ROSET
enfin à rennemi s»'rulaire de sa patrie le traité de Saint-Julien qui assura rindépcudance de Genève, et mit d(^sormais la cité à l'abri des attaques ouvertes, sinon des intrigues et des complots de la Savoie. — Aux lauriers de l'homme d'Eliït Michel Roset voulut joindre les palmes de l'historieD. Le i juin 1562, il fut en mesure de présenter au Conseil le ma- Duscrit de ses Chroniques ou iommaires de ce qui se trouve de plus remarquabie dans VEttU de la république de Genève^ et de VEglise qui jf est recueillie y jusques à Cannée dont une copie est à laBibl. publ. de Genève, in- i<' de 325 pages, sans compter ï Indice des matières qui va de la pagi' .'J2G à la page 389. Les chapitres sont très courts; ce sont plutôt (les iiaragraphes. Il y a six livres. Lo premier va depuis rorigine <le Genève jusqu'à la mort de Pierre do iSavoïc, évéque, en 1523; 108 chapitres. Le second livre va de l'entrée de Pierre de La Baume, successeur de Pierre de Savoie, jusqu'au mois de septembre 1532; G7 chapitres. Le troisième livre va de 4532, arrivée de Farel et de Saulnier, jusqu'au mois d*août 1536; 70 chapitres. Le quatrième livre va de 1536, arrivée de Calvin, à 1545 ; 75 chapitres. Le cinquième livre va jusqu'après le 16 mai 1555, à l'écrasement du parti des Libertins; mais ce dernier mot ne se rencontre pas dans le texte; il y a celui de <« débauchés » le plus souvent, ou : « cette bande » ; le njot de Libertins ne se trouve que dans Ylndici' des înatières; ce livre à 71 chapitres. Enfin, le dernier livre en a 75 ; il va jusqu'à l'année 15G2. Le Conseil accueillit avec faveur l'Iioinmage de ce manuscrit; il pria l auieur de continuer. Et « pour ce que tel recueil, dit le protocole du jour, n'a esté fait sans grande pciae et labeur et qu'on sçait qu'il a longtemps vacqué aprèz, mesme jourset nuits, pour en venir à. bout, il est ordonné pour le présent qu'il lui soit remis io escus pistolets, combien qu'il mériteroit d'estre plus largement récompensé, et quand l'occasion se présentera, messeigneurs* en auront mémoire, et qu'il soit loisible aux seigneurs de céans de faire des copies dece livre. » L'auteur attendait sans doute une plus grande récompense, car le lendemain il e.xposc au Cons-'il qu'il vient d'ac{|u»'rir une petite pièce de* terrain dans le mandement de Peney, qui se trouve chargée de quelque redevance, et qu'il lui serait bien agréable d'être affranchi de cette redevance. Mais le Conseil n'agréa point cette demande; seulement, pour dédommager l'auteur de ce refus, il fut décidé que son ffistoire se lirait en séance « afHn que chascun soytinfurmé du contenu d'icelle pour l'advenir. » Le mois suivant, un imprimeur, Artus Cthamin, demanda l'autorisation de l'aire imprimer ces Chroniques ; mais ce projet n'eut pa> de suite, j)tii-que l'uiuvre de Rnsct est encore inédite. Bonivard a été plus heureux : ses C hron 'iqursdc CrPuève, coinmeiu écs en lo40avec l'approbation et les encouragitments du Conseil, et continuées en 1549 avec la collaboration de Froment, ont été publiées de uos jours. Le style de Roset n'a pas le relief, le brillant, l'imprévu de Tez-prieur de Saint-Victor. Itfais il est de la bonne école : sobre et sérieux. Son exposition est claire et sans ornement. Tous les historiens de la réforme genevoise ont'puisé largement dans cet ouvrage ; mais il faut contrôler son jugement quand il parle des adversaires de Calvin, car il les regarde généralement comme des ennemis de Dieu et de r£vangUe. Ën outre, il est incomplet, il tait