‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 127 sur 158 · POLOGNE · texte numérisé non relu

POLOGNE

nalité poloniiise, éclata avec violence et la régente, chassée du royaume par la noblesse soulevée, dut chen^hcr un refuge en Saxe pour cUeet pour ?oii jeiinp fils, Casimir. Le christianisme, introduit en Pologmepar la politi(ju(' iM par la force, n'avait pn*? pu y jotor do profondes racines et transformer les mœurs. On vit en lo.'lîl une ))artie de la noblesse ei du jKMipIc retomber dans les snper.-titions païennes, pendant que la Russie s'allVancbissait, et que Wratishis de Boiième, maître de Gracovie et de Gaesen^ transportait à Prague les reliques d'Adalbert. Casimir, élevé à Paris pendant son exil, avait prononcé sesvoBUxàGluny. Rétabli sur son trône par Henri III, vainqueur de la Bohême, U fîit relevé de ses vosux par le pape, auquel il accorda par reconnaissance le denier de saint Pierre. — Boleslas II, le Hardi, las des remontrances de Stanislas, »'*vt^(iue de Gracovie, qui censurait avec courage ses mœurs honteuses et ses ( ruantes, le frappa do son cimeterre au pied des autels (1071)' et dut fuir son royaume mis en interdit. Son frère Wladislas. (jui lui succéda, se contenta du'titrc de duc, fit preuve de la plus grande soumission à l'égard de la cour de Uume et concentra tous ses ciforts sur la lutte contre les populations idolâtres environnantes. Boleslas lU &vori8a par tous les moyens en son pouvoir Tactivité missionnaire d'Othon de' iBamberg(voir Othoa de Bamher^J) Il fut maître un moment de la Prusse païenne. Au douzii^'ine siècle, le clergé polonais se rendit déplus en pies indépendant de la couronne; en 1148, il fit frapper d'interdit par Eugène in, Boleslas IV. coupable d'avoir usurpé la couronne de soa frèrr^. Ku i.'loO, Gasimir 111, fils de Wladislas Loketek, conquit une partie do la Russie et accorda de grands privilèges aux juifs. Par haine des Alb^mands il demeura neutre dans les luttes de l'Ordre t( utonique contre les lithuaniens. Sa petite fille, Edwige, couronnée à treize ans, épousa Ja'gellon, prince de lithuanic, qui prit au baptéùie le nom de Wladislas et travailla à Tœuvre difficile de la conversion de son peuple au christianisme. A partir de cette époque la Pologne engagea contre rOrdre teutonique une série de guerres plus politiques et nationales que religieuses. La fameuse bataille de Tanneberg, (1410), intligeaaux cbovali'^rs un coup dont ils ne purent se relever et que vint aggraver qucbiues années plus tard le traité de Thorn, l 'iGG, qui céda la Prusse orientale à la Pologiio. — La /ir/on/mtio/i. 11 était resté dans l'église de Pologne de nombreux éléments de christianisme grec, éléments .devenus par réaction et par persécutiou des ferments d'opposition, qui s'unirent successivement avec les tentatives de réforme des vaudois et de Jean Huss. Milics, précurseur de Jean Huss, donna plusieurs prédications k Gnesen et Jérôme de Prague réorganisa Tuniversité de Grac^^vie. En 1518, Jacques Knade prêcha révangile ouvertement à Dantzig; Jean Hegg'' poussa la populace à renverser les images; le conseil de la cit»', pour donner à r(euvre une impulsion sérieuse, adressa, en !52o. un appel à Ilugeiiliagen. En 15:20, l'année mèmt> où le roi Sigisniond 1'' interdisait par l'édit de Thorii la vente et le colportage des écrits de Luther, le dominicain Samuel attaqua avec violence les erreurs de Téglise romaine à Posen. En 1523, la ville d'Elbing imita l'exemple de Dantzig et, à partir de 1539, Abraham Gulva ^évangélisa avec succès la

