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plaintes de quelques membres du haut clerjjçé, les persécution? reeomnjenc'^rrnt. On sait ce qu'cllis furent en Guyenne, comme partout ailleurs. Los t('iiii)les furonl supprimés tour à tour, sous divers prétextes. Ceux d'Ej nease, des (iours et de Saint-André-de-Cahauze , voisins de Saiute-Foy, furent démolis en 1()71 ; celui de Ligneux fut tiélruit deux ans après. Les suppliques adressées au roi par les assemblées des églises n'y purent rien changer. Un synode provincial, tenu à Sainte-Foy ea 1677 , vit SM efforts se briser contre Thostilité systématique du gouvernement. En 1681, soizante-einq «églises de la Basse-Guyenne sur cdles qui existaient encore se réudissent de nouveau dans la même ville* soos la surveillance de deux commissaires royaux, dont un catholique. Deux ans après, en 1G83, le culte réformé fut interdit dans cette vaillante cité <le Sainte- Foy qui, depuis un sit^'cle et demi, n'avait ( . <sé conilmttreà l'avant-garde du mouvement religieux. Le temple fut démoli les 19, 20 et i21 juillet de la même année. Au mois d'octobre 1585, Louis XIV révoquait les libertés concédées ù Nantes aux calvini^t»? de France, A partir de ce moment commence la période des coux^rsions lorcées. L'évéque d'Agen se rend à liergerac et à Sainlc-Fuy pour y recevoir les abjurations. Sa présence concordait avec celle de plusieurs régiments de cavalerie dont le séjour fut la ruine des malheareuz habitants. Cependant , malgré les lois qui punissaient de mort lei pasteurs et même les fidèles , les assemblées religieuses se continuèrent secrètement. A Sainte-Foy, Pagès de Magueron s'étant laissé surprendie fut exécuté sous les yeux de sa femme qu'on enferma dans un couvent. Antoine Léguille fut déterré, traîné sur la claie et jeté à la voirie. .Sous la régence du duc d'Orléans et Louis XV les persécutions continuent. Les prot( stauts étaient tenus d'envoyer leurs enfants à l'église catliulique pour y recevoir des curés ou de leurs vicaires l inslruction n'hirieuse. Les infractions à cette prescription étai«>nl punies d'amendes trt > fortes. Deux lieutenants du prévôt , Sorbier-l'ongravière et Lamotiie levcreut en peu de temps, pour ce motif, plus de quarante mille livres daas les subdélegations de Sainte-Foy et de Bergerac. En 1772, les fillet de Venfant Jéius vinrent s'établir dans la première de ces deux villes. Biea des années de tortures murales s'écoulèrent encore. Ce ne fut qu'en novembre 1787 que Louis XYI, cédant à de sages conseils, donna enfin aux protestants Tédit de tolérance qui régularisait en France leur situation. Mais c'est à l'Assemblée nationale de 1790 que revient rhonoeur d'avoir proclamé d'une manière complète la liberté des cultes. Depuis cette époque, l'apaisentent s'est fait dans beaucoup de localités. C'est avec regret cpie l'on constate le contraire à Sainte-Foy. Dans peu do villes, en France, 1rs passions religieuses, doublées de rancunes \i\ihtiqnes. sont n slét's plus vivaces el plus redoutables. — L-u c*«llèj<e protestant de pb-in exercice fondé par M. Mestre , sous le uiioistère du duc Decazeé, y obtint durant une assez lougue période les plus légitimes succès. Elisée Reclus , l'un des plus savants géographes du monde; Paul Broca, le fondateur des études anthropologiques * Edmond de Pressensé, membre de rassemblée nationale de 1870, auteur d'une remarquable histoire des premiers siècles du christianisme, oou*
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roDnée par FAcadémie française, sortaient de cette excellente institution qui n*est plus aujourd'hui qu'âne école de rang inférieur. Une colonie agricole où Ton reçoit les jeunes protestants condamnés à des peines '
correctionnolles fut fondj^o, vprs 1842, en face de Sainte-Foy, sur la rive
«1 roi te (le la Dordoiino, par làSocifjd' des intrrêts généraux du profcstanthme. Elle adonné depuis cette époque les plus excellents résultats, en élevant plus d'ini millier de jeunes garçons, dont quelques-uns sont aujourd'hui des hommes honorables. — L'église réformée de Sainte- Foy est une des trois couâistoriales du département de la Gironde.
^NEST QaULLIEUR.
SALVADOR (Joseph), historien religieux, né en 1796 à Montpellier^ mort en 1873 à Versailles, descend d'une des familles chassées d*Espagne à la fin du quinzième siècle. H s'adonna de bonne heure à l'étude des sciences et de la philosophie, fut reçu en iBiG docteur en médecine à la faculté de Montpellier, et se rendit à Paris où il se consacra tout entier à des travaux d'histoire. Le premier ouvrage de Salvador, Loi de Moïse on ASy^thme ndigieur et politique des Hébreux (1822), fut accueilli avec une grande faveur. L'auteur, le développa dans Y Histoire des institutions de Moïse et du peuple héhrm 1828, 3 vol.; O^' éd., 18G2, 2 vol.), où il prouve, entre autres, la parfaite léjïalité de la condamnation de Jésus par le Sanhédrin. Salvador écrivit ensuite : Jésus- C/irist et sa doctrine (1838, 2 vol. ; 2° éd., 1864), où l'on trouve des renseignements neufs et intéressants sur les origines de TEglise et où le christianisme est présenté comme une sorte de transaction avec le paganisme, le monothéisme pur des Hébreux étant trop sévère dans son dogme, trop épi» ritualiste dans son culte; Hùtotre de la domination romaine en Judée et de la ruine de Jérusalem (1846, 2 vjol.) ; enfin Parisy Rome, Jérusalem^ ou la Question religieuse au XIX^ siècle (4859, 2 vol. :, où l'auteur établit que la religion est un facteur normal et essentiel de la société humaine et sifjnale le vieil héhraïsme comme pouvant siTvir de hase coinniune et de lien entre les croyants des divers cultes. — Voyez J. SaU vador, sa vie, ses œuvres et ses rriti(fues, par G. Salvador, 1881 ; J. Darnieniestetcr. Annales de la Société des études Juives^ 1881 ; Revue poli' \ tique et littéraire, lo avril 1882.
SCANDINAVIE (Histoire religieuse). — La lumière de l*Evangile tarda longtemps à pénétrer dans le nord de l*Ettrope: ce n*est guère qn*à la fin du huitième siècle qu'on songea sérieusement à Ty porter, et encore les plans de Gharlemagae se bornaient-ils aux peuplades avoisinant l*Elbe. Mais il est clair que, cette région gagnée au christianisme, les missionnaires chrétiens devaient chercher à prêcher la foi aux peuples habitant le nord de ce fleuve. En esquissant ici à grands traits les phases du développement de l'Eglise dans les trois pays Scandinaves, nous nous occuperons d '.abord du pays où la !»annière du Christ fut plantée eu premier lieu, c est-à-dire du Dankmaiik. — Au comnieneenient du neuvième siècle, ce pays était déchiré par des luttes intestines. Le chef d'un des partis, Haruid A'/ak, fut chassé et obli<,'é de se réfugier auprès de Louis le Débonnaire qui l'aida à rentrer en Scblesvig ; forcé de fuir uoe fois encore auprès de Louis, celui-nâ le décida à se foire bapUser (826) ; c'est
à notre connaissance le premier prince clirt^tieji dan? le Nord. Avant cette »'>poque, on dit que deux Uïissionnaires sont venus au nord de J'Eilte : l'un, le inniin' an^'lais WUbrnrd (an'!i('v«''(jue dTtrerlit en 6%) aurait, parail-il, visité au conimeiiccuient du iiuitièaje siècle le Jylland (Jutland) méridional ou le Schlesvig, mais sans succès durable; Tautre, Fbbon, archeyè^e de Reims (voir tome IV, page 171) u se rendit en 823, sur le conseil de Tempereur et par ordre du pape, aux frontières du Danemark pour y prêcher » ; » il y administra le bapttMne à beaucoup de monde pendant le cours d'un été » (cf. Eginh., Annal, ad an. 8i3). Après que Harald fut baptisé, Loui^ songea à envoyer avec lui un mi?sionnaire plus stable, Atischaiy'e (voy. ce nom, t. I. p. (]yn partit,
accompagné du frère Autbert. La rbnini(|ue nous donne [teu di' dt lails sur leurs travaux. Nous savons seulement qu ds fondèrent uue école de missions à Hedeby (enSchlesvig). Au bout de deux ans, Anschaire quitta le pays, parce qu'il avait été chargé d'aller en Suède. Un frère du^éme ordre'qu^Anschaire, ffû/emar (voy. t. V,p. 594), fut désigné pour preodce soin de la jeune pépinière chrétienne en Danemark. Outre Téglise de Hedeby, on en fonda une à Hibe et une aulre, après la mort d'Ans*» cbaire, ù Aarus en Jylland, Du temps de son successeur, lîimifrt, Qorm le v'n'ux r»'uiiit snu> son sceptre les nombreux petits royaumes du pavs et favorisa eu bien d(>s points le ehristianisme. Vers la hn de son rt gne, on le vit, il est vrai, clianger de dispositions et, excité par les prêtres pa'ians(9i5] conuneucer uue cruelle persécution qui dura jusqu'en U34; mais Tempéreur Henri' I*** le for^ à interdire les sacrifices sanglants et à tolérer le christianisme. — Alors arriva un homme plein de zèle, Vnnt^ archevêque de Hambourg-Brème. Les fruits de ses travaux et de ceux de ses compa^nions se révélèrent bientôt. Sous le règne du fils de Gorm, Harald Dluatand à la dent noire), on voit lès premiers essais d'organisation eccb' sia^lii|ue : Ada/dag, successeur d'L'nne, transforme en évèchés les trois églises citties plus haut ain<i qu'Odeiisee. et y installe dos indigènes. L'église obtient eu même temj)s plusieurs privilèues (exception d'impôts et de droits de douane, juridiction propre, droit de posséder des terres). Harald transféra sa résidence royale de Tancienne Leireà Roeskildeet fit de cette ville la capitale chrétienne de son royaume. Tontefois, loin d'être vaincu, le paganisme, un instant refoulé, comptait encore bien des familles puissantes ; celles-ci détrônèrent Harald et lui donnèrent pour successeur son fils cadet, Stend Tveskjxg (Suénon à la barbe fourehue) : ce parti [)aien en retira peu d'avantage, car Svend adopt.i liieiitôt le eliristianisme. Cependant les cbr/tiens avaient eu beaucoup à souffrir durant ces guerres intestines; Adam de /irnue Mi mdme que tout un volume ne suflirait pus pour euregistrer tous les martyrs : il est certain que là comme en bien d'autres pays la route des * missionnaires fut marquée de leur sang et de celui de leurs disciples. Les deux évèchés du Jylland s*étaieiit fondus en un> celui d'Odense avait disparu. Pour protéger les clirétiens, le nouveau roi donna alois noe autre direction à la soif de sang de ses sujets païens. Gomme les expéditions des Nortiimans, commencées depuis plus d'un siècle, continuaient encore, Svend résolut de les faire servir à l'éducation de son peuple : il
