‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 134 sur 158 · RUGE - SAINT-BARTHÉLEMY · texte numérisé non relu

RUGE - SAINT-BARTHÉLEMY

science est de détruire ces conceptions fantastiques et de réaliser l'idée purement humaine de la reli|,^ion, c'est-à-dire rathéisme. La véritable incarnation de Dieu dans riiuinanité, c'est dans l'histuire iju'il faut la clicrclier. La pLiiusopbie comprend Tesseoce de Dieu eu muiitraul «{u'il n*e8t qu'une vaine conception de llmagination. L*ètre suprême est rhomme pensant; le bien. suprême est l'Etat libre, mais pour le fonder il faut beaucoup de travail et beaucoup d'arg;^ent. Le salut de rbumanité est dans la prospérité matérielle. Pour cela, il faut rompre avec la dangereuse superstition d'un état de chute ou de péché, qui entrave le dé vcloppement hunuiin et discrédite le travail. Plus de crainte et plus il*' consolations divines! Il n'y a point d'autre consolation qu»- celle que l'honnue se donne lui-mônie par ses paratonnerres et ses niacliines à vapeur. Au lieu de se bercer de contes chimériques sur la vielulure.il \aut . mieux s'en tenir à la certitude consolante qu'avec la mort tout estbeureusement et définitivement fini. Que la vérité remplace en toutes choses la légende, et la culture le culte I Mais l'bumanité n'est pas près d'atteindre ce but. L'imagination, non encore réglée par la raison et la science*, n'a presque rien perdu de sa puissance. Le monde fantastique des légendes doinine les nations avec ses conceptions puériles. Le royaunu^ de la ïUperstili'in a une force prodigieuse de vie; la reli^non, même dans son état «le (lissidution et d'anarchie, pénètre encore l'esprit des peuples cl les gouverne. — Il n'est pas inutile d'ajouter qu'à linghlou, où le révolutionnaire de l'assemblée de Francfort de 1848 s*était réfugié, il se convertit, comme iant d'autres de ses confrères en radicalisme, à U politique de M. de Bismarck, et qu'en 1870, courtisan du succès et admirateur enthousiaste de la force qui prime le droit, il applaudit à l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine. Aussi le Reichsta<; vota-t-il en faveur de l'ancien conspirateur uue rente annuelle qui lui a été s^^rvie jusqu'à sa mort. F. LlcuTENBcatiEB.

SAINT -BARTHELEMY (La). Au moment où fut écrit l'article couteau dans le tome II de ce livre (page 94), la question de la préméditation ds la Saini-Barthélemy était très controversée. H. B. Arnaud avait adopté l'opinion <iui paraissait alors la plus vraisemblable et qui avait été sontenue avec talent par plusieurs critiques et notamment, pour ne psiler que de la France, par M. M. Boutaric {Bibl'mtheque de V Ecole des Chartes^ 1802), Maury [Journal des Savants^ 1871), Loiseleur (journal le Temps, 1 août 187.3), etc. Plus récemment, dans In Saint-Bnil/iilei/ty et la critique moderne, publiée en 1871), M. H. Bordier, avait vigoureusement battu cette opinion en brèche. Par des citations

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nombreuses et bien groupées, il montre clairement que, dès 1565,

Gatheriuc de Médicis avait arrêté dans son esprit, sinon le mass&cre général de tous les protestants, du moins la mort de cinq ou six des principaux thofs du parti. La publication que M. Combes vient de faire de quehjiies lettres tir«»es des archives de Simancas apporte une confinnatioii décisive à la thèse de M. liordier [L\'nlreruf <lr fhnjonne en 15G5, chez Fischbacher, C'est bien dans cette célèbre entre-