k)u,^ jd by GoogI

POLOGNE . • bU7

Lithiianio. N0U8 Toyoïis 86 reproduire pour la réforme en Polopno le même t'ait qae nous avons constaté lors de l'iatroduction <!u christianisme dans ce royaume. Ce fut par l'Allomacmp que les idées nouvelles y pénétrèrent sous; une forme lutliériennc et c'est sous le draj)eau de la confession d'Au^sliourir (jue r/'jzlisi' nouvelle s organisa pendant le règne de SigisuKmd II Au^aiste. Mais le calvinisuïc fit à son tour de rapides progrès eu Pologne, favorisé par la noblesse et le peuple, tandis que les idées de Luther s'implantaient dans les provinces frontières de TAllemagne et parmi les populations d*origine germanique. Lutomirski fut son apôtre en Gujavie; l'émigration des frères de Bohème, en 1548, assura la prépondérance à l'élément réformé dans la petite Pologne. Le prince Uadziwill lui prêta le concours de sa haute influence en Lithnanie et coTïsornnia en 1555 son union avec les frères de IJohénio. Mal'^'^ré l'énergique résistance de l'évéque de Oulni, llosius, qui pulilia en l.'iol sa Confessio c(it/iolic(i' fidf'i, Si<j:isinond, (jui avait qualilié en pleine diète le légat du pape de race de vipère, accorda aux dissidents la liberté de conscience, qui demeura trop souvent lettre morte et n'opposa à l'origine aucun obstacle aux travaux évangéliques de Jean de Lasco et ■ de Paul Yergerio (voir Iauco et Ver^erio). — Nous voyons apparaître, enl55i, les antitrinitaires en Polo|^nie (voir Atilitrinitaires.) Ce sont pour la plupart des réfugiés italiens, Liulio Socin de Sienne, le médecin Blaudrata, de Saluées, Pierre Gonésius. Ocliin, Gentilis. En iriOo, à l'in^tifration de Calvin, ils furent chassés de l'union doséi^liscs rélorniées. ils t'ditèrent à Craeovie, en loTi, le catéchisme de Srhoinann. Faust Socin, neveu de Lœlio, chef du parti depuis 1579, publia le catéchisme de Rakau. En 1570, le consensus de Sendomir réunit pour un temps les luthériens*, les réformés et les frères de Bohème, mais il eut le succès des tentatives de Cyrille Lucaris et de Lismann,et échoua surtout devant le mauvais vouloir des luthériens. Ces divisions du protestantisme assurèrent le triomphe de la réaction catholique sous Sigismond HI (1587-1032). le roi des jésuites. Les sociniens, proscrits l<>s preinii-rs de la Polou;ne, se virent bientôt suivis dans l'exil par les autres connnuiiautés protestantes. Wladislas IV clitMcha vainement à rétablir la paix par le colloque général d(>Thorn, 1G45 'llerzog, Jieal. £ 11 c., dilidù Thonij. Les jésuites Unirent par l'emporter; les scènes hideuses . de 1724, à Thom, sont leur plus hel ouvrage. En 1733, les protestants se virent exclus de tous les emplois et de la diète. Jusqu'à nos jours les deux communautés, réduites à un chifl^ insignifiant, ont vécu séparées, tout en suivant les destinées des trois puissances qui ont violé le droit des gens et la justice par l'odieux partage de la Pologne. Les Russes ont vainement imposé l'union aux protestants polonais devenus leurs sujets en 1775 : l'ukase a été ra[)|)orté un 184'J, L'histoire contenq)oraine des luttes en^^a^^'-cs entre les czars et les papes au sujet de la Pologne appartient à l'histoire de la Russie. — Sources : voir pour les sources françaises l'article Pologne dans VEncycl. de Larousse ; Thietmar, Mmeb. chronicon; Dugloscz, ffistorix Polontœ iib, XUI^ Lîps., 1711 ; Lsngnichius, De relig. christ, in PoL inii,, Gedan., 1734 ; Bfaciejowski, £^mi hiit, sur Végl, ckr, primitive chez tes Slaves, trad. de Sauvé,