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attaqua et conquit l'Angleterre, mais les vainqueurs furent gagnés par ler TaÎQCUs à rÈvangile. Des missionnaires furent envoyés d'Angleterre en Danemark; une nouvelle églûe fut érigée à Rorakilde, et bientôt on posa les fondements de la future cathédrale en Scanie (Suède). Le fils deSvend, £nud (Canut) le Grand (m\)-:io) fortifia le pouvoir de l'Eglise,' rétablit l'évéché de Fyeu (Fionie), en créa deux autres pour le Sja^land (Séelandt) et la Scanie, et y noninna des prêtres anglais. Lo monnchismc fut importé d Anglctcrre, et bientôt tttut le pays fut ronvort d'éi^iiso^ et de cloîtres. L'Église naissante dépendait iiuiiiédiateinent de TarcheN éijue de Hambourg-Bréme, bien que souvent on sDpposàt à sa souveraineté. — Pendant les premiei^ siècles du moyen âge, riiitérét se porta priucipalement sur le développement de la hiéraichie ecclésiastique. Svend £ttridsen divisa plusieurs des anciens évècbés, nomma . évéques des hommes énergiques, ordinairement dos Danois et dés Anglais. Une foule d'églises lurent construites : Adam de Brème raconte que. pendant son voyage enDanemark, sous le règne de Svend, il trouva lOt) églises dans l'Ile de Fyen. ioO en SjtTlIand et .'}(M) m Se;ini<'. Le roi songea à délivrer l'Eglise danoise du joug de rarclievéque de llainboiirg ; ses négociations avec Home restèrent sans résultat; nuiis pendant la querelle des investitures, l'arcbevèque de Hambourg-Bréme, Ztmar, ayant pris parti pour l'empereur contre le pape, oeluî-ei aocoida la demande des Danois et leur députa le cardinal Alàeneh, qui régla la situation ecslésiastique et choisit Lund (en Scanie) pour siège du nouvel archevêché du nord : il y installa (1103) un parent de la maison royale, ÀsAf^r, au caractère noble et énergique, à l'esprit cultivé, qui correspondait avec les hommes éiuinents du siècle. Le neveu d'Asker, £skil, lui succéda (i 137-1177). Elevé dans une école de couvent en Allemagne, il avait été à C.ileaux et à Clairvaux et lait la connaissance personnelle de S. Bernard, dont il devint l'ardent disciple. A son retour dans sa patrie, il travailla activement comme évéquede Rmskilde et comme archevêque à Teitension de l'ordre de Glteaux en Danemark ; les bénédictins durent céder. Après avoir pris part aux luttes de son temps et tenu plus d'une fois téte au, gouvernement» il dut passer les dernières années do sa vie en exil et remettre enfin, avec l'assentiment du pape, la crosse archiépiscopale à. H.sa/on (1177-1:201 houiine zélé pour l'Eglise dans un sens, mais plus guerrier et lionuue d'Etat que prêtre, qui s'occupa énergitiuement d'affaires civiles et ecclésiastiques, mettant de l'ordre en tout et partout. Puis vint André Sunesen (1201-1223), animé du^ même amour pour sa patrie et de la même énergie que ses deux prédécesseurs, mais doué de plus de science. Çous la conduite de ces trois hommes remarquables, l'église danoise fut bientôt florissante. Les privilèges qui lui avaient été accordés furent confirmés et étendus. A'/iud (Canut) le iaini (1080-1086) avait posé l.^s londeinents de la franchise ecclésiastique, et élevé Fes évêques au même rang que les ducs. Mais nyaiit voulu lorcer lepeupleà payer la dîint». il y eut une révolte dans la«juelle il perdit la vie : au comnienceuient du douzième siècle, nous voyons cependant l'usage de la diiue généralement accepté. — A la fin du moyen 4ge, i'miluence des évéques et du clergé sur la vie politique ne fit que s'accroître. CSe fait se trouve en
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connexion avec l'introduction du recueil des décrétales en Danemark; Jaofuei Erlandsen (1234-74) fut lepremieràenprodaoïer les principes, qu*il avait probablement appris à connaître pendant son ^séjour en France et en Italie (il avait été chapelain d'Innocent IV). Comme archevêque, il fut très attaché à la hiérarcbie : pour lui le pape et les décrétales étaient tout, le roi et la diète peu de chose. C'est de sou temps que parut la loi du (-('llhat, après dos luttes violcntfs })lus que séculaires. De Sun propre cliol", il nommait des évèques et convoquait des synodes à l'insudu roi (ainsi à Veile, où Ton résolut de mettre le pays en interdit si un évèque était jeté en prison) ; il proumlguait des lois sans la sanction royale (laloi deScanie, par exemple), s'attribuait des droits royaux sur les propriétés de TEglise, refusait de contribuer aux levées d*homroes d'armes et ne craignait même pas d'allumer la guerre civile par sa résistance opiniâtre. Le clergé était partagé entre ses devoirs envers le roi et la patrie d'un côté et son id^éissance aux |»a[>es «le l'autre. Lorsqu'à la lin l'archevêque fut jeté en prison, deux évétjues seulement osèrent exécuter la décision prise à VeiK; et mettre leur diocèse en interdit ; le roi réussit niéme, malgré la défense expresse d'Erlandseu, à faire couronner son fils Erik Glippintj comme son successeur au trdne par Tarehevèque de Yiborg. Lorsque Kristofer II fut élu roi (1320), la noblesse et le cler|;é lui prescrivirent certaines conditions (pour le clergé, exemption d'impôts, juridiction propre, inviolabilité des personnes et des biens ecclésiastiques) et lui défendirent de faire la guerre ou des lois sans l'assentiment « des prélats et des principaux du royaume ». On comprend que ces privilèges s'étendirent avec le temps : TUnion di^ Calmar qui réunit le Danemark, la Suède et la Norwège sous un même gouvernement) donna encore plus d'importance au clergé, et tous les évèques , ainsi <juc deux ou même quatre piîsiatsélus eurent place att conseil suprême nouvellement créé pour les trois royaumes*. — Disons un mot des monastères. Les premiers appartenaient naturellement à Tordra de Saint-Benoit, que Canut le Grand fit venir d'Angleterre; Tordre de Cluny s^introduisît également de bonne heure en Danemark, mais un seul cloître, celui de h Toussaiul à Lund, put s'y maintenir. Le douzième siècle est l'âge d or du monacliisme en Danemark ; rois, évéques et nobles rivalisent de zèle pour fonder et doler «les luonastères. L'ordre de ('iteaux qu'aimaient particulièrement Eskil et Absalon eut de nombreux cloîtres, ri- <âiement dotés ; les abbés venaient de Glairvaux onde Citeaux. Eskil introduisit aussi les chartreux. Plus tard vinront les johannite8(à Antvorskov), les ordres mendiants, les carmélites et Tordre de Sainte-Brigritte. Ces couvents furent, en Danemark comme partout ailleurs, les foyers de civilisation à cette époque. Saxo rframmaticus, rhistorien. "était moine. On se vouait principalement à la théologie et aux chroniques, mais ou étudiait aussi la médecine. Ceux qui voulaient acqut'-rir des eouiiaissauecs supérieures étaient (»bligés d'aller à l'étranger: iliins l'origine c'était ordinairement à Bologne qu'ils se rendaient ; plus tard, ilsallèrent à Paris où on les inscrivait dans la nation anglaise. Cela ne laissait pas d^avoir bien des inconvénients ; aussi songea-t-on à prendre des mesures pour fonder une université en Danemark. Eric Xlll (1413*
1438)eoinmença Tœime; mais dut bientôt l'abandonner, earle pape ne Yonlut pas permettre Tétude delà théologie, lane parler d'antres conditions eneore; d'ailleurs, les trois royaumes étaient troublés par des luttes continuelles. En 1474, Christian I^' eut dn pape l'autorisation de fonder une université, qu'on étal)lit à Copenhague, capitale du Danemark depuis 1444. Le manque d'arppnt et de professeur? rapablcs rendit les débuts irh9. difficiles et peu féconds; ce n'est qu'au temps de la Réforme qu'on y fit des études sérieuses. — Quelle était la situation du peuple même dans l'Eglise? Comme dans le reste delà chrétienté d alors, le christianisme était surtout une forme extérieure, un o/»itf operatum. Toutefois, on s'occupa plus en Danemark qu'ailleurs des besoins spirituels du peuple; on améliora surtout le chant religieux et la niesse, sans oublier la prédication, généralement en langue vulgaire. Le quinzième siècle vit paraître des explications des évanp:iles et des sommaires h la portée do tous, ainsi qu'une traduction danoise delà Bible. — /.a Hoforrnafion. Vers la fin du quinzième siècle et au couiuiencement du seizième, l'état religieux du Danenjark avait bien décliné-; les églises . étaient négligées par le haut comme par le bas clergé. Christian //, surnommé le Jyrin à cause de la cruauté avec laquelle il exécutait ses plans, fut le premier prince, après Frédéric le «Sage de Saxe, qui travailla pour la réformation. Il enjoignit d'abord aux évéques de remplir les devoirs de leur charge et, comme l'ignorance des prêtres était aussi grande que leur paresse et leur négligence, il ordonna de n'admettre désormais dans le sacerdoce que des hommes qui eussent étudié à l'Univcrsité de Gi>p(Mihapie et fait preuve de connaissances bibliques suffisantes pour enseigner. La disciplina monastique fut rétablie et les couvents replacés sous la surveillance (les évèques. Christian alla bientôt plus loin. Bn I5i9, il demanda à Frédéric le Sage un maître capable de répandre la réformation en Danemark. L'Electeur lai envoya Martin Remhard (1520), qui prêcha quelque temps à l'église Saint-Nicolas. Parmi les hommes qui furent gagnés de bonne heure aux idées nouvelles et secondèrent Heinhard, se trouvait le carmélite Paul Eiîesen, mais, ne voulant aucun changement dans la doctrine, il se retira comme Erasme lorsque Luther lui parut aller trop loin. T/liostilité du clergé força bientôt Reinliard il (fuitter le Danemark ; Carlsladt y fut envoyé mais no resta que peu de temps, car, la situation politique s'aggravant, le roi fut bientôt obligé d'abandonner ses plans de réformation et même de quitter son trône et le pays. — A l'avènement de Frédéric /«'(ISâS), les perspectives de réforme étaient bien sombres. Le roi avait dû promettre de rétablir l'Eglise catholique et de punir même de mort tous les hérétiques: mais il était dévoué par conviction aussi bien que par politique aux principes de la réforme. Bienlôl le pays vil agir des hommes animés d'un zèle évangélique, au premier rang desquels il faut placer Hatis Tausen, surnounné u le Luther du Danemark. » Fils d'un paysan de nie de Fyen (Fionie), il entra au couvent d'Antvorskov ; mai< il y lit preuve de tant de talent qu'on l'envoya achever ses études dans des universités étrangères. A Cologne, il lut les écrits de Luther et éprouva un vif désir de connaître personnellement le réformateur. Il ne put res-
