‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 133 sur 158 · ROSET · texte numérisé non relu

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des choses qu'il avait intérêt à cacher. Son « épitre dt^dicatoire aux magnifiques et très honorés seigneurs, sindics et conseil de lu ville de Genève, » donne une juste idée de sa tendance et de s& manière d'écrire, t Dieu, dit-il, a foit en ces derniers tems, comme par les siècles passés, des choses grandes pour la restauration de la vérité, par des moyens de nulle apparence au jugement du genre humain : il s'est montré merveil'^ leux envers les petits du monde contre les puissances d'icelui en manifestant la délibération de son conseil éternel, comme les choses qu'il a déployées envers votre citi^, à la confnsiop de vos adversaires etàTavan* cernent de so)i saint évangiio, lo t»''nioigncnt suffisamment. Or je sais bien que c'est de la bonté divine que vous tenez et reconnoissés tout votre bien; confossans assez votre politesse et pauvreté, avec l'ingratitude qui repoussoit de vous tous ces bénéfices. Or plusieurs mal afTectionnés se donnent licence d'en détracter et de s'en laver la gorge à plaisir pour la rendre odieuse envers ceux qui en sont mal informés, comme si elle était la mère de tous les maux, troubles, excès et injustices^ afin de dif- ISuner la doctrine qui y fleurit. Il est aussi quelquefois arrivé que ceux gui avaient vu les jugemens de Dieu sur leurs prédécesseurs à &ute de ' les remémorer sont trébuchés aux mêmes crimes, comme Ton est trop enclin à oublier ce dont Dieu mérite louange perpétuelle et qui doit profiter à salut. Voilà pourquoi, mes très honorés seigneurs, je vous ai quelquefois représenté lo désir que j'avois de vous offrir un recueil des faits de vos prédécesseurs qui put aussi servir d'instruction à vos suca'sseiirs, alin de leur faire voir qu'W faut toujours s'attendre à relui (jui a établi tous les Etats. Moi-môme, di^s mon jeune âge, j'étois fort att^Mitif après ceux auxquels vous en avez donné la commission. Mais passant l'une de mes années après l'autre, j'ai tâché d'être informé du discours de l'histoire de votre République, tant par d'autres recueils fkîts depuis certaines années, comme par les écrits de feu mon père, votre secrétaire, aussi parce que je me suis trouvé quelquefois aux.endroits qui requièrent telles notices. Et afin que ce bien ne demeurât à moi seul, mais que quelques autres en eussent leur part aussi, j*ai sommairement compris le contenu de ce livre pour vous le présenter, non pas avec Tornement et le langage que telles histoires requierrent, me confiant en ce que vous connoitrez ma portée, et m'assurant que vous vous contenterez de ma simplicité, jusqu'à ce que bientôt, Dieu aidant, sortira quelques bourgeons des fruits de votre nouvelle écolo, qui, en croissant, se rendent grands en bonté qui lui plaira y ajouter ci-aprcs avec les prndens, le traitera selon sa dignité. Pour le. moins, je me suis efforcé d'être véritable, craignant de polluer à mon escient par mensonges ou flatteries les &its de Dieu si signalés et si saints, persuadé de la fin et issue du profit que l'on a accoutumé de chercher par tels moyens. C'est donc mon but et désir que la vérité des mémoires des afflictions, troubles et extrémités, des délivrances, jugemens et vengeances notables que Dieu a prises de Vos ennemis, vous éjouisse et recrée, comme ceux qui, après de grandes agitations, louent Dieu regardant de terre ferme les Ilots de la mer et sa tourmente impétueuse, et que nos enfans et successeurs ayent toujours un plus grand sujet de s'accourager au service et hon-

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neur de Dieu, leur défenseur, et celui de la république leur patrie, et de la liberté ; espérant toujours en sa vertu, que vos amis <Ktii sont «s bien aimés, soyent participans du même plaisir, et de Toccasion de célébrer la loi de Dieu, comme ils ont sans doute eu compassion de m csli* mités. Que doQC les vains de ce monde et les moqueurs de la dinnité sainte soyent confus avec leur orgueilleuse malice, et qu*au contraire les humbles et dociles Foyent édifiés et consob'^s par l'exemple qu'il leur a donné de sa puis^aiil*^ bonté, confondant Irs choses fortes par les faibles, les tenant à l'abri de sa gnlce contre les orages du monde, mukmens et secousses des hautes montagnes. Et puisque Dieu a voulu hausser ce qui étoit infirme et si bus par des œuvres tant excellentes ft par des jugemenssi célèbres et exquis, par bontés inépuisables et imuienfHa de prix, on puisse voir au net par quels moyens, fa<,ons cl nianièrei. ayant établi et préparé en conseil immuable et éternel les choses peu à peu il a fait voir àTosil Tétonnement du monde en la consemtioode votre noble Etat. Yoilà, mes très honorés seigneurs, tout ce que j'avoii à vous dire pour eiorde à ce labeur, lequel je vous présente en rèfinDee due et gage de mon devoir, priant le souverain, l'éternel Dieu tout ptiir sant et tout bon, qu'il accroisse de mieux en mieux le soin et k protection qu'il a de cet État dès un si long tems, vous tenant sous son aille pt sauvegardé, et vous fasse prospérer de bien en mieux, establissant et airennissaiil cet Ktal, vous comblant et |;ardant par son saint Esprit. m? ih'iia n'av>i))s fort»' ///ace ni château que sa (farde. Que le sceptre de li i justice ileurissc entre vos mains, et qu'il accroisse de jour en jour If? | grâces de son saint Esprit, en vos pasteurs et docteurs, qu'il adonnésà sou Eglise, sur laquelle il. les establis avec vous, faisant retentir safoix et flamboyer son zèle et son amour en nos cœurs et par toute la tem, afin que le règne de notre chef et capitaine bien aimé et fidèle Jèsos- Ghrist, soit réclamé parTéteudue de l*univers, la joye de sesaaintset eleus et la totale abolition de Tante-christ et de ses supots. C e»! le a>uhaitde votre plus humble serviteur. Michel Rozet. Genève, l**^ juin 156i ^ — Voyez les histoires spéciales de Genève^ notamment Amédéc B^f^' t. YI, p. i>85-289; Galerie Suisse, Lausanne, 1873, t. I, p. 'iS.r'j'.H.irt. d'Amédée Hoget; Senebier, Hist, Uu, de Qenève, t. II. p. 'M\ U).

