TEXTE DE L'ANQEN TESTAMENT
TestaiDoiil lurent exposi's aux mêmes cliances d'erreur que les autres ouvrages de i antiquité. L<i comparaison des textes parallèles, celle des Tenions aociennes avec le texte hébrt;u, quelques passages du Talmud, de la Massore et des écrits des nbbins, enfin la eomparaison des manuserits entre eux montrent qu'en effet le texte a été plus ou moins gravement altéré en divers emlroits; « t certains passades sont si compIMement inintelligibles qu'il est dilVicile de ne pas attribuer leur olisnirité à la même cause. — Lontrtemps avant rêpo([ue lalmuditjue. probablement avant notre ère, les sôpiierim (scribes) avaient pris soin de fixer le texte. Pour le Pentateuciuc, le Talmud de Jérusalem dit qu'ils avaient consulté trois manuscrits (Taanith, f. 68). Us avaient compté tous les versets et même toutes les lettres de la Loi et des Psaumes (Kiddoushln, f. 30). Ils avaient commencé le travail des Kerl et des Ketlb qui fut plus tard consigné et développé dans la Massore. Ils avaient marqué de points extraordinaires certains mots qui leur paraissaient étonnants pour une raison ou pour une autre, lis s'étaient même permis, en quelques endroits, de corriger le texte qui leur paraissait fautif : ittour sèpherim (retranchement du va» copulatif en 5 endroits), et tiqqoûn sOpherim (corrections plus importantes en 48 endroits, et qui ne sont pas toutes justifiées. Il en est (juestion dans la Massore, à Nombr. I, 1, et à Ps. (IVI, ^0. — Après la clùture du Talmud, les rabbin?, surtout ceux de Tibérias, continuèrent ce travail critique ; ils ajoutèrent de nouvelles reman|ues h ccnes de Umips prédécesseurs et les livrhri'ut^ les transmireut d'abord oralement à leurs disciples. De là le nom de Mouort ou Matore (tradition). Quand ces observations furent devenues trop nombreuses, il fàllut les écrire pour assurer leur conservation; on en fit d'abord un livre particulier, mais on ne tarda pas à les écrire en marge des man«iscrits de l'Ancien Testament. — On trouve aussi dans la Polyglotte de Londres 'f>« vol.) et ailleurs deux listes de variantes, dont la première parait antérieure à l'invention des points-voyelles et dont la seconde date du onzième siècle. — Le texte hébreu de l'Ancien Testament.fut imprimé pour la première fois en entier à Soncino, en 1488, et peu après (1494) à Brescia. C'est de Tédition de Bresda que Luther se servit. Vingt ans après, le cardinal Ximénès faisait publier sa Bible polyglotte (avec la Vulgate et les LXXi d'après sept manuscrits bébreux (151i-17*. Bientôt après, parut à Venise la seconde Hiblc rahbinique de Bomberg, publiée par U. Jacob bcn Khayim, principalement d après la Masore (1525-26), puis la Polyglotte d'Anvers (1569-71), dont le texte hébreu fut emprunté aux deux éditions précédentes et fut suivi par Plantin, par les Polyglottes de Paris et de Londres, etc., les éditions de Butter (Hambourg, i riST, etc.). de Buxtorf (Bàle, 1611, Bible rabbinique. 1618-11)). et celle d'Athias (Amsterdam, 1661 et 1667^, dont le texte a été (b'juiis reproduit si souvent, en particulier par Van der Hoogbt (.Vmstcrdaiu, 1705 , dont l'éditifui j)fMit être considérée coiiimc le leste reçu. Mentionnons aussi l'édition de J.-H. Michaelis (Halle, 1720), qui fut filite d*apr^8 cinq manuscrits d'Brfùrt et 34 éditions imprimées ; la Bible de Mantoue (1742-44), publiée par le médecin juif Raphaël Khayim Italie, d'après de nombreux manuscrits du texte hébreu
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et de la Massore, et qui contient le comtneataire de Salomon Norzi, rabbin à Ifantoue, au commenGement du dix-septième siècle, etc. — Le texte hébreu fat Tobjetde savants et vih débats au diz-sepUènie siède. Malgié ropposition des deux Buxtorf. père et fils, Louis Ôippel prouva
rorijfine récente ilos points-vnyolles [Arcanum punctadonis revelatum 1624), et releva dans le texte de l'Ancif ii Testament de nombreuses erreurs (Critica sacra, 1650). Le consensus helvétique (1075) déclara vainenieut que ce texte était « Ot<izveuTro( tum quoad consonas, tum quoad vocaiia; » l'opinion contraire ne tarda ipn à prévaloir. Elle fut poussée à Teitrême par Houbigant, prêtre de TOratoire, à Paris, qui, dans son édition de la Bible hébràlque (1753), proposa un grand nombre de corrections dont la plupart sont arbitraires. — Peu après, Kennicolt, professeur à Oxford, et do Hossi, professeur à Parme, publièrent, l'un dans son édition de l Ancien Testament (2 vol. in-folio, 1776-80), i aulre dans ses Varix kctionts V. T. (1784-88 et 98, 5 vol.), les variantes résultant de la comparaison de plus de 1,300 manuscrits. Mais la plupart de ces variantes sont fort peu importantes. De nos jours, Baer et Frans Delitisch ont entrepris une édition aussi exacte quepossible du texte massorétique. dont la Genèse. Esaïe, les Psaumes et Job ont déjà paru. FrensdorlF a commencé la publication de la grande Massore (J/a.-j.so/Yj may«a, I"' partie, Hanovre, 1876; Ochlah W'uclilah^ 1864}. Mais l'ouvrage le plus utile qui ait été publié jusqu'ici sur ce
sujet, à notre connaissance, est celui de S. Davidson : The hebrew Uxt of tkê 0, T* revUed from eriiieal t<mreei, etc., Londres, 1855. Il
donne les variantes des manuscrits et celles que fournissent les livres juifs d'après Kennicott et de Rossi, et y joint celles des anciennes versions, en prenant pour base l'édition de Van der Hooght (Amsterdam, 1705). Il serait à désirer que ces observations, augmentées de celles que peuvent fournir les manuscrits récemment découverts, fussent imprimées au bas des pages de rédition de Baer et Dèlitisdi. Mais quand on aura réuni toutes les variantes des manuscrits, des versions anciennes et des écrits des rabbins, il ne faut pas s'imaginer qu'on n*aiBa qu^à choisir la plus autorisée ou la plus vraisemblable pour rrtrouver le texte primitif. La plupart des altérations et les plus graves sont antérieures à la version des lAX. Il y aura toujours des passages où il faudra recourir aux conjectures, parce que le texte actuel est inintelligible et qu'il se trouvait déjà dans le manuscrit dont se servaient les traducteurs alexandrins, souvent sous la même forme, quelquefois sous une forme peu différente. C'est ce que j*ai essayé d'établir dans mon ouvrage sur le l^te primitif des Psaumes^ Paris, 1873. Il est clair qu'on peut se tromper, et je saisis cette occasion de retirer la conjecture relative à Ps. XVI, 2-4, où Je crois maintenant qu il faut traduire :
J^ai dit à l'Etemel : Ta es mon Seigneur;
Mon bonheur n'est pas contre toi.
Jusqu'aux saints (lui sont dans le ('ays, oux-mômesl
Et les grands qui avaient toute mon adectioD,
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— Que leurs souffrances soient oombreiiseBl... — Us se sont piéoipitès Tors un autre.
Mais une orreiir accidontoUe et môiiu' l'abus que tel savant peut faire d'une méthode ne prouvent rien contre la ni«»thode olle-môme. Ils montrent seulement qu'il faut en uht avec prudence, ce que personne assurément ne contestera. — Outre les ouvrages ciLi-â précédemment, voy. un article de Hupleld, dans les Stud. u, Krit,^ 18S0; (kigeT, Unckrift und Uebeneizungm der BiM, 1857 ; Straek, Prolegomena crit. In V. r., 1873; 'WeWh&uwn, Der Text der Bûcher Samuelis, \ Kueuen, Les origines du texte masorétique, traduit par Carrière, 187ft, et les diverses lntroduction.< à l'Ancien Testamcnt-j C. Bhlston. ' TEXTE DU NOUVEAU TESTAMKNT. — Le texte du'iNouv.'au T.-slament n'est pas arrivé jusqu'à nous sans uioditications. 11 a une histoire qui est Texposé de eet vîfiissttttdei et de ces cbangeuiaDts. On y peut distinguer trois partiee : Thistoire des modes de eenservetion, celle des allirations subies, et celle enfui des efforts persévérants d« la critique pour retrouver autant que possible le texte primitif. Dans ces trois parties, la découverte de l'impriini'rie marque un moment capital qui divise en deux pi'riodfs proiomU-ment dislincles l'histoire du texte du Nouveau Testament : la prouiière étant colle des manuscrits et la seconde ct lle des éditions imprimées/ — I. Les manuscrits originaux, ceux que l'on pourrait appeler les auto^^rapbes mêmes des premiers livrée chrétieBe, ont disparu sans laisser dans Thistoire auoune trace certaine. Il tami tenir pour des fables tout ce que l'on raconte, danslanliquité et dans les temps modernes, des documents de celte nature retrouvés ou conservés dans (juclques bibliothèques. II ii't xist<' pas dt* nuuiusci ifs du Nouveau Tt'>lameut antérieurs à Coiistautin. Les hltres apostoliques étaient écrites sur un papier de nature assez p)-u résistante ^2 Jean, 12); même les ouvrages écrits sur du parchemin (3 Tinu IV» 13) ont dû traverser tantd'épreuves qu'il n'est pas probable qu'aucun d*euz ait pu longtemps échapper à la <1( struction. Les copies qu'où en fit étaient tracées sur dea rouleaux ^volumina] de même nature, avec un style de roseau et à i'encre faite avec di' la suie, sans séparation de mots, sans itccenls et sans ponctuation, t^es copies mêmes, tout d'abord, u'emLrassaicnt pas tout 1.' Nouveau Testament qui n'existait pas cuctire comme recueil canonique, mais se bornaient à des livres particuliers. Plus tard et j usq u 'au ousièine sièele, an se servit presque exclusivement de parchemin. L'écriture onciale ou majuscule lit place, vers le dixième siècle, à l'écriture cursive. C'est à partir du septiènic qu'on trouve dans h'S manuscrits un commencement d'accentuation. Les j)lus ;inci< ns que nous possédions n»' .-ont plus sous forme derouleaux, mais tlccahii rs dr t< uillt spliées ^/t'///<o><\. yua/f'/-;iio«5) avec plusieurs colonnes sur chaque page. Ainsi te prési ntait déjà l'édition de la Bible faite par Ëusèbe, sur l'ordre de Constantin ( I ita Constanh'nt, IV. 36 et 37). Si la aéparatioB manquait entre les mots, elle s'introduisit de bonne heure dans le corps des livres.' Il semble en effet que la lecture publi(|ue dût amener cofte division en péricopes. Toutefois un autre intérêt, l'intérêl harmouistique^ a dicté pour les évan-
