‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 129 sur 158 · RÂBAUT LE JEUNE — RAMBERT · texte numérisé non relu

RÂBAUT LE JEUNE — RAMBERT

RABAUT LE JEUNE, appolt' aussi Rabaut-Dupuis, îu; à Nîmes on 17i5, ninrt ilaiis celte ville le 15 septembre 1808, était le plus jeune «les tils (lu eéleliie pasteur du désert. Elevé coin me e\vi à Lausanne, il ne se consacra pas cependant au pastoral et jusiju'à la révolution il vécut dans la retraite. Obligé de fuir, parti comme émigré, arrêté eoûn, il ii*échappa que par miracle à Téchafaud. En l'an V il fut élu au conseil des cinq cents, et, après le 18 brumaire, il entra au corps législatif «ïont il devint l'un des présidents en l'an X. Le 4 ventôse an XI, il fut chargé de complimenter, au nom de celte assemblée, le premier consul nommé à vie. Le vrai titre de llabaut le jeune est d'avoir été l'instrument le plus artil* de la réorfîaiiisation de TEglise protestante. SiM-rétaire du consistoire de Paris, il lut, pendant tcmt le temps (b's né- ^n)ciations qui précédèrent et suivirent la loi de l'an X, le représentant le plus autorisé des intérêts des Eglises. Il avait compris la nécessité pour TEglise, désorganisée par les lois organiques, de concentrer ses forces et ce fut à son initiative qu'on dût la création «du bureau de correspondance des Eglises protestantes. .» Rabaut en fut le chef, et il composa les nombreux rapports présentés à Portails pour la défense des réformés^ qui le plus souvent furent favorablement accueillis. Ses services étaient bautement appréciés, et dans l'Kirlise on était unanime à louer son désiiil^-ressement comme à* lui exprimer une profonde reconnaissance*. « Nul n'a autant de droits (jue vous, lui écrivaiton, à la reconnaissance universelle» Man. Coquerei, 2\. 103). » « Je ne peux assez louer votre infatigable activité pour le bien de l'Eglise, » disait le pasteur Boissard (26 nov. 1806). On lui doit le premier essai de statistique protestante, Annuaire eeelétiastique 1807, précieux recueil riche en informations. On consf^rve à la bibliothèque de la place Vendôme sa volumineuse corrcsjiondance qui reste la meilleure souree pour une biographie complète do cet homme de bien.

RAMBERT (Frédéric) est né à I.ausanne (Suisse) le G novembre IHif. Après des éludes irénérales, poursuivies avec soin au coUèuff et à l'académic de cette ville, ainsi (ju'à Zurich où il fut <lélinitivement conquis au principe de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, par l'élude du livre de Vinet sur la Manifestatùm des eonmctùmi religieuses, il fit sa théologie dans la faculté libre de Lausanne. Consacré le 29 septembre 1867, après un. préceptorat de deux ans en Hollande, et uo ministère provisoire dans la vallée du I ic de Joux.il exerça le pastorat successivement aux Bra-^sas, i)uis à Nyon (1869j..ll commençait à peine à s'installer dans cette petite ville, lorsqu'il fut appelé à rem-

RAltIBERT — REFUGE

placer le rpj^rotté SiiiiiU!! Cliappuis dans sa cliairo de dogiiiati(jue « t de nionile chrétiennes. Cet important et délirai ensoi}j;;nf'n)ont cflraya d'abord Rambert. Il était si jeuue encore, et sa théologie si peu arrêtée I n se mit cependant réaolttment à l^œum et pendant les dix années que dura son professorat dans la faculté libre de théologie du canton de Yaud (1870-1880), il enseigna successivement la dogmatique, l'eneyclopédie théologique, la théologie biblique de TAncien et du Nouveau Testament, l'introductioa au Nouveau Testament, la morale chrétienne, et enfin 1 exégèse de plusieurs épltres. Ce travail, vraiment colossal, auquel il ajouta dtîs cours extraordinaires, la prédication, la rédaction on commun avec MM. Paul Burnier et Ch. Porretdu Chrétien évauiff'lii/iie.dos articles de revue et dt-s méinoin'ïi, épuisèrent à tel point ses forces que, le 'A février 1880, une pncuuioinc intense l'enlevnit en quelques jours, sans (ju il pût méaic [»rendri' congé dcssiens. — Il serait d^*licat de vouloir définir la liu'()ln<;ie de Fréd. llamherl. CoinunMil en olTet reproduire la physionomie vraie de ce qui était en formation ? Ce qu'on peut dire, c'est que Iland)crt était opposé à tout ce qui tend à substituer le dogme à la religion, la formule au fait. Il estimait et c'était là la vérité qui, pour lui, dominait toutes les autres, que le christianisme est avant tout une vie, et que le salut consiste essentiellement dans la saiateté. La libre méthode d*étude qu'il avait adoptée, lavait conduit peu à peu à une doctrine hildique nourrie de l'Evangile, et de plus en plus dégagée de tout philosophisme spéculatif. On ne remarquait en lui, à aucun degré, la tendance qui consiste à etl'acer les nn^'les de la dogrmtiqun chrétienne, à atténuer ce qui est un S('an<]ale à la raison. C'est imisi ({u'il était ;i la fois'de la droiti» et de la gauche, et aussi du centre roiuiin' Ta remar([ué son lmtgra[)he, car on est nécessairement du centre tiuaii.l ou touche aux deux extrémités, llauibert est mort avant d'avoir domié sa mesure, mais il laisse le souvenir d un esprit étranger à toute étroitesse, d'une délicatesse rare, tout pénétré de loi et d'auiuur. « 11 était, écrit son frère, M. Eug. llt^nibert, de l'école des Vinet et des Ghappuis, ses prédécesseurs et ses maîtres. > Gomme eux il croyait à la nécessité d'une association toujours plus étnâte de la piété et de Tintelligenee, . de Tétude et de la religion. Rambert a peu publié. On trouvera dans les Souvenirs et mélanges recueillis par ses amis, et précédés d'une notice biographique due à la plume de M. Eug. Secretan, ses principaux écrits (Lausanne, 1881), L. Klffkt.

REFUGE (Les églises du). — Ce nom qui pourrait désigner toutes les communautés fondées en pays étranger par les virlitiies d'une persécution religieuse quelconque, a été attriluié plus spéciah'meut à celles qui (lurent I Ipur création ou leur développement aux chrétiens réformés, hauuis ou expii'riés de France, aux \\ v\ XVII" et X\lli' Mccles, d'où lesapi)elli>tions devenues historiques de j'é/'u(/ù'S et de refufje. Celte étude embrasse deux périodes : i"^ de l'éclosion de la réforme aux préludes delà Révocation, IGbli, I y comprenant les églises wallonnes, qui souvent ont pris elles-mêmes I la qualification de françaises ; 2" le régime de la Révocation depuis sa pré- I ptntioQ jusqu'à la restitution aux protestants de leurs droits civils, 1701.

!• PasMièRE ÂPOQUE. Dès les premiers jours de la réforme» quel-

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ques indmdualités trop marquantes sont forcées de s'expatrier. Le

premier rt^'fugié est Lambert d'Avignon (1322) en Suisse, puis on Hesse où il formule une constitution eccl('>iasli(|ue; le second, Farel, 1523 iï Bille, ir)i>4-l."):>G à Strasbourg, d'où il visiie Montlx'-liard avant (le se consacrer à Neucliàtel el au pays de Vaiid. Il pas>.^ aussi une semaine on juin 1525 à Metz, nù les prédicaliuiiset le bupplict" du niidne tournaisien Châtelain viennent dt; jeter les ?enienccs r'van;s^t'li<]ue3. Des liabitunts de Meaux, incriminés comme JeanLeclerc, s'y sont réfugiés avec lui, et y assistent, un mois plus tard, à Thorrible mort de ce premier martyr protestant français. Quand la persécution s'allume de toutes parts contre les « liérétiques », les premiers asiles qui leur sont offerts, en 1535, sontNeuchàtel où s'imprime la Bible d'Olivetan; Bàle; Genève, vraie cilé de liefugn^ qui bientôt recueille, à Pency et Jussy, 700 Vaudois échappés de Mérindol et Cabrières et, sons la puissante organisation créée par le plus illustre <le ces exilés volontaires, transformera pendant trois siècles en citoyens d'une répulili(|ue protestante ceux <{ue la monarchie intolérante repoussera de son sein. Sous Henri II, 1400 familles s'y réfugient; 360 français obtiennent d*y établir leur domicile fixe. «Tous les prédicants, sauf le premier réformateur, Viret, étaient de France » (Reg. du consistoire). — Avant de constituer à Genève le boulevard du protestantisme réformé, Calvin avait fondé à Strasbourg, pour les 1500 fugitifs de langue française qui s'y trouvaient déjà, la première de toutes les éi;lises du H<'fuge (pasteurs : Calvin, 1538-aoùl loH ; Brully, loil-loii ; Poullain, ioi4-45; lJa^nie^,15^5- ^541^ et 155l-i:i5i. Lo.piet* 155;{; Alexandre, 1555-1559; Houbray, i:..):)- 1503). Le culte strictement réduit, depuis 1503, à un service privé, par la lérmeture de l'église sur le refus de Houbray d'accepter la coufessiou d'Augsbourg en signant la formule dite de Concorde, recouvrait une certaine liberté pour les réunions dans des maisons particulières, après les immigrations nouvelles de 1569 à 1575, année où 15,398 français séjournèrent suocedsivemenl dans la ville. Le 20fév. 1577, à la suite d*un colloque réformé, on l'interdit absolument, avec renvoi du pastrur Grenon. Le culte de Bischwiller fut alors, malgré les défenses du Sénat, runi(Iiip ressiiurco du troupeau réduit à trente-six familles aprcs la guen»' di' Tit iite ans. Kn IG55 le comte Frédéric-Casimir de Hanau • permit d élablir sur ses terres une église à Wollisbeim, à laquelle les réformés de Strasbourg furent autorisés à se rendre, d'abord seulemeot à pied, et dont le pasteur Mérian pût demeurer dans la ville même, k partir de 1664. L'Eglise de Strasbourg, « recueillie à 'Wollisheim, )»8*socrut rapidement, aidée par des subsides suisses et recevant ses ministres de BAIe ; elle adopta, avec de légères modiiications, la discipline Je Franelort: ses membres, quoique admis au droit de b(»urjreoisie, n'étaient reçus ni à l'échevinage, ni à aucune fonction des tribus; (juand la présence de régiments suisses mn-essitail un culte dans la citadelle, on ItMjr renouvelait la défense d'y assister (1572 et 1077 ', si ce n'est de ItiT'J a 1681, pendant la ruine du temple deW oUlsheim. A l'intolérance lutiiérienne succéda la catholique. Le traité de réunion à la France de I68I1 tîpulantle libre exercice « comme en 1624, » les calvinistes n'en pureait

bénéfirior, et en autorisant In ronlinualion du culte à Wolfislicim, on exitrf'a que dorénavant le pasteur ne sût plus le IVant^-ais. En 1G97, on l oniplait loiH réformés à Strasbourg : la communauté attendit jusqu'en 1788 le culte public, interdit dans la ville depuis plus de deux siècles; elle ne s'élevait alors qu'à 830 membres. Le culte luthérien en français date de 1G80. — L'église réformée de Strasbourg a été, avec celle de Metz dont les éléments sont plus indigènes que réfugiés (et qui d'ailleurs fait partie de la France depuis 1552), la mère de plusieurs autres. En 1544, BruUy la quittait pour aller évaagéliser les Paysr-Bas méridionaux, jeter ou fortifier les semences de la réforme à Yalencîennes et Douai, dresser l'église de Toumay et y mourir sur le bûcher : ces conununautés naissantes, préparées depuis quelques années par les pénétrations luthériennes de l'Allemagnç, puisque à Valenciennes dès 1527 il y a procès d'hérésie, durent au voisinage de la France et à la presque identité des idiomes, un caractère décidément calviniste. — En 155 i. Strasbourg' fournissait un premier [)asteur, Loquet, à Saintc-Mnrie-au.L-MiNrf:, dans le Val de Lièvre, sur la frontière de Lorraine, é^dise plantée en 1550 par niaitre Elie du llainault, dotée d'une confession do lui [)ar Morel, sieur de Gollonges, dressée en 1558 par .Marbûiuf et à laquelle près de douze cents réfugiés vinrent donner, en 1560, une consistance et des ressources industrielles nouvelles. Eguenophe III, seigneur de Ribeaupierre, lea accueillit malgré Topposition des mineurs luthériens et du conseil de Régence parlant au nom de l'Empereur, et le culte calviniste français; célébré à Saint-Biaise^ fut définitivement organisé à Eschery ; mais il n'accorda qu'une hospitalité passagère aux fugitifs de la Saint-Iiarthélemy et, après les avoir frappés de trois arrêts d'expulsion (1573, 74, 75), il s'unit à plusieurs de sesvoisins d'Alsace (entre autres aux seigneurs deI\iquewihr,lIohlandsberg ot à la ville de Colmar'' pour interdire la résidence et l'accession à la bourgeoisie de tous les Français, Savoyards ou LdiTains (I mai 1580). L'église ('(intinua av^c les descendants des [)reuiiers réfugiés, ayant eu, f'ii 1572 seulement, une annexe à Binihuinmn (seul min. Haran), et conservant, pendant tout le xvir^ siècle, deux pasteurs et deux consistoires, à Escbery et à Sainte-Marie, où le temple date de 1G30. Llle reçut en 1024 les restes d'une église soeur, celle de Badonmtler, fondée en 1567 (min. Duclouxet Figon] ; ce troupeau, composé surtout de pas- 1 sementlers habiles, avait été expulsé parle duc de Lorraine. Les ministres de Sainte-Marie vinrent presque tous de Mets ou de Suisse. Quand la seigneurie se plaça en 1675 sous la suzeraineté de Louis XIV, malgré l'érection immédiate d*un sanctuaire catholique, une stipulation expresse permit à l'-anciennc paroisse du Refuge d'être, sous le régime I de la Révocation, la seule sur les terres de France où le culte réformé 1 pût continuera se célébrer publiquement. — Dans le comté de Montbé- ' liard, possession de la maison d<' Wurtemberg;] évangélisée par Farel I eii 1524, lors de l'abolition de la messe le 17 nov. 1538, le lorrain Pit rrê Toussain organisa, avec l'église de la ville, treize paroisses rural<îs: plusieurs furent c(mliées à des Franr^ais. Mais, à partir de 1559, la Confession d'Augsbourg fut seule permise : eu 15G2 ou exigea des

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réfùgiés français la promesse de ne pas Sûre profession publique de leur doctrine, et Ton destitua, avec les pasteurs qui voulurent y persister, Daniol Toussain, venu d'Orlt^ans suppléer son père. Après laSaiat-Barthi'lf'iny Cliarlo? IX deinarula l'i-xtradition des fugitifs; n'en sauvant qu'un petit nombre j)ar l'adiiiission à la bouriiooisip, los ma^i^lrats expulsèrent les autres. Le ministère conciliant du uurniaud Dinolh y retint cependant d'assez nombreux ininnj^rés de France après la proscription de la paix de Nemours, mais l'insuccès du colloque de 1580, l'imposition de la formule dite de Concorde et les ravages exercés par les troupes françaises hâtèrent la disparition de l'élément calviniste. La plupart des familles se dispersèrent après la défense de fréquenter le culte à Bàle; les 18 dernières se rallièrent, en 1634, à la communauté luthérienne qui ne peut pas figurer, à proprement parler, parmi les églises du RpTuge. — Aussitôt les premières persécutions, et surtout vers r*'jio(jiio de la Saint-Barthi'Iomy, Jean IV de Nassau avait ollèrt asile en son comté de Saarwerden à des iainilies de France et de Lorraine dans ses villages à demi détruits d' Alhciller, Ihiibach [m\u. Duboc), Gœrlingen (en 1378 m. des Armoises), K'wchbery et Hauwiller. En 1559 Loquet de Strasbourg et Sainte-Marie étaient miaistres à Bouquenon, L'issue d'un procès séculaire ayant livré le comté au due de Lorraine en 1629, ce dernier expulsa les pasteurs et les calvinistes d'origine française et réintroduisit de force le catholicisme. En 1670. nouvelle suzeraineté de Nassau avec rétablissement temporaire de la rélortiie. puis reprise de possession lorraine et cession obligée à la France qui, à la Révocation, l'ail raser les teinples et interdit le cidl'\ Il reprend avec la dorniiiatiun nassovienne après la paix de Ilyswick. mais en langue allemande, si ce n'esta Diedeitdorf \m\àdii{ le ministère presque semi-séculaire de Sam. Perroiidet de Gex. Ces villages sont encore désignés parfois sous le titre de welehes. — Après Genève et l'Alsace vient l'Angleterre, asile choisi surtout par les protestaoti du Nord et de TOuest. Cranmer permettait en 15i7, à l'tenhovius, de donner à Cantorbéry quelques prédications, et à* Richard Vauville en l.">40 (alors que Pierre Martyr et lîucer professaient à Oxford et à Cambridge), de célébrer daii> la capitale lui culte eu lan^Mie l'rancaise. Réunissant smis la surintendance de Jean-a-Liisco tous les r.'fonuês étrangers, Edouard VI établissait par lettres patentes du 2i juillet 1550, d'abord conjointement avec les Hollandais et Allemands' dans le temple d'Austin-Friars, puis le 16 oct. séparément à Threadneedle street, sons deux ministres, La Rivière et Vauville, l'église française, dite ÈgUa Wallonne de Londres; c'est à elle que la plupart des églises françaises du royaume uni et même d'Amérique d^oivent leur origine et leur première organisation. La même année A'alérand Poulain constituait ;\ Glastoubunj (l.'i.^O-lo.'i.'S), avec sa liturgie et confession de f(»i calquées sur celles de Strasbourg dont il avait été pasteur, une église française qu'à la mort du roi il transportait tout cnlièrc à Fran< fortsur-le-Main. L'avènement de Marie Tudor, en dispersant les protégés de son frère, provoquait en effet la création de plusieurs églises du Uefuge. Lasco, à la téte de 175 lugitits, originaires de Lille, An-

vers, Yalenciennes et surtout Gand, repoussé de Norwège et de DanemarlE, accueilli enfin par la comtesse Auna d'Oldenbourg, fondait en Ost-Frise, à Emdeny la plus ancienne des wallunncs du continent; cette église, mère de beaticoup irnutres. reconnue oriiitielleinonten 1534, avpc confirmation en lo75, n'unit jusqu'à 6(K)0 fugitifs ot n'a point, Cfsst^ d'exister. François Perussrl, dit la Rivière, organisait celle de We^cl où le refupe wallo» datait de loii. églist^ dont la charité chrétienne u Vesalia hospitalia, ahri des enfants de Dieu fugitifs, Kuppenhague » accroissait l'importance, niais qui, forcée de célébrer les sacrements avec l'église luthérienne, se serait dissipée sans les sages conseils de Calvin. Lasco servait de lien aux trois communautés étabUes à Franc fort y la française ou wallonne sous Poulain, l'anglaise sous Knox, lallemande sous Dathénus. A la mort di^ Marie les membres des communautés anglaises de Francfort, Wesei, Kiiidcn, Zurich, Genève et Argovio, retournèrent dans leur pafri<'. Plusieurs des Français et Flmiands les y suivirent et fiilèl.^s reprirent pos«es^ion du temple wallon, Eliz.ilieth confirmant leurs j)rivih'ges, ujais pour caim*T les scrupules de l'Eglise établie, les plaçant sous la survrMllance de l'évéque ■ de Londres. — Mentionnons pour mémoire vers le méinc temps, les essais infructueux de colonisation huguenote tentés par Coligny : l'expédition au Brésil de Yillegagoon en 1535, et la petite église transitoire de Vile de Coligny 15574S8 (min. Ricbier et Chartier); celles de Uibaut et Laudonnière en Floride et le troupeau du Fort Carolinef 1362- loGo (min. H(d)ert} : nobles tentatives trop peu encouragées (pii, olTrant un v;iste i-hainp d'aelivilé aux protestants repoussés de Franco, auraient devancé les féconds résultats obtenus plus tard par rAn-^leterrc. — En 1557, Henri II décrète la peine de mort contre ceux (]ui. puliii<juemenl ou secrètement, professent une religion différente de la cathobque; en 1538, il veut introduire en France Tlnquisition ; en nov. 1559 son fils, François II, bonfirme la peine de mort contre « ceux qui feront des assemblées illicites. » Epouvantés par ces mesures sanguinaires, les calvinistes se dispersent par milliers à l'étranger. Un asile iu)uveau leur est ouvert à Sedan, principauté à peine affranchie de la suzeraineté de la France et dont le souverain, Henri Robert <le la Marck. vient d'embrasser la réforme. F!le y est préchce par Guy de Bray, de loG! à 1505. .\près la Saint-Bartiiéleniy, Sedan sera l'abri choisi par les de Mornay, les Cappel, les Drelincourt; raflluence des réfugiés fait deu.\ fois agrandir la ville ; beaucoup s'y fixèrent; ils y apportent ^industrie des serges, et surtout ils y préparent la future académie. — En 1561, les luthériens obligeant les réfugiés de Francfort à substituer le culte privé au culte public, une partie de la communauté franco-hollaodaise s'établit, sous la conduite de Dathnus, à Frnnkenthal, sur les terres de l'électeur palatin (capittilation du l.'i juillet). Cette église eut toujours deux pa>^t'Mirs jus'iu'à \Vi\)H, et e\i^tait encore dans ce siècle. — ('/est eu faC2 qin> les églises des [U'uvim es wallonnes des Pays-Bas s aflirnient ofllciellenient. Depuis le martyre de Brully elles ont surgi de tous côtés, flamandes ou wallonnes, parfois une de chaque langue dans le même lieu. Tournai, Anvers (p. Evrard en 1557), Valenciennes for-

ment les centres d'une propajrande qui 8*étend jusque sur le territoire franraif!, on l*ii\irf1ie et li.iiito Normandie. Pour ne pas éveiller l'atleiition leurs assiMulil/'fs sont plus rlassicalcs encore que générales : cpIIc fie 4501 avait juioplé la Confession de foi, rédigée en wallon, dialecte français parlé au XVI<' siècle dans l'Artois, le Hainaul, le Luxembourg, le limbourg, une partie de la Flandre et du Brabant. Guy de Bray, de Hons, en avait pris l'essence dans celle du.synode de Paris, la soumettant à Calvin et Bèze : les églises des deux langues se Tapproprièrent et la présent^rent l'année suivante à Philippe II, avec une supplique au nom de plus de (^Mit mille de ses sujets « dont l'unique erinio était df» vouloir vivre selon rKvanjxilf' de J.-C. » Les actes des svnodes reiuonteiit à l'année loO;?. qui en a été une, dans li' Hainaut et l'Artois, de véritable explosion et hardiesse calvinistes. Le :2f) avril on tint siiiuiltanémciit trois de ces assemblées à Tournai, Aruientières et Teur ou Tour (Tourcoing? Thœux dans le pays de Liège? Sedan où séjournait Goy de Bray? Rahlenbeck). Les communautés, considérables déjà dans les grandes villes, assez transitoires dans les villages rarement pourvus de pasteurs, et devant s c m tenter de ministres itinérants» se dissimulaient sous des noms emblématiijues et variables que l'on croit empruntés pour la plupart à des versets des Ecritures : Capharnanm, puis la vignp Anvers, l'aigle ]'alcncienncs, la pnline T'>nrnn>\ le i^laive Gatul, la fleur de lis occ'''.. puis la giroflée Aiitlpii/n-dr, la llpur de lis sept''' Dt'efil. le bouton Antienlit'res et la Iloryr. le S(deil puis la ruche /ivuxclks, la gerbe Douaiy la pensée Arras^ la rose Lille et Hasselty l'arbre au bois Bou-te-Duc; la pierre ffondschote et Steinwerek, la pierre du coin Werwiek et Comminet, Tarbre JVeuve^glise comprise quelquefois avec le Quesnoy sous Tappellation d'olive occidentale ; Tolive orientale Memn avec Mouscron, Tourcoing y Jtoubnix, BondueSt Wambrecies, /Jnrellcs (ces trois dernières réunies. Lj78-1580); la composition de ces deux groupes de l'olive a souvent changé : l'ortie Orc/iirs, \\\nc h Tournai en 1578: la meule Mnlinrs. \'o\ï\ \pr iSaint-Trand, très transitoire ; la violette Louvain (?), ralouctte Tcrmofide, le bleuet Tirhnionf, (ces trois avec Diest n'ayant eu sans doute que des cultes en 11 iinaiid); Tancre, église encore indéterminée, à laquelle se rattachaient, 1578, Saint-Amand ei La Celle, Lecelles auj., past. Jean Gâteux, picard, martyr, 1567), peut-être (?) Cambrai encore, visitée de 1580 à 1583^ la corne CantecroiXj 1578, peu de durée; la Cerisaie ou la Lène, repiésentant un groupe (probablement du pays de Lalaiog, conjecture très plausible do M. Mounier) quelqucloi:? uni à Douai avec Mrrri//t' et Ai Cosfe {h du Casfel. 1577); la rivière? près de Valenciennes. Il veut aussi, plus ou moins longtemps, dos troupeaux constitués à /Vr««, Ilesdin et Lens-de-Sainl-PauL annexés à .\rras et Douai, 1.578; à Saint- Orner (Lescaillette, 1578), cl avec temples à Itichebourg, Lavende eXEstaires qui a duré isolée jusqu'en 1610 dans l'Artois; à Popermgut dans les Flandres, Saint-Ghitlain dans le Hainaut, Ypres et Nivelle dans le Brabant. Aux pays de Liège et de Limbourg le mouvement religieux • été très général, sans qu'il soit possible de retrouver des traces d'égli?«s dressées, si ce n'est Limbourg et peut-être Yerviers; tout s'éteint à la

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persécution de 1567 pour ne reprendre qu'au siècle suivant. — Plusipur>: fie rps HL^isos Sotis la Croix ou du Secret étaient desservies par des pasteurs de France, du Jon do liourjres à Anvers, puis à Liinboiirg ; Virel à Namur; d'Espoir h Douai, le dauphinois Pt'ivgrin de la (iranj:^e à Lille, Tournay, Gand, Valenciennes où il devait ^h-ïr avec (jiuy de Bray. Après le Compromis des nobles en 1566, signalée comme « la grande année i», et malgré les refus de la Régente, les réformés résolurent de célébrer le culte public. Anvers commença et se bâtit un temple; à Valenciennes id grands prtkhcs réunirent jusqu'à dix mille auditeurs. {Voir articles FL.VNDllE FR.VNÇAISE et PAYS- BAS . L'accord de sept. 15G() stipulait le dt-parl de tous les ministres étrafvj^.Ts. exi^enro dirigée surtout contre du Jon et l'influence pxercre par son t''çrlise. Avec le gouvrriinnent du duc d'Aibe et l'institution du sanguinaire Conseil des Tiouhles con\uienc<', en 1507. la dispersion des troupeaux eu.x-mémes ; la plupart des lidèles reconstitueront sur des terres protestantes des communautés appelées longtemps indistinctement wallonnes ou françaises. D*abord en Angleterre ; apportant l'industrie drapière, ils sont reçus me empressement par Elisabeth qui les aide à fonder les églises fortifiées ensuite par les réfugiés de France : Winchelsea, t56(>-1580; Cantcrbunj, 1561 ; Sandwich, 1564-1570; Noririch. 1.564-1829: Sofif/mmpfon. 1567. (Les églises de Colchester. Yannoudi. llalstead, Stainford, Tlietlord. fîanvey-lsland t'taient et restèrent lilireinont hollandaises). — D'autres rejoignent lesréfugiés antérieurs à Eniden, ou, se portant vers le Rhin, jettent les fondations des églises à'Àix-la-Chapelle, Cologne, Wetzlar; dans le Palatinat, où l'électeur Frédéric ni leur assigna des terres, Éeideiberg, Saint-Lambert, Sçhcgnau (I56i, surtout des Namurois et Liégeois, min. Clynet); en 1578 Otierberg, ces trois endroits construits par eux-mêmes; un peu plus tard, Oggersheim; dans la Franconie, Nuremberg, avec culte à Stein. Eri .Vlsace, 174 bourgeois de Liinhourg, condamnés au bannissement perpétuel, s'unissent à des réfugiés do France pour s'établir sous la proteclii^n du comto palatin, (loorgos de Veldenz. à Lixhi hu et à Pliais^ bimi'fj (1570-1617 . En mémo temps que les communautés wallonnes- * françaises ou flamandes, il s'en formait d.e hollandaises; les fugitifs des Pays-Bas septentrionaux se répandaient vers le nord de TAlIemagne, <[fi*ils gagnaient par la Frise, semant sur leur route des germes d'églises : la plupart ne durèrent que les quelques années de leur exode. Il yen avait à Brème, à Hambourg, jusqu'à Dantzick, assure-t-on, mais surtout dans le pays de Gléves (Goch, Gennep, Emmerich, Clève, Raes, Xanten, Ruderich, Iberslegen, Calear. Ronnen et Orsoy). où leur prédominance avait donnô lecarartôro iiollandais à la classe (ornjée en commun avec los troupoaux wallons do NN'esel et do Dnisbourrj ; cette dorniôre conmiunaulé, française de langue, était desservie par les ministres de Wesel. — A la création de ces centres évangéiiques, dont plusieurs comprenaient, au début» deux troupeaux de langues diflférentes (Ai.x, Cologne, Wesel, Emden, Heidelberg, Francfort), mais où le français remporta presque partout et fut adopté pour les actes ecclésiastiques, «orrespond bientôt unevaste organisation synodale, destinée à remédier

n îrnr i<?olpmenl. On ne pouvait plus tenir ÎPS synodr? sur les tfrr< ? de Pliilippe. H : c'est à We^ol, en 1308, qu'une quaraiitiiinc do nutiiltles réformés rt'(li;^'^èrent, sous la dirortion de Marnix de Sainte-Aldrirondp, un projet d'ordre d'église, et à Eniden qu'en octobre 1571 un premier synode généra], dont T&ffin fat secrétaire, dressa les aiiieles pour toutes lei églises du synode des Pays-Bas, m tant, celles qui sont sous la croix que celles qui sont éparses par TAllemagne et Frise orientale. » Les franraises suivront le catéehisme de C'ilvin. les flamandes celui d'Heidelherg; les églises voisines tiendront plusieurs fois par an des nsseint)léps dites classiques; tous le^ ans il y en aura une frMnérale dans chacun des firroupes. A.lleui:i^ni'\ Vv:<'^, la Croix, Angleterre; tous les deux an? un synode jjénéral de toutes. Enfin, pour donner la main aux é^^lises réforuiécs de France, on signera leur confession de foi comme celle des Pays-U is, en demandant la réciprocité. La conception était plus grandiose que pratique : il ne put être question de synode» généraux embrassant rensemble des églises; pendant longtemps on dut même se borner i des assemblée» de classes; sur les quatre d* Allemagne, deux ne se tinrent jamais ; trois sur quatre de celles des Pays-Bas étaient destinée^ il bientôt disparaître.

