‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 131 sur 158 · L. DK Highemo.M · texte numérisé non relu

L. DK Highemo.M

lUMiLDf (Charles) naquit à Paris le 30 janvier 1661 ; son père, qui était maltre-coutclier, le fit recevoir maître de bonne heure. Mais un bénédictin de la maison des Blancs-Manteaux, ayant sans doute deviné ce que pourrait devenir le jeune RoUin, lui enseigna les premiers éléments du latin et lui obtint une bourse au moyen de laquelle celui-ci put faire se? humanités et sa philosophie au eoUèji^n do IMcssi^, sous la direction du pieux et savant Gobinet qui en t'tait alors priuripal. Rollin »''tuiiia ensuite la théologie, mais ne fut jamais (ju • clerc tonsuré; sa th<'oloiïie terminée, il professa succcssivcincnt dans Ks classes de seconde et de rhétorique. Nommé à la chaire d éloqueoceau Collège Royal, il futeniin promu à la haute distinction de recteur de Tuniversité. C'est dans cette charge qu'il ordonna que les élèves des diverses classes apprissent par cœur des passages de l'Ecriture-Sainte chaque jour. En 1699,11 devint coadjuteur du collège de Beauvais, mais la cour l'obligea de quitter cette fonction où il faisait pourtant beaucoup de bien, par ce seul motif qu'il tMait trop lié, disait-on, avec les partisans de Port-Royal et (ju'ii partairoait leurs opinions. Ola était vrai, mais le bon Rolliii, eutièrtnicnt Voué au bien de ses élèves et à l'œuvre de renseignement, n'était point un esprit inquiet, ni un homme de parti à redouter, on cùl pu le laisser & ses études ;-mai8, dans cette époque où les jésuites avaient la toute-puissance, il n'y avait de repos pour personne en dehors des idées reconnues de leur redoutable compagnie. Il se retira dès lors au (àubourg Saint-Jacques, et se consacra exclusivement à la composition des précieux ouvrages dont la lecture n'a cessé de charmer et d'instruire depuis, non seulement la jeunesse, mais les personnes de tout Age. Il mourut le li septembre 1741. à l'Age de (juatre-viugts ans. — Cet homme exeelicnl, d'un caractère doux et modeste, de m<eurs vertueuses et simiiles, fut le modèle des maîtres de l'enfance et de tous ceux qui ont charge de son éducation. Plein de cette piété qui fikit aimer la religion, il fut en même temps un des lettrés les plus illustres de son siècle. Son style, plein de charme et d*élégante simplicité, rendait agréable la lecture des préceptes

898 ROLUN — RŒHRICH

les plus sérieux. M. Noël, daos sa notice sur Rollin {Biogr. unh.) rapporte ee passage de Montesquieu concernant Rollin : « Un honncHe homme a par ses ouvrages d'histoire enchanté le public; c'est le rœur qui parle au cœur : on sent une secrète satisl.iction d'enlondre parler de Ui \^tu; c'est l'abeille de la France. » Nous i)référons ce jugement à celui du dictionnaire historique de Chaudon qui s'est arrogé le triste réle de dénigrer Uolliu, rôle dans lequel, resté seul, il n*a heureusement pas eu d'imitateurs. — Voidlaliste des ouvrages de Rollin : 4° Une éditioode (hit«/i7ien, Paris, 1715» 2 vol. in-12; 2» Traité de la manière enseigner et d^éiudier les belles-lettrea par rapport à C esprit et au cœur. Pans, 1726,1728 1730-31, t vol; in-12: noinlireuses éditions depuis ; 3'' //'stoire^ncienne des Egyptiens, des Carlhaginnis, des Assjp'iens, drs liabulimkns, des Mhdes et drs Perses, des Macédotiiens, des Grecs, Pans, l'730 et années suivantes. 12 vol. in-12 ; 1733 etann. suiv., 13 vol.in-12, cditi..u< sans nombre; V Histoire romaine depuis la fowhtwn de Bme iusQu'à la haïadle d:Actiwn, Paris. 1738, 9 vol. in-12; éditions sms noinbre- la mort empêcha Rollin d'achever cet ouvrage. Crévier, son disciple et son ami, le continua et le compléta, 1748, 1769, !6 vol. m-12; 5<» Opuscule», Paru, 1771, 2 vol. in-12; nouv. édit. précédée de la vie de Vautour, Paris, 1807,2 vol. in-8». L'abbé Tailhié a donné un Ahrp;rde Vhistoirc ancienne, et un Abrégr de Vliisfmre romaine, de Uullni. <iiacun de 5 volumes; deux travaux fcit bb n exécutés, livres (ju'on ne saurait se lasser de mettre entre les mains de la jeunesse et que toutes les maisons d'édiu-ation devraient I^iire largement entrer dans leurs distributions de prix, ce qui, soit dit en passant, vaudrait mieux que les insanités provenant de Tours, de Rouen ou de Limoges, dont une économie peu scrupuleuse inonde nos écoles. Kollin avait été membre associé de l'Académie des belles-lettres. A. Mallvallt.