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fîles It plus iMoiMUM nm oonnatMiaQSy celle d*Afflmoiiiiu é'Akiaiidrie qui oampoia ime hannonie en mettant à côté des pérl> copes de Matthieu les périeopes oorrespoDdants des autres évangiles. Pour sauvegarder en même temps l'ordre de chaque écrit, Eusèbe la ronijili'îta par 10 canons, ainsi qu'il le raconte lui-même dans sa lettre à Carpianus, en sorte que chaque chapitre se trouva marqué par deuic numéros. De cette manière, Matthieu se trouva divisé en 35S iufi}mn ou chapitres ; Marc, en 233 ; Luc, en 342 et Jeao en 232, SD tout IJ€ft. On velrewre cette divisioiL et ces canons d'Eusèbe en tout ou en partie i b marge du SmaUicw {Aleph), de VAlexandrmu» {A) et d'autres maaasorils très anciens. Une telle division morcelait trop les évanplt's; on en fit une autre plus large qu'on retrouve dans le Vati^ cauus [\i nii Matthieu a 170 chapitres, Marc 62, Luc 132, Jean 80. Ce ne lur«*i)t pas les seules. Uaus {'Alexanfirinus, les évangiles sont divisés en péric<4ies encore plus étendues ; (^8 pour Matthieu, 48 pour Marc, iSpour Lue et 18 pour Jean. Le codex L en a une autre un peu difiénnts. Souvent «es dam drvisîons en courts fragments et longs morceaux esialeiit ceofioiTsmaient ; de là viennent les Tt'rXot et les xt^-Daix, Ip premier mot 8'ap^iq;Dant aux périrope> marquées pour la lecture, et le Sf'cond réservé à la distribution d'Amnionius et d'Eust^he. Vn inconnu avait divisé en xs^iXaix h's epitrcs de Paul. Euthalius d'Alexandrie les divisa en lectures. U fit mieux encore eu y introduisant la stichouiétrie qui Décomptait plus les lignes ou Totsets d'après la largeur du manuleriu mais les ÈMiX finir avecletensetlesnmdaitainsitrèsutilespourla itcture et mteie pour laconservatien du texte. Ainsi l'épitre aux Romains cooiptait 920 (tt^/oc ou verset», la première aux Gorrinthiens 870, etc. Ce falnil s'étendit bien vite à tous les livres. On trouve h la fin du Codex ' Inintnontanus fD) une tahle fort c»''ièbre dr celte niicieniie slichoMiétrie. Nuuà devons ajouter toutefois que cette mjuvelic division d'Eulliulius ne &it pas h seulô et que l'on observe une très grande diversité sur ce point daos les ■aanusesits. Le mAme avhitraira se remarque dans les titres ou les notns finales, par lesquels on voulait indiquer, soit le nom d'auteur, soit le lieu où les livres avaient été écrits, notes dont un grand nombre font d'un <^trange arbitraire et n'auraient jamais dû appartenir au texte du Nouveau Testament. — II. .\près cette première inspection fxti'Tîeure du texte, il convient de rexaiuiner en lui-môme. I^s premières copies que l'on fit des livres apostoliques ne tardèrent pas à présenter de Bomteeuses wriaotes qui se multiplièrent encore avec le noahre des copies ellesHuémes. CTétait une chose inévitahlè. On peut nager les variantes en deux classes : la première comprenant les erreurs involontaires des copistes, la seconde les modilications conscientes et inteutionnelles. Hien n'est plus ditlicile que de copier oxacteinent un loQ)f innnusrrit : et il faut conipler toujours : 1^'avoc les erreurs des yeux, 8i le scribe lit lui-même le texte qu'il reproduit et qui lui font prendre an mot pour un autre ; i« avec les erreurs de l'oreille, s'il écrit sous la dictée, qui lui font confondre des sons voisins ; ^ avec les erreurs de la mémoire qui lui finit échanger des synonymes ou des mots semblables ; ¥ cvec lea «creim de rinielligenoe qui lui font mal interpréter une
phrase et mal lire ou partager les mots. Il serait facile de citer des exemples nombreux de toutes ces causes d'imperfectioa dans les manuflcrito du Nouyeau Testament qui passent pour les meilleun. liais comme ces erreurs sont les moins graves et généralement faciles à découvrir, il vaut mieux insister sur la seeconde classe de variantes bien autrement importantes el ([ui proviennent d'une intention évidente d'amf^liorer le texte (ju'on avait à reproduire. 11 faut distinguer encore ici futre les motils: l'on a voulu corriger la langue, la rendre plus correcte et plus claire, là où elle paraissait fautive et obscure. Un grand nombre des variantes de l'évangile de Uarc, par exemple, ont cette origine ; S* on voulait écarter certaines erreurs géographiques ou historique qui paraissaient évidentes. Ainsi Marc II, 26 l'omission de 'ACiscOap; ainsi Jean 1, 128 ,5T,0x<>apx substitué à ^riOivta ; voyez encore les variantes de Matth. XXVII, «J, de Marc XV, 25 et de Jean XIX, 1 i, do Marc I, 2 et de Matth. XIII, 35, de Jean VII, 8, etc. ; 3° des variantes ont été amenées par des usages liturgiques, comme la doxulugie uitruduite dans rOruflon dominicale de Matthieu ; enfin, il faut noter les préoccupations dogmatiques. Sous ce rapport, les grandes controverses des premiers siècles ont exercé sur le texte du Nouveau Testament une action bien plus considérable qu'on ne le croit communément. Toutes y ont laissé des traces profonde?. Ainsi les docteurs gnostiques sont accusés par les Pèn^s de ne pas trop se ^^èner avec la lettre des (Vrits apostoliques (EusMx'.jy. ZT., IV, 29 ; Clém.d'Al., /SVrowi., IV, 6. 41). Mais les catholiques ne se faisaient pas faute non plus de tirer parfois le texte à leurs idées. Ainsi Irénée semble avoir lu autrement que Justin Martyr le texte de Matth. XI, 27 (comp. Ad. hstr,, IV, 6, 4 et Dial. c. Try.f 100 eiApol., I, 63). N*est-ce pas aussi pour mieui combattre Marcion et ses adoptes que dans fiai. II. 5, on avait rotrancht'' la négatk>n orA que ne paraissent pas avoir Iw In'nt''e ni Tertnllion, qui manque dans le codex D et qui existait hicti pourtant à l'origine ? 11 est de même assez vraisemblable que la leçon acceptée depuis Origëne de Matth. XIX, 17, n'était pas la leçon originale. La leçon de Mare, au passage conrâspondant, est évideinment la forme authentique de la parole de Jésus. Si le changement ne vient pas du dernier rédacteur de notre évangile, ne pourrait-il pas y avoir ici une correction provoquée par la controverse du jnonarchisme'^ La iii<^nie remarque peut se faire à propos de la suppression dans Matthieu XXIV, 3G des mots « pas môme le Fils. » Irénée et Origëne semblent les y avoir lus ; d'où il faudrait conclure que c'est pendant les controverses ariennes qu'on les retrancha. De même Epiphane {AnearaL^ 31) se plaint que les orthodoxes de son temps eussent retranché, dans leur manuscrits, du passage de Luc XXII, 'i3, ii, les mots « Jésus pleura. » Il suffît de parcourir avec quelijue attention le Sîttaîttcns et même le r«^?ca«M5 pour être convaincu que c('<= manuscrits ont éti'- rt'difiés sous l'influence despotiijue des idées athanasiennes. Voyez leurs variautes aux passages suivants, Act. XX, 28, 1 Tim. III, IG, etc., etc. Ce fait historique, qui est patent, doit même considérablement diminuer l'autorité queTischendorfet bien d'autres après lui ont tout d'abord accordée à ces documents. Le dogme
de la perpétueUe virginité de Marie, qui s'établit à la fia du quatrième àkk, a amené également des eorrections eathoUques très visibles. Ainsi le ::poiTOTtfxov de Matth. I, 25, ({uo lisaient encore Atbanase, Epi*
phane et Jérôme, fut retranché. De même plusieurs manuscrits et versions ont supprimé les mots TÔvxv8sa MapCaç de Matth. I, 16. Voyez encore les variantes à Luc II, 33 et 43. Il est d'autres traces d'altérations plus profondes. On sait, par exemple, que la lia actuelle de l'évangile le llaie XVI, 9-90 est une addition postérieure quoique très anciouie. Tisehendorf, dans sa huitième édition, a retranché, nous croyons avec raison, le dernier verset de l'évangile de Jean. La fin de l'épllre aux Romains présente une confusion étonnante. Les mots Èv'Ks-Ko, <'ii téte del'épître aux Epliésiens, sont dos plus incertains. J'oseraisde même soupcituner les trois premiers versets de l'Apocalypse (jui ne sont qu'un titre ajouté au livre, sans doute après coup. Le récit delà fomme adultère, Jean Vm, 1-9, n'appartient pas plus au quatrième évangile que le passage S Cor. VI, 14-VII, I, n*appartient à cette Isttrede Paul. On doit en dire autant du fameux passage des trois témoins, 1 Jean Y, 7, o\ des versets Jean Y, 3 et A qui ont tout à fait l'air de glose expliciitive passée peut-être do la marge dans le texte, etc. On voit combien la critiijue a eu à faire pour arriver, je ne dis pas au texte certain, mais au texte probable des écrits apostoliques. Encore aujourd'hui, ce qu'elle peut scientifiquement établir, ce sont les textes les plus généralement admis d'une époque donnée, comme celle du cin- ^ième siècle et du quatrième, mais elle ne peut remonter au delï que par des conjectures toujours sujettes à discussion. Il va sans dire que nous parlons ici en toute rigueur scientifiipir sans mettre en doute l'au- Ihenticité générale du sens des livres ap()Stoli(|ues qui suftit amplement ^la piété. Origèoe se plaignait déjà amèrement de l'état des manuscrits dsion temps {Jn JfaflA., tom. X\{Op., III, 671) et il se donna la tâche tidoe de les amender. Bien que plusieurs de ses corrections n'aient pas été heureuses, il n'en doit pas moins être considéré comme le fondateur de la critique du texte biblique dnns l'ancienne E^'lise. Les manuscrits sortis de son école étaient particulièrement prisés [lar Eusèbe et Jérôme. Plusieurs de ses disciples, entre lesquels il faut citer Pierius, Pamphile et Eu^be de Césarée continuèrent ce travail de receusion. Nous possédons à la BibUothèque nationale de Paris un Codex eoulmus (* H) des ^ItiBs de Paul où on lit encore, à hi fin, la note suivante : « d'après le nsnoscrit, à la bibliothèque de Césarée, de saint Pamphile, écrit de sa main.n Un prêtre d'Anlioche, Lucien et un autre d'Kgypte, Uesychius, livr.THnt encore assidûment à la iiiéine étude et tirent deux recen- Sious <lu texte qui acquirent, en Orient, une grande autorité. Mais tous ces savants travaux demeurèrent suspects à l'Occidcut dont ils choquaient les habitudes et les préjugés. Cest ainsi que les leceauons dea évangiles de Lucien et d'Hesycbius sont condamnées comme des folsifieatiooidans les décrets de Gélase et d'Hormisdas. Quand on s'est bien rpndu compte de cet état des choses, on ne s'étonne plus des erreurs qui se remarquent encore dans les plus anciens manuscrits venus jusqu'à nous. Loin de rendre la critique superilue, ils la provoquent au
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contraire et la servent en la rendant nécessaire. Nous ne pouvnns mentionner ici que les principaux : 1** Codex nnaitieu* (aleph), aujourd'hui
