‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 138 sur 158 · SIMILITUDES — SOCIALISME · texte numérisé non relu

SIMILITUDES — SOCIALISME

quelconque avec l'idée mère de la parabole des talents. — Yoyes Lisco, Die Parahnln Aw^; Thiersch. Die Gleichnisse Christî 1867; 2* édit., Francf., 1875; Beyschla^% Die Gleichnissreden des HeiTJi, 1875 ; Danz, Univrvsnl-Wœrterhuch, p. 127, et supplément, p. 79; W. Mangold, Popultcrc Auslvguufj Sii'mmtUrhpr Gleichnis$n Jesit Christi, 3" édition. Leipzig. 1878; L herméneutique des Paraboles, par Ed. Scherer, dans la Krrue de tficoloffie de Strasbourg, tome I ; De l'niseiijnement de Jésus-Christf par le même, tome VII; De ienseujneiuent para' boliqucy par Goguel, même Hevue, même tome; Saint-Marc Girardin, Cours, de lUtérature dramatique, passim; Claude, La Parabole des noces; Sermons sur les paraboles , par M. le pasteur Buisson ; id.f par le pasteur OUier; Westcott, Introd* to (ke Study oftke Oospcls. ch. VII; Dean Trench, on the Parabtes^ Introd. Remarcks; Stier, Die Worte des Herm Jesu^ 3« éditioD» Leipzig, 1874.

Edm. Stapfer.

SOCIALISME. — Pour ('vitertout malentendu, il nous faut essayer tout d'abord de tracer une ligne de déniarcation aussi nette que possible entre le socialisme et b) counnunisme, que Ton a souvent confondus. Le corumuiiisiiie remonte aux origines de IMiumanité; il est IVtat social de l'humanité primitive. Aune époque rtdativement récente, environ ([uatre siècles avant notre ère, Platon, en réglant la vie sociale de la classe la plus importante de sa république idéale, a tracé Je programme permanSnt du communisme. Celui-ci consiste tout simplement à abolir la ' propriété et la fomille; les citoyens d'élite, qui ont pour mission de protéger la République, ne doivent rien posséder en propre, mais c'est à TEtat de subvenir à leur subsistance; les enfants ne doivent pas connaître leurs parents, ils sont les enfants de l'Etat qui se charge de les élever; le mariage est saint et la lidélité conjugale e>t un devoir sacré; mais tous les mariages doivent être renouvelés cbaquc aimée par le sort. Tel est le tbèuie sur loquid b's communistes ont modulé leurs variations pendant des siècles. Pour n'en citer que les principaux, ce fut, en Angleterre, le cliancelier Tliomas Morus qui, tout en protestant contre Tapplication de sa théorie, traça le tableau le plus enchanteur de l ile d' « Utopie » (1518); un siècle plus tard (1637), ce fut le dominicain calabrais, Thomas Gampanella, qui décrivit la « Cité du Soleil >».Ce furent, en France, J.-J. Rousseau (Discours de l'inégalité des conditions socialest 1753 ; Contrat social, 1763); et Mably [lÂgislaiion ou principes des lois, i776), qui regardèrent la communauté de biens comme la condition de Tégaliié humaine; Morelly (17.75) qui consigna ses élucubratiens dans le Code de la .Xature, et qui du moins eut le mérite d'avoir pressenti le système décinuil et d'avoir songé à créer des hôpitaux ainsi que des asiles pour la vieillesse. Mentionnons aussi les déclamations écrites et orales qui retentirent dans les journaux et les clubs de 171)0 à 1793. Ce sont là des onivres d'imagination i-sues do l'état défectueux de l'ordre de choses alors existant et témoignant d'aspirations sociales, encore bien vagues, vers un étal meilleur. — Mais le communisme n a pas seulement existé à l'état de théorie. A différentes reprises U en fut fait des essais d'application, tantôt paisibles et tantôt violents.

SOCIAUSME

Parmi les premiers noii> rangeons les esséniens et les thérapeutes, ijui, les uns sur les rives de la Mer Morte et les autres au Inml du lac Maréotisen Egypte, menèrent dans le célibat une vie ascétuju»' < t coutemplative ; la première communauté chrétieune de Jérusalem ijui, par une exagération enthousiaste du commandement de l*amour Irateroel et dans Tattente du retour prochain du Christ, avait mis en commun ses esp/'rances religieuses et ses biens temporels pour ne plus former qu'une famille de frères; telle fut ensuite, à partir de Tannée 33(), la «vie en commun» des moines chrétiens: telle fut an?si la tiiéucratie puissante établie au Parnf^aïay par les missions jésuites et devenue si florissante par [lar le travail eidieetit des indigènes (1608-17G8); telle est encore laotnmunaute mystique, nuiis laborieuse, des Frères moraves, fondée à llerrnhut en 1727, et qui compte actuellement, tant en Europe qu'eu Amérique, quatre-vingt neuf maisons» renfermant plus de vingt mille adeptes. Ces associations, dominées par des idées religieuses, ont érigé en règle la communauté de biens, et un certain nombre d'entre elles ont supjprimé la famille. Mais des tentatives semblables furent faites aussi en dehors de toute influence religieuse. Robert Owen 'né en 1771. à Newton, dans b' cntuté de Monigomery, où il mourut le 17 novembre 18o8; fut en ruéme temps le fervent a[)«")tre et le malheureux expérimentateur de la communauté de biens; sincère et dé>inléressé, il consacra son immense fortune de plus de douze millions à la poursuite de cette chimère. Après avoir réussi, à force de douceur, d'habileté et de prudence, à moraliser la population ouvrière du village de New-T^-anark, près de Glasgow, il se crut appelé à une mission plus universelle. Dès 1812, il proclama l'irresponsabilité la plus absolue de l'homme, et en 1817, l'abolititm de la religion, do la propriété et du mariage. D'abord accueilli ave.- enthousiasme, mais bientôt repoussé avec horreur par ses compatriotes, Owen se tourna vers les Ktats- Unis (182i); mais, entrepris avec b-s éléments les plus disparates et les plus impropres à la colouisation, sou essai de New Nannotiy, dans TEtat dlndiana, écboua, ainsi que celui qu*il fit trois ans plus lard & Orbiston, près d'Edimbourg. De même, Etienne Cabet (ué à Dijon, le 2 janvier 1788, mort à Saint-Louis, Missouri, le 9 novemlWe 1856) a exposé son système comumniste dans son « "Voyage en Icarie » ;I842). mais a éprouvé le plus désastreux échec dans rapplieation qu'il tenta d'en faire à Nauvoo, au Ti vas. — Le coiunmnisme violent est représenté en Allemagne, au se izième siècle, par le fanati(jue Thomas Miinzer (1 iîU>- I52o). et par le sanguinaire Bockelsoii , dit Jean de Leyde (1510 1535). Eu Frauce, à la lia du dix-huitième siècle, il a pour défenseur François-Noël (dit Gracchus) Babeuf, né à Saint-Quentini en 1764. Sous prétexte de fonder le règne du bonheur commua et de l'égalité matérielle et intellectuelle. Babeuf avait excité chez tes mécontents de toutes sortes àf< ennvoitises (ju'il se proposait d'assouvir parla spnliatioM et l'assassinat des riches. Il avait réuni dix-sept mille conjurés autour du lui et allait mettre son projet à exérution. lorsqu'il fut trahi par l'un d'eux, arrêté le 10 mai 1 790, condamné à nuTt et décapité à Paris, sur la place du Change, le 20 mai i7U7. — Les membres de la

Commune de 1871, los sociali?t»»!4 révolutionnaiivs, Ips colloctivistos et Jes anarchistes revenus depuis 1880 de la Nouvclle-Galédonir, le parti communiste qui depuis quelques année;? lait trembler l'empire d'Alleniag^ne, sont les héritiers et les continuateurs de Babeuf. — Aiitre chose est le sut ulisuie. Le terme de socialisme est d'origine récente. Malgré . la reveDdication de Pierre Leroux, qui prétend «c avoir forgé ce mot par opposition à individuaiitme qui commençait à avoir cours » {La Grève de Samarez^ 1863, liv. I, chap. XXXXII), o*e8t bien Louis Reylnud (né è MarMUIe le 15%oùt 1790, mort à Paris, le 28 octobre 1879) qui en est l'inventour. Car tandis que Pierre Leroux n'avait fait paraître son £s$aisur i Egalité qu'en i837, et son livre De iHumaniip qu'en 1840, Louis Reybaud avait employé ce mot dès 1836, en publiant dans la Hevue des Deu.r-}f ondes, de 1836 à 1838, une série d'articles intitulés Socialistes modernes, et réunis pour la première fois en un volume en 1840. — Si r«'xpression « socialiï^me » anjuit rapidement le droit de cité dans notre vocabulaire, ou est loin d'étrp d'accord aujourd'hui même sur le sens qu'il faut y attacher. Louis Reybaud appelle « socialistes modernes» les chefs d'écoles qui, depuis le conimenceiuent de notre siècle jusqu'à l'épot^ue où il écrivait, avaient proposé un pian de réorganisation sociale; l'épithètc qu'il emploie^ semble impliquer qu*à son avis il y aurait eu des socialistes antérieurement. — Pierre Leroux entend par socialisme «une organisation politique dans laquelle Tindividu sf>rait sacrifié <\ hi société »: ce serait la suppression de la personnalité, de la liberté et de la propriété de chacun, au profit de je ne sais quelle personne collective. Cette conception, bien vaerue et l»ien diffuse, ressemble fort au communisme, et nous transporte d'emblée dans le «îomaiuc des rjiimères. — Uans ses Mélanges /jo/lfiqiies et littéraires (I8il), Lamennais (né à Saint-Malo le \\) juin 178i, mort près de Ploërmel, en 185-i) désigne, sous le nom de socialistes, les partisans de la réforme sociale, et sous celui de socialisme^ la tendance générale des « républicains d*actiûn» qui ont vécu immédiatement après 1830. — Voici la définition que lé IHctionnaire de f Académie, édition de 1878, donne du socialisme : « Doctrine des hommes qui prétendent changer l'état de la société et la réformer sur un plan tout à fait nouveau. » Cette définition «st beaucoup trop générale; déplus, elle donne à entendre que toute réforme et tout progrès, toute suppression d'alnis, toute tentative d'améliorer le sort des bommes et des peuples, en abandonnant les sentiers battus de la routine, serait du socialisme. — I^i délinition de JJttrt' est encore moins heureuse : « Système qui. subordonnant les réfunnos politiques, offre Jin plan de réformes sociales. » A ce compte, ïioiï seulement tout homme privé, mais encore tout gouvernement qui propos«îrait des moyens nouveaux en vue de procurer aux citoyens une plus grande somme de bien-être et d'indépendance, serait socialiste au premier chef. — Il importe de préciser davantage et de fixer le sens du moi de « socialisme », car ce terme est devenu extrêmement élastique, 3fix^ qu'à l'origine on a oublié de convenir de sa signification, de sorte |ue <^acun lui a donné celle qui était le plus à sa propre convenance. ~ Le socialisme est né de l'état de choses qu'on est convenu d'appeler