Ch. Dahdier.

RUGE (Arnold), un des chefs de l'école radicale en AlleInagn^ oé i Bergen, dan? l'île de Riigen, en 1802, mort à Brighton en 1880. 0 fit ses études à léna, à Halle et à lleidelbcrg, entra dans le Jùnglinpbund, qui aspirait à réaliser Tidéal d*une patrie puissante, une et Ulse, passa cinq ans en prison, comme agitateur démagogique, empioyi ^ temps à de nombreuses lectures, puis s*établit à Halle, où il proftssa pendant quelque temps la philosophie (1830). Il avait été séduit par le système de Hegel, mais ne tarda pas, grâce à sa nature révolutionnaire, à se séparer de lui et jnéme à en faire l'objet de ses plus violentes iti-i'iue?. Ruge chercha à populariser ses vues dans une foule d'écrits, tiisimirut? par la clarté et l'élégance du style, traités d'esthétique, rnniaii? pfid"sophiques, discours et articles de poléniiqu» . et surtout dans uik" Rc^Tit qu il publia de concert avec son ami Théodore Echtermeyer, sousieUtre

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êLÂmiala de Balle pour Vart et pour la «etence (1838-1842). Il déploya dans cette revue, qui devait unir la popularité et Tintérét de la variété à la profondeur scientifique, un zèle in&tigable et un enthousiasme toujours croissant, au prix de grands sacrifices personnels. i{uge s'appliquait à trouver la vraip forme de la science libre et à faire do ses ,î/jmles la forleresso où les (It'fcnsours de réinancipation de l'esprit seraient toujours sûrs <le trouver des .irmes et un abri. — Dans cette Revue, la philosopliir allemande moderne reconnut qu'elle n'était qu'un ren(tuvellement du vieux rationalisme, avec un contenu plus riche, [tarée qu'elle avait compris et vaincu la superstition, que le siècle de la Auf' Uxrung s'était borné à nier. Lea anciens hégéliens avaient abandonné à ridée le soin de se réaliser peu à peu dans l'histoire. L'idéal est réel, disaient-ils, car il est en voie de devenir. Chaque étape, chaque échelon de l'histoire est un progrès, car il est le résultat nécessaire et inévitable des échelons précédents. Cette pensée satisfit et réjouit pendant quelque temps les esprits, jusqu'à ce que Ton conçût cette autre pensée, proche parente de la précédente, que chaque échelon en suppose un suivant (jui le rend inutile; il est donc nuisible, s'il prétend ôtreijuelque chose pour lui-même. Tandis que lesancieus lié^iéliens soutenaient le droit de tout ce qui existe, les nouveaux établirent sou tort. Ils étaient, de plus, persuadés qu'il suffisait de proclamer la véritable idée de l'Etat et de l E^jrlise pour la réaliser tout aussitôt. Uugc dirigea sa polémique contre toutes les velléités romantiques et conservatrices de son temps en matière littéraire, politique et religieuse. H avait d'abord pris parti pour la Prusse et le protestantisme, les opposant à la réaction absolutiste et catholique, q ui avait son principal foyer en Autriche; mais sa Revue ayant été interdite successivemeht à Berlin et à Dresde, il se réfugia à Paris et à Londres, puis en Suisse, et arbora le drapeau du cosmopolitisme humanitaire, procla» mant l'union des peuples sur le terrain de la démocratie. — Nous ne suivrons pas notre auteur dans ses nombreuses pérégrinations politiques et littéraires; il nous sut'tira, pour faire connaître sou point de vue, de résumer le curieux ouvraj^'C intitulé Discours sur lu ri'(i;/i(>/i, s<in origine et sa (Ifkudi'uce {ÏH&J). Wu^c trouve l'origine de la religion dans une contemplation fantastique de la nature. Des poètes l'ont créée et des prêtres rusés l'ont traduite en prose sèche, en spéculant sur la superstition du peuple. Le christianisme, avec ses principes ascétiques qui poursuivent l'anéantissement de Thomme par lui-même, n'est qu'une nouvelle édition du bouddhisme. Le religion chrétienne repose, elle aussi, sur une fiction poétique de la nature, quoique le Nouveau Testament, prosaïque de sa nature, se li\Te à des spéculations théologiques en empruntantce qui lui reste de force poétique à l'Ancien Testament. Le mythe de Jésus-Christ figure la lutte physique de Tété avec l'hiver, de la lumière avec les ténèbres; car lenfant Jésus naît lors(jue les j<mrs recommencent à croître, et à Pjltjues la nature se réveille de son sommeil. Si Jésus-Christ a jamais vécu, on peut <lire <iu'il a tenté ce (jue n'ont pu faire les (Irecs eux-mêmes, de concevoir la religion sous la lormede rhumanisnif. .Mais le « Ûieu-bomme » des chrétiens est une caiicature de l'humanité, et par son ascension il nous ramène à la nature impminnelle. La tâche de la

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