à Saint-Pétersbourg, co'mpn nant l'Ancirn et le Nouveau Testament avec l't-pitre de Barnabas, le pasloiir d'IIermas (probablenn'iit aussi l'Aporalypse d»' Pierre). Les Actes îles apôtres et b'sKpitres eathoiifjiies vii'imenl après les autres livres du Nouveau Testaïucut. D<'C tuvert par Tischeudorf au couveut du Siuaï, eu 18oU, il u été édité par lui en une. spleodîde édition feo^iinilé(Petropoli, 1862) çt, pour le Nouveau Tester ment, en un volume in*4«, 1863, et encore une fois en 1 vol. in-8% 1865. Ce manuscrit est écrit en quatre colonnes sur parchemin. Il a été éxécuté par une seule main, sauf quelques feuillets où Ton reconnaît deux autres copistes. Ecrit d'abord avec une extrénie néelitrence, il a été successivement amendé par des correcteurs dont le plus habile, manjué C par Tischendôrf, peut remonter ju>qu'au septième siècle. Ce savant, fier de sa découverte, en a exagéré le prix comme Tantiquité. 11 voulait que le manuscrit lui-même datât des derniers temps de la vie d*Eusèbe (310). On peut, je crois, le faire descendre d'un siècle, sans violence aucune. — 2" Coder aloTundrinus (AV h Londres, contenant l'Ancien et le Nouveau Testament avec les deu.x lettres de Clément Romain et probablement aussi, dans r<>ri|.fine, les psaumes de Salomon. 11 «•flre quelques lacunes et des lettres rongées ; édité en une iuagnili<|ue édili(m lac-similé, en 1786 parC.-G. Woide, et de nouveau en une édition plus pratique par H. Gowper, 1860. Le manuscrit est in-folio avec deux colonnes sur chaque page. D'après Tischendôrf et €k>wper, il peut remonter jusqu'au milieu du cinquième siècle. — 3" Cmh'x vatieanus (H . à Rome, romprend ér^-alement toute la Rible. .Malheureusement, le .Nouveau Testament s'arrête à lleb. 1\, i i, en sorte que la tin de l'epifreaux Ib-breuT, les letfrtîs pastorales, Philémon et l'Apocalypse de Jean manquent ti»talemenl. Pendant longtemps, l'élude de ccmanuscrita étcplusque dilïicile. Aussi les premières collations ou éditions qu'on en a faites on publiées depuis celle de Bartholoccius (1669) jusqu'à celle de Buttmam (1862), y compris la belle Bible vaticane d*Angelo Mal, 1858, restent sujettes à caution. La plus fidèle reproduction que nous en possédions aujourd'hui f't. pour le Nouveau Testament, l'édition qu'a donnée Tischendôrf: .\()riiiii T' slatncitiutn vat'tf anttui , 18(i7,avecun apperidice de 18(V.). Tischendôrf, qui fuit renuuiter ce manuscrit au nnlieu du quatrième siècle, a voulu établir un lien de parenté matérielle entre lui et le Sinaïticus, Ce qui est certain, c'est qu'il y a évidemment parenté morale et coïncidence singulière dans de> variantes importantes. Il nous paraît que dans sa 8« édition du N. T., Tischendôrf a exagéré Pautonté de ces deux manuscrits en les suivant presque toujours, à l'exclusion des autres. — 4*^ Codex /:)i/n:imi resrrlfjdis (C),àla liibliothècjue nationale de Paris (n"l)), contient des fragments des Evangiles, des Actes. desEpItres cl de l'Apocalypse, plus de la moitié du Nouveau Testament ; il a été édité soigneusement par Tischendôrf (1843-1846). D'après ce même savant, il daterait du milieu du cinquième siècle et aurait été corrigé deux fois : la première au sixième siècle, et la seconde au neuvième, à l'usage de l'Ëglise de Goostaulinople. Puis, au douzième, la vieille écriture fîit
dlfaa'e, et i on écrivil par-dessus les œuvres <i'£plireui. L'uuturité de ce nuauerit ne nom parait guère inférieure à celle des précédents. » y Codex Beat cantaMgiensit (D), avec une ancienne traduction latine,
L-< iiteiinnt les Evangiles et les Actes avec quelques lacunes. Ce manuscrit, '\m offre des leçons très orij^inales, paraît datei; du sixièaie siècle. Venu dans les mains de Théndore de Bèze, il fut donné par lu', on loSl. à l'université de Gauibridge. mi il est resté. Eu 1793, Thomas Kipling eo a duuué une magnifique éditiuu ; une seconde en a été faite eu 1864 per F.-H. Scrivener. — 6^ Le Codex elaromontanits (D), que poss'éda ausi de Bèse, et qui est aujourd'hui- à la Bibliothèque de Paris (n<* 107), contient les épitres de Paul et semble être la suite du précédent. Après IVpitre de Philémon, on trouve une table sticliométrique, et ensuite vient l'éfdtre aux Hébreux, en puise d'appendice. Le manuscrit a t' té édité par Tischendorf, en 1852. Il était grandement apprêt ié ])ar LachuianQ. Sa date est le milieu du sixième siècle. On trouvera la description dnautres manuscrits du Nouveau Testament, trop nombreux pour être ici passés en revue, dans les prolégomènes de la septième édition de TisdieDdorL Disons seulement que Tautorité d'un manuscrit ne dépend pas seulement de son Age. Tel document de date plus récente peut élre la reproduction d'nn texte meilleur et plus ancien. Ce (|u'il faudrait, pour guider sûrement la critique du trxte, serait une filiation sûrement établie de nos manuscrits. Mailiuureusement, cette histoire et ce classe-» ooent par familles sont encore à faire et présentent des complications et des difficultés presque insurmontables. ^ III. L'intervention de Tim* pnmerie marque le commencement d'une période toute nouvelle et eoeotiellement différente. La critique scientifique du texte devint alors possible et méthodique. Toutefois, dans les premiers temps, on imprima le texte des premiers manuscrits qu'on put avoir sans principes de critique déterminés, et, durant deux cents ans, c'est une sorte de tfttonoenjent où les bonnes rencontres sont dues à peu près au hasard. (Test le cardinal Ximénès de Gisneros qui eut la première idée dUmprimer le ti xto grec de la Bible. Mais le cimpiième volume de sa polyglotte ''omplutaisis), qui contenait le Nouveau Testament, commencé en 1514, ue fut achevé qu'en 1517 et ne reçut le bref papal, qui en autorisait la piihliciti(»n, qu'en loiO iV(»y. F. Dt'litzch, Studiru zur Entst» liunqS' geschichte (1er Polyg. des card. AVw<., 187ij. Entre temps, Erasme, qui avait entendu parler de Fcsuvre du cardûial, résolut de la devancer et paUia, en 1516, à BAle, sa première édition, très hâtivement faite, du Noumu Testament. On a retrouvé les trois ou quatre manuscrits fort peu anciens où Erasme a puisé son texte, et l'on s'est rendu compte Jo son ;iudace, pour ne [)as dire de sa témérité. En i5iy, il publia une sec» iiJe édition, beaucoup mieux élu<iiée, qui fournit à Luther le texte ({u'il traduisit eu allemand. Dans la troisième édition, de loii, fut introduite la glose Irinitaire del Jean V, 7. Les éditions suivantes, de 1527 et de 1535, portent la marque de l'influence de l'édition de Ximénès. On ne Gt guère ensuite que reproduire le texte d'Erasme ou celui de U CompkUmtis Polyglotia, en les corrigeant l'un par l'autre. — Robert Etienne, son ûls Henri et Théodore de Bèze réunirent cependant de nou-
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veaux manuscrits et de nombreuses variantes. L'édition de 1550, surnommée la Royale, est célèbre. C'est dans celle de 1551, faiLeà Genève, qu'apparaît, pour la première fois, notre division vulgaire et lOttYent absurde du texte en chapitres et versets. Heori Etienne raconte que son père l'aurait faite & cheval durant son voyage de Paris à Lyon. Les édition<^ de Théodore de Bèse ne sont guère quo la reproduction du texte desEtienne, qui est devenu aussi, à peu de ciiose pW's. celui des EIzévir. C'est dans la préface do leur seconde édition (1G33) qu'ils présentèrent leur texte comme « le texte reçu par tous. » Cette réclame de libraire, qui n'avait sans doute dans la pensée des éditeurs aucune valeur absolue» devint bien vite un dogme consacré par la superstition des théologiens, en sorte que toucher au texte reçu sembla longtemps un sacrilège intolérable. Les travaux de Richard Simon, ceux des éditeurs des Polyglottes de Paris et de Londres (1033 et 1657 , de Fell et de Mill. en accumulant les variantes, en lirent bien vite sentir l'arbitraire et l'insuffisance. Toutefois on imprimait toujours le texte des EIzévir ou des Etienne, en mettant en marge les leçons nouvelles. Le prétendu texte reçu eut ainsi son utilité en servant de terme fixe de comparaison. Telles sont les éditions d*Oxford de 1015 et de 1707, et encore celle que Wettstein publia, à Amsterdam, en 1751 et 1752. — Mais le nombre des variantes croissait si rapidement avec celui des manuscrits découverts et consultés et. d'un autre côté, rinfériorité du texte reçu devenait, en bien di's endroits, si évidente, que c<'lui-ci ne pouvait plus garder sa position privilégiée. La piété à l'égard du Nouveau Testament triompha de l'obstination dogmatique. Albert Bengel, poussé par le généreux désir de reconstituer le texte authentique des écrits sacrés, aborda hi tâche avec une critique plus méthodique et plus ferme qu'on ne Tavait encore fait. C'est à lui qu'est due l'idée féconde de classer les manuscrits par familles, et les variantes d'après leur plus ou moins grande valeur présumée. 11 est vrai (ju'il suivit le texte traditionnel, sauf pour l'Apocalypse, dans son édition de Tubingue (1734j. Mais il avait (It^à distingué deux familles de textes, une asiatique et l'autre africaine. Semler alla plus loin dans la même voie (édition des Proleg(mena^ de Wettstein, Halle, 1764). Le vrai fondateur de la critique scientifique du texte fat Griesbach (> édit. du N. T., 1796 et 1806). H ne se contenta plus d'amonceler les b'çons et de choisir entre elles par vraiseniblance subjec> tive. mais il introduisit dans cette science le critère objectif et historique en es(juissant une histoire primitive du texte. Il distingua trois recensions anciennes ou types généraux ; 1"" le type occidental, qu'il déduisait des manuscrits du second siècle répandus avant même la formation du recueil canonique, et qu*il retrouvait dans les anciennes versions latines et Pères latins, dans les manuscrits D, de Cambridge, etD clarornontawfi, de Paris, et quelques autres, comme E, K, G, et enfin dans les traductions kopte et syriaque ; 2" le type alexandrin, représenté par les manuscrits U, C. L pour les Evangiles, et A, B, C pour les Epitres, ave^ GlémenL d .Vle.vandric, Origène, Athanase pour témoins ; le type byzantin, qui n'était guère qu'une combinaison des deux autres. Vivement attaqué par le professeur Matthaâ (édit. du N. T., de Higa,
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TEXTi DU NOUVEAU TESTAMENT 53*
178:2-88), le système de Gri» sl acli fut fortifié par Hug, par Eichliom et par David Schulz, qui, en 1827, publia la première partie d'une nouvelle édition du Nooveaa Testament de Griesbadi, comprenant les Evangiles. L'édition du théologien catholique A. Schols (1890^) marque plutôt un recul qu'un pas en avant, malgré les longues recherches dont elle témoigne! — Avec Lachmann commence un nouveau progrès de la critique du texte. Il a laissé deux éditions du Nouveau Tostaiiimt : l'édition stéréotypée de Berlin. IS.'H. dont il présenta lui-même la jii*.tificatiou dans la Revue des àiludien und Kriùken, de 1830, IV, et la giaode édition, adievée avec le eonoours de Buttmann (1842 et 1830). Laehmann tient pour une vaine entreprise de vouloir retrouver le texte original, et déclare illusoire et sans autorité le choix fait entre les diverses leçons, d'après des raisons internes et subjectives. Quand on a écarté 1p texte reçu, la seule chose qu'on peut atteindre et ?eientifi<iuemont étiiblir. c'est le texte le plus généralement accrédité d'une époque donnée, par exemple celui du temps de Jérôme. Lachmann ne distingue pins que deux formes antiques du texte: le type oriental, que lui offrent les Pères d'Alexandrie et les manuscrits A, B, G, H, et le type occidental, représenté par bénée, les Pères latins, la Vêtus Itala, la Vulgâte et les manuscrits D, E, G. On volt que pour simplifier sa t&cbe, il ne s'adresse qu'à un nombre assez restreint de témoins. Encore s'en faut-il de beaucoup que ces témoins se laissent aisément ranger dans les deux catégories adoptées. Il y a souvent entre les manuscrits de la même classe des divergences considérables. Comineut trancher ces difficultés nns arbitraire ? Lachmann, bornant son ambition à restituer le texte vulgaire du quatrième siècle en Orient et en Occident, n*a pas pu la réaliser d'une façon purement extérieure et mathématique, ainsi qu'il définissait sa méthode, etsa tentative n'a guère fait que démontrer <pi'il est au?si difficile d'avoir le texte du qnatri^me siècle (}ue celui du premier. On oublie, d'ailleurs, que cette exprc?sion « texte du quatrième siècle » n'a pas de vérité objective, puisqu'il y avait certainement alors plus d'un <ra de deux textes et, pour prendre la chose en toute rigueur, autant de textes que de manuscrits. — G. Tiscbendorf, renonçant à toute prétention systématique, s'adonna avec un zèle infatigable à l'étude minutieuse des anciens documents et à la recherche des nouveaux et, des deux parts, il s'est acquis des titres brillants à la reconnaissance publique. 11 n'en mérite iruère moins pour ses belles éditions du Nouveau Tf^staineut. surtout la septième (!3oî)) et la huitième (1869-72) dont l appareil critique, à peu près complet, permet à chacun de se faire son texte d'après la comparaison de tous les documents. Les prolégomènes de la septième édition présentent les résultats généraux auxquelsle savant était arrivé, avant la découverte du Sînàlticus. Il classait en deux fomilles, comprenant chacune deux types parents, nos anciens manuscrits et autres témoin? : d'un côté, le type alexandrin et latin ; de l'autre, le type asiatique et byzantin. Ce dernier, le plus éloigné, à son avis, de la source priaiitive, se retrouve dans les manuscrits grecs les plus récents ; le type sloaadrin et latin, dans les plus anciens. Le texte alexandrin, le plus fidèk, n'existe nulle part dans sa pureté. Toutefois Tiscbendorf fiûsait