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la quettàm sociale ou le problème toeùU, Or, cet état de choses n'existe

que depuis le dix-neuvicuie siècle, puisqu'il est uae consé(]ueDce ila priiicip*' de la liberté et de l'égalité proclamé par la révolution <lo 1789. Le proMfMiiP social consiste dans le désaccord du capital et du travail. dans In pruerro soiirdr que se font Ips capitalistes et lf'> proL iairpï. Quelle ([lie soit d'ailleurs la forme qu'il alTecte, le socialisiiu' st- jiri>|K)se de régler d uuc manière plus équitable les rapports des capitalistes et des travailleurs, par une détermination nouvelle des lois du travail. A cet effet, tous les socialistes invoquent le concours de l'État. — Le socialisme n*est pas une doctrine, mais une. tendance qui a toujours en vue l'amélioration du sort de la classe ouvrière, et qtii se traduit par uncertain nombre de systèmes. Tant qu'il reste à l'état de théorie, le ?"H-ialisme est une branche de l'éconoinie politique et fait partie du <l<iiiiaii)e de la science : lors<}u'il entre dans la vie active, il est parfaitement Ic^ritiine aussi lon^'temps qu'il respecte les lois de TElat; mais du moiueul qu'il les transgresse, il se met lui-même hors la loi. Tandis que le communisme aspire à produire Tégalité parfaite en passant le niveau sor rhumanité, le socialisme prend la société telle qu'elle est et tente de perfectionner les coaditions de son existence; néanmoins, ainsi que le prouvera l'exposé qui va suivre, un certain nombre de systèmes s<jdalistes offrent d'incontestables points de contact avec le communisme. — C'est en France que le socialisme a d'abord vu le jour: il y a n'V«'lu quatre formes diiFérentes. Au commencement du dix-neuvième siècle, deux hommes extraordinaires, dont Tua vivait à Marseille et l'autre i Paris, travaillèrent simultanément, mais à Tinsu l'un de l'autre, à résoudre le problème social : ce furent Fourier et Saint-Simon. Ordimirement, on regarde SatntpSinion comme le premier promoteur du socialisme. C'est là une erreur que les historiens de ces doctrines ont probablement nuuinise parce ijue l'école de Saint-Siiuon a fait d abord plus de luHiit que celle de Fourier. (ju'elb" s'«'st éteinte Ion frtemps avant celte deriiit ie, et eulin parce qu'après la dissolution ilu saint-simonisiiie, un graud nombre de ses adeptes passa dans les rangs du fouriérisme. Saos doute Saint-Simon a publié plusieurs écrits avant Fourier, mais tous ■ces ouvrages appartiennent à Tordre philosophique et politique, et ce • n'est en réalité que dans son « Catéchisme des industriels » (quatre cahiers tle I8i;i-18:24) qu'il al>orda la question sociale. Fourier. d'autr* part, a, dès IH08. fait imprinierà ÎA'on, sans nom d';iuteur. sa < Théorir des quatre mouvements et cet ouvrage contient déjà le résuiiit' lit' tout 11- système (jue l'auteur déveUq)pa en 182i, c'est-à-dire un au avant la publication du premier cahier du Catéchisme, dans sou <• Traité de l'Association domestique agricole ». Il n'y a donc pas à hésiter : c'est bien & Fourier qu'appartiennent les honneurs de la priorité. — Charles Fourier, né à Besançon le 7 avril 1772, resta jusqu'à sa mort (IOi>ctobre 18,'n) simple commis dans une maison de comiiierce de Marscilu'- A la base de son systènn-, il place l'idée de Uieu, druit la volonté se ininife^te par l'attraction universelle ; de là quatre UKUivemeuls : le nmvemeiil matériel ou l'altractitui du monde découverte par Newton; 1^ mouvement organique ou 1 attraction dans les propriétés dessubstaucci;

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Ib mouvement mtelleotuel, c'est-A-dire l'attraction des passions et des instincts ; enfiii le mouvement social ou Tattraction de l'homme vers sa . haute destinntion. L'attraction vient de Dieu, ello • st laloi des honnnes comme elle est celle des mondes. La destinée de l'homme est d'être heureux sur la terre, et le devoir de la société est de le placer dans les conditions les plus favdrablos poiir réaliser le bonheur. Si co luit n'est pas encore atteint, c'est parc»' que Tordre social actuel est inconipatilde avec l'entier essor de nos facultés et de nos penchants. Pour devenir heureux, il ne faut pas que l'homme résiste à ses passions ni qu'il les comprime ; il doit au contraire y céder et se laisser diriger par elles i car elles sont une boussole que Dieu a mise en nous. Ce n'^st pas le coMir hu main qu'il faut essayer de changer, c'est un nouveau milieu qu'il fant créer aux hommes. Et voici pourquoi : «ebm Fourier, il y a chez rhoniiiie douze pas?ions fondamentales, qui ont trois buis déterminés : l" Les passions <les cinq ï-ens produisent la s-anlé et la fortune; 2° les quatre passion.s aflectives qui ^ont l'amitié, rambitiou, l'amour et le familisme ou lien de parenté, produisent l'association des hommes en groupes selon les affections ; 3* les trois passions rectrices qui sont rémulation, le besoin de changer de travail et l'onthousiasuie (cabaliste, papillonne et composite) engendrent la di:<tributioii régulière ou mécanisme des groupes. Or, c'est du jeu régulier et libre des passions que nail l'unité d'action ol de mouvement, X li(trmi»iH\ — Le nouveau milieu, que Fourier apijeilc de tous ses vœux, serait créé par le régime de l'association. Voici comment se le représente notre auteur : sous l'empire de l'attraction des passions, les membres de la commune sociétaire se constitueraient en groupes de 7 à 9 personnes ; 34 à 32 groupes formeraient une série; 8 à 10 séries formeraient une pAa/on^e composée de ItSOO à 1,800 personnes et résidant dans un phalanstère. Sous ce nom, Fourier désigne un vaste bâtiment de plusieurs centaines de toises de front, s'avancanl en ailes sur les c/)tés et replié sur lui-même <le manière à former en se doublant des cours élégantes et spacieuses, séparées par des couloirs sur colonnes qui relieraient ensemble les dillérents édifices ; une rue-galerie au premier étage régnerait tout autour des bâtiments et offrirait toutes les fecilités pour circuler et se rendre aux ateliers de travail et aux réunions. Dans le phalanstère tout serait arrangé pour un genre de vie agréable et indépendant, commun ou isolé au choix de chacun. Chiique phalange cultiverait un domaine d'une lieu(! carrée environ. Cette; exploitation ne serait pas ré(|nivalent de la connnnnauté de biens ; car ce tlomain«' si-rail constitm'' par une nssoc'uition de propriétés librement mises ensemble par les propriétaires limitrophes, pour être livrées à une exploitation unique qui serait beaucoup * moins dispendieuse qut; l'exploitation distincte de chacune d'elles ; ainsi associées, les propriétés rapporteraient le triple ou le quadruple dë leur revenu actuel, et Fourier n'hésite pas à promettre un intérêt de 15 p. 100. Au moment de la remise de sa terre, cha«iue propriétaire la lerait estimer et recevrait en échange un titre actionnaire dont il tourlierait le dividende. Eu régime sociétaire, l'attraction passionnée donnerait <ln charme au travail, puisque chacuu ue vaquerait qu'aux occupations de

SOCIÂUSMË

son choix. Par suite de la combinaison des forces et de l'exploitatioD , unitaire du sol, la production serait immense; il n'y aurait plus de privations, car tous pourraient arriver à l'aisance et môme à la fortune; le capitaliste et le travailleur coneiuraienl la paix et chacun {)f r<:evrait sa part légitiuio du produit ^cuéral. Pour opérer avec justice cette n'partition des ijénélices, ou tiendrait compte du capital qui comprend tout moyen d'action, aussi bien la terre que TiDstrument, du /rat;ai7qui consiste en tout exercice des fecultés de Thomme, et du talent qui est remploi isupérieur de ces mêmes facultés, Thabileté dans le travail Ces trois facteurs représentent les individus Ims tous leurs moyens de production, et par conséquent dans tous leurs droits à la consommation. Chaque nioinltre de la phalange <levrait, autant que possible, participer aux intéièts des trois catéj;ories. Tandis «pie dans le ré^MUiC morcelé le capitaliste, le travailleur 1 iiumiue de talent se rançonnent tour à tour suivant les uiouvemeuts irréguliers de k concurrence, eu régime sociétaire le revenu serait social avant d*étre individuel; il serait dressé un inventaire régulier de la somme des produits de Tarsociation, et le levenu net serait réparti au prorata des capitaux engagés par chacun et de la part <|ue chacun aurait prise à la production comme travailleur ou comme li(imme de talent. De là tnds paris, dont la première de 1 douzièmes serait destinée à servir les intérêts du capital ; la secondt*, de 5 ou (i douzu'iues. à rétribuer le travail, et la troisième, de ûl ou 2 douzièmes, à être répartie en primes au talent ; dans la réparlilioa delà part du travail, Fourier voudrait donner la plus furte récompense aux travaux de première nécessité qui, généralement, sont aussi les plus répugnants; viendraient ensuite les travaux simplement utiles et enfin les travaux d'agrément ; de cette manière, la pauvreté disparaîtrait, et l'on verrait s'établir V harmonie universelle. La rétribution des hommes de talent serait très facile, pnistiue ceux-ci occuperaient déjà dans la phalange des positions dignes de leur mérite. Quant au talent supérieur, qui est le génie, c'est Thuinanité entière qui lui décernerait sa récompense par la voix d*un jury siégeant dans la métropole du monde. — Avant de prendre congé de Fourier» nous ferons observer que l'étrange position faite à là femme et l'éducation préconisée pour l'enfance dans le monde hannonien, aboutissent directemeni à Tabolilion de la (araille; de ce chef, ce système présente un point de contact évident avec le commuiusMie. — La foi de Fourier en riufaillibilité de sa liiéerie était inébranlable, liérauger en donne celle preuve caractéristique : dans un de ses écrits, Fourier avait donné rendez-vous ù midi, dans son domicile, à l'homme fortuné qui voudrait bien lui confier un million pour l'installation du premier phalanstère; pendant dix ans, Fourier rentra chaque jour chez lui exactement à Theure de midi, dans l'espoir de trouver son riche inconnu..., mais ce fut eu vain.. Cependant il pid se réjouir un moment d'avoir trouvé son homme. Baudet-Dulary, (pii s'était eiithou.-iasiiié de suii système, mit à sa disposition pour un essai son domaine di' .'iUU liectares, sis à Condé-sur-Vègres. On coinuieijça vivement à défricher, à cultiver et à bâtir, mais tout à coup les fends manquèrent, et l'expérience ne put avoir Heu. Cette aventure faillit