Dix mois apris le synodi^ d'Kmden. In Saint-Hartiiélomy ouvre une î»re nouvclli' dinis riiistoire du Uefu{?o. Ainsi que le conseil de Geiit've l'écrit au palatin : « Lfs jours de lauu'ntation sont arrivés, » 4 sept. iTiTi. Bientôt aftluent les fugitifs, << n'apportans aultre que leurs corps» (lettre de Genève à Berne, 8 sept.}. Si beaucoup d*entre eux rentrèrent en France quatre ans après, ce dont témoignent les remerciements à Zurich des é«rlises du Laiiïuedoc, du Dauphiné, de la Provence et du Vivarais; si l'église provisoire du Refuge créée à Za Rochelle n'eut qu'une durée de troi"; mois, un prand nombre de Français s'établirent néanmoins définitivement à réiranjjer et surtout à (lenève. Beaucoup des iO,6o3 immigrants venus sous François et Henri H étaient rentrés en France deux ans avant le massacre; il en était resté cependant, et des plus distingués, dans cette cité hospitalière qui plaçait à la tète de son collège, Mathurin Gordier et Golladon, encourageait l'établissement des Estienne, ouvrait son consistoire et ses conseils d'Etat aux de Budé, L. de Normandie, Sarasin, Tremblay, Tronchin et tant d'autres. Calvin n'était plus, mais Hèze continuait ses traditions, et quand cette fois, 50 pasteurs, 2,300 familles réclamèrent un abri. Genève, qui ne comptait que i,^2rX) citoyens, n'bésita pas à en étendre les droits à 1.638 réfugiés nouveaux. Les lettrés trouvèrent des emplois diurnes d'eux; les indigents furent secourus par la /irtnrsc fronraisr, âoui le legs du bourguignon de Busanton avait [)osé les bases en l.Si.),el qu administrait une délégation de la Vén. Compagnie. — A Bàle, à défaut du culte refusé en 1569 aux Anversois fugitifs, un service de prédications était inauguré dans la maison de M"* de Paulmy : les fils de Goligny s'y faisaient inseiire en 1573, Condé en 1575; les Passavant, les Beaulieu s'établissaient dans la ville, et Hotman confiait aux presses hàloises son réquisitoire contre les bourrt\iux, furnrihits (in/Hris. L'ordre donné aux étrangers de se rendre au cuite allemand (1Ô77) permettait l'exercice privé

Digili^uG by Gqû^

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pour coux ne sachant qut le français; ils appelèrent Mathieu Virel de Marchais en Bcauvoi^i*;, puis lo lantjuedocien Dpsfos: Court et Constant, parisiens d'oriixine, obtinrent en ITiSS de célébrer cux-mônies les sacrements d;ins une des salles du f'ollèt;e supérieur, et en IGi 4 seulement «l'occuper comme temple l'ancienne église des dominicains. — A Neuchàtel la Vén. Compagnie s'agrégeait plusieurs ministres réfugiés de France, leur confiant des postes nationaux, se réservant « d'adYÎser et rlsouldre de leur liberté en cas d'appel de leur ancienne église. » (Gab. d'Amours, p. de Paris, à Boudry, 1573-1584, doyen de la classe en 1575.) — En Angleterre l'effet avait été le même. Le cardinal de Châtillon y avait passé ses trois di^rnières années 1 508- 1 57 i . A la nouvelle de la Saint-Barlhélemy les éfrlises \vnlloiiTH'S céléluvreut un jeûne solennel ; FJisalteth prit le deuil : malirré l;i dmiaDde forniellc de Charles IX et les plaintes du commerce anglais elle accueillit chaleureuseuienl les fugitifs, à leur tète le vidame de Chartres et Montgonnucry. Aussi la bulle du pape Pie Y dénonçait-elle la reine « quam velul ad Asylum omnhtm infestissimi perfugium mtfenertmt », et la surveillance préventive exercée sur les côtes de France n'empèelidit-elle pas trois à quatre mille huguenots devenir s'adjoindre aux églises fondées et d'en créer «ne à fil/fi. En 15G2 et 4o68, des protestants de Dieppe et de Rouen s'étaient déjà réfugiés dans ce port; ils étai<'nt eu \^T2 et on y retrouve encore de leurs descendants. A Londres soixante pasteurs réfugiés '< s'exerçaient dans la prophétie « el recevaient des leçons de théologie de M. de Villiers, ministre de Rouen. Quarante-deux avaient fui à Jersey et Guernesey; plusieurs y restèrent comme ministres de Saint- Pieire, Saint-Hélier, Sainte-Marie, Hontorgueil, Chftteau-CSornet, déterminant le caractère protestant et même presbytérien des lies Normandes. — Elisabeth n'avait autorisé le rite calviniste que dans les deux capitales 1563 (ministre Baudouin, de Normandie, de Saravia «l'Hesdin); les paroisses ne tardèrent cependant pas à l'adopter et à s unir "au synode annuel tenu depuis lotii. alternativement dans l'une Pt l'autre ilc. Celui de (iuernesey du :20 juin lo7G pul)lia « la police et discipline ecclcsiasti(iue d<'S églises réfnrmées és isles de Jersey, Guernesev. Serk et Orignv, arrestécs et conclues d'un commun accord pur llM. les gouverneurs et les ministres et anciens. » Chaque lie avait son colloque : celui de Jersey accueillit et répartit en 1585 six pasteurs fugitifs; en 1620 on Fabolit ainsi qiie le consistoire, et le décanat anglican fut rétabli. Guernesey ne céda qu'en 1662. ne renonçant que devant la force armée à la discipline de ces églises réformées de France dentelle recevait {)lusieurs de ses ministres et aux académies desquelles SCS proposants allaient s"in>truire : elle résista jus(in'au milieu <lii «lix-huitième siècle îi l'introduction de la liturgie anglicane dans ^ église paroissiale. Dans le seizième et le comniencenient du dix-septièmc Siècle les chefs de famille d'origine huguenote se réunissaient de temps à autre en assemblée générale à la maison de Dieu de Southampton, «lemearée comme le centre des traditions patriotiques et religieuses : soixante- huit jeitnes solennels qui s'y célébrèrent « contre les temps d'af&iction selon la coutume des églises de Dieu », de 1566 à 1667,

se rnpportpnt presque tous pnit aux (''vénements <lc France nnxqupls ils ne sont point (Icveiius étrangers, soit aiLX ♦'■preuves des éjrlises des l*<iy?-Ras ^vallMns nu du Palatinat. — Après la Saint-Bartlu-loui y. les prutcstauts français n avaient pu chercher un asile dans les Pays-Bas où la guerre civile succédait aux massaeres. Un moment, dans le pays flamand, la Réforme reprend son essor et l'emporte même à Anvers, Gand» Bruges, où elle s*empare des temples catholiques. Dans le pays ivallon sod libre exercice fut toujours contesté. A partir de 1573, Téniigratioa des réformés "Wallons vers les provinces du nord s*accentue; dans le sud, les églises sous la Croix luttent en vain contre les rifruenrs espaprnoles. 1^ pacification de fîand, io76. leur pmcure un dernier répit de tr">i> ans, dont profitent pour se constituer régulièrement les é|.di<es de Louvain, Malines, Bruges, Ypres, jointe à Nivelle. Lo synode d'Huulen de ITH" décide que les églises de langue Trançaise et de langue ilaniaude, unies pour leurs synodes provinciaux, auront des assemblées dassicales distioctes (ce qui devra bientôt s'entendre d'une part des S. nationaux communs et des S. provinciaux séparés). L'année suivante tout espoir de conserver l'union polilitjue des dix-sept provinces des Pays-Bas n'étant pts abandonné, le S. Nat. de Dordrecht s'efforce de maintenir le fa'iscoau des églises en les groupant par synodes particuliers : les wallonnes dispersées en forment six : llainaut et Brabant, Artois et Lalaing, Camhrésis, Basse Flandre avecTournai et Lille, Linihourg et Liège. Namur. L'avant-dernière classe ne correspond déjà plus qu'à des troupeaux dissipés : celle de Namur est le premier témoignage officiel de l'existence dans cette ville ou ses environs d'une communauté réformée. Sans avoir été mise en œuvre la circonscription ecclésiastique des provinces du sud disparaît avec le traité d'Utrecht qui accentue la scission. — C'est le Syi\pde Nat. de ir)78 qui régla l'élection des ministres parle consistoire avec l'avis de la classe, le silence de Téglise servant d'acquiescement. Les églises « sous la Croix » députèrent aussi au S. gén. de Middelbourg, 1581. qui dressa les articles de discipline; au S. Nat. franrais de Vitré. 158.*1, (min. de Gand, Malines et Bruges) : ce fut un de leurs actes suprêmes. Depuis lo80 le duc de Parme avait interdit tout culte iiéformé dans l'Artois, le Haînaut, le Toumesis, bientét partout où il devint le maître, et les églises les plus résistantes jusquld succombaient Tune après l'autre : Valeneiennes en 1558, Tournai. 30 novembre 1581, Audenardeet Ilondschote 1582, Menin et Furnes !o83, Ypres 0 avril, Bruges 22 mai, Ternx iide 17 :\où\, (iand 17 septcinl«re 1584. A l'assemblée d'.Vnvers, 30 octobre 158 i. .Malines seule a député f( h cause de rinconnnodité des temps ». Cette réunion est la dernière; Bruxidles et Malines disparaissent en mars 1585. .\nvers, protestaiit au point que pendant plusieurs années on n'y célébrait plus la messe, Anvers eniiu conquis cède le 17 aoùi. Des milliers de fugitifs, répondant à l'appel de Mamix de Sainte-Aldegonde , s'expatrient i jamais vont fonder des colonies et des églises wallonnes dans la nouvelle république des cinq, puis dos sept Provinces-Unies, reconnue par le traité d'Utrecht. Ce sont par ordre de date : Middelbourg. associée dès 1574 aux églises sous la Croix ; Amsterdam, la dernière

de la Hollande à se séparer de l*Espagiie et à se déclarer pour la Réforme : los cxil/s revenus de Frise et d'Allemagne élirent un consistoire pour les Hollandais n Wallons en mai 1578, on ?optembre 1579

un consistoire séparé pour Wallons, avor nn pasteur franrais, J. de la Grj've ; Uh^echt 1583. annoxée à d'autres jusqu'en 1595; Fless'mgiir, lo8-i-lH2't, prédications ilepuis lol-2; Zri/de 1584; (juohpios prédications de L. Dancau en 1581, puis arrêt jusqu'au translort du iruupoau de Bruges; Delft ioHTj ] Dordrecht 1586, prédications de 1570 à 1578; Bœiem 1586, église plantée en 1576; Ani0inuy<fe 1586-1616, annexe de lAiddelbourg ; Zierickzee 1587-1827 ; Breda 1590 ; Rotterdam 1590, unie au Consistoire hollandais jusqu'en 1630; La Haye 1592, de même jusqu'en 1618 (en 1620, Jean d'Espagne, ministre d'Orangol ; Campen 1590-1818, pasteur pour les deux langues jusqu'en 1009. — La constitutitHi df cos églises est \o fait majeur l'époque de transition entre le premier et le second llofuge de France. Elles rentrent dans notie cadn', car elles renferment des éléments français, provienneul en partie de villes françaises aujourd'iiui et, restées en relations fréquentes avec leurs sœurs de France, ont formé les pierres d'attente de la grande église du Refuge en Hollande après la Révocation. Quoitju'il fût interdit à nos synodes de correspondre ofliclellement avec ceux de l'étranger, les communications s'échangeaient pour des vocations de ministres. Quand, après le traité de Nemours» Henri lU défend l'exercice de toute autro relip-ion que de la romaine, sous peine de mort, ordonnant aux inini^^fres de quitter le royaunu;» dans nn mois et à tous autri s calvinistes en six, édit du 18 juillet 1585, aggravé par celui d'avril 1080, réduisant à 15 jours le délai pour la sortie de France, c'est vers la Hollande et l'Angleterre que se portent les huguenots. A Tavènement de Henri IV, l'émigration cesse presque entièrement, pour reprendre sous Louis XIII après la chute de la Rochelle. Bientôt, même dans ces jours encore moins troublés, des pbsteurs sont forcés de s'exiler : les synodes wallons s'en incorporent plus de trente, tandis que le collège français de Leyde et la célèbre université de cette ville acceptent ou sollicitent les services de T>. Capp(d I575-I580. L.Daneau, du Juu 1502-1002, Scaliocr 15ÎK'M009, André Hivet 1020-10;H ; Sanmaise et Samuel des Marets à Onuiin^Mie, 10'i2-1073. — L'union avec les églises de Hollande se maintient par la délégation aux Synodes nationaux ; participant par tfrois députés à celui de Dordrecht et à ses décisions autoritaires, le corps ecclésiastique vallon* dépose le pasteur Simon Goulart, français d'origine, qui avait refusé d'y souscrire et partagea l'exil des Ile ni outrants, 1618. Les synodes (dits de langue françoise, quelquefois simplement synodes françois, après 1010 ordinairr-inent synodes wallonsl, tenus avec une invariable réj^ularité bisîuuiuollo^ confirmaient, aju-ès vocation adressée par le consistoire et sanction de la classe, les ministres rétribués par les Etats j^énéraux et les municipalités,, avec subvention des églises les plus aisées. On allouait 600 florins au ministre dit de ïOlive, chargé de visiter, en- • eourager et consoler les frères restés sous la Croix dans les provinces soumises au roi d'Espagne. Loin de diminuer et de s'affaiblir comme

on l'a pr»' tondu à tort, les églises wallonnes p>*i;iient constamment (|p pl.mtir (Ir's jalons nouvoaux. Do 1053 à 1671) un second luiiiistit' (le roiivo est adjoint au preniior. Aux <'dises fondées au seizièiiK^ sif'clo s'ajoutent au dix-soptièuie : (itoedo, 1618-1817. 6'r.>niihjiif, prétlicalions doux fois par semaine depuis 1619 (niinistro d>' La Haye) mais sans forme d'église; G'oiirfa. 1624-1818, d'abord pasteur pour les deux langues; BoU'le-DuCr 1631, existant sous la Croix avant 1576, elle avait été détruite par les espagnols ; Mahtricht, 1632, forme une clause distincte avec les six suivantes « d*Outre-Meuse », Limbourg^ Hodincourt 1632, Hervé, Soj/mu cf Rechein, Dol/trm, Bourmj IC.:.!, toutes ruin«^es par la guerre, 16;{r); Dalliem osl rétaldie en 16iH-lHi)3; les j)ofi(es sont rattachées à Olim; Limliour}; reprend après la U»'V<m,ilion. //ef/sflm, 16;iS-18()S, pré<lieaii(uis depuis Uï.H. Nimèf/nr, Ki'ii, depuis 1621 pr«>dications de l'auiuAnier de la ixarnison. Olnc, 1618- 190^, Naarde, 16.j2-181U. La /inlle, 1653-1827. Sas-dc-Gand, i^i- 1793. Leuwarde, 1659. Goes, 1661-1817. Bleigny, 1668-1802, prédications depuis 1665. Aux synodes figuraient le régent du collège de Leyde et le ministre député du Cam/)rou de Tarmée, les compagnies wallonnes françaises ayant une église organisée avec consistoire ot diacres; en 1620, il yen avait deux; leur députation cessa en 1651. Chaque réijiin.'nt étranger au service des Etats généraux avait son auniAnier confirmé par le synode (Ilég. du inarq. de Roussy 1625. du maréchal do (îhAlillon 1628). De phis les troupes en garnison rorniaient dos églises et envoyaient leurs représentants, Nimègue de| uis 1621, Boisle-Duc 1625, les forls d'Axel et Philippine de 1638 à 16 iO, hendyke 1638-1641, sans compter les prédications françaises à TEcluse 1584- 1587 et 1605, à Vîlvoorde 1579- 1582, & Ostende, 1585, au fort de Lillo 1687-1600, à Berg-op-zoom 1586, 1619 et sqq., à DcvenCér, 1635 et 1666; à llulst, 1649. Au synode ilo Middelbourg, 162i. surgit pour la première fois la question des églises françaises à fonder dans les cohuiios d'Améri(pie. d'ahord pour les troupes engagées dans la conquête du Hrésil. i< Nous sonnnes ici un grand nombre de français et ^valloI1s. voiro bien trois contre un, » écrit-on do /*ernauib'ju( : en 1633, le culte est l'ait par Neveu, juoine oruiverli, eu 1638 par Soler qui prêche en espagnol et en français ; à partir de 1640 par des pasteurs spéciaux envoyés du synode avec le concoms des administrateurs de la compagnie des Indes oecidentales (de Vaux, du Four). L'église succombe lors de la prise de possession portugaise, 165i. Le ministre Jean des Camps est donné, 1655-1658. à i'i/e df Soiitt-Martin « où il y a un grand nombre de Wallons et Français ■>; ou no lui connaît pas de succc^spiirs. A Tnhnffo le ujinistre Chaillou reste do HKU) à 166i et do 1668 a 1671 ; Lambert lui surcède. Los autres églises ctdoniales tout de la période suivante. — Les liens des églis€5 wallonnes des Pays-Bas avec celles d'Allemagne, sans se rompre enUèrement, ne tardèrent pas à se relâcher. Le culte français souflHt à Emdeo, par suite de divers fléaux, une interruption de neuf années, 1C02-1611 ; sur la demande du consistoire allemand, le synode de Dordrecht envoya alors Hoschédé de la Vigne qui reconstitua l'église,

étnl»]i<sant (juatrn aurions ol (ju;itro diiicros avec droits éj^auv : on Ifili, le >yn(Mlo déclara qii Kiudcu ne serait plus tenu à une délégation, niais que le pasteur français serait toujours le bienvenu : ses visites sont rares et régUse devient d^ plus ca plus isolée et indépendante. — Centre des communaatés réfugiées dans le pays de Clèves, Wétel eut ses réunions elassicales, présidées par de Nielles, min. de Téglise française, mais dorlt les actes se rédigent en hollandais, très régulièrement de 1573^ à 1586, plus rarement de 1591 à 1595. L'invasion espagnole détruisit alors momentanément les paroisses calvinistes : on 1()03, le synode se Téorj^anisa, mais formé de paroisses allemandes; rélément hollandais avait disparu. L'église française fut vainement sollicitée à plusieurs reprises de déléguer de nouveau aux synodes des Pays-Bas ; elle se borna de loin en loin ù leur demander des miaistres. Plus au nord, des . Wallons, réfugiés du duc d*Albe, célébraient un culte pnvé à Stade: en 1588, ils sollicitaient un ministre du synode de Middelbourg: Morttau fut envoyé dresser leur église dont toute trace s'efliice vers 1619, sans doute par une fusion avec celle d'.4//o«â, fondée de métne en 1588, avec temple et organisation ecclésiastique en 1602 : des Français s'unirent à, celte conmiunauté (jui embrassait Hambourg et en prit plus tard le nom. Aix et Cologne avaient relusé en l'iTH de s'unir à la classe de Weseî comme le leur tlcman.lait le ï-ynculc de Di^dreclit. I/église suus la cDiix fondée à 6'o/o^//(', par les lugilils de 1750, prit successivement plusieurs pseudonymes (reconnus par M. lep** Gagnebinj. A partir de 1611, ses relations avec les synodes wallons semblent cesser; elles continuent pourtant sous le nom de laKi^e, 1611 (S. de Dordrecht, le sceau de PEglise représentait un cep); puis sous celui de Mêlant, jusqu'en 1624. d. sif^Mianl la ville de Mullieim sur les terres de Clcves où IVxon ice était transj)orté depuis lOli, enfin sous celui du I f/'z/er; depuis lG3i le ministre du Verger fait partie de la classe de Maë.-tricht et des églises d outre-Mense. Tx»s dernières traces sont de Itii'». L'église à'Aid-la-C/ifijjrllc, après des perséculii'iis nombreuses et la uiigration d une pattie du troupeau à Dordrecht (1(315) renonce à célébrer le culte dans la ville, et se réunit vers 1643 «ur les terres d^Limbourgà Vàals: jusqu'en 1684, elle se rattacha au synode hollandais de la Gueldre dont elle fut disjointe pour s^associer au corps wallon et à la clas^re d'outre- Meuse. — Dans le cercle du Palaliiial. tel que lavait organisé le^ynode général d'Emden, Francfort et lleidelberg restèrent jusqu'aux prernièn s années du dix-septièuie siècle en correspondance avec les églises des Pays-Bas. A Francfort le culte, même privé, avait été interdit en 1596. et l'ext rcice traiisféi-é à Do» kcnheim jusqu'en liiOH, jiuis à O/ftinbac/i, 1009-1G30. Il subit alors une interruption de huit années, après lesquelles le troupeau wallon-français, par une sorte de réveil leligieux, reprit les services à Bockenheim; les Flamands s*étaient unis aux Allemands. L'organisation synodale du cercle se maintint de 1572 à 1606 : vingt assemblées classicales, tenues de préférence à Franckontlial, réunissent les délégués des deux églises dites de Francfort à ceux de Heidelberg, Scboenau, Saint-Lambert, Olterberg, Oirenbacb, jjarfois Wezlar, et, à partir de 15U5, Hanau et Annweyler, Ëii 15U3, Louis II,

comte (]o Hanau Muiizonborg, qn'i avait rétîibli lo calviiiisine en ses état?, accordait lo culte public on t"ran(;ais à onze cliefs de famille français et wallons (le Lille, Tournai, Valenciennes, LuxeinltDurg, Sedan, la Champagne et Strasbourg, troupeau renforcé en 151)6 par les expulsés de Francfort. En 1597, devançant presque d*un siècle les institutions provoquées à Tétranger par la Révocation, il signait avec ces immigrés uoe Capitulation pour la construction de la ville neuve, sur les plans du réfugié Gillel : commune autonome, dans laquelle les droits civils des r»''fugiés étaient étroitement liés à leurs droits religieux, elle possédait son sénat élu par les citoyons, ses doux églises hollandaise et française, fralernellomont unies, mais chacune sous son consistoire, avant libre choix de ses ministres et de ses instituteurs, avec droits de veto pour les chefs de famille, et siuis rétribution de l'Etat. La discipline est celle des éghses réformées de France avec emprunts à celle du Synode de Middelbourg. Alors que dans les troubles de la guerre de lYente Ans tout lien synodal disparott, il est créé un Grand consistoire, composé de tous ceux qui ont été en charge, plus des pères de famille et des sénateurs m ombres de l'église (le sénat suprême ecclésiastique, décrété en 1673, ne fonctionna pas). En lG09,dans plus de deux cents maisons neuves, la communautécomptait 1:2(M) membres avec corporations de tisseurs, drapier:', tanneur:?, passementiers. Elle s'appela d'abord église française, puis indilférenrmcat française, wallonne, ou welche; à partir de 1G85 wallonne, pour s'abriter derrière son origine. A travers les changements de dynastie, les luttes contre Tingérence luthérienne (Ilaut-Recès de 1670), les divisions intestines entre le sénat et le consistoire (Compromis de 1721), l'église de Hanau a persisté^ ne renonçant qu'en 1832 à ses privilèges civils et conservant encore son indépendance religieuse, son culte français et ses écoles. — Des faveurs du njéme genre avaient ét«' acconlt^es aux réfugiés calvinistes dans le duché des Deux-Ponts. Le duc Jean l' "" avait autorisé rétablissement de l'église d'Annweyler (vers 15tK)t dont la constitution ecclésiasiiqno servit (h> type pour les autres. Jean II, veuf de Catherine de Ilohan Purthenay, accorda par lettres patentes du 3 février 1618, sur les sollicitations de sa belle-sœur, Henriette de Huban, un asile aux réformés de Phalsbourg, en butte à' de violentes persécutioos depuis la prise de possession du territoire, en 1585, par le duc de Lo^ raine, qui appliquait aux seuls luthériens la clause de tolérance insérée dans l'acte de cession. Conduits par Jean Heusch,ils s'établirent à Bischu'illcr, enclave de la maison de Davière en Alsace, et y introduisirent la fabrication du drap. Les lettres patentes du février 1618 acconlaient « non seulement auxdits suppliants, mais aussi à tous Franeais et Wallons faisant profession de notre religion chrétienne, mémo à toutes autres personnes de même état qui auront désir et volonté de se retirer aux mêmes lieux, » une place de commune pour b&tir leurs maisons en pur don, exemption de tailles ou corvées pendant dix-sept ans, exercice de tous métiers, admission aux emplois de justice, ministre a<entretenuà nos frais et dépens pour leur administrer la parole de Dieu et les sainis sacrements en lan;^nio intelli^^ible française, considérant Jour demande être uuu seulement raisonnable, mais juste et nécessaire. » Us pouvaient

REFUGE m

1p propiiser oux-inèiiies, « pourvu qu'il se range à l'onlre ot discipline do* Eglises réfonnées de France et police chrétienne usitée sur les terres n de la seigneurie. Le premier lut Didier de Mageron, de Metz; il mourut en 1629 comme premier pasteur aussi de Téglise française de la ville ies Deux Pimts^ qui venait d'être fopdée sur les mêmes bases. Le culte français de Bischwlller a duré jusqu'à la Terreur de 1793 : depuis la Révocation tous les ministres vinrent de Suisse. — La guerre de Trente ans avait brusquement interrompu les relations synodales du Cercle du Palatinat. L'envahissement du pays par les troupes impériales, l'occupation (le Fraukenthal par une garnison espagnole, le pillage de Heidelberg, la dépossession de l'électeur Frédéric V, l'interdiction de tout culte réformé et l'expoUion des pasteurs ;H):i2 ébranlèrent jusque dans leurs fondements les communautés wallonnes. Leurs ministres semblcuL s'être d'abord réfugiés et concentrés dans l'église récemment créée à BiUigheim^ d'où vin(pt*siz d'entre eux écrivent leur détresse au synode de Harlem (1626). Dix ans plus tard eeluid'Utrecht ordonne des prières générales « pour les Eglises d'Allemagne et surtout du Palatinat. »» On pouvait les croire anéanties. Mannheim^ village dont les Réfugiés avaient fait, en 1606, pour rélocteur Frédéric IV une ville et une forteresse, et où ils avaient pr«d)alilenient déjà un culte, puisqu'ils y étaient supéi ieurs en uoinhre aux Allemands, fut entièrement détruit en 16i4.La paix de Weîtphalie, qui ne remlit pas le protestantisme ù la Bohème id oii 36,0(JU familles e.vilées pour leur foi se répandirent dans l'Allemagne du Nord, la Pologne et la SuëdQ) en permit le rétablissement dans le Palatinat avec celui de l'ancienne maison électorale. Mannheim fut rebâtie, surtout par les Réfugiés; l'électeur Charles-Louis et sa cour participèrent aux sacrements dans l'église wallonnOt constituée en 1652 comme an* nexe de Fraukenthal, et en 1C38 avec son propre ministre (Crcspin, du Vivier, Braylet) : elle comptait à Pâques 1068 près de neuf cents communiants. Peut-être l'é-ilise de Frhcnlienn date-t-elle aussi de celte époque. Le consist«'ire de llanau proposa de reloruier un colloque; les persécutions dont soutirait toujours l'église de Francfort lircut avorter ce projet. — Des réformés d'origine wallonne, fugitifs du Palatinat, s'arrêtèrent à Caael en 1616, obtenant du landgrave de Hesse, Maurice, de célébrer avec quelques négociants français le culte selon le rit de Genève, à condition de ne pas former d'église séparée. Leur ministre, Poujade, de Montpellier, se rendit, en 1623, k Brème oit le sénat, sans doute aussi par suite de la dispersion palatine, vennil d'établir un service français dit wallon : il subit de fréfjueHles interruptions, mais on le constate de 16:23 à 1629, Ui32à lliiTel en Ki'lT. — Pendant la seeonde période de la {.çuerre de Trente ans, des gentilshommes protcstaiils irançais ont dù servir sous Gustave-Adolphe : plusieurs huguenots s'étaient fixés en Suède depuis les persécutions de Henri II, s'alliant à de grandes familles du pays. Le sorbonniste converti, Denis Beurée, avait élevé les deux fils de Gustave Wasa (1556) : l'un d'eux, Éric XIV, nomma Ch. de Momayi sieur de Varennes, grand maréchal du royaume et ambassadeur en France (1561); il périt en essayant, avec un petit corps de troupes, de replacer sur le trône son

bieuruiteur (It'posst'dt'. Kii ItiiS. le I»aror» <le (icer, o ri tri nain"' il»^ î.iitr*», fit exploiUT ies iiiiiKisdr Tiii-<i>iu>(i par de nombreuses iaiiiilh s walloimos. et b'iir donna une église tram ai.<e. Vax H( i,'>, le synode d'ArdenixKir'fT adresse un pasteur, a et sera le d. Le (jueux censé pour ineiabre de notre synode. » GNistave-Adolphe avait accordé la pleine et entière liberté religieuse; Christine l'imita et sut attirer à Stockholm, pour quelques mois, Sauroaise et Bochart. Charles XI ayant ordonné Téducalion lutbé rienne des enfants de calvinistes, en 1666 Keller, past. de i'Egl. réformée recueillie en Suède, est oblij^é de retourner aux Pays-Bas. — En Angleterre Texlension liu Helntîe n'avait pas tardé à provoquer les plaintes de la nation. En 1588, Bur^hley dut plaider devant le Parlement la (Miise de <'es <t pauvres exib s qui ont mu/la /inspi(i<i, fmuros amicos » : à sa mort le lord-maire delendil aux étrangers, tlainauds. hollandais et français d'exercer leurs industries dans la cité de Londres, interdiction levée par ordre du conseil du 39 octobre 1599. Jacques I*. sous le règne duquel Casaubon vint finir ses jours en Angleterre, et qui avait pour médecin le reformé Turquet de Mayeme, seni[iressay dès son avènement, d'écrire aux Eglises du Refuge, rappelant à I bonneur d'Elizabelb « son hospitalité envers les étrangers, à la louange «ie laquelle je veux hériler. .Te vous jure », ajoufiiit-il. « que si (juelqu un vdiis niole-te eu vos éu'Iises, vous adressant a moi. je v»»us v» ni:"'rai. » Os communautés avaient suivi, pour leur ()rj>Muisati(»n, Ti xemple de leurs sœurs du continent. Celle de Londres s'était alliée eu w coitus » avecla hollandaise et Titalienne, éteinte en 1598. Le premier coUi^que dont on possède un rapport complet est du 19 mai i581 ; il s'en tiot jusqu'en 1660 trente, tous les derniers à Londres. Le premier synode est du 16 mars 1603, avec le concours des pasteurs des églis* s hollandaises : le second (1634) eut une importance capitale. L'archevêque Laud, abrogeant les privilèges confirmés en KiiC par Charles V*^, ordiuinait à tous h's meml)r<'s des Eglises élrangër*'s nés en Angleterre de se rattacher à la paroisse naliouale, et à ceux tpii n'étaient pas sujets nés de suivre leur discipline, mais en se conlonitaiJt h la liturgie anglicane, traduite en français. Le Synode, églises françaises et hollandaises réunies, refusant « la conformité, » Laud répliqua par l'emprisonnement des ministres, la fermeture de trois temples dans le Kent. Le parlement cependant sanctionna leur résistance et le synode de itVU publia la Police et discipliur rcclé» siastifjue ohsrrcérs ès l-^glhi' de la langue française. Les deux derniers synodes sont de KiH et HliT. Il s'en f'ofidait (jtielques n(»uvelies, Smidiolf. [iy.i \-\i')H\ , lioll ludaisc-rram aise ; Jjniirrrs, 1G40 : F(H'*'rslto}ii , ItJWi;* Wl'illlttacy , Hiit», di' peu de durée; Th<>i nfij-Abbeïj ^ Hioi. A Londres même, après des prédications chez Soubise, une congrégation réurne eu 1643 à Durham-House est transférée à Somerset- House Chapel (1633) (min. Jean d*Espagne) : une autre à Mary-le-Bone. Cromwell, défenseur auprès de Mazarin des protestants de France, encouragea leurs établisse ments d'Angleterre. Charl< ^ H, à sa rentrée, reconnut leurs droits, mais en érigeant en KHM l'Eglise de la Savoie, il la plaça sous la juridiction de Tévéque de Londres avec usage exclusif de la liturgie anglicane : h

eoDgrégation ne s'y résigna qu'après consultation et acquiescement des Eglises de France et de Genève. Depuis cette époque, on ne trouve plus mention en Angleterre de synodes ni même de colloques. — On assure que, lors des vexations de lÂud, cent quarante familles calvinistes émigrèrent de Norwicb en Amérique : la Virginie leur étant encore fermée, ellos diirnit se porter de préférence vers Boston qui venait d'ôtre fondé dans le Massachusspts ; des fiijjjitils rochellois les y rejoignirent en 1662» sous la conduite du docteur Touton. D'autres les avaient précédés dans les terres occupées parles Hollandais sur les rives de llludson. Les trente familles qui or|z:anisi'rent la colonie de la Nouvelle-Anisterdam 1623) étaient presque toutes wallonnes : Micliaëlis établit une forme d'Eglise et célèbre le culte en français (1628). M<'gapolensis s'adjoint, pour la prédication fran<:aise, Drisius, chargé de visiter aussi Ilarloin sur Staten- Island(lG52) : cette colonie avait été fondée en 1637, surtout par des réfugiés ou descendants de réfugiés picards, bretons et saîntongcais, fixés d'abord dans les Pays-Bas et le Palatinat (les Lemaltre, des Marets, Tourneur, Forest, Casier, la Montagne^ etc.] ; malgré l'adjonction postérieure d'autres réfugiés de Mannheim, l'élément français disparut de Harlem où il avait été prépondérant pendant plus d'un demi-siècle. — 11 rr'sle à mentionner, dans la période avant la Révocation, la naissance de deux Eglises françaises. La Suisse n'avait reçu, depuis TEdit de Nantes, que de rares immigrants : en IGIO, d'Aubigné venait consacrer à Genève ses dernières année>. Le comte de la Suze, disgracié pur Louis XIlî, fondait en lG2.'i à liernc, où les prédications françaises ont commencé beaucoup plus tôt, une Eglise régulière à laquelb» se rattarlia ensuite H. de Uohan 'prem. min. Klie et Adam Ducresl). Un de >('s lieutenants, llochine, retiré à Mul/touse, ville d Alsace entrée dans la Confédération helvétique, obtint en 1661 l'établissement d'un culte réformé français, assuré par un legs des fondateurs^ et qui n'a jamais cessé depuis.

H. Dbuxiêub Epoqub (1660-1791). — La première année après la mort de Mazarin, Louis XIV inaugura la politique violatrice de Tédit de Nantes et en prépara la revocation. Après avoir renversé, en 1662, vingtdeux temples du pays de Gex et s'être attaqué au Languedur, il répond aux vœux de l'assemblée du clergé et rétablit, en 1663, dans toute leur rigueur, les anciennes lois contre les relaps. Aussitôt commence l'émigration, restreinte au début à quebjues ministres frappés ou menacés d'iuterdit, h quelques fami!lt;s des provinces maritimes (d'où la détense aux protestants d'babiter les villes frontiôrcs et maritimes dont ils ne sont pas originaires; pour Lu Rochelle, 4 octobre KWil) mais qui prend bientôt des proportions sérieuses et grandit h chacune des étapes de la persécution (voir pour les détails de ces mesures successives l'article France proteitanie, géographie). L'attention du gouvernement s'éveille, et un premier édit prohibitif d'août 1669 défend à tous les sujets du roi de se retirer de son royaume pour aller s établir sans sa per^ .mission dans les pays étrangers. De 1672 à 1679, la guerre avec la Hollande cause un certain ralentissement dans la persécution et dans la fuite des huguenots; elles ne tardent pas à reprendre : le 17 juin 1681,

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on leur défend de faire élever leurs en&nto hors de France; le 18 mai 46^ aux « gens de mer et de métier « d'aller s'établir en pays étrangers; le 14 juillet, on renouvelle l'édit d'août 1669 en annulant tous ks

contrats de ventes faits par les religionnaires un an avant leur sortie. C'est rémigratiua de rannée préôi^dente avait été significative à h suite de la proscription du culte dans les grands eentres commerciaux et surtout des dragonnades organisées en Poitou par Marillac. Suspendues pendant deux ans, grâce à l'influence de Colbert qui en comprend le danger, elles recommencent à sa mort avec une nuuvelle vigueur et sont appliquées en \()H\ dans la France enlii-re. — Daus muis qui procèdent la Révocation, l'Angleterre et la Hollande voieul aHluer l^s fugitifs. Déjà quelques souverains, les uns poussés par rupniiun publique, en tout premier les Etats de Frise (17 mai H38I:. les autres, comme Charles II (i8 juillet 1681) et certains princes d'Allemagne, désirant fiiire bénéficier leur pays de la grande faute de Louis XIV, offraient offidellement des privilèges déterminés aux protestants français qui chercheraient un refuge sur leurs terres. Tandis que leurs envoyés en France leur signalaient les avantages à retirer de l'émigration (Correspondances de SaoUe et de Spanheimlj ceux de France constataient l'arrivée à l'étranger de cargaison? entières appartenant aux réformés. Aussi la déclaration du rui du 31 mai 168a dérrète-l-elle la peine des galères contre les Français passant tîi pays i traugers; celle du lU juin y défend leurs mariages sous les même? peines; cril»' du 'iO août accorde la moitié dos Idcns des pridt'stanlï formés qui sortent du royaume à (|ui les aura déimncés, et l'édii de Kovocation réitère les « très expresses défenses à fous nos sujets de ladite religion protestante réformée «le sortir eux, leurs fennues et leurs «fants de notre dit royaume, pays et terre de notre obéissance, ni detnaiporter leurs biens et leurs effets, sous peine des galères pour les hommes et de confiscation de corps et de biens pour les femmes. » Aux ministres seuls il était enjoint de sortir de France quinie jours après la publication de l'édit, délai réduit à vingt-quatre heures pour le célèbre Ghnvle et réfusé à beaucoup d'autres. Il m partit six cents : plusieurs durent abandonner leurs enfants, à qui le droit de les accompagner fut refusé. Tous les laïques, sauf de rares exceptions (les fils de Duquesne, Sclioiiiherj:. Uusigny et (pu'hjues dames nobles), durent rester, d'aliord sous hprantie dérisoire du dernier paragraphe de Téilit. leur |)rrnulfant de demeurer « sans j)«uiYoir être troublés ou empêchés, » n.ais lut ntôl avec l'ohligatioii expresse de faire acte formel de catholicité. — (^hiautl il ne fut plus possible de se faire iilu^ion, aux dix mille familles sorties de France de 1081 à 1G85 s'en ajoutèrent cinquante mille autres (voir pour les Chiffres Tarticle déjà cité), surtout de Touest, du nord et de Test. Emigration sans exemple et sans pareille d'au moins 400,000 et peut^Cn de 600,000 protestants, uniquement motivée par les besoins de It cooieience, et qui ne s'accomplissait désormais qu'an prix des plus douloureux renoncements, de périls dont les ménu)ires du temps nous ont conservé le récit. (Fontaine, Nissolle, les Kobillard, etc.) Pour les erofiédier, on mit tout en œuvre : promesses, menaceSi récompenses, cbàtiinenls.