vue que fut adopté le projet de marteler [martillar] les hérétiques. On devait même frapper leurs amis, les modérés ou politiques, comme on les nomma plus tard. Cela fut décidé entre Catherine, accompagnée de Montluc, de Montpensier et du cardinal de Bourbon, et la reine Elisabeth, sa fille, femme de Philippe II, qu'entouraient le duc d*Albe, ÏVancès d'Alava, très avant dans la fiiTeur et la confiance de son maître, et quelques autres fanatiques aussi peu avares du sang de leurs semblables. Charles IX, trop jeune alors, n*est pas mis dans le secret. Il faut d'ailleurs attendre l'occasion, et le plan ne sera dévoilé au roi que quand le temps de l'exécution sera proche. Ainsi, dessein bien arrêté, dès ioG5, de frapper les hérétiijues, attente patiente du moment favorable, longue préparation de l'exécution, secret bien {.^ardé, même envers le roi, voilà ce qui ressort, avec la plus complète évidenc(>, des derniers travaux et des derniers documents publiés. Ou peut dire avec M. Combes : « La vérité est faite, et il n'y aura plus à. y revenir. » Mais quand il dit que « la religion n'a rien à voir dans les fautes des hommes, » et pariait vouloir, par là, disculper le catholicisme de cet horrible forfait, il est impossible d'admettre sa conclusion. Les lettres mêmes qu'il met au jour et toutes les dépêches et publications de l'époque de l'événement sont là pour la démentir. — L'énumération de tous ces documents et de tout ce qui a été écrit sur le sujet, c'est-à-dire une bibliographie complète de la Saint-Barthélemy serait impossible à donner dans un livre comme celuici; mais, outre les ouvrages cités plus haut et dans l'article du tome II, on peut indi<juer comme utiles à consulter : .Vdriani, hloria de suoi tempi, ioS'i ; Arc/n'cfsdi' Honi' [Fraukrcic/t Uuc/i); d'Aubigné. Ilist, universelle] Badiet, La Jjijjlumalie vénitienne; Vor der Barlholomxusnacht, de H. Baumgarten, lB8i ; Belleforest, Les Grandes Annales de France, 1579 ; Bonanni, Nmnitmata Fontificum, 1696 ;

Bulletin de la Soc, de VHUt, du Protestantime français, passim dans tous les volumes; Caiendarof State papers^ foreign série*, 1874-76; Garo, Hist. de Meauxy 1865; Caveyrac, Apologie de Louis XIV ^ etc., 1758; Catena, Vita del (jlor. papa Pio \\ 1586; Correspondance diplomalique de B. de Solignac de la Mothe-Fcnclon ; Correspondance de Charles IX et de Mandeloty gouv. de Lyon ; Jos. de Croze, Les Guise, les Valois et Philippe II, 1866; Davila, Ilist. des Guerres civiles de France, 1756; Aiiel Desjardins, C/iarks /.V, 1873; Le môme, iV^^/oe/ations avec la 2'osrane\ Di^ties, llic rouipltel ambassador, etc., 1655; Diiiulb, JJa bello fjalllat, 158i; Favier, Figure et exposition des médailles de la conspiration des rebelles, 1572; Fornerou, I/ist. de Phi- • lippe //, 1881 ; Gachard, Correspondance de Philippe II, 1848 ; lo même, La Biblioth, nat, à Paris, t. II, 1877: Gar, La Si raye di San