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ter longtemps à Wittemberg, car la nouvelle de son apostasie viut aux oreilles de son prieur, qui le rappela et le fit emprisonner. Libéré, il alla à Yiborg où ses prédications lui acquirent le droit de bourgeoisie, et, à partir de ce moment, la réforme fit des progrès dans le pays malgié Topposition du clergé. Le roi, qui était resté assez neutre dans la question religieuse, se montra alors do plus en plus Tami des réformateurs. Dans deux importantes assiMiiIiléesàOdenseeen, Fyen(15â5 et 1527). on prit, aprôs do violonfs df'*hats. des résolutions funestes au clergé catholique qui perdit une partie de ses privilè^res; le roi déclara no pa? vouloir user de violence envers les prnpa;j:ateurs de la nouvelle doctrine; U loi du cclihat fut al»ro«Jcée. Taiiscn. rappelé à Copenhague, remporta d'éclatants succès à l'église Saint-Nicolas et une foule de gens furent gagnés à la réft)rme, grAce à la diffusion du Nouveau Testament parm le peuple. Déjà, en 15:24, le roi exilé Christian II en avait fait foire une version danoise par son ami Han$ Mikkehen (imprimée à Anvers): en 1539, Chrùten Pedersen en fit une autre qui se distinguait par na Jangage plus soigné. — A Tépoque où la Diète d'Angaboorg était convoquée pour régler la question religieuse en Allemagne, les évéqnesda* nois demandèrent aussi que les chefs des protestants comparussent devant le roi et son con^ii, pour que les points de doctrine en litig? fussent «'xauiiiiés et jugés. Ils espéraient qu'une fois les protestant? coavaineus d'hérésie, le roi leur retirerait sa protection et tiendrait inieui la promesse (ju'il avait faite à son avènement au trône. Cette disputation eut lieu eu lo.iil. Les premiers jours, les protestants gardèrent le silence et laissèrent les catholiques jeter les hauts cris sur les nombreux hérétiques qui minaient l'Eglise, lis se considéraient déjà comme vaineus, quand Tausen parut soudain et exposa la foi évangéliijue en 43 artidef 'dont le premier plaçait TEcriture comme la seule règle de foi et de vie. Les catholiques chenihèrent bien à prouver par un écrit en S7 articlet que les principes protestants étaient contraires à la doctrine de l'Eglise, mais leurs accusations furent réfutées; de plus, 12 plaintes furent déposées contre rexercice du pouvoir épiscopal. Comme la bourgeoisie de Copenhague prenait parti pour les protestants, les catholiques jufr^renl prudent de se retirer avec aussi peu de pertes (juc possible et l'asseiiiMt^e fut dissoute sans avoir pris de résolutions positives. Le roi déclara ^euleiiient qu'il prendrait les deux partis sous sa protection jusqu'à ce(|u'un concile eût tranché la question pendante. — La ruine du cath<»Iicisuie fut hâtée entre autres par la position fâcheuse de certains dignitaires de l'Eglise ; ainsi, TarchiBvèque Ake Spam était reconnu par le roi, mail non par Rome, ce qui l'amena à se démettre de ses fonctions; l'éTéqoe Frits Beldenaek fut jugé infâme (1530) ; Jôrgm Friù, évêque de Yilwig, fut excommunié par le pape. L'opposition cessa peu à peu après 1530. — A la mort de Frédéric I•^ le catholicisme releva cependant la téte et résolut de porler un coup décisif. Immédiatement après le décès du roi. la noblesse et le clergé se réunirent et retirèrent la liberté religieuse accordée aux protestants depuis 15:27, rétablirent la messe, etc. T.uisen fut appelé en jugement et condamné à la perte de la prêtrise c! a ne plus s'occuper d'affaires de religion. Une graude fermentation eii résulta
dans la capitale et Févèque ROnnow dut lui permettre de revenir, mais i la condition qu'il serait plus modéré. Plus de deux années se passèrent en guerres intestines où la fortune alternait entre les partis; mais quand Christian III oui vaincu ses* ennemis et pris Copenhague, il résolut d'écraser pour toujours If pouvoir des catholiques. Les évôques furent exclus du cuusuil royal et emprisonnés; on leur promit ensuite la liberté et uu Iraiteiuent convenable s'ils voulaient rester tranquilles. A la diète de 1536, on décida que le roi ferait gouverner l'Eglise par des surintendants (le titre d'év^ue fut aboli) sans pouvoir temporel, que les biens épiscopaux seraient transp<^rtés à la couronne pour alléger les impôts des sujets et diminuer la dette du royaume, que la dime "des évéques, les monastères et aut^ propriétés de l'Eglise seraient désor- . mais afTectés à des fondations pieuses, des hôpitaux, à l'entretien des savants et à l'amélioration des écoles. Dans sa charte, le roi s'ciiga^'ea à défend re la pure doctrine t-vangélique. La réfornu' ainsi introduite, ou lit venir ^1537) un ami de Luther, JJ<iyc/iMaycii (voy. ce nom, t. H, p. 46i), qui eut plus qu'aucun autre réformateur le ^^xpia^xx iCuoepvr|9&u>( pour réconstituer l'Eglise en décadence. Le 2 isptembre 1537, il établit les nouveaux surintendants dans leur cbarge. Chose remarquable, Tausen fut oublié : il est vrai que nous le retrouvons plus tard évéque de Ribe, où il mourut (1591). Le même jour, on publia la nouvelle loi ou ordonnance ecclésiastique, écrite par des Danois et sanctionnée par Luther. Elle déclare se fonder uni(jnement sur ^< la pure i)arolt' de Dieu, qui est la loi et les évangiles, » sans nommer de livres symboliques. Celte loi rei;ut sa sanction définitive à la diète d'OJense ^153'J), où l'on adopta également comme symboles la coufessioa d'Augsbourg et le petit ettéehisme de Luther. La législation eeelésiastique fut achevée aux assemblées de Copenhague (1540), Ribe (15iâ), Antvorskov (1546) et Copenhague (1555) ; elle réglait aussi les cérémonies de l'Eglise et les formes extérieures du culte. L'élection des pasteurs devait se faire à la campagne par la paroisse (cela fut très souvent restreint par le droit de patronage), dans les villes par le bourgmestre et les échevins; celle des doyens {preposld) par les curés et celle des évéques (ce titre remplaça bientôt celui de surintendant) [tar quatre électeurs nommés par le clergé des villes. A côté de i'évèque, des « stiftslensiuiend » furent chargés des fonctions temporelles autrefois attribuées à Tévéque, de la gestion des biens distraits de TEglise, et conjoiatementavecrévéque de surveiller les revenus ecclésiastiques, les écoles et les hôpitaux; ils devaient confirmer les prêtres nommés par les paroisses de campagne et examinés par l'évêque, et les surveiller avec ce dernier dans l'exercice de leurs fonctions. — Bien qu'exclu ilu conseil royal, le clergé ne laissa pas d'exercer une certaine iniluence politique, par le fait qu'il fut appelé à siéger à la diète. On atlecta à l entrelien des pasteurs et des églises la dtme pastorale et ecclésiastique; la noblesse se dispensa bientôt de la payer. Le triste état dans lequel s*était trouvée l'Eglise explique Tabseoce d'hommes capables : il fut d'autant plus nécessaire de relever lUaiversité. Le roi, secondé par Bugenhagen, poussa les travaux avec tant d*aetivité que les cours purent s*ouvrir dès 1537 : 14 chaires fiirent
fondées, dont 3 de lliéoI*){^ie, i de droit, 3 de médecine et 8 dans la faculté dite de philos()[)liie (correspondant à peu près à ce que nous entendons auji»urd"lnii par iacullés des lettres ot des sciences). L'université reçut de grands birns cl la dinie de la couronne. Les écoles intorii urcs, dites de latin, furent améliorées égaienient. Christian III, voulant aussi étendre sa sollicitude à l'instruction du peuple, fit traduire toute la Bible en danois et enjoignit aux sacristains de réunir la jeonesee une fois par semaine pour l'instruire. — Il nous reste à jeter un rapide coup d*œil sur le développement de l'église luthérienne en Danemark après la Réforme. Au siî iAv. le la formation des symholes succéda là aussi celui du développement d*i|^qnatique. En même temps, on assista à une vive poléniicjue avec les confessions étrangères pour losijuelh s le clergé danois se montra fort intolérant, surtout en ce qui concerne les réforiués, témoin la manière dont on traita (15o3) les réfugiés anglais conduits par Jean Lasci (voy. Lasco, t. VIU, p. 1]. Une autre preuve nous est fournie par IVieii Bemmingscn (voy. Hemming, t. VI, p. 163), célèbre par son génie et ses connaissances théologiques, qu'on ne nomme jamais dans les écrits du temps sans lui décerner le glorieux nom de ci docteur du Danemark » ou lappeler « la gloire et Torncment de la patrie et de ri'niversité. » Soupçonné de partager les idées réformées sur la cène, il fui viuleinuienl attaqué par les théologiens luthériens et, à la suggestion de Jacque Andrcic (t. 1, p. 298) qui désirait voir adopter en Danemark la formule de concorde combattue par