remarquer que cette classilicalion n'avait rien d'absolu, et qu'il fallait garder d'ea tirer des conclusions trop rigidement logiques. La découverte du SinaiHeuSt en 1859, modifia assez profondément les vues da savant paléographe pour lui faire entreprendre une nouvelle édition (la 8«) dont les prolégomènoi? n'ont pu ^tre encore publiés. La règle que l auteur semble avoir gém^ralement adopt«''e, c'est de suivre toute leçon qui se retrouve à le f.iis dan«; \e Sinoïtinis et le Vnfiranus. 11 est facile de montrer par dos exenipb's iltM-isifs que celte rèple ne saurait ôtre absolue et que ces deux manuscrits ne peuvent avoir l'autorité exclusive quVm leur a précipitamment attribuée. -—'Il faut citer enfin, pour terminer cette exposition, deux éditions anglaises du Nouveau Testament, qui peuvent rivaliser avec les meilleures de TAIlemagne : !<> celle de Tregelles, 1870, et celle de Westcott et H<»rt. avec une introduction critique en un volume ?éparô (188! !. Ce travail critique, poursuivi depuis Erasuie, est loin rj'(''(re at hevé. La tAclio consisterait à pouvoir suivre V sûrement, à travers les i^iècies et les pays, les modilicu tiens du texte en 'remontant aussi haut que possible. Pour cela il ftiudrait, mieux qu*on ne Ta fait encore, établir Tbistoire et la généalogie des manufcrits grecs et les comparer individuellement entre ( nx et avec les Pères de l'Eglise, comme avec les versions ou les leclionnaires auxquels ils correspondent par leur dato et lour lieu d'oripine. Quand cola sera fait, on pourra écrire avec quoique prt risitin une histoire du toxto du Nouveau Tostaniont. Mais ce long travail, malgré toutes les constatations faites depuis Bcngel jusqu'à nos jours, nous paraît à peine ébauchée. — ZfV/^ti/ure.* Presque toutes les IniroduetioM au Nouveau Testament ont une partie consacrée à l'histoire du texte. Voyez surtout celles de de Wetto, DIeek, Reusset llil.:(>nf< ld ; Hich. Simon, ifis<otre du iexfe du JS'ouveau Tettament; Montt iucon, Pal.tjrtgraphin rjrœcn, 1708; I*rolé»iomhies fiM\ éditions • du N«»uv( an Tosfamont.do Mill. Wettstoin, (irie^bach. .Mattha?!. Scholr, Tischendorl, etc. ; (îrioshach, C'tri.rin kisl. texdts epji. Pauli, ot autres dissertations analogues ; J. Lelong, liiùUol/tcca sacra (1701) et 1723) ; Galmet. Ùiet, delà Bible; Prideaux-Tregelles, Prospectus of a new édition ofthegreek N. T. (1848) ; Jean Leclens, An eritica (1778) ; Cb. Michaelis, De vartis leetionihvs .\. T. f !7iî)'; Seniler, SpicUegium; Schleiormacher, //''nneneutilc und A'/ itih I8."i8) ; Ed. Reus<. Plhliofhera N. T. {/r;fci i iHlû) ; Westcott an«l Hort, 77/e .V. T. in f/i» original (jn^pc , introduction appendi.v (1881); H. Scrivonor. ,1 plain /ntrofhtction to the criticism ofthenew Testament f 2" édi[., iHl^. A. Sauatikr.
THABOS, Tbabor, 'ha^ptov, 'AToiSûpiov, montagne située sur la limite des tribus dlssachar et de Zabulon (Jos. XIX, 93t ; Juges IV, 6; XII, 14), entre la plaine de Jesréel et Scythopolis (Josopho, De bello jud»^ 4, 1. 8\ au centre de la (lalilêe, à deux journées de marcho de Jérusalem et à deux lieues Nazareth. Cotte monta irno, forinéo de rochos calcairt's. ost, de trois côtés, entiorenif ni \^\Avv des montagnes voisines qu elle domiue sous la lurmed'un graud < onc tronqué. Josèphe indique sa bauteur comme étant de 30 stades ; Scbulz a compté 2,783 pas pour la descendre; il avait mis une beure pour la monter. Sur la cime s'étend un plateau très fertile qui mesure 36 stades d'après Josèpbe, une demi-
THADOU — THAILSIS
\mio «i'apn's Tiurckhardt, ci d'où l'on jouit d'un? vufi magriifique. Sur les flancs du Thahor s'/'It'n'ont do forêts de ch(^nes et de pistachiers
8auva<rps, peupléf^s de gibier et d'oiseaux d»' tout genre. En été. la cinie esl couverte d'épaisses nuées pendant les heures matinales ; une rosée aboDdtiite la coaTie la nuit (Osée V, i ; Jér. XLVI, 18; Ps. LXXXIX, i3). Le Tbabor est célèbre dans Thistoire militaiie de la Palestine fJu je? IV, 6 ; XII, 14, etc.) ; il soutint même des sièges (Josèphe, De belht jud., 4, 1. 1 et 8). Au moyen à}?e, il était surmonté d'une citadelle dont Voinpy [Voyagea, 11, 272 ss.) vit encore les ruines. D'après la tradition ecclésiastique, ce fut sur le Thahor qu'eut lieu la transfiguration de Jésus (Matlh. XVII, 1 ss.); mais c^^tte opinion ne s'appuie sur aucun IMement solide. — Voyes : Reland, /'alvtiMa, p. 331 ss. ; Hasselquist, Bmw, p. 179 ss. ; Seetien, JK^uen, II, 147 ss. ; Burckhardt, Beiteny II, 370 ss. ; Rohinson. Pnlieittina, III, 416 ss. ; 434 ss. ; 450 ss. ; 48!) ss. ; RUter, Krdkunde^Xy, 1, 391 88.; Wilsoo, Tke landt of ihe Biàle, 11.70. H 4.
THADDÉE. Voyez Jurh.
THAMAS. — 1** bru du patriarche de Juda, femme de Her et d'Onan (voy. ce mot)« mère de Phares et de Zara (Geo. XXXVIII, 12 ss.) ; 9" fille de Da^id et de Haacha, sœur d'Absalon, qui tua Amnon, lequel avait conçu pour elle une passion violente (2 Sam. XIII< 1 ss.) ; S"* fille d'.M.salon. i\\û épousa Rob'iam et fut la m^re d'Ahia (2 Sam. XIV, 27 ; 2 Km s \| 20 1 ; 4» nom d'une ville du midi de la Judée (Ezéch. XLYII, 1«; .XLVill. 28^.
THARSIS. Tliarschisch, nom d'une contrée dont la situation géographique est difficile à déterminer. Parmi les textes hibliques, les uns lui deanent une signification toute générale, et la rangent parmi les lies ou les pays lointains (Gen. X, 4; Ps. LXXII, 10 ; Es. LXVI, 19), les autres la dtent comme un lieu de commerce d'où la ville de Tyr retirait de IV^'iit. du fer, de Tétain, du plomh Kzéch. XXVIl, il. 25 ; Jér. X,9 ; cf. Ks. XXIII. 10; Jonas I, 3; IV, 2). Tharsis figure aussi parmi les li^'iix vintés par des marins phéniciens sous Salomon (1 Rois X, 22), si bien que le mot de vaisseau de Tharsis devint synonyme de grands vais- •enQX tnarebands (Es. II, 16 ; XXXII, 1). Josèphe {Ant., 1, 6. 1) crut devoir cbereber Tharsis dans la ville de 'hirse, en Gilicie, mais cette ville éliitloin d'avoir l'importance commerciale que les textes cités impliquent. D'autres la placèrent en Ethiopie ou sur la côte septentrionale de i'.\frique. mais I'éloi!?neiuent ou la situation géographi<[ue ne con- Conlf'iit pas avec un certain nombre de passajres, notamment avec le départ (iu port d«>. Joppe. D autres encore placent Tharsis en Inde, qui éltit connue des Phéniciens, mais qui ne s'y rendaient certainement pas depuis les ports de la Méditerranée, pas plus que Jonas n'aurait pris passage sur un vaisseau allant dans cette direction. L'hypothèse la plus Traisemblable et la plus généralement admise aujourd'hui est celle qui place Tharsisau delà des colonnes d'Hercule, au sud-ouest del'Espafrne.à remb(»uchure du Bétis, et l'identifient avec le Tartessus (Guadaltjuivir, e'est-à-dire le grand fleuve) des anciens (Hérodote, 4, 152 ; Plme, 3, 3; StraboQ, 3, 148 ; Pausanias, 6, 19. 3), dans une contrée riche en argent
86 THARSIS — TIIKCLE
(Bochart, PhaL, 3,7 ; Micli.if'Iis, Spin'h'fj.. î, 82 ss. : Bredow, Hhtnr. UtUers.y II, i<)0 ss. ; Uosoiimiillor. .Mteri ltihiici\ III, iOH ss.). — Voyez pour lesdéluils: Wincr. Ri'alivortvrh., siilivoce; Koil,dans les lieilr.z. TheoL, Dorpat, II, 259 ss. ; Tucli, dans la Lit. Zeit. de Halle, 18.35, vfi 80; Gesenius, l%e*aur, pkilol, mVtc, p. 131M516; Movera, Phcmicier, II, 2.
THÊATINS. religieux institués en 1824. Ils curent quatre fondât) iirs : Gai'tan de Tliienne ; Pierre Caraffe, qui se dt'-init de rarchev»^chè de Chieti ou Tliéate, au royaume de Naples, et qui fut ensuite pape sous le nom de Paul I.\ ; Hoiiiliico de C(dle et Paul conseiller. Clément VII, par une bulle du iiijuiu 1520, approuva l inslitut des théatins, sous le nom de clercs réguliers, et le nom de théatins leur fût donné par le peuple à cause de l'évéque de Théute, un de leurs fondateurs. Ns n'eurent point de ^^gle fixe pendant les quatre-vingt p^emi^re3 années de leur institut. Les eliapitrcs généraux firent ensuite divers règlements que Clément VIII approuva par une bulle du 28 juillet i(j()4, sous le titre de C nnsfifudotis des c/rrrs régulv'm. A partir de I58(), ils eurent un général renouvelé tous les six ans. Ils portent la robe noire des clercs réguliers. L'ordre ne prit guère racine qu'en Italie. Us n'eurent qu'un seul couvent en France (4644), sous Masarin. — Voyez le P. Silos, AnnaUt dei Théatim; le ?• Fcn o, Istorla délie missioni deichierici regolan teatinit Rome, 1704; Hélynt. /fist. des ordres nwnas t., IV, 103 ss.
THEBAINE (Létrion). Voyez f.t'ij 'ion tlii lminr.
THEBES ou Diospolis [Tlo^hms tnn;//i'i , ville célèbre de la liante Egypte, qui avait été la résidence des anciens rois égyptiens. L'ancieiuie Notice grecque en Îb\1 un évécbé de la deuxième Thébaïde, érigée en évéché au quatrième siècle, sous la métropole de Ptolémaîde. Il paraît par les actes des conciles qu'elle devint dans la suite métropole. Elle jouissait !- < ette dignité au onzième siècle. On en connaît quatre évôques, dont le premier est Méjcce, arien. On trouve dans quelques j\otires une autre TbMie-, avec litre d'évét lié de Li même province de la deuxième Tbébaide. Quelques-uns ont cru que c'était la même ville que Diospolis la petite [Tàt Oais parva] ; mais la même \olice parle de Thèbes la grande, qu'on nommait aussi Diospolis, de cette deuxième Thèbes et de Diospolis la petite, comme de trois villes distinctes. — Les Romains avaient divisé la Thébalde, qui devint célèbre par le urand nombre de couveuts et d'ermitafres que les premiers chrétiens y élevèrent, en deux provinces. Les évécliés de Ja première Thébaïde étaient : Aiifiim,'-, Hermopolis la grande, Cusa<, Lycopolis, Ilypselen, Antéo|i.i| i-, l'an.ipulis. Oasis la grande et ApoUonic la grande. La deuxième Tliébaide contenait lesévéchés de Ptolémalde, Copte, Tentyre, Maxianopolis, Latopolis, Hermonthim, Thèbes ou Diospolis la grande, Térévuthis, Philas, Omhos, Syèno, Psynchus, Dioclétiannpolis, Apollonie la petite, une deu.vicme Thèbes, Diospolis la petite et Ibis. — Voyez Lequien, Oriens christ,, II, n. VA \ : r.i.iire, Dlrtionn., II, 2258.