tupr 1p fouriprisnifi (I83'{). Ce fut M. Victor Considérant {né à Salin?, Jura, le {•> octobre 1H08) qui le releva, et devint le chef de racole socirtaire. Tout en acceptant d'une manière gén'érale le système de Fourier, il ne se laissa pas river à sa doctrine, car il croyait h la possibilité de réaliser des progrès dans la voie ouverte par le maître ; c'est dans ee but que, de 4836 à 1843, il rédigea la Phalange. 11 eut le mérite de comprendre que la tâche qui incombait i son époque et à son école, an milieu de la lutte des partis politiques, était d'améliorer la condition sociale du peuple. Dès ^839, il attira l'attention sur la contradiction flagrante qui existait entre la distribution des richesses et les aspirations du prolétariat, et recommanda comme seule solution possible du problème d'admettre le principe que l'homme ne possède légitimenient que ce qu'il a produit par sou travail. Devenue de plus en ])\u> militante, Técide sociétaire contriluia pour une large part à faire du prolétariat une puissance politique et à amener la révolution sociale de tS'iH, basée sur la contradiction qui existait entre la position faite au prolétariat et les idées de liberté et d'égalité. Après s'être efforcé en vain de faire accepter la théorie de Fourier par l'Assemblée nationale, M. Considérant s'éclipsa, et peu à peu Técole sociétaire s'évanouit. — Le comte Claude- Henri de Saint-Simon, né à Paris, le 17 octobre 1760, mort le 19 mai 1825, était le petit fils du célèbre auteur des Mémoires. Après avoir combattu aux côtés de Washington et s'être inutilement eiTorcé de gagner le vice-roi du Mexique à la cause du percement de l'isthme de Panama, il revint en France, perdit toute sa fortune par suite de la révolution, spécula pendant sept ans sur les biens nationaux et consacra les lii.(MK) francs, (|iril avait gagnés, à refaire son éducatnoj à l'Aîxe de quarante ans. Depuis 1802 jusqu'à sa mort, il vécut dans lapins jj^randc gène, et ne fut soutenu (sauf un seul jour) (|ue par la foi en sa mission providentielle. Saint-Simon n'a pas édifié un système complet ; nous ne trouvons chez lui que des pensées détachées, des lueurs et des pressentiments. Les deux ouvrages dans lesquels il a consigné ses idées sociales sont : le Catéchisme des industriels et le Nouveau Christia-' fiàme. Dans le premier, Saint-Simon s'occupe de la classe industrielle, et par ce nom il désigne tous les travailleurs qui, parleurs métiers ou leur industrie, coopèrent à la production et <Vla d'istribution des richesses. Dans l'organisation actuelle de la société, la classe industrielle est la moins considérée ; désormais elle doit occuper le premier rani:. parce qu'elle est la plus utile et la |)liis importante <ie toutes. La traïKjiiillité et la prosp«'rité publiques ne seront assurées que lorsque ce seront les jilus importants d'entre les industriels qui administreront la fortune du pays ; en les appelant à ces fonctions, le roi rendra l'immense majorité de ses sujets plus heureux ; autrefois il s'appelait le premier soldat du royaume; à l'avenir, il en sera le premier industriel. — Dans le Nouoeau Chris-- Hmdsme^ notre auteur fait un pas de plus en envisageant la société au point de vue de l'inégalité de la fortune. Les hommes, dit-il, doiventse conduire en frères les uns h l'égard des autres, tel est le principe chrétien. Appliqué à la société moderne, voici quelle doit être la nouvelle formule de ce principe : la religion doit diriger la société vers l'amélio-

UoÛ SOCULISMË

ration U plus rapide possible de Texistencé morale et physique de la

classe la plus pauvre. C'est là le but du christianisme; car le seul moyea d'ohlenir la vie t^teruftlle est do travailler dans cette vie ;\ rarcr<iiseeinont du Itieii-rtre de l'espère luiinaiiie, et les seule? inslitutioii? It'-gitinies sont rellps qui se propijsent de vt-aliser cet idéal. Pt»ury af teindre, toutes les chiSï^c- et toutes les institutions sociales doivent être organisées d'après le principe de la morale chrétienne ; au clergé surtout d'enseigner que plus le sort des pauvres s^améliorera, plus aussi le bonbeor réel des riches ira en augmentant ; alors la dernière classe sortira de son apathie religieuse, car elle ne pourra plus être îndifft^rente envers une religion qui s'occupe glorieusement d'améliorer sa condition. — LesidiVs •'mises par Saint-Simon avaient si peu de précision qu'elles laissaient le rlianip libre aux élucubrations de ses disciplf\s ; de là vient que la doctrine saint-siuionienne est très ditFèrente de l'i^nseigneuient de Saint- Simon. La carrière du sainl-simonisme embrasse septaunées et se divise en cinq périodes. 1* De I8S5 à 1826, il eut pour organe le Produeteur, dans lequel il se borna à développer IMdée fondamentale du « Catéchisme des industriels » ; ce journal cessa de paraître fiiute de fonds. 2^Del8S8 à avril 1830. Bazard (mort le 29 juillet 1832. dans sa quaranti^nlP année), stimulé par Enfantin fné à Paris, le 8 février 1790, mort le 31 mai 18fV'i\ exposa la dnctriue de Saint-Simon, avec ((irce aniplilications. A I.» place (le la routine qui consiste dans l'explnitation de riiomme par riiomnie, il ailirma le droit nouveau : « à cliucun suivant sa capacité, à chaque capacité suivant ses œuvres, » d'après lequel se formera l'organisation pacifique et la classification des travailleurs. La propriété que Saint-Simon {Opinions, 1818) voulait » constituer d*une manière telle que le possesseur soit stimulé à la rendre la plus productive possible n, fut sensibleiii.nl entamée parla suppression du droit d'héritage; car tous les biens doivent retourner au chef do la doctrifie. au Prre, qui réunira les attributions leniporelies et spirituelles : <-'e.->t lui (jui élèvera et dotera les entants, qui ré[»artira la fortune sociale en instruments de travail. .\u point de vue rcUgieux, le saint-simonisme afficha le panthéisme le plus décidé : « Dieu est un, Dieu est tout ce qui est, tout est en lui, tout est parlai, tout est lui. » Saint-Simon est le Sauveur attenda; il a résumé Ddoîse et Jésiis-Christ, il sera dans l'avenir le chef de la religion. Sur les ruines de l'antique dualisme de la lutte de l'esprit contre la chair, vi "nt s'établir la réconciliation ^es deux principes ainsi formulée : « Sanctiliez-vous dans le travail et dans le plaisir ! » 3" D'avril 1830 à novembre 1831. A la suite des conférences de la rue Taranne et de leur publication dans V « Exposition de la doctrine », on s'adressa de nouveau au grand public par la voie d'un journal hebdomadaire, /'0^«nisateur ; après avoir paru d'abord seul, et, depuis le 18 janvier 1831, concurremment avec le Glohe^ il s'efîaça au mois d'août devant ce dernier qui devint le nouvel organe quotidien du saint-sinionisme, et vécut jusqu'au 20 avril 1832. Au printemps de l'année 1831. l'église ?-iintsirnonienne fut à son a]iut;ée ; les recrues furent nombreuses et choisies; on se constitua en famille dans la rue Monsigny; on propagea journellement renseignement dans la salle Taitboul, à l'Athénée, rue

Tàranneetrue Monsigay; il y eut des prédications spéciales pour les ouvriers, pour les artistes et pour les savants; cinq églises s*étaient déjà fondées en province : à Toulouse, Montpellier, Lyon, Mets et Dijon. 4«» Mais alors (19 et 21 nov. 1831) eut lieu une rupture t^clatanle entre les deux chefs. Enfantin exploita la théorie de la réhabilitation de la chair, et. sous prétexte d'émanciper la femme, ne craipnit pas de professer la plus grossière sensualil*^ dans son rAve malsain du coupleprèlre. Bazard. profbnd(''mpnt attristé, se sépara de lui et fut suivi dans sa refraitf par la plupart des iinMiilires les plus éniinents de 'l'association, "y" Bientôt les r.''Uiii..iis pu l.li.jues de Taithout devinrent tellement extravagantes ijue la pcdice dut lt>s interdire; en môt^e tepips le Globe disparut par suite de l'épuisement des finances et la winilfe de la rue Honsigny fut dis^soute. Les derniers saint-simoniens trouvèrent un asile à Ménilm'ontant, dans une propriété d'Enfantin ; mais, au bout de quelques mois, ils en furent arrachés pour comparaître devant la .cour d'assiseei, le 37 août 1832; lè, grâce surtout à la forfanterie d Enfantin, ils s'entendirent condamnera l'e-uprisounement, en vertu de Taiticle 201 du Code pénal. — Pour résoudre le problème social, M. Louis Blanc (né à Madrid, le 28 oct. 1813) préconise Vnrfjanhntînn du travail. Il estime que le vrai motif du malaise soeial est la ctuicurrence ; car, pour les ouvriers, elle, est un sysl'Miio d'extermination ; [tour la bourgeoisie, une cause d'appauvrissement et de rnin<\ Pour remédier à cet état de choses, voici comment il ])ropo-c d'organiser le travail : c'est à 1 Etat de faire concurrence à tons les producteurs et d'absorber successivement et pacifiquement les ateliers individuels. A. cet effet, il n'a qu*à créer, de ses propres deniers, pour les branches les plus importantes de l'industrie, des atelierê soâaux dont il rédigera les statuts et surveillera le fonctionnement; il y appellera d'une part les ouvriers qui offriront des garanties de moralité, et, d'autre part, les capitalistes auxquels il garantirait sur le budget l'int/r't de leur apport. Pour réaliser la soli<larité dans une môme industrie, il y aura un atelier central dont les autres ateliers relèveront en qualité de succursales, et les industries de tontes sortes deviendront solidaires les unes des antres. Pour la prenner»' année, le gnnvcrneiiicnt réglera la hiérarcliie des t'onetions, et dans la suite celle-ci >ortira du principe électif. A la (in de chaque année, il sera dressé un inventaire et les bénéfices seront divisés en trois parts : la première sera répartie par portions égales entre les membres de l'association, car . l'inégalité des aptitudes nq doit pas aboutir à l'inégalité ^es droits, mais seulement à celle des devoirs; la seconde sera destinée à l'entretien des vieillards, des malades, des infirmes et à l'allégement des crises ; la troisième sera consacrée à fournir des instruments de travail à <le nouveaux membres, ce qui équivaut au crédit. De cette manière l'Etat se rendra peu à peu maître de Tindustrie, il sera le banquier social des pauvres et détruira ia connirrence par l'association dont il sera le protecteur suprême. — 11 ne faut pas confondre les ateliers sociaux pr 'cnnisés par M. Louis Blancavec les ///^'/^ez-s /i'///'//ia//.r institués par le gouvernrnient provisoire dans le but de procurer du travail aux ouvriers inoccupés ; il ^st vxai que les ateliers nationaux devaient en partie leur origine à 1 in-