llemmingsen, un procès lui fut intenté : il fut forcé de se rétracter. Mais, non contents de cela, les luthériens continuèrent- de machiner contre lui jusqu'à ce qu*en 1579, il f&t destitué sans jugement préalablé. IL faut toutefois recoonattre que Hemmingsen s'était rendu coupalde de plusieurs des foutes qu'on lui reprochait. La formule de concorde ne fut cependant pas adoptée en Danemark ; l'un défendit même sévèrement aux libraires de la répandre dans le pays. Le plus célèbre des théologiens danois après llemmingsen fut Hans Poulsen Jiesau, zélé défenseur ilu luthéranisme; lui et Jesper Brock' maml furent |iour le Daneujark ce (jue Andreaî et Chemnitz furent pour i Ailemagne. \S L nivcrsoi thri,li»ji(£ syalema de Brochmand resta pendant plus d'un siècle la dogmauque en usage dans les écoles. Un troisième théologien, Holger Jtosenkrands, homme sincèrement pieoi qui lutta contre le dogmatisme scolastique, ressemblé par son caractère et ses travaux à Jeau Valentin Andrew (t. I, p. 299). Voyant lesdélauli de son temps, il ne craignit pas de chercher à y porter remède; ses adversaires raU.K|uèreiit violemment et même l'accusèrent devant le roi, mais l accusalion n'eut pas l'elfet qu'ils en attendaient. — Ce lut là le prologue du mouvement piétiste en Danemark. Dès l'an 1089, on ta voit des indices à Copenhague et, au commencement du seizième siècle, deux étudiants allemands, (Jlysing et ÉberAardy apparaissent et ont des conventicules; une ordonnance du â octobre 1703 interdit ce geore de réunions. Mais le piétisme ne pouvait être étouffé, il releva la téte bous- Christian IV et gagna môme le cœur du roi. Sou but, c'était la liberté religieuse, et il avait de son côté l 'homme le plus considérable de l'Eglise danoise, i^riii Ponioppidan (1764), qui, laissant decâté les ezagératioos^
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du piétisme, sut s'en approprier tout ce qu'il y avait de bon pour en faire profiter rKglise. Un autre mouveiiieiit se fil aussi sentir alors, ^rAce à Z inzendorf^ mais il n'aboutit <}u'à uno petite rnnçrréfration des Frères Moravos, qui existe encore aujouni'luii ;i Copenhague. — Lâ dernière inoiti»'; du di.\-huitif>me siècle voit le rationalisme dominer en Danemark comme ailleurs. Struenap,^ formé à l'école de Voltaire, le développa beaucoup après être parvenu au pouvoir (vers 1770), mais non sans opposition, car le luthéranisme orthodoxe comptait encore bien des défenseurs, parmi les théologiens savants etle| pasteurs.. Un jeune étudiant, JTm/toft TAura, publia une foule de traités pour combattre la décadence de Tépoque. Il convient de nommer parmi les meilleurs prédicateurs de ce temps Ch. Bastholm et .V. E. Balle. — Le dix-neuvième siècle ouvre une nouvelle ère pour le Danemark. L'èvéque J/y//.</("r fut le premier qui rompit avec le rationalisme ; le professeur de lliéologie Clnnsen se joignit à lui. Ces deux hommes sont importants sous un autre rapport encore, car leurnrtiii est lié indirectement au mouvement qui s'est fait sentir en ces derniers temps dans l'église du ' Danemark, et qui aboutit de fait à l'abrogation de l'église d'Etat. Voici comment: Un jeune pasteur. Ni F, S. Gi^undtvig (voy. dans la Revue des deux mondesyi^^^ p. 524-534, un article sur cet homme remarquable et ses doctrines) crut devoir reprocher à Glausen d'avoir dit que « l'authenticité de l'Écriture doit être prouvée par la critique historique et son contenu soumis à Texamen philosophique. » Grundtwig demanda que Clausen se rétractât publiquement ou se démit de ses fonctions. Condamné à l'amende pour cela, Grundtvig renonça au ministère, mais y rentra vers 1830, après avoir changé lui-même de point de vue. Il e« un battit avec ardeur l'autorité suprême de la Bible, au-dessus de laquelle il pinçait les paroles sortiesde la bouche du Christ telles que les donne le symbole des apôtres: c'est \h pour lui la vraie norme de l'explication des Ecritures. Il gagna bientôt une foule d'adhérents, qui se distinguent par une grande activité religieuse. Ils ajoutent une grande importance au courage enthousiaste de la foi et à une joie cordiale dans le Seigneur, ce qui leur a valu le nom de « joyeux chrétiens ». — Apeu près en même temps que cette dernière évolution apparaît sur la scène un autre puissant esprit, Sœrerr Kierkegaard, qui s'attaque à Péglîse de l'Etat connue le précédent et en même temps à toute forme de communauté ecclésiastique. Le christianisme est à ses yeux l'affaire de l'individu et ne peut se rencontrer sous la forme de société. Son but était de placer l'individu en face de Dieu. C'est sans contredit l'un des plus grands «génies du Danemark et, si l'on considère le temps relativen)ent court de son activité, l'auteur le plus fécond. Quelqnes-)ins de ses ouvrages sont esthétiques comme f)e deux rhosesTune (/wj^v/-/:7/^'r\ d'autres forment latransition entre reslhétiqueellereligieux. d'autres entin purement religieux, parmi lesquels la Maladie mortelle se distingue par une profonde analyse psychologique, ainsi que ses discours Pour Vexamen de soi-même. Les efforts combinés de Qrundtvig et de Kierkegaard détachèrent peu à peu les liens qui enlaçaient l'Eglise. En réalité, celle-ci fut abolie en 1849 en tant qu'Elise (unique) d'Etat et une liberté religieuse
absolue fut introduite; l'Ej^lise subsiste comme Eglise populaire^ reçoit des subventions de l'Etat, mais a perdu par là toute indépendance : c*est le gouvernement qui nomme et révoque ses pasteurs, etlalègis* latioa estaussi entre les mains du roi et de la diète. Elle est donc plus une institution d'Etat qu'une BgliM.
Suède et Norvège. — I. IntroduçHon du christianisme, Hittoirt extérieure de VEglise. Quand Anschaire quitta le Danemark, an bout dp deux ans de séjour, il se rendit, suivant le désir de Louis le D»iboi]naire, en Suéde. Iiahiti'e alors par despirafes (vikiiijiar i qui allaient piller les cotes de l'Europe. Accompa<:né du Irére Wit fnnnv, il arriva en 829 à Hirka (probablement BjOrko, île du lac Mœlar), où il prêcha un an et demi le christianisme. 11 réussit à gagner plusieurs personnes, entre autres le gouverneur ^çr^etV. Gelui-ci érigea une église et travailla béaucoupà la propagation de l'Évangile. Après qu'Ansehaire eut quitté la Suède et fut nommé archevêque du Nord, il envoya de temps à autre ^es missionnaires à Birka, comme &autbert, Ardgeire\A, Gautbert, le premier évéque suédois, fut chassé parro qu'il avait agi sans prudence» et son parent. Nithard, fut assassiné. L'i'ijlise naissante de Birka dut rester longtemps sans pasteur car Aiisrhaire ne pouvait plus même rien faire prtiir elle; mais, devenu évé(}ue de Brème (849), il résolut de se rendre encore une fois en Suède (vers 852). A Birka régnait alors un roi, Olof^ qu'Anschaire réussit à gagner, et qui promit de soutenir la cause chrétienne à l'assemblée générale du peuple. Malgré les murmures d'un grand nombre, il fit passer une résolution accordant la libre prédication du christianisme. En partant» Anschairo laissa Brimbert à la tète de la petite église, mais celui-ci neresta pas longtemps non plus; toutefois d'autres lui succédèrent bientôt. — A la mort d'.Vnschaire i865).. son disciple Jiim/jcrt lui succéda comme archevêque du Nord ; il vint ainsi que d'autres missiomiaires visiter la jeune église, sur l'état de la<|uelle onn'a guère de données. Le zèle missionnaire semble se refroidir à la mort de Rlmbert, et ce n'est qu'au milieu du dixième siècle qu'il se réveille dans la personne de l'énergique archevêque £^fifi« ; venu, paratl-il, àBirka, il y Irouva l'église bien faible et en déclin. On croit -qu'il y mourut eu 936. Depuis cette époque, un voile obscur que la science historique n'a pu soulever recouvre la mission dans le Nord. La petite église dépérit probablomont.du moins on ne sait rien sur son compte. Cette première mission n'eut donc pas de stabilité, et le culte d'Odin, de Thor et de Frej régna sans partage comme par le passé. Un demi-siècle s'écoula, et l'heure sonna où les idoles devaient tomber devant la croix: lescoummnications fréquentes entre le Nord et l'Angleterre amenèrent ce dernier pays à envoyer ses fils à la pacifique conquête de la Suède, en proclamant la bonne nouvelle. — La Abroè^e, qui servit d'intermédiaire à la mission d'Aogleterre, n'avait pas été l'objet de Tœnvre missionnaire dont nous venons d'esquisser l'histoire. Mais au moment où celle-ci s'arrêta en Suède, le pays voisin devint le théAtre de beaucoup d'activité pour la propagation do l'Evangile: l'iuipulsion futdonnee par les rois du pays. Le premier d'entre eux, Jlntjeu le Don (au milieu du dixième siècle), élevé et baptisé en Angleterre, fut rappelé par ua parti de mécontents et