THECLE Sainte , vierj^c et martyre qui. sel(»n une lé^^ende fort répandue, rapportée par Epipbane, Amltroise, Augustin, fut convertie à la foi chrétienne par l'apôtre Paul à Iconiuin, ville principale de la Ly<
TÏIECLE THEINER 57
caonie. EIIp conçut aussitôt un amour parfait do. la vir|xinit»' <jui lui Ut renoncer à ralliaiice d'un jpuno liorninp de la villr, nomme Thamyrls, auquel elle était fiancée. Celui-ci la livra aux juges du lieu qui la couduiuiirent ao feu. L'apôtre Paul» arrêté avec la jeune vierge, fut renvoyé; qnant àTbfcde, un nuage éteignit le feu qui la consumait, et elle pot, saine et sauve, se rendre avec rapôtre à Antioche, où elle fut aocueillie par une femme noble du nom de Tryphée. Découverte et condamnée df nouveau au supplice, olle vit Ips htMes qui devaient la dévorer s'iiuiiiilirr devant rlle et l'adorer. Elle rejoijj^nit Paul à Myra, Sous un déguisement d'homme. Elle mourut à Séleucie, et son tombeau fut le Ihéàtre de nombreux pèlerinages et de firéquenti mîraeles. Quelques auteurs rappellent proiomartyre, c'est-à-dire la première des martyres parmi les personnes de son sexe. Les Grecs célèbrent sa féte le 24 septembre, et les Latins le 23 du même mois. Dès le troisième siècle cirfuliiit dans les églises un écrit intitulé Ihp-.ô^o! Pauli et Theclv, probablemf'iit le produit d'un presbytre asiatique; il contenait, outre le récit circonstancié des voyages missionnaires de l*aul et de Thècle, une éloquente apologie du célibat; il recommandait aussi les prières pour les morts, la croyance au purgatoire, et fut désigné comme apocryphe déjà par Tertul lien» puis par Jérôme et par le pape Gélase I"'*. Grabe, dans son Spidiegium, publia un Mof-nipiov rf,; ayîaç xat 6vSô;ou TrpcoTOuapTypoç XV. à'orrôXou 0£x>aç, qui e.st probablement une amplification de cet écrit apocryphe. D'après ce MapTÛptov, la vie de sainte Thècle fut aussi écrite par Basile, évèque de Séleucie. — N oyez.lA. SS, ad 23 septemb., VI, 516 ss. ; Baronius, Annales, I, 398 ss ; Tillemont, Mémoiretf IL
tiuuusK (Augustin), savant théologien catholique, né à Breslatt en {804, mort à Rome en 187 i. II étudia dans sa ville natale la théologis, la philosophie et la jurisprudence, et combattit avec son frère. Antoinp. les tendances ultramont<iines du catholicisme eonfi'tnporain. II publia lucme un éerit remarqué et mis à l'index : Bu ct'ithat dis prêtres et de ses conséquences (Altenb., 1828, 2 vol. ; 2« éd., 1845). Sa thèse de docteur (Commentatio de Romanorum pontificum epistolarum decretOr iium foUeetionibm antiquis), lui valut un subside du gouvernement pnissien, pour voyager en Autriche, en Angleterre et en France. Reçu au séminaire des jésuites de Saint-Eusèlie à Rome, il abjura ses premières hérésies et. pour conserver sa liberté scientifique, il s'enjjragea parmi les prêtres de l Oratoire et devint conservateur des archives secrètes du saint-siège. Pendant le concile du Vatican de 1870, il se vit toniié par les jésuites de procurer au.Y évéques de l'opposition les documeots nécessaires pour combattre le dogme de l'infeillibilité : aussi sa charge d'archiviste lui fut-elle retirée en août 1870. Parmi les nombreux ouvrages du P. Theiner, nous citerons: l" Recherches sur plusieurs puhlirntifmft inédites de décrétnles du moyen n^'-, Paris. 1832 ; 2" Histoire du pontificat de Cléinmt XI\\ Leipz.. 18.33, 2 vol.; 3" Hist. des établissements d'éducation ecclésiastique, May., 1835 ; 4^^ Jlist. du retour det maiums régnantes de Brunewîck et de Saxe dans le sein de VEglis» ca<Ao/ii^,lS45; 5^ Dispositiones in prxcipuat canonum et deeretalùm <^<MMiM, Borne, 1836 ; 6« EkU de l'Eglise eathoUgue en SUésie de
THEINfiR — THÉISME
1740 <i 4758, 1852, 2 vol. ; 7" Ctementis XIV it^pisloLv et brevia, Paris. 1852; 9^ Documents inédits relatifs aux Off aires religieuses de la France^ de 1750 à 1800, 1858, S vol. ; 9^ Veieranumumenta Hungariam saeram Uiustrantm, Rome, 1859, 3 vol. ; 10* Codex dipiomaticut dommii tem-
pornlis sanrt.-e sedis, 1«C2, 3 vol. ; H» Vetera monumenta Slavomm merid'umaliuin /itstoriam ///Ms7rari/jff, Rome, 1863 ; iS» Vetera monumenta Uiht'vunrum et Srofi,fum fmtnnnm illustrnnf/n , 1804 ; 13" Voniimenta spectaniia ad uolonpm t'rrh'si.r (irn-avet /(>»fi(iti;r. Virniie, i866 ; 14* MiBtoire d^s deux Concordats de la Jir/juùlique française, Bar- ^'poc, 1869-1870, 2 vol. ; 15* Acia ^uinamcumêmei eorteÎHi Tridmtmi, Leips., 1874, 3 vol., son principal ouvrage, qui ne fut publié qu'aprè-s «a mort.
THÉISME. Ce mot désigne une notion de Dieu différente de celles que professent h paiitlitMsme et \o d»Msinp, deux doctrines qui, aux yeux du théiste, laussont. ohsrun issent la véritt? i l par là préparent les voies à la négation explicite. C'est seulement quand l'idée du Dieu vivant et vrai se piésente à notre esprit dans sa ph ine justesse et sa pureté, qu'elle peut surmonter les attaques de Tinerédulité, les objections de la demi-sdence comme les antipathies du cœur égaré. Aussi bien, c'est l'être premier et suprême, le principe de toute réalité, qui mérite d'être l'objet des méditations |r<s plus api»nirondies.(lc la science la plus exacte, autant du moins que le permet la portée de notre iiitelliirence. Il est vrai i|ue l'homme pieux possède, sans étude scientilique, iint- persuasion ferme de l'existence de Dieu, de ses perfections ; et n sa foi a besoin d'être raffermie, il pré- (bre à des démonstrations logiques le témoignage de TEglise, les saintes Ecritures, les exhortations d'âmes vénérables par leur saintalé. Cette •conviction prati([ne. la science religieuse en reconnaît la légitimité, et les docf*nirs ont statué tour ;i lour un instinct rcH'^rieux, tine préformation de I ;\me pour sa relation directe avec l)i -u. une fonction primordiale, un Gottesbewuslsein, qui entre en e.xereire par sa seule force native. Mais Je fait ne dispense pas de la science ; bien loin de là, il appelle ses inves- .tigations. Ce serait une condition bien fâcheuse pour la religion et pour la théologie, si, tandis que les sciences profanes se glorifient de leun démonstrations rigoureuses, la science religieuse réclamait une dispense pour la vérité première et fondamentale de son enseignement. Une telle disparité constituerait, aux yeux de plusieurs, un ant-iponisme entre la science et la religion, une infériorité humiliante pour celle-ci ; et pour le croyant iui-méuie, ce serait un dualisme dont il souffrirait, car notre Ame aspire à Tbarmonie, à l'accord de nos pensées les plus diverses. C'est donc le signe d'une piété sincère et ferme, quand un homme possédant quelque éd ucation intellectuelle ne se eontente pas de croire, mais aspire n se rendre compte de la foi, à savoir pourquoi il n eru, et se ïiionlre aussi scrupulfux dans cette recherche que n'importe quel savant dans tout autre ordre d'investit:alions. — Or. en matière reli^Meu-e, il faut tout d'abord tenir compte d'un lait spécial : l'astronome n'a pas à démontrer Tezistence des astres, puisque tout homme sain de corps et quelïes que soient ses dispositions intérieures la eoostate journellement; renstenee de Dieu n*est pas l'objet d'une semblable consta-
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tîtiun joiiriKiIi<TP. <^|ralo pour toii< les Immiiips. De ce fait rP!*ulte pour la srieiice rolij^ifuse lo dfvoir de prouver l'oxistencp de Dieu, de • la démontrer par uue argumentation catégorique, conforme aux lois de la pensée, obligeant la pensée de conclure et produisant en elle U certitude appelée logique. On tenterait en vain d'échapper à cette nécessité en invoquant les récits de la Bible, qui nous montrent Dieu apparaissant au haut de Sinaï ou dans la personne de Jésus-Cliriï^t. Car nous no sommes plus dans la position des témoins directs de ces miracleîi; l'authenticité des antiques documents qui les relatent est contestée; elle est longue à établir; et si nous ne portions aucun intérêt à lldée de Dieu, nous ne tiendrions pas plus , compte de ces récits sacrés que de oeuz de Tlrlande ou de la Perse. La Bible dle-méme enseigne que ridée religieuse a des racines en nous, et c'est agir conformément à son esprit que de rechercher quels motifs de cimre en Dieu nous trouvons soit en nous-mêmes, soit dans le monde qui nous environne. Ou a encore objecté : l)u moment où I on prétend démontrer rt'xistenf'e de Dieu, on accepte la discussion sur ce sujet vénérable entre tous, on fait comparaître Dieu devant le tribunal de notre raison, pour qu'elle décide li elle le reconnaîtra ou non ; c'est faire des avances imméritées au scepticisme, c'est une impiété. Mais cette objection, cette fuite de la discussion ne serait-elle pas inspirée elle-même par un secret scepticisme? La piété e*tplus confiante, elle dit : Du moment où nous croyon* avoir rec^U de Dieu notre intelligence, nous aduiettons aussi qu'elle rend témoignage à son créateur. — On compte un grand nombre de preuves de lexistence de Dieu ; toutefois plusieurs ne sont que des modifications légères d'arguments antérieurs; d'autres sont d'une solidité contestable. Si l'on écarte les unes et les autres, il en subsiste quatre d'une importance fondamentale : la preuve ontologique, la cosmologique, la téléologique et la morale. Cette pluralité a parfois été mal comprise : on a cm qu'elle donnait à chaque esprit le loisir de s'attacher à l'argument pour lequel il se sentirait le plus de goût et qui lui semblerait le plus persuasif. C'est se faire une fausse idée du rôle d'une preuve. Elle est probante on elle ne l'est pas : ou bien elle est légitime et, dans ce cas, elle lie tonte intelligenoe capable de réfléchir; ou elle n'est pas rigoureuse et, dansce cas. qu'elle plaise ou non, elle n'a pas de valeur. Cette pluralité se comprend mieux si l'on considère que ces diverses preuves, s'-'b'vant de points de départ différents, aboutissent à leur objet par des càtt s dillérents. nous font connaître des éb'Muents divers de cet objet; qu'ainsi chaque preuve nous démontre une partie seulement de la vérité. Ghaeuiie de ees preuves, si rigoureuse qu'elle soit, est, dans un certain sens, incomplète; et quand on étudie les objections qui leur ont été bites, on reconnaît aisément que, si ces objections ont quelque valeur^ ' c'est parce que la preuve isolée avait été donnée pour une démonstration orapIMe. Il y a pluralité de preuves, pour que chacune continue ce qu»^ la précédente avait commencé; et c'est quand elles sont associées daus un enchaînement rigoureux qu'on possède une démonstration eacte de l'existence de Dieu. Sans doute, uuc telle série de jugements coordonnés pour aboutir à une eondusion suprême constituerait pour