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Tandis que Louis XIV faisait démentir l'édit de Potsdam et publier des récits mensongers sur les misères endurées en Angleterre par les fugitifs, ([u'il chargeait Bonrepaux, en Hollande et en Angleterre, de les engager au retour, qu'il se faisait aider par Jacques II, et qu'il menaçait Genève de toutes ses rigueurs si elle continuait à recevoir ses sujets, qu'il payait les délateurs avec les dépouilles de leurs victimes, il faisait croiser ses navires sans rcldche le long des côtes, multipliait surleslrontières les troupes chargées « de traquer comme des bétes fauves » et •l arnHrr fugitifs, en faisait remplir les prisons do Lyon, des Flandres et de Pic^irdic, ou conduire par bandes entières les honinies aux bagnes de Marseille, de Toulon, des colonies d'Aniéri(iue. les feniiiies dans les couvents et à la tour de Constance. Guiiiiiie l'a dit Uanke, « l'héroisme de la conviction se déploie maintenant non dans la rcsistauce, mais dans la fuite. » — Les édits et déclarations sont plus éloquents que tous les commeotaires : le 5 novembre 1685, défense à toutes personnes de contribuer à l'évasion ; 20 novembre, nouvelle défense spéciale aux « pilotes lamaneurs; » 26 avril 1686, établissement de corps de garde le long des cétes avec allocations d'effets et d'argent après arrestations réussies ; 7 mai, les galères à pei^tiûté contre ceux qui, s'étant convertis, sortiront du royaume sans permission (réponse aux abjurations simulées suivies à l'étranger d'actes de repentance solennelle et de réconciliation avec l'Eglise); i**^ juillet, délai accordé jusqu'au i«*'mars de l'année suivante pour rentrer dans leurs biens à tous ceux qui reviendront et feront abjuration ; et, en présence de l'insuccès de toutes ces mesures, « changement lie la peine des galères en celle de mort contre ceux qui favoriseront l'évasion des nouveaux calholi(iues (12 octobre 1G87). La déclaration <ic janvier 1688, conllrmée le 3! mars, réunit au domaine les biens immeubles de ceux de la religion protestante réformée sortis du royaume, pour en être fait des baux au plus offrant et dernier encbérisseur; • à ceux qui découvriront de ces biens caehés ou recelés, » il sera donné moitié de la valeur des meubles et pendant dix années la moitié de la valeur des immeubles ; 'les sommes « très considérables » payées pour k capture, conduite et nourriture des fùgitifo arrêtés en route seront répétées sur les biens (17 février 1688) ; on prendra sur les revenus les pensions des convertis (10 novembre 1688, 8 janvier 1689, 19 juillet et 8 septembre 1680). — Cependant l'émigration continuait toujours, et Vauban, presque seul dans son blAine énergique, déplorait •léjà par un mémoire adressé à Louvois, la désertion de cent mille homniej, la sortie de soixante millions, la ruine du commerce, les neuf mille inMelols, six cents officiers, douze mille soldats passés dans les rangs de itnncnii. Gnlce à ce concours Guillaume d'Orange venait de détrôner le faible et fanatique Jacques II. Mais le roi est impitoyable ; la seule concession est que ceu.\ de ses sujets qui serviront dans les troupes du loi de Danemark, son allié, ou se retireront à Hambourg jouiront de la moitié de leurs revenus (ordonnance du 12 mars 1689). Il consent aussi à expulser du royaume quelques gentilshommes buguenots dont 1 opiniâtreté a résisté aux couvents et à la Bastille (parmi eux Béring- ^ qui, renonçant à tout pour sa foi, écrira dans ses Cinpiante lettres

d'exhortation : « entre 200,000 Réfutés je suis le seul qui puis me glorifier d'être mari sans femme, père sans eufants, conseiller sans charge, riche sans bien »), Le 30 juillet, exil el confiscation des lien? des parents, enfants ou femmes de ceux qui servent les ennt mis. Kn décembre 1089, alors que l'incendie du Palatinat vient do dt-truin- les vieilles églises du premier Refuge qui s'étaient fraternellement ouvertes au second, Louis XIV décrète que les plus proches parents et lé^times héritiers des religionnaires entreront en possesion de leurs biens: c'était les déclarer à jamais perdus et morts pour la patrie. — Les Réfugiés pourtant ne renonçaient point- & y revenir un jour. Sortis de France en iCemportant, la grande majorité d'entre eux au moins, yu« leur vie pour leur butin (Saurin), ils croyaient tous encore que l épreuve aurait un terme, que les enfants envoyés au loin pour conserver leur foi ou que les parents séparés violemment de leurs enfants, reformeraient la famille protestante sous le toit paternel. Avec une ardente espérance ils relisaient VAccomplissemcnt des Prophéties, dans lequel Jurieu leur annonçait, dé par l'Apocalypse, la fin prochaine de l'exil. Jusqu'à la paix de Ryswick ils refusaient de s'organiser à demeure dans les asiles qu'on leur avait offerts, et même quand ils tâchaient de se grouper par paroisses afin de revenir tous ensemble dans le pays si regretté, ils se considéraient encore comme étrangers et voyageurs et ne voulaient point se Mtir de temples. Aux premières rumeurs pacifiques ils avaient suivi l'impulsion du min. Orillard et préparé la lormation.à la Haye, d'un Comité destiné à défendre leurs intérêts d;ins les négociations générales qui allaient s'ouvrir. Il s'assembla le 18 mars 16114: à Berlin une Coumiission ayant pour secrétaire Gaultier de Saiat- Blancard s'assoeiait à ces démarches mais avee une grande réserve; les Réfugiés en Angleterre s'abstenaient; les Directions de la Suisse adressaient au contraire des pleins pouvoirs à Elie Benoit, rédacteur du « Mémoire au sujet du rétablissement des églises de France. » Deux jours avant la signature de la paix l'ambassadeur «l'Angleterre obtenait à ^••rand peine des plénipotentiaires français l'envoi au Roi d'un autre mémoire des alliés protestants en faveur des religionnaires : Louis XIV refusa de le recevoir; les fugitifs ne sont que des rebellrs. Lorsque le traité fut conclu, et que, malgré leurs jeûnes solennels, malgré celte intervention des princes, ils en demeurèrent exclus (voir la notificatioa de la cour au consistoire de Berlin avec ordre de la communiquer i toutes les églises françaises des états, de la déclaration de l'ambasudeur de France aux alliés « que les réfugiés ne seraient admis à rentrer qu'après abjuration; » même notification des Etats-Généraux aiix Eglises des Pays-Bas, .1098), au premier et profond découragement succéda une réaction virile : adoptant comme patries d>'finitives celle? qui les avaient clirétieiinement accueillis, ils y appelèrent leurs coreligionnaires qu'ils ne pouvaient plus songer à revoir en France. Cette émigration compléta la ruine de localités que l'activité bugue' note avait rendues florissantes et prospères. Les intendants, intéressés à ne pas exagérer les désastres, étaient cependant forcés de constater Teffirayant dépeuplement, Tenvabissement de la misère, les

UEFUGE

400,000 roligionnaires partis de Saintonge, les 180,000 de Normandie et leurs 2i,000 habitations désertes , l'appauvrissement de la Pirardio, de la Ghampafrne, du Lyonnais, du Diuphiné, et l'étranger attirant à lui les meilleurs ouvrier> de la France. Pour les rappeler le roi donne deux d»''clarations successives : le 10 ft'vrier IfiO.*), il leur permet de rentrer dans les six mois ; le 20 décembre, il promet de leur rendre leurs biens... mais toujours à condition de se convertir : ils ne reviennent pas. Le 4 février 1699, il défend à ceux qui ont abjuré de sortir du royaume sans permission, et, le 13 septembre, décrète la peine des galères contre tous ceux qui sortiront « soit de la religion, soit réunis. » Pour les empêcher de préparer leur départ en réalisant leurs biens, une déclaration du o mai IGOO défend à ceux qui ont fait profession de lu religion prute'Stante réformée de vendre <iins; permission expresse les immeubles et l'universalité de leurs meubles ou d'en disposer si ce n'est pour leurs béritiers directs, durant trois années; interdiction prt.rogée tous les trois ans jusqu'en 1723. Le 5 décembre, défense aux capitaines de vaisseaux d*embarquer des nouveaux catholiques. — Poursuivant la guerre contre Thérésie jusqu'au dehors de son royaume Louis XIV exige du duc de Savoie, Victor-Amédée II, le rappel d'un édit protecteur et l'expulsion des réfugiés français et de tous les protestants des vallées vaudoises autrefois françaises {{'"' juillet 1698), d'où une émioxafton considérable diins le Wurtemberg et la liesse. Le 23 octol)re 1703. un arrêt du conseil accorde au sieur lîertin, qui s'engage à retrouver les Ijiens et effets carh/s appartenant à des religionnaires en fuite, le tiers de ses découvertes : un autre (2 aoîit 1704} s'occupe de la régie des biens et un (12 avril] la fait bénéficier d'un legs à un ministre réfugié. — En 1704 avait eu lieu le départ, autorisé sur la demande expresse du prince de Gonti, mais entravé de miUe manières, de deux mille Orangeois qui, par la Suisse, gagnèrent le Brandebourg. — En juillet 1705 on publie un édit, expliqué en décembre, contre ceux « qui étant relégués s'absentent du royaume. » Enfin l'ordonnance du [H <0[){niuhrc 1713 réitère les défenses faites aux nouveaux convertis de passer dans les pays éfrantrers et aux réfugiés de venir en France sans permission. Le traité d'L tm lit venait d'être signé, et, connue à Uyswick, vn y avait sciemment ignoré les revendications des r^rmés exposées dans une lettre du Consistoire de Berlin aux gouvernements et aux pasteurs d'Angleterre et de HoUande. La déception, cette fois, fut plus aisée à supporter. La génération des premiers exilés volontaires disparaissait de jour en jour. Jurieu n'était plus ; les enfants nés dans l'exil connaissaient surtout leur patrie nouvelle. En 1701), l'Eglise française de Londres avait refusé de s'unir aux démarcbes du marquis de Duquesne pour l'obtentinn du retour des Kéfugiés : à Utrecbt, on s'eff.irça d'obtenir'moins cette rentrée que le s.iulagmu'nt des frères restés en France et que Saurin exbortait à u sortir de Babylone. » Seul le noyau établi en Suisse ne désespérait pas du protestantisme français, et Tannée même de la mort de Louis XIY, Antoine Court jetait les premières bases de sa résurrection. — Sous la Régence, les expatriations sont presque insi^Oantes, et Basnage adresse de

Hollande h spscorelifîionnairps ^e^;t(;s en France l'exhortation à dt'ineurer soumis au roi et à se tenir en garde contre les intrijfues de l'étranger. La déclaration du 14 mai 1724, coarirmation de TEditde Révocation, provoque de nouvelles fiiites, surtout dans les provinces du Nord, vers l'Angleterre et les Provinces-Unies. Bientôt cependant les réformés se rassurent et n'écoutent point les offres du duc de Brunswick (4746), du comte de Zinzendorf ou du comité d irlande (1747). A ceux qui s'en * étonnent. Court n'^pond en invoquant l'amour de la' patrie et l'espoir de temps meilleurs, et pourtant l'orage éclate une fois encore en fTril. Une bande de fugitifs atteint Londres en mars f75:i. sous la direction do M. de Bellesagne. une autre en juin est conduite par Coste à Tieiirve. Malgré les ordres d'interception des passages donnés par M. de Saiut- Florentin, « afin de prévenir par tous les moyens la perte que l'Etat peut en souffHr », deux troupes parviennent à gagner rÂogleterre ; mais quelques-uns reviennent bientôt dans leurs foyers, et ce retour arrête l'émigration. A partir de 1753, les Eglises du Refuge ne reçoivent plus d'adjonctions de France. — Plusieurs d'entre elles sont déjà en décroissance : il y a des noms qu'on ne retrouvera plus lors de l.i céléltration solennelle du premier jubilé de la Révocation, deux ans avant la signature (le TEdit de toléranro par Louis XVI, et cin(j ans avant le décret réparateur de l'Assemblée con^titu.inte : « Toutes personne» qui, nées en pays étranger, descendent en quelque degré que ce soit d'un Français ou d*une Française, expatriés pour cause de religion, sont déclarés naturels français et jouiront des droits attachés à cette qualité, si elles reviennent en France, y fixent leur domicile, et prêtent le serment civique. > L'article 12 ordonnait restitution aux familles des biens confisqués se trouvant encore aux mains de la Régie ilo déc. 1790^ Ce gnmd acte, qui annulait dans les limites du possible l'R lit révocatoire de Loui- XIV, et dont le bénéfice n'a pas cessé d'être applicable, arrivait trop tard |ntur en effacer les conséquences. Un petit nombre de descendants d.'s Réfugiés en prolitèrent; ce furent surtout ceux établis en Suisàe. Partout ailleurs raocHmatation s*était accentuée et préparait la fusion définitive. - En Angleterre elle était déjà complète; le contre-coup des guerres de l'Empire la réalisa en Allemagne et en Hollande : à la chute de Napoléon, la plupart des familles du Refuge avaient traduit leurs noai8,etle culte dans la langue des ancêtres était supprimé, faute d'auditeurs pour le comprondrr. tandis que dans plusieurs des paroisses l'organisation ecclésiasti(jUL' <>||e-mt''ine se perpétuait. On a rcmanjné qnr les Eglises fondée's avant la Révocation ont presque, Inujours survém à ct ilt^s qui I ttnt suivie. — C'est dans chacun des Etats protestants qu'il lauirecoustituer l'histoire du Refuge. Ces Eglises, disséminées sous taut de deux, ont entre elles, en effet, sauf pour les négociations de Ryswick, des rapports plus accidentels que réguliers^ relations de charité et d'assistance mutuelle, tournées de MM. de Rochegude et de Miremoot au dix-septième siècle, de Duplan en 1724, en faveur des protestants de France et du séininairc de Lausanne. On ne trouve plus ripn qui rappelle rorizanisation d t-nseuible essayée à Emden en 1571 : cependant les Wallonnes des Pruvinces-Uuies qui formaient le noyau

1p plus compact, et, pendant le règne de Guillaume III, étaient en correspondance facile, quoique non officielle, avec l'Angleterre (voir la non-admission de dr-lf^frups d'Etjliscs anglaises au synode de 1601), semrent plus d'une fois de directrices morales ou de soutiens effectifs aux Eglises françaises et vauduiscs éparses en Allemagne, surtout à celles du sud ; mais la plupart des princes protecteurs des Réfugiés ne les eussent point laissés participer hors de leur frontière à des synodes dont chez eux ils leur avaient interdit le fonctionDement. ^ Les Réfugiés sont loin d*avoir reneontré partout un même accueil. Fortement constituées dans les Provinces-Unies, leurs Eglises rencontrèrent, dans plusieurs Etats allemands et en Suède, Fopposition luthérienne la plus intolérante, et eo Grande-Bretagne finirent par succomber presque toutes à une fusion dans l'anglicanisme. Il s'en est peu fondé dans la Suisse qui avait été la principale étape des Languedociens, Dauphinois et Vaudois, mais qm, après s'cHrc épuisée à recevoir et à réconforter les Réfugiés, n'en put conservera deineure qu'un nombre restreint. Les plus fortes émigrations se sont déversées en Hollande et en Angleterre, au moins cent mille âmes dans cha<jue pays; puis en Brandebourg et en Hesse,où elles ont revêtu le caractère de colonisations lit»mi)gènes et autonumes ; enlin dans les futurs Etats-Unis. — Tous ceux qui ont accueilli les Réfugiés, et on ne saurait dans beaucoup de cas assez louer félan et la grandeur de cet accueil, ont reçu d'eux en retour, en progrès industriels, commerciaux, agricoles, en culture intellectueUe,en dévouement à toute épreuve, une réelle compensation. Perfectionnant les industries de l'Angleterre et des Pays-Bas et les initiant à quelques branches nouvelles, ils ont apporté à certains cantons de la Suisse et surtout au Brandebourg toutes celles qui leur manquaient : les affranchissant de la tutelle manufacturière de la France, ils en ont fait à leur tour des centres de production et d'exportation au debors. Leur influence morale dans l'Europe entière et jusc^u'en Amérique a de beaucoup dépassé leur nonil>re. Eux et leurs descendants ont figuré au premier rang des hommes (jui ont lait bonneur à leurs divers pays d'adoption. Leurs plumes vengeresses dénonçaient à leurs contemporains et à la postérité le monarque dont l'absolutisme n avuil pas su respecter les droits de la conscience : leurs bras, dont il avait refusé les services, firent triompher la cause de ses adversaires, et Ton a vu de ces bannis revenir comme ambassadeurs auprès de celui-là même qui les avait proscrits. Ils ont rendu la vie et la fertilité à des terres dévastées par la guerre de Trente ans, préparé la grandeur de la Prusse^ aidé et consolidé la révolution hbérale de l'Angleterre et sa continuation sous la maison de Hanovre, affermi la puissance politique et commerciale de la Hollande, implanté jusqu'au cap de Bonne-Espérance les vignes du Languedoc, répandu la culture et les lettres françaises sur les bords du Léman. En regard des innombraldes résultats de cet exode, comment ne pas redire avec Charles Weiss, aux travaux duquel toute étude sur le Refuge doit commencer par rendre hommage : « Ge(jue 1 étraiigera gagné, la France l'a perdu. »

1. Hollande. — Vingt ans avant la Révocation, des pasteurs arlutrairement dépossédés, des professeurs désireux de poursuivre en paix leurs

éludes, de grands commerçants, quelques manufacturiers, des liabitauls de toutes les classes des provinces maritimes, étaient déjà venus chei^ cher un asile dans la républî>|ue des Provinces-Unies et s*étaient rattachés aux trente églises wallonnes. L'ambassadeur d'Avaux évaluait (1668) à huit cents le nombre Aes familles réfugiées. Aux premières dragonnades dans le Poitou répondit aussitôt un développement formidable de 1 emigralioii. {ircnauf (selon Weiss) dans los dernières aimées du los proportions d'un événemonl [loliliquc. Lii Frise,

dont i(>s ili putt's aux Etats-g*'nôraux s'étaient si^^nalés jiis(jue-là comme les partisans los plus résolus de lallianco française, fut la première mai iG81) à offrir aux protestants expatriés un asile et les droits communs, y ajoutant, le 16 octobre, une exemption de tous impôts pendant douze ans •: celle décrétée par la municipalité d'Amsterdam le 23 septembre (et en 1683 par Harlem), s'étend aux droits d'octroi. Le 25 septembre les Etats de Hollande promettent ces immunités « aux .protestants opprimés des autres pays; » on no prononça le nom de l<i France qu'après la Révocation. Cependant, sur l'initiative prise par le synode wallon, le peiisiojin.'iire Fatr» ! proposait aux Etats d'ordonner une collecte ^'éiiérale eu laveur des rcli;.Monii,iires réfuj^iés dans la province, et leur altluence obligeait le synode suivant à prendre des mesures d'ordre à leur endroit. En janvier 1685 Amsterdam compte 2,000 Français; en juillet les familles de Sedan arrivent à Maëstricht, et quand s'ouvre en septembre le synode de Delf^, l'article l*' des Actes constate rémotion profonde que ressent la Coin[ia<>:nie en accueillant du Boscet douxe de ses collègues : dans le dessein de les a consoler autant qu'elle le peut elle déclare appolables ces constants et fermes confesseûrs de la vérité et du témoignage de Jésus; » elle prévoit que a la désolation g»*nérale arrivée aux Ej;lises de France ne peut manquer d'amener en ces provinces un plus grand nombre de disettcux et d'aflli|;és ; elle essii^ra de faire imiter partout les sacrifices charitables dont Amsterdam a pris l'initiative. » Fagel, peu de jours après, décrivait aux Etats de Hollande la persécution des protestants de France et soulevait l'indignation du pays tout entier; le 21 novembre on prescrivait un jeûne et des collectes; celle de Leyde produisit en un seul jour (5 décembre. 111,789 florins. En 1600 le diaconat wallon distribuait 210,000 francs de secours. C'est que l'accroissement de l'immigration dépassait toutes les prévisions : mi agent du comte d'Avaux l'évaluait à 7ri,(>n{). En 1G98 il l'ii arrivait du Palatinat ; les Etats ne savaient plus comment y pourvoir : à deux reprises, 1G86 et 1703, il fallut accueillir une partie des Orangoais cspatriés. Trente ans plus tard la province de Hollande acceptait cDCore 400 Vaudois cantonnés d'abord à Isseldom ; après avoir toujours soutenus leurs compatriotes par d'abondants subsides (Amsterdam 38,130 florins en 1087), elle réunissait pour eux lin fonds de plus de 300,000 florins (S. de Deventer, 1734). Quand Duplan réussit à faire former la Commission dite « pour les Eglises de France » composée des pasteurs de Leyde, Amsterdam, Uottenlam et la Haye, les Etats de Hollandfet de la Frise aceordèrenl un don de 2,0()() llorins, renouvelé jusqu'en l'i'-l. pour l'entretien des pasteurs sous lu croix, des étudiants à Lausanne et

l'eDvoi de livres <le piété en Franro; Chion d'Orangn menait la corrospoiiduiiro. En I7o2, enlin. on inciitioune de<^ familles entières qni sortent journellcmeut de France. — Dans ce llefuge aux Pays-Bas, le plus important de tous, il n esl point de classe de Ja population protestante qui ne soit largement représeot^é. La .Frise avait réitéré son premier appel, raccompagnant de donations de terres : c*est là et dans la baronnie de Breda, propiiiété de la maison d'Orange, que se Tixèrent de préférence les quelques cultivateui^s, venus surtout du Poitou. Les grands négociants de Bordeaux, Rouen, Havre, dont plusieurs étaient parvenus, avant la Révocation, à faire passer une partie do I^urs I>iens à l'étranger, (d'où l'élévation du crédit public par l'abondance du numéraire), ouvrirent des maisons bientôt llorissantcs à Amsterdam, la Haye, Rotterdam. Cette dernière ville, refuge d'innombrables malheureux, eu comptait 5^000 un mois après la Révocation, émigrés en masse de Normandie. Les provinces et les municipalités rivalisaient dans les laveurs aux arti-' sans. Middelbourg leur accordait dix années de franchise (octobre 4685), Utrecht et Bois-le-Duc douze, Groningue quatorze par une Résolution traduite en français et très répandue. On les admettait, à volonté et sans épreuves, dans les c*irporalions et maîtrises : aussi les développements furent- ils rapides. P. naill(\ de Cli'rinont-T.odévo, nonuné directeur général des nianuractures d'Anistcnbini, y étaldit cent dix métiers à fabriquer les soieries, laniages et chapeaux ; Cabrier recevait une pension et les outils nécessaires pour monter une maison de taffetas lustrés, comme celle qu'il avait dirigée à Lyon : tout un quartier de la ville se peiq»lait d'ouvriers français. Rotterdam s'enrichissait par Tindustrie des chapeaux dits caudebecs, le gouvernement augmentant les droits d'importation ; Harlem parcelle des pluches et velours à fleurs, à Tinstar de Lvon et de Tours, dos lmzos et fils employant H. 000 métiers, dos toiles occupant vingt manufactures, les unes liiios, revendues comme françaises, les autres dites noyales comme les lirotonnes, pour les voiles do navires; Naarden par ses velours, Amersfort par ses marseilles, Zaandam par ses moulins à tabac et à couleurs. Outre les industries importées il (but citer celles déjà connues et transformées : le perfectionnement des velours d'Utrecht, draps et serges, de la taille des diamants, « des raffinages, teintures, tanneries, et les belles manufactures.de papier transplantées d'Angouléme par Vincent. La diminution aninielle des importations de France aux Pays-Bas sVdova selon les Annales du commerce de Macphersoii à 1.700,(K)0 livres stoi ling. — Favorisés plus que les nationaux, les Uérugiés se contentèrent de la polito bourge(»isie : quand ils eurent siinuonté les diftioultés de l'installation première, parvenus à l'aisance, plusieurs même à ia richesse, ne songeant plus au retour, ils reçurent avec la naturalisation complète, les responsabilités 0% les charges des autres citoyens. Les états de Gueldre, de West-Frise et de Hollande les leur attribuèrent en 1709, la Zélande 17i0 : les Etatsgénéraux en 1715 appliquèrent à toutes les provinces le décret de 1709 avec suppression graduelle dos privilèges; leur cessation porta un coup funeste aux industries introiluitcs par les Réfugiés qui déclinèrent de plus eu plus dans ia seconde moitié du dix-buiticnie siècle ; celles qu'ils

n'avaionf (|u*anit'lior<'0? cnntiniK'reiit fpiiIps à F^oiitriiir la coiirvirrence de rétranger. — Si les municipalités s'ocrupaicnt surtout des artisans et des industriels, c'est auprès du prince et de la princesse d*Orange que les Réfugiés appartenant à la noblesse et à l'armée aTaient trouTé l'aeeueil le plus hospitalier. Se choisissant des dames d'honneur fkancaiset, Marie prit sous son patronapo les Maisons de Refuge établies à Harlon, (Sociét»^ (les dames françaises), par \o rbaritaMp marquis de Venours, à Sehiedam et à la Haye par M"'" de Dantroau, à Uottonlam par M»"» deSoustollf, rf los ponsinns dp Dolft. Utroclit. Niiot ot lînrtltTwijk. s^n^ la suriiit^^ndancp gt'm'Talt^ do M'"" du Moulin, do VriKuirs. avec allocations des Etats et dos prandps \ ilips. Guillaumo d'Orange, ap^^s s'être attaché deux pasteurs de Charenton, Claude et Ménard, s'empressa de retenir les militaires réfugiés : l'arriTée de ces victimes de son plus grand adversaire lui apportait à la fois la force morale qui lui manquait pour entraîner fassentiment des Etats à ses vastes projets, et la force matérielle indispensable pour les réaliser. Ce ne fut pas sans des instances répét/'es. et sans avoir annoncé qu'à dpfant de subsides du gouvernement il prendrait ii sa propre charge toute la dpponsp. qu'il oltfint de repartir le^ offiriprs dans les n^irinipnl'?, do Irnr faire nlloiirr IHO.tMKHVv rins par an. dp placor dt>s compagnips. prpsqnp PHtirromont française?, à Brpda. Mal'stricht, Berp-op-Zoom, Bois-le-Duc, Zutplien. Nimèguc, Arnhem, Grave et Utrecht; ils avaient prêté le serment d'obéissance « aux Etats généraux, à son altesse et au Conseil d'Etat. » En iG8S trois régiments d'infonterle, un escadron de cavalerie, 736 officiers français formaient Télite de l'armée qui renversa Jacques II. Au premier rang brillaient Scîiomberg, Ruvigny, Beleastel, Montége, Lislemarets, âe "Vicouse, Goujon. Collot d'Esrury, de Rorhelmme, los ing»^nieurs d'îvfiv et du Ry. Les marins r/ToniiPS. pniign's en masse, on " iKMivpaiix «'"'iivertis » dpsertant Ips navirps dp l-'ranrp dans Ips ports niriiip dp la H"llandp. apport^rent h sps vaisseaux de guerre les é<jui|)agps qui Ipiir faisaient défaut : ils étaient 800 en 1080, saintongeais. normands, bretons et gascons, sans compter tous ceux qui, établis à Dordrecht, doublèrent le mouvement de la pèche à la baleine sur les côtes groenlandaises. Seuls les fils de Duquesne renonçaient à une expédition de dix vaisseaux destinée à conduire aux Mascareignes (ou Nouvel Eden), une eolonie dp Huguenots indépendants, quand ils apprirent que le but répl des rJa(«» généraux étail de s'emparer dp l'île BiMirlion pt d'y supplanter le p.nil- Inii d(^ la Fraiipp. ■ — L'iiillupiiep militaire des Uefngiés fut dépjsive pour la lluilaridp Pt pour Guillaume; rinflupupp jxtlitiqup ne le fut pa<; nioins. « Les allkires des huguenots de France ont poussé les bourguemestres d'Amsterdam comme ceux de Leyde {\ se raccommoder avec le prince d'Orange » écrivait d'Avaux ; et plus tard : « Les fugitifs ont tellement animé les calvinistes de ce pays-ci qu'il est fort à appréhender que 1« prince d'Orange ne trouve des secours dans les États-généraux qu'il n'aurait pas eus autrefois. » En i689 c'est Broussom qui apporte h Guillaume 1p plan de la confédération protestante que réalisa la lig'i'^ d'Augsbourg ; les réfugiés dans les Provinces-Unies aident à (Mitror «mi relation avec ceux de 1 Anglclme. Plus tard Basuage devait diriger les

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REFUGË

néjiociations outre la Hollande rt son ancienne patrie. — Mais c'est par leurs écrits qiio l»'s hoiniiips d'élite du Refuge devenaient surtout redoutables. De Hottcrd ain. où 1 Kcolc Illustre, fondée en 1(V81 par la Gurporation du Coininerce sur l'initiative de Pai-ls, avait otlert dos chaires à Jurieu et à Hayle expulsés de relies de Sedan, de la Ilayo où Claude était devenu chapelain de la cour et historiographe des Ktats, partaient ces pamphlets virulents, ces feuilles volantes, ces longue^ et douloureuses histoires de la persécution qui, multipliées par les imprimeries des Pays-Bas, dénonçaient & TEurope entière le despotisme de Louis XIV. Les Soupin de la France esclave^ les Plaintes des protestants de France, V Histoire de l'édit de Nantes, la Politique du clergé de France, V£ tat des Réformés de Frqnce, Ce que c'est que la France toute catho^ hque xous te règne de Louis le Grand, jusqu'aux récits des sonffrances d-un Marfeilhe ou d'un Hlie Neau, tout devenait une arme dans cette guerre contre l'impitoyable oppresseur des consciences. «C'était comme une seconde France <ur la fnmlière même du royaume; mais uneFranee libre... Pendant un sicclc les presses hollandaises furent la voi\ de l'opposition » (S. de Sacy). Kllcs étaient avant tout celle de la revendication du plus saint des droits, celle de lu justification de ces RéfuLriés dont on affectait de nier les souffrances, et <pi'on calomniait après les avoir proscrits. Pour tromper les agents du roi, imprimeurs et éditeurs se dissiinulaîent sous des pseudonymes, du Marteau de Cologne et Leblanc de Yillefranche. A o6té des librairies célèbres depuis le seizième siècle les Français en avaient fondé d'autres ; il suffira de citer celle d*Huguetan et rimprimerie du graveur Bernard Picard. La langue et l'esprit français se popularisaient avec ces livres qui ne cessaient de tenir en éveil l'attention du public lettré. En Hollande plus de censures : la critique, souvent la plus hasardée, sut en profiter, et les philosophes du dix -huitième siècle utilisèrent plus tard à leur tour les presses des Proviiict'S-l nies. Avant de se livrer au |j:igantcs(jue labeur de son dictionnain-, Baylc ouvrait une voie indépendante et féconde dans les << .\onvelles de la HipublKinc des /rt/res, » continuées par V//i*;foirt* des ouvrages des sn va nls de nasna<re de Beauval, et lhbliotlii'(jiies àc Jean Leclerc, tandis que les lettres sur les matières du temps, le Mercure historique et politique de Lcyde, et les Nouvelles extraordinaires de Luxac devenues la Gazette de Leyde préludaient à nos journaux politiques modernes. Barbeyrac étudiait le ditoit des gens, Bernard, Lyonnet, Désaguliers les sciences exactes, Basnage la religion des Eglises réformées et Tbistoire des Juifs, Janiçon Tétat de la république des Pro- ▼ioces-Unies. II s'y joignait toute une littérature sacrée, lettres pastorales, recueils de prières, sermons destinés plus encore aux fidèles « demeurés sous la croix des afllictions » qu'à ces troupeaux qui se pressaient sur la terre d'exil autour des chaires d'un du Bosc, d'ini Superville, et du plus éloquent de tous, .îac(iu(>s Saurin. rem{)lissant pendant un quart fie sièt ie. avec un inconiparabic éclat, la charjre créée jxmr lui de ministre d<'s nobles à la Haye. — C'est (jne, si la France protestante siMiiblait s'être reconstituée en Htdlande, elle l'était surtout dans la personne de ses pasteurs. Les plus illustres figuraient parmi les iUi présents au synode

df Rottcrdani, KiSG [fînll. vT.Les prininro? ?r les étaient partagés, les ilistrilmaiit dans le» vilh s principales (Aiiisti rdain Ui, T.oydi' 8. Harlem rt Dordrccht 7, Dolft 6, Tioutla ri), assignant dos pensions de deux à quatre cenis ilorins à ceux (pii ndecupaient ni les plaees supplémentaires créées dans les anciennes églises wallonnes, ni celles des trentequatre paroisses nouvelles (2 constituées en 4684, 3 en 1685, 15 en 1686, 3 en 1687, 5 en 1688). Ces églises fortifient en la continuant l'organisation synodale wallonne : elles se partagenten trois provinces dassicales, Hollande, Zélande et pays d^outre-Meuse; lorsqu'il se présente une affaire urgente le synode désigne un certain nombre d^églises d'une môme province pour la traiter; c'est ce qu'on nomme une rlassr. Elles oui, dans les églises déclarées synodales^ leurs réunions générales bisannuolles qui sanctionnent les vocations (juo les consistoires adressent aux ministres, rntrctienneni leurs écoliers et l'Mirs proposants et désignent, à chaiiut' session, des églises dites exa/ninat rires pour contrôler les puhlicalions l.'iiles par les p;isteurs. Souvent généreuses pi ur leurs SOMirs wallonnes du Palaiinal ou vaudoises du Wurtemberg, elles forment des caisses pourles émigrants; en 47oJ Holterdam et Middelbourg sont encore villes boursières ; leur charité envers les confesseurs sur les galères est inépuisable. Pourquoi faut-il qu'en reprenant sur la terre étrangère les traditions interrompues pour eux dans leur plénitude depuis près d'un demi-siècle, les fidèles représentants de la grande Eglise de France n'aient point su oublier les luttes stériles qui l'avaient divisée? Dans l'épreuve de tous ils ont eu le triste èourage de fermer leur cœur à queljues-uns; par la plus étrange inconséquence àau^^ <les per* séentés, celui de condamrier la tolérance tant civilo qu'ecclésiaslitjne: suivant l'impulsion de .îurieu do faire adopter, en KISO, an synode de liotterdam, la résolution «pi' « on ne déclarera aucun pasteur appeî.dde avant <ju'il n ait assuré sa conformité de doctrine avec la confession de loi et les arrêtés de Dordreclit >>, et en IG'IO. à celui d'Amsterdam, malgré Jaquelut, le règlement pour maintenir l'ortiio loxie f Voir sur ces « fameuses disputes » du Refuge les articles Jiuitu, Bavle, ctc]. La réaction tolérante préparée par Elie Saurin , et que soutinrent Barbeyrac, Leclerc, Pégorier, ne l'emporte (Qu'après la mort de Jurieu. — Eglises : celles de cette seconde période, sauf Bleigny, 1668 à 1673, lG79à 1802, sont toutes issues du Refuge. Ce sont d'après les travaux de M. le P"" Gagnebin, par provinces et avec les noms de leur premier pasteur : Br illant septentrional : Berg-op-Zoom, 1686-1827 J. Le Noir, sieur de la Morlaix), prédications françaises à la garnison depuis 1386. f^mrr. n;.sr,-l7SI (Simon de Vaux, de Calais;. Frise : /inirk, 1084il'2[ {\-\mvuwr). nnr/i)if/m', IGHC-lTIl) (Kz. liarliauld, de Sainî-Martinde-Hé). Framuiuor, (KIHO-IHOS Le Monon). Snveck, 1(>8G-I()t»;i (Lamigiie, seul). liol^traerd, H>S8-17lo (Arnaud, de Langlade, seul . ( iueI4re : Aru/ieut, 11)84 (Vernejou, de llergerac); essai d'établir le culte dés lOiO. Zulphen, 1080-1821 (Sam. llasnage . Jlatlem, 1680-171 i, éteinte faute de membres (Ducla). Bammel, 1080-1705 (Roussier, de T. Charente, seul). Tiel, 1686-1705 (Latané, de Montbeton, seul). Harderwyk, 1687l816(Riva8son, de SIgoulez]. Doesbourg, 1688-1714 (?) (Robert, de Saint-