808 POLOGNE — POMPONAGR

Berlin, IHiG: Thoincr, V> (. }fomim. PoL, Rome, 18fi()-i804, 4 vol. fui.; Wongirrsk, Slavoiiia tefot mata; Litilius, Jlist. de fratr. Boh. orig.^ 1640; Krasinski y (fescA. der Jtef. in Polen; traduction française par A*. Naville, Genève; Fischer, Vertuch einerOescAiêkteder fief, m Polen, 1856; Friese, Kireh, geseh, des Kcmigtr* Paient; Merle d'Aubignè, HUt. de la réf. en Eur. au temps de Calvin, VII, 533-180; Erbkam, arlido Sf'ndntnir, dans llerzog, /ieal. £nc., XXI. A. Paumibb.

POMPONACE (Pierre), né à Mantoue en 1 402, mort à Bologne, où il sV'tait réfugié pendant la guerre tic la Liirue de Canjbrai, entre 15!.> et loiîG, était si frêle et si petit (ju'il eoiiserva. même devenu eélébre, un sobriquet ridicule qui y faisait allusion. .V|»ri > de l»nllantes étude?, il professa la philosophie péripaLélicienue, après avoir remporté de nombreux succès contre son professeur Achillini. Il a compté, parmi ses disciples, quelques-uns des hommes les plus éminents de Tltalie, et est envisagé comme l'un des chefs de Técole de Padoue. Son fameux traité de l'immortalité de V\me souleva contre lui toutes les fureurs des moines; mais, si l'inquisition réclama son supplice, le cardinal Bembo lui accorda sa haute pntteetion. et Léon X, qui fit condamner en 1513 l'erreur d'Averrhoès sur la mort de 1 âme, refusa d'autoriser les poursuites contre lui. PonijHuiacc, sans être préciïiément un professeur d'athéisme et de matérialisme, eonune on l'en a souvent accusé, apjiartieut ù la môme école sceptique que llabelais et que Montaigne ; il a en pratique défendu la théorie de l'un de ses di::cipies: /niut ut libet, /loris ut morts est, qui préserve du martyre, mais est peu fovorable à la dignité de la vie et au sérieux des convictions. En réalité, avec une franchise mêlée d'ironie et d'humour, Ponjponace a dissipé, à la fin du moyea âge, l'illusion dont celui-ci avait vécu. On avait déjà relevé avant lui, à ■plusieurs reprises, mais jamais avec autant d<" précision, la contradiction qui existait entre la philosophie et la tliéoloj^'^ie de cette époqu«\ Servante de la théologie scolastique, à laquelle elle loiirnissait les armes de la dialectique, la philoscqiliie a lini par se frayer ses propres voie^ et Ton a vu se reproduire le phénomène psychique signale par Jacobi luimême, qui se déclarait chrétien par le cœur et païen par l'intelligence. — Pomponace qui, sans être un philologue de premier ordre, connaissait les écrits de Platon et d'Aristote, a aussi opposé le vrai Stagyre à l'Aristote du moyen âge et relevé Tincompatibilité de plusieurs de ses enseignements avec ceu.\ de l'Eglise, qui en avait presque fait un saint. Il croit au progrés indéfini de la religion révélée elle-même et voit dans le doute un él. iiH'iit de progrès. Il envisage la religion connue une foruie iuférieun' de la moralité, nécessaire connue guide des ;hnes ignorantes et grossières, qui ont besoiu, pour obéir aux lois, du freiu puissaut de la crainte des châtiments et de l'appàt^des récompenses dans une autre vie. Il méprise la &iblesse de Thomme, ce microcosme, esclave d*un corps périssahle, et dont la connaissance est misérablement renfermée dsns d'-étroiteslimites.Pomponaoeabandonne à la religion les domaines de la ne pratique, réservant les questions métaphysiques à la philosophie.Incrédule et sceptique par la mison, il se soumet comme lionnne du jugement de l'Eglise, moins peut-être par mépris delà raison que par amour de sa