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l'Amo religieuse un embarras, si fWo devait, pour persévér.T tl )iis sa foi, avoir c-uistamineut présente à l'esprit toute la filière dos raisonnements. Mais aussi cela ne lui est pas demandé, pas plus qu'il n'est demandé à un homme, pour mouvoir ses mains et ses pieds, de se rappeler les théorèmes de la mécanique rationnelle. Constatons déplus ({ue IN^tude des preuvp*! do lVxi<tonop de Dieu nous offre un second iiilônH : ootte dômonstratiDn no nous «lit pas soulement que Dieu ost, mnis ([ui il est, quels sont sos attributs. En otl'ol, ce serait no rion prouver que de prouver l'existence d'un éiro non détini, inconnu, d'un x. l u objet n*eziste pour notre esprit qu'autant qu'il a certains caractères qui le rendent saisissable à la pensée, et ainsi Targument nous démontre Texistenco do Dieu en même temps qu'il démontre celle de ses perfections. L'histoire de ces preuves (dFre également un jrrand intôre^t : on y voit laponsoo so frayant sa voie pou h pou ot par hi^n iIoî; d.'toiirs vers un but oonfnsémont prossonti. ot l'osprit do, i luKjue époque so roll^te dans lapréforence donnée à tel ou li l argument et dans la manière dont il est conçu. — C'est la preuve ontolog ique (\\xi a passé par les vicissitudes les plus grandes, de Platon à saint Anselme, de Descartes et Spinosa à Hegel, parfois jouissant d'un prestige éclatant, puis abandonnée, hon« nie; et il a fallu plusieurs mécomptes pour qu'on renonc^U :\ lui faire produire plus qu'elle ne peut donner ot qu'on lui reconnût lo rôle modosto, mais utile, de fondomont à l'égard des autres argumonts. Nitzsch 6" éd., p. { 'il , dit avec justesse : « La preuve ontologi<juo n'est pas un syllogisme; c'est un développement de notre connaissance de la réalité. » En d'autres termes, au fond de nos idées de'la réalité, il y a ridée d'une réalité première, de l'absolu. Peu d*bommes étudient le fond de leur pensée ; mais, pour peu qu'ils rénérhissont, ils discernent dans leurvio intollcrtuello la présence d'idées évidentes par ollcs-mémos, plus rigoureusiMiit>nt ccrtainos qm- collos acquises par l'expérience ; tels sunt les axiomes mathématiquo>. les principes logiques; idées up|ie|ées nécessaires ou universelles parce que l'esprit est ainsi disposé qu'il les conçoit nécessairement, et d'ordinaire sans s'en douter, sans se le proposer. Nous pouvons ne pas les connaître, si nous sommes privés de toute culture intellectuelle ; mais tout esprit qui pense les concevra et les concevra exarlomont telles qu'on los concevait il y a mille ans; elles sont indépeiiilaiitcs des difîéreiicos de temps, de lieux, do conjonctures; elles sont ini'oiidilir>unées, absolues. .V leur égard, ce n'est [)as une expérience ni des expériences répétées qui lormenl notre conviction ; la conviction résulte de ce qu'elles font l'expression de notre constitution intellectuèlle. — Ces idées absolues convergent et se résument en l'idée de l'absolu, qui constitue l'élément fondamental do notre pensée, denotreconnaissance. Car s'il n'y avait pas d'absolu, il n'y aurait pas de lois de la pensée, c'est-à-dire pas do raison, pas de Vérité, pas de certitude; l'activité de l'intolligonco, n'ayant pas do règle, no serait plus qu'une succession de caprices; il n'y aurait plus de ditlérence entre la raison et la fantaisie. Si Fesprit a foi en la pensée, c'est qu'à la base de ses opérations il y a des principes, coordonnés en un principe, l'absolu. Mais l'absolu n'est pas seulement le terme fondamental de la pensée, il Test
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auïisi de la r^-alilé; par exomple, rnsuxioines mathématiques qui règlent DOS calculs règlent les rapports des quautités, des mouvements, de tout M qui apparaît dans le temps et l'espace. On dirait trop peu en afiSmiaiit que le monde réel respecte cet axiomes, car ce serait admettre une existence de ce monde distincte de ces axiomes, tandis que ce sont eux qui soutiennent et conditionnent toute réalité. Dès lors il y a une basecommuiif sur laquelle portent la réalité et la pensée, le monde oltjectif et l'idée subjective : ce terme premier, (■"e>t l'absolu. — Si nous cherchons ànous rendre compte de ce qu'est l'absolu, l'analyse nous en l'ait découvrir deux caractères qui ^ont connexes, réciproquement inverses, l'un Bégatif, Tautre positif. D'une part, Tab^olu est indépendant, dégagé de toute condition, ne subissant aucune détermination imposée du dehors, ne recevant d'autrui ni l'existence, ni un élément de son existence; ainsi n'ayant ni supérieur ni antérieur. Donc il possède, d'autre part, l'étretlaiis s;i plénitude et sa totalité ; il est complet; il est l'être primordial, se sullisaiit à lui-uiéme, ens realisshnum. Tous les autres caractères de l'absolu sont impliqués dans les deux premiers, et si bien engagés lei nos dans les autres, qu'on ne peut en concevoir aucun isolément. L*abs«>lu est un en lui-même ; Tidée de l'absolu exclut l'idée de compo* sition, de juxtaposition de parties qui posséderaient chacune en ellemême une existence distincte du tout, et dont la réunion constituerait le tout absolu. Garces parties juxtaposées se conditionnoraieul, se limiteraient nciproijuemcut ; comment la réunion (I tUres conditionnés seraitelle 1 absolu? Toutefois cette unité iutrinsèque n'exclut pas la pluralité âtt qualités, des puissances, poiurvu qu'elles soient harmoniques, se pénétrant, s'appelant les unes les autres, de manière à constituer l'indiirinbilité. Cette indivisibilité s'offre déjà à nous ici-bas, aux degrés supé^ rieurs d** l'échelle des êtres, où toutensemble Tunité estle plusintenseet comporte la diversité des puissances la plus riche. — L'absolu est unique, il n'a pas de semblable, il n'existe pas de genre dans lequel on puisse le faire rentrer. Sans doute, on peut, par une abstraction hardie, imagiuer QDe catégorie générale, celle de l'existence, .et faire entrer dans cette dasse, avec l'absolu, tous les êtres contingents; mais c'est une abstraotioD qu'on a ainsi pensée, non une réalité. Il y a, entre tous les ètree contiiijî.-nts et l'absolu, cette difl'érenco radicale que les contingents s*»nt i Miiditi.innés, relatifs, et que l'ab-olu ne l'est pas. Aussi la différtii'^e n't sf pas quantitative, comme si l'absolu avait le même mode de.\isience que les contingents, seulement dans des proportions plus C0Bsidérable> ; la dilTêrence est qualitative, la raison d'être comme le mode d'existence du premier étant autres qu'ils ne le sont chez les settod8.>- L'absolu est inftoi, sans limites qui le contiennent ou l'arrêtent, ni exteosivement ni intensivement. Cette infinité n'e.\clutpas l'existence d'autres êtres, distincts de lui, si toutefois ces ôtres sont contingents; •yaot leur raison d'être en l'absolu, ils ne constituent pas une limite pour lui; la relation de l'absolu avec ces êtres n'entraîne pas sa relativité vis-à-vis d eux, mais vis-à-vis de lui-même qui est leur principe. Mail si l'infinité exclut toute limite ou détermination imposée du dehors» n'implique pas négation de toute détermination interne, indéter-
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mination absolue, neutralité, iodifférenee de tous les eontraires, du
logique et de l'illogique, du fitii etdel'iafini, de la nature et de lesprit. A la thèse de Spinoza, de Ficlite et Strauss : « Tuute détermination est une iij'^gation, » on a répondu avec vérité : « négation tVuno nétrationou position; » et ils y ont répondu eux-nu^inos en étant inciiiis.''(|U(Mits avec leur principe. C'est qu'une indétenniuation stricte, se rclu^aut absolument à toute affirmation, serait une chimère inconcevable, un terme contradictoire à lui-même. Ainsi, Tabsolu est la négation de tout nonètre comme de toute imperfection; il ne se conçoit que commettre positivement infini, c est-à-dire riche en perfections infinies. De même l'immutai)ilité de l'absolu exclut l'assujettissement à des modifications imposées du dehors, aussi bien que la nécessité d'un cliangcmrnt int<'tne, d'une évolution, par laquelle il deviendrait l'absulu; niaiselk' u impiique pas une rigidité monotone et cadavérique, une fatalité qui lierait l'absolu et lui interdirait tout mouvement. — Tels sont les éléments principaux de l'idée de l'absolu; idée étrange, merveilleusement simple et claire, mais vide ou subtile, difficile à saisir que nous ne pouvons maintenir devant notre esprit que par un elFort ardu. C'est que cette idée n'est encore (ju unt^ abstraction. L'absolu réel est jilus riche; c egt trop peu dire d'aflinner .simplement «}ue l'absolu est un, uui(iue, infini, immuable. Aucune de ces déterminations n'exclut les perfections plus concrètes, mais elle ne les affirme pas non plus. Il fàut donc les demander à un autre ordre de réflexions. C'est Texistence du monde qui nous les suggère : nous ne pouvons nous l'expliquer que si nous reconnaissons une cause premi^^o, qui ne soit pas elle-même un effet, une transmission. — . La preuve cusniuliH/njue a déjà été inditjuée à l'article Cause, t. lî, p. Toi. Nous ajouterons senlement ipie cette preuve n'est pas une simple constatation empirique, mais un vrai argument, tels que les emploie la méthode expérimentale. Cette méthode est fondée sur l'observation et le raisonnement : non seulement elle constate les iaits, mais elle les classe, les relie par des opérations que lui dictent les lois de la pensée. Dans notre ar^'ument aussi, il va un élément rationnel : le principe de causalité eititieute ; et ce |»rini i|)e est tout particulièrement pro[»ro à se combiner avec celui qui a été reconnu par la preuve oiilidi.Lrii|ue. C'est une vérité démontrée en philosophie que ces deux idées d être et de cause se complètent, se présupposent mutuellement : lldée d'être ou de substance, séparée de l'idée de cause, n'est qu'une abstraction sous laquelle on comprend une unité vide, une durée sans caractère, comme la cause, séf iarée de la substance, n'est qu'un phénomène qui peut à peine se distiuj^uer des autres. Il nous faut donc ass.)cier ces deux idées, et dire : La seule cause véritable ne peut se trouver que dans la substance v<'rital)le, et réciproquement. Dans ce rapprochement, chacune des deux idée» s'enrichit. D'une part, l'absolu est cause ; tandis que l'argument ontologique ne nous apprenait pas si l'absolu est capable d'agir, et ne se prononçait ni pour l'affirmative ni pour la négativeàcet égard, nous pouvons dire : l'absolu a agi, le monde est son œuvre, et l'étude du monde nous fera connaitn' l'activité de Dieu. Nous dépassons ainsi l'unité abstraite et immobile des éléates, des guostiques^ des néopiatouicicus, de Spinoza.