fluence id^es de M. Luuis Blanc, mais par raggloméralion «les ouvriers et par leur roiilact continuel et exclusif, ils érigèrent le proKtariil en parti politique et amenèrent, apri's leur dissolutiim. les saiigliiitOï journées de juin. — Pierre-Josepli Proudhon (né à Besancon le Itijuiilet 18()î), mort à Passy le 26 janvier 1805), propose de réorganiser la société par Vorgamtaiim du crédit. Il part de cette idée que « la propriété, c'est le vol. » Ce mot paradoxal, qui a soulevé de grandes colires, n*a pas dans riotention de Prondhon le sens qu'on lui a souvent attri- \mr <>t qu'on est tenté de lui donner au premier abord. Proudhon prend le ternie de propriété dans un sens à part. De nos jours, dit-il. il n'y a plus de propriétaires dans le vrai sens du mot. tels qu'ils existaiecit dans la société roniaiurt ou féodale; alors ils étaient à eux-mêmes la production, la circulation et le débouché ; ils vivaient en soi, par soi et pour soi. Mais dans la société moderne chaque citoyen possède le droit au travail, c'est-à-dire la garantie du travail, le droit d'être toujours occupé dans s(jn industrie, moyennant un salaire tixé d'après le cours normal; or, le droit au travail est la négation et le principe destructeur de la propriété, car le seul revenu légitime, c'est le juste salaire qui ?nil égal au produit. — Par la propriffr , Prmullion entend /e revenu nrt qui. selon lui, n'existe ijue ))ar la srr\ nude. lusure, la rente : c'est «la pension que le travailleur lait à l'tdsif ». Le vol consiste dans lesbéneiicçs que le maître réalise sur l'ouvrier et dans les retenues qu'il fait sur son salaire. Le patron, à son tour, est dépouillé par d'autres, tant et si bien qu'on arrive enfin à un petit nombre de privilégiés qui profitent de toutes Ie$ retenues et n'en subissent aucune, par cette raison qu'ils ne iravailloDt pour personne. Proudhon n'attaque pas la propriété, telle qu'eu l'entend ordinairement: il ne s'adresse qu'au piivilèjj'e. Il ne veut pa? la dépossession et l'expropriation, mais il proclame l'ultolition «lu d'unaine de propriété ; il distingue la possession du dumaina, \v. droit d'usirilu droit d'abuser. La proi)riété c'est le vol, parce qu'elle est le droit d'abuser ou la non-réciprocité. Pour abolir cette espèce de vol, il faut l'universaliser en établissant des obligations réciproques et en définissant la solidarité naturelle. Car on ne vit pas de la propriété, mais des relations avec la société, c'est-à-dire de la circulation générale des produil:^. de l'échanire. Pour devenir éiiuitaldes et a- quérir un fonctioiinemeiit >table et régulier, les relations sociales doivent élre régires d'apri-s le pruiripe de la réciprocité. Le règne du monopole et du parasilisnu; doit liiiir. et nul à l'avenir ne doit pouvoir vivre que des fruits do son travail. Pour atteindre à ce but, il s'agit ^'augmenter à l'infini le travail ; ce sers du même coup augmenter la production et par conséquent la richesse. Pouf cela il faut donner au crédit une basé si large qu'aucune demande ne l'épiiise; créer un débouché (ju'aucune production ne comble; organiser une circulation pleine et régulière qu'aucun accident ne trouble; supprimer tout iiiijiof ; faire que toute marchandise devienne mounaie courante, et abolir la royauté de l'or; car l'or n'est qu'une marchandise particulière qui a usurpé le raonopole de la circulation etselaitpyer par des escomptes et des intérêts son privilège de servir d'instrument des échanges. En appliquant le principe de réciprocité l'on arrivenit,

sans communisino et sans tprrpur, mais du plein gré do toin los riloyons. à augmontcr constaniinont la fortuno puMi(jue fl le ln<Mi-('tre des familles, à satisfaire la bourgeoisie et le prolétariat et à transformer la propriété; on émanciperait le travail et l'on soumettrait le capital. — Mais comnie la propriété, c'est-à-diro le privilège, est le veto mis sur la eirculation par les détenteurs de capitaux et d'instnuneiits de travail, Proodhon propose d'organiser le crédit et voici comment : le crédit doit être gratuit, car Tintérôt et la rente sont des prati^es féodales qui doivent disparaître. Chaque produit du travail doit devenir une monnaie courante et être représenté par un papier de crédit; car créditer ne doit plus signifier prêter, mais éclianger, et la Banque doit devenir un organe (le cr/'dit. Tout le problème de la cirenlation eoiisisie à généraliser la lettre (le change en la rtnluisant à ses -qualités essentielles qui sont le change, l'acceptation et la provision; il consiste à faire de la lettre de change un titre anonyme jiayable h vue et échangeable à p<^rpélnité, mais seulement contre des man bandises et des services, à gar/er le pa- * pier 'de banque par des produits. La Banque de France devrait être ' transformée en une banque nationale d'échange, placée sous la surveillance de l'Etat et dirigée par des délégués de toutes les industries. Cette banque n'aurait pas de capital et ne demanderait aucune mise de fonds; tous les citoyens seraient invités à en faire partie; chaque adhérent y aurait un compte ouvert dans la mesure de son crédit réel, à la seule condition de s'engager à recevoir en tout payement le papier de crédit dp la Banque; ce papier social représenterait non la monnaie, mais les divers produits des membres de l'association et remplacerait la monnaie comnie moyeu d'écbange; la Banque ferait ses opérations sans intérêt et ne prélèverait pour son travail «ju'un faible escompte de \ p. ItX) l'an, commission comprise. Avec ce système, le capital deviendrait superflu et la rente serait annihilée, sauf à rembourser le capital par annuités ; la propriété ainsi rachetée reviendrait en toute souveraineté au laboureur qui Jusqu'ici n'était que fermier et locataire ; Tor et Targent deviendraient ftiutiles et seraient peu à peu retirés de la circulation, et la liquidation sociale serait accomplie. — Pour aboutir à ce résultat, la tàrhe du gouvernement se réduirait à décréter la fondallion delà banque d'échange et à arrêter la valeur de toutes les marchandises et de tous les travaux d'après le prix de revient du jour qui précéderait la promulgation du décret. Quoique Proudlion -e défende vivement dans plusieurs de ses écrits d'avoir jamais invoqué l'intervention de l'Etat, il n'en a pas moins. îî maintes rejirises, fait appel à son concours. Connue m^'sure transitoire, Proudlion propose d'établir temporairement l'impôt sur le revenu. Le il juillet 1848, il présenta à TAsseuddee nationale une proposition formulée en ce sens; mais, sur le rapport fait par Thiers, au nom du comité des finances, le ^0 juillet, et après un discours violent prononcé par l'auteur le 31, sa proposition fut repoussée par 691 voix contre 2. — Alors il tenta de mettre lui-même sa théorie en pratique. Le 31 janvier 1849, il fonda la banque du peuple dont le but social était d'assurer le travail et le bien-être à tous les producteurs, en les organisant les uns à l'égard des autres comme principe et fin de la pro-

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ductioD, en d*autres termes : comme capitalistes et comme coniominateurs. En six semainest le chiffre des adhérents s'éleva à près de 20,000; maiSf dèsleSS mars, Proudhon s'enfuit à Genève, pour échapper à trois

ans de prison, auxquels il venait d'être condamné pour délit de presse, et le» bureaux de la Hanijup furent fermés par l'autorité. Dans ses <• Cuir fr'ssinns d'un révidullunnaire », Proudhon décian- (juo <- les trois mois j de janvier, lévrier et mars 1841), pendant lesquels le principe du crédit ' t gratuit a été cuncrété et jeté dans la conscience publique par la banque du peuple, oqt été le plus beau temps de sa vie et qu'il les regardera toujours comme sa plus glorieuse campagne. »

Il y a juste quarante ans que le socialisme a fait sa première apparition en Allein a ^^ne. Son premier représentant, du reste tout théorique, est le prussien lloilhcrtus-Jaiîclznw, qui publia en 18i2 son Erpofé de nuire situai Ion rroitomn/ii''. Cet aiitnur s'appuie, d'uue part, sur le principe posé par l'écossai^ Adam Smitli : « le travail est la source de la ri- ' chesse et l'unique mesure de la valeur , » et d'autre part, sur raftirrnation suivante émise par l'anglais Ricardo pendant la luttp passionnée qu*il soutint contre l'aristocratie foncière : « les biens sont nniquemeot le produit du travail. » D'après Rodbertus, la propriété subira une véritable purification quand chacun participera à la production générale dans la iiifsure de son travail personnel ; pour atteimlre à ce but il propose de maintenir le principe du salaire, sauf à y faire apporter par i l'Ktat certaines modifications (jui élèveraient, en raison directe du revenu ' national, la part qui revient à la classe ouvrière. — Cependant le socialisme commença, même avant la tourmente de 1848, à pénétrer dus l'esprit des masses; mais il n'y trouva guère d'écho que depuis l'énergique impulsion que lui imprima l'Israélite Ferdinand Lâssalle (né i Hroslau le 1J avril 1825). On peut se faire une idée des é rainantes apti* tudes de cet homme eu entendant Alex, llumboldt l'appeler « un enfant merveilleux. » et Henri Heiiui anirmer<}ue comparé à Lassalle.il ii'o>t lui-même ([u'un liinuble moiiclieron. » Mais dès janvier ISiG. Las><d!e s'institua le chevalier servant de la comtesse Sophie de Hatzfeldt qui avait intenté une action en divorce à son mari, et pendant huit ans il plaida cette cause devant trente-six tribunaux ; c'est ce qui le dévoya. Après s'être adonné d'abord à la littérature, Lassalle fit son entrée «ians la vie publique par sa brochure sur « La guerre d'Italie et le vàl' âc la Prusse, 1851), » (}ui fut bientôt suivie de son " Système des droit* acl^^i^. 181)1. » Dans uu discours prononcé à nerlin,le 12 avril IHtji. il proclama la suprématie du « quatriènu' état ; » traduit en justice. le 10 janvier 1803, il déclara dans sa défense, aussitôt imprimée sous le titre « La science et les travailleurs, » que : de même que la Révolutioo de 1789 a porté le tiers-état au rôle prépondérant dans la vie pi*litique, de même la révolution de 1848 y a appelé le quatrième état ;âe railitnce entre l'élite des honnnes de science et la masse ^aine des travailleors surgira une nouvelle efflorescence de la vie nationale. C'est au miliputle février 180.*{ iprunc circonstance imprévue décida de la carrière de Lassalle. A cette époque, une association ouvrière de Leipzig le con?ult.i, ainsi que Lothar Bûcher et Rodbertus, sur la solution de la que»tioa