SAINT-BAIVrHÉLtMV — SAINTE-FOY

Bartolomeo, 1870; GiO\M\oïiy L'inquisition et laSaint-Barthélemy, 1846; Papiers du cnrd. de Granvelle \ Groeti van Prinsterer, Archiver ou corresp. incd. de la maison d^ Orange-Nassau, 1H3H; Cl. Haton, Mémoires; Ant. de Ilerrora, //ist. fjeueral del mundo, IGOl ; Uolzwarth, La Saml' Barthélémy, Irad. do 1 allemami, 1873 ; Hotman de Villiers, Vie de Co" i6i3; Imberdes, Guerrei religieutes en Auvergne, 1846; Juste, ffùt. de la révolution de» Pa^fs^Bat tout Philippe II, 3* part, 1883; La Huguerie, Mémoiret; La Popelinière, Hist. de France, 1S81 ; Leber, Collée, de dissertationt relatwet â Vhi'st. de France (t. 18); Leforlier, La Saint-Barthélémy et les guerres de religion en France, 1879; L'Estnilo, Journal ; Li'Itres du carit. d'Ossat; Th. v. Li<'l)Pnau. Lnzfrniiche lierichte i'djcr die BaatholDini'ntsnucht (.inzrir/er fur Sr/iii-fiz-G''S'h.y noue Folgo , 1876; Mss. de Hétliiuif ; Mss. Golliert; Mss. Dupuy. \2H, 755 ; Ms6. Foiilanieu, 320, 33i à 338, 545, 5Ui); Mss. deSaïut-lieruiaJudei-Préa; lias, de labiblioth. de l'Arsenal ft-aDÇ. 170; Mss. de la biblioth. Masarine; Mss. Leber (biblioth. de Rouen), etc.; Mackintosh» IfitL d'Angleterre; P. Matthieu, iTà/. de France, 1631; Vieomtede Meaux, Les Luttes religieuses en France, 1879; Mémoires de l'Etal de France tous Charlet IX, 1576; \\. de Mcii loça, Commentaires sur les événements de la guerre des Pays-Bas. t. I, !860 ; Miroir (h l'itf/rnnnie cspn;pi(>le. oie, 1620; Mùllcr-Fraiit'nstrin, Zur \ 'orgesehtchte der Itar' tholoiii.rusnacht . ffist.-A'rit. Studie,de 11. Wuttke, 1879 ; Kt. PastjuitT. Les guerres aiTivees pendant les tnniblrs, etc., 1619; P.-D. Paumier, Za Samt'BartAélemy en Normandie, 1858; Petitot, Collecl. du mi' moiret, etc., t. 20, 23, 26, 33, 34, 35, 37, 44; de Polenz, Getehicktedet franxcetitcAen Calmnitmut; Ranke, Hitt, du XIX* tièele; Relaiûmi degR nmbasciatorl roneti nel secolo XVi\ Revue des guettions histonques. 1. 1, XX Vil, IUlYUI; Bévue historique, t. XV; Tomaseo. Relations des ambassndftirs vénitirns ; La Saint-Barthélfmy durant le ai-nat df }'enise, 1872; J. de Sern s, /(et . des choses mémorables, t ic, 1599; Siiu'illfy, IJi&t. oj thr ri'fnrrned rrlifjion in France, 1832: Soldan, l'rankrric/t und die Bartholomiieus-]S'acht , 1855; Sully, Mémoires; Surius, Jlist. des chijses mémorables^ etc., 1573; Tainizey deLarroque, Lettres inédites de Fr, ife.A<Mi»//e<, i865; Theiner, AnnaUt benedietini; deThou, HitL wmvertelle; Vaissette, ffitt, du Languedoc; Varillas, ffitt. de Charlet tX, 18G3: Villeroy, Mémoiret <r£'/a/; Wachler. Die Pariser Blutkodàeit, 1828; H. White, The moêtaere of S, Bortholometv, 1868.

W. Martin.

SAINTE-FOY. — Deii.x villes de l'Aquitaine , assez vuisint^'s l'une de l'autre, prirent autrefois le nom d'um: jeune ehrétienne <|ui. dans les premiers siôcles du christiani.snie, scella de son sang ses croyances religieuses. Les reliques de sainte Foy , authentiques ou non, furent conservées à Agen jn <iu'att neuvième siède. Les invasions des Normands forcèrent alors les fidèles à transporter dans le monastère de Cionqueseo Houergue les précieux restes de la vierge chrétienne. Des deux villes de Sainte-Foy , l'une et l'autre comprises aujourd'hui dans le département de la Gironde, n lle dont il s'agit est Sainte-Foy-la-Grande. qui, du onzième au quatorzième siècle, faisait partie de Tarcbidiaconé de lléxaume