RŒHRICH (Timothée-Guillaume), historien de la Réformât ion en .Vlsace. néon 1802 à Alt-Eckendorf (Bas-Rhin\ mort à Strasbourg eu ISGO. Elève du gymnase protestant et de la faculté de tliéologiede Strasbourg, il alla compléter ses études à (ioMlingue où le savant professeur Plauck lui inspira le p.ùl du I hisloire. Après un séjour à Genève, où il achewd* se familiariser av. c l étude desdocumentB^èlatifsàlaRéforme,ilvinteïe^

cer les f.mctiuns pastoralesà Fûrdenheim, modeste village situé à 3 lieues de la capitale derAlsace dont le voisinage permettait à Hnlatigablepiétoo d'utiliser les bibliothèques et les archives publiques. Dix ans plus lard (1837),ilfutnommépasteuràréglisedeSaint-Guill iun)edeSirasboiir-:.et

continua à mener de front le double et al)snrbant travail de lacure d àIue^ et des patientes recherches lustori(iues. Hœbricli était estimé de ttai>par labonlc. la droitun , la «loureur de son caractère, autant que par son zèle pastoral et son tal. nt dr n;irraleur prube et consciencieux. Lesouvra.'es (lu'il a laissés sont: { • Histoire de la réformai en Altaceet par h ruhè renient à Strasbourg, 1830-1832,3 vol.; 2* ^oMw ZeW, Strasbourg, 1850 ; 3» Mélanges tirés de V histoire d» CE gliseévangéliqu^ (T Alsace 1855, 3 vol.; 4* Histoire d^ V Eglise de Saint-fluillaume à Strasbourg 1836, ainsi qu'un grand nombre d'articles dans la Zeitsrhrift fur histw-, Theol., dans le Strassburger protest. Kirchen-u.Schuiblultàm

RŒUIUCH — ROSET

\nStras9b, Theol. Beitrœge, dans 1p Evangel. Kalenderàe Piper, qui ont été m partie recueillis dans les Mélanges. H. E. Reuss a publié UDe notice biographique de Uœhrich et le catalogue complet de ses ouvrages dans la Denhrhr. der theol. Geselkch. zu Strassb., léna, IV.

ROSET (Michel), célèbre mairistrat genevois, ami dévoué de Calvin dont il partageait toutes les vues, mérite surtout notre attention comme auteur do Chroniques souvt-nt consultées. Il naquit à Genève h» 15 juin 1534 et y mourut le io août 1613. Son portrait se trouve à la salle Lullin de la Bibl. pub. de cette ville, avec ces vers composés par un de ses descen^ èuits :

Dix fois huit le soleil l'a fait revoir sa course. Dix fols six le Sénat honora ton séjour. Dix et quatre tn fus son consul li ton tour. IMx fois bénit, beny les ruisseaux de ta source.

Procureur gént^ral on 1554, membre du conseil de? Doux Cents en 1555, conseiller d'Etat en lo.'')6, syndic en 1560, il ne rencontra guère d'oppofilion à l'intérieur, quand il arriva au pouvoir : le parti des Libertins éUil anéanti. Mais pour ce qui regarda les relations extérieures, les difficultés étaient grandes, les périls imminents. La politique de Genève devait être naturellement de se rapprocher de la Suisse et de tenir à distance le duc de Savoie. Or les cantons helvétiques, on particulier le plus puissant de tous, celui de Berne, n'étaient ni bien disposés ni bien gracieux à Tégard de la petite république; et le duc, toujours aux aguets, se flattait de reconquérir d'une manière ou d'une autre la cité dont il avait été dépossédé depuis 4536 et qui était lo plus brillant joyau de sa f^ouronne. Michel Roset conjura ce double danger. Grâce à sa science de légiste, à son génie diplomatique et à une porsévéranre quo rion ne lassa, il dirigea d'une main sûre lo vaisseau do l'Etat au milieu des plus redoutables écueils et le préserva do la destruction. Ainsi, avant la (in de l'année 1557, il obtint un ronouveileuient du traité d'alliance avec Berne, traité qui était expiré depuis le commencement de 1556. En loTU, il obtint le pacte de Soleure, en vertu duquel la protection de ce canton et de celui de Berne était assurée à Genève, jointe aux subsides du roi de France. En 1584, il jeta les bases du traité de cobibourgeoisie grâce auquel Zurich s'associa à tous les engageinents de Berne à Tégard de la ville de Calvin. Pendant près d'un demi-siècle, il fut l'âme de toutes les négociations délicates et importantes qui réclamaient une intelligence supérieure- et un dévouement absolu. On ne compte pas moins de cent trente missions qui furent confiées h son patriotisn^e. Le duc de Savoie, qui connaissait mieux que personne la valeur excoptionuelle do notre magistrat, se méprit étrangement sur son caractère; il cberclia à le gagner à ses intérêts en lui offrant une riche récompense par lo secrétaire du comte de Montmayeur. Mais Roset répondit au tentateur « (ju'il prenait à* grand déplaisir de pareils propos, car il aimerait mieux avoir perdu ce qn*il a que de prêter 1 oreille à ces insinuations, et entendait rendre toujours le debvoir qu'il a à la ville. » Il couronna dignement sa carrière diplomatique en 1603, quand, huit mois après YEtealade, il arracha

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