Christophe, de ligneron, seul). Nord-Hollande : Bnckhuysent 1687-1722 (Roufrange, seul). We^op, 1680-1098 (Pelet, de Nîmes). Sud-Hollande : Oorcum, 1686-1824 (Oanlois. de Sedan ot son fils de Sanccrre). Schiedam, l()S(>-i827 (G ilaiid, (le Mcnil-cu-Juué et de Larrey. de Lnncr.iy). Voorôour;/, 1()88-1H1.'} Yve^ et Uoii, de L(ir<^i'>\ culte encore pendant Tété. yu())'<l//'t/ck, IG'JO-iGUi (Le Blanc de Beaulieu, seul). Lf^rdam^ 1700-1711 ide Marolles, seul). Vtane, 1725-1818 (Julabert). Overyssel : ZwolUt 1686 (Dech, de Saint-MarcelJin). Deventer, 1703-1823. prédications depuis 1692 (Cordes). Utrecht : Amers foort, 1687-1710 (Bénion,* de ht Jarrie, seul). Montfwrt, 1688-1744 (Sigalon). Zélande : Veere, 1685- 1818 (Catel, de Conipiègne). Aardenùourg, 1686-1812 (de la Resseguerie), prédications dès 1612. Codzand, 1686-1707 (Trouillart, de Calais). Oosffwurg, 1080- 1818 • ;(îeorgPS, de Yitry-le-François). Thohn, 1088- 1818 Laurent, de Gercy . \ dis avait «'-té rattaelire au eor]!? \vall(in en 4681; elle a duré jus(|u'en 1707. a (d)tenu en 1810 nu pasteur prêchant alternativeuieut en allemand et en français, niais a perdu depuis l'usage de cette langue. L'église de Groningue eu Gueldre, où la présence simultanée de dix pasteurs réfugiés pensionnés par les Etats fit dresser un eonsistoire en 1686, ne fut réunie au synode qu*en 1780. .Cette agrégation ne fut jamais autorisée pour Dwmgelo^ Drentbe, 1686-1710 (du Soul, de F.-le-Conile), pour Ilnoni, N. IIoll., 1685-1718 (Ph. Le Noir, de Blain), pour Schoolioven , S. Holl., 1009-171)6 (de la Br)nne, seul) qui n'eut ])as de consistoire régulier. Une dernière église l'ut fondée à Eysden, près la frontière belge, 1700, agrégée au synode mais éteinte vers 1805. L'Incluse obtint de la classe do Zélande un pasteur français en 1677, mais l'opposition persistante des conducteurs de l'Eglise flamande ue permit pas de l'en détacher avant 1724 (Trosselier) ; le Conseil d*Etat n'autorisa pas Tadjonction au corps wallon ; le dernier cultp français eut lieu en 1806. — La place de second ministre de TOlive fut supprimée en 1679; la première fut occupée jusqu'en 1790 avec une vaste sphère d'activité. De 1708 à 1713 les Hollandais, maîtres de Lille, y rétablirent l'Eglise avec temple et pasteur rétribué par la municipalité ; de même à A/re, 1710-1713; a la reprise par la France, une partie du troupeau lillois s élablit dans les Provinces-Unies, ciiaritablement accueillis par le synode qui s'occupa aussi de se rattacher les Eglises nouvelles formées dans les villes des Pays-Bas aulrichiens où, par le traité d'Utrecht« la Hollande avait droit de tenir garnison. Aussitôt la renaissance de ces églises le synode s'en préoccupe, 1710-1711; admettant leurs députés à assister à ses délibérations, mais non à y prendre part (1715), illes invite (1717) à se conduire selon la discipline, et le> agrège à son corps (mai 1720) d'après le décret des Etals générau.x. Elles sont dites Eglises de la Barr'ihre : Men'nt, Tournai, Ypro-i. établies toutes trois en 1710 et dissipées par la guerre de 17i'i; Tournai reprend de 17iO ù i7HJ, Ypres de I7iO à 17(12. Funies, 1710. .Xaninr, 17I;M782. — Dans celle période deu.\ nouvelles églises de Colonies dépendirent des syiodes allons. Ils donnèrent un pasteur, Ch. de TAlaine, à la Berbice^ 1671, visitée après 1673 par le ministre de Paramaribo^ province de Surinam, égUse accrue de plusieurs cantaines de Réfugiés, surtout artisans

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et cultivateurs; on leur doit la plantation « la Providence » : parnai le» membres des familles de distinction Nepveu et Cîoudrie devinrent gouverneurs de la colonie; les pasteurs évangélisèrent aussi les Indiens (pn'tnipr ininistre. Ghaillou, 1()71 ; ses successeurs immédiats sont des Hrlii^nés : Briffaut, Terson, Pierre Saurin : la liste s'arrôte en 1783). L;i Compagnie des InJes orientales, désirant pi"U[)lersa possession du cap de Bonne-Espérance, offrait anx Réfugiés passage gratuit, terres, avance de semences, sous condition de prêter serment à la Compagnie et de s'engager à un séjour de cinq années ; on exigeait de plus un certificat de religion et de fréquentation des sacrements, signé par un consistoire réformé. Quatre-vingt-dix-sept familles, environ 300 âmes, s'y rendirent en deux convois sous la direction, assure-t-on, d'un neveu de Duquesne (?), 1088, et colonisèrent dans le district de la Perle la vallée dite (les Français, établissant des fermes et plusieurs villages. Les principaux sont ceux de la Perle, Drakenstein, où était le temple (Simon Daillé), Frenck Iloek ou coin français, Charron où s'est conservée 1 autorité patriarcale d*un ancien élu par eux. En 1739, à la grande douleur des colons, les Hollandais exigèrent la. cessation du culte dans la langue française qui disparut bientôt forcément. Les traditions ne sont cependant point perdues, les noms sont presque tous restés français : lors du passage de missionnaires en 1829, les descendants des Réfugiés voulurent assister au culte ilans la langue de leurs pères : ils sont environ •'i,tKX), répandus même au delà du district dans les provinees d'Orange et du Transvaa! ; plusieurs cliei's boërs ont du sang huguenot dans les veines. — D'après la liste ci-dessus, trois des églises wallones furent de très courte durée ; avant 1725 onze de plus avaient disparu, et encore trois avant le jubilé de la Révocation. En 1793 les- trente-deux subsistantes étalent desservies par 48 pasteurs. La fusion des deux races s'accomplit sous la domination royale et impériale des Bonaparte. L'organisation ecclésiastique, durant depuis 1563, fut supprimée en 1810 par le gouvernement français qui s'empara des biens consistoriaux et refusa d'autoriser le synode, remplacé par cinq fondés de pouvoir. Le décret de réorganisation, 1816, ne laissait subsister que 21 églises, plus celle de Maëstriclit qui reprenait après une longue interruption. Les épreuves n'avaient point cessé. En 18i3 une ordonnance royale, absolument arbitraire, décrétait Tabolition graduelle àla mort des ministres : combattue avec succès et appliquée .1 i^iK Iquès églises sculemcnt, elle fut modifiée dans le sens qu'à chaque vacance, avant d'obtenir un congé d'élire, il làut prouver que le troupeau possède encore le nombre réglementaire, 800 âmes pour avoir deux mioisties, 1600 pour trois, 3,000 pour quatre. Ces pasteurs, pris autant ([ue possilde dans les familles du Refuge, peuvent être choisis à l'étranger sons la eunlirmalion du gouvernement, à ci>ndititMi de subir un a colbMjiiiiim dnclum. » Des anciennes fondations cliaritah!i > il subsiste les orphelinats et les écoles gratuites placées sous la surveillance des diacres et ne recevant que des descendants de Réfugiés. Eglises encore existantes : Amsterdam, deux temples, 4 pasteurs ; le Gonsistoiie est dit simple sous sa forme ordinaire, et double quand, selon l'ordre ecclésiastique des Eglises réformées du pays, il s'adjoint les diacres;

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Rotterdam 3, La Haye S, Leyde 3, Arnhem, Bois-le-Duc, Brada, Delft^ Dordrecht, Groningue, Harlem, Levarde, Maestrichti Middelbourg, Nimègae, Utreeht, Zwolle; culte à Voorbourg. On oe prêche qu'en français

et Ton donne encore la communion en cette langue dans quelques paroiSBCs éteintes ofliciellcinent. Depuis une vingtaine ti aniiées quelques Eglises reruplactMit l'élection des anciens selon le mode de coaptalion, par un suffrage de tous les nionihrcs. à deux dc^Mvs s'ils dépassent cent. Le synode a ressuscité sous le nom de Jm Hranwn ; s'asscniidant tous les ans elle élit une Commission wallonne de cinq pasteurs el trois anciens. L'Eglise réformée de Hollande a pour son ensemble un Synode général de 19 membres, nommés par provinces; le corps wallon en forme une et y est représenté alternativement par un et par deux délégués : tout changement proposé par le S3^ode doit être soumis à la Réunion classicale et par elle aux consistoires avant de pouvoir être adopté. La Bibliothèque wallonne de Leyde conserve t(»us les actes qn'il a été pdssiltle de recueillir, v\ une Commission dite «les Sept, nommée | ar la réunion d»^ Harlem, 1:2 juin 1877, s'i ilorce avec succès d'unguicnter ce précirux dépôt et d'éclairer l'histoire de ce passé vénérable et ménje glorieux. Les descendants des Réfugiés, entièrement fusionoés avec la population, ont parfois traduit leur nom en hollandais ; ils aiment cependant encore à évoquer le souvenir de leur origine. — La Hollande, indépendamment de sa chrétienne hospitalité du Refuge a rendu, aux dix-septième et dix>huiticme siècles, de réels services aux réformés et en parliculier aux Français, par ses cultes d'ambassade. Ainsi à Consiantinopie où des Genevois s'étaient fixés dnpuis 159:2 et avaient eu de !027 à Kl.'Jti le pasleur Lé^er. Des lin^nienots les rejoignirent vers HKKi (pasteur Kon stier, 1676). L"amba>sadeur de France, étant orticiellement jirotcclt'ur des Eglises du Levant, recevait sous sa bannière môme les rélornjés pourvu qu'ils ne fussent pas nés sujets du roi; mais à partir de la Révocation la présence dans ce petit troupeau de réfagiés de France et du p i \ s de Gex obligea TégUse dite des GÎBnevois à renoncer & sa tutelle et à réclamer celle des Hautes Puissances. Harenc, chapelain d'ambassade, la desservit de 1711 à 1717, puis le maître d'école français lit le service jusqu'à l'arrivée du pasteur Gonet de l*ra«:* la, I73i-17.'n i. subventionné par Genève. Mais déjà dans les familles réfugiées (85 en 1725, surtout d'orfevres), on adoptait la lan<,'ue •;rerque;les prédications françaises deviennent plus rares quoiqu'elles alternent encore de loin en loin avec les hollandaises avant de cesser tout à fait. Le culte du consulat de Smyme fut exclusivement hollandais, et il ne semble pas qu'il ait été donné suite à la demande des protestants franqds réfugiés à Salé au Maroc et assez nombreux pour réclamer en Hollande un pasteur selon hMercure historique de septembre 1099. Pour plus d'une fonnlle parisienne la chapelle de l'ambassade de Hollande fut nu milieu même de la capitale une véritable ép;lise du Refuge. L'ambassadeur d'Angleterre Walpolc avait renoncé à faire célébrer les servic<*s en français: rolui <le Hollaudf, IIo[), y persista malgré le mécontentement du gouvernement, et sous la Régence le pasteur Marc Guitton en faisait jusqu'à trois par dimanche ; à la recrudescence de la persécution on inquiéta fortes trou-

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peau qui avait compté jusqu'à 1,500 cororouniants. Sous Louis XVI les

mariages 8*y célébraient pn -qup sans entraves et c'est le chapelain de rambassade. Marron, qui devint le premier pasteur de TËglise de Paris ressuscitéc.

2. Cantons sri«;si:s et (îenévf. — En 1672, tandis que ScliafTIioiise et Zurich interdisaient les enrôlements pour les armées de Louis XIV, la Conférence des cantons protestants prescrivait des prières publicjues t u faveur de leurs coreligionnaires de France ; prières ordonnées de nouveau par Berne à Toccasion du jeûne de 1681, introduites dans le cohe hebdomadaire et qui préludaient au jeûne solennel célébré cinq ans plus tard en faveur des Réfugiés. On peut fixer à 1682 le commencement de la grande immigration ; elle dura sans interruption pendant trentehuit ans. Genève, ijui en !G83 déhordait déjà de Réfugiés, continuait par sa position frontière à servir de point de mire ;\ la lois aux persécutés et au persécuteur. Aussi, constanmient surveillée el eoiunir rappeléo à l'ordre par le résident fiaiirais, envoyé à demeure peu d'années seulement avant la Révocation, no pouvuit-elle fournir qu'un premier refuge et non un asile permanent. Les plaintes et les menaces du roi ne Tempéchèrent pas de remplir ce devoir dans la plus large mesure, ayant constamment, pendant plus de dix ans, à recevoir, loger et soutenir une moyenne de quatre mille Réfugiés. Ce furent d*abofd les deux tiers de la jjopulation de Gex, accueillis malgré les lettres péremptoires du roi, (sept, ItiH.")) ; puis une affluenee de jour en jour plus grande, surlout«ie dauj)liinoi> el «le lanj^iUMlociens, (il en vint ]>lu5 tard de toutes les provinces;, iiut' (l«'s bùclieroiis et des pâtres, entretenus aux irais des villos rumaiiiles, aitlaient à franchir les passes. Il en arrivait en 1(387 de s» |tl à huit c^ nls par jour ; eu novembre 28,000 avaient traversé le pays. En 1688 il en vint de relâchés de prison; on eût voulu les garder : sur l'interdiction du commerce décrétée par Louis XIY, Genève dut prescrire aux Réfugiés de sortir de son territoire (17 oct. 1689), et se borner désormais à les entretenir au passage. De 1682 à 1720 elle consacra 5^143,266 florins à en assister soixante mille (Gal»en 1). Les dons dp la Bourse française oscillent pend int 35 ans entre DO, (JOO et l.')0,00()ll. (en 1701), 23 i. in 12 ; eu 1718. 2-2\):,m II.}. Sur ses seize mille àni.^s elle comptait 3,3(X) Héluiiiés ou leurs descendants ayant acqui- la bourgeoisie. De 1085 à 1700 elle n'avait osé accorder le droit de cité <ju"à quelques personnalités distinguées, les Eyoard, Claparède, Lecointe, Navilje, Boissier, Spon, Sellon, Abauiit, Petitot, et aiix fils de Duquesne qui organisèrent la flotille du Léman : elle ne conféra le simple droit d'habitation qu à 754 Réfugiés. Parmi ces derniers le Midi lui avait fourni des tisseurs de soie et de velours et de- pa'jsementiors, Nantes les impressions d'indiennes introduites {):ir les Fnzy, le Norrl :Î00 orfi'vres et bijoutiers eu 1085: (son premier horloger laliricant avait été le bourguignon Cusin ; un siècle après la Révocation cette industrie occujiait (ijOOO ouvriers I. Elle s'était interdit de faire prêcher les p.i.-ti ur» ayant quitté la France sous le poids d'une peine capitale. En 1713-1714 Genève recueille des galériens. Tous les autres religionnaires fugitift 8*étaîent portés dans les cantons suisses et le pays de Vaud. — Le 5

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noT. {685, la ftcnlté de 'droit de Bàle répondait favorablement à la fuestion : Doit-on accueillir les Réfugiés? Un mois plus tôt. Berne, au nom de la Diète dWarau, sur la requ«He du pasteur La Porte et de Claude Brousson, et malgn'' les demandes fornicllcs de Tambassadeur de France Tarnhonneau, avait afliriné la résolution de persister dans cet accueil, (jnand même le roi s'y opposerait : Zurich se déclarait prête à recevoir 3,CHX) huguenots comme répouse à l'expulsion des Invalides d*uo turiooîs protestant. La Cîonférence des Quatre villes (Zurich 1686), offirait ses secours à Genève, et en 1690 l'incorporation à la Confédération helvétique du pays de Vaud (terres appartenant à Berne), assurait la protection de la Suisse entière à l'un des asiles choisis de préférence par les Réfugias ; en un seul jour il en vint 2,000 à Lausanne. — 11 est difficile d'évaluer le nombre do> fugitifs qui traversèrent la Suisse et qui, presque tous, y lurent secourus: Weiss estime qu'il en resta près de 20,(X)0. La multitude et la continuité de ces immi^'^rants imposaient aux cantons une double tâche: celle de pourvoir à leurs besoins immédiats, de les répartir, d'organiser un système régulier de secours ; et, dans l'impossibilité de les conserver tous, celle aussi de négocier leur établissement sur d'autres terres protestantes. Dès 1683 les oollectes annuelles étaient instituées; en ii]8i, à l'instar de Genève, on créait à Bàle, Berne, Schaffliouse et Zurich, des Collèges ou Chambres du Rejufje (Exulanten Kaumierl pour examiner la position de chaque réfugié, et (les registres pour les inscrire. Bientôt chacune des villes principales eut sàBoijrse du /{efuge, et une entente s'établit pour le partatro d. s exilés et des subsides : sur cent personnes Berne devait en garder 50, Zurich 30. Schaffhouse n'en prenait que huit, vu ses incessantes dépenses comme porte de sortie générale et de déversement sur l'ÀUemagne : Bftie qui se trouvait trop près de la France, n'en acceptait que IS et tendait à en restreindre le nombre. St-Gall, Glaris, Appenxell fournissaient leur part de subventions mais demandaient à ne pas recevoir de Réfugiés; quelques-uns se fixèrent néanmoins à St-Gall. La République grisonne et .Mulhousf, presque enclavée dans l'Alsace, suivirent cette même ligue de conduite. — NeucbAtel, sous la suzeraineté d'un prince catholiqu»' français, l'abbé duc de Longueville, envoyait également de préférence des subsides « collectés avec une réserve trop nécessaire ». Cependant aux quelques fomilles du Refuge antérieur il s'en joignait plusieurs autres en 1685, et Tanneguy Leffevre devenait recteur du collège ; mais qn ne consentait que « sous le bon plaisir de sa seigneurie » aux prédications d'un Réfugié dans le chAteau de M. de Buren, et le gouverneur interdisait celles d lcard à Neuchûtel. Les Vaudois du Pragela y furent reçus plus librement ; la famille d'Arnaud y séjourna. — Le sixième de tous les dons était versé à Berne, comme h la cité la plus obérée, mais elles l'étaient toutes : l'entretien et les pécules de voyage, malgré des collectes à l'étranger du pasteur Bernard et de M. de Mirmand, menaçaient d'épuiser les ressources du pays. Berne dépensait 50,000 1. par an, de 1683 à 1686, fl. 26,245 ; Schaffhouse en une année 24,149 florins; Bàle en cinq ans 34,o6o 1.; Zurich avait secouru en moins de six ans 23,345 réfugiés : il devenait impossible de

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continuer; môme le blé manquait. — De 1686 à 1689 on avait encore eu à subvenir à la prrmit' rc^ émigration vaudoise. 3,32i âmes, dont Borne avait arropté îtGO, Zurich 682. BAIe 315, Schaffhouso 218, St-Gall n.'i avoc sorvico-; rolij^jpux spi^ciaux à fiottorkindon ci WaMpiihouru; et, en 10S8, 1.700 Fraiiraisot Vau<lois fuyant l'invasion du Palatinat et qui, avnc Arnaud ot leurs prôdôcossours, opérèrent en 46HÎ> la Glorieuse Rentrée. — Presque ruinées, Berne et Zurich décident en principe le départ de tous les Réfugiés privés de moyens de vivre, 1690; neuf cents quittent Zuricb, mais sur les instances de M. de Bfinnand, secondé par lebourguemestreEscher, on patiente encore quatre ans pour les autres, comptant i^nr les promesses non réalisées de Guillaume III. Enfin en ifiOi, à la suite d'une nouvelle conféroiu e des villes a lieu un premier (It'Hart général, Berne gardant ses 7.(M)0, avec allocation? des autres cantons, jusqu'en I()î)7. L'année suivante, l'expulsion di's Français «les vallées <lu Piémont en amenait 2,833 avec sept pasteurs : « Oiielf Très-llaul nous apprenne à tous, en tous lieu.x, à supporter les diliicultés avec charité et patience. Qu'il nous donne de ne pas nous lasser d'être un refuge pour Sion opprimée », écrit Zurich à Bâie |1698). On les reçoit et on les répartit fraternellement jusqu'à ce que le traité da 15 avril 1699, conclu à Darmsta*1t par les efforts de Rochegude. leor assure des asiles en llesso et en Wurtemberg avec subsides des autres puissances réformées. La Fr uiec. pour les éloigner, permit d'embarqUT à Bàle ceux à destination du Palaliiiat. de la Hesse. du Brandebourir t'I du Danemark; l'Empire autorisait le passage sur la roule d'i lin. De mai à octobre il en partit 4, 414. — En 1703 deux mille réfugiés d Orauge arrivèrent à Genève (voir ORANGE), d'où nouvelle répartition en Suisse : une moitié y reste ; les autres se dirigent, en 1704, par six convois, vers le Brandebourg, suivis, 1710-1711, par une dernière émigntion de leurs compatriotes qui séjournent en Suisse plusieurs moii Après la guerre des Gamisards, Villars accorde quelques passeports pour la Suiss(> à des Cévenols qui ne firent que la traverser (P. Carrière «lit Corteis). Le dernier essaim vint des vallées vauddises .lu Pi-Miiont; 8iO s'arrêtèrent de 172!) à 173! à herne : ils étaient tous repartis in 1734. — Neucliitel avait passé en 1707 sous la suzeraineté du roi de Prusse ; sans doute l iniluence des Réfugiés ne lut pas étrangère à l'eiclusion du prince de Gonti par rassemblée des IVois-Etats: aussi prii«a trois gouverneurs dans leur^ rangs, de Langes de Lubières, deFromeat, de Brueys de Bézuc, et Frédéric 1*^ s'empressa-t-il, en leur appliquant les bénéfices de l'édit de Potsdara, d'accorder de*; lettres de naturalisation à tous ceux qui en firent la demande : il en résulta une affluenre il'irlisans du Langiiednr et du Daujdiin'' (voir lis'es de N^"* !7in-l7ll, //'///. IX'i, i l l'établissement de plu-ieurs commerçants dislinguts, Faure, Pourtalès, de Luze qui, à la naturalisation comme sujets du ni, joignaient le plus souvent la bourgeoisie de Neucbàtel ou de Valengiu; (60 à Neucbàtel de 1707 à 1740). Cette facilité de fusion dans la population indigène rendit superflu de fonder dans le pays des Colonies, des Bourses ou des églises particulières; quelques pasteurs de France fumit admis à y exercer leur ministère : Ant. Durand, agrégé par la eooip*

lŒFUGE 851

des pastpurs do N., Uu[)lessij;-naii(l«Tot, Magnat d'Oraniçp; il sorait diflicile <réiiumérer tous les niiiiistros <lii caiitnii qui s^mt isslis do lamilles du Rorugo. C'est à lui aussi quo NcMir.hàlcl dut suu savant prnlosseur Louis liourguet. — Les suites de la llévot-ation augujcutèrenl à peine eD Suisse le nombre des églises du Refuge. Daus les pays de langue française il n'était point nécessaire d'en créer ; plusieurs des 200 pasteurs exilés (dont 80 à Lausanne) purent même exercer leur ministèredans des paroisses du pays. Ils trouvaient, il est vrai, la tyrannie du Cf>nsensiis, fornnilé contre les dorlriries d'Amyrautetde Gappel, approuvé en 1675 par Zurich. Berne, Schairiiouse et B;\le, accepté avec des atténuations fratonielics par (ilaris, Appenzell, les Grisous, Mulluino' et Ncuchàft'l, ot par Genève ou 1071). A Tiudii^niatiun do Claudo, Urruo. «jui avait créé une Chambre fin /{clif/ion avec droit de prououcor lo hauuissenient et la cuuliscation des biens, et qui exigeait de ses ministres le serment de Conformité et Topposition aux « piétisme, sodnianisme et arianisme », imposa en 1609 à tous les pasteurs proscrits la signature du Consensus. Sur l'impulsion de Turretin, Genève y renonça la première ea 1706, alors que l'Arrêté dit du Silence venait iVrn aroontuer l'obligation dans lo pays de Vaud et d'en interdire la discussion. — Dau-i les pays <lo lan^Mio allouiaude il no ?o oDustilua pas do colonies distiuofos à Ràlo, Scliairiiouso rt St-Gall. mais on eut soin de jiourvoir aux bosoius spirifuols décos « brebis orrautos » qui avaiont tout (juitté pour l'Evangile, et les étapes de leur pénible roule leur «diraient les consolations d'un culte régulier. Quatre églises de ce genre fonctionnèrent transitoirement, soutenues surtout par l'état de Zurich : à Egli' sou, mi-chemin entre Zurich etScbaffhouse, séjour temporaire d'environ trente ç^fugiés, dont les Guichcnon de Màcoa, et le P"^ Terrasson de Die; à Elg;/, lo 1>. Simon d'Albiac, de 5farcol2, resta de 1685-1692 et quitta, n'ayant plus l'occasion d'oxoroor son ministère: à quelques réfugiés so sont arrêtés d'un à deux ans ; lo 1''" Roman de Gorp. installé en déo, IGHo rtsta jusqu'à sa mort iO'Ji, avec un traiteuicut do 50 tlorlns ; il n'eut point de successeur ; à Winlarthur il y eut pasteur et maître d'école, mais pour peu de temps; 102 réfugiés en 1087, 70 en 1600. Pendant les premières années un pasteur français de Zurich prêchait toutes les semaines à Bulaeh. — À Saint-Gall la corporation des négociants avait obtenu du Conseil de la ville, le 27 oct. 1685, rétablissement sous sa propre responsabilité et à ses frais d'un culte en langue franoaiso, avec agrégation au olorj^é national ; premiers ministres Jean Bernard 1G85-1GH7, Suchiors 1(>H7-17:22; puis lo posto fut occupé jusqu'en 1785 par (les Saint-Gallois ayant otU'lié à Gonovo. .luli(Mi <lo Toulouse y précba de 177i à 171)0. L'oixliso ^ubsisto, devoimc indép^uilante de toute agrégation ecclésiiisliquc, entretenue par la Cbambre de Commerce. On j célèbre le oulte hebdomadaire en langue française, au- <IQel prennent aussi part des colons vaudois établis à peu de distance, mais on trouverait à peine dans le troupeau quelque trace des immigrés. On affirme que St-Gall doit rindustrie de la filature de coton aux réfugiés Bion. — A Coiv>' lo paslour Riboudol desservit, 1607-101)8. une petite communauté dont ou perd bientôt la trace. — A Scha/fhouse les

UEFUGE

difficultés occasionnées par le passajjp tles fnpitits avaient èié grandes ; quoique la caisse de soroiirscontrali'. ditr Fonds dt^s R»''fiigiés,y fûttraii'ifén^e do KiSd à iOUO. la ville dut SDUveut IVturnir pmjr les vtHeiiient^. la iiourrituiv cl le vint'icmn au d«''[)art, bien au delà de s ui cini|uième statutaire; le secrétaire municipal Speissegger fit preuve du dévouement le plus éclairé, ^eu de Réfugiés restèrent à demeure : entravant dans leurs industries le chapelier Aureilhon et le gantier Bastier, on n'autorisa pas la filature de Frère. Dans cette communauté qui se renouvelait sans eesse on n'établit pas d'alxjrd une forme d'église. Après deux refus le Grand Conseil permit le culte français (nov. 1685) avec les pasteurs Le Blanc des Cévonnes, et Si-zalon de Ts'lnies, mais il ne leur assigna de pension llxe qu'en I(>87. A l'arrivée des Vaudois on leur donna un ministre spécial, avec culte dans la maison connuunale à Ncuukirch, Uuterlialluu et Wiicliingeu, Glauzel, qui, à leur départ, resta comme adjoint, puis comme successeur de Le Blanc. A sa mort H. de Bousanquet, de La Salle, constitua régulièrement réglise, par la formation d'un consistoire. Tous ses successeurs sont suisses, d'après le principe établi dans la délibération du Conseil du 7 nov. 1732, u à l'avenir aucun pas* teur étranger ne doit être agréé dans l'église française ». Elle cesse donc de pouvoir »^tre ron-^idérée comme une paroisse du Refuge, puisque cet éléiiient eir disparail ; on «lécida cependant de la C(»nserver « par des considérations importantes », sans iloutc jtour l'étude de la !an^:ue, le miinstrc remplissant aussi la charge d'instituteur. En iH(>0 la ville et ie canton se partagèrent la majeure partie des fouds de l'église, qui provenaient cependant de collectas et de legs spéciaux. Il y a culte tous les quinze jours, sauf Vété, mais la seule &mille Lalfon peut faire remonter son origine au Uefuge. — KBâle quelques familes françaises vinrent fortifier la vieille é<;liàe de 1572. avec laquelle s'était fusionnée la communauté italienne des Grisons et de la Valteline. et où fonctionnèrent les pasteurs français Maj^nel, Serres. Hehoulet. Uoques ; mais déjà en {{\\V.\ on n'y comptait plus (lueiO'i ivfuj^iés. Par contre, dans le courant du xviu* siècle, plusieurs lamiUes bàloises se rattachèrent à la communauté elle théologien Werenfels y occupa la charge d'ancien. Depuis 1682 on confia l'élection des pasteurs au « Grand Consistoire », Tantistés et les quatre seholarques se joignant aux anciens. Le décret, non exécuté, de 47S8t fixait l'élection par le sort sur trois candidats, avec préférence doimée • aux bourgeois. Les anciens étaient nommés à vie par le Consistoire au scrulin secret, à partir de 1724 par le sort. T.e fduds dis pauvres di> la (iliainltrc de llefiiire qui n'avait cessé de s'accroitre, fut réuni en 1778 à celui de la paroisse française, <|ui possède une église, deux presliytères et deux pasteurs entretenus par elle. De 1818-1853 les anciens turent élus par tous les hommes majeurs s'intéressant à l'église, fréquentant le culte et participant à la sainte-Cène ; depuis 4853, par le Consistoire pour les réélections, et en cas d'élection nouvelle par les Kirehenratb et Schul-cûllegium sur double présentation du Consistoire. Peu de familles actuelles descendent des Refuges. — A Zurich et à Berne les jalousies locales. les privilèi?es exclusifs, statuts et droits de bourgeoisie des corps de métier paralysaut ie hou vouloir des autorités, entravèrent la coluni-

sation. Refusant de les adinottre dans les maîtrises, on ne permit aux

Réfugiés d'exploiter que les indiistrios non encore exercAos, et de vendre au détail. Aussi, tandis <jn'à Horuf» leur actfon so l»ornait à quelques Tnanuiactures de soierie?, lainages, l)as et tapis, à Zurich en autorisant des fabriques de taffetas et antres /'tuiles « comme il ne s'en fait pas», de bas, de savun, de balances, et le connnerce de soie et laine de Négret, on expulsa les gantiers, cordonniers, tailleûrs et chapeliers et on souffrit

' avec peine un médecio. Zunch s'était cependant montrée fort charitable •t les listes officielles constatent de 1685 à 17S0 le passage avec séjours plus ou moins longs de quarante à cinquante mille fugitifs, pour lesquels on employa environ « 300,000 flor., 10,000 sacs de bl«^, 2.000 seaux de vins >> sans compter les actes de la libéralité privée (Moerikoler). La Chambre de Reluge qui se réunissait chaque jour et avait à s'occuper de 500 à sot) personnes à la l'ois, organis^a pour eux li' Seinau et le Neiihof, sous la direction d'EssIinger; en 1687 il s'y trouvait jusqu'à 500 ménages ; 14 ministres se partageaient les fonctions pastorales. L'église française de Zurich date de sept. i685» avec prédications réirulières de Paul liebonlet au Frau-munster ; le mardi sur les dangers de l'apostûie. Le Consistoire fut composé de sept zuricois et cinq français, dont deux pasteurs pris à tour do nMe parmi ceux présents dans la ville, sous la direction du Cnn^oil ; le 7 nov. institution du Fonds des Réfugiés et de réc<de avec d< ux maîtres. On cite dans les pasteurs, Terrasson et Maj^nat, parmi les membres distinfiués de l'église le pieux H. de Mirmand. l'inlatig.ible dél'euseur des intérêts de ses conqialrioles qu'il représenta eu Brandebourg et en Hollande. L'importance du troupeau diminua bientôt. En 1698, cédant aux plaintes des commerçants zuricois, le gouvernement décidait le renvoi des réfugiés. Après un dernier répit, tous les négociants français faisan4 des affaires pour leur propre compte durent 8*éloigner (1700) ; ainsi partirent les Rruguier, liourguet et tant d'autres. Aussi en 1708 un seul pasteur suriit-il au trocpeau ; il était si restreint en 1721 que, renonçant à faire venir un ministre IVanrais, on coulia le culte à des nationaux. Depuis 181{i les nnni-tres sont choisis dans la Suisse romande. En ISDi. a aucun rél'ugic n'e.xistant plus à Zurich >>, le t'undâ fut remis à la ville pour être all'ecté au culte français, et au soulagement des nécessiteux de cette nationalité et de cette confession domiciliés dans la ville : il est administré par un Consistoire de cinq membres. — C'est le territoire de Berne qui reçut, accepta et conserva les véritables colonisations, l'Etat permettant aux pamisso françaises de se constituer et d'élire librement leurs directeurs. Les li\ res d'éirlise ofliciels datent de 1G03. Eu IG'JG le canton rl s,^s anne.xes comptaient 6,10i réfugiés (4,280 vivant de leurs propres ressources), dont i.OOO pour le pays de Yaud ; en 17G7 il en restait à iierue môme iOl. — La Chambre de Refuge (Exulanteu-Kammerj de Berne, administrait la caisse centrale de secours de la Bourse française à laquelle aboutis-