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D'autre part» la cause première est absolue. lit méthode expérimentale Df suffiûtit pas pour cette oomdusioD ; car de TexisteDce d'êtres finis, .
eonUiigentSt nous ne pouvions cooclure que l'existence d'un pouvoir trfei grand, immense ; mais, si immense qu'il f'ùl, il serait encore fini. Nous avons le droitde dire : I/aii(fur dpce monde fini est tuuf-puissant, et la réalité n'épuise pas son pouvoir. Bien plus, nous stuluuns l'aséité de Dieu : le uiondf, si grand qu'il soil, n'est qu'un contingent; la cause alnoltte n*a-t-eUe donc produit qu^aneffist restreint, et prétendrons^nous qu^elle n*ait pas produit aussi un effet absolu? Si nous le prétendions, ee leitit l'absolu luipméme que nous restreindrions, par un motif ou par un intie. Aussi nous concluons que là cause al»olue produit un effet digne d'elle : elle est causa sut, tout ensemble virtualité et actualité, acte pur, dans lequel il n'y a pas de virtualité qui ne s'affirme en actualité, ni dactualité qui ne s'anime en virtualité. Cependant, nous ne saurions : nsua rendre compte de cette aséité, ni en général de l'exercice de cette, teute-puissanee, si nous n'obtenions d'autres déterminations que Targu- ; meut cosmologique ne peut nous donner. Du reste, il y a bien d'autres questions auxquelles il ne nous fournit pas de réponse : L'absolu a-t-il' produit le monde natiirellemerit, .«-pontîmément, nécessairement, ou bien lilirenn;iit. consciemment? Dans quelle mesure l'auteur esl-il distiucl de l'œuvre? Nous laut-il croire le naturalisme des conceptions palenoes, le panthéisme dynamique des temps modernes, qui tous deux BoKdariaent le monde et son principe au point de les confondre? — La réponse à ces questions est sinon donnée, du moins préparée par la preuve téféologique, nommée aussi, par une appellation assez vague. physicotliéoli>^i<|ue. Cette preuve a été pareillement énoncée au tome II, p. 75-i. D'ailleurs c'est lii j)lus connue ; telle que Socr.ite l'a formulée {Mtrthjrahilia de Xéii»q)hon, I, 4; IV, 3), telle elle sCst piuirsuivleju^iin'îi DOS jours. Voyez Lévéque, Jlunnoniêt providmtielhf, i^l-l. Nous l onttatoDS dans ce monde des coordinations de moyens qui ne peuvent avoir été combinés qu'en vue de certains buts ; ainsi des causes finales, des pensées sMncament dans des êtres matériels pour s'actualiser. Il y a donc line penst'e ord(miiatrice, une intollipence qui s'est proposé ces buts et qui a combiné les moyens par les(juels ils fieraient éire atteints, un être pensant et agissant conformément à ses pensées. lU^jel voudrait nous faire croire que c'est l'idée qui a donné naissance à l'être pen.^ant; mais il n'a pu nous fournir le moyen de concevoir ce que ce serait qu'une idée qui ne serait pasl'act» d'une intelligence. La preuve téléologique en l'ile-méme ne nous enseigne qu'un ordonnateur des choses. Mais l'étude d*' la nature, aussi bien que la loi de notre raison, nous obligent ici d'unir la C4iuse linale a la cause efficiente. On ne peut concevoir deux principes : l'un «pii aurait produit les êtres en quebiue >nrU! à l'état brut, l'autre qui les aurait disposés pour des relations mutuelles; car on ne peut se repr^nter ce qu'auraient été d'abord les éléments créés par le premier principe, avant que le second principe les eût doués des propriétés physiques, chimiques, organiques, avec lesquelles ils se manifestent actuellement. Ces propriétés, pesanteur, densité, atomicité, etc., qui proeuieot les combinaisons des corps, constituent en même temps leurs
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attributs intrinsàques, font partie de leur Bubstance; elles sont done contemporaines de leur création. Bn d'autres termes, le créateur et Tordonnateur sont na. Par là les eonelusions des deux preuves se complMont réciproquement. La cause première a été inU'lîigente, elle s'est rendu compte de Ce qu'elle faisait; à l'origjiiedu monde, il y a, non pas les ténèbres, la force aveugle, mais la lumière, la pensée; dans les conflits du monde actuel, il n'y a pas la lutte de deux puissances indépendantes Tune de Tautre : Tune sage, ordonnatrice, Tautre, violente et désordonnée. Parce que le principe est un et intelligent, Tharmonie est au fond des choses, à la base de la constitution de l'univers ; le désordie n'a pa<; sa raison d'être dans le principt* suprême. Et nous disons aussi : Ija cause finale est absolue. Par l'expérience, nous constatons la finalité dans certains cas; mais nous ne [(ouvons expliquer partout et toujours le pourquoi des choses. Et cette impuissance est une réponse à Kant, qui prétendait que la finalité est une idée toute subjective, et que, la transportant au dehors par une illusion, nous imaginons des buts et des moyens dans la nature. Si nous imposions à la nature notre disposition subjective, nous le ferions en toute circonstance, partout. Or, ce qui prouve que nous agissons en vertu du caractère des faits que nous observons, et non en vertu de notre seule disposition d'esprit, c'est que nous discernons parfois la iiualité, et d'autres fois, c'est-à-dire le plus souvent, nous avouons ne pas la trouver. — Maison unissant la preuve téléologiqueà la cosmologique, unie déjà àl'ontologique, nous sommes fondés à dire : L'intelligence qui préside à l'existenoe de ce monde est absolue, infinie, illimitée, souverainement sage, d'une sagesse qui s'exerce aussi là où nous ne la constatons pas, qui dépasse nos pensées, notre science de créatures finies. Toutefois, si l'idée de l'absolu s'est ainsi enrichie des attributs de la toute-science et de la suprême sagesse, si nous pouvons commencer à prononcer le nom de Dieu, il s'en faut eependant que notre esprit se contente des enseignements qu'il a recueillis. L'absolu, nous le reconnaissons, est souveraine pensée; mais la pensée, telle que nous la connaissons du moins, est le déploiement, la mise en exercice des principes logiques, elle est fatale; elle n'est pas le siège de hi liberté, et pas non plus le siège de la vertu, de la sainteté; dès lors, nous ne «avons si Dieu est réellement distinct du monde, il pourrait bien être la loi interne de l'évolution universelle* Mais aussi nous n'avons encore interrogé que la nature. 11 est une autre téléologie, une autre coordination ou harmonie, instituée pour régler les rapports des êtres spirituels et la vie intérieure de chacun d'eux. Là nous rencontrons un ordre de faits nouveau, supérieur : la vie morale; et c'est à eux que la preuve morale emprunte ses éléments. — La preuve morale a surgi tard ; il semble que chez Gicéron elle va se dégager, et chez Kant encore elle est compliquée d'éléments hétérogènes. Le fidt caractéristique de la vie morale, c'est 4a responsabilité; nos actes, nos résolutions, la direction que nous avons donnée ou laissé donner à notre vie, nous confèrent une qualification, bonne ou mauvaise, qui demeure, indépendamment des suites avantageuses ou nuisibles de nos ;jetes, et qui constitue notre mérite OU notre démérite. Dans cette responsabilité il y a deux
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termes connexes, complémentaires l'un de l'autre : un devoir, une oorme, que noasne nous sommes pas donnée» qui nous est supérieure; et une liberté, en vertu de laquelle nous sommes causes et nos actes nous lont imputés. Il n'est pas nécessaire ici de rechercher comment ces deux
termes s'unissent pour constituer un môme être monil, ni mè.iw comment il? so combinent diversement aux divers âges et dans les conditions (iitTérentes de la vie. Il sullit de rappeler ([u'ils sont indispensables l'un à l'autre, inséparables ; il n'y a plus d'obligation, il n y a plus que méca' nisme, si l'homme n'a pas la faculté de se déterminer indépendamment de toute influence externe ou interne ; et d'autre part, s^il n'y a pas de aorme, nôtre liberté n'est plus que caprice, folle aventure. Aussi notre conscience morale nous atteste l'un et l'autre; dans la mesure où elle se (iévcluppe, elle fortifie le sentiment de notre responsabilité, de notre devoir et de notre pouvoir. — Cette responsabilité, ce n'est pas nous qui nous la sommes faite; d'où vient-elle ? Ou, en d'autres termes, nous ummes responsables envers qui ? Notre responsabilité morale nous est conférée par un être moral. Cette réponse, que nous faisons instinctivement, se légitime rigoureusement devant la logique; nous avons remonté de l'effet à la cause. Le passage du fait de la respontiabilité à l'existence d'un être qui nous constitue responsables est si immédiat, si direct, ijue certains auteurs ont méconnu (|ue c'est un raisonnement et ont professé que la conscience morale nous atteste i existence de Dieu, nous parle explicitement de la part de Dieu, ou encore que Dieu nous parle dans la conscience morale (Kahnis, Dogm.f édit., I, p. 131). Hofinann (Sehriftbeweùt I, p. 57S) appelle la conscience « un témoi* gDage immédiat que Dieu se rend à lui-même dans l'homme.!» C'est confondre deux degrés de la vie spirituelle ; il existe des hommes respectant leur conscience et qui, sous l'empire de quelque prévention philosophique ou populaire, ne s'élèvent pas à la notion <le Dieu. Une telle omissioa est une erreur de leur part, mais cette erreur n'est possible que parce qu'il y a une diflTérence entre le fàil du devoir et la conséquence qui en découle* Toutefois, si l'idée que notre responsabilité nous est conférée par un être moral est un acte de l'intelligence, un raisonnement, il fimtiyonter que ce raisonnement est confirmé, consacré par h fonscience. puisque le rôle de la conscience est solidaire de cette idée, et c'est en tant qu'organe divin qu'elle peut témoigner avec autorité. — Nous pénétrons ici dans ce domaine de la vie intérieure où l'activité intellectuelle et l'activité éthique se pénètrent et sont unies. La preuve monde nous fournit un enseignement nouyeaUi celui d'un Dieu personnel. D est à peine nécessaire de marquer l'harmonie qui règne entre la conclusion de cette preuve et celle des trois précédentes. Nous avions Rconnu un absolu intelligent; or, l'intelligence est un élément de la personnalité; les preuves antérieures tendaient donc vers ce complément légitime. Réciproquement, le Dieu étiiujue est absolu; la conscience nous l'atteste par 1 autorité avec laquelle elle nous parle. Aussi la déiinitioD la plus usitée actuellement en théologie résume les données des quatre preuves en disant : Dieu est la personne absolue (Luthardt, CmpeniUm, 5* édit., p. 78 ; Domer, Glaubemlehre,lt p. 4S0). Ficbte XII 5
