et les Silésiens furent tous baptisés le même jour. Pendant bien des années, lors de lanniversaire du jour où, par ordre da priooe, tous les dieux nationaux avaient été jetés dans les eaux des ileuves et des lacs du pays, le peuple allait pleurer ses. Antiques idoles proscrites par un culte nouveau venu de l'étranger. — Les historiens catholiques, refusant d*admettre la priorité du christianisme grec en Pologne, ont attribué la propagation de l'évangile dans cette contrée à la présence d'un légat du pap - , Jean XIII, qui aurait, dès 968, envoyé de nombreux missionnaires auprès de Micislas. C'est par l'Allemagne que rite latin a pénétré en Polofnio. Otton P^ héritier de la politi<jue de Ch,'irlenia;jnp, et voulant établir sur des bases solides la prépondérance de 1 iullueiice jzermanique dans les pays slaves, contribua à la fondation de IV'vècht'' dp Posen, ralta<'lié directement à rarchevéché de Magdt bourg. Celle dépendance a duré près d'un siècle. Toutefois le catholicisme «lut feire à la longue des concessions assez sérieuses pour s implanter dans tiD pays déjà somis à TinQuence du christianisme d'Orient, et consentir, pour un temps du moins, au maintien de la lirurgie nationale en langue vulgaire. Micislas avait lutté toute sa vie contre les Allemands; son fils Boleslas Ghroby adopta d'abord une autre. politique, demeura Tami fi Otton III et se constitua le défenseur de Tœuvre missionnaire d'Adalbert de Prusse (voir Adalberi). Il fonda l'archevêché de Gneseu,* auquel il appela Gaudens, demi -frère d'Adalbert et lui Isubordonna sept fivôchés, parmi lesquels ceux de Colberg pour la Poniéranie, de Breslau pf'iir la Silésie. et deCracovie pour la Ohrobatie, provinces enb vées à la Buhénie à la suite de luttes san^lantrs et prolongées. Il eneouj-airea la mission de Brun de Queiliirl auprès des hordes petchenèLMies et, quand celui-ci eut subi le martyre avec (pialorze de ses compagnons en 1009, il éleva eu lOIO un monuujent en sou honneur, comme il l'avait fuit pour les reliques d'Adalbert.— A la lin de sou rè^ne, Boleslas Ghfoby, qui avait rompu avec Otton, engagea la lutte contre l'empereur Henri II et, prenant le titre de roi, chercha à rehausser le prestige de sa royauté naissante par ses lutték contre les Prussiens idolâtres, les Russes et rinfluenoe germanique, politique nationale par excellence. Micislas II, d'al)ord vainqueur de Conrad II en 1029, dut accepter une paix humiliante. Il fonda un évéché nouveau sur les bords de la fistule. £n 1034| l'anarchie, qui a causé à la longue la ruine de la natio-