. saient Uîs legs, dons, collectes, subsides de FEtat et 24,000 florins versés annuellement par les autres cantons. Elle a duré jusqu'à Tinvasion française de 1798. La Colonie française se constitua le 21 fév. 1689 par Vélection d'un Directoire de 8 membres, 4 pasteurs 4 laïques se complétant

jusqu'en 1698 par coaptation, ensuite par choix de la Chambre du Refuge sur proposition double: les diverses- provinces y étaient représentées. Ci'ltt^ Dirorlioii servait d'intermédiaire entre celles du ])ays <1p Vaud <'t la ClianiLre ilii R<'fu;;t\ et lui fut subordoniu^o. KWo lui présidée par le lia>t(Mir rran.;ais ai' KlSII-lTlH. ol de ITUS-iHII); «le 1718-171)8 et de 181G-1830 par un membre du gouverueineut. Déjà en 1739 il lui était défendu d'admettre des membres nouveaux. A partir de 1839 elle a été entièrement émancipée, formant une des communes du canton, mais avec la déclaration de non-admissions nouvelles : des 200 familles représentées vers 1G89 on n'en retrouve plus que dix en 1845. En 1850, la Colonie résolut de se fusionner à la commune de laNeuveville sur le lac de Bienno. apportant sos fonds contre subventions assurées àses pauvres. L'église rranraisc de la colonie de lîerno. r.intinuation de l'ancienue paroisse de Ifd.'i, reeul en IGHDun si foud niinistre sous les noms successifs de catéchiste, diacre i7il, scmud pasteur 17oH. Elle est rattachée à TElal (lOUGj, qui rétribue les deux pasteurs, et dépend depuis 1874 de la paroisse de la cathédrale : conservant son culte français elle ne compte plus de descendants des Réfugiés ; depuis un demi^iècle les Benoit, Jonquières, de 'Vigneule, etc. se sont joints aux paroisses allemandes. — L'Etat avait encouragé les Réfugiés à se porter vers ses possessions du Pays Romand, comptant que leur influence atrernurait son autorité sur les Viiudois. lien vint environ 00,000 dont 22,000 ayant besoin de secours i leurs noms sont enreiristrés), 27,tX)0 sul'lisamnx'nt pourvus et 12,000 en simjde passai^e. Ne pouvant plus accorder à un nombre aussi considérable les droits de bourgeoisie conférés «l abord très largement, mais tout en facilitant l'obtention pour les deux degrés, on établit des BouneSt dont Torganisation ne fût pas toujours identique ; sous uo Directoire élu elles soutenaient leurs indigents pav le produit des legs et collectes et répartissaient les subventions de la Chambre du Refuge de Berne. Toutes, sauf une,. ont duré jusqu'à ce siècle. L'assemblée générale qui réunissait en 1087 trente-trois pasteurs et vingt notables réfugiés à Lausanne, y institua la Direction, sous le n<nn de « Compvignie députée pour les atlaires des français réfugiés à Lausann»' pour la cause du Saint Evangile » ; une autre assemblée y recevait en 10'.)8 les délégués des diverses Directions (ou Bourses) du pays. Destinées à remplacer pour leurs ressortissants le droit de bourgeoisie, ces Bourses dont les directeurs correspondaient avec les frères de l'étranger, devaient tendre à devenir des communes presque autonomes. L'Etat qui tolérait au début leur indépendance, s'en émut en 1742 et décréta que celle de Lausanne ne devait former « ni corporation, ni commune, ni bourgeoisie, mais rester une direction pure et simple ». l'ourtaiit en 1758. alors qu'on jKirlait de fonder une grande ville de Refuge près de .Morges, L. L. S. S. de Berne ordonnèrent à chaijue iuuuigré d'entrer soit dans une bourgeoisie, soit dans une direction, exigeant pom- le mariage des nou'-bourgeois le consentement de sa direction, ce que confirme l'édit de 1773. — Vevey se distingua par son hospitalité : 696 réfugiés y lési* daient en 1696 sous une Direction portée de trois à cinq membres, (1*^ semblée générale prenant le nom de Chambre de Refuge) : en ressoitir

tenait iioii du droit (]<> liouri^fMiisic. Eu 1699 <»ii fit un triago, ordonnant aui restants de so pourvjiir d'un droit de conununuut»'' et constituant pour eux une bourgeoisie de seconde classe, dite petite bourgeoisie, moins coûteuse mais sans accès aux charges publiques. Aussi k fusion s*y fit-elle plus rapidement qu'ailleurs et en 1790 la Bourse cessait par Tadmission aux droits de bourgeoisie des dix familles non encore participantes. Cette colonie compta quelques-unes des personnalités les plus distingu(^es du Refuge : Paul Tallemant de Lussac, frère de T. des Réaux, les de Rochegude, Matte, Dangeau; Phil. d'Ucrvart, résident britannique en Suisse, y travaillait depuis 1690 en faveur de ses compatriotes exilés couiuic put le fair»' h partir <le 1703 son collègue le marquis d'Arzilliers, envoyé de la reint- Anne à (ienève. Iluvigny, devenu T^ord Galway. soutenait à Vevey plus de 40 réfugiés, dont plusieurs entants réunis dans un orphelinat spécial. Knfin ci'tte ville a possédé le seul poste dans la Suisse française (ju'on puisse appeler du Rt fuge : M. de Montluuc donna eu iOH.i un fonds de 4,(K)0 livres pour l'entretien d'un pasteur français auxiliaire « à prendre du nombre de ceux qui se sont retirés à cause des persécutions » ; cette place dite de sous-diacre a duré 154 ans (trois Réfugiés : du Marché, 1685; Fleury, 1712; Maroger, 1739- 1774). M. Ronjat fonda de même un poste de catéchiste 1724-1845. — A Marges qui eut pour pasteurs Sagniol de la Croix de Grest et Malplach d'Anduze, la Bourse comptait 400 réfugiés en 1698: avec l'obtention de la bourgeoisie on cessait d'en ressortir. A iVyon, au contraire, dont la Direction remonte à 1688, <« corps de 12 réfugiés véritablement approuvé, relevant directement du souverain », l'admission à la petite baltitnfii)n. vnire même à la bourj^eoisie complète, n'excluait pas des secours "le la liourse. A Be.r on établit une <■ CoiilV'rie des pauvres réfugiés lialutants per[)éturls de Rex » (jui a fonctionné de 1713 à IMtil. D<' même les treize liabilant^ perpétuels de Moudon, 1701, et les deux Bourses de RoUe et ù^Yverdon^ 1685 ; c'étaient de simples caisses de secours avec un caractère privé qui en a permis la conservation. — Les Réfugiés, perfectionnant dans la Suisse romande la culture de la vigne et du mûrier, introduisirent celle des potagers et des pépinières. Us fondèrent à Lausanne des imprimeries, chapelleries, tanneries, fabriques de poteries, dUndiennes et de cotonnades, ouvrirent des magasins et substituèrent le commerce régulier au trafic d'occasion et par colportage. LHnQuence intellectuelle ne fut pas moindre. A Berne déjà l'on avait reconnu dans la sociiHé d'élite un reflet de l'urbanité et de l'éléganee de nioîurs françaises : sur les bords du Léman l'impression est [)lussensildc oiicoredans les «lomaines des arts, des sciences, de la lillératurc. et dans réI»'-vation du niveau de rinslruclion. liayle avait séjourné à Genève et à C<»p[)et ; le pliilusoplie Le Sage, le théologien et erili(]ue Abauzit se fixèrent à Genève; la mère de M'"° do Staël était lille d'uu Uéfugié. L'église vaudoise, « s'attacbant aux doctrines de Tancienne école de Saumur», prouva qu'elle n'avait pas inutilement possédé Barbeyrac à la tête de son académie de Lausanne. Dans les dernières années du xm^ siècle, et pendant le xvm* tout entier, c'est dans le pays de Yaud et & Genève que les Réfugiés non seulement reconstituent de préférence la

patrîp poniup, inai:> qu'ils continuant à lui consacrer le lueilleiir «le leur àine. Aux colporteurs et messagers bibliques des premiers jours de 1& Réformation ont succédé, pour réveiller et entretenir la foi, les héroïques pasteurs du désert qui retournent apporter à la France le précieux dépôt gardé par le Refuge. Si Zurich vit la consécration de Gortine en 1718, c'e<?t h Lausanne d'où partit Brousson et où éludièrent Bétrine et Roux, (1723-1727), que fut fondé en 1729,1e séminaire d'Antoine Court : en 70 ans il prépara près de trois cents pasteurs. Zurirli et Berne contribuaient ])ar des subventions; à (îeni've s'était formé un rouiilè spécial (\ial, Mauiin. Turrelin. plus tard Pietet, Luilin. de Végidire). et rAo'/v/,' ou associulnui de, secours pour les lidèles affligés prenait à sa charge sLt des étudiants. Dans les quatre-vingt-dix premiers, de 1726à 1753 ûgurent Paul Rabaut et Rabaut Saint-Etienne, Rochette, le dernier martyr, Bon Saint-André, Court de Gebelin, Gâchon, Broca. Tout l'avenir du Prote.'tantisme français est là. — Poirier, le compagnon de Rochette (1754;, J.Durand (17G0) apportèrent en Suisse les suprême» reflets de la pers«'cution. Quand les droits civils furent rendus en France aux protestants. |ilusieurs familles y renlrèriMit ri ce mouvement de retour s'est continue depuis. Cependant j)r<'S(|nr loutes les Bourses perpétuaient le souveuirdu Refuge. Le pays de Vaud vi-'v^v par l'Acte de Médiation (1803; en Ciinton indépendant de Berne, reconnut les Bourses françaises comme corporations assimilées à des bourgeoisies mais non à des municipalités, ce que confirmèrent les constitutions de 1814 et 1831. Dans celle issue de la révolution de 1845 les droits de citoyen appartiennent à quiconque est attaché à l'une des eorporations reconnues et considérées comme des bourgeoisies o savoir entre autres les Bourses françaises ». On alla plus loin en ISitS, invitant celle de Lausanne a se con-tituer eu commune, la directicui jouant 1(> réile de municipalité. C'était par l'assimilation préparer la disparition ct^mplète. Onze ans plus tard une convention ratifiée par décret du Grand Conseil admettait dans la bourgeoisie 616 descendants de Réfugi<^s et le Conseil communal exprimait sa satisfiiction « de participer à la clôture du Refuge de 1685 par une bonne combourgeoisie cimentée en 1850 ». Comme pour toutes ces fusions les fonds des Bourses furent versés dans les caisses de la ville. Celle de Morges s'était incorporée à la communauté vaudoisp on i82i ; il en fut de m^me à Xviui ou 1S()(), à Be.v en 1801. Li s comptes de l'Llat enre;.:istraient U caisse des KéluuMés du pays de \ , provenant de la ctdlecte de l(>,S5: tous ayants droits ayant disparu, elle est entrée dans celle de rilùpital cantonnai (1843). On agit de même à Genève, versant à l'Hôpital général la plus ancienne et la plus importante de ces caisses (près d*un million), lorsque les résidents furent mis en possession de tous les droits réservés jusque-là aux bourgeois seuls, 1846.

3. Allemagnf. — Le Refuge se compose de trois éléments: lesrestesdet églises dites wallonnnes et wallonnes-françaises ; les Français purs; les vaudois-IVanrais. L'imiiiitiration purement français.' conuiieiice laiMemeiit eu Brandebourg, liesse Klectorale et Brunswick-Lunebourg un peu avant la Hévoration, s'accentue dans les premiers mois de 1G8.") et prend de grandes proportions dans tous les états hospitaliers ^pendant les trois

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années suivantes, se continuant, quoique plus restreinte, environ quinze ans. En 1687 une immigration vaudoise, partie des vallées firençaises comprises dans la Révocation, se porte vers le Brandebourg et le Wurtemberg^ fortifiée en 1688 par dos Vaudois piémontais : trois ans après presque tous retournent en Italie. En 1689 l'invasion du Palaiinat surprend cruollrniPiit les réfucrit's de la Révocation, autorisas par rKlrctour à s'associer aux vicillos communautés wallonncp-franrnises fondées au siècle précédent sur les bords du Main et du Necker : plusieurs siiccoiubèrent sous l'oragr'. Mis en fuite par la guerre, ces groupes, dans lesquels il est parfois malaisé de distinguer le noyau composite antérieur des adjonctioQs poÀiéneures et purement françaises, se répandirent hors dn Palatinat dans*ies colonies déjà formées et provoquèrent la création de nouvelles, — En 1699 les Yaudois expulsés définitivemeni des vallées cédées par Louis XIY au Piémont s^établissent en Wurtemberg ou fondent en Hesse et en Bade des colonies supplémentaires que notre cadre embra^^se: en effet elles renferment de nombreux émigrés français qui avaient trouvé un asile en Piémont depuis l'Edit donné par Victor- Ainédée II, le 4 juin IG!)(), et qu'en expulsait de nouveau celui du l*""" juillet \G\)H: d'autre part ces vallées incorporées aux états d»; Savoie étaiont frani-aiscs , cf^lle de Pragela depuis avant la Uéfornie , celle àe Pérouse (le|»uis 1030 (épotjue où tous les Vaudois des vallées adoptèrent le culte en français), L'immigraLion et lescolunies de IGOUne sont donc pas exclusivement vaudoises, etces Yaudois mêmes étaient membres des églises réformées de France, les débris de la province synodale du 'Daupbiné. Plusieurs de leurs ministres desservirent des paroisses toutes françaises. — Les derniers réfugiés^n Allemagne vinrent du Pragéla de 1730 à 1733, lorsque après les instructions du 20 juin 1730 au Sénat de Pigncrol appliquant aiLX Vaudois les peines des relaps, on chassa les familles les plus endurcies. Victor Amédée répondait à Fréd. Guillaume que le traité d'Utreclit ne lui imposait rien à leur sujet. — Les immigrants ne restèrent pas toujours dans les lieux choisis d'abord : plusieurs colonies durèrent à peine. L'histoire ne peut enregistrer que telles dont la constitution fut régulière, et passe forcément sous ^iU'nce des localités 011 des f.iiiiilles se sont installées isolément sans former de paroisses distinctes ; sauf de rares exceptions ils sont bientôt repartis s'unir à des groupes plus résistants, ou se sont rattachés à la paroisse aUemande. — Les divers états catholiques, Autriche, Bavière, principautés ecclésiastiques, loin d'appeler les Réfugiés, se refusèrent à les admettre. Trop souvent, malgré les instances des souverains réformés auprès des pays luthériens, ceux-ci, les uns, comme l'électorat de Saxe et les villes- hanséatiques, leur interdirent i'exerdce public, les autres ne leur facilitèrent ni l'entrée dans les corporations ni même la possession de bieas-fonds. On se bornait à les tolérer, tandis qu'au contraire le Ib sse- Cassel avant tous autres, le Brandebourg dans la plus large mesure, les états de Brunswick et quelques principautés secondaires mirent tfuit en 'puvre pour les attirer et les retenir. — Ici encore il y eut des nuances daus les concessions et privilèges, surtout sous le point de vue ecclésiastique: en accordant une constitution indépendante et presbytérienne, on

n alla (jiip rarement jusqu'à poriiicttrc l'organisation synodale; iiuus ne trouvons traces que de quatre groupements de ce genre : 1*^ le colloque des églises réfugiées dans les divers étals du Brunswick ; 2" le colloque, plus vaudois que français de la Révocation, des « Eglises françoises et ▼audoises establies aux environs de Francfort »; 3<» le synode des markgraviats de Brandebourg; 4^ les églises du Wurtemberg. Sauf pour ce dernier groupe le fonctionnement synodal a été aussi irrégulier que transitoire. Les églises qui s'y rattachaient cherchaient à rester en rapports avec le synode général de Iloljaudc <ni elles portaient parfois leurs plaintes. Du reste la Hollande et l'Angleterre cont rilniaient A les iiianilenir, et c'est grâce aux intelligentes et persévérantes négociations de l'envoyé des Etats-Généraux Valkonier. qu'ont pu se constituer les colonies dites vaudoises du Wurtemberg et de la Hesse. — G*est à Franofort-8ur-ie-Mein surtout que se portaient en premier lieu les flots successifs du Refuge pour y recevoir leur direction définitive : on les y secourut, on ne les y retint point. De mai 1685 à mai i689 la diaconie réformée en assiste li^468 exclusivement réfugiés français nouveaux, venus presque tous par la voie de Siiisse, de Bàle et dn Rhin ; de mai 1689 à mai I7(H, 17,770 et GU,S1() venus du Palatinat ; enfin 'i.SChS français do plus jusqu'en i7t)5. Elle en soutimt encore 27,882 de ITiio & 1725, tant de passage que de résidents des petites églises enviruunantes. A Francfort même rintolérance luthérienne ne se relâcha point. Tout au plus le Sénat permit-il à la princesse de Tarente de faire célébrer chez elle par son aumônier Roy (1688) un culte privé pour quelques familles, l<s Brévillier, Basson i pierre, Saussure, Sarazln, Blachièrc, (ioulard ; il s'éteignit avec elle, .1603. L'Eglise continue à se réunir à Bockenheim on le tem))!e ne fut construit <[u"en 1768: on attendit jusqu'en 1787 l'autorisation d'un cultt3 infrn innms. Enfin un décret du Prince Primat 18(16 jdaca les réformés au rang de leurs autres concitoyens; ils olitinrenl en IS:2ii nn Consistoire uni à rEta.t. Celte église, si longtemps combattue, est restée ûorissan te : parmi les pasteurs depuis la Révocation on cite de Persode, d'Autun, Ghandon, Eynard, Brunier, Armand, Souchay. De Francfort Tagent Mérian dirigea vers le Brandebourg le plus grand nombre de Réfugiés.

a. fCfnts de V Electeur de Di andcbourg . (Royaume de Prusse). — Depuis 1()6I (}uel(jnes fimilles s'étaient étaldies à Berlin ; le comte de Beauvan d'Espence était devenu grand écuyer de rElectenr; quelques autres fixés d'abord à Alt-Laiidsberg, où en 1671 on célébra pour elles trt»i> fV»!S la comujunion, les ayant rejointes en 1672, l'autorisation d'un culte français leur fui accordée : il s'ouvrit le lU juin par une prédication de Fornerod ; l'église où Jacques Abbadie intalla en 1683 un consistoire selon la discipline de France, ne compta qu'une centaine de membres avant la Révocation. — Jusqu'à cette date le grand Electeur resta l'allié fidèle de Louis XIV, mais dès le 13 aotU i66(i il lui avait écrit: « Je ne puis lui dissimuler que le traitement que reçoivent ses pauvres sujets de la relif^ion réformée conlriste ses alliés qui sont de méim^ profession et il ne lui lai.ssait point ignorer que la cessation en Fraiic3 de la liberté de conscience « aliéneroit les ailcctions de ses voisins et

en altéroroH les coarages. n A partir (roctobre 1685, Frédéric-Guillaume se range ouvertement contre le persécuteur des huguenots, et

en m^nie temps qu'il l'emporte sur tous les autres princes par la libéralité aussi chrétienne qu'intoIli^^tMite de son arrueil , il rr'pfiiple de proscrit:* ses pruvincos dévasttM's par la guerre de Trente ans, d prncure à ses états tous les proj^^rès en industrie, en conuuerce et en agriculture qui leur avaient manqué jusque-là. Dans aucun pays les effets de rimmigration n*oot été aussi considérables. Par Tédit de Potsdam du 29 octobre» (v. s.), offirant « aux français qui souffirent pour l'Evangile et peur la foi que nous confessons avec eux, une retraite sûre et lil'n» dans toutes les terres et provinces de notre domination... et leur déclarant de quels droits, franchises et avantages nous prétendons les y l'aire jouir, pour les soulager et pour subvenir en (|uel(|ue manière aux calamités avec los(jnelles la Providence divine a trouvé bon de frapper une partie si consiilérable d.- son église », rKlccteur a?sure au,\ Réfugiés le droit de b(nirgeuisie dans toutes les villes où ils s'établiront , des terres pour les cultivateurs , Tadmission dans les corporations pour les artisans, des privilèges pour les manufacturiers, des charges, honneurs et dignités pour les nobles ; une organisation ecclésiastique et judiciaire française pour tous, les conservant autant que possible en corps de nation séparé. Ses résidents à Amsterdam, Hambourg, Francfort-sur-lc-Mein et Cologne, lieux de réunion assignés aux émigrants, les dirigeaient vers sps états en fournissant à leurs besoins. Tous leurs biens meubles étaient libres de droits, (Ui leur concédait les maisons abandonnées avec exception d'impôts pendant 10 ans, délai plusieurs fois prorogé. Outre une collecte générale de 30,000 écus dont moitié donnés par la cour, le prince prit à de gros intérêts leurs dépôts d*argent s'élevant à 87,900 écus ; la Maison dite du sou par livre^ caisse à laquelle les Réfugiés pensionnés ou au service abandonnaient le vingtième de leurs revenus, et qu'alimentaient de plus toutes les amendés des juridictions provinciales, pourvut aux besoins des plus nécessiteux. — L'appel de TRIecteur, malgré les eH'orts du gouvenieuiLiit di' Louis XI V p'»iir en supprimer les exemplaires et pour en nier les clauses, lui largement entendu. Dès lOS.» il y en avait d'installés à Berlin, à Magdebourg et dans la colonie agricole de Battin; eu 1G80 à Fraucforl-surrOder: les Messins s'expatrièrent en masse sous la conduite d'Ancillon qui sWupait d^eux comme Beauvau de ceux de rile-de-France réfugiés àc préférence à Berlin, Briquemault des Champenois, Gautier de Saint- Blancard des Languedociens, du Bellay des Angevins et Poitevins. U vint aussi en 1680 quelques prosélytes du Hainaut, qui setablireut surtout à Klein Ziethen et Braunsberg et sont désignés, dans la Visitation des colonies, sous le nom de nouveaux Rérugiés, Huit cent <juarante Vaudois fugitifs trouvèrent un asile hospitalier en 1088 à Burg, Spandau et Sleudal, d'où ils repartirent en août 1000 pour leurs vallées. En 1689 arrivèrent les Réfugiés fixés d*abord dans le Palatioat ^ les membres des anciennes églises wallonnes ; ils formèrent, sous le nom de Mannheim, une colonie séparée à Magdebourg. — L'émi» gntion directe de France n*avait pas cessé. En 1690 on compte déjà

onze églises de villes dessorvies par 20 pasteurs et six de colonies agricolos, environ 12.(M)() civils et 2.300 tnilitaire?. En Ifi'.M) la Suisse ne pouvant plus entretenir autant de RL'fug^i»'»s rKlecteur Frédéric III en accueilldit trois mille de plu? auxquels l'édit du 13 mars assurait les mêmes avantafçes qu'à leurs devanciers, et qui se portèrent à llalberstadt, Neuhaldensleben , Magdebourg, Stendal et Burg; aussi le nombre des églises est-il de 32 en 1700. Deux mille Onngeois expatriés s'adjoignent à eux en 1704, et l'on institue la maison d*OFange. L*édit de 1709 confirme les privilèges accordés : enfin on constate une dernière immigration, mais peu importante, après l'édit du 2t) février 1720 'envoyé aux ambassadeur? et inséré dans la Gozctte (h Hollande), d'où fondation des colonies de Slettin et Potsdam. Le chitTre total n'a pas dû dépasser 25,000: les éini;^rés du Languedoc y figurent pour un quart, ceux de Metz pour un cinquième, de la Champagne un sixième, du Dauphiné un dixième, de la Guyenne et du Déarn un vingtième; Viennent ensuite l'Orléanais, la Picardie, la Bourgogne ; les autres provinces sont à peine représentées. En général les Réfugiés cherchaient i se grouper par provenances, et dans les premiers temps on leur accorda d'être jugés ehacun selon la coutume de sa province respective. Jusfqu'à la paix de Uyswick l'installation eut un caractère provisoire, avec un espoir de retour ouvertement exprimé et autorisé par l'Electeur luimême. Après la conclusion de la paix les temples se cfmstruiseut ; l'organisation judiciaire et erclésiaslique sont déllnitiveinent tlxées dans toutes leurs parties. — En 1GH8 on reconnut au Consistoire de Berlin les droits de juridiction ecclésiastique sur ses ressortissants (2,000 communiants et neuf pasteurs). L'année suivante Frédéric III, plus tard roi sous le nom de Frédéric I"', instituait l'organisation eoclésiastiqne française, se réservant la confirmation des pasteurs et le dr<»it de changer au besoin la discipline qui était celle des églises réformées de France, moins les synodes (|u'on n'accorda point. Une commission supérieure en tint lien; ^elle obtint par lettres patentes du juillet i70l les mêmes [)réroj,Mtives que le (^)nsistoire supérieur alleinantl, et a loncliunné jusqu'en 1801)}. Enfin le 8 mars 16U8, après Uyswick, TElecteur réglait les attributions des consistoires et donnât Tordre de tenir dans chaque colonie un registre où seraient inscrits les délibérations, les comptes, les actes, contrôlé au moins tous les trois ans par une Visitation ecclésiastique. Les deux premières, 1698 et 17IM1. furent partielles ; c'est depuis celle de 1703 que le système des colonies fonctionna ré<,nilièrement. Les ministres toucbaient .'HK) écus dans les ^^randes villi^'^, :200 dans les petites, 150 dans les bouriç-s, 100 dans les villages. Trois sei^aieurs entretenaient eux-niéines leurs ministres. — Là justice française (art. x de l edit de Polsdam étaldissant « que toutes les contestations entre les Béfugiés seront jugées par un Juge arbitre choisi dans leur propre sein «, sauf pour les questions militaires et Its ecclésiastiques qui ressortent du Consistoire), fut réglée par les décrets de 1600, 1G90, 1702 et 1703: ils la rendaient indépendante des tribunaux allemands. Le tribunal de justice supérieur siégeait à Berlin. Ancilion et ses deux collègues rédigèrent en 1699 (14 avril), à l'exsoipJe

(lu code Louis, V ordonnance française ayant forriic de loi pour tous les tribunaux dos colonies huj^uenotes. De KitlD à 1TI(> le tribunal d*Oranf;e, reconstitué à IJerliii dans son entier (depuis le président du Piirlriiiciit jusqu'à l'huissier;, servit pour la troisième instance, attribuée ensuite au tribuoal supérieur d'appel prussien. Ebranlée par les guerres de l'enipiie la justice française ne fût abolie qu'en 1809, ayant conserré sa position au sein de la monarchie pendant 120 ans, alors même que Tusage de la langue avait cessé. — l^édéric-Guillaume pourvut à Tinstraction supérieure des Réfugiés et au recrutement du corps pastoral en fondant à Tuniversité de Franclbrt-sui -l'Oder une chaire et débourses françaises ; Jean Garnault passa le preujier son examen en Prusse. lOfll. — Frédéric 111 créait en 1081) le Gymnase ou ('ollh/i' franr/iis de Berlin que régissent encore les statuts dressés par Sperlettc, ('.ollin. Cdiauvin etNaudé; il conliait à des Réfugiés, et d'abord à Ch. Ancillou, la direction déyÀeadémie des nobles, patronnait Vltutitut français ou Académie da chevaliers établie à Halle par Lafleur et noyau de la future université, fondait en 1705 la Maison d*Orange sous la direction de ce nom et enc(uiservait en corps le Parlement. — Son successeur, au contraire, pendant les premières années du règne, encouragea peu les Réfugiés. D'alarmantes rumeurs s'étant répandues dans les colonies où l'on négligeait de dresser les listes périodiques des familles, surtout de celles établies près d'AngeruuiU(]t\ passèrent en Danemark. L'avertissement tut salutaire : le i) mars 17 lu, Frédéric-Guillaume instituait le (Jrand- Diiteetoire ou Haute Cour, présidé par le ministre chargé des affaires des colonies, composé de membres élus par les différents ordres des Réfugiés et formant leur intermédiaire auprès du gouvernement. Le recensement général du 31 décembre 1720 accuse un total de 16,032 sans les militaires^ 53 pasteurs, 45 lecteurs et maîtres d'école. Seize ans plus tard le nombre a baissé d'un millier, de 421 Ames et de IG9 nictiers en l'année t730. Les commissaires eu attribuent la cause au renvoi des iuunigr.ints réceiuujent venus, à la concurrence des fabriques locales et à l'élévation des droits sur les matières premières : le roi déclare le 27 mai 1737 que tout nouveau Réfugié obtiendra les mêmes privilèges que les anciens^ et partageant les églises en cinq inspections, Berlin (sous Beausobre), Stettin (sous Blauderc), Magdebourg (sous Baratier), Halberstadt (sous Jordan). Clèves (sous Art us de la Croix), il publie UQ édit « enjoignant en général aux consistoires une exacte observation de la discipline » (1737). Il avait fondé en I7i5 la Maison d»'s or/>h''Hiis, mais imposait des ministres allemands aux [);iysHns français qui se fixaient en Lilhuanie et ordonnait le o juillet 173H, d'une part « que tout candidat à une place de pasteur français fasse d'abord une prédication d'essai au Dôme en allemand, » et d'autre part s que les maîtres d'école sachent la langue allemande aussi bien que la française. » ~ G*est à Frédéric II, élève de M* de RocouJes, que remontent V Ecole de charité (1740). le Séminaire (1 770), la Pépinière pour les futurs instituteurs (1771)-iH09). Le « roi philosophe, » qui se plaisait à proléger ainsi le Refuge et donnait à partir de 17 i5,au recensement annuel des colonies, uu caractère plus précis et plus détaillé

(voirlfs rorapitiilntions -axoc cn-tètes iiiiprinu's), exii^ea des ^^lifo^l'aliolilion (l'un de lours plus; anciens usages, les suspensions «n rf-paralions publi(jues (les pécheurs scandaleux: malgré leurs protestations les pasteurs durent s'incliner devant son ordre formel de 1746. L'influence dds mœurs et de la langue firançaise, devenue prépondérante à sa cour, avait été préparée bous ses prédécesseurs, et surtout par le roi Prédériel*'» ce descendant direct de Goligny par sa mère, Louise-Henriette d'Orange-Nassau. C'est sous son règne que les hommes de science du Refuge fondaient en 101)0 la Kouvelle GaztHlt' tins savants, et que fut déerétée le IH mars 1700 la Société ou Académie drs sciences et des lettres df Berlin. Si rimnneur de cette création revient à la reine So[iliie-r-liarlotte et à Leiluiiz (jui en fut nouimé pn ^uient à il n'est que juste de reconnaître l'impulsion que lui donnèrent les Réfugiés : les germes profondément spiritualistes qu'y déposèrent ces exilés pour la foi ont préparé la succession de savants « qui dans les joursde Fiédérie et de Voltaire, de La Mettrie et de d*Argens , maintenant les tiaditions morales de leurs ancêtres, voulurent une religion raisonnable et une raison religieuse » (Bartholniess). Parmi les membres de l'Académie on trouve : Chauvin, Lacroze , des Vignolles, Nandé . Lenfant, MaucleR', Pelloutier, ])lus tard du Han, Jordan, Forniey. Ou rcLTftte de n'y pas voir figurer lieausohre, l'historien du manichei^ine, J.ijiulet et d'autres pasteurs distingués parmi les 70 qui se tixèrent dans le liraiidebourg. Les lettres furent cultivées par les histohens de Rocoules et Larrey ; la jurisprudence par les AndUôn, les Persode, Lugandi, Borgeat, de la Tour, placés dans les diverses colonies comme juges de leun concitoyens. La présence do médecins français avait engagé l'Electeur à dresser le collège supérieur de médecine; François Charpentier devint chirurgien général des armées. Quelques artistes, Raiiiondon, Fromenteau. Vaillant, et les are!iitect(>s Detan, Ouesnav et Hoviiel tran«f'>rnièrent la capitale. — Cinq cent soixant»' dix fannlles noliles sont représentées dans les listes (rEruiaii el Héclam. Les gentilshommes 04'cupërent des charges de cour; <{ueli|ues-uns entrèrent dans la diplomatie (Beauvau signa la paix de Saint-Germain, du Plessis-Gouret fut résident en Suisse, de Falaiseau ambassadeur à Londres, Stockholm et Copenhague); d'autres dirigèrent les affaires civiles des colonies, les de Marconnay,de Mazuel. de Montagnac, de Mirmand^ de Jaucourt; le plus grand nombre entrèrent dans l'armée. Six cents officiers furent admis avec le grade supérieur à celui occupé en France; h leur tètr. mais transitoirement , le maréchal de Schoniherg. On les plaçait préférence dans des corps spéciaux, les deux compagnies de graiuls mousquetaires, les régiments de Varennes, de Rouville de Veyne, l'infanterie et les cuirassiers de Briquemault, les compagnies et cadets de Gornuaud; ils fournirent 17 lieutenants généraux, dont six dès Torigine , 24 majors généraux , des gouverneurs de Berlin , Magdehourg, Neuchàlel. Les ingénieurs Gayart et de la Ghése initièrent la Prusse à l'art du génie et de la fortification modernes. — Le grand Electeur s'était efforcé avant tout d'attirer les manufacturiers et les artisans, leur fouroissaut des matières premières, achetant leurs