POMPONACK — POII'OT 8(W

propre tranquillité. Telle était l'opinion que l'on se faisait de lui qu'on luiaattribm'' longtemps le livre fameux des trois imposteurs, Poniponace a établi quel'ou ne saurait, d'après Aristote, affirmor la possibiliti* de Tiininortalilt' de l'àmej^jui ne peut se passer du corps et qui meurt avec, lui pour ressusciter au dernier jour avec lui. Presque coulraïut d'abjurer, il 16 défendit en distinguant entre la raison et la foi, affirma sa croyanee en l'enseignement de l'Eglise sur la résurrection et ajouta «pie la vertu désintéresséè était la seule vraie. Pomponaee a aussi écrit sur le destin etaur le libre arbitre ainsi que sur la magie et les miracles. Il veut établir, en niant la sorcellerie, qu'aucune intervention surnaturelle ne peut avoir lieu dans l'univers, mais seulement un développement en intensité des Icis naturelles, pouvoir qu'il attrihua à tous les fondateurs de religions nouvelles, et tout particulièrement à Jésus-Christ. Il nie la liberté après avoir conduit connue à plaisir son lecteur à travers le labyrinthe obscur des opinions humaines pour le soumettre à l'autorité de l'Eglise, n montre l'impossibilité philosophique du dogme chrétien de la Providence et semble incliner vers le fatalisme stoïcien en donnant à tous les phénomènes des causes naturelles. Les œuvres de Pomponaee ont été publiées à BAle et à Venise en 1525 et en 1067 en un volume in-Iolio. — Sources : Olearii, iJlsscrl. de Pomp., lenîc, 1709; II. llitter, G''sch. (1er christl. Philfts., U, 'S'.i ss. ; nîclionnaire des Sciences philosop/u'ques, article: Poni/wnace; Uicl. de Uaylc, idem; Xd. Franck, Moralistes et l'Jii/osnp/tcs, I87i. . A. Paumier.

POUJÛULAT (Jean-Joseph-Françoisj, littérateur français catholique, né àUFàre(Bouches-dii-Rhône)2en 1800, mort à Paris en 1880, d'une ancienne famille • originaire du Dauphiné, fit ses études à Âix, vint à Paris en 1826, se lia avec Michaud avec le^el il collabora pour la Bibliothh/w des croisades et qu'il accompagna en 1830 en Orient. Poujoulat publia «les récits de voyage et des romans qui eurent un grand succès, et enrichit la littérature religieuse d'un certain nombre d'ouvrages qui rendirent son nom populaire dans 1p monde clérical. En voici les plus importants : 1'^ llhlnu-c de Jérusdleui , (ah/rdurtUyieux et philnsojj/iuptef 1811-1842, 2 vol.; V éd.. 1850; ±' JJlsloire de S. Augustin, sa vic^ ses mumis, $m siècle, 1844, 3 vol.; 3« éd., 1830 2\àU df" Lettres tur Bossuetf iB&A;A^ Le cardinal Maury, sa vie et ses œuores, 18fô; S* éd., 1859 ; Vie de monseigneur Sibour, archevêque de Paris ; &*LepireRamgnan, sa vie. ses œuvres. 1858; 7 ' Me du frère Philippe, 1874. Poujoulat, a, de plus, collaboré à la Quotidienne, à la lievue des Deux Mondes, au Musée des familles, au Correspondant. Il siégea à l'Assemblée constituante en 1848 et à la Législative, votant presque nuistamment avec la dn»ite, et publia un certain nombre de brochures politiques et religieuses qui lurent reman}uées : le Pape et la Liberté, 1860; Lettre à M. de Persigny, à propos de la Société de Saint-Vinoent-de- Paul, 1861 ; Examen de la vie de Jésus, de M. Renan, 1863, etc.