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a objecté que Tabsolu ne peut être une personne, puisque le moi ne se constitue qu'eti se distinguant d'un non-moi, et qu'à ce compte il faudrait, en fiice de Tabsolu, un être indépendant de lui; objection a été reproduite sous diverses formes par Schleiennacher, Hegel, M. l*fleideTer[/{etigiousphilosop/itef 1878, p. 41 i . Mais ce serait appliquer à Dieu, à l'être unique, un l'ait emprunté à l'expéricnre des choses humaines; nous sommes créés pour vivre les uns avec les autres, et il est naturel que le monde ambiant contribue à notre développement spirituel comme à notre développement physique ; il y a dans notre existence une période initiale de faiblesse, où nous avons besoin d'être aidés ; Tidée de TEtre suprême répugne à la supposition d'une phase pareille. Bien plus, la personnalité ne consiste pas cssentiollement à se distinguer d'autnii ; elle est quehiue chu?e de plus intérieur ; elle cousi.-te à exister pour soi, à se réfléchir en soi, à se posséder soi-même; c'est une réalité sut generh, qui ne pourrait être causée perdes agents externes. Remarquons de plus qu'en vertu de l'association des quatre preuves, le Dieu personnel n'est pas un principe nouveau, introduisant sa kû spirituelle dans un nionde ayant une autre origine : le Dieu de notre conscience est aussi le Dieu d»' la nature. — La personnalité divine se déploie surtout en doux perfections que ii<»us n'avions pas rencontrées jus.}u'ici : la sainteté et l'amour. L'unité de Dieu nous assure que la relation entre ces deux activités est intime. Buddeus définissait la sainteté comme amour interne de Dieu; et Liebner identifie les deux perfections. Par contre, on les a par* fois opposées, comme si un conflit s'était élevé entre elles; la sainteté, irritée contre le pécheur, réclamait sa mort, tandis que l'amour se déclarait pour lui et prenait sa défense. Ce sont des vues incomplètes, ou, si l'on veut, des moments divers (jui s'hanuonisent dans une vie parfaite. Dieu n't-st pas divisé. La sainteté et l'amour sont inséparables, la sainteté sans amour ne serait plus sainteté, et réciproquement ; nous ne pouvons penser l'une de ces perfections sans sous-entendre l'autre. Cependant notre esprit éprouve le besoin de les distinguer; et ce 'qui nous y porte, ce n'est pas l'étude seule de Thistoire, où elles apparaissent di ver* sèment, c'est aussi parce que ces deux perfections correspondent aux deux éléments de notre vie morale ; l'idée delà sainteté nous est dictée par le sentiment de notre devoir, celle de l'amour par le sentiment de notre liberté, deux sentiments solidaires, mais nettement distincts. — Le Dieu saint est la norme absolue du bien éthique. Gomment fiuit-il concevoircette sainteté personnelle de Dieu? D'après saint Thomas, Kant, Reinhard, la volonté divine se conforme au bien ; Dieu veut le bien, parce que c'est le bien. Tl y a en Dieu une nature sainte qui détermine son choix. A ce compte. Dieu aurait reçu des lois divines, il serait l'agent d'un absolu impersonnel. Duns Scol, (ierson et Descartes, enseignent que le bien n'a pas de valeur intrinsèque; il est tel parce que Dieu Ta voulu, et Dieu, dans sa souveraine indépendance, aurait pu décréter d'autres lois morales. A ce compte, le choix que Dieu a fait ne serait qu'un aote de pur caprice ; la saiuteté de Dieu ne serait pas sainte en elle-même. Mous ne pouvons adopter ni l'une ni l'autre de ces deux doctrines; nous nous en tenons à la vérité de lait ; Dieu est la sainteté personnelle, sans essayer de re-
THÉISME
monter an delà et tout en reconnaissant que les mots de sainteté personnpllc si^iiilient tout ensemble : Dieu veut le bien, parce que c'est le bien, et : le bien est bien, parce que Dieu le veut. Cette contradiction est sem- Uable à celles que nous rencontrons dans tous les domaines de la sdenee, quand nous Toulons approfondir ses derniers principes ; cette contradiction nous avertit que nous sommes ici arrivés h une de ces limites que la pensée humaine essayerait en vain de francliir. Du reste, notre intérêt rflitiieux appello plutôt notro attention vers la s;iinteté se manifestant dans ses rapports avec, la crcatur»' : sainteté sanctifiante, activité bienfaisante, appelant les Uoninies à la vie sainte, sujet de joie et de looange pour ceux qui répondent à cet appel ; sujet dis trouble et de terleur pour ceux qui se sont rebellés contre leur bien£ûteur et se sont mis flo contradiction avec le bien ; enfin sainteté réparatrice, et si cette eipression était permise, douce obstination du bien, qui n'accepte pas quR le mal se perpétue h toujours, et par là s'aeeordant avec l'amour. — A ksamleié se rattache la justice divine, (jui a été appelée le bras droit dr la sainteté, ou par Dœderlein, demonstratio sanctilalis ; une activité qui toitcdle de la créature responsable et lui attribue la rémunération de ses actes, justice rétributive, disiribûant la récompense ou le chAtiment selon le mérite ou le démérite. Mais parce que la justiee est Torgane de la sainteté, il y a une justice justifiante, comme il y a une sainteté réparatrice, la justice restituant dans le cœur du rebelle l'empire de la loi, rétablissant l'ordre troublé, assurant le triomphe final de la pensée divine.— Quanta l'amour, nous le reconnaissons en considérant que Dieu ne nous a pas imposé sa loi comme une nécessité inflexible; il nous a eiéés libres, pour que nous fiissions de nous-mêmes le bien, que nous ayons une vie semblable à la sienne, que nous unissions notre volonté k la sienne, et qu'entrant en relation personnelle avec lui, nous l'aimions comme il nous a aimés. Il est difficile de défînir l'amour divin ; le cœur de I hoiiime pénètre plus avant dans ce domaine que la pensée. Si nous tentions de nous élever à cette notion par l'analogie de l'amour ktmiaiii, purifié de ses profimations, nous dirions que Tamour de Dieu est nue générosité parfiiite. Bncore moins essayerons-nous de préciser rameur interne de Dieu, l'amour indépendant de l'existence des créatures. Ce que nous avons indiqué suffit pour faire reconnaître que par Targument éthique le cercle des preuves de l'existence et des perfections divines est achevé. — Les diverses perfections s'harmonisent, se coordonnent eo une réalité concrète, et pour ainsi dire, en un organisme vivant, ttUei que nous avions étudiées d*abord, dans leur abstraction logique et iH^e, te précisant et s*animant, lorsqu'elles sont pénétrées par les wtus saprémes. L*infinité n'est pas une simple dilatation incessante; ^aun foyer, la personnalité, qui explique aussi comment l'unité est toQl ensemble indivisible et riche en puissances diverses. L'immutabilité est essenliellcnient sainte, demeurant identique à elle-méiur. quand elle ^ittéreacie ses manifestations vis-à-vis des variations des créatures libres, la toute-puissance n'est pas une force démesurée, se déployant constamment dans une plénitude iiiésistible pour elle-même comme pour les Dieu est teut^puissant en ce qu'il possède sa puissance infinie,
THÉISME
il en dirige cl pntiHii liomio l'action selon 1rs fins (ju'il se propose. De même sa pensée u est pas une pure logique en acte ; rintellipenro divine est bonne, bienfaisante. C'est aussi sur le tenaiii éthique que nous nous séparons définitivement du panthéisme et du déisme : du panthéisme qui, en insistant outre mesure sur Timmanence divine, tend à confondre la crf^aturc faillible avec le Dieu trois fois saint ; du déisme qui, en insistant sur la seulf transcendaiice, isole Dieu de la créature et mêcounail l'aniour du Pèr»- céleste, 11 semble donc (ju'avec la démonstration complète de l'existence de Dieu, l'esprit humain est arrivé à un point d'arrêt uù il n'a plus qu'à approfondir les vérités acquises. Gepen> dant il n*en est pas ainsi. — Ce qui nous invite à poursuivre nos investi* gâtions, ce n*est pas seulement robscurité de (quelques problèmes fort délicats, tels que celui de la prescience divine, et comment Tétemel entre dans les conditions du temps, ou celui de l uhiquité, et comment l'infini entre dans les limites de l'espace. A la rigueur, l'esprit liumain accepte qu'il ne puisse donner une réponse à toutes les (luestioiis, et 1 unicité de Dieu l'élève au-dessus des conditions que constate l'expérience journalière. Mais ce qui nous porte à demander des lumières nouvelles, c'est qu'il y a une grande lacune entre la démonstration et les bits dont nous sommes témoins. Elle conclut à l'existence d'un Dieu saint et bon, sage, tout-puissant ; et en regardant autour de nous, nous demandons : Où est la sainteté de Dieu? Nous voyons l'impiété et l'hypocrisie tolérées. Et son amour? Il y a tant de misères. Kt sa sagesse? Le désordre envahit sou œuvre. Et la toute-puissance de Dieu? Il ne fait pas respecter ses lois. Serait-il donc absent de ce monde, c cst-èdire limité ? Ces preuves ne sont que des pierres d'attente ; U ne suffit pas qu'on nous ait démontré que Dieu est et quel il est; il faut nous montrer, nous expliquer son intervention dans rhistoirc. C'est ici que la révélation continue l'œuvre de la dénionstration ; l'Evangile appelle noire attention sur un grand fait historique, la vie du Christ ; en Jésus- Christ la sainteté de Dieu, son amour, sa sagesse, sa puissance nous apparaissent sous un jour nouveau ; en Jésus-Christ les profondeurs de Dieu se déploient et se révèlent à nos yeux ; et si nous accueillons l'Evangile, le témoignage intérieur de l'Ësprit sanctionnera cet enseignement avec une intensité que la logique ne possède point. La connaissance que nous procure l'Evangile est plus profonde, bien supérieure à celle que nous ))rocure le raisonnement; mais ce n'est pas un motif pour les opposer, il importe de les unir pour (jue noire peiiseï» religieuse reijoive son développement normal et complet. Voyez les articles : AmouFf iSainteté, JusUee, Trmité, Pantkéime^ Déime, etc. — Outre les dogmatiques et les traités de pbUosophie religieuse : E. Garo, L'idée de Dieu et ses nouveaux eritiquet Renan, Taine, Vacherot. etc.) 1861, et
l'art, de M. Bois '^ur cet ouvrage, /tevue chrct.,iH()0 \ E. Navi 1 le, Ze/**rt célcsd', I8(m; g. Socn iaiï, /'on fércncpn sur la fintsoit et le C/insfianisme, I80i ; (Iralry. f nnnnissancc dr iJieu, 7« éd., iSTi; U, Ulrici, (jolt und die JSaiur, 3' éd,, 1870; 0. Mœlliuger, </ie Crulieiulec der ncuen Zc'it u, der nothwendige Ausàau des CkHstenthums^ 3* éd., 1869 ; R. Schramm, Erkennbarkeit Gottes in der Phil, u. ReL, 1875; F. Ghr. Pœtter, Der
THÉISME — TlIKODUlŒ 69
perscpnlirhe Gott u,die Welty 1875; Fr. Rohmer, die ]Vissensckaftvon 6oH, mi. A. Matter.
• THÉODICÉE. ho nom de théodicée, que l'on donne ordmaireinont à la partie de la philosophie qui a Dieu pour objet ne signifie de lui-niôme, 4'après 80D étymologie, qu'une partie de la théologie naturelle, savoir eellequi traite de la justioe divine. La théodieée de Leibnix n*a, en effet, pas d'autre objet qae ce qui concerne la justioe et la bonté de Dieu. Néanmoins, par Tusage, le mot théodicée s'entend de toute la science qui a Dieu pour objet. Eîle se divise, d'ordinaire, en deux parties distincte* : l'une qui ♦raite des preuves de l'existence de Dion, l'autre qui sWiipe dp ses perfections ou attributs (voy. rarticle Théisiur).
THEODORE I ^ pape, 642-«49, successeur de Jean IV et prédécesseur de Martin était Grec de naissance et né à Jérusalem. H combattit le monothélisme. ^"Voyes Hefele, IV, et les Begestet de Wattenbacb.
THfiODOKE n régna en 896, vingt jours seulement, entre Romain et Jean IX.
THÉODORE, évèque de Mopsueste, en Cilicie, naquit h Antioehe dans la seconde moitié du quatrième siècle. Il se destina d'abord à la jurisprudence et suivit les leçons du rhéteur Lihauius ; mais son condisciple et ami Jean Ghryaostome le détermina bientôt & embrasser k carrière eeelésiftstique et à étudier la tbéologie sous la direction du presbytre Diodora, le fiitur évèque de Tarse. Plus tard, ce furent encore les remontrances de son ami (Joan. Ghrysostomi, Jn Tlieodorum lapsum parstnem If) rjui l'amenèrent à renoncer au projet qu'il avait fortné un instant de rentrer dans le monde etde ctuilracter mariaçre, et (jui le conservèrent i l'Eglise. Devenu presbytre à Antioche, il se distingua si bien par son SDsdgnement et ses écrits (il eut pour disciples Tbéodoret et Jean, les fators évéques de Gyr et de Jérusalem, peut-être aussi Nestorius, et il composa alors ses traités Contra Eunomium et Contra Ajmllînmîum)^ qu'il devint évèque de Mopsueste en 'A\)2. La' grande activité littéraire qu'il déploya à partir de cf* moment fait de lui le vt'ritablc chef de l'école d'Antiorhe (v. cet art.); elle lui concilia le rf>pecl de ses contemporains, mi^me de ceux qui allaient être amenés bient»")t à combattre ses opinions dogmatiques (témoin Cyrille d'Alexandrie, auquel il dédia soncommenliire sur Job), et il &llut plus d*un siècle à ses adversaires pour réussir i ternir sa réputation d'orthodoxie (v. l'art. Monophysitismey p. 328). Dans la controverse pélagicnne, il se rangea au nombre des adversaires d'Au^Mistin et attaqua la doctrine de l'évêque d'Hippone dans son livre
intitulé IIpôç Toù; ^éy^vraç ç-r^Ttt xiî où yvc'»ay, -rx.'e'.v toj; àvO^c'tTOj; (v. l'art. Pélagimiismr, p. 4IOi. La iiktI l'empèclia de prendre part à la controverse christologique ; il mourut eu 4i8, au luoment où commençait la grande querelle entre Mestorius et Cyrille (v. ses opinions cbristologiques dans l'art. Ne$toriani$me^ p. 585). Parmi les écrits de notre auteur (voir la liste complète chez Fabricius, BihUotk. grœca, X, 346), il importe de citer encore deux traités dogmatiques intitulés : De prrrafo original i &i De mcamatione Domini, ainsi que de nombreux commentaires sur l'Ancien et le Nouveau Tesrament. Tliétidorc de Mopsueste a été un des premiers exégètes des temps anciens; l'Eglise de Syrie a ajouté à son nom