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produits pour los t'tablissenionts priaciefs et les troupes, leur avançant de« fond?, interdisant l'cnfréo des marchandises de l'étranger : plus tard on élal)lit un bureau d'adresso pour le prtH ?ur les objrfs cl leur vente aux enchères. Il réu-sit au point qu'Ancilloii pinivait écrire eu 169() : « Il est venu dans cet état des ouvriers de tous métiers, de sorte qu'on y fait à présent toutes sortes d'ouvrages. Il ne s'en lait aueun en France, qu'on ne fasse dans ce paya-oi» » progrés colossal, car presque tout avait été à créer dans ces cinq années. On relève, dans la longue nomenclature des industries introduites, celles des draps, serges, droguets, étoffes de laine, moquettes et tapisseries, soieries, brocards, velours, rubans, cotonnades, bas, cbapeaux; l'art du tanneur, celui du mégissier, du chamoiseur. du gantier (avec une maitri?e spéciale, 1702); l'importation des manufactuics de papier, d'huile (b- lin et de colza, de chandelles et bougies, de la brod«Tie, des bnulons ; les perlectionnemeuts des verrerie, armurerie, serrurerie, fonderie, exploitation des mines de fer et de cuivre, orfèvrerie et horlogerie. L'essor du commerce correspond à celui de l'industrie : la quincaillerie, les vins, les modes passaient sur les marchés d'Allemagne, de Pologne et de Russie. — Les Réfugiés défrichèrent les Marches stériles ou ravagées par la guerre de Trente ans. Pour les retenir dans les colonies agricoles, en les afirenchissant à perpétuité des corvées, on statua que si les familles venaient à s'éteindre, les terres ne pourraient être vendues qu'à des Uélugiés ou à l»'urs descendants, ou à des personnes réunies à la colonie; c'était les donner au corps môme de cette colonie. Les cultivateurs venus surtout de Dauphiné^ Champagne, Scdanais et Languedoc introduisirent la culture du tabac, le jardinage, les plantes potagères presque inconnues, et sans grand succès les mûriers. Le nombré total des colonies dans les états de TElecteur a été de 33, dont quelques-unes dédoublées ; dix-neuf groupes dans les Marches; six entre l'Elbe et le Weser; cinq dans les provinces du Rhin ; une en Poméranie. Sfargard ; une dans la Prusse, KoMiigsber'j. ■ — Ki^li.-e.s, par ordre de date, avec leurs premiers conducteurs: Ih'vini, 1072: dix pastours en KV.K) avec culte au dôme; 1(597, concession de la demi-propriété de l'église Dorothée; 1701 , c(»nsécration du temple du Wcrder et 1705 de celui de la Friedrichstadt : prédications à tour de rôle sans attribution spéciale. Le rescrit royal de 1715, malgré l'opposition de Petit et Fomeret, divise l'Eglise en trois paroisses avec pasteurs et diacres déterminés, le Wvrdnr (3 pasteurs), la Doroiheenstadt ou Neustadt (3 pasteurs), la Friedric/istadt (3 pasteurs), auxqn(dles on ajoute en 1719 celle de Co'penick ou f.oinsenstudt et en 17:?.') celle de Jif"fitpr-strassf ou /?<'.'-//i?, pUisuu culte avec aumônier à l'hôpital français ^àpartirde 1720, pasteurs auWcrder, deux dans les autres paroisses). Tous les pasteurs sont membres du Consistoire: en cas de vacance le conseil de la paroisse présente au troupeau une liste de six membres, un des trois élus à la majorité des voix est choisi parle roi. (Parmi les pasteurs : Abbadie, Dartis, de Gaultier, Ancillon, Lenfant, Bancelin, Beausobre, Gabrit, Grouiet, d'Asnicres, Uéclam). Le recensement de 17S0 donne 7,871 àroes, 8,891 en 1736; le dernier (ISSO , 6,013 réparties en trois paroisses, Berlin, Louisenstadt, Frédrichstadt avec six pasteurs et

raunjônorip de l'hôpital ; la paroiïiso du Worder a vU'' supprimée en iSii : 1rs pisteurs ot anciens sièg*'ut dans un Consi>t">ii-e unique. Eii 1819 le culte, exclusivement français jusque-là dans toutes les paroisses, commence à alterner avec' un culte allemand qui remporte en 1830. Tous les services sont maintenant allemands sauf un chaque dimanche à Ja EVedrichstadt i les notifications ecclésiastiques hebdomadaires sont publit^cs en français. Magdebourg^ 1685, colonie des plus importantes: 1,282 réfugiés vers 1700, (948 en 1800): grandes manufactures des du Boscde Nimes, Hafinesqiio d'Uzès, Maffrede Saint-Anibroise, Claparède de Montpellier. Trois jtastours simultanément jusqu'à ce siècle, deux jusqu'en 18IG : depuis 1810 introduction du culte allemand; un seul service français par mois en 1835, supprimé en 1878 mais gardé dans les Statuts en cas de nécessité. (Premiers pasteurs : Ducros, des Yignolles). Battin, 1685, la première colonie agricoIe(de Fàvin,Lugandi). £mmerieh, 1686, moins de 50 réfugiés, a duré jusqu'à «esiècle (LaGacherie). We9tl, 1686, deux pasteurs, s'est éteinte vers 1700 Ducros, Chandon"). Clèm^ 1()8(), annexée à W'esel, 1758 (Ferrand, de la Roque). Francfort-sur^ VO'ier. IGHt», l'existence d'une paroisse réf. allemande y attira lesUéfu^riés: au début deux pasteurs, de 1080 à 17 10 trois, do 1710 à 1805 un; en 1HI7, un culte fran(;ais par trimestre auquel on renonce en 1832. <« aucun membre du troupeau ne couiprenant la langue; » fusion avec la paroisse allemande, 1852 (Bancelin, Couliez, Vincent, les Causse). Brandi' bourg, 1686, manufactures normandes de draps et teinturerie en écarlate de Le Cornu de Rouen ; fusion avec la paroisse allemande, 1834 (Valentin, de Clelles, Lugandi). Halle, 1086, colonie importante, 726 membres, deux pasteurs servant aussi décentre aux réfugiés dans l'électorat do Saxe; manufactures de moquettes, commerce avec Leipsick. La sainte cène du 20 dec. 1080 fut la première célébrée dans les colonies du lirandcbourg. Nouvelle adjonction en 1710, rt i ne avee des reproches d'avoir autant tardé. Une prédication allemande par mois, laiX); le 9 juin 1800, décret du roi Jérôme Napoléon, «■ 1 égl. réf. française à Halle, dép. de la Saale, est réunie à Tégl. réf. allemande pour ne former qu'une seule église réformée » (de 'Vimielle, des Yignolles, Grarrigues de Chartres). Bitchhoh^ à\i Franzœsisch~B. 1686; premier culte allemand, 1818, le français supprimé en 1826 (Vieu.x, de la Charrière, Crégut). Schwcdt et Vierradt^n, {GHQ, cultures de tabac; cessation du français vers 1838 (La Grave, Hocard). Grambznw, 1680, colonie a^'rieole, ecntre de hai 11 la filles avec annexes (la Charrière), Zieiliax {(jross et Klein Z.j, 1080, dans le bailliage de C/torin, groupe agricole qui prend tantôt un nom, tantôt un autre : immigrants du Palatinat; quinze ans de franchises, le pays étant dévasté par les guerres; elle n'a point eu sa juridiction comme les autres (Régnier, Reboul). Bergholx dans le hailliage de Lockenitz, 1686, plusieurs villages français, groupe agricole prospère (de Brandon, Le Franc). tSoesf. 1686, église de garnison du réix. de Varennes (de IJonneval et du Bourg;, transitoire comme Lipjista'll i\m remonta [>eu!-étre à 1084, le p. Fétizon étant venu s'y tixer avec le seigneur de son église de Saint-Loup. Prenzlav, f«iS7. d'abord avec 3 pasteurs, garnison des grands mousquetaires; culte

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alterné en 1807. allemand depuis 1832 (Et. de Petit, Brazy, Constantin). Burg, lti89, fc^ndéc par 200 Vaudois auxiiuels s'unirent d.^s manufacturiers français; culte allomand .l.'i)uis 1800, fusion avec la paruisso, 1812 (Javol, Dumas, Le Preux); A'œnl>/shcn/. 1080, plus do iOO réfugiés, deux pasteurs juscju'en 1810; service allemand introduit en 1817, trois fois iiar mois depuis 1830 (Boullay du Plessis, Taunay, de la Fargue, Aocillon). 5^ar<7ar<i; 1687-1809 (Vincent, Crégut). Cagar-Rheinshcnj-Braunsberg^ 1688, fondée par le conseiller leChénevix de Biville, de Meti, connue successivement sous les trois noms, chaque annexe étant devenue centre; s'est éteinte en 1828 (Rocaret, Brazi). Spandau, tOOO, d'abord annexée à liorlin, transférée avec la fabri<|ue d'armes à Potsdam 172i (Vieux, Couliez). K'>cf>r/iiijk, lOlH), d'abord annexe de Herlin ; éteinte 1812 (Félizon, BnHinet). An>jennun(l>', 101)1, actes en allemand depuis 1832 (Pelorce, Auciilun, Martin;. Strasbourg dans l' i Ckermarck, lO'Ji, cinquante-cinq familles du Palatinat obtenant un privilège spécial, dix ans de franchises pour la culture du tabac, ministre, lecteur et juge rétribués; elle est désignée quelquefois comme égl. Wallonne (de Baudan). Siendal, 1603, réfugiés du Palatinat, planteurs et jardiniers, après avoir servi de IG80 à 1090 à quatre cents Vaudois fous leur min. Dayle; éteinte vers 1820 de Comble-:, Tliomas\ A//sioM/-//, 1093, decourte durée (Rossai, llugueiiin . Minic/n'/fcrf/, . ministres rétriluiés par le seij^neur (La Charrière, Sablou . ToZ/ye/ y. IfiUS- 170! , [)eu imporlaiite C.abrit L Muidcn, 10*J8; on 1700 un culte par quinzaine; éteinte en i71Mj ^Hossal, èe la Croix). Hall/erstadt, 1699; dernier service français 1818; fusion dans la paroisse, 1823 (Rossai, Ruynat). Bernus, 1699, union à Franx. Buchhoks, 182^ (Is. *Le Clerc, Perrin). Neu/uMetuleben, 1680, éteinte ▼ers 1800 (J. Roure). Nemtadi an der Dosse, 1(»99, manufSacture de ver- . reset glaces; éteinte vers 17i0(Boquet, Perrin). /'a/.v^'/Vi, 1609, familles du Palatinat disséminées dans les environs; unie à Angermunde, 1871 (Serres Oroiti'-iihoun/ , où l'éleetiiee Ilenrielte-I^ouise d'Oran;;e avait établi en 1050 d'^s aurieult'Hirs licdlaudais et frisons remplacés par les émigrés du Palatinat et les lléfugiés; éteinte en ITl.'l (la Cbanière, Colin). Hamiiif 1701 1704 (de la Croix, seul pasteur). HanuncUpr'mg ou Lamnupring, 1701-1731, annexée à Brandebourg (Fabri, Vernesobre). Potzhw, 1701 ; fusionnée avec Grambzow, 1713(Lugandi). Cotibus, ilÙO, s'est appelée colonie Wallonne; culte dans la chapelle du château jusqu'en 1707; union à la paroisse réf. allemande, 1737 (Cabrit, Coudère). Tornow , colonie agricole dont le pasteur était rétribué par le seigneur (suite d'un pari de jeu avec la reine Sopbie-Charlotte) ; s'éteint en 174 i Barbey rae. Aureilbon . C<i!f'fj 1710. réfu'jiés de Maiili- iin au\([iiels s'unirent des réformés allemands; la paroisse se gernumise entièrement vers le n.ilieu du \\m" siècle (Ruinât, Eslève} Passewalk^ 1720, existait encore comme église en 1773 et comme colonie en' 178$. Stettin^ 1721 , deux pasteurs jusqu'en 1816 : trente chefs de fomille réclamèrent en 1709 le culte allemand qui l'emporte en 1823 (de Mauderc, Reclam; de 1811-1839, Riquet. «< le Spener de la Poméranie; ») Po/sdom, 1723; l'édit du 10 oct. 1731 accorde des privilèges et franchises et une justice civile aux « colonistcs français » qui s'y établiront ; culte au cbàteau

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jusqu'en 1730, temple en 1752 ; deux pasteurs, 1733 à 1784 : le cultp frînicais mensuel cesse en 1801), le service allemand restant strictement calviiiiste dans sa forme. La colonie dite Mattn/wim à .\fagdehourg, coiiipDsée de 17.39 «'migres du Palatinat, s'établit en lOSU rt dure encore, ayant mené une existence distincte des autres, n'ayant envoyé que rarement des recensements avec les leurs et comptant néanmoins beaueoup de familles d'origine firançaise (pasteurs : Péricard qui ramena, Causid, Rossai, Gualtieri, Bocqueti Simon, Remy). Le culte est allemand depuis 1800. — EnGn il faut de plus relever les églises de la Lithuanie : en 1737, le pasteur Hemy envoyait la liste des 17HI Français (?) établis ni bailliaf:»' d'insferffonrfj; en 1738, le pasteur Audouy (ni. 1703) rendait eoniptc de la colonie IVmdéc à Guinhinncn. Ces étalilisscinonls jtrospéri'rt'Ut : le premier combiné avec Jutsclicn s'étendit dans les villages de Trakinès, Piragincn et Tarpousclicn, mais le refus parle roi d'une école spéciale et le choix, sauf trois, de pasteurs non français d'origine hâtèrent la transformation. Aussi, dès 1785^ le past. Lambert constate-t-iloo oubli presque complet de la langue et quoique les trois groupes « suisses-français » réunissent plus de 2,000 âmes et continuent à figurer sur les listes, ce ne sont pas des colonies sur le même pied ([ue les autres et il devient impossible de les considérer comme des Eglises du.Refn;;*'. — Lors (lu juliilé de la Révocation, plusieurs de ces églises étaient duiic . éteintt's tui fusionnées avec des allemandes. Déjà dans le premier quart du dix-liuitièine sii-elc, les noms «le Lippsladt, Soest . llamm, Duisbourg avaient disparu; maintenant Miuden, Galbe, Gotlbus étaient desservies par les ministres de Téglise allemande; plusieurs des justices françaises étaient réunies; en 1790, il devenait nécessaire pour le Goasistoire supérieur de régler « ce qui doit être observé réciproquement par rapport aux mariages, baptêmes, enterrements et assistances des pauvres entre les églises réformées allemandes et françaises ». L'alTaiblissement de l'elfectif des colonies, activé parles unions avec les faiiiiiles du jiays est surtout seusilde dans les provinces rhénanes (à Mmd» n 7i âmes en 1720, 21 en 1785, 1) en 1800 : Wesel 041 en 1720, O-'J en 178.)). La langue française, encore prépondérante à la cour et dans la société de Berlin, devenait moins usitée dans les autres centres et tendait à s'effacer dans les groupt s agricoles. A la mort de Frédéric II, la réaction s'accentua dans la capitale; l'Académie iidopta la langue nationale, réservant le français pour les solennités. Les guerres de TEinpire, le canon d'iéna, comme l'a dit M. Bartholmess, et l'accablant traité d*^ Tilsit, rompirent les derniers liens et hâtèrent la transformation. Malgré les efforts de Molière et de Savi^niy. les descen<lants des UéfuLMes soupt'rent, en les traduisant, à quitter jusqu'aux noms de leurs aïeux. A la réorganisation de la Prusse on alirogea le tiroit de « bourgeoisie française » (1808); on supprima les juridictious particulières des comniuoes» françaises, le département dit des Colonies et le Consistoire supérieur (1809) : un ordre du Cabinet du 18 février reconnaissait expressément la permanence des fondations charitables. Dans les luttes de la gaem de l'indépendance, les Réfugiés avaient achevé de s*identifier avec le pays d'adoption de leurs pères : ce n'est plus eu irançais que pensaient et

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qu'écrivaient les Ancillon, Lafontaine, La Blokto-Fouqué et Theremia do dix-neuvième siècle. Aussi fallut -il bientôt introduire Tallemand dans le culte public. En 1814, le pasteur Tbéremin de Gramxow allait

jusqu'à lancer un appel a aux communautés fr.uK aises » pour la fusion complète dans les paroisses allemandes; mais elles tenaient à leur carao-

t^re spécial, revendiqué à juste titre par la réponse « Adresse aux églises fnui. aises dans les Etats Prussiens, Berlin, 1814.» Los colonies suivantes l'ont jranlé jusqu'à ce jour : Berlin, Angrrmunde. Battin, Bergholz,Buchliolz,Granjzow, Kœnigsberg, Mdgdebourg, Potsdam, Prcnzlau Scbwedt, Stettin, Strasbourg, Gross-Ziethen, plus l'église A^alloone de Magdebourg i^ui ne s'est fusionnée ni avec la frau(,aisejii avec la réformée allemande. Si elles ont perdu Tindépendance législative, quoiqu'elles aient toujours leurs ressortissants inscrits, elles en ont encore jusqu'à un cortaiii point une ecclésiastique : conservaDt la discipline, elles n'entrent dans le nouveau réseau des églises évangéliques que par la délégation qu'onvoioiit aux synodes de leur proviiico celles de M.iLrdGbour^, Stcttiii et KoeniLj:sl»er^. Les onze Av la province de Brandebourg furiueut entre elles un synode particulier, quoique cliacune d'elles se régisse indépeudauiment des autres. Ces églises possèdent des bicnsfonds servant à leur entretien et les administrent par leurs consistoires ou presbytères composés des pasteurs et des anciens élus par leurs collègues, par coaptation et à vie et sous la surveillance des chefii de famille; leur silence ratifie le choix. La confu mation des pasteurs appartient au Consistoire supérieur allemand local : ils sont presque toujours pris parmi les descendants des Réfugiés. Le gymnase français de Berlin ne relève plus de la colonie mais est continué par I Ltal, Le séminaire existe : on a réuni sous l'appellation collective (rilos[)ice français le petit hôpital pour tout jeunes enfauls, l'Ecole de charité pour les abandonnés et la Maison des orphelins. Beaucoup de noms français se sont perpétués dans toutes les classes de la population. — Markgraviats de Brandebourg. — Deux branches secondaires de la maison de Brandebourg suivirent l'exemple de l'Electeur. Dans celle de Bareith, le markgrave Christian-Ernest, après s'être assuré de la sanction et, en cas de difficultés avec la France, de l'appui de Frédéric-Guillaume, appelait It's Réfugiés par sa déclaration du 2'3 novembre l(>.S5, leur assurant les iiiiiiiunités et privilèges accoutumés, dix ans d'exemptions d'impôts, liberté religieuse malgré l'opposition des luthériens et tlu surintendant de LilicD. Il s'établit bientôt une colonie florissante dans lu ville de Bayreuthy avec culte privé en 1686 dans la maison du sieur Denty, marchand reçu bourgeois ; 1687, culte public (pasteur de la Roquette, languedoeien); 1688, nomination d*anQiens dont quatre médecins et achat d'une maison d'assemblée; rescrit confirmatif en 1698: en 1710, des réformés allemands du Palatinat s'étant joints à l'Eglise, on décida de nommer un ancien paruji eux et d'établir des prédications en leur langue « mais en stipulant que le nom d'Eglisp française sera conservé. -> Vers 1732 1e culte français cesse, ([uoiijue l'Eglise ait refusé justiu'à nos jours de se fusionner avec la luthérienne. Le plus grand nombre des Réfugiés avait choisi Erlangen ; on construisit une ville neuve & cdté de l'ancienne, en

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grande partie aux frais du prince qui la pourvut d'un temple (1G93), d*im hôpital* et d'une maison de refuge. Cette colonie dite Chrisiian'Erlanrft'n composéesurtout do protestants du Yivarais, du Languedoc et du Daiipiiiné, s'augmenta de près d'uu millierde Réfugiés, beaucoup du Pragela (1G87) et d'une partie de ceux du Palatinal (1689). Les industries nouvelles donnèrent à la ville une réelle pruspt-nlé entretenue par deux foires annuelles. L église compte au début quatre pasteurs, deux de 1700 à 1800, puis un seul ^Thulozan, Papon, Darassus). EUle a gardé son nom primitif, mais le culte français a cessé en 1818. A ces deoz paroisses fut alternatiTcment annexée la communauté de Nayla, composée de réfugiés français ayant reçu le droit d'avoir temple et service public, mais trop pauvres pour se former en section indépendante. Les Etats-Généraux lui donnèrent un pasteur en 1762 mais déjà ses actes €e rédij^eaient en allemand; elle s'annexa de nouveau à Bayreutli et s'éteignit en 182i. Qm'lijiifs Uéfugiés établis en 1GH8 à Mmnichaurdcli se transportèrent à ]l 'ilhd/i/ts(lo?'f en IG'JU avt'C leur [laslenr lîunnet, ils y eurent éjîlise avec clocher et culte public, l'annexe à L^/mkirchcn fut indépendante de 1705-1714. Est aussi mentionnée dans les actes, l'église de Neusiadintr VAUch, dont ni pasteur ni ancien n'a comparu. — Le markgrave de Brandet>ourg-Anspach fonda à Schwabach, 1686, sous la direction de M. d'Ingenheim, une colonie industrielle pourvue d'abord de deux pasteurs (Ribotier et Martel), l'une des principales étapes des immigrants sur la routt' de la Suisse au Brandebourg. Assez chancelante en 1749 pour réclamer les subsides de l'Angleterre, elle conserva néannîoins son caraeti're et son culto rran(-ais jus(ju'en 1813. A Furl/i, on signale en 171 4 une église qui dura peu. Ces églises réformées françaises des deux Markgraviats constituaient avec les allemandes d'Ërlangen et d'Uildburghausen et Tancienne Wallonne de Nuremberg (se recueillant à Stein sur le territoire d'Anspach), un groupement synodal qui tint quinze réunions, de 1688 à 1732. Les luthériens en obtinrent alors Tinterdiction qui coïncide avec la germanisation de Bayreuth 1 1 Wilhelmsdorf. Depuis 1810, les deux principautés font partie de la Bavière : c'est aux Réfugiés «jue l'église réformée de ce paysdidl son origine et sa résistance aux alta(}nes réitérées du liilliéranisine : elle a reformé eu l8oG son ancien synode sous la garantie delà constitution du royaume: les églises dites <« françaises » de Bayreuth et Erlangen y tigurent.

b. Brumwick. 7— L B.-Lunebourg. Quelques protestants firançais s'étaient établis à Zell vers 1670, avec administration des sacrements dans une maison particulière ; en 1675, les luthériens firent renvoyer le pasteur. Le G août 1684, une ordonnance du duc Georges Gaillaume autorisa l'entrée des Réfugiés dans la \i[\e de Luncbourff avec culte privé, industries libres et droit do bourgeoisie, école et pasteur rétribués pour les i»rcmières années, exemption d'impôts pendant vingt ans : cette colonie a peu <luré. A Zr-ll CcUc}, au cunlraire. les exilés de la Révocation s« groupèrent eu nombre autour de la duchesse qui, née Éléonore d'Olbreuse, appartenait elle-même au protestantisme français. Le culte fut bientôt rétabli, quoique l'érection d'un sanctuaire dans les faubourgs ne fût autorisée que le 12 août 1699 ; encore le duc exigeait-il qu'il n'eAt

pas Taspect d'un temple : interdisant le prosélytisme et la controverse, il subordonnait TEglise au Consistoire luthérien, imposant Tobligation de demander l'autorisation pour chaque exercice du ministère (past. La Forest, Roques de Maumont).Enl705, à la mort de Georges Guillaume,

la principauté entrait dans la maison de : — II. B.-Kalenbcrg, depuis 16^ électorale de Hanovre, sous le duc Georges, futur roi d'Anirlctorre, Son père, Ernest-Augniste, avait déjà donné, le l*"" décembre 1G85, un édit favorable aux If fucriés, confirmé le i*"" août IG90 : exemption do droits et d'impôts pondant vingt ans, et vingt'Cinq pour les maii^ons bâties par eux ; entrée ad libitum dans les corporations, admission aux emplois et dignités, excepté aux magistratures urbaines lù où les lois s'y opposent ; pasteur assuré à toute communauté de cent âmes, exercice complet avec consistoire indépendant et juridiction particulière. La eolonie de Bameln fut composée de manufacturiers et artisans, 1690 : vtK Karlshafen^D Hesse, c'est le seul lieu où les luthériens aient ouvert leur temple au culte des Réformés Ihmçais (p. Quinquiéry et de La Porte ensemble.) L'électrice Sophie» petite-fille du roi Jacques I*^, fit ordonner ministre, après examen, son éruyer Et. de Maxuel et le nomma son aumônier afin d'en faire bénéficier les Français réfugiés à Hanovre, temple, nov. 1699; à la mort du quatrième pasteur Armand, l'Eglise s'éteignit et les quelques membres restants entrèrent dans la paroisse allemande réformée. Les membres des églises de Hanovre et de Zell appartenaient surt ait aux classes élevées; ils donnèrent h la cour de l'Electeur la réputation d'être la plus policée <}o l'Allemagne, et, par leurs relations avec ceux de leurs compatriotes recueillis à Londres, ils .ne furent pas sans exercer une sérieuse iuQuence sur les négociations politiques suivies de Tavènement de Georges de Brunswick au trône d*Angleterre. Il* se tint, en 1703, à Hameln, en présence des commisnires ducaux, un Colloque qui rédigea un acte d*union sur « la base de la confession de foi et de la discipline des Eglises réformées France » entre les Eglises réformées françaises de Hanovre, Zell, llamelu, Lunebourg et Buckebourg, et allemandes de Hanovre et Buckebourg. On ne trouve plus de traces d'assemblées postérieure^. Dans re groupement ne figure pas l'Eglise de la ville do linmswirk dans l» s Etats do H. Hevern- Wolfenliutlel), qui a peu marqué et eut Clément p*>nr ministre en ÎT.'JO.

c. Etah de Th'sse. — I. H.-Gas<el : Les traditions l)o?pitalièros et françaises qui remontaient aux temps d'' Limlierl d'Avignon et de (îarnier avaient permis à quelques manufacturiers calvinistes de se fixer à Gassei vers la fin du règne de Louis XITI. Le 18 avril 1685, le landgrave Charles I*' lançait un appel aux protestants français^ leur signalant les contrées les plus favorites, leur accordant dix années de franchises, tvec prolongation pour les manufacturiers, des fonds pour construire, droits de maîtrise pour les artisans, privilèges seigneuriaux pour les possesseurs de domaines; promettant des temples, pasteurs et maîtres d'école; le 12 décembre, il publiait en langue française un décret confirmalif, et envoyait en Suisse (nov. 1687) M. de Sailly attirer de nouveaux immigrants. Près de (1,000 Français, dont 150 chef^ de familles nobles se fixèrent dans ses états ; 3,000 à Cassel où, le 28 octobre 1685 (v. st.]

Lcnfant, à k nouvelle de la Révocnlinn, célébrait un proinier >en*ice dans la maison de (irandidier. Ils veuaionl du Daiijdiiné, du L;iiit;ued<>c, (juol(|UPs-uus de Cliauipairno, de Picardie et de Metz. On hàlit peureux le beau faubourg connu sous le nom de Ville-Neuve. L'imniigratiou de 1698 amena un supplément d'environ mille Yaudois dn Pragéla, d*où la fondation de huit villages ; cette même année on construisit rHôpital pour les émigrés de passage. Enfin, en 1701 quelcfues Yaudois, longtemps errants, vinrent fonder deux colonies de plus. — L'organisation ecclésiastique, presbytérienne et indépendante, mais sous les Consistoires nationaux do Cassel et de Marhourij. et sans synode?, était diriL't'e par la « vénérablo ronipapnie » de Ca.'Sei (le nom de Consistoire lui fut rol'usé' : elle se composait de trois pastours et de six anciens de chacune des <leux paroisses de la ville, le modi^rateur changeant chaque mois; s'adjoi|înaDl pour les assemblées générales les chefs des principales familles, elle formait un tribunal officieux de conciliation, et s'occupait aussi pour ses ressortissants des affisires de police et d'administration municipale. En 1724, on créa une inspection ecclésiastique, confiée au premier prédicateur de TEglise française de Gassel. La chancellerie de justice ou Commission française de 5 h 7 membres (1G86), formait la cour d'apjiel rt «le nolaiiat pour toute-: les coinmunes françaises, les résidents alleni imlâ cimipris. L'antoaoïnic était donc conservée on tout autant «|uo j)ossiltle. On cite parmi les Réfugiés : jurisconsultes. Feuquieros (rAiibitrny, premier commissaire; Lalouette de Yernicourl, ancien conseiller au parlement de Metz, premier directeur ; Harnier» Roques de Maumont, Rochemont, les Perrachon du Collet ; militaires : Dumont, commandant de Gassel, les colonels de Rozey, de Lorgcrie ; cinq médecins, les quatre . architectes du Ry. Denis Papin professait les mathématiques à Marboorg (1688); nommé conseiller ordinaire du landgrave en 1G9G. il occupa jusqu'en 1708 les fonctions de secrétaire du presbytère de Gassel. Les Arboiiin, Lenormaniî. Lo Goulon. etc., introduisirent des industrie? bientôt a^ipréciées, tandis que les cultivateurs unis aux Vaudois crééroiil dix-huit C'donies agriocdes dans <les contrées incultes ou dévastées par les guerres. Assez prospères au début, ces colonies s'alla iblissui» ut au milieu du dix-huitième siècle» quand le landgrave Frédéric II leur rendit un nouvel essor en étendant les privilèges, fondantdes groupes nouveaux pour des Réfugiés venus des états voisins, constituant la Chancellerie de justice comme instance suprême pour toutes les colonies et préparant pour leurs indigents la Maison de charité (1770). Mais déjà, an jubilé <le la Révocation, plusieurs dos «groupes a^rricdes s'étaient «rerniauisés an point de nécessiter un culte alterné dans les deux lanjîues : h Cassel. le (rtoipeau ne comptait pins que \H\ membres. En 1H(M), on sujqirime les commissaires et Ton réduit la chancellerie aux attributions peur la seule 'Ville-Neuve d'un tribunal de la première instance ; elle appartient désormais dans les diverses colonies aux autorités locales, avec recouii suprême au prince. L'invasion napoléonienne et la création du royaume de Westphalie abolirent définitivement la Chancellerie française. L'organisation ecclésiastique se perpétuait; en 1825, à la mort de rinspecteur firançais, on le remplaça par un Hessois, et en 1831 l'union fut coa-

sommée avec TEglise nationale, à la réserve des fonds destinés aux indigents des colonies agricoles : plusioiirs d'entre elles existent encore de par ces fonds, quoique devenues entièrement allemandes et rattach/'es à d'autres paroisses, C'ost à Cn^sel que l,i prédication française s'est le plus long:temp^ niaiiitonue : les doux paroisses (la Vieillo-Villo, |()85; la Nonvello-Vill(\ 1088), d'abord indrppndantes, avaient été unies en 1008, avec rtrlisos distiiu tos ; un des trois pasteurs avait la charge dp prédicateur de la cour. En 18:21, il n'y eut plus qu'une paroisse; à la mort du dernier pasteur français Robert (1824) les services devinrent allemands, sauf un par mois bientdt supprimé. (Princ. ministres : Leniantt de Beaumont, Joly de Métis, Guiraud de Ntmes, Gouderc). Colonies, d'après la date de fondation : Hof-Geàmar, 16R5-1823, créée ainsi que la suivante pour les Vaudois, conduits par Clément; augmontée en 1695 de 400 Français. KarUdorf, 1686-1837, trente-trois familles vaudoises, unie en 1739, sous le pasteur Droume à Marimdorf, l(»8(i, IcUie pour des Emhrunois etpragelains réfugiés d'abord à Immenhausen; c'psl un des points où la langue et les mœurs s'étaient le mioux consorvés. Schwahendorf, HiSl), 20 fainHlps de tisserands, église 1711; annexes I/f'rfinghnusen, lt>'.)4,et Wolfskrnntn^ IG'JO, aband<»iniées hiontôl parles Français et habitées par des Allemands suivant le culte de S. pour conserver les privilèges. Marôourg, où quelques familles se fixèrent avec le professeur de théologie Th. Gautier; à sa mort, 1709, prédication des pasteurs voisins ; annexe JFhnienberff, Louisendorf, 1688, nommée d*abord S^ammershausen, seize &milles de Die et environs; on leur bâtit des maisons avec trente ans de franchises ; colonie ayant conservé une des dernières la langue française adoptée par les familles allemandes qui s'y étaient rattachées (past. Fontaiue, Suchier, Crosat, Âiilaud 1833). IFolf/iagm, colons du Dauphiné 1686, et 39 familles vaudoises en 1601), unies h 14 du Vivarais ôiahWosh. Lcc/in'nffhausen, prédications alternées ; abandon du français en 1824. Sr/umrf/crg, 1698, vaudois-français ; annexe de nof-Cieismnr, 1739. Gefhscinané , KiOO; seize famines du Dauphiné, ayant persévéré dans le culte français, souvent interrompu et toujours repris jus(]u'en 18-26. Troysa, 1690, cent tamilles du Dauphiné, la plupart établies à Frankenhain, 1701, grandes fabriques; culte allemand en 1826. KeUe, 1700, bâtie sur les ruines d'un village détruit depuis quatre cents ans; 36 familles dauphinoises, réduites à 9 en 1787 : bientôt annexe de Uof-Geismar. Carkhaven, 1700, d*abord Syburg, ville bâtie par le landgrave Charles, avec concessions particulières pour tous les colons réformés; en 1825, fusion de culte avec les réformés allemands. ^'ai«/e-0//*/j<e, 1700, quatorze familles; annexe de Gassel. Todcnhnmni}, 1720, quarante familles dauphinoises et vaudoises. fixées d'abord en Wurteml>erp;' et en Rade, annexées à d'autres depuis 17.32. Wieupnfcffl, 1720. familles venues du Solins-Brauenfeld, colonie ai^ricole prospère, annexe do Louisendorf. (tottestrcu, 6^V//v>A"e//sruh'\ 1727. Vaudois du Pragéla ayant (juitté le \Vurteml»erg ; annexes de Carlsdorf. Aces colonies forinanl 12 églises principales avec annexes, mais quelques-unes sans pasteurs, s'adjoignirent celles de Friedrieksdorf, 1775; Friedriekifeld, Friedrkksthal et /Vt>rfricA«A<rtt«fi,'1777,

fondt't's pour des nouveaux venus du Palatinat et de Bade, mais dt* peu de diiive. Presque toutes ont rendu de réels services au paY>^, par leurs culiures perfecti(»nnées et aussi par l'exploitation des houillères. — En 1730, Hanau passait sous le sceptre de l'Electeur. L'ancienne et florissante commiiiiatité du premier Reftige avait reçu du second un accronsèment notable et lui fut redevable des industries de draps, soies, tapis et bijoux qui n*ont cessé de prospérer. Le culte est encore célébré en français trois fois par mois(princ. pasteurs depuis la Révocation :Ligier, Vernejoul, du Pasquier, Roques). — 11. H.-Uonibourg : Les colonies dans le Landgraviat datent des émigrations vaudoise et française. Frédéric Il aecueillit dans sa capitale (108(5) des Réfugiés de la Picardie, de rile-de-FrancG et du Val-Pragela, qui b;\tirent le quartier «le Louisenstadt et fondèrent l'Eglise- frani^aise de Hombourg-ès-Monts (80 familles). Ses lettres patentes du 13 mars 4687 accordent aux immigrés des terres en tonte propriété, exemptes d'impôts pour dix ans, le culte, la justice en première instance par leurs propres maires et échevîns. La paroisse est restée française jusqu'en 1814; sa personnalité civile s'est conservée, mais un seul pasteur dessert maintenant en allemand les deux communautés réformées de la ville (princ. pasteurs Rirhier, Roques). Trente familles, surtout de Picardie, quelques-unes de Champagne, Languedoc et Daupliiné, f(jndaient en 1087 Friedric/isdorf d'abonl annexée à la précédente ; temple 1703 ; miuislre à résidence fixe 1717. Cette colonie industrielle s*est beaucoup développée et a été élevée en 1821 au rang de ville, gardant pour ses 900 habitants son cachet et sa langue primitive. Les souverains eux-mêmes s'étaient Attachés à les leur conserver : le landgrave Frédéric Jacob donna l'ordre, (1731) de n'admettre aucun Allemand dans la commune, défendant les mariages internationaux, .\ussi non seulement \o culte se célèbre-t-il encore régulièrement en français, niais est-ce la langue usitée dans les écoles; nouveau temple construit, 18.'{7. Pendant les guerres de la République, le caractère français de Friedriclisdurf frappa Hoche à tel point que « par une exception au.x dispositions générales, déterminée par votre titre de Français et la cause ; intéressante de votre ^ retraite en Allemagne », la commune fut exemptée de toutes réquisitions (30 mess, an V), e.xemple suivi par les généraux Hatry et Jouidan. (Princ. [> ist. : Burkard, Rossier, Pfalz, Roques, Porte.) Lors du grand exode des Vallées et sur les instances de rAnglf>terre. de la Hollande et du Brandebourg, le landgrave accordait aux Vaudois, par sa Déclaraliun du 28 mai 1000 en 3."") articles, les francliisesjusi]u'en 170(i,le libre exercin^ en français, italien et allemand, cboix de leurs ministres et instituteurs, presbytères ecclésiastiques, colloques et synodes même tenus co dehors du pays, justice séculière, élue par eux-mêmes à la plui»lité des voix, admission aux charges publiques, droit de porter des armes, de former en cas de guerre un corps à part sous leurs ofBcien sans être jamais forcés à combattre au delà des frontit^'res. érections do corporations et maîtrises. Après avoir prêté serment le H>-i i juillet 1099 au laïuigrave de Dirmstadt connue au suzerain, et le 18 au landgrave Frédéric 11, tandis que plusieurs familles s'unissaient aux deux colonies

françaises, un plus grand nombre auxquelles s'associaient des Réfugiés, fondaient celle de Dornholzhnusen (past. David Jordan). Soutenue par les subsides anglais, l'Eglise fut annexée à Hombourg de 17io-17ô5;

ministi'TP s<^[)aré, 175.>-1809, annox«^p de nouveau jusqu'en 182i, puis indépendante et rei'usant en 1844 un servici^ allemand, exiirr par le gouverntMiient deux lois par mois depuis 1H.")7. Les privil«'^M3.s confirmalifs du 4. janvier 1801 leur continuent l'élection libre des pasteurs sous l'approbation du prince, et celle de la municipalité selon la lui générale du pays ; un maire donné par l'Etat^, cinq conseillers. Le culte ordinaire se célèbre en français, resté le langage de Técole et que parlent presque tons les habitants. — 111. Ilesse-Darmstadt : Sur les mômes instances des princes protestants, le landgrave Ernest-Louis consentit à recevoir une partie des Vaudois expulsés par Vielor-Amédée. Il signa, le 22 avril KiDO, ainsi que YMkenier, des lettres patentes qui servirent df tyi)e à celles de Hesse-Homliourii et <à plusieurs autres, concédant les niènips avantages avec franchise de quinze ans, et, pour eux et leurs descendants à perpétuité, leurs propres coutumes et le gouvernement ecclésiasliqui' de leur discipline. Les résultats ne répondirent pas à ces laveurs : placées dans des terrés peu fertiles, la plupart de ces colonies ne réussirent pas. Les Yaudois, installés d'abord à Aarheiligen et Nidda ne tardèrent pas, les imsi se diriger vers la Hollande, les autres à se fixer à Walldorf, où les rejoignirent bientôt ceux de firnsoUipim, Moerfelden et Kcltersbavh, émigrés successivement à iXeuenhof et à Ncu-Keller^hnrh, église soutenue par la Hollande (past. Deynandi et à peu près abandonnée vers 1711. Lk'i colonie de ira/Z^/or/*, très restreinte au début (past. i'apon), se fortiGa par ces adjonctions, mais fut en proie à des dissensions intestines. Les subsides anglais ayant discontinué en 1804, la paroisse, quoique soutenue par des secours de la didconie française de Francfort, a peine à se sufi&re; le culte français a cessé en 1815. La colonie formée parles trois groupes de Rohrbach^ Wmhaeh et Hahn (past. J. et D. Montoux), moins favorisée par le prince qui ne lui donna les terres qu'en fermage, a pourtant mieux réussi gnke au tissage et commerce des bas. Le culte a été célébré en français jusqu'à l'interdiction de la langue par le puuvernement (1821). défense maintenue par la seconde Chambre hcssoise, malgré le pétitionnement de 55 habitants contre celte iriolation de leurs privilèges. — Quelques-unes de ces communautés isolées avaient cherché à se relier synodalement : le colloque vaudois à Francfort, 1699, réunissait les délégués de Hombourg, Moerfelden, Aarheiligen, Pragcla, Schaumbourg et Waclifersliach ; celui de 1708 ceux de Dornholzhausen. Keltersbacli, Rohrbach, llolzapfel, Waldenberg, îsembourg et Ilnzt'lhorn, petite colonie transitoire de Français et de Vaudois sur les terres de Nassau-Saarbruck (past. lloiniuii). Ces liens ont été peu consistants. — Valkenicr assistait aux délibérations. Il avait obtenu du comte Ferdinand Maximilien d'Ysenburg-'Waecblersbacli.pour des Pragelains venus par Doubhattsen et Nauheim, « le Livre deà Droits », dix ans de firanehises, juridiction et consistoire propres, élections des pasteurs et instituteurs, et des anciens par les chefs de fomille sur liste triple préparée par le consistoire (prem. pasteur,^!. Roman du Dau

liEFUGE

phin^'), cullo d'abord dans l'église de Spielberg, puis dans le temple construit à W'ahhnshcrg à la i^uitr d'une rnllecto de Barilion en Angleterre (I7.'}!)); en ISOO ralleinand pst introduit dans IV'crde: l'ordre donn>' tiu 1811 de ne plu? chanter les psaumes i'ran< ais fait disparaître rapidement les derniers vestiges des anciennes traditions; en 1815 le culte est allemand dans toutes ses parties, et à la médiatisation du comté, la Hesse supprime les droits de 1a colonie. — Des privilèges identiques avaient été accordés par le comte J. Philippe dîseabarg- Budingen aux Réfugiés français dits « les conviés en Dieu » qui bâtirent • N'^u-laenburg^ temple 1702, pasteur rétribué par les États-Généraux. Ed