POUPOT, ^téur et controversiste protestant, né à Pamproux (Deux- Sèvres), le 24 octobre 1798, d*une famille de cultivateurs, commença ses études à l'école de son village, pour les continuer à celle de Lamothe- SaintrUéraye, puis au collège de Niort, où il obtint de brillants succès,

PODPOT — PRIMASE

et (Mifiii à la lapult»* Je Montauban où il prit le gnide do iKiclKli'-r en tliéulogie, 1«' l) mai 182:2. Peu après il fut nommé aumniiier du c^lli-L'e de Sorèze, institution libre, célèbre ù cette époque, dans tout le midi, autant par rexcbllence des études que par les tendances libérales do son enseignement. Doué d*une instruction des plus étendues et des plus variées, Ppupot, outre ses fonctions pastorales, fut souvent appelé à remplacer divers professeurs de rétablissement. — En 1830, trente-six consistoires réformés désignaient M. Poupot pour prendre part au concours annoncé pour une chaire vaCvinte à Montauban. Le concours n'eut i>;i> lieu. Vers la lin de \H\-2, une chaire nouvelle ayant été crééoàMontauban, la candidature de M.Pnupot fut deiu»uveau posée et réunit les suilVajj^es de la majorité tle.s consistoire.^. Le ministre n'en tint pas compte et noiuniu le candidat des orthodoxes, qui n'avait obtenu qu'un nombre de suffrages inférieur. Peu après (1843), M. Poupot fut appelé à desservir, comme pasteur suffragant, l'Eglise de Poitiers, qui n'était pas encore constituée en paroisse officielle, et, en 1845, lors delà création de la place, il en fut nommé titulaire. D se rendit promptement populaire dans le Poitou, s'acquit une grande notoriété comme coiitrovcrsistc et amena de noml>reux catholiques à la foi protestante, notamment une grantle partie de la population da village de Neuville. Les travau.x incessants d'un ministère des pins actifs dans une paroisse d'une immense étendue, où la populaticm protestante est très disséminée, minèrent les forces de Poupot; il mourut à Poitiers, le 21 novembre 1863, àTàgede 65 ans. Ses opinions, notamment quant à la question du surnaturel, étaient celles de l'orthodoxie, mais ses tendances, sa méthode étaient libérales; il reprochait au catholicisme d'une part, au m^Mof/m/i/" (coin me il disait) de l'autre, d'étayer les doctrines par l'autorité soit de l'Eglise, soit de l'Ecriture, et non par une démonstmtinii philosophi<|ue et rationnelle. Esprit original et priinesautier, écrivain fécond, brillant, mais incorrect, il a beaucoup écrit, sans rien laisser qui puisse lui survivre. On a de Ini, outre un grand nombre de brochures de controverse, un écrit philosophique, sous forme de romau, lihiêl, et deux mémoires, l'un sur la peine de mort, l'autre sur le saintsimonisme, tous deux couronnés par la Société de la morale chrétienne, 11 avait publié pendant trois ans une feuille mensuelle: le Commeniaiftr étMmgéligue, ei Vannée même de sa mort, il avait fondé, sous ce titre sinirnlier : Déluge et Arche, un journal qui a disparu avec lui.

PRIMASE, Pnmnshui^ évéque d'.\drumète, en Afrique, célèbre exégète. En 551, il assista au cimcile i|ue le pape Vigile assembla à C<>nstantinople contre Tliéo.iosc, évéijue de Césarée, et il se trouvait encore dans la môme ville en 555, lors([u'on y tint le cin<piième concile général, auquel il n'assista pas, bien qu'il y eût été plusieurs fois invité. Dans la suite, il abandonna cependant la défense des troii Chapitre$y et devint primat de la Byzacène, sa province; mais il fut déposé par les adhérents de Théodore de Mopsueste, de Théodoret et d'Ibas. On a de lui : l'un Commentaire sur F Apocalypse; 2° un Commentaire sur les êpifres de saint Paul, tiré en partie des écrits d'.\ugustin, d'.Auibroise et de Jérôme, lis ont été imprimés à Lyon en 1543 et à Bêle eïi 1544.~Yoyex