élev»' sur 1p trône ; dès qu'il eut affermi son pouvoir, il travailla à introduire le christianisme et à le rendre légalementlarelip:ion dominante. Mais il ne réussit pas dans ses efîorts, bien qu'il fût aimé de son peujde. Dans une as<emljlée populaire vers 950, il tenta un coup décisil". 11 so leva et déclara que son ordre et sa prière à tous étaient de les voir aecepter le baptême, i^nonoer aux sacrifices et aux divinités païennes, croire en Dieu seul, Christ; fils de Marie, sanctifier le dinjanche et jeûner tons les sept jours. Son discours suscita bien des murmures ; il dut céder aux représentations de ses amis et même participer aux repas de sacri- • fices. Ses neveux qui. pondant leur exil, avaient été en Angleterre et y avaient adopté la foi chrétienne, lui succédèrent en OOi et cherchèrent à implanter le christinnisme en prenant des mesures plus sévères encore que les siennes : mais leur règne dura peu, et le pays retomba dans le paganisme sousHagen Jarl, bien que r£vangile se maintint, surtont dans les provinces méridionales: il reprit un nouvel essor tùw Oiuf Trygvesen (993-1000} ^i chercha à propager par la persuasion, les menaces, les châtiments et la rufe la doctrine qu'il avait appris à connaître pendant ses voyages. Grèce àl'aide de prêtres anglais, entre autres de Sigurd, il réussit mieux que se? devanciers; le christianisme fut introduit au moins extérieurement dans le pays. Il allait se tourner vers l'Islande, les îles Orkney et Far (Feror), quand il périt dans la bataille de Svolder (KXK)). Son œuvre fut achevée par Ohtf le Saint (1015-1030). A partir de cette époque, la puisssance du christianisme est assurée en Norvège; Oluf organisa l'Eglise, bâtit des temples etinsti^a un culte régulier. — Au temps des travaux d'Oluf Trygvesen en Norvège, un'mouvement se fit sentir dans la région méridionale de la Suède, auquel Oluf donna l'impulsion, tiorsque le« Jarl » de Yestrogothie, Ragvald, demande la main de la sœur du roi de Norvège, celui-ci posa comme condition que Ragvald se ferait chrétien. Le jarl acroptn. fut baptisé et emmena avec lui en Suéde plusieurs prêtres, anglais d'origine probablement. Après la mort d Olaf nous trouvons un des évôques <le sa cour, Sir/urd ou Siyfrid, évangélisant en Yestroguthie, etenSmoland; il baptisa le roi d'L'psal Olof Skotkotiung (1007) dans la source de Husaby, ainsi qu*nne prande partie de l'entourage royal. Dans la première province, Skara devint le centre du diocèse qui 8*y établit et Vexio dans la seconde. La légende dit que Sigfrid prêcha aussi dans le reste du pays. L'église de Suède, et en particulier le diocèse de Yexio, le vénéra pendant le moyen âge comme un saint. — Sous le règne des fils et successeurs d'Olof. Amund Jacques et Ednmnd le Vieux, le christianisme lit des progrès dans le pays. Stenk.il, qui vint après eux, était chrétien, mais il refusa de détruire le temple idolâtre d'L'psal, sanctuaire central du paganisme suédois. En générai, les rois ne semblent pas avoir voulu employer la force pour implanter le christianisme, n est cependant dit que les évèques Egino (de 'ljaaà)tXAdahard (de Sigtuna) parcoururent « toutes les villes des Goths, brisant les idoles et gagnant des milliers de païens à l'Evangile. » Etienne évangélisa le Norrland, où parait-il. il mourut martyr. On dit qu'en Vestmanland l'Anglais David posa les fondements du diocèse de Yesteros. Les moines an-
glais Eskil et le suédois Rntvul travaillèrent en ScBderrnanland, où ils périrent martyrs de leur fui. A la niort de Slenkil, l'Eglise nouvelle eut uu temps difficile à traverser, un siècle de luttes entre les Svéar et lesGoths, entre le paganisme et le christianisme : eelui-^ l'emporta, sous Sverker I*'. Alors on commença à fonder des monastères, dont les pfrincipaia furent ceux d'Alvastra (1144), Nydak(1144), Vamiiem (1150). et Julda (H60), tous.de l'ordre de Cîteaux. Eugène III envoya le cardinal .V/co/oj Alltanensis ç\\ qualité de légat pour organiser l'éplise; il vint d'abord on Norvège, où il installa l'èvc^que de Slavanger, Jon^ archevêque de Tron<lhjem, puis siM'ondit en Suède où il présida le preniierconrile à Liiikn ping (1 152). On y statua entre autres que le denier de S. Pierre serait prélevé annuellement et que lo peuple ne pourrait plus venir en armes àTé» glise. Le légat avait été chargé d'installer un ajrohevèque en Suède aussi, . mais les dissensions entre les Svéar et les Groths l'en empêchèrent eette fois; il remit à l'archevêque de Lund le pallium destiné au futur archevêque (le la Suède et le nomma primas 5u^c{> et légat perpétuel du pape dans le Nord. Douze ans après, la Suède eut un archevêque à elle à rpsal, Etienne, moine d'.-Vlvastra, et les évèques de Strengnos, Yesferos, Skara cl Linkieping lui furent subordonnés : lui-niéme relevait d(^ rarcli(>vé(jue de Lund. Cette suprématie fut contestée parla suite et finalement abolie. — La période qui s'étend jusqu'en 1250 fut employée à développer l'Eglise au-dedans comme au dehors. Des diocèses furent organisés et pourvus de prêtres, les cathédrales eurent des chanoines et des vicaires. Un nouveau diocèse fut fondé en Finlaiide par les conquêtes d'Eric le saint, de Birger Jarl et de Torkel Knutson. En mêine temps, l'Eglise afiermissait son empire sur le peuple: son pouvoir, son influence et ses richesses croissaient de jour en jour. Dès la fin du douzième siècle, la vie monastique avait gagné tant de crédit qu'un mi Je Suède se fit recevoir dans l'ordre de Cîteaux. Les prêtres reçurent aussi de grands privilt-j^jes. Sverker II créa la « franchise ecclésiastique « par laquelle TEglise était exemptée d'impôts et lesaibires des clercs soustraites à la juridiction des tribunaux civils; seuls, les évéques et leschapitrès nouvellement institués jugeaient les clercs. Ils siégèrent au cooseil du roi et devinrent ses chanceliers pendant la première moitié du treizi6me siècle. La dîme fut introduite, les legs et les dons abondèrent en faveur des églises et de? monastères. L'édifice de la hiérarchie suéiloi?e fut couronné j)ar ie cnncile pc Skeningo (12i8) : le légal du pape, Guillnumi\ évé({U('(l(' .SVj/y/nt', décréta alors le célibat des prêtres, que Rome ne put jamais introduire complètement eu Norvège. Deux ans après, Innocent lY ordonna que les évêques seraient élus parles chapitres, et non plus pas lesdercs et les laïques aved la sanction royale comme jusqu'alors. Le clergé forma ainsi en Suède comme ailleurs une corporation ayant des lors des intérêts et des chefs autres que ceux du reste delà nation.— Les grandes richesses accumulées séduisirent les hommes de l'église qui, oublieux de leurs devoirs, se jetèrent dans les luttes politiques. .Vu lieu de prêcher la paix, ils ne craignirent pas parfois de rcvc^tir l'armure et de marcher à la lélc des combattants. Aussi la lin du moyeu âge voit-elle régner de grandes dissensions entre l'Eglise et l'Etat.
SCAXniXAVIE 923
Le archevêques Jœns Benf(tson Oxensfjerna et Gustave JVo//e prouvent le tristo <'tat do l'Egliso et la nécessité d'une réforme.
lî. Organisation de F Eglise en Suf'dc et m J\'nT'vège pettdant le moyen dge. L'Eglise de Suède cuniprenait alors les diocèses suivants : Upsala (avec tout le pays au Nord), Vesteros, Streognos, Skara, Liukœping, Vexiœ, ainsi que Abo en Finlande. Les provinces méridionales (la Seanie, le BbiUand et le Bleking) appartenaient alors an Danemark, le Bohuslœn à la Norvège. Les dioàses étaient divisés en doyennés (« kontrakter » ou « prostcrier ») et ceux-ci en paroisses. La Norvège était répartie en cinq diocèses : rarchméché de Trondhjem et les évéchés de Opslo, Bergen, Stavanj^rr et Hammer, aver la mt^ne division (\n'en Suède. Le chef de l'Eglise de hr Suède était le pape ; sa suprématie fut reconnue en particulier ajjrès 12o0; on le considérait avec une profonde • vénération, et il sut s'attribuer certains droits, entre autres celui de nommer aux dictés eeclésiastiqnes et d'accorder des indulgences. Cependant le pays ne vit le trafic des indulgences qu'au commencement du seizième siècle : un légat du pape, Arcimboldus, en vendit alors, paratt^il, pour plus de 200,000 francs. Immédiatement au-dessous du pape, se trouvait l'archevéqup de Lund, primas Sueciœ, Sa prépondérance cCHî-istait principalement dans je drnif de sacrer les archevêques d'Upsala ; mais ceux-ci s'affranchirent bientôt de ce juug, car au milieu du quinzième siècle, nous voyons le pape donner à l'archevêque d'Lpsala J.-B. Oxcnstjerna, le titre de /}Wmav Sueciœ, ce qui prouve que Rome reconnaissait son indépendance de Lund. L'archevêque d'Upsala • avait, outre le diocèse dont cette ville' était le siège, la surveillance des autres diocèses. B réglait les différends entre les évéques et les convoquait en synode. Les évéques s'émancipèrent bientôt, siégèrent au • conseil du roi et se jelèr^^nt dans le mouvement politique. Le chapitre, à côté de l'évéque, devait se composer d'au moins cinq chanoini'S 'pr(>positus, arcfiidiacontis, dfxanus, rantor o[ scho/asticits). Les cathédrales avaient un nombreux clergé (à Lund 83 clercs, à Upsala plus de 40). — Les monastères servirent, en Suède, comme ailleurs, de puissants leviers au christanisme et & la science ; mais ils déclinèrent prompte* meut. La moralité y laissait fort à désirer. Le nombre des doHres était de 60 à la fin du moyen âge ; la plupart des ordres de Cltcaux, Saint- F^çois et Saint-Dominique. Au quatorzième siècle, la Suède eut un ordre indigène, celui que fonda sainte Brigitte (voy. cet article, t. II, p. 434), la rig)ire la plus remar(|uable du moyen Age suédois et assurément un précurseur de la Réforme. L'instruction était donnée dans les écoles des cathédrales et des couvents (il y en avait aussi dans les grandes villes}; elles étaient très fréquentées, parfois par 300 élèves. On y recevait une instruction élémentaire, de là on allait se perfectionner à l'étranger, ordinairement à Paris. A la fin du moyen âge, on souhaita fort de posséder une université dans le pays, et il en fut fondé une à Upsala en 1477, mais les cours durent être discontinués peu avant la Réformatiou, à cause des guerres intestines. — Les mœurs, on le compriMid. étaient bien relâchées. Les Suédois restèrent, pendant toute cette époque, uu peuple rude cl récalcitrant : de là des violeuces et des eilu-
sions de sang. Lii chasteté n'était pas observée, pas même par les prêtres ni les évôques, qui donnaient l'exemple du scandale. Il y eut, il est vrai, de brillantes exceptions, par exemple Brigitte. On toit aussi des associations d'hommes et de femmes d'one vraie piété, comme celles qui existaient dans les Payses sous le nom de « Begharder » et de « Beghiner «. L'Bglise, dont pILos censuraient les vices, se tourna contre elles : une assemblée à Arhoga (1412), interdit au.x lié{:uins de parcourir le pays, mais on los retrouve encore bien longtemps après dans le voisinage do Yadstena.