sociale. La « Ui'ponso ouvrrle » ào I^s>iille. publier dès le l*^"^ mars, renferme déjà le programme complet de son agitation ouvrière ; désormais il ie voua tout entier à cette œuvre, qu*il mena pendant dix-eept mois avec une vigueur in&tlgable par la plume et la parole, quand il mourut subitement à Genève, le 31 août 4865, des suites d'an duel. Le système «îocialisle do I^ssalle est des plus simples. Dans l'état actuel de la société, où le travail est réglé d'après l'olTre et la demande, règne « la loi d'airain, qui do ses crampons de fer rive l'ouvrier salarié uw degré le plus infime de l'échelle sociale; » cette métaphore signifie tout siiiipleriient (ju'eu règle générale l'ouvrier ne gagne (juc ce qui lui est strictement indispensable pour subvenir à son existence et pour se reproduire. Le nioyan de remédier à ce mal est de supprimer le travail salarié. Tous les ouvriers doivent à l'avenir devenir entrepreneurs. C'est à l'Etat de les élever k cette position en leur fournissant le capital nécessaire. A cet effet, l'Etat n'a qu'à faire un emprunt de cent millions de thalers. C'est ce qiie Lassalle appelait des « Associallons de prndwtion moyennant crédit d'Etat. » Le résultat effectif de l'agitation de Lassalle fut la fondation de y Association gèntrrale des (rnimilleurs nllnnntids, qui eut lieu à Leipzig le i3 mai Î863 et dont l'uniijue but, A en croire ses statuts, était d'obtenir le suffrage universel, dans le but évident de procurer la prédominance politique A la classe ouvrii're. Mais après avoir obtenu le suffrage universel en 1867, cette association n'en continua pas moins à exister et passa par maintes luttes intestines et par maintes transformations sous la direction des successeurs de Lassalle; sous celle de von Schweitzer, elle établit le système 'des corporations de métiers^ qui devinrent le berceau de la démocratie sociale , organisa les grèves jusqu'alors inconnues en Allemagne (congrès de Berlin, 27-30 septembre 18G8), se constitua en parti ouvrier démocralique-soriaf (« ongrès d'Eisenach, 1869), et se rallia au programme de V hitemnlUmalc (Nureml)erg, 4 septembre 1KG8', avec laquelle elle Unit par se fusionner, sous la présidence de llasenclever, au congrès de Ciotha (22-27 mai 1875 ■. Lassalle attendait tout de l'Etat, il était patriote et socialiste national ; d'autre part il présupposait expressément le droit de propriété. — Tout différent est le système de Karl Marx, qui nie la propriété individuello et aboutit au communisme le plus avéré. Israélite comme Lassalle, Marx est né à Trêves le 5 mai 1808 et vit encore dans un élégant cottage, près de Londres. Après avoir rédigé le Journal rhénan de 1842 à 1843, et s'être ensuite rendu à Paris pour étudier l'économie politi<[ue. Marx tut expulsé par Guizot à cause de ses attaques contre le gouvernement prussien (18io'; il se réfugia à Bruxelles où il fonda un ccrc/e d'ouvriers allemands ; mais, dès 1847, il se rattacha à V Alliance des rofnmuni'iies dont il fit, avec Engels, la première organisation du parti démocratiquesocial allemand. Peu de temps avant la révolution de février 1848, ces deux hommes rédigèrent en collaboration le manifeste du parti communiste qu'ils répandirent en langue anglaise, française, allemande, italienne, flauMn le et danoise; au nom du «prolétariat, les auteurs de ce factuin déclaraient une guerre implacable d la bourgeoisie de tous pays et excitaieat les masses à renverser par la violence l'ordre social établi.

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« Que les classes régnantes tremblent devant une révolution communiste! Les prolétaires n'ont rien à pei>dr6qae leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous pays, unissoz-vous! » Bannis de Bruxelles, ils s'atljoip:nirpnt Freilisj^ralh et WolfT et publièrent à Colofrnp \c yoHvenu journal rhénan (l'^'" juin IHiS — 10 juin 1849\ dont l'allure subversive lit hientnt rorifianmer ses r*''<larteins à l'exil. Après avoir erré quelque temps, Marx interrompit uiomentanénient son agitation et se fixa à Londres (4853). UAllianee eommunisie s'assoupit pour se réveiller dix ans plus tard. Ce fut le 2B septembre 1864 qu'un grand meeting ouvrier, tenu à Saint-Martins-Hall. fournit h Marx Toccasion de réaliser une idée qu'il caressait Hepuis longtemps. îl proposa de rendre le courage au prolétariat et de frapper ses ennemis de terreur en .fondant une association ouvrière qui eiubrassAt les pays les plus avancés d'Iuirope et d'Amériiiue, et qui 11t. pour ainsi din^ touolier dn «loiirt tant aux ouvriers qu'aux bourgeois le caractère international du mouvement social. Malgré l'opposition de Mazzini, les statuts qu*il proposa furent adoptés à l'unanimité et ratifiés en 1866, au congrès de Genève. Telle fut l'origine de la Société mtemaiimale dps travailleurs. En void le but : Il faut que la classe ouvrière s*émancipe elle-même et qu'elle anéantisse la prépondérance dos classes supérieures. Car la cause de la '>ot\\tudc sons toutes ses formes, de la misère sociale, morale et intellect iiellc. ainsi que de la dépendance p(diti(jue, c'est la subordination éeunoini(iue do l'ouvrier à celui qui lui fournit du travail. C'est donc à l'affrancbissement économique du prolétariat que doit tendre tout mouvement po- ' litique. Toutes les tentatives de cette nature, que l'on a foites jusqu'ici, ont échoué parce que les ouvriers des différents pays ne se sont pas entendus. Pour réussir, cette œuvre émancipatrice ne doit pas se restreindre à noe nation, mais s'étendre fi tous les pays dont se rompose la société moderne; elle n'aboutira que lorsque les ouvriers du iimnde entier agiront d'après un plan nettement déterminé. — Cette revendication est la conséquence et la formule pratique de la doctrine socialiste de Marx, telle qu'elle est exposée dans son grand ouvrage intitulé Le Capitalf et qu'elle a été développée depuis dans tous les 'congrès de l'ioternatîonale. Ramenée à sa plus simple expression, cette doctrine se réduit à la fhcorie de In valeur et à la loi d'airain. — {" S'appuyant sur Smith et Kieardo, Marx |)rétend (ju'im objet n'a de valeur qti'antant qu'il est le résultat du travail de l'homme; le travail détermine seul la valeur; car tout prdiiuil est comme la cristallisation de l activité liuujaine. La valeur d'un objet doit être estimée d'après la somme de travail qu'il a coûtée. La somme de travail se mesurera d'après le laps de temps qu'elle a exigé. En conséquence toutes les marchandises, dont la production a demandé le même espace de temps, ont la même valeur et ne sont qu'une massi^ déterminée de temps de travail figé. Tout travail est équivalent i tout autre travail, parce qu'il représente la moyenne du travail social. — Pour rintelli-;ence de cette thèse, qui n'est qu'un pur suphîsrae. il est nécessaire de faire observer (juc Marx est tellement imbu de ses idées communistes, qu'il raisonne comme si l'Etat si»cialiste qui hante son imagination existait en réalité; dans ëa conception, tous les objets appar-

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tiennent à la communauté ; c*est pour cela qull ne leur reconnaît pas de valeur naturelle et ne porte en compte que la valeur du travaU. 2*^ Dana Tétat actuel de la société, la valeur delà force de travail est vénale et se réduit au prix des denrées nrcrssuires à sustenter la vie du travailleur. Ce qu*il produit de plus lui coûte du travail et des dépenses de forces, mais ne lui rapporte rien; cet excédent conslilue une plus-value ijui fait les délices du capitaliste. Cette exploitatii»n du labeur salarié ne «lifTèro de resclava;;e qu'eu apparence : l'ouvriiT est uu capital varialile ([uv le capitaliste l'ait valoir à sou profit, puisque c'est l'ouvrier qui donne la valeur à la matière preniicre en lui iul'usunt su l'orcede travail; lié à son patron par des fils invisibles, Touvrier fait partie du capital au mémè degré que tout instrument de travail. — Les conclusions tirées de des prénAisses, soit par Man lui-même, soit par Tlntemationale dans laquelle il s'est incarné, sont les suivantes : les bénéfiees prélevés par renlrepreneur constituent une spoliation de l'ouvrier qui est le véritable producteur; or c'est i accumulalion de ces bénéfices qui forme le capital; donc le capital e>t hait siuiplcnient un voj. l*uur aflrancliir le travail, il s'agit d'abolir le capital, le droit d'liéritaj;e et la propriété; de supprimer les lois du salarial; de lransb)rnier les moyens de production en propriété collective de la suciété, c'est-à-dire de l'enscuible de ceux qui en tous pays accepteront la réglementation communiste, et de partager équitablement le revenu du travail. Mais comme un objet quelconque n*aoquiert de valeur que par le travail qui s'y est figé, le seul partage que l'ouvrier puisse acci pter comme équitable sera le rcvenn inté-ral. — Telles sont les théories émises aux congrès de Ljiusanne (18G7), de Hàle (18»)1)), (le (îotba (1875). de Verviers et de (land (1877 . Quant ati moyen «le les mettre eu pratique, il est bien simple : i« c'est la force, s'écria Marx au conurès de la^IIaye, qui iloit être le levier de notre révolution ; c'est à la ioice qu'il faudra en appeler pimr établir le règne du prolétariat! n Ctitte déclaration, ratiHéA par le coogrès de Verviers, érige en système Vamrchie révoltUionnaire; car le socialisme communiste et eosmopolite est l'adversaire de « tous les Etats nationaux et territoriaux, qu'il aspire à détruire pour fonder sur leurs ruines l'Etat international des travailleurs. » Depuis le congrès de La Haye ["S septeml)r<' 1872), l'Internationale fut divisée en deux partis : les sectateurs de Marx et ceux (le Bakounine. Les premiers ont pris le nom de socialistes communistes et revendi(juent la toute-j>uiï<sance du futur Etat communautaire ; les princijiaux repré^t'ntants de ce parti sont les allemands Licbkncclit né en 182G), liebei (ne en 184U;, Ilasselmami, llaseuclever, Frilscbc, Jean Mûst et le docteur belge César de Paëpe, médecin à Bruxelles. Les seconds, qui s'appellent collectivistes et anarchistes, demandent Tinstitution de groupes ouvriers libres de toute attache gouvernementale; leur chef a été le russe Micbel Bakounine (né à Torgock en 1811. mort à Berne le 30 juin i876), l'un des promoteurs les plus actifs du nibilisme contemporain; les agents les plus zélés de ce parti sont les suisses Greulieb. de Zuricb, et Guillauui»', de Neiifcbàtel. — Eu 1877, Tinternationale possé.iuil il jouruaux politiques, plus 12 revues et pnblicatious liiuatrétis. Après la Communa de 1871, elle fut bannie de France,