PRIMASE — PRIVAS

BiU, Pair, Max.y X, p. 338 ss. ; Gassiodore, De di». lect., IX ; Tritbëme et Bellannin,/>e Scriptor. eeeles,; Ceillier, Jffist. de»aut,$acr, et ecelés,, XVI, 508 88. '

PRIVAS (Ardèche). Les origines de cette ville sont obscures : son histoire ne remontp. guàre au delà du xir siècle. C'était la capitale du jpays des Bouttières. Au xvi* siècle, Privas fut parmi les premières villes qui pmbrassèrent la Héforine : elle soutint on 1500 le prince de Condé. En 161ÎI. éclatèrent des troubles dans le Vivarais : Gharlotto de Ghanil)aiid, dame ilc Privas, ayant rpoust'' M. deLestrango, zélé calholi(jue, les Piivadois. qui redoutaient (pie ce mariage ne livrât leur ville, place de sAreté importante, au parti catholique, se soulevèrent. Montmorency, à la tète <le quelques troupes royale§, fit rentrer les rebelles dans l'ordre, mais il était à peine reparti que la population prit de nouveau les armes, et s'empara du cMteau. La province semblait purifiée depuis la campagne du maréchal de Bassompierre, lorsqu'elle se souleva de nouveau en 1625 et entra dans le mouvement dirigé par Rohan, dans le but de conquérir pour les protestants la liberté de conscience. Le marr< liai de Schoniberg marcha sur Privas et Tinvestit ; Louis XIII, de retour d'Italie, assistait juin opérations du siège avec Richelieu. Le jour de l'arrivée du cardinal, les hérauts •publièrent sous les murailles le traité qui venait d'Atre signé avec l'Angleterre, traité qui ne stipulait aucune garantie en faveur des huguenots. A la nouvelle de cet abandon de leur allié, les habitants de Privas découragés s'enfuirent dans les campagnes, livrant leur ville aux soldats du roi qui saccagèrent tout. La garnison, retranchée dans les forts, fit pendant dix jours une résistance héroïque. 11 fallut se rendre. La garnison fut massacrée, une cinquantaine de bourgeois furent pendus, d'autres envoyés aux galères; on confisqua les propriétés des habitants, con.damnés à errer sans asile dans les montagnes des environs. Les murailles furent rasées, le roi confia à Lestrange la garde du fort du mont Toulon resté seul debont. Ce personnage, alors le plus puissant du Vivarais, étant entré dans hi coalition de Montmorency contre Richelieu, le maréchal de Laforce marcha contre lui; il s'attacha à purifier la population et n'eut pas de peine à la détacher de l'obéissance d'un seigneur qu'elle accusait, avec quelque raison, d'être la cause première de tous les maux du Vivarais. Lestrange, tombé aux mauis de ses vassaux, Tut mis à mort. En récompense <le leur conduite, les habitants de Privas furent rétaldisdans leurs biens et privilèges et leur ville se re-^ leva peu à peu de ses ruines. — Privas a joué un rôle assez considérable, non seulement dans les guerres de religion, mais encore dans l'hiâtoire Ultérieure des Eglises réformées. Le vingtième synode national s'y réunit eu mai 1612 et siégea six semaines. Cette assemblée, qui eut pour modélateur Pierre Charnier, rétablit la paix entre les seigneurs protestants et repoussa énergiquement les accusations dont les assemblées providtiales Tenaient d*étre l'objet dans les lettres de rémission ou d'amnbtie données par le conseil du roi et enregistrées par le parlement. Lesdites lettres prétendaient laire grâce à tous ceux qui avaient pris part aux assemblées politiques, transformant cette participation en un crime de l^se-patrie, ce gue les protestants ne pouvaient accepter. L'attitude iière