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ou Vésalme {arehidiaeanatus' VeztUmennt), EUe est située sur la Dordogne, à 38 kilomètres S.-E. de Liboume. <— Avant 1317 , le diocèsed'Âgen s'étendait sur les deui rires de la Garonne et contenait cinq archi-

diaconés , dont trois sur la rive droite , y compris celui de Bézaume, e^ deux sur la live gauche qui en furent distraits à cette époque pour former le nouveau diocèse de Condom. Les plus anciens pouillés du diocèse d'Afjron parlent d'un prieuré qui existait alorsàSainfe-Foy (prîor.Sa/'c/a? Fidis Dorfbmhv). — Devenue place forte, mais (ruii ran^^ iiifiTicur , la villp passe en lloi avec le reste do l'A^reiiais sous la doiiiiiialion anglaise, par le mariage d Alithior de Guyenne avec Henri Plaiilaj^enet. — Le 24 mai 1289, Edouard I'"' donne au curé de Sainte-Foy le pouvoir . d'acquérir par achat, donation ou autrement une maison convenable dans ladite ville et un jardin dans son territoire, n est autorisé à en iaire don à l'église du lien pour servir de presbytère à ses successeurs. — Pendant la lutte séculaire qui tsA la suite du divorce et du second mariage d'Aliénor, Sainte-Foy subit les vicissitudes delà guerre. Dans la trêve signée le 19 mai 1383 entre le roi d'Angleterre et le sire d'Albret» on la désigne déjà sous le nom de Senta-Fé-la-Gran, pour la distinguer de Sainte-Foy-la-Longue. — En 1433, les Anglais ayant perdu la bataille de Gastillon, Sainte-Fov, coninie le reste de la Guvenne, rentre sous la ddiiiination française. Soixante-dix ans plus tard apparaissent dans cette province les sytii])ti»iiies de la Réformation. Cependant parmi les villes du Sud-Ouest (jui furent des premières à recevoir l'Evangile ne figure pas tout d'abord le nom de Sainte-Foy. Ce n'est guère qu'en 1538 qu'on le rencontre pour la première fois. — Un instituteur , Âymon de La Voye, est désigné comme hérétique ; on le presse de se dérober par la faite à des poursuites imminentes. Il refuse courageusement, continue le cours do ses prédications et se laisse arrêter. Conduit à Bordeaux , il comparait devant le parlement de cette ville qui le condamne au bûcher. Il meurt courageusement. — Le 17 juin 154^, en vertu d'un arrêt de la môme cour, trois luthériens de Sainte-Fov, heureusement contumax , sont frappés de la même peine, Giron Cartier, sa sœur Jehan ne et .Fran- . c )is La Johannie. T/arr(H porte que le premier, plus couji.ilde sans doute, sera brûlé n petit feu. — En I5'i5, Sainte-Foy, plus avancée dans la connaissance de l'Ecriture sainte (jue les autres villes riveraines de la Dordogne , s'occupe déjà d'évangéliser les cités voisines, Bergerac entre autres, située sur la rive droite du fleuve et dontquatre lieues la séparent à peine. Trois prédicateurs envoyés de Sainte-Foy y viennent prendre la parole et, dans une série d'allocutions véhémentes, mettent â nu les superstitions de l'Eglise romaine. Le mal prend en peu de temps des proportions si inquiétantes que le bailli de Bergerac croit devoir provoquer une assemblée du Conseil de ville et avertir en toute hâte le parle^ ment de Bordeaux (novembre 1545). — Uïi grand noiTiliro d'arrestations et d'exécutions s'ensuivirent dans les deux localités. Au mois de janvier 15'i7. le lieutenant du jusre de Sainte-Foy et le substitut du procureur du roi sont mandés à Bordeaux, et niomeiitanémcnt incarcérés dans les prisons de la conciergerie. Le premier président, Delage, leur reproche de laisser molester les calholi((ues, à ce poiut que ceux-ci n'osaient plus