SOCUUSME

et après la double attentat à la vie de l'empereur GuiUau me, rAIIemagne la proscrivit é}2;aleinent eo vertu de la lot contre hs socialistes (21 octobre 1878 . — Il nous rpste un mot à (Vivo i\o l'attitiKlc quo le sdcialisnie contoinporaiii j)rpii(l vis-à-vis de la laiiiillo et «le la n'ligi»)U. C'e>t >.ins doute la rraiiite d'eiTaroiiclier le peuple (jui reiup(*'clie de s'expliquer nelteiueut sur ce» deux points. N'osant proclunier ouvertement l'amour libre, il se conteote de demander que le mariago reçoive « une fornie plus élevée » et qu*il soit basé non sur des considérations de fortune, comme cela se passe chez les bourgeois, mais « sur l'amour vrai ; » ctr ce sont les ouvriers qui sauvegardent la pureté et la moralité du ïï»riaire. me réticence en ce (\u\ concerne la relifrion; au congrès de Gotha elle fut déclarée -< chose jjrivi'e; » mais au loud la dédiocratie sociale est matérialiste et athée. C/est ce qu'un de ses journaux éiiouce saii< détour dans le dilennne suivant : « Ou bien il n'y a pas de Dieu, et alors nous pouvons changer les anciennes lois tant que cela nous plaint, ou bien il y a un Dieu, et en ce cas, sans doute, nous scions ro//éi • ( Volktstaat, 4873, n« 33). Du reste, le congrès socialiste réuni à iMarseille en 1870 a catégoriquement décidé la suppression de Dieu ot du mariage. — En résumé, après avoir passé par plusieurs phases scientifiques, le socialisme est entré dans l,i périodi' militante. Sous prétexte de procurer à la classe ouvrière réuiaiici[iafion, l'égalité et le lionheur. il anéantit toute liberté individuelle et toute dignité personmdle, l'ait appel uu.v appétits les plus grossiers, est devenu une excitation perpétuelle do pauvre contre le riche, et ne tend ni plus ni moins qu*à amener un cataclysme social. — G*est pour empêcher cet effondrement que surgirent de nouveaux systèmes, que nous comparerons moins à des diguesopposées aux tlots moulants du socialisme démagogique qu'à des canaux de dérivation destinée à les faire baisser peu à pt>u. Ces systèmes peuvent se diviser eu deux fiasses : le socialisme gouvi-riieuieutal oi b- stM'ialisine religieux. L»' premier, h la tôte duquel se trouvent des hommes d Kuit, des industriels et des professeurs d'universités, est souvent aussi ap^itlé sodalisme conservateur et a reçUt depuis 187:2, le nom de socialisme de la chaire {Katkedenociàiimus). Ce système reconnaît la parfaite légitimité des griefs eiprimés au nom du prolétariat par les socialistes de tonte nuance, et, comme eux, il proclame la parfaite impuissance de l'écide orthodoxe, dite de Manchester, à remédier an malaise social n'est pas du libre jeu des lois éconoiiii(jues qu'il attend l'avéneiiu'iit d'une situation meilleure. Il no se contente plus d'invoquer seuleineiit le concours de l'Etat, mais il revendique pour l'Etat la tutelle illimitée et le pouvoir dictatorial en matière économique et industrielle. Parmi ces nouveaux socialistes, les uns expriment le vœu que TEtat rétablitte les corporations armées du monopole, telles qu'elles existaient au in<>yon âge; les autres demandent ({ue l'Etait règle la production et la distribution des richesses, le salaire et jusqu'au logeuiPiit de l'ouvrier, par l'intermédiaire de conseils de prud'lioiiiiiies et d'arbitres jugeant ciidfTnier ressort. Tout eu étant animés de sentiments éijuitables et huinaiiiiaires pour les travailleurs, les représentants de cette tendance autoritaire ûe semblent fiiire d'incontestables avances au parti socialiste démocFstiqiis

que dans le but de le désagréger et de le gagner en détail à la cause de la royauté socialiste, qui est en même temps celle de la monarchie absolue. Les chefs de cette école sont : (Hrkch, V.-A. Huber, Rudolph Ueyer, Wagener, Ad. Wagner, von Scheel, Roscher, Bruno HUdebrand, Knies et Schinoller. — Le socialisme religieux se divise tout naturellement en deux catégories, selon qu'il s'est manifesté dans l'église catlioliijue ou dans IV-rliso protestante. En Allemagne, le socialisino ratholi(iue a fait son apparition déjà du vivant de Lassalle. Il a pour premier promoteur l'év/'ijuc de Mayence, von Ketleler t né le 2o décembre 1811, mort le 13 juillet IH77), qui publia en 1861 un ouvrage intitulé : La question ouvrière et le christianisme. Grand admirateur de Lassalle, le prélat ultramontain se répand comme lui en doléances amères sur le sort de Touvrier dans la société moderne et, trois ans avant Marx, il appelle le travail une marchandise dont le prix est tout à la merci de l'ofl're et de la demande. A cet état de choses il propose deux remèdes : l'un, essentiellement relifrieux. consiste à recommander à l'ouvrier la mis'^ en pratique de la tempérance, de l^i soumission et du e,int(Mil»'ment d"e?-prit (ju'enseigne le christianisme ; l'autre, tout économiiitie, est ,-implcnuMit la réédition des assorintimi^ rooi,érfitivt's fie prafluction préconisées par Lassalle, à cette seule dillérence près que, tandis que celui-ci demande une première mise de tbnds à TEtat, Ketteler adresse à cet effet un chaleureux appel à la charité catholique. Dès juin 1868, les adhérents de ce socialisme clérical prirent le nom de chrétienï-sociaux (christlieAriOcîale) et désignèrent pour leur journal officiel « les feuilles chrétiennes-sociales, »qui ne virent de salut que dans le rétablissement des corporations, la réglementation de l'industrie, la fixatiim du salaire par la loi, et la création d une magistrature spéciale qui aurait pour mission d'apj)li(}iier les articles d'un futur code du travail. Ces revendicatiniis sont les mêmes (jUP » »;lles des socialistes de la cliairc. Lors de l'opposition du clergé aux lois de mai, les idées de Ketteler servirent de base à l'agitation ouvrière catholique. Dans une réunion électorale tenue le 27 février 1871, le chanoine Moufang, de Mayence, présenta le système de son évéque sous une face nouvelle. D'après lui, la situation précaire du prolétariat résulte de l'insuffisance des salaires, que 1^ charité catholique môme est impuissante à élever dans nue mesure satisfaisante. L'Etat seul peut améliorer etlicucemenl le sort de cette classe : 1" en proté^'cant par des lois la force de prodiu tien et le temjis de travail de lOuvricr; i2" en avançant les fonds aux associations de production ; H" en réduisant, pour le travailleur, les imp<'»ls et le service niilitaire; 4" en mettant un frein à la lyranuie du capital. — En 187i, les rangs des soélalistes ultramontains furent grossis par la jonction qu'opérèrent avec eux les Sociétés de compagnons catholiques de Kol' ping, qui existaient depuis 1847. En 1878, ces associations ouvrières comptaient prés de cent mille membres. Il y avait en outre des associations d'apprentis, de m litres- ouvriers, de paysans, de servantes et d'ouvrières, de femmes et lilles d'ouvriers, de» sociétés d'épargne et de crédit copiées de celles de Schulzc-Delitzscb. des suciétés de secours faisant aux ouvriers des prétâ sans iutérét, etc. Devenus ainsi uue puissance

dans TEtat, les socialistes catholiques se liguèrent en vue d'une aetion

coiiimuno centre le p)Uvernonioiit, avec les démocrates socialistes, sans se laisser n^butor pur le matérialisme et l'atliéisme «[ue ces derniers |>r<'fessaieiil. Cette alliance de rinternaliouale nuire avec l'Iuteruati uiale rouge prouve que le sociali>me catliulique est avant tout une u;uvre jésuitique, dout le prétexte ostensible est la compassion pour la classe ouvrière, uiais dont le but réel est d'amener peu h. peu la soumission de TEtat laïque à la suprématie de la papauté ultramontaine. VAuoâatm catholique, fondée à Paris dans le même but, il y u dii ans, s'est déjà répandue sur la Franeç entière et a suscité de nombreux cercles cnthrtliques d'ouvriers. M. de Mon. le eliampion le plus intrépide dp Vanvre, a déclaré j^aus ambages, eu lH77, que l idée-mère de cette coablion, « c'est la contre-révolutii)n au nom du ^y/lnfnis. » — C'est un but absolument identique que poursuit le socialisme religieux qui, en 1878, s*est manifesté dans l'église protestante; 'de même que le socialisme catholique vise au triomphe de rultramontanisme, de même aussi, le socialisme dit évangélique vise au triomphe de Torthodoxie. M. Todt, pasteur à Barenthin , est le théoricien de ce système, tandis que M. Stcecker, prédicateur de la cour de Berlin, s'en est fait le boute-entrain. Dans son livre intitulé Le xjciolisi/ie radical allemand el la société chrc'tiemie, M. Todt s'efforce de déuiontrer, et cela stiuvent au moyeu de véritables jongleries exégéliques, que non seulement les principes du socialisme démocratique sont contenus en g> rme dans les écrits du Nouveau Testament, mai^ encore « qu'ils énoncent des vérités évaugéliques et divines. » U reconnaît que « les démocrates socialiste» sont bien fondés en leurs griefs m n ire l'ordre économique actuel et que leurs exigences sont léiritiines; n mais comme, en sa ijualité de pasteur orthodoxe, il ne peut Iralernist.T avec des matérialistes et des alhées. il accuse tuul simplement le libéralisme religieux de les avoir corrompus. Pour résoudre la question sociale, il demande, en conséquence, aux possesseurs, de considérar la propriété comme uu dépôt que Dieu leur a confié et de restituer au travail sa valeur morale en ne le regardant plus désormais comme une marchandise; mais ce qui importe par-dessus tout, c'est de revenir au christianisme positif, c'est-à-dire à l'orthodoxie. Quant aux non-propriét.iircs, (jn'ils ne cliercbeni pas le bonheur dans la possession et la jouissance, mais qu'ils exercent énergiquement leurs droits et qu'ils s'ac iuitlent de leurs devoirs. Que l'Etat, de son côté, fasse des lois qui règleut l'emploi du capital et en ll.xent le ma.\iuiuui, qu'il édicté uu droit terrier, un droit ouvrier et industriel qui garantisse un revenu minimum, qu'il détermine la durée normale de la journée de travail. — Aussitôt M. Slœckcr s'élança dans la voie frayée par If. Todt et fonda (fin 1877), la Société centrale pour la réforme sociale y composée presque exclusivement de personnes appartenant aux classes dirigeantes, avec le Suritilish' (i ICtnt pour organe; le but de celte société devait ctrc fie sauver la monarcbic et la religion, on n'a jamais pu savoir par quels moyens, car elle s'est toujours agitée dans le vague et n'a jamais eu de programme précisé Hais bientôt M. Stœcker fit une démarche courageuse. Le 3 janvier 1878, il se rendit à la réunion démocratique socia-