812 PniVAS — PSEUDO-ISIDORE

et patriotique du synode de Privas eut le meilleur ell'et et la ivgente, incro de Liuiis XIII, rétrai ta dans une nouvelle lettre les perfides accusations de la première, ajoutant que le rui était très satisfait des réformés en général (voir de Félice , Histoire des synodes). Les persécutioDS de Louis XIV et de ses successeurs réduisirent beaucoup le nombre des religionnaires dans le Vivarais,* comme partout ailleurs. Cependant la profession de la foi évangélique n'en fut pas complètement extirpée. Des environs les plus rapprochés de Privas sont sortis plusieurs martyrs: Louis Hauc, né aux Ajoux, Pierre et Marie Durand, du Bouchet de Praules. — Aujourd'hui la paroisse rélnrinéo de cette a deux pasteurs et la cousistorialc dout elle est le ciiei-lieu compte 7,<hk) protcstants. ii. DiuLSSiN.

PSEUDÛ-ISIÛORE. L'EgliAC a possédé de bonne heure des recueils des lois et décrets qui constituaient son droit canonique (voy. Décrétâtes), Les églises d'Afrique et de Rome possédaient chacune une collection des canons. Denys le petit y introduisit vers 350 un peu d'ordre en les classant avec méthode. Peu de temps après, TËglise d*Espagnc avait son recueil, qui s'agrandit et se développa jusqu'à la mort d'Isidore de Séville ((i.'lH) \\'o'\T Isidore de Scviffe). Adrien VI fit don à Charleinatrnp d un codex réiligé à Home et qui se répandit bientôt dans tout l'empire franc, sous le noui de codex Diouyso-lladrianus. Tout à eoup, vers le second quart du neuvième siècle, enlro 835 et 850 parut dane tout l'empire un recueil de canons et décrets, dout l'auteur se nomme dans la préfoce ^ Isidore mercator ou peccalor.lA préface est suivie de deux lettres inanthentiques, dont Tune de Févéque de Rome, Damase. Le manuscrit renferme aussi un ùrdo de celebrando concilio, une liste des conciles, deux lettres fausses de saint Jérôme et de Damase. La première partie, qui suit ce long préambule, renferme cinquante canons apostoliques, cinquante-neuf fausses déerétales de l'évéque Clément à l'évéque Meleliiade (Dl-.'ll l), la fausse diuialion di* Constantin. La deuxième partie eomprend les canons authentiijues des conciles, enfin la troisième partie, les déerétales de Sylvestre à Grégoire II (31 i-715j. Cette dernière portion du recueil, dont trente-cinq déerétales sont fausses, parait s*étre formée d'additions successives après la publication du recueil primitif. Il fallait l'igoorance grossière et l'absence d*esprit critique du moyen Age pour rendre possible une fraude aussi palpable contre laquelle Uincmar. de Reims, soutenu par Charles le Chauve, lutta seul par intérêt politique. Jusqu'à la Réfiirme nous ne voyons s'élever que les protestations isolées d'Etienne de Tournay et du cardinal de Cura. Après Duuu)ulin et les eenturiateurs do Mat:deliiiur;j, le eélèbre David Blondel de Chàluns d/'uiontra jusqu'à l'éviUence coiilie le jésuite Torrès la fausseté de ce recueil dans son &meux traité : Pseudo-hidor et Tnrrianus vapfiietntes, Genève, chez P. Ghouet, 1628. Nous relevons d'après llageobachet Neander, en dehors même des questions de style,, quelques-unes des énormités historiques du Pseudo-Isidore. II reproduit une lettre que Victor I^^jmwt eu 202, écrit à Théophile d'Alexandrie, qui vivait près de deux siècles après lui; Zéphyrin, mort en 218. parle des lois rendues parles empereurs chrétiens, etc. Comme le dit en deux mots llase, résumant la