III. Ln Htfornint{(ui . Olnm Palri (! i97-!55:2) fut le principal organe de la transformation religieuse de la Suède au xvr siècle. Après avoir étudié à OBrebro, sa ville natale, il partit pour Romç ; en route, il entend
• parler de Luther, se rend à Wittenberg, avide de vérité, et la lumière 'se feit dans son cœur ; trois ans d'études et de rapports intimes avec le grand réformateur et Mélanchton le préparent à porter le flambeau àe la foi dans son pays, où il revient en 1519 se fixer à Strengnos : il y est fait diacre, puis chanoine, et dirige l'école de la cathédralt\ Les principes niiuvcaux, qu'il prorlame, sont embrassés par s( n frère Laurentel par rarcliuiiai.rt' Laurent André;»». Pendant la diète de Strengnnes (1523), Gustave Vasa vit ces hommes émineuts et ils le gagnèrent à leur cause. L. Andres devint diancelier du rot et O. Pétri teraéfaire du conseil de Stockholm en même temps que prédicateur & la grande église de cette ville. La Réforme se répandit rapidement, surtout dans les villes, mal-
. gré la vive opposition du clergé et surtout du redoutable évé<jue de Linkœping, Hans Brask. La réponse que fit ce dernier lorsqu'on Ini rapporta que les nouveaux docteurs en appelaient à Saint-Paul, le caractérise : « Il eût iiiioux valu que Paul lut brûlé que connu d^^ tout le monde. » Comme (Uistave Va?a ne voulait pas imposer violeiutneut la Réforme, il ordonna à Noël (1524^ une conférence entre Olaûs Pétri et Pierre Galle, « scholasticus » à la cathédrale d'Upsala, atin qu'on pùt savoir de. <piel cdté était la* vérité. Gomme GaUe ne put défendre par la Bible les doctrines de son Eglise, celles-ci tombèrent de plus en plas en discrédit. 01. Pétri osa alors se marier malgré le droit canonique (1525). Le coup lé plus terrible porté au catholicisme fut la traduction suédoise du Nouveau Testament (L'îiiG^ faite par Laurent Andréa?, secondé par O. et L. IVtri. Toute la liibb' parut en lolf. La Réforme, qui comptait toujours plus d'rulhérents dans les vilh s. faisait peu de progrès dans les campagnes, où Ton restait attaché aux auciennes traditions. De regrettables excès faillirent un instant compromettre la cause de TËvangile : en l'absence de Gustave, deux anabaptistes allemands, Jtink et KnippetdoUmg, excitèrent une émeute à Stockholm, pendant laquelle on envahit les églises et brisa les images et ks autels. .\ son retour, Gustave calma les esprits en bannissant les anabaptistes. D'autres séditions furent soulevées par les mosures ecclésiastique? du roi et attiï^ées par les évéïjues. Le roi usa de sévérité : l'évéque Sunnain ;eder et Anut, an(iuol on destinait rarchiépiscoj)at. furent punis de mort pour avoir participé à 1 insurrection de la Dalécarlie. — A ravènemeut de Gustave, le royaume était épuisé ; aussi chercha<t-il à augmenter les
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revenus de la eouronne en aliénant différents bieQs ecclésiastiqaes. De
là, les violeates récriminations du clergé. Le coup décisif fut porté à la diète de Yesteros (io27). Le parti de l'opposition, à la tète duquel se trouvaient révéque Brask et Ture Jônsson Roos, doyen du sénat et grand-niaître de la maison du roi, fut si Tort que le roi abdiqua ; mais le clergé et la noMessp (lurent céder aux deux autre? ordres (les bourgeois et les j>aysansi ; la diète se réconcilia avec Guitavt^ ( t consentit à tout ce qu'il «Iriiiaiida : d'après le décret des Etats, connus sous le nom de Uect'Z de Yesteros, la doctrine évangélique devait être prùchée dans tout le royaume; les évéques étaient obligés de renoncer à leurs impôts eu foveur de la couronne ; Tautorité suprême dans l'Eglise était attribuée an roi, par le fait qu'on lui accordait, le droit de révoquer les prêtres nonunés par les évéques s'ils étaient immoraux ou incapables, et d*en choisir d'autres mieux qualifiés. Les évéques perdirent également leur* droit de juridiction sur le clergé dans les causes civiles. Ces résolutions brisèrent la hiérarchie. Plus de 20,000 manscs furent enlevées à TEglisé, les monastères dissous et convertis en liApitaux. Après cette diète de Yesteros, l'évôque Brask s'enfuit de la Suède et délivra ainsi la Héformalion de son plus redoutable adversair.'. Elle n'avança cependant qu'avec prudence. Eu 1529, Olaiis publia un rituel et en 1531 une messe suédoise, dans laquelle il était prescrit de distribuer la cène sous les deux espèces. Ces ouvrages furent successivement adoptés dans tout le pays. La diète de 1544 interdit les messes pour les morts, l'eau bénite» l'encens, etc., et l'invocation des saints. — Le roi fut puissamment secondé dans la propagation de la foi nouvelle par les deux réformateurs et par L. Pétri, nommé archevêque en 1331, qui fut pendant plus de quarante ans le principal soutien de l'Eglise luthérienne naissante en Suède. — Une rupture éclata cependant (1|W9) entre le mi et Olaiis Wàrï et L. Andreae, à la suite d'un crime de lèse-majesté dont ils furent injustement accusés : le Poméranien Norman et le Néerlandais Conrad de Pyby prirent leurs places. Cette rupture avait pour vrai motif, aii fiUid, l'opjiosition de- deux réîoriiiat<'urs à la manière l)rus(jue dont le roi, sur le ruii>ei] de Noruîan et de Pyhy. voulait désoruiais l'aire avancer la Uél^rnie, et à la suprématie qu'il cbercliait à s attribuer sur l'Eglise. Les accusés furent condamnés à mort, mais Gustave leur fit grâce. Us moururent tous deux en 1552. Immédiatement après cette rupture, le roi édicta une nouvelle constitution ecclésiastique qui subordonnait entièrement l'Eglise a l'Etat : Norman devait être, au-dessous du roi, le chef suprême de l'Eglise, et avoir, de concert avec un « conseil de religion », la haute surveillance (les évéques et des prêtres. Norman perdit en peu de temps son inlluence, bien qu'il ne fût jamais déposé. La mort de Gustave Yusa (1560) ouvre une ère de luttes violentes soit avec les réformés soit avec les catholiques. Sous le rè^'ne d'Eric .\IV, les réformés demandèrent la liberté religieuse, et une correspondance s'échangea à ce sujet entre l'archevêque et le calviniste français /Jinuijsius Bcurreus. Ce dernier, appeli- en Suède comme précepteur d'Erik, dont il gagna la confiance, juuu un rôle important en Suède comme théologien, mais surtout comme diplomate. Sa fin est célèbre. Après l'horrible massacre des Sture (1567),
Erik ♦'^ponlu s'enfuit dans les bois voisins d'U()s.il. ofi l'atteignit bientôt son vitMix précpptiîur : le roi en dénu nce le fit [x'-rir ènu? l'i'^pt'e de ses trabaus, C e.st Btnirrens ((ui, dans un voyage en Angleterre, engagea avec rautorisation du rui des réformés anglais à s'établir en Suède; mais eu 1567, Erik interdit aux réformés d'avoir des réunions publiques et les roenajça de bannissement s*ils cherchaient à répandre leur doctrine. — L'évéquede Vesteros, Ofeg; souleva un orage, alors que, par suite de la guerre de Danemark* le vin vint à manquer en Suède* ea proposant de substituer Teau au vin dans la cène : Beorreus soutint vaillamment une polémique avec Laurentiiis P< tri à ce sujet (« la querelle liquorisle »). Ofez se rétracta. — Jean 111, qui s'était beaucoup occupé d'études théulogiques, et ^urlcuit de la patriàticiue , fatigué des luttes acerbes entre tbéulugiens protestants, voulut reconstituer l'Eglise de Suède suivant l'idéal qu'il avait conçu dans les écrits des i^i ns, et prit une position terme entre le eatholidsme et le protestantisme, antlogue à celle du philippisme et du syncrétisme ; mais il inclina de plu en plus vers le papisme. Dès 1574, il réussit à fiiire adopter par le clergé dix articles sur le culte et la communion ; un homme faible et vacillant, L. Pétri le jeune, archevêque d'Upsala, lit rétablir (1575), plusieurs cérémonies catholiques, les fêtes des saints et des reliques. En 1576, i! nlla plus loin : il publia un nouveau rituel, le /ivre-roii'je, composé par le roi et sou secrétaire Pierre Fecht, sur le missel romain approuvé parle concile de Trente, sauf quelques suppressions de passages qui auraieut trop choqué. Cette nouvelle liturgie fut adoptée, non sans résistanee, à la diète de 1577 : mais le duo Charlest frère de Jean, refusa de Tadopler dans son duché et protégea les honiuies chassés par le roi. Les adversaires les plus marquants de ce rituel furent Abraham Angtnnannus à Stockholm et deux professeurs d'Upsala, Pet rus Jcmx et Ohf Luth: ils furent condamnés à l'exil. L'opposition devint de plus en plus vivo, car le roi trahit bieutôt son plan de ramener la Suède dans le giruu de l'Eglise romaine. Il embras.-ia lui-même la foi catholique en présence du jésuite Possevino (1578) et promit d'entraîner la Suède à suivre son exemple, si le pape voulait accorder quelques concessious (le calice Jani la cène, le mariage des prêtres, la célébration de la messe en suédois, etc.). Rome refusant, les négociations furent interrompues, et le roi eontiooa à agiter en faveur de sa liturgie. Toute résistance était violemment étouffée, mais le niérontentement de la nation alla croissant toujoun: à la mort de Jean III, toute son œuvre s'écroula. Comme «on fils et successeur, Sigismond, déjà roi de Pologne, était un ardent callioli(iue, son oncle, le duc Charles, craignit de nouvelles tentative-; en faveur du papisme; usant de son autorité comme clief du gouvernenKiit eu atleadant l'arrivée de Sigismond, il convoqua le clergé à Upsala (i593}etfit adopter les trois symboles et la confession d*Augsbourg comme les livres symboliques deTEglise de Suède. Les assistants (4 évdques et 300 pasteurs) ,8 engagèrcntsolennellementà rester fidMesauz décisions de l'assemblée. — La Réforme en Norvège fut une conséquence immédiate de celle du Danemark. Nous n'en savons que fort peu de chose. On dit qu'en 1528 un religieux du nom d'Antoine vint à Bergen prêcher la nouvelle