liste dp la rilaci(>ro. pri'si(h*'0 par Jean Most; après avi>ir nl)lenu la parole, il reconnut quo le socialisme renferme un certain nombre de principes justes, niais déclara que le système est faux, et fit ensuite le tableau le plus séduisant des bienfaits sociaux que procurerait immédiatement Tapplication du christianisme. A la suite de cette démonstration, il fallut une quinzaine de jours pour qu*ane cinquantaine d'ouvriers se réunissent autour de lui. Telle est rorijrine du soi-disant parti ouvrier chrétien-social [Christ! ich-soctale Arbeiterpartcf). Alors, chose inouïe, dans la troisième semaine de janvier, le Socialiste d'Etat pria les amis de la cause dr» lui faire savoir ce que l'on pourrait taire pour le bien matr'a-iel, spiriln» ! et nuirai d'un parti ouvrier en voie de formation, ce qu'on pourrait demander à cet effet à l'Etat et à l'Eglise, et c'est sans doute gn\ce à la générosité de bienfaiteurs anonymes que fut confectionné le programme chrétien-social. En voici les principales dispositions : Principes généraux : c*est sur la foi chrétienne et rattachement au roi et à la patrie que se fonde ce parti ; il se propose d'organiser pacifiquement les travailleurs pour préparer des réformes pratiques et combler l'abîme qui st'parc le riche du pauvre; — /tuvendications spéciales : création de corporations obii'ratoires, mais distinctes suivant les métiers, qui eml)rasseraicnt tout l'eiupire; protection des travailleurs par la défense de travailler le dimanclie. par la suppn'ssion du travail des enfants et des femmes dans les fabrujucs, par l'établissement de la durée normale de la journée selon les métiers, par des règlements contre rinsalubrité des ateliers et des logements; institution obligatoire de caisses de secours pour les veuves, les orphelins et les invalides du travail; impôt progressifsur le revenu pour compenser les impôts indirects qui pèsent surtout sur les ouvriers; impôts élevés sur le luxe; impôt sur les successions, progressif suivant l'importance de l'héritage et Téloignenient du degré de parenté. — Mai> si le programme était enfin formé, il n'en était pas de même du parli. Dans un ouvrage récent, un auteur berlinois sérieux et. certes, bien inl'oriné, M. Franz Mehring, affirme qu'aujourd'hui même le parti chrétien-social n'existe enç^rc que de nom. Le même écrivain établit par des preuves aussi nombreuses qu'accablantes que si M. Stœcker a pu être animé de bons sentiments lorsqu'il a entrepris son œuvre, sa vanité les a dès longtemps étoufifés. 11 n*est plus actuellement qu'un imposteur qui no prend pas au sérieux les stipulations en faveur des ouvriers qu'il a énoncées dans son programme^— un plat réactioimairc qui, sous le masque de la religion, se joue des intérêts les plus sacrés de la classe ouvrière an profit de l'aristocratie rurale ( t de la dfunination du clergé orllioluxe [Jnnk>'r-und Pfa/f'*inlii'rrsrhnft), La du[)lieité de M. Stoecker justifie ce jugement. C'est ainsi, par exemple, (jue le 22 novembre 1880, ne rencontrant pas, dans la chambre des députés prussiens, une grande sympathie pour Farticle 2 de son programme, qui se rapporte à la protection à accorder aux ouvriers, il escamote ce paragraphe dans le discours qu'il prononce et lui substitue la protection douanière qui est tout au profit des patrons. Dans la même séance, il en use d'une manière tout aussi déloyale avec le paragraphe 4; tandis que dans son programme il place

m SOOAUSME

eu première ligne le triple impôt qui doit frapper les classes riches, el que les impôts indirects qui pèsent surtout sur les classes laborieuses n'y figurent que comme un mal nécessaire, il demande, au contraire, dans le même discours, que les impôts indirects soient établis mpiineipe pour tous, ot, qu'en sus, un impôt progressif rrè^ mot/e'/ e atteigne le riche. — M. St»>ei:kor est ronnenii juré de tout pnii-'n'S politique, intellectuel, social et roii^ioux ; il est un a^^ent provocat. iir (jui se plait à assumer le triste privili'ge d'envenimer toutes les (picstioni auxquelles il touche. C'est ce qu il fait depuis deux ans pour la question juive; sans doute cette question fermentait à Berlin depuis une dixaine d'années, mais jusque-là elle avait été traitée avec le sérieux et le calme qui conviennent à la science. Dès que M. Stoecker l'a abordée, il Ta envenimée en la présentant comme une question de religion, de race et de classes; c'est à partir de cette époque seulement qu'une afiluence nombreuse, dont il llitlait les grossiers instincts, accourut aux réunions lielxlomadaires du ^)ai ti onvrii-r cliréticn-social. Tandis qu'enivré paro' succès de mauvais aloi, M. Slucckcrcxcite les convoilioeset les rancunes de la classe ouvrière contre les juifs, parce qu'ils détiennent eu grande partie le capital industriel, ce grand ami des travailleurs se garde bien de diriger la moindre attaque contre le capital foncier des bobeieaui prussiens ({ui, pour exploiter leurs vastes propriétés, maintiennent encore aujourd'hui leurs paysans et leurs fermiers dans un état voisin du serva;4e. L"i<léal de ce déiiiago^aie fanatique serait de ramener la socict»'iiioderuc aux temps enclianlés de la féodaiilé oulrecuulanle et persécutrice du moyen i\go. — Ce qui est profondément aftli*:eanl et souverainemenl périlleux dans celte agitation u chrélienDe-suciale, » c'est l'usurpation sacrilège qu'elle commet en se prétendant inspirée par le christianisme, dont l'esprit lui fait absolument défaut. Un seul résultat est imminent. Du jour où les travailleurs, qui se sont laissé allécher par les fallacieuses promesses du prédicateur de la cour, se lasseront d'en attendre la réalisation, ils crieront à la duperie, rendront la reliirion chrélicnui; responsable des agissements de M, Sloecker, jiroclauieront riinpiiissance du chrislianisiue à opérer une amélioration sociale quelconque, et s'en sépareront finalement avec éclat pour se jeter dans l'athéisme. — Et cependant, il serait injuste de dénier toute valeur sociale au christianisme. Mais il faut bien se garder de chercher dans TEvaDgile un système social tout fait. Ce qu'il contient en réalité, ce sont des principes sociaux de la plus haute importance; la dignité de l'humme, la vraie liberté, l'éj^alité. l'équité, la fraternité, la solidarité, le droit et le devoir sont des idées essentiellement chrétiennes (jui ont déjà amené bien des cliaiigi-inents lit;ureux dans la vie politique, religieuse et si>cjale de riuiinunilé. Partout où maîtres et ouvriers se pénétreront de ces principes, on verra la lutte entre le capital et le travail perdre peu à peu de son acuité, les rapports réciproques s'adoucir, une organisation économique loyale et équitable se fonder, et enfin la question sociale s'évanouir.

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SOaALISME 963

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SOCIAUSME

sungswesen; was ntm?; ûàer den àmonderen Zmammenhang dergigm^ wàrligen Geschichlspcrloili' mit der Merdes Arf/eilcrsf amies, 1862; Die Wissenschaft und die Arbeitet\ 1863; Murht 'und liecht , Of/enea Ant- WOi'tsclireibcn ; die franziislsc/œn JVah'una/n'f'rkstâlfen von 1848; Zur Arbeiterfrar/e ; Arbeiierlesr/jur/i, 1803; Bernhanl Docker (premier successeur (le Lassalle ci)iiiine prt sideiit de l'association générale des travailleurs allemands), (Jeschichle der Arbeileragitatiofï F. Lassalles; K. Marx, Discours tur le libre échange^ Bruxelles, 1846; Misère de k philosophie (Réplique à la Philosophie de la mùère, de ProudhoD), ' Bruxelles, {HM \ Fut hûllungen ûber den Kufuer CommunistenprocesSt 1853; Dits KQpital, Kritik der poUlàchen Œkonomie . At'\a'\{ former 3 vol., le premier a seul paru jusqu'ici), l""" édit., 1867; 2® édit., 1873; Fiiiiiz Meliring, Die dcutsc/te Socinldemoliratie, i/ire GeschirJite uiidi/tre Lehre, 2" éd., 1878; 3° éd., 1870; Richard Scliustor, Die Snciald-mokratie, 2° éd.. 1876; A. Lannuers, Der i>ucialismus, 1878; Schalile, Capiialismus md Soeialismus, 1870; H. Goutzen, Agriadtur und Sfh eiàlismus, iSTi; JHe Aufgabe der Volkswtrthsehaftslehre gegenûber der socialen Frage; ûber die sociale Bewegung der Gegenwart, 1876; JHe sociale Frage, i/ire Geschichte wtd ihre Bedeutunr/ in der Gegenwort, 1871; G'^sc/iichte der socialen Frage von den ullesten Zeilen bis zur (jrifr>}i/-nrl , 1H7!): Fried-Alb. Lange, Arf/>-i/rrfrn>/f\ Un e /iedeittttng fit/ Ge'jeuirnrl uiid Zitkiinft, f éd.. I87U; Kmile de Laveley»'. Le Socialisme contemporain en Al le magne [Revue des Deui-Mondes, l''''sept., 15 déc. 1876, 15 nov. 1B78, î*' fév. 1870) ; Valbert, Le parti socialiste en Allemagne (Jievite des DeuX'Mondes, avril 1878); Max Wîrth, Der Soeialismusim detttschenReiehefÂUgemeine Zeitung, 1878, Duméros 152, 159, 164, 165,170, 173,176, 183, 184; Trûuapelmann.i'ocwzlismus und >>ocialrefnrm, Sfudien und Krilihen, 1878, livrais. 4; !879, liv. 1 f't 3 ; Kiig. Pi'tit, Les Con>/rrs S'irialistcs en Allemagne ; Les Rè- S'ilntiiiiis des congrès socialistes de \ erviers et de Gand {Journal des Lconomisies)^ 1877, t. III et IV ; Ch. -M. Limousin, Le Congri's des socialistes communistes de Gand (Journ. des Econ.^ 1877, t. IV}; Rud. Meyer, Der £mancipations*kampf des vierten Siandes, 1874; von Scbeeli Unsere soeial-poUtische Parteien, 1878; H. -B. Oppenheim, DerKalhedersociatîsmus, 1872; Laspcyres, K'athedersoeialisten, 1873, Deidsehe Zeif-und Streit-Fragen, liv. 32 ; Eni. de Laveleye, L^s tendances nouvelles de l'économie pollfifjue et du sneialis/ne {Ree. d'-s /). -Mondes. 15 juillet 1875); Maurice Block, I^es deux écoles econnmiijues Journal des L'conom., 1876, t. III et 1877, t. II); H. Dameth, Les nouvelles doctrines économiques désignées sous le nom de socialisme de la chairs {Jowm, desEcon.t 1877, t. lY) ; Àmbroise Clémeat, Le Sœialitme d'Etat {joum. des Fcon,, 1881, t. I) ; Ketteler, Die Arbeiterfrage und das Christenthum, 1864; Àrvède Barine, L Œuvre de Jésus-ouvrier, les Cercles catholiques, etc., 1870 ; Todt, Der radicale deut se he Socialiwius und die christliche (iesrl/se/tufl , 1878; le journal Der Sfoats-sori(dis(, depuis 1878; Ad. Std'ckcr. Dœ Beictgungen der (ieyvnu-art iin Lichle der cUrist lichen W eltanschanum/, 1881; fJas moderne Judenthum in Deutschlaudf besonders in Berlin ; die Juden frage, tirage spécial du

SÛCULISMË — SOLIDARITÉ MORALE 965

compte rendu sténographique de la Chambre des députés* séances des 20 et 22 nov. 1880; les journaux politiques pt religieux depuis 1878, surtout Prnfestantische Kirche7izeitung ot Neue ICvnnrjolnche Kirchenzoihin^ : C-\V. Kanj])li, S'^cinldi'innhrnth' v)nl Son'a/conservaftsmiis, /{t'/'onn, 1878: Drr Hofpredirjn- Stot'cki r in Zio ich , Zeitstinimcn, 4881; Franz Mt liriiit;. Herr Ilofpyedifjer Storckt'r, der Socialpolitikrr, 4882; C.-W. Kanibli, Vie socialen Ideen des Clirislcntkums und ihre \ ertrer' thung in den Kàmpfen der Gegenwart^ 1878. J. Nandrès.