SAIINTE-FOY

qa*en cachette suivre les pratiques de leur religion. Depuis quelques ' années, en effet, les cérémonios de la Toussaint avaient été supprimées comme pratiques idolAtres. Les femmes n'osaient plus entendre la mc<s$e qu'au couvent des f^.ordeliors et se voyaient oblig^<''(»s, pour traverser leç rues, de rallier sous leurs jupes les cier^res qu'elles destinaient aux offrandes. Kiifiu , aux enterreinents . on iw j)nrt.ii( plus «■ ni < haiiile!les ni croix. » — Après la mort de Frau« ôis ^'^ les pcr^t'culions reilitiiMt-nf. En vertu de riulAiiK' t'dit de Clialfauliriand (27 juin 1550), de< m illu'^iireux sont arrêtés et ccudaiiuiés j)our des propos tenus cinq ans auparavant; quelques-uns d'entre eux n'appartenaient même pas à la Réforme, c*étaient des libres penseurs qui s'étaient permis de rire dessuperstitioiis romaines. — Affolés par les persécutions, les calvinistes coaimencent à • 8*armer individuellement (1531); en mars 1352, les religionnaires de Sainte-Foy tiennent leur première assemblée en armes. — Le 23 octobre 1553, le parlement de Guyenne enregistre des lettres- patentes du roi dans lesquelles la ville de Sainte-Foy est spécialement désignée par la cour de Rome conmic un foyer d'h«''résie et de propa grande religieuse. — Kn 15o'J, sous Krant-ois 11 et mal}j:ré ks efCorts des Guise, la Ri^forniation scinMc vicloiicuse ; dans toute la vallée de la Dordnguo se ti»'nnent ouverteiiii iit des réunions relij5Meuses qui attirent souvent un millier d'auditeurs. Sous Charles IX, M. de Uurie, gouverneur de Guyeniit\ l-"'? ayant interdites à Bordeaux » ce fut un gentilhomme de Saiute-Foy, Géraud de Laugalerie , avocat au parlement, qui, de sa voix éloquente, prit courageusement la défense des calvinistes. A. la même époque, un nommé Bichon , surnommé Peyrot lou Mau, dans le langage du pays, délivrait à Sainte-Foy Tun de ses coreligionnaires en forçant les portes de sa prison. En 1561 , la reine-mère ayant écrit aux provinces pour savoir de quelles forces militaires elles pouvaient disposer pour le service du roi, les réformés de la haute et basse Guyenne et ceux du Limousiii en profitèrent pour tenir à Sainte-Foy une assemblée provhichih. 11 y fut décidé qu'on élirait deux ehefs généraux appelés prr,trrtf-ur<i pour!» ressort des parlements de Bordeaux et de Toulouse, chaque proviiitv composée d'un certain nombre de colloques ayant chacun son chef uu co/oii' /. Chacun de ces oITiciers devait avoir sous ses ordres les eajiitaiiios des éj^hsi s ; mais ceux-ci ne pouvaient liea faire ni dresser sans l'ordre du colonel, ni les colonels sans l'aveu et mandement du cbefdeli province, « le tout pour conduire vers Sa Majesté les forces des églises, si besoin estoit , et cependant aussi pour esire sur leurs gardes et pour se défendre si leurs adversaires persévéraient en leurs massacres et entreprenaient de leur courir sus. » — Apr^s l'abominable massacrs èt Yassy où des centaines de protestants inofifensifs lurent mis à mort par les gens du duc de Guise , les protestants courent aux armes. Ost le commencement des iruerres de relii:ion qui vont ensanglanter la Francp. Armand de Clermont, seigneur de Piles, s'empare de Bergerac. La Rivière . son lieutenant, qui sortait à peine des bancs de runivtT-it^. débute aussi par un coup de maître. — Sainte-Foy venait d'être surpris par Razac, un des plus féroces lieutenants de Monluc; un certain uoiiil':-de protestants, au nombre desquels se trouvait le ministre Cruseau, fils