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doctrine à la grande joie de Id population. Après la diète de Copenhague (1536), le gouvernement .ordonna Tintroduction delà réforme en Norvège, où elle ne parait pa^; avoir rencontré beaucoup de résistance. Vn des vieux évôquos, G eble Pederst^n, àe Berfgènf embrassa les nouvelles
doctrines, et il on fut un ardont propagateur, avec Torhan 0/nfaen, évô«|iie dp Trondhjpin en 15-4:2. On peut dire <(uc la réfonno fut adoptée ni Norvège avec l'introduction de la nouvelle constitution do l'Htrliso et raltolitinii des l)ions occlt''siasti'jues. — Voyons maintenant les destinées de l'Kglise de Suède dans les trois siècles qui suivirent le synode d'Lpsala, en 1503, dont les décisions afîerinirent la réfornie dans le pays, et par suite en Bhirope. A son arrivée à Stockholm, Sigismond ne voulut pas sanctionner ces décisions; Charles et les états révisèrent alors de le couronner : il céda, tout en protestant secrètement devant le nonce du pape, Màlaspma, et en prêtant un serment contraire en faveur du papisme. Lorsqu*il repartit pour 4a Pologne, la confusion régnait partout, mais le due Charles sut rétablir Tordre et se rendre maître de la situation. Par son double jeu, Sigismond perdit la couronne. Mais des difticultés nouvelles et imprévues surgirent, le duc Cliarl<s, roi depuis iGOi, avait eu des rapports avec doux pa-teurs r> roniiés. Micronius et Forbes, (jui l'avaiont gagné au calvinisme. Il chercha dès lors avec persévérance à taire rotondre le rituel suédois dans le sens réformé ; mais l'archevêque Otaûs Martini s'opposa courageusement aux projets du roi, qui par différents écrits essaya vainement de gagner l'opinion publique. Ne voulant pas imposer son opinion, Charles renon<^ à ces luttes, qui servirent cependant à affermir de plus en plus le luthéranisme ; la pureté de doctrine orthodoxe devint le mot d'ordre du temps. Les divergences dans le sens catholique ou réformé étaient sévèrement réprimées. — Pendant les 50 années qui suivirent, l'Eglise put travailler avec assez de calme à son développement intérieur. Des évéques remarquables, comme Jean iiwJlK^rk à Vesteros et Laurentim Panlhius i j- arclievé<jue d'L'psala s'y employèrent
activement. On tuuda des éc(des d'instruction secondaire « gymnases » dans les cliot's-lieu.x de diocèse, et (lust ivo-Ado! phe dota l'université li'Upsalu, rétaldie en 15115, de grandes propriétés foncières. Une nouvelle liturgie parut en IGli. Malheureusement l'intolérance s'accentua de plus en plus. Le clergé demanda au roi de faire adopter comme symbole la Formule de concorde, Gustave-Adolphe s'y opposa. D*an autre côté, un souffle libéral passa en Suède pour réclamer la tolérance des confessions étrangères. ÛEcossais John Dury^ disciple de Calixte, s'efforça de gagner le roi au syn rétisine^ mais ce fut en vain ; au bout de deux ans de séjour en Suède, il fut banni du pays (4638); ses travaux no restèrent cependant pas sans fruits. L'évôque de Strengnaes. hum Mafthife, plaida en favoiir do la tnb'^rance, entre autres dans un écrit publié en lOV'i : Jdiui /xon ordinis in rrrleaia. Tj'évé"|ue d'Abo, Jean Terau/us, défendit la luéine cause. Le partnilti-a-orlbodoxo réussit à fairo déposer ces honiinos ôuiinents, et la Forniulo do c(uicorde fut adoptée à la diète de 16G3 : la victoire du syinbolicisme était assurée en Suède. Le règne de Charles XI marqua de plus un grand changement
dans Ips rapports âo l'Eglise et de l'Etat. Los «''V(V|iies perdirent leur indépendance et ne furent plu? que les délégués du roi. Cli;irlf^< XI exerça cependant une heureuse inlluenee ?ur l'Eglise. Il fit achever la revision des livresde l'Eglise, adopter (168Gj la nouvelle loi ecclésiastique, encore en vigueur aujourd'hui dans les dispositions principales; le projet de rituel élaboré par des pasteurs et des évéques fut sanctionné en 4693 et le secueil de psaumes, eomposé par ffaquim Spegel (évéque de Linkœping) et Jesper Svedàerg (évéque de Skara , fut approuYé et imprimé en 1694: plusieurs psaumes ayant été ju<:t's trop peu orthodoxes, une revision parut en KiDo. Le in^iiie sort Irappa le catéchisme préparé par Spegel, et le roi chari^'ca l'archevéïjue Srtj/ji/ius d'en composer un autre, qu'il sanctionna en !G89. .Mais le-; travaux de revision de la Bible n'aboutirent pas à un résultat satisfaisant. Gustave-Adolphe avait édité (1618) une bible ecclésiastique, purgée des principales fautes de raneienne; on voulut la reviser sur les textes originaux, mais il n'en fut rien : la bible publiée par Charles XII en 1703 ne rectifia que de légér<> s incorrections. — Le syncrétisme vaincu, la plus sévère orthodoxie régna sans partage* La moindre divergence était punie. Cette scolastique prostestante' eut sans dnutp ravantap:e de mieux définir les idées et de former le jugement; malheureusement, on regarda coinme si parfaite la forme dans laiiuelle s'étaient moulées les vérités acquises par la réformatiou, que tout était réputé en règle, pourvu qu'on eût cette forme. La théorie absorba la pratique, et l'on finit par admettre que là où était une bonne connaissance chrétienne^ là aussi se trouvait la foi. Pour que la vie chrétienne individuelle ne périt pas, une réaction était nécessaire. Lepiétisme, malgré ses déduits, accuraplit cette œavre. — Le piétisme est la protestation de la vie chrétienne contre le formalisme et l'e^îclavage de la lettre. Le mouvement dû à Spener s'était propagé pendant plus de 20 ans en .\llemagne avant <le venir en Suède, î^es preiniers symptômes s'en firent remarquer ^lOH'J) en Kinl.inde. Trois honnnes, le pasteur Ulsfadius, maître Sc/i<L'frr et un étudiant, Ulhegius, y furent condamnés à mort pour avoir ré^>andu des erreun et entre autres pour avoir nié Tefficacité du ministère d'un pasteur ioconverti. Schœfer et Ulhegius se rétractèrent et recouvrèrent la liberté; la peine d'Ulstadius fut commuée en une détention perpétuelle à Stoc* kholm, où on le traita comme le pire des criminels. Schœfer partit pour l'Amériqtie, mais, tourmenté par sa conscience, il revint se rétracter (1709): on le cuiidamua à la prison pour le reste de ses jours. — En 1702, on dénonça au consistoire de Stockholm deux étudi;int> qui avaient présidé des réunions piélistes ; reconnus coupables, ilsue lurent cependant pas sévèrembnt punis. Pour arrêter le mouvement, le consistoire prit des mesures énergiques (1705), et, par un édildeHOG, Charles XII menace de destitution les Suédois, qui « cherchent à miner les fondements de la doctrine évangéliquc par des principes réprouvés;» les étrangers dans ce cas seraient bannis du royaume. La pcr?cciition recommença. Laurbeck^ professeur de théologie à .\lio, fut déposé, ainsi que le pasteur Kr/i;/'-,- de Riga et F^lckcr de Pernau. Il pa^^î^ cependant que, sur la lin de sa vie, le roi se repentit de sa sévérité: il
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traita les piétistes avec plus de démence. Après sa mort, le gouvernemeot, désireux de prévenir les dangers desréunions particulières d'édification, ne permit plus guère que le culte de famille, car le trop &mcux èdit du 42 janvier 1726, appelé convendkelplakat et en vigueur jusqu'en 4858, interdit sons peine d'amende, de prison ou d'exil « de réunir dans des maisons priv»''ps des hommes et des femmes, jeunes et vieux, connus et inconnus, on «^rand ou petit nomlire, sous prétexte d'édilier ou de célébrer un culte. » Dans la même année, liîppel (voy. t. in, p. 763"! vint à Stockholm ety fitbeaucojip d'ndhéreuts ; le pasteur H. Tnllstndius, lui-méuie un des plus remarquables représentants du christianisme vivant d'alors, se laissa éblouir, nuiis il revint de son erreur et mourut aimé et respecté de tous en 175U. Quant à Dippel, attaqué par un des plus grands théologiens suédois, A. Rtfdelius, il fut obligé de quitter le pays en 1728. Vers 1740, les Hermhoutei envoyèrent A, Gradin (Suédois de naissance) et X.' Dober à Gothembourg 1741), puis à Upsala et à Stockholm ; mais l'accueil qu'on leur fit les obligea à repartir bientôt ; quand Gradin revint dans la capitale (1748), l'archevbque H. Benzelius porta plainte contre lui au gouvernertient, qui le fit reconduire sous escorte hors du roy;ninie (1710). T^e plus connu des adhérents iierrnhoutes fut le docIfMir J. lîulstrœm, le pasteur titulaire à Stockholm, mais la haine politique entra pour lieaucoup dans la porsécntiou dont il fut l objet. I)e^ (MU'/réiiations inoraves s'établirent en plusieurs localités, par e.xeujplo à Karlskrona. (îof lieiuliourg, et Uddevalla. Des pasteurs de l'église oflicielle parlagèrenl plus ou moîDs leurs vues sans se séparer de TEtat ; après l'extinction du piétisme, ils formèrent un solide rempart contre l'incrédulité. Ces mouvements eurent sans contredit une excellente influence sur l'Eglise nationale orthodoxe, qui compta dans son sein au dix-huitième siècle des hommes remarqual)les comme past'Mirs ctco:nme prédicateurs, tels que Bold, Murbeckf Elfi 'mg, etc. Le plus grand d'eulre eux fut le chapelain de la cour, A. S'ohrborg (■i-i767), chez lequel s'alliaient heureusement l'ancienne orthodoxie ot le zèle du piétisme pour la vie chrétienne.