SOLIDARITÉ lORALE. ^ C'est le titre d'un ouvrage publié en 1880 par l'auteur de cet article et présenté à la Sorbonne comme thèse de doctorat. « J'emprunte ce mot, disait-il (le mot solidùriié)* à un moraliste profond, M. Uenouvier. qui. le premier, à ma connaissance, en a lait rusa*re quo jVii vai> fairo, cl a siiinali'; oxprosséiiMMit rimpciiance des phf'noiïit'iios moraux dont j'ontreprends l'élude »> (voir ses Jissais de critique (jénéraley essai; sa Science de la morale^ etc.). Avant M. Henouvier cependant, et dès 1849, M. Ch. Secrétan, dans sa Pkilo- Mophie de la liberté^ avait écrit sur le même sujet des pages remarqua* bles, où le même mot est pris, à très peu de chose près, dans le même seDS (2* partie, rHutoire^ p. 460 à 471). L'étude de la Solidarité morale aurait certainement pngné quelque chose à ce que l'auteur, avant d»' l'i^crire, eût connaissance des fortes poncées émises sur ce sujet par un dos f";prits lis plus puissants de nolro époque, mais il ne ptnit qu'avouer ici, non sans confusion, l'ignorance où il était alors, sinon de toute la doctrine de M. Secrétan, au moins de cette partie de ses écrits; et il tient à réparer, quoique tardivement, une omission sans cela inezcasable. Le mot solidarité joue aussi un grand rdle dans le livre de t Hum'inîté, de Pierre ^^cTOUxi^vmYS t Solidarité mutuelle des hommes; livre V, la Solidarité des hommes est éternelle)', il sert de titre également à un livre du colonel H. llenand, qui fut de plus en honneur dans l'école phaliM-térienue. Mais on sait que pour Pierre Leroux la solidarité humaine, c'est l'humanité elle-mAme, considérée comme un seul et même corps, comnio une substance littéralement individuelle, conception à laquelle ne conduit aucunement l'étude toute positive des faits psychologiques groupés sous le nom de solidarité morale. De même dans les doctrines socialistes, solidarité s'oppo^e à chm-itâ : or, bien que la connaissance de la solidarité, comme fait dominant de notre vie morale, ne puisse mmquer de conduire à d'imp(U'taiites conséquences qunnt à la manière de concevoir h^s oldigalions prati({ues de la vie sociale, autre chose est étudier des lois psyclioloLrifjnes comme telles, et la genèse des résolutions humaines eu tant que délcrujiuées, autre chose faire servir les résultats de cette étude à la conception de l'idéal moral et à la direction des bonnes volontés. — La question de la solidarité morale est avant tout une question de psychologie positive, de « psychologie appliquée » : cette question élucidée mène à ries conetnsions intéressantes sur la façon de con'^evoir le pro;2-rf''s moral, et à des inductions métaphysiques dp la plus haute importance sur la destinée huiTiaiu*' et sur l'ordre du monde; niais c'est le souci prématuré des conséquences sociales, c'est le mélange des préoccupations métaphysiques et théologiques, qui, à notre avis, ont

SÛUDÂIUIÉ MUUALË

empêché les écrits ci-dessus mentionnés d*attirer autant qu*IIs IW raient dû Tattention des philosophes. — Nous proposons donc ilV'tudior uniqiioiiipnt. sous ce nom de solidarité morale^ les cnn(Hlion> et l^s limites de la liberté morale. Cette rtude iraiirait point d'objet, *i la liberté était absohio, iininuablo, inaliénable, comme on l'en^riim*' oncnn' trop coinminiémenl (lan< récolc; mais la liberté a, au contraire. inill>^ dcfrrés et (lépoîid de mille rondititins ; elle s'altère, décroit rt'se perd, ou bien grandit et s'allerniit selon des lois constantes que la psychologie détermine. L'étude de ces lois importe an plus haut point pour la éinttion de soi-même et des autres, principalement pour l'éducation : «avor, afin de pfévoir et de pourvoir, est une devise qui convient aux sciences morales aussi bien qu'aux sciences physiques. L'ensemble des conditions qui concourent, avec ce que nous avons de liberté, à nous faire momlenient ce que nous sommes, voilà ce qu'il faut entendre par solidarité morale. — Notre liberté a d'abord des limites dans notre nature niétne : elle subil plus ou moins l'intluence de notre constitution pby>it|uo et mentale, telle (ju'elle résulte de l'hérédité et du milioti ; pui<, à mesure <iue nous vivons et agissons, notre liberté se forme à elle-même des engagements, par les habitudes qu'elle prend ou laisse naître, selon qu'elle s'affirme ou s'oublie, selon qu'elle s'emploie bien ou mal. Bref, tout se tient et s'enchaîne d'abord dans une même vie : la vie morale de l'individu est un tout lié, soiidum quidf dont tous les facteurs simultanés (la liberté comprise) sont s(didaires entre eux, et dont toutes les phases successives y coinpris les résolutions libres) sont solidaires entre elbs. C'est là la soluinrité personnelle ou indii hltirlle. Certaines crises, coiiimc la puborté, le mariage, le choix du métier, sont ])our la lil>erté des occasions j)articulières de s'aflirmer ou de se compromettre. Mai?, selon la forte parole du poèlo ancien, c c'est une loi aussi inébranlable que le trône de Zeus : nos jours sont héritiers des jours passés. » — De même dans la vie sociale : par le seul fait d'avoir commerce entre eox, les individus exercent une action les uns sur les autres. Nul n'échappe i l'influence morale de son milieu ; mais, réciproquement, chaque personne agit sur son milieu social, qu'elle contribue pour sa part à former et à transformer. La sympathie et l'antipathie, l'amour, l'amitié, l'imitatioD. la contagion morale, la force de l'opinion, l'empire de la coutume, sont autant de facteurs de la solidarité sociale. Ce n'est donc pas seulement lui-même et son ]>ropre lerniemain. que chacun de nous engage par l'usage qu'il fait de sa liberté. Notre conduite engage tout notre groiin«\ et, pur là, importe à l'avenir même de toute l'espèce. Il y a solidarité entre les générations qui se succèdent : les générations futures subiront les conséquences de nos résolutions; elles seront limitées dans leer liberté par les dispositions intimes que nous leur léguerons et par iei conditions d'existence que nous leur au rus préparées. Ainsi chaque société humaine, bien qu'elle soit composée d'individus dont chacim c<t une personne et a sa destinée» à part, forme comme un tout vivant, dent les parties sont solidaires entrf elles dans un même temps, solidair»^ dans le cours de l'hisloirr. Et de même l'humanité cntièn". toutr i'"iriposée qu elle est de groupes distincts, ayant leur vie propre, est à sou

SOLIDAIUTt; MORALE — SOUCIIÉ 967

tour une vivante unité : c*est pouriiinsi (Hro une in ô me perfonne morale, d'une ihwèo imlj^finie. ayant sa destinée collective, à laquelle concourent tous jps groupes à la fois, tous les Ages à la suite, — En résumé, en chacun «le nous tout se tient ;\ chaque instant et tout s'enchaîne d'un temps à l'autre : ce <jue nous sommes maintenant résulte en bonne partie de ce que nous étions hier, et décide plus ou moins de ce que nous serons et ferons demain. D*autrepart, l'organisme moral, ou caractère, est, comme Forganisme physique, en perpétuelle relation d*échânges avec le monde environnant. G*est selon des lois naturelles que se corrompent ou s'amendent aussi les hommes groupés en société. Et comme Thumanité n'est que le vaste ensemble des sociétés coexistantes et la suite des générations, héritières les unes des autres, la sididarité est la loi utiiverselle du monde moral. L'étudier, c'est étudier les conditions du pcrleclioiiiioment humain, c'est chorcher stdon quelles causes la moralité individuelle ou collective «^^rauiiit ou décroît. On conçoit do qurlle iujp<trtance pratique est une telle étude ; ou peut comprendre aussi comment elle touche, selon certains penseurs, aux plus grandes questions théologiques, par exemple, selon M. Secrétan, au dogme de la rédemption.

Henri Marion.

SOUCHÉ (Pierre), pasteur, président du consistoire de Lusi<rnan (Vienne), né en 1804. mort en 1878. Son phre, propriétaire aisé dans une petite commune des Deux-Sèvres (Exouduu), ayant reconnu en lui d'heureuses dispositions, le destina au ministère, pour leipiel le jeune Souché manifestait une vocation décidée. Après de bonnes éludes à .Montauban et à Strasbourg, où il prit, le 23 novembre 18:27. son grade de bachelier en théologie, il aida comme suCfragaut M. Gibaud père, de Saint-Maixent, à desservir l'église de Rouillé [Vienne). Ayant réussi à faire créer dans cette commune protestante une place de pasteur, il y fut appelé par le consistoire, qui avait pu apprécier son dévouement, et vint 8*7 établir en 1829. — Son arrivée fut un bienfait pour cette contrée, où les protestants, très nombreux, étaient privés depuis si longtemps de pasteurs. Il déploya une activité extraordinaire et une ténacité qui ne se rebutait devant aucun obstacle. 11 allait de village en village, de maison en maison, réveillant partout le zèle religieux, groupant les protestants, «établissant des lieux de culte, et, malgré la multiplicité des services, suffisant à tout. C'est grâce à ses elforts, à ses démarches réitérées que furent créées les églises <le Lusignan (1836), Saint-Sauvant (18.*18), Gouhé (1842), Poitiers (1840), qu il parvint aussi, non sans peine, à pourvoir de temples, sauf Poitiers, où son ami Poupot et lui se heurtèrent à des résistances locales insurmontables. Pourtant, ce réve, si longtemps caressé, a pu se réaliser en ces dernières années : grâce à l'infatigable persévérance de M. le pasteur Mourgues, secondé par M. Souché qui, outre des sacrifices personnels, fit quelques tournées de collectes, un joli temple, dont la dédicace fut faite par A. Coquerel (ils, s'élève aujourd'hui dans cette ville calliolique. — Partout où des besoins religieux se manifestaient, Souché était là pour les satisfaire : c'est ainsi que, pour évangéliser les protestants disséminés, il établit des annexes à Sanxay, Vivonne, Coulombiers, Gellevécault, Anne-Marie, Limoges, etc. L'ins-

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