VSIi;UDO-lSlDÛIlË 813

controYene, bien des circonstances portent à croire que l'ouvrage du Pseudo-Isidore a été écrit d^ns l'empire franc, et en particulier dans le diocèse de Mayence, avec peut-être ([uelgues collaborateurs dans celui de Reims, tandis que bien des difficultés sont soulevées par Thypothèse de Is rédaction à Rome. V auteur a pris pour base une collection authentique des canons espagnols, portant le nom d'Isidqre, archevt^ue de Séville, et emprunta textuollenront la préface h son livre des Etijmolo- ^*es (lib. VI, cap. 16]. On a loni^tenips altrihué (et Wasscrsclileben encore aujourd'hui contre Uettberii;) h Anfrilrani de Metz, mort en 791, des rapitula, qui lui auraient été remis par lo \)i\[>v ou ({u'il lui aurait dédiés sur le droit de jujrer les évéques. Les critiques y voieut l'une des sources des fausses décrétales. La collection de décrétales dite Golberliue (Bibl.Nat., n<* 3,851)) parait aussi avoir été une des sources importantes, où puisa le foussaire. A l'instigation des archevêques deMayence, Riculf et Autgar, Benoit Lévita (voy. cet article) a rassemblé (825-847) une collection deS capitulaires en trois livres» dont Blondel et Knust ont démontré jusqu'à la dernière évidence les falsifications qui avaient pour but de relever le prestige des archevêques de Mayence et les privilôges du clergé partisan de Lothaire» contre les prétentions du pouvoir civil. La seule objection sérieuse que Ton puisse opposer à cette hypothèse, comme à « elle qui implique Ebbon dans cette œuvre de faussaire, c'est qu'Aiitgar ne tit aucun usage de ces décrétale?, ro t|ue Wasscrsclileben explique par le pardon qu'il obtint dirocttuncut do Louis le Déinuiuaire. Quoi qu'il en soit, l'œuvre du Psrudo-Isidoro a pris nai>sancc [londant le rt'i^no si troublé de Louis le Débonnaire au sein du clergé franc grossier, aud)iti<'ux et saus scrupule, que la main puissante de Cliarlemagnc avait pu seule contenir dans les limites de la discipline et de l'obéissance. — Si nous cherchons à nous rendre compte de l'esprit (]ui a présidé à la rédaction de ces pièces falsifiées, nous y reconnaîtrons la tendance théocratique qui, depuis plusieurs siècles déjà, avait inspiré les actes et les empièteuieots de la cour de Rome. Sans doute on doit reconnaître avec Wasserscbleben que le but primitif de l'auteur ou des auteurs est d'affranchir les évé<iucs de la Juridiction des métropolitains, de rendre à peu près impossible leur jugement par les laïques ou même parlesclercs, de les faire envisagpr coujine les prunelles de Dieu, comme des vases d'élection, connue des jn^es (juo l'on doit respecter et redouter, (juaud nièiiie ils seraient iniques. Pour que le jn^roment prononcé contre un évèque pir un synode niétro[)olil lin soit valable, il faut (ju'il soit aut(jrisé par le saint-siège, aupri's du(juel révéque accusé conserve toujours le droit d appel. Mais Wasserschleben n'a pas compris que, en dernière analyse, les fausses décrétales ravorisaicnt tout particulièrement l'ambition de la curie romaine et en arrivaient à sacrifier à l'autorité absolue dtt siège de saint Pierre les droits des évéqties aussi bien que ceux des simples clercs et des fidèles. S'il n'est pas prouvé qu'Ebbon ait fait usage des fausses décrétales au synode de Thionville, en 835, pour sa justification, il n'en est pas moins vrai qu'il a laissé comme héritage à Hincmar la grave question de la validité de l'ordination des prêtres consacrés par lui en 84i après sa déposition, qu'Uincmar avait chassés

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