sermons qu'il a publiés ont servi pins d'un siècle à l'édification des lidcli's. — Parmi les sectes qui .ipparurent à cette époque, il faut nommer celle de Skevikf et les Svi'il>'uhor(ji>'ns. La preniière roriiiail à l'ile de Vermdœ près de Stockholm (1730), une espèce de couvent avec un prieur qui seul recevait les étrangers ; elle fut fondée par les deux frères Srickêton de Finlande et n'existe plus aujourd'hui. La seconde fut fondée par Svedenborg (•{• 1772, voy. ce nom), fils de révéque Jetper Svedberg. Il renonça à toutes ses fonctions dans l'Etat pour se vouer à ce qu'il regardait comme le but de sa vie. Il croyait avoir des .visions et, par sa communication avec les esprits, la correspondance qui a lieu entre le monde visible et l'invisihle lui fut révélée. Il découvrit ainsi qu'il y avait dans le ciel différentes foncticms, le mariage, etc., bien que d'une nature supérieure. Il rejetait la Trinité, l'expiation, la justilication par la foi, etc. Le Svedenborgianisme s'est répandu en Imrlelerre. en Amérique et en Allemagne, En Suède, le mouvement :ominença vers 1770, mais ce n'est (juc dans ces derniers temps qu'on a
essayé d'organiser une coniinunauté. — Nous avons vu que rintoléranee l'tait grande à cette époque.Un commencement de liberté religieuse ne • lut réellement accordé qu'en I72i aux réformés [h Ulricelianin en 17il, ils obtinrent (léHuitivoiiient le droit d'avoir des églises dan? les ports de mer (sauf à Karlskronai. En 17Hi, on permit aux rallioliques d'exercer leur culte et aux israélites d'avoir des synagogues à Stockholm, Gothembourg et Norrkœping. — L'époque suivante, comprenant à [M U [)rès les règnes de Gustave III et de Gustave IV, a été appelée le siècle de « la néologie. » Gustave III, élevé par sa mère dans les . idées voltairiennes, introduisit à sa cour un esprit superficiel qui ne cherchait qu*à satisfaire I ^ Im soins esthétiques. Le clergé s'en ressentit. De plus la corruption avait l'ait bien dt^s ravages parmi les pasteurs nu if/n/js dit de la liherlr^ aussi n'eurent-ils ni la foi ni le courage nécessaires pour combattre l'esprit du temps: ils cétlèrent au goiU du jour. Le plus connu de ces prédicateurs fut )t. Lehnherg 1808 évéque de Liukuiping), qui cachait sous une éloquence ampoulée le vide de sa foi. On peut aisément se représenter comme l'Eglise était admininistrée dans de pareilles circonstances. Les places se vendirent ouvertement par le favori de Gustave III, Schnederheim, jus({u':: < > i|ue ropposition puldique obligeât le roi à interdire ce criant abus. Le département des affaires ecclésiasli'iues. institué (1790, sous Waliqvhl, évéque de Vexiœ, eut pour but de mettre plus d'ordre dans le gouvernement de l'Eglise, mais il ne subsista que jusqu'à la mort di' Gustave III (1792). Les aurions livres en usage dans le culte ne pouvaient naturellement pas plaire à la néologie. Après trois projets successifs de psautiers, dont l'un dit de Ceisuis était orthodoxe mais sans poésie, tandis que celui dUpsala (1793) altérait et mutilait les plus beaux psaumes d'autrefois, on adopta celui du célèbre y.-O. Wallin (+ archi vé.iue en 1839) : sanctionné en I8!9, il e«l encore en usage aujourd'hui. La révision du rituel, proposé en 1793, fut sanctionnée en 1810: l'exorcisme et le signe de la croix y furent alors abolis, et on y ajouta un artieb- sur la confiniiatinii de la jeunesse. l'iie refoule du catt-t liisuic, due à 1 an hcvéque Liudhiom, fui éj^aleinont publiée et introduite dans l'Eglise. En 1793, une Commission de viu^l et un membres, instituée pour reviser la version de la Bible, publia un pri)ji 1 «ju'on dut rejeter comme insufflant. Depuis lors, la Commission renouvelée a publié plusieurs projets (le dernier en 1877), mais aucun n'a reçu pleine approbation : la version actuelle est faite d'après cfWt de Luther, dans tue langue surannée. — Même à l'apogée de la néologie. l'Eglise ne manquait pas d'hommes pieux pour combattre l'esprit du temps et mtrrlcnir b' feu sacré parmi le peuple. Citons les lidMe^ prédicateurs G. lioscn 178i), ToNcsoh (f 1819), l'ardent orateur piqtulaire, L. Lindcroth 1811), et surtout //. Srharlau '■^ ISiTi . renouimé par ses prédications et par ses ouvrages homiléliques. Lorsque la néologpie fut lasse de ses phrases creuses, et que la révolution est fait voir l'abîme vers lequel l'impiété entraîne les individus comme les peuples, il y eut en Suède une période de transition semblable an sopranaturalisme de l'Allemagne. Parmi les chefs, nous nomneroDi
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C'Q Rogberg (f 1834), professeur eû théologiei 7.-0. Wallin ( « la harpe de David dans le Nord » ), l'évèque /.-J/. Franzen 18i7), éga- Iciiieot auteur de beaux psainnps mais plus pénétré du christianisme biblique, ansi que les prédicateurs de génie, J.-II. Thomunder (f 1863, évéque de Lund), et Pierre U'eselt/ren, (f doyeu de Gothembourg . Le frenre de prédication qui domine aujourd'hui est lidèle à la Bible, sauf de très rares exceptions. — L'époque que nous venons de retracer vit dt^s réveils remarquables qui renouvelèrent la vie religieuse de l'Eglise. Ils sont souvent de plus d'un genre; parfois même ils ont dégénéré en séparatisme. Déjà vers 1770, ou vit paraître dans les provinces du Nord descroyauts^e Ton appela par moquerlede8« Isesare » (liseure, d*oiilenom de laiseri donné à la tendance) : loin de se séparer de lîSglise, ils venaient fidèlement au culte, et, à juger par les firuits, leur œuvre était excellente. Mais, au comoiencement du dix-neuvième siècle, le mouveuient s entacha d'autinomisme; les anciens livres d'éditlcation furent rejetés par ces « nouveaux liseurs, » portés aussi à la dissidence. Une lutte devint inévitable entre les anciens liseurs et les nouveaux, et, grâce ;\ la vivacité de la population du Norriaiid, les discussions orales dégénérèrent vite en querelles. L'évèque Aliinivisl à Ilernœsaud cherclia à ramener les esprits égarés, mais la lutte dura jusqu'à ce que, en 182:2, le gouvernement, abrogeant pour le Norrland les principales dispositions de l'édit de religion de 1726, permit de tenir des réunions religieuses sous certaines conditions. Dans les autres parties du pays, au contraire, le joug restait toujours accablant. Des hommes et des femmes, qui ouvraient leurs maisons ou assistaient à des réunions d'édification, étaient condamnés par les tribunaux à des amendes qu^ils ne pouvaient payer: ils devaient purger leur peine en prisun « au pain et à l'eau », et y rester parfois jusqu'à â8 jours. Ce lut le cas, par exemple, en 1845, pour un paysan qui n'avait lu que des Iragmenls de la Bible et le Notre Père à une assemblée de 13 homnjes et de 20 fenunes! Ce ne fut qu'en 1858 que le « Conventikel-plakat r> de 1720 lut abrogé: de nouvelles lois permirent aux dissidents de iuuderdescommunautéset d'avoir des réunions religieuses. Nous ne pouvons passer suus silence une secte étrange qui lit beaucoup de bruit dans le pays. En 1843, un paysan d'Upplaud, I^rik Jansson, se donua pour un envoyé de Dieu et compta bientôt beaucoup d'adhérents, surtout parmi les femmes. Il enseignait que le croyant était parfaitement exempt de tout péché. Gomme il attaquait l'Eglise avec violence (à deux reprises il amassa des ouvrages luthériens d'édification et eu fit un bûcher), les autorités intervinrent. Lui et ses partisans allèrent fonder une colonie conmiuniste en Amérique, où l'imposteur fut tué par un de ceux quil avait trompés. — Parmi les confessions qui vinrent s'établir en Suède, il faut nommer en premier lieu les méthodistes. Ils eurent peu de succès au début. Le pasteur G. Scott (+ 187 4] réussit bien à former une cum miniaulé, mais ayant blessé le sentiment national des Suédois par des )U:-ements sévères ï«urleur piété et sur leurs nueurs dans un voyage en Angleterre et eu Amérique, il rencontra à son retour une vive opposition. Le culte fut troublé par le peuple ameuté et la cliapelle fut fermée en 1843. Le méthodisme épiscopal s'est beaucoup t'épandu ces
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dernières années et a fondé de nombreuses églises. Les membres, profitant de la loi sur la dissidence (1873) sont sortis régulièrement de
Té^Mise officielle. — Le baptittne vini de nambuurg(lR30)eD Danemark où il se répandit lentement au début, sansfaire de propagande en Suède.
Dans ce pays, il fut introduit p;ir uu marin, F.-O. NUsson, qui, à son retour d'AuuTiquo, se convertit aux idées baptistes (!8î7) et Irs prêcha dans son lieu natal, oîi il fonda une p*'tite coUj^Tt-galion , pn-s de Gt»tlieinbourg), ce qui le lit condauiner à l'exil ^1851). Quelques années auparavant, plusieurs croyants de Stockholm arrivèrent aux mêmes vues sans influence du dehors; A. Viberg, pasteur démissionnaire (1850) de Tégliie officielle, fut gagné à la cause, se fit baptiser à Copenhague et, après trois ans de séjour en Amérique, revint en Suède (1855) comme missionsionnaire d'une Société baptiste américaine. Une congrégation fut fundéeà Stockholm, puis àOErebro, d'autres eu Ostrogothie, eu Dalécarlie, et enfin dans tout le pays oii l'on compte aujourd'hui (mars 1882) iy,yil) iueiiibre> baptistes répartis dans 345 congrégations, avec uu séminaire théuloL;i<|ue, dirigé, depuis 1866, par K.-O. Broady (2^ étudiants en 1882). Saul uue congrégation, les baptistes n'ont pas voulu s'adresser au gouvernement pour être officiellement reconnus, leur conseienee se refusant à obéir & la loi sur la dissidence et entre autres à renoncer à leurs nombreuses écoles du dimanche, oh les enfants sont en majorité luthériens : ils restent donc inscrits dans Téglise de l'Etat. — Les Mormons, qui vinrent en Suède après 1880, firent beaucoup de proséiytes au début, surtout à Stockholm, mais paraissent être actuellement sur le déclin {voyez en outre à l'article .S'wé^/e pour le uiouvtMuent pnivoijué par "Waldenstnem). — La vie ijui s'était réveillér dans l'Ej^lise donna n iiàsance à diverses sociétés pour ravancemeuL de la loi dans le pays aussi bien que chez les païens, par exemple la «Société /)ro fide et chrtstianism (dont Tactivité se borna presque à Stockholm), fondée en 1771, et la Société évangéUque, fondée en 1808, à laquelle succéda, en 1856,{17iifl»> (ution nationale évangêlique [luthérienne), qui cherche par ses évangélistes et ses publications à éveiller et développer la vie chrétienne parmi le peuple. La Société Suédoise des Missions ^1835) soutint des missionnaires appartenant à d'autres Sociétés, tandis quela Si>cici>- des Missiotis de httid. fi.ndée m 1845, par le zélé ductrur Fjellstcdt ,t IHHI) en envoie eu Chine et dans l'Inde. Une mission dans l'Afrique uneutale «i été créée par riostitution nationale évangélique. Enfin VLylise Suédoùe a fondé une mission pru[)rc, suivant une décision du synode de 1873. — La mission parmi les Lapons a été l'objet des travaux de Tudeman, FjelUtrœm et Hœgstrœm, etc. dans les siècles précédents, et de Pierre Zœstadius dans celui-ci. — Quant à la Norvège, unie au Danemark jusqu'en 1814, elle n'échappa pas à l'incrédulité qui ré^'uait dans le pays au dix-huitième sit'clc Un mouvement évan|j:éliqiit> y fut c^minieiicé en 1799, par le paysan norvégien //ans yielscn //au;/(' qui protesta avec chaleur contre 1 impiété dominante; poursuivi au d«l»ut. il put ensuite continuer en paix son œuvre bénie, qui réveilla l'Eglise 6t ramena les pasteurs à l'évangile. L'université fondée en 1818, à Kristiania, embrassa avec ardeur la foi de TEgUse et combattit rincarédulité.