17(il, le troupeau s'opposa de force à TinlroductiDn du culte allemand, jetant la Bible luthérienne du haut de la chaire : en 18111. on se semit des deux lan^riies ; i"allfniau<l resta seul dix ans plus tard. Il y a encore cent fatniUos.à noms IVam ais. dans cette colonie de 2.50() :tines, (|ui est maintenant sous la suzeraineté de la Uesso ipreni. pasteurs : Bermofid de Saint^Fortunat en Yivarais, Archer de M^ns). Dans le comté dlwih "huT^'O/fenbachy l'église wallonne française du premier Refuge qui avait recueilli le troupeau de Francfort (1608-1630), s*était reformée après la Révocation (past. Archer), fortifiée par une partie du troupeau de Donh , holzhausen.

d. Wurtemhf^rrj. — l'ne violente opposition luthérienne s'éleva déprime abord coiifri' toute admission des Vaudois : la l'acuité de théologie de TubingUf l»^s déclarait entachés de calvinisme, l'n comte de Neustailt voulant en recevoir à Gochsheim, le Conseil intime déclara que les pétitionnaires étaient pour la plupart non Vaudois mais Réfugiés» qu'ils appauvriraient le pays et que Louis XIV exigerait leur expulsion. Â^ naud ne se découragea pas : collectant en Angleterre et en Hollande de quoi fournira leurs premier^ besoins, il obtenait l'envoi de Valkenier; celui-ci, après plusieurs mois de conférences, et aidé par l'exon^de de la Hesse et des princes d'Ysenbnrg. persuadait au duc Eberhard-Louis de sipriifT des patentes semblables : les franchises sont de dix ans, on autorise les colloques, mais dans le pays) 27 sept. 1600. L'Angleterre s'engageait à continuer au.x colonies le subside annuel qu elle avait accordé aux Eglises des Vallées, 555 I. s. ; on le réparlissait entre trois de Hesse-Darmstadt et quatre de Wurtemberg, les quatre autres étant à la charge de la Hollande. On avait assigné aux colons des terres incultes des I)ailliages de Maulbronn et Léonberg : Durmenz ou Queyrùt IGtMK fondée par quatre artisans français avec annex - ^ de C orres, Sengacfi el Srhonni'bcvff ou les Mûriers où résidait le pasteur Henri .Vrnaiid et où il est.enlerré dans le premier tenj]tle (ju'eurent ces colonies, oOli âmes en 170:?; /^///*7r//(e (Wiernsheim' 100!). (p. Giraudi 401 âmes, annexeASV//r>-; Luri'rnc (Wurmberg) KlOO ^('Arus (iliion p. de Pont de Royau) 251 h\ms\PéKouse (lleimslieinij 1090, (p. Javel} ii^Aines; j'illar i Grand et Petit) 170O(p. Dumas) 400 âmes, annexe Gochsheim ei.Diefmbaek; Mentoulè (Nordhausen) 1700 (p. Guemar) la seule purement vaudoise ; Neuhengstei ou Bourset (Simozheim) 1708 (p. Gonsalès); Palmbat^t temple 1725, et Uniermusckelbach, temple 1704, formant une seule paroisse devenue badoise, 1806. Les sept principales envoyaient un pasteur

et on ancien aii Synode ou Assemblée générale, d*abord tons les trois ans, pnis tous les cinq, qui nommait la Table, trois ecclésiastiques dont le modérateur et deux laïques, chargés de la' direction des affiaiires coloniales jusqu'à la ri^'union suivante, sous la surveillance suprême de la Députatioa des Yaudois, cuUrge de trois membres, appartenant au conseil d'Etat, au conseil ecclésiastique et au gouvernement. Le premier synode eut lieu le 12 septembre 1701; Arnaud, modérateur. Los délibérations, souvent orageuses, provoquèrent des recours aux synodes de Hollande et les plaintes du souverain sur cet appel ;\ une autorité ecclésiastique étrangère. Le dtic avait permis (11 nov. 1699) à -400 Français réfugiés depuis dix années en Suisse, d'avoir un culte, mais seulement en leur langue^ dans une maison particulière et sans cloclies, à Canstadt. Des Vaudois s'y joignirent : en 1706 ils obtinrent de bâtir un temple; diminués par le départ de trente familles (1732), ils étaient comptés comme partie de la première classe synodale (1739) ainsi que Stuttgard et Louisbourg, liens confirmés à nouveau lors du synode de 1764. Les Français avaient d*abord célébré à Stuttgard un culte privé dans la maison ' du grand veneur, baron de Neuenstein, époux d'une La Roche-Langerie; on le leur accorda officiellement avec choix du pasteur, 1724, mais en leur imposant plusieurs restrictions ; l'église devient annexe de Constadt. I7-li; union définitive 1773. l'ne partie du troupeau s'était transplantée à Lud\vigsl>urg ''1720), oii ils coiistniisirent un temple qui leur lut r<?pris: cette cominunaulé diminua rapidniient. En IHOri, le doyen luthérien de Stuttgard ordonna de célébrer partout le culte en allemand: sur les plaintes des Vaudois le duc défendit de rien innover, maisil supprimait la Députation chargée de leurs intérêts (1806), et rattachait les administrations locales à leurs bailliages respectifs ; ordre de tenir les registres de Tétat civil en allemand, 1808. Le roi Guillaume I*' oSre de payer les instituteurs, à condition qu'ils seront allemands; les Vaudois refusent. Les Etats accordent en 182iHine subvention aiLx églises qui renonceront à leur droit de nommer les pasteurs et à leur culte rrani;ais : ne pouvant triom])her de la résistance générale, on essaie de traiter séparément avec chaque colonie, Dopuis 1810 presque toutes avaient le culte dans les deux langues, sauf à lîoiirset où le français fut seul jusqu'à 1813 et dura jusqu'à 1827 ; dans les autres l'allemand occupa complètement la place en 1823. C'est l'année du dernier synode, le roi décrétant, de haute autorité, l'union des communautés réformées avec les luthériennes. Les Vaudois, encore près de 3,000, essayèrent en vain de lutter, demandant à conserver le français, la discipline, leurs ministres au moins jusqu'à leur mort. Sans écouter leurs instances on supprima Lûceme, Schoeneberg, Durmentz, Sengach et Gorres; bientôt on mit ' à la retraite les deux derniers pasteurs vauduis. Et cependant, à l'heure actuelle les souvenirs du passé ne sont pas éteints ; les noms restent en grande partie français et les vieillards n'ont pas tous renoncé, pour leur culte intime, à la langue des ancêtres. Le troupeau de Louishoiirg s'est incorporé à la paroisse allemande vn 182 ^. (lanstadt et Stuttj^ard furent unies provisoirement à l'éjrlise luthérienne (1820 avec sacrements selon le rit réformé. En 1848, l'église de Stuttgard obtint euilu le rétabhs-

sèment de son culte indépendant, en allemand, mais strictement ralvi> nistc, avec un service français par quinzaine. — Le synode wurteinbergeois embrassait quelques (^glis«'s criées A:ui^ lo Mnr<;raviat do l^ulen Durlach par la Capilulation de Froilérie Ma.:iiu>. KiSil : Pforzhenn où sp tinrent Irs synodes de 1704 et 17I0eti|ni. lorstjuo les pasteurs lui iaisaieut défaut, s'annexait à une des colonies wurlenibergeoiscs ; HUsbacht Weliek-Neureuth fondée par des habitants do Rocheplatte, Prarustin et Pragela d*abord installés à Mûhlburg et Knîelingen ; Friedriehtthalt 1740 ; cette dernière colonie surtout composée de Français ne fut régidiérement constituée que dix ans plus tard par Esale Aubry destitué pour avoir rebaptisé une catholique convertie, d où ime consultation condamnatoire de six faonltôs de théologie. Les églises badoises n'ayant pas répondu à l'invitation da synode de 1759, on résidutde ne plus les y convier; sauf Pforzheiiu, qui dédia un nouveau temple en Mi'tH et ne s'incorpora à la paroisse allemande qu'en 180-4, elles étaient en pleine décroissance ainsi que les groupes français qui s'étaient dissimulés sous le nom de wallons à Reihen, Reiiingen 1682, Frkdriehtfeld 1685 et Laugenzeli. Presque tous les colons, tant français que vaudois, avaient passé en liesse et en Wurtemberg. Il en fut de même pour b s églises du comté de Solms-Braunfeld, surtout pour Greifcnthal, 1688 ; Dnuhhnitsen durait encore en 1736. Dans le Na?sau-S('lianmbourg Ifolzapfol devii'nt, en 1688, le centre d'un groupe vau(lois-daiipliinoi> d? 1 15 ùmes, construisant le village de Charlotlenbourg el raltaehé au synode franclortois ;p, lîorel; ; annexé à Dornberg en 1706, avt-c cessation du culte français. — L'église française de Buckebourg dans le Schaumbourg-Lippe, reliée au synode de Brunsvick-HanoTre a été plutôt une aumônerieprinciëre. Plusieurs souverains s'étaient attachés des pasteurs du Refuge; peu d'entre eux eurent des successeurs, si ce n'est à Dessau (Anhalt) où l'église fondée par Beausobre. comme chapelain de la princesse née IbMir. -Catherine d'Orange (1686), ne cessa qu'en 174 î avpi niinistt'i'p de Moï?e llum]>ert. Dans le duché de SaxQ-J/i/df>iir;//«nis>n des réfugiés français, d'abord établis ailleurs (?). b;\lirent le nouveau quartier de la capitale et, après une collecte en Angleterre 11717) construisirent un temple où ils s'unirent à la communauté hollandaise.

e. Palatinat, — En 1684 des Français fondaient à Frtednehsfeld une église (p. de Combles) violemment dissipée comme les Wallonnes par l'invasion de 1688. Les horreurs de la guerre avaient à peine cessé que déjà des membres de l'ancienne église de Mannhcim essayaient de la reconstituer: des Réfugiés se joignaient à ce culte régulièrement repris en 161)7. AussilAt menacé par LouisXlV, l'électeur Pli. Guillaume rendit deux ordonnances (:20 juillet 16U8 et 21hivnl 161)1)' « contre les Réfugiés qui se sont étaldis dans ses terres sous divers prétextes, corauie s'ils étaient Suisses^ Piémontais, Lorrains; lequel établissement étaot contre le gré de la France, pourrait attirer de fâcheuses suites sur les habitants et le pays. » Il enjoignait aux ma^strats de faire sortir tous les Français réfugiés, de ne donner à Tavenir aucune retraite à d'autres, et « attendu que les prédications françaises attirent ces réfugiés inutiles, et que les Français qui y sont établis depuis longtemps savent pour la

plupart la langue allemande, S. A. déclare qu'elle ne veut plus soufirir de prédications françaises, ni permettre qifon en établisse à nouveau. » L'église n en continua pas moins; en 1703 elle est encore la seule dans

le Palatiuat. Les autres communaul»''S avaient voulu suivre son exemple, mais les difficultés que leur suscita le Sénat ecclésiastique aiiicuiTciit, malgré un réveil trop court, l'extinction couiplète de St. Dnnbrrt^ Ofjffcrshri'in et Frisen/n'ini. Après de Imij^Mics démarches, le traité particulier conclu entre le rui de Prusse et l'électeur Palalin (1705) suus le nom de Déclaration de la Religion, leur assura quelques pasteurs et maîtres d'école.: à Frkdriehnfeld (J. Marion), mais l'église ne se soutint pas ; à BUligheim oh un même ministre desservait les paroisses réformée allemande et réformée wallonne ; on finit par en élire qui ne pouvaieut prêcher en français et l'église s'éteignit vers 1T70. A Frankenthal l'Etat refusa de restituer le temple et de défrayer le ' pasteur, prétendant que le troupeau comprenait l'alleuiand ; obtenant quatre services par an du second ministre de Mannheim ^173:2) ils virent confirmer leurs anciens privilèges par l'électeur (17ii), et le Sénat rétribua enliu le pasteur Joly !7Gî). Les secours de Hollande iiKiintmrent l'église jusqu'au conumncemeut de ce siècle. Hi idrlhriuj pcr>isla de même, privée de son droit d'élection de pasteurs et instituteurs, mais Reconnue par le Sénat et soutenue par les Pays-Bas. OtUrberg^ après être restée sans pasteur jusqu'en 1720, se releva alors sous le double ministère des Engelmann' et s'éteignit bientôt après eux. Les synodes annuels cessèrent en 1736 ; la régie des biens ecclésiastiques appartenait au gouvernement. Mannheim avait s'ervi de centre à ces groupes constamment menacés et leur survécut à tous : en 1821 la communauté wallonne, réduite à 131 membres, renonce à son existence propre et, après un dernier service solennel célébré en français, s'unit à la paroisse réformée allemande.

f. ViVus libres /innséatlques. — lirètuc. — Quelfiues prédications fiançaises furent données en lOTli et 1G78 dans rancicnne église wallonne, par «les professeurs au (lymnasium illustre, entre autres Janson «le Rouen. Le sénat qui refusait en lOSO les immunités sollicitées pour les Réfu'yïiés parle comte de Saint-Paul, leur accorde en lG8i une église et un pasteur (Duplessis) avec traitement de cent éeus: ordonnant, à la nouvelle de la Révocation, une collecte et des prières publiques, il adresse des appels aux Réfugiés à Genève et en Hollande : a Vous pouvez les assurer que nous les recevrons comme véritables membres de Christ » (Lettre au P. Kom à Genève). Les colons, mal vus des artisans et industriels, étaient encouragés par TËtat qui les exemptait de service mili> taire et d'impôts pendant quinze ans, leur conférant le droit de bourgeoisie s'ans frais. L'église, avec culte dans le temple de Saint Jean, eut deux pasteurs jusqu'en Kl'JS (Théremin , leanl) ; le sénat s'en réserva la nomination, exii^ea i*u>aj;e de la confession <le lui et du catécbisHie <rU"idelberg, et interdit toute excommunication. La colonie cessa avec ses immunités en 1700, l'église se continuant jusc^u'en 17i8 où les membres lui firent défaut. Le culte français, établi en 1769, comme exercice de langage ne s*y rattache point. — Hambourg.

I/t■|^li^p walltuino française fortifui par l'arrivée de nombreux fugilils ; ils (•ontinut'rent à ctilébrcr le culte «laiis Altona où la coinmunaulé IVauraisc se sépara de la wallnniie sous le pa=tfiir Beausubre. A parlir de 174i, le culte eut lieu dans les deux villes simultanémenl, 80US le titre de communauté réformée française de Hambourg, avec des pasteurs communs jusqu'à la rupture du traité de réunion, parrescrit du roi de Danemarck (1761). Le service daîns la ville libre se célébrait sous le protectorat du résident prussien. Cette église exerçait une grande influence au dehors : elle se cuinposait surtout de négociants, et continue, avec culte français hebdomadaire, personnalité civile, indépendance administrative et ecclésiastique , mais ayant conservé peu de traces des ramilles tlu Ilt'l'uge. — Lubi ck. La Vénérable Coiupagnio luthérienne répondit par un refus à l'admission demandée pour les Uéfugiés par le Conseil de la bourgeoisie appuyé du Sénat: ce àxtnier passa outre, accordant droit de séjour et bientôt, après le blâme énergique formulé par l'électeur, de Brandebourg contre les attaques des prédicateurs luthériens, culte français en dehors de la ville (p. Mousson). L'association des Réfugiés aux réformés allemand^ devint la source de dit'tieultés sérieuses, interdiction par l'autorité des sermons allemands, chanL'-^ments du lieu de culte, séparation et uDi<'n à nouveau des deux conuimnautés. En 17H1 , l'allemand l'emporta définitivement et b- service irançais fut supprimé dans celle église que les subsides hollandais avaient largement assistée. — Mccklembourg. Le duc Chrétien-Louis avait lancé en 1683 un appel aux protestants finançais, qui semble être resté sans n puuse. Sous son successeur Frédéric^Guillaume (Déclaration du 20 octobre 1698) il s'en établit A Sckwerin et Tatnow, mais la seule église qui ait laissé des traces durables est liu(zoii\ pasteurs Durand, Jean des Champs pendant vingt ans et son lils: au départ de ce dernier l'église parait s'être éteinte, 17.'i9.

g. Sax'' (■/»'( torale. — En se réfugiant dans un pays luthérien, sous mi prince catludique. les réformés devaient s'attemlrr à rencontrer pour l'exercice de leur culte des dilticullés presque insurmontables. Ils commenci^rent à Dresde par un service privé, souvent interrompu, et même secret de 1689 à 1713, les réformés étant dépossédés en Saxe du droit de bourgeoisie et de propriété foncière (premier pasteur Daniel Roy). Leurs progrès furent lents ; l'autorisation de célébrer baptêmes et mariages, à condition que les deux côtés fussent réformés, est de 17Gi seulement. On adjoint nn pasteur allemand au français en 17G7 ; depuis 181 4 il n'y a qu'un service français par mois dans cette église qui compte IHIMJàmcj. deux pasteurs, et relev»- (lireetcmcnt du ministre des cultt s.en se souî'^nant par ses propres elforts. On n'y trouve prescjue plu?> de noms Jii Refuge quoiqu'elle en descende «lirectenient. A /.t'<yy-/y les Uélugiés se contentèrent d'abord de réunions privées, avec communions à Halle; organisant leur église, (1700) ils obtinrent à prix d'or l'autorisation de se réunir dans l'Auerbetchsliof et d*élire quatre anciens (1702); enfin à cause des nombreux étrangers attirés par le commerce on permit les mariages et baptêmes (i7()i), mais avec renvoi du culte à Vollsmarsdorf à une demi-lieue de la ville où il rentrait en 1707 (pasteur Butiui,

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Dumont tle Crest). La construction d'une salle d'assemblée est de 1765, I^eâ réformés allemands s'étant associés h ré<]i;li<p presque au début, (in rappela non française, mais simplement réformée; le serviceexclusivemeiit français jusiju'en 1738 n'est plus qu'allemand depuis lHi3. IjCS chefs de famille ayant aidé l'église par des sacrifices pécuniaires avaient seuls droit de vote, à partir de la classe des négociants d'après la constitution de 1766; celle de 1848 leur adjoint les principaux artisans: toutes les ezelusions sont maintenant supprimées dans la communauté. En cas d appel elle avait décidé de recourir aux synodes vallons; Dresde en référait de préférence à Berlin dont elle reçut «une subvention et ses premiers pasteurs. — Du Gros avait vainement essayé de créer à Stœtteritz une colonie durable, IGSH-IO'.M). Après la paix de Ryswick A.uj:;nste le Fort comprit lui-même le hénélii-e que rapporterait l'immiuratioii (les Frain uis : iDl) voulurent s'élahlir à Torgau mais il ne sut pas vaincre en leur faveur la résistance de la municipalité (1708). Kn 1713 , leur annonçant l'octroi du culte public réformé il s efforça d'attirer i Meissen, Torgau et Oscbag quelques-uns de ceux fixés dans le Bijandebourg. Mais la tolérance venait trop tard ; le roi de Prusse ne permit plus le départ de ses nouveaux sujets.

4. États du ^owd. Ikinemark» — Alli^ le Louis XIV et, luthérien, Christian V céda néanmoins aux instances do la reine Charlotte-Amélie, nièce de la princesse de Tarente ; après avoir donné (KJSl i une première déclaration promettant huit ans de franchise aux Uéfu}:iés (jui leraicnt élever leurs enfants dans la confession d'Augsbourg, il abrogea cette restriction dans Tédit du 5 janvier 1685, s'engageant à conserver •aux militaires et aux nobles leurs grades et honneurs, et à allouer aux fondateurs de manufactures des maisons, avances et privilèges. Les divers corps de métiers du Refiige sont représentés dans la colonie de Copenhague, où Ton trouve aussi deux libraires et trois médecins. Louis XIV, afin d'enlever à (îuillaume d'Orange le concours des huguenots, ayant permis de restituer Kuiioilié <le leurs revenus à ci'ux ijui serviraient le Danemark, plusieurs olli- iers se rendirent dans le seul état où leur présence n'était pas considérée comme un crime euver» leur roi: parmi eux le grand maréchal et conmiandant en chef des troupes danoitiBs La Rochefoucauld comte de Roye, les marquis de la Forest et de Bussière, les de Fontenay dont deux descendants devinrent amiraux. L'aumôncrie militaire française fut confiée au Pr. Brunier. La Reine recueillit douxe « confesseuses » qu'elle était parvenue à faire sortir des prisons et des couvents. Elle organisa et dota l'Eglise de Copenhague cnnmjunautés réformée franeaise et réformée allemande, unies sans ètreconfondues, un même teni[de, 1089; 800 membres, 1731;dcux pasteurs pour chaque braucln^ jus(}u'en IHI2, puis un : les deux premiers français lurent Mesnard, min. de Saintes et lu Placctle. Ce dernier resta un quart de siècle et y « composa les exceHents traités qui lui ont mérité le suraorn du Nicole protestant etl'ont placé au premier rang des moralistes calvinistes » (Haag). De 1747 à 1772, les enfluits nés de mariages mixtes durent être élevés dans le luthéranisme; on y renonça de crainte de voir s'éteindre la communauté, et Ton permit au contraire aux pasteurs

réforrnt'";*lo Ix^nir cos niariacro? (luand l'épouse était de leur trouprnu.Le service IrHin ais ost ciiL-orp ht'bdomadairo. mais peu de faniillos <iii Uofiige sont représentées dans l'Eglise. Parmi les bienfaiteurs on cite Uiij^uetan, fils du libraire de Lyon, grand commerçant en librairie en Hollande, manufacturier et banquier en Danemark où il devint comte de Guldenstein et contribua à la création de Fridérieia. Le roi Frédéric IV désirant améliorer les terres presque incultes qui entouraient cette ville pour laquelle il avait de grands projets, attira en 1720 des Réfugiés fixés dansle BrandeI»ourg, à Bergholz, Gramzow, Schwedt, Angermunde. Quelquesuns se dispersèrent en Soelande; vingt lamilles formèrent la eoionie ; il leur donna des terres, vingt ans de franchises, un pasteur rétribué pendant dix ans et un juge élu par eux. Ces privilèges n'étaient attribués (juVides familles réfugiées de planteurs et de cultivateurs dont les deux cbefi ^ étaient réformés, aussi a-t*on dit qu'à F. tout colon était réformé mais que tout réformé n'était pas colott. Les Réfugiés introduisirent avec on fgrand succès la culture du tabac et des pommes de terre ; par un accroissement très rare dans les communautés du Refuge, ils dépassaient, en 1707. cent familles et cinq cents membres, tenant beaucoup à se marier entre eux et h conserver leurs usages. Leur premier pasteur, Jean Martin, remplissait les fonctions de eomnnssaire du roi; temple. IT.'îfi; niKuination d'une Députation perpétuelle en cas de cunlUis, eoniposée de deu.\ magistrats, deux pasteurs delà ville et le maire, 1787 ; (juativ s»tvici'S allemands par an, 1783 ; ils alternent avec le français à partir de 1814, et après la mort du pasteur Rieu sont seuls continués. L^égUse conserve Tindépcndance que ses privilèges lui garantissent, sous la surveillance générale du ministère des cultes : elle subvient à ses dé^ penses, maintient ses écoles, est administrée par un presbytère de six aneiens et secomposoen majeure partie de familles issues directenieiit du Hefiige. La colonie de^/'/w^/i.v/^i/r// n"a laissé jue peu de tiMces de son existencf comme paroisse française. Alloua ne sn-pendit p.'jnl -on culte lors de la scission avec Hambourg J7()2) imposée par le rui. Quoique fort dimini|ée, la communauté se maintint (past. Merle, Gabaiu], et à la fusion avec la hoUandaisenillemande (ISdl), elle conserva encore pendant quelque temps une prédication mensuelle en français. — Suède. Charles XI qui était intervenu auprès de Louis XIV pour empêcher, de par le traité de Westphalie, les dragonnades en Alsace, et avait autorisé une collecte en faveur des Réfugiés, se refusant néanmoins à leur octroyer un é<lit de tolérance, cré.i pour eux une église luthérienne française à Stockho'tn (past. Nicolas IJcrgius). Les Huguenots s'y rallièrent peu et suivircMit plutôt le service français de la légation d'Angleterre, pasteurs Dubourdieu, puis d'Artis. Ce dernier après avoir organisé l'église, environ 200 Ames en 17i4, obtint au départ de l'ambassadeur la liberté du culte public (1741); temple, 1752. La' communauté continue, avec service hebdomadaire sauf Tété. Les églises de Gotbembourg et Wadslena n'eurent qu'une très courte durée. Sur la re^piéte des Ktats généraux, Charles XII permit l'établissement de protestiints fraiiraisen l'oméranie ( 1698 . C'est probablement à eux (| ne remonte r église l'ondée à Danizick^ (past. Lenfaut 1701 j, vUle libre sous la

suzeraineté polonaise, et qui se perpétua encore quelque temps dans ce siècle S )us la doinination priissieniif. — /iussie. L'on a beaucoup exagéré. Vollaire eiitri' autres, l'iuiportanco du Uefuge en Russie. L'électeur du Brandebourg avait recuniniandé les protestants l'ruuçais aux Gsars : Jes lettres de Grrâee du 24 janvier 1689 aaÎDrisant leur venue, promit de les recevoir dans le service de TEtat, de les traiter avec douceur selon leur provenance, état et dignités, et de les laisser repartir à volonté. Cette Passe de la récente Sophie» quoique insérée dans le recueil des loiStSembie n'avoir été suivie d'aucun effet. Le 16 avril 1702, Pierre-le Grand signait un manifeste pour le libre exercice des cultes à Moscou, aliu que « le soin de son salut repose sur la respcuisabilité pt i»prt' ôv chaque chrétien. » Il avait surtout pour l»ut lie retenir les Hiilhiiidais et daltuvr les Suisses que Le Fort lui availi'ail apprécier. Depuis iOlG les Uuliauddis avaient constitué à Mmcou une petite communauté, temple en- bois 1639, en pierre 1684. Le Fort en fit partie, mais les registres commençant en 1693 ne renferment pas de noms de Réfugiés pour les années suivantes, quoique le pasteur Len£ant y ait prêché en 1698. Lors du retour de Pierre II de la nouvelle à lancienne capitale, 1728 à 17.12,

10 pasteur Dunant y transporta le culte français ; il s'intitulait minislrt- du Saiiit-Evangile de l'Eglise française réformée d»; Moscou et Saiiit-Pét«Tsl»inir-r. A partir de i7r»7 on organisa un service français mensuel pemlaiil l'iuver ; la communauté romj)tait 7t) français en 1793. Desst-rvie de i81Gà 1837 par un Vaudois, de 1837 à 18io par M. Scbor de Moutbéliard, l'Eglise réformée de Moscou célèbre le culte depuis 1846 alternativement eu français et en allemand. — À Saint-Pétertbourg l'église des «Réformés firançais ou se servant de la langue française» se détacha de la communauté hollandaise en 1723 : plusieurs noms allemands, surtout dediplomates, figurent sur la liste des membres, à côté de ceux des généraux Coulon, Dubuisson, Dupré, Lobry; des comte de Bonneville, major de La Font, ingénieur Marin, de Metz, cbirurgien» de la flotte Millio. Grépin, Bruyu, Chenal ; des commerçants Bouzanquet , Brutel de la Rivière, Serre d'Orange, directeur de la fabrique. des Gobelius, du fuadeur Baitray, de l'horloger Roquette de Bordeaux, du raffineur de la Mare. Presque tous les réfugiés français avaient séjourné d'abord à Berlin ou à Hambourg; Lestocq qui devint comte et conseiller intime de rimpératrice Elisabeth, était le (ils d'un chirurgien établi à Hanovre;

11 rornmunauté comprenait de nombreux Suisses et Genevois, et c'est (le Genève même (ju'arriva le premier pasteur Dunant. L'empereur qui vouail de ^ij^Micr un nouveau manifeste de tolérance, assista au premier haptéiuf, ct'liii Av l'enfant du chirurgien en chef de la flotte Hovy (1724). Griice aux subsides des églises de Francfort-sur-le-Mein et deUauau, après s'être réunis chez le commerçant Pelloutier, on put ouvrir UD lieu de culte (1727) ; le transport à Moscou et le départ de Dunant entraînèrent une suspension de six ans ; les cent français s*unirent alors aux trois cents réformés allemands (1746 à 1760) avec culte alterné ; l'existence commune avec consistoire composé de deux anciens et de deux diacres de chaque communauté sous la présidence du pasteur (Risier, de Mulhouse) fut marquée par la construction du nouveau temple, due

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aux efforts du chirurgien Foussadior. d'Orlt^ans (1717). A la scission entre les deux troupeaux, l'I'kase do Catherine II, (11 mai 1778) décida que la propriété du temple restorait indivise avec priorité pour les Franrais; chaque troupoau eut son pastoiir, apprlr ^fulcment pour les questions ecclésiastiqut'S mais al'-rs avec voix pn'qxindt r.inte, dans le Conseil pour les allaires communes, composé de trois anciens par côté élus pour trois ans. Eu cas de conflit entre les membres de TEglise, le dernier ressort est attribué au Collège de justice, avec défense pour lui de s'immiscer dans ce qui serait purement ecclésiastique. Dans les temps modernes l'église réformée n'a pas été rattachée au Consistoire générii; c'est le ministre de rintérieur qui confirme le choix des pastears, apris un Colloquium doctuni s'ils sont étrangers. Dans certains cas, c>m\ fie divorce par exemple, la dérision apparlient à la Jir/ormirh' compos/'e (lu |>n''sitlrnt du consistoire et de deux anciens lutliéricns unis au pasteur et à deux anciens rétormés. Il n'y a aucun lien clfici»-! entre les diverses églises Jrançaises de la Russie. Celle de Saint-Pétersbourg compte environ 5â0 membres dont les descendants de Gervais de Ganges, condamné à mort en France au commencement du diz-bnitième siècle. Les MoUevauIt, d'abord réfugiés à Hambourg, se fixèrent à Arebangel et jouirent dans la paroisse luthérienne d*nne grande autorité. L'église réformée allemande-française d'Odessa qui eut pour premier pasteur Lobstein de Strasl>ourg, date de IHli; la colonie française de Cbabag sur le Dniester 18:21) est originaire du canton de Vaud.