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d*iin conseiller au parlement de Bordeaux, attendaieDt qu'on les fit sortir de prUon pour marcher au supplice ; ils devaient être pendus le lendemain matin. yfnU, au milieu de la nuit, La Rivière, envoyé par le capitaine Piles avec une poignée d'hommes mal armés, e^^calade les imirs delà ville, siirpreml le poste établi sur la grande place et s'empare de Saiiite-Foy, dont la garnison est passée au fil de l'épée. — Lrs bornes de cet article ne permettent pas de raconter même succinctement les vicissitudes de Sainte-Foy pendant les guerres de religion. Après les massacres qui suivirent en France la nuit de la Saint-Barthélémy , les protestants indignés reprennent partout les Armes. De 1572 à 1578, il y eut trois nouvelles guerres civiles. La paix de Bergerac suspend les hos-^ tilités. — Le neuvième synode des églises réformées s'assemble à Sainte- Foy, du 3 au 14 février 1578. Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Tureunc, y assiste comme commissaire du roi de Navarre. Pendant la durée de ces assemblées les catholiques essayèrent de surprendre la ville, mais leur projet fut éventé. L'année suivante commence la guerre de la Ligue qui se distingue par uu tararlt're particulier de férocité. Des conférences sont tenues au château du Fleix, près de Saiute- Foy, où se rencontrent le roi de Navarre et le duc d'Anjou ; les conditions favorables faites précédennneut aux huguenots y furent ralitiées le 29 septembre 1380. Le 9 janvier suivant, l'ut signé le traité de Nérac. Jacques Nom par de Caumoat, duc de La Force, avait reçu d'Henri de Navarre le commandement des villes de la Dordôgne. Après la mort d'Henri III en 1588j ce prince, soutenu par les protestants, revendique, les armes à la main, le trône qui lui revenait de droit. La guerre continue jusqu'en 1593 et se termine par l'abjuration d'Henri lY. l'n conteil général des églises réformées s'assemble à Sainte-Foy et y rédige un règlement en vingt-huit articles. Au mois d'avril le roi signe enfin à Nantes le célèbre édit de tolérance qui porte le nom de cett<^ ville. Jacques Finet et Jacques Leconile étaient alors pasteurs à Sainle-Foy. — Le mariage du jeune Louis XIII avec l'infante d'Espagne, Anne d'.\utrichc, fut l'occasion de nouveaux troubles en (luyenne. — Six ans plus tard, le roi qui commandait en personne reprit au.\ calvinistes de cette province les places de sûreté qu'ils tenaient de son père en Agenais : daîrac fut pnsd*assaut; Touneins lui ouvrit ses portes; Saînte-Foy obtint le libre exercice du culte réformé. — En 1622 , les habitants de Sainte-Foy feignirent (ie sé soumettre à Louiâ XIII qui passait par leur ville, marchant sur Montauban, niais lorsqu'ils apprirent l'échec de Farmée royale devant ce boulevard du protestantisme, ils se soulevèrent. Louis marcha sur la ville, défendue par le duc de La Force. Les assiégés firent quelques sorties heureuses, mais serrée de près, sans aucun moyen de SG ravitailler, la place se trouvait dans l'étal le plus luveaire. La Ville-aux-G!ercs, secrétaire d'Etat, se présente pour engager des pourparlers avec le gouverneur. Les consuls de Sainte-Foy y assistent. La ville conservera ses anciennes fortifications, mais les nouvelles seront démolies. Une amnistie générale est accordée, s— L'attitude et le calmo des réformés pendant la minorité de Louis XIV et les guerres de la Fronde leur valurent douze ans de tranquillité. Mais, en 1656 , sur les

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