5. ÂNCLKTKRnK. — Pour les cah iiii>les fram ais des proviiu i s maritimes la grande ile protestante était le lieu d'asile le plus facile à atteindre : la fondation d'églises douvélles, même pendant la période relativement paisible, prouve que l'immigration directe n'y avait jamais cessé depuis les jours du premier Refuge : en 1672, érection à Londres de la chapelle de Casile-Street, i67o; de la Nouvelle-Savoie. L'ambassadeur Savile, par des instances redoublées» appelait ta plus sérieuse attention de son gouvernement sur les avantages à retirer de l'expatriation volontaire ou forcée des Huguenots. Il écrivait en 1679 : « Les protestants français appréhendent une violente persécution et sujil i)rélsàse reiwlrt en Angleterre dans des proportions telles qu'il en résulterait un très grand bénéfice pour la nation, ëi vous le leur rendiez le moins du monde aisé par une naturalisation facile », et deux ans plus tard : « Si on avait passé l'hiver dernier un bill de naturalisation, il y en aurait à rbeore actuelle au moins 50,000 en Angleterre, u L'Edit de Louis XIY permettant la conversion des enfants de sept ans. leva les derniers scrupules du Conseil, et le 28 juillet (v. s.) 1081, une proclamation de Charles 11 offrit aux immigrants de- lettres de naturalisation sous It' graml sceau sans frais, avec les i)rivil«''ges et immunités « qui ne seront pas contraires aux biis »> pour le liltre exercice de leurs commerces et imtiers. On les plaçait sur le même pieil que les nationaiLv pour les la.\es et l'admission dans les écoles; les prélats de Cantorbury et Londres ecntnlisaient les dons rendus nécessaires par leur pénurie extrême, arrîTaot par troupes presque cbaque jour, « la plupart sans autres biens que leurs enfants » dit un pamphlet du temps; un seul ordre du Conseil en

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naturalisa 1154 (voir dans Agnew 25 de ces listes, 1681-1701). — L'année même de la Révocation, Jacques II succédait à son frère. Sous la pression de Topinion publique il accueil lii les Réfugiés et promit une collecte : quand, après l'avoir retardée de plusieurs mois et défendu de

!a recommander du haut des chaires, il la vit nt';annioins produiro 10, (MK) livres sterlin|r, il déclara tiuo les Ht'fugit''^ étant (>n général ennemis de la monarchie et de répiscopat, les secours ne seraient distribués <ju'à ciMix (jui, (IcvtMiant mcinltrrs de l'Eylise anglicane, recevraient la connuuniun de son propre chapelain. D'accerd avec la politique de Louis XIY, il fiiisàit brûler publiquement les Plaintes des protestants de Claude et encourageait la mission de Bonrepaux : en regard des cinq cent sept Réfugiés qu'on réussit à rapatrier, il en arrivait pourtant des milliers que la syn)pathie -populaire, maintentic en éveil par l'opposition royale, obligeait à recevoir, à naturaliser; à pourvoir de cinq temples de plus dans Londres, où ils pfMiplinenf le quartier jns<pio-là désfrt de Spitallields et la majeuri' juirlu' de Soho. Kn UtHl on en secourait 15.500, dont 2,000 dans les ports tî»» mer, 2H!t faiiiilles de gens de (jualité, de science ou de çomniorce, 1 VA nnnistres; les autres tous artisans ou cultivateurs. Mais un élément nouveau allait en accroître singulièrement Timportance. — Dans la grande crise nationale de 1689, le rôle des protestants français est prépondérant. Ils ont contribué à diriger les esprits vers Guillaume d*Omng*>, et sur les 15,000 hommes de son jurmée d'invasion on compte 2,250 fantassins Réfugiés. Sehoniherg les commande, employ;int se? dernières forces h organiser l'expédition d'irlaiiile à laquelle participent la cavalerie de Ruvigny. les trois régiments delà C.iillemolte [plus tard de Belcastcl). de la Mdionière et do Cambon 'plus tar.i di- Martou). ainsi <pie les ofiieiers accourus de la Suisse et du Drandcbourg pour aider au triomphe du représentant de leur foi: Schomberg, la Gaillemotte, Louis de Bourbon-Malauze meurent glorieusement à la. bataille de la Boyne. Après' la pacification, les régiments huguenots, y compris les dragons du marquis de Miremont, prirent part à toutes les campagnes des alliés jusqu'à la paix de Ryswick. — Guillaume III ne fut pas ingrat : en montant sur le trône il institua une Coimnission ehar;jé»^ «le s'cmpiérir des besoins des lléruiriés: le 25 avril ItiH'J, uiu' proclamation royale h'ur promit aide et secours dans leurs commerces et métiers alin que « rexislcucc dans ce pays puisse leur être confortable et facile. >» Il leur fit accorder un don annuel de 17,200 livres sterling sur lequel on prélevait lea traitements de cent pasteurs ; mais les Chambres se refusant & y joindre pour tous la naturalisation, cette faveur ne put s'obtenir qu'individuellement, par lettre patentes royales et actes privés du Parlement. Il < I tain que l'immigration française, après le premier élan chari'altle, éveilla plus de méfiance que de sympathie. On n'avait pas vu avec- plai?ir Guillaume, récompensant les services rendu-, attriburr à des Uéfugiés les grades les plus élevés dans l'armée, leur conlier des missions diplomatiques, nommer le fils de Schomberg duc du Lcinster, 1« dernier député général des Eglises, Henri de Ruvigny, vicomte puis comte de Galway et baron de Pont-Arlington, et Charles de la Roche-

iaucauld de Roye, comte de LifforJ, tiho qui passa à son fils. En i699, malgré Topposition du roi, un biU du Parlement expulsa tous les étrangors des arnitVs anglaises. Les guerres de la reine Anne obligèrent à y rôintt'^aer les Huguenots. Déjà en 1703, le marquis de Miremont avait conçu It' di sscin d'une descente en France pour appuyer le soulèvement dis Ct'vcnufs; les cadres des six régimtnts étaient dressés sous la direction générale deBelcastel, quand la soumission de Cavalier fit avorter le projet qu'il tenta vainement de reprendre l'année suivante. En 1707, trois régiments commandés par Nassau, Sibourg et Blosaet, et de nombreux officiers huguenots figurent dans la guerre du Portugal; parmi eux, trois Réfugiés de date récente, La Rochefoucauld, baron de Montendre et Ligonuier qui devinrent feld-marécliaux, et le i'ol<nâ Cavalii-r, le chef caniisard. — En 1700, l'arrivée de pris de IU,(K)0 fugitifs du Palalinat nécessita la prnniulgatiun d'un liref royal orJunoanl une colloctr» irénér.ih' ; plusieurs niiliiers furent transportésen Amérique. Le i'arlement cuusoatit alors à se relâcher de ses rigueurs, et accorda la naturalisation i tous les immigrants ayant reçu le sacrement dans une congrégation protestante ou réformée du royaume; faveur temporaire, car le régime tory, après avoir essayé le rappel du Bill (1711), ce qui amena une naturalisation précipitée de plus de 2,000 Réfugiés, y réussit eu 1713. Deux essais de le rétablir échouèrent en 1748 et 1751; on n'y parvint que sous le rtgno de Georges III. (1771). et encore à la condition de sept années de séjour antérieur. « Le refus de nous naturaliser lait présumer en France qu'on ne veut plus de nous », écrivait en 1704 le pasteur Gauthier de Bristol, au moment où les religionnaires de Saintongc, Angoumois, Périgord et Bordelais (60,000 protestants, 10,000 familles) songeant à s'expatrier dans l'Amérique anglaise, sur l'initiative de Gibert, le déléguaient à cet effet à Londres : le peu d'empressement que mit le gouvernement à correspondre à ce désir, fit renoncer au projet; il se réduisit au départ de quelques funillee seulement. — Après la mort du r.)i Guillaume, on avait apporté beaucoup moins de rét^ularité au don annuel de 12.000 livres sterling représentant avec les ;{.0l)0 livres alfeclés au clergé les intérêts du relitiuat des deux grandes collectes (1081 et 1G88) et des olîraiides accumulées de 1681) à 1695 : le capital, dépassant six millions de francs, avait été emprunté par l'Etat. En 1716, on secourait 5,000 pe^ sonnes et 7,000 en 1721. Les subsides diminuèrent alors graduellement jusqu'à la fin du siècle; en 1812, ils étaient de l,âo liTM sterling par an : du reste, presque toutes les traces des premières misères avaient alors disparu. II ne serait pas juste d'oublier les secours annuels accordés par l'Angleterre à certaisies étriises vaudois^'S du \Vurteml)er^ et de la liesse. De pins, lors de la mission de Dnpl.ui en faveur des lidèlcs du Désert et du Séminaire ,«le Lausanne, il obtint k hxation d'un don annuel de cin(| cents pièces d'or et la création duo comité à Londres même (1744), Où il s'établit et mourut. Les archevêques de Ganterbury, Wake, 1716 à 1737, et Secker, 17S6-I'768, ont été in&tigables dans leurs efforts en faveur des Réfugiés, des églises sous la Croix et des galériens dont vingt furent libérés par l interoessioa

de la reine Anne. — Au sein même du Refuge on s'occupa de pourvoir aai besoins dos indigents : un legs de Jaeques de Gastigny fonda

«n 1708 « la Prov/'leurr », qui se continue, dans des conditions grandioses, sous le bénéfice des lettres patentes de Guillaume (1718) créant la «Corporation des gouverneurs et Hirocteurs de l'hôpital pour le<^ protestants français pauvres nt lours doscendants résidents (3n Grando Bretagne. » LVc<de de* charité de filles de Weslininster (i7i7) dure encore. C'est parmi les ouvriers réfugiés que se constituèrent les premières associations de secours mutuels; elles portent la trace d'une confraternité provinciale se perpétuant dans l'exil (Société des Enfants de.Nimcs, Société Normande de Bethnal-fireen, durant jusqu'en 1863) et d'autant plus appréciée que Thostilité des patrons et ouvriers indigènes s'était ouvertement dédarée contre « les soixante ou soixante-dix mille artisans venus de l'étranger avec des prix inférieurs et des méthodes perfectionnées. » Aussi les Réfugiés choisirent-ils plutôt, avec Londres, où ils se groupèrent dans un même quartier, les villes ([ui possédaient depuis le seizième siècle des communautés wallonnes : Canterbury comptait en lOOA jusqu'à mille métiers à tisser ; à Norwich ils rendirent un nouvel essor aux soieries, fahriijuèrent à NVandsworth des chapeaux de feutre expiu tés ju^qu'en Italie, à Ipswich des toiles fines et à voiles. H. de Portai loiida les moulins à papier à l'instar d'Angouléme, Thévenart introduisit Tétamagc des glaces; Lausun, Marescot et Moneau possédaient le secret de lustrer les étoffes et bientôt, au grand détriment de Lyon* l'Angleterre fournit à la consommation des taffetas noirs de* l'étranger (voir les 16 brevets d'invention relevés par Agnew de 1681 à 1727). Les cultivateurs ne vinrent qu*en nombre restreint, et passèrent presque tous en Irlande ou en Amérique. — De la part de la science anglaise, l'hospitalité fut large et sans arrière-pensée. Ëlletint à honneur d'immatriculer les étudiants huguenots dans ses universités, et, suivant les traditions d'Edouard VI et de Cranmer, d'offrir les dignités d'Oxford et de Cambridge aux théologiens et aux professeurs proscrits. Le Collè'^'c royal des médecins en admit six, dont trois de Montpellier (lG8G-i()89). La Société Royale ouvrait ses rangs à Denis Papin, au mathématicien de Moivrc, auteur de la Th»^onp des probabilités^ à rhistorien David Durand, au physicien Désaguliers, à des Maizeaux qui formait le centre d'une élite littéraire, les Justel, de la Groze, Golomiès, Maittaire, Graverol et plusieurs ministres. Parmi les sommités du clergé du Refuge il sufRra de rappeler Abbadie, Bertheau, Gappel, Daillon, de la Motte, Allix, de l'Angle et six pasteurs Dubourdieu. — La plupart des registres des églises de province et dé plusieurs de celles de Londres étant perdus, les renseignements ne peuvent qu'être incomplets : quelques-unes ont duré sans doute plus longtemps que les dernières mentions qu'on en possède et qui proviennent surtout delà liste des secours de la reine Anne — Eglises; on suit ici pour la pro-

vince l'ordre alphabétique: Barnstaiib-, ITtKi, très petite communauté dont jps traces disparaissent vers 1730 (pasteurs Coutre, Yillette). /^Irirfnrd, lG86-i~G0, surtout des manufacturiers (Uumans). Bristol, 1G87-1814, rit anglican, au début deux pasteurs de Guyenne, Descairac de Ber-

^'orac, et Tinol do Villonouvo ; t»iinplp, 17:20; polonip importante, surtout de marins, n'-duite à soixante à la lin du dix-huitième siècle. CnnU'ihunj, l'ancienne église wallonne-franqaise de 1561 ; très prospère au dix-septième siècle, elle comptait (1G65) 120 maîtres tisserands et 1,3(X) ouvriers auxquels le roi aeeorda une eharte corporative (1676), déclina au dix-huitième siècle par des transferts à Londres, mais dure encore avec une rente de 2,000 livres sterling, une vingtaine de membres et un service en frani ais dans la crypte de la catln'drale; (principaux ministres «lepuis la Révocation, Tronillat, Le Bailly. Cartault). Il y eut doux dissidence?:, l'une de 1051 à 1 ; l autre de 'M\ membresde 17()'.là 17 lo, à Malt llouse sous le nom d'Eglise conformiste. Colch''xfi'i\ colonie hullandaise avec un culte français vers 1001. Dartmoulli, IGlii, surtout des marins, non conformiste, dernière mention 1748, (Forestier, Maillard). Douvre$^ 164G, dernière mention 1720, (Gampredon). Exeter, 1686 ; d. m. 1728, ouvriers en tapisseries genre Gobelios (Majendie). Favershanif église peu importante, d. m. 1706 (Ckby, Raoul). ffarwichf une seule mention, Lazany ministre, 1686. iVbrtt»icA, l'ancienne église wallonne-fipançaise d.' 1,164-1833 : h l'extinction les fonds ont paîsé à riiùpilal français de Londres. Ph/niout/i . vers 1690, église coiiforini?t'' de Houi'lu't, Bt»rdier;, se fusionnant m 1778 avec *SVo;j''/foî/se (de Maun-, Fauri"'! . ét«'inte en 1HI8. l'ancienne église de 1572; dernicro

mention 1728. Sandloff, 1633 l(»85, service hollandais-français alterut'. Southamptoiiy l'ancienne église wallonne-française de 1567, très augmentée après la Révocation, H. de Ruvigny formant le centre dune 8(>ciété de Réfugiés de distinction ; conformiste depuis 1712, sous Févéque de Winchester, vit encore de ses propres revenus (Cougot, Duval, Barnouin). Ihorneij-Afthiti^ 1652 1727, communauté hollandaise-française (Ez. Daunois, Jamln lin, (^liron, Lesueur), dans laquelle s'étaient fusionnés les restes de l'église de Whittlesey. Thovpe le Sokeii, lti83. d'abord à Reaumont ; fermée peu après 172(i « faute de membres» (Stnerin, Mestaycr). — LfDidrrs, église et chapelles par ordre de date:

1. L y lise wallonne, Threaduecdle Street, fondée en 1550 pour le culte exclusivement français, rehâtie en 1667; c'est là que les Réfugiés nouveaux catholiques « reconnaissaient » leur làute. Dans une séance de mai 1687, le consistoire en admit 497 à la paix de l'Eglise. Transfert à Saint-Martin-le Grand. 18i0 (Prédications de S.iuriii. 1761-17061

2. Somersel-ZIouse Ch(ij)t;l, 1653-1777, rit calviniste jusqu'en 1712 Jean d'Es|)agne, d'abord ministre du duc de Souliize. puis à Durhamhouse). ,3. Jji f/randt: Sni-ni/c, dans le Strand. ir.tJl. rit anglican, cgii?<' fréiiuciitétf par l'aristocratie anglaise (de la Mothe, Severin, Abltadi^. L. Saurin) se fusionne avec les Grecs (1731). i. Cnslle Street Chapcl, 1672-1760, bâtie par l'Etat. 5. La petite Savoye ou Spring-Garétn Chap., 1775, sert aussi à la Grande Savoie, se fusionne avec les Grecs (1755). 6. Martin*t lane Chap.y inaugurée en 1701 après trois déplacements du troupeau Jewin Street, 1686, Brewer s Hall, 1691. Buckingham llouse, 1693; union pastorale avec la Savoie (1720 . fii?i«n nvec (1" en 1751 mais persistance jusqu'en 1762. 7. Temple de VUc]»''^^- 1687 ; en 1742, érection de l'Eglise Neuve annexée à (1) et s'y iusiou-

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nant vers 1810. 8. Saint Jean, 1687, d'abord deux pasteurs, de Jouz et La Molhe ; incorporée à 1 ; on 1823. 9. Hungerford, 1687, fusionnée avec (4), a dù s'appelor aussi l'Eglise du Marché. 10. Lficester F'ields C/tap.f 1688-1783 ; l(>ttrt's patriitos do 1089 vu laveur de la cou};réga(ion rôunie depuis un an à Gla^s-lloiise St., luîion en 177<) avec la suivante.

11. La Patente ou le 7'r//iplf de .SV>/t'), fondée ainsi que (10) et (12) par les lettres patentes de 1089, non coufuruiiste, avec dix ministres en commun avec (12) mais Consistoires séparés; nouveau temple en 1694; fusion avec (20), en 4770. 12. La nouvelle Patente aux Spitalfields, quatre changements dont un à Criepia Street; incorporée, 1786, à (1).-

12. Swallow-Sh^eef CHapel, 1690-1710, rit anglican. Le Tabernacle. 1G90-1719, fusion avec (10). 15. Le Quarré, 1090; rit anglican, origine et destinée incertaines. IG. L'ArtUlene, 1091, d'abord à la chap. do Petticnai lane, église nouvelle 1700, fusion 1780, dans (1). 17. Crispin Slrt ei, 1093. Le temple passe on 1717 au troupeau de la Nouvelle Patente, mais l'Eglise semble s'être ensuite reconstituée et avoir duré Jusqu'en 1732. 18. La Pyramide^ d*abord 1696 Weidbouse, puis 1701 sous le nom du PetU-Charendon, à Newport-Market, en 1706 La Tremblade ou la Pyramide dans West St.; dernière mention 1743, peut-être fusionnée avec (21). 19. PerleStreet-Chapel, 1697, dissidence du ^stcur Laborier; en 1710, fusion avec (17). 20. Chapelle royale Sntnt-James, 1099, servire rran<;ais rélébré dans la cbapt'llt' du Palais par Ménard, de Cbarenlon, devenu aumônier de Guillaume 111, dernière mention 178:2.^21. Les (jrecs, 1700, dans le t]uartier de Soho; maintenant à Bloomsbnry sous le nom de Saint-Jean, dit La Savoye. 22. /iyder s Court Chap. y 1700-1730. 23. W'heeler 67., rit anglican. 24. Peêt'àouse Chap., Saint-Luke^'s ifarisb, 1706, transitoire. 25. Blackfriars, Chap., 1710-1718. 26. Bell Lane Chap.j 1711-1718, très petite comn^unauté. 27. Berwiek Chap., 1720-1788, sans doute la transplantation d'une église d'abord constituée ailleurs. ^.Swanfields, 1721- 1735, paroisse panvrc. De plus, dans le voisinage immédiat de Londres : IVamlsworlh, de ir)73 à la fin du di.x-liuitièinc sioelo. Mart/le hone Choj).. lOriO, dernière mention 1732. Greenwirh, 1080, fondée par le vieux mar.juis de Ruvigny qui y mourut; dornière mention 1718. Ilammeramiih, nieuiionnée en 1701 et 170G. Chelsea, trois paroisses au commencement du dix-huitième siècle, l'uneau moins jusqu'en 1729. lilington, mentionnée en 1718. Soxton, registre de 1748 à 1783 (Jacques Bourdillon, seul pasteur). — Les nombreuses églises de la capitale n'avaient entre elles que des relations occasionnelles ; séparées par le rit, elles ne possédaient aucun lien général. Les lettres patehtes de 1089, « sous le grand sceau d'Angleterre » accordaient à di.x pasteurs et ;\ leurs successeurs le droit de s'étaldirà Londres « en forme de corporation ou corps politique sous le nom des <« Ministres français do la congrégation Irançaise des prolestants étrangers, dans ou près de la ville d*i Londres et environs, de la fondation du roi Jacques II; u ils pouvaient posséder et bâtir, et pourvoir aux vacances. Ces ministres paraissent avoir desservi les deux Patentes et quelques chapelles secondaires, restant indépendants du Consistoire de Threadneedle Street. En 1694, il y a union entre

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Leicesterfields, rArtilleiy et Saint-Jean Shoreditch, trois consistoires élisant flciiv pasteurs; de môme entre Martiû'8Lane,lIungerfor(l,S\vallow Stropt pt Horwick Street. Déterminer les ministres affectés à chaque éirlise est iiiipossiMe ; niusiours alternaient leurs pn^dicalions. C'est du Consistoire de la Savoie i\uo part (I707i la condamnation pronouc»'e contre les pniplièles cévenols Marion, Cavalier et Fage, lue du haut de toutes les chaires dans les églises françaises du royaume et d'autant plus nécessaire que le peuple anglais menaçait d*étendre sur rensemble des Réfugiés rimpression fâcheuse produite par ces manifestations. Enfin en 1720 toutes les églises françaises de Londres se constituent en assemblée « pour la paix et pour Tordre dans notre Refuge, » Louis Saurin, modérateur, Moïse Pujolas secrétaire : Threadneedle Street et la Savoye enverront chacune deux pasteurs et «[uafr»' anciens; la chapelle Saint- James n'ayant pas d'anciens, députrra deux pasteurs: les 13 autres chacune un pasteur et deux anciens. L'article H a ï^oin il ajouter que les décisions de l'assemblée ne seront que consultatives, sauf dans le cas d*un recours exprès des consistoires à son arbitrage ; on peut aussi loi faire appel dans les suspensions de la Gène. On constate qu'il y a eu des séances en 1744, 1761 , 1786 et 1789. En 1700 Londres avec ses environs comptait de trente à trente-cinq églises Horissantes, vingt en 1732. Lors du premier juliilé de la Révocation, neuf de plus étaient fermées, plusieurs autres allaient s'éteindre. Depuis longtemps le rit aiifrlic^n les avait presque toutes envahies, les pasteurs manquaient pour reinphr les vides et les fils des ministres réformés suivant le courant géuéral.et à l'exemple de ceux de P. du Moulin, occupaient des cures dans l'Eglise nationale. L'assimilation des classes aisées s'est effectuée en Angleterre plus rapidement que purtout ailleurs et n'a pas attendu les guerres de Tempire. Dans les premières années du dix-huitième siècle on publiait à Londres de nombreux récits des souffrances et de la fuite des protestants, mais déjà en 1709 le Consistoire de la Savoie refusait de s'unir aux instances du marquis de Duquesne et en MX) le sermon annuel <• sur les bonis du Meuve » dépeint la terre d'cxilsous les plus attrayantes couleurs. Un îles derniers Réfugiés est le pasteur du désert (iibert (1771 V mort à (juernesey (18!7). Deux églises, renouvelées toutes deux, c*insorvent à Londres les traditions et les chartes de l'ancienne communauté calviniste wallonne de Threedneedle^treet et de celle conformiste de la Savoie. — Les Réfugiés se sont alliés avec les familles anglaises dans de telles proportions qu'on en retrouve la descendance directe dans tous les rangs de la nation et jusque sur le trône par Sophie Dorothée, é{ ousc de (leorges et petite-fille du marquis d'Olbreuse. Tmis pairies anglaises appartiennent aux familles des Labouchère. I^ i'evre et Huniilly: les Clancarly remontent au seigneur delà Tranche, réfiipiéau temps de Charles IX, les comtes de Radnor aux premières émigrations wallonnes. — E cossu : Jacques VI autorisa les protestants français à résider à Edimbourg (1586). Joachim du Moulin, banni de Paris, filt de ceux qui en profitèrent pendant qii< l ^ue temps. Il n'y acepeodsot pas trace d'Eglise régulièrement constituée avant la Révocation; trois pasteurs alors s'y succédèrent, les Dupont, père, fils et petit-fils, à la

téted'on troupeau commerçant et ouvrier qui habitait le quartier désigné sous le nom de Picardie. — Irlande, Le Parlement, pour encourager Timmigration protestante, promulguait en 1663 une lo\ confirmée dix ans plus tard, et promettait en 1674 la naturalisation et l'admission gratuite dans les corporations. Le Mémoire publié par ordre du vice- roi, duc d'Ormond, permet le libre exercice, aux frais de ceux qui persévéreront dans ie rit calviniste, mais défrayé pour ceux qui se rallieront à l'église anglicane. Un nouveau bill (lOOi) abroge le serment dit de Suprématie exig-é des ctdons, et leur a?siire le libre exercice dans l'ile entière. Des nïilliers de liuguenots profitèrent de ces avantages île lirancoup supérieurs à ceux que leur offrait l'Angleterre, et un grand nombre d'ofliciers licenciés formèrent des colonies militaires où l'esprit et la culture française se conservèrent pendant 'tout le dix-huitième siècle. A Pontat' lington Ruvigny construisit iOO maisons et réunit 130 familles distinguées (dontcene de Bostaquet), avec église et écoles florissantes: dans ce lieu privilégié où les châtaigniers et les espaliers rappelaient la France, les émigrés de la Révolution rejoignirent en 1793 ceux de la Révocation del'édit de Nantes. Le culte aux frais de l'Etat dura de 1694 à 1816. La colonie du même genre fondée. à Youghal en 1697 ne paraît pas s'être constituée pu église. — Après l'acte du Pnrlenient pour l'encouragement des fabri(jues dp toile on Irlande, (juillaume III établit k Lisburn le réfu2:ié Crommelin de Saint ( )ut'i)tin, comme dirofteur d'une manufacture royale avec millo niétiiTs cl toute une c(douir do tisserands : l'église a duré jus<ju'en 1798. Lt s colons de Waterford confectionnaient aussi des toiles; ils eurent service français dans l'abbaye, de 1693 à 1829. Il s'en étaUità Kilkamy, Carlaw, mais surtout à Cork où le troupeau du pasteur Fontaine comprenait les Ârdoin, Gaïalette, la Millière, Cossart et reçut (1715) une adjonction nouvelle; l'église, avec quelques interruptions, dura de 1685 à 1813. A Dublin un culte anglican se célébrait en fran<;ais dans la cathédrale de IGG 'i à ISIG. Deux troupeaux, demeurés strictement calvinistes, se réunissaient à Peter ilreei et à Lucas-Lane*, le culte a cessé depuis longtemps mais les consistoires et le fonds charitable se perpétuent, La dernière émigration langued.icienne de I7ol se porta vers l'Irlande ; il y avait alors dans l'île, comme descendants de Ut'fuiiiés, deux généraux, six colonels, cinq ui;ijnrs, vingt-quatre capiîiiiic?; dans l'église nationale un évéquo, trois doyens. Irentre- trois ministreset encore dix-neuf pasteurs d'églises françaises; à Dublin 1,763 personnes exerçant des professions diverses.

6. AmtoiQUB no Nobd. — D^Ângleterre et de Hollande des milliers de Réragiés ne tardèrent pas à se rendre dans les colonies du nouveau monde où un vaste champ d'activité s'ouvrait devanteux : il en vint directementde La Rochelle, mais peu, vu le danger des croisières (Voir Elie .Veatt). Etat % de New-York : En 1077 des huguenots arrivant de Manuheira avec le calaisien llazbrouck à leur tète fondaient la colonie de New-Pal tz, où ils trouvaient déjà qnehjues Français; après traité conclu avec les ludiens, les chefs de famille élisaient un conseil « la Douzaine » et érigeaient lin temple de bois j)our la congrégation dite Eglise protestante wallonne (premier pasteur Pierre DaiUé qu'on retrouve à la création de la plupart

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de ces communautés). De 1709 à 1730 le hollandais finit par se substîtin;r au français. A la cession défiiiitivo du territoire à l'Angleterre (107 i , New-Auisterdaui avait été n K ij)tis('t' .yciv-York: plusieurs des H('fui;ii'S qui s'y rendirent venaient di^s colonies fran<,Mi>es de Saint- Christophe et delà Martinique où l'edit de Révocation les avaient alliiut> comme dans la mère^patrie. La seconde paroisse qu'ils fondèrent (1688) se fusionna avec l'ancienne (1602) et celte église, comptant deux cents familles en 1695, servit de centre aux colons dispersés dans les environs. La naturalisation fut accordée en 1703; le temple du Saint-Esprit fut bâti l'année suivante : le culte est encore célébré en français mais depuis IH()<» selon le rit anglican (ministres Daillé, Peirct, T^ihorie. Hou). Eu HiSH, des Huguenots arhetèreut O.(KR) acres sur buii^-Island et y construisirent ^Ve/r-/^^c//c7/e ; niide'cn (preuiicrs ftasteurs, Bun-

repos, Bondety : Une seconde cuiiiiiiuu;iuté s'y loruia eu 1700 avec le rit épiscopal ; les deux se maintinrent de concert presque jusqu'à la g^uerre de rindépendance. — Dans l'Ëtat de Rhode-Island drâ Français, dont P. Ayrault d'Angers» les Bernon de la Rochelle, Le Breton, Le Moine, achetèrent des terrains près de la baie de Narragansett, à Hochester oa Kingstown, appelée transitoirement Fre,nch toron (past. Ëz. Carré) : la colonie comptait environ cent membres, les derniers la quittèrent vers 1711. Le Uél'ugié xMaturin Ballon, p/uv de toute une dynastie de pasteurs et ancêtre du côté maternel du président Garlield, avait établi une petite église à Cumùcrland ; on continuai y prêcher jusqu'à la Hévolution, à la fui eu anglais. — L'Etat de Massachussets accorda aux Uéfugiés iS,000 acres pour la fondation à' Oxford [1686j doù ils se transplantèrent avec leur ministre Daillé (1696) à Boston / cette église, fondée également en 1686, cessa à la mort de son second pasteur, Lemereier; fl Tavait desservie de 1716 ;\ 1746. — Quelques centaines de huguenots, quittant l'Angleterre à l'avènement de Jacques 11, passaient en Pensylvanie et dans le Marylaud (nattiralisalions accordées depuis IGOti), mais sans y l'ornier d'éi^hses duraldes. — Eu 1671 la naturalisatiou des étrangers lut piTiui^e en Yirfïinie. Guillaume III y dirigea de? Huguenots qui 1 avaient accompagné en Angleterre (1090) ; ils lunal rejoints en 1699 par trois cents familles sauvées de France, en 170(H70I par trois cents autres avec leur pasteur Claude de Richebourg. Ils y créèrent Manmkin-Town, dite paroisse du roi Guillaume, constituée en commune distincte avec sept années d'exemption d'impôts, à la charge d'entretenir leur ministre, mais ils n'y l e-térent qu'en petit nombre, se jiortant bientôt vers la Caroline du Sud où les attirait un cliuiat favor-'ibli' aux eulturt's ian^Mie lociennes. Plus d'un millier d'iminij^raiits vinrent en Caroline par la voir df Ilollandi', 000 par l'Angleterre i |G87): c'était le vrai f home of the Huguenots •> ; ils obtinrent la naturalisation en 1697. Ils s'établirent à Charlestown, surtout des Picards (pasteur Elle Prioleau), avec annexe à Orange Quarter; à Sirawberry ferry .avec culte distinct; à Santee où cent familles, s'unissant A celles d'Orange Quarler (1705) construisirent James-Town (pasteur Pierre Robert). — Louis XIV ne voyait pas avec indiiférence la réussite des colonies huguenotes : le gouverneur du Canada, projetant de s'emparer de la Nouvelle

Angleterre (1689) recevait pour mstruetions de respecter les catholiques, et de renvoyer en France les réfugîés protestants, maisrattaquedeSche-

nectady ne fut suivie d'aucun résultat. Les Huguenots cependant n'oubliaient pas la patrie; môme après la désillusion deRyswick, ils se berçaient d'un espoir de conserver quelques liens avec elle et 400 laïuilles émigrées en Caroline sollicittTent l'autorisation «le s'étaldir «laiis la Loui^ianf , <« avee la lil»erté de eoiiscience, » La réponse do pDutchartrain, que le roi ne les avait pas expulsés de ses états d'Europe pour les mettre à même de constituer une République sur ses terres d'Amérique, les décida à se consacrer tout entiers à la colonisation. — En 1710 trois mille réfugiés du Palatinatfurent transportés à New-York et en Pensylvanie aux frais de la reine Anne; en 1733 il vint quelques familles de la Suisse romande; en 1704 cent-trente-huit réformés fondaient la.YoMvl h- Bordeaux. L»^s iO,0(M) protestants étranjjer^ fixés «lans la Carolino on 1782 étaient, pour la majeure partie, d'iiritrine husiuennto. Aussi li'ur iullucnee y lut-elle ^^andc : ils avaiont coutriltué j\ la défense de Charlestown dans la «guerre de Sept- Ans; ils partieipèrent vaillamment à la guerre de rindépendancc, et des sept présidents du Congrès de Philadelphie, le premier de tous, Henri Laurens, et deux autres, Jay et Boudinot, sont descendants de Réfugiés. Leurs noms se retrouvent à tous les postes du danger et de l'honneur: les deux Laurens et Jay représentant les Etats-Unis aupr&s de Louis XVI, et on ne- saurait oublier non plus les familles des Bayard, Gervais, Marion, Manigault; les libéralités de ce dernier rivalisent avec relies des Ondron et M.azicq ^de Uhéi. C'est dans la (Caroline du Sud ([ue leur iiilluence agricole et industrielle s'est surtout manifestée: défricluMuent de terres, plantations de vignes, oliviers, mûriers, termes modèles; maisons de commerce, &briques de droguets, de toiles, de soieries. Si l'influence littéraire a été moindre, on doit pourtant constater les progrès de Tinstruction publique, et la fondation du plus ancien collège par un petit-fils des huguenots, Baudouin. A l'heure actuelle il y a des desrendants de Réfugiés dans tous Icsétatsdc l'Union, principalement dans le New-York, le Marylaud, la Virginie et les Camlines, quni(jue l'altération des noms empéclie parfois de reronnailrc l'origine. La seule Eglise qui ait conservé daus leur pureté primitive la liturgie calviniste et la langue française est celle do Cliarlestown.

Etat actuel. — Comme résumé de cette étude, après avoir reconnu la grande et salutaire influence exercée dans tous les pays protestants parles Réfugiés, et la place qu*y occupent encore leurs descendants, nous cniisfatons qu'il reste fort peu de leurs Eglises auxquelles il sera possible de célébrer proeiiainement le second jubilé de la Révocation. Sur les dix-sept églises dites \\allonnes de Hollande, deux seulement Ariiliem et ZwoUe, datent de la Révocation, quoique toutes lui doivent leurdéveloppenient et leur consolidation au dix-septième siècle. En Angleterre une des deux de Londres est, ainsi que celles de Gantcrbury et de Southampton, d origine wallonne. En Amérique, Nevi^York est conformiste et Cbarlestown conserve seule sa forme huguenote. En Suisse, Bàle représente le premier Refuge^ Berne^ Zurich, et Saint-Gall le second.

Dans toutes ces communautés, le culte se célèbre en français; il en est de même ù Coponhagup ;iin«;i que dans les églises datant du dtx-huitième ?i(Vlo. de Stockholm et de Saiiit-P<''tPrsbotir;„'. En Allcmapno, Francfort e\ lliinau du proiiiiorHefuj^e, Friedriclisdorf, Doriiholzhauson et H;uMlt nirir du second, sont restées entièrement françaises. Il y a culte mensuel, comme tradition du passé à Kmden. Berlin. Kojnigsberg, Dresde, Stutgard. Quinze églises en Prusse, Bayrcuth et Erlangen en Bavière, Walldorfel Rohrbach en Hesse, Leipzig en Saxe, Fridericia en Danemark ont gardé leur caractère etleur constitution spéciale et presque toutes leur appellation de françaises, mais en célébrant le culte en allemand. Lies colonies agricoles de la Hesse et du Wurtemberg sont demeurées calvinistes ou vaudoises d'esprit, quoique fusionnées pour la forme extérieure. Partout enliu c'est avec émotion et respect (jne l'on se souvient encore de ceux qui, selon les paroles de Calvin, ainjèrent mieux « être privés un petit temps du pays de leur naissance que d'être bannis à jamais de cet héritage injmortel auquel nous sonunes appelés. »

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