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titués. Le$ uns retournèrent en France, leur patrie; les autres, s'établirent à Genève, auprès de Calvin. Berne les laissa partir. La liberté
du ministère chrétien venait de succomber sous le despotisme ^uveme* mental. Maîtres absolus du paysdeVaud par la conquête ctpar la réforme, les Bernois s'appliquèrent d<'^s Inrs h «'toufTer tout besoin cnnnno tonte velléité d'indépendance chez leurs sujets romains. On le vit Inen dans l'affaire du Consensus. — La Confession de foi helvétique était le livre symbolique des Eglises du pays de Yaud aussi bien que de la partie allemande du canton de Berne. Or, dans le courant du dix- septième siècle, Zurich, Berne, Bftle et Schafibonse adoptèrent en commun un formulaire rédigé damt la première de ces villes par Henri Heidegger. Ce' formulaire, dit de cofïsentcment , destiné à entraver la liberté de la pensée thfeologique, était Tœuvre d'une orthodoxie aride et spéculative. A l'ordre qui fut donné, en 1675, au.x pasteurs, professeurs et régents du pays de Yaud de signer le Contetuust beaucoup opposèrent des réserves ^e Berne n*admettait pas. De là, des destitutions, des bannissements, une agitation qui devait se prolonger durant un demi-siècle. — Le Consensus était également dirigé contre les piétistes, les mystiques et les anabaptistes qun Horne voyait de mauvais œil et aii.xquels, malgré leur vie tranijuille. leur piélé et la pureté de leurs mœurs. Leurs Excellences ne pardonnaient pas de secouer le joug d'une froide ortiiodtj.xie. Ces chrétiens inoATensiCs se virent persécutés de la manière lu plus cruelle ; ils eurent i subir Tamende, le fouet, la prison; nombre d'entre eux furent envoyés sur les galères d'un prince étranger avec lequel Leurs Excellences avaient passé, dans ce but, un odieux contrat. — Après une période d'apaisement, les troubles du Consrmus ^ecommenc^rent pour ne se terminer qu'en 1723. Berne, alors effrayée de la tentative du major Davel pour aifranchir le pays de Vaud, informée en outre que les grandes puissances songeaient à rétablir l'équilibre entre la Suisse protestante et la Suisse catholique, équilibre rompu à la suite de la victoire des réformés à Vilmergen (1712), en feisant du pays de 'Vaud un quatorzième canton, Berne, disons-nous, cessa alors d'exiger la signature du Consensus. — T^^ pays de Vaud était à peine devenu possession bfirnoi.sc et terre réformée qu'on y vit arriver, à I^ausanue surtout, un grand nombre de réfugiés français et italiens fuyant la persécution qui ftévissait chez eux (1540). Cette émigration, qui devait se prolonger pendant près de deux siècles, Ait particulièrement forte après la Saint-Barthélemy (1572). Il y eut alors tant de Français dans le pays de Yaud qu'on en forma la corporation française, qui ne s'est fondue dans la commune bourgeoise de Lausanne qu'en 1859. Au dix-septième sif'cle, ce sont les vaudois du Piémont qui viennent chen-her un reluge sur les bords du Léman. Toutefois, la plupart d'entre eux, conduits par rhérolque Arnaud, le pasteur-colonel, ne tardent pas à rentrer dans leurs foyers (1659). Mais la révocation de Tédit de Nantes (1685) ramena bientôt en Suisse de nombreux protestants français. A Lausanne, en un seul jour, on comptera jusqu'à :2,000 arrivants, et, enl6î)G, il en restera encore près <le L-^fM) dans le seul pays de Yaud. Dans le siècle suivant, une autre émigration, restreinte, il est vrai, et se proposant uu but très
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spécial, défait eneoie réelamer rhospitolilé du sol vaudois. On nit comblent à cette époque, les églises du déserti en France, rencontraient d'obstacles dans la formation des pastours appelés à roiiiplacpr ceux qu'une atroco pprs»'cution décimait rapidoinont. T'n protestant français, un servit(îur de Dieu plein de cœur. Antoine Court, conçut l'idée de fonder à Lausanne un « séminaire français », C'est aussi vo fu en 1729. Ouverte jusqu'en 1812, cette utile institution a fourni à la France protestante de nombreux et fidèles pasteurs. Antoine Court lui-même résida à Lausanne durant trente années. — C'est en 1796, nous lavoDS dit plus haut, que la domination bernoise cessa de peser su: I ; ay> de Vaud, et que ce dernier prit rang parmi les Etats souverains de la n publiquc helvétique. Ce chaugenienf, si grand au point de vue poluiqiie, n'eut aucune iunuence sur l'état religieux du pays. Le gouvernement vaudois se substitua purement et simplement à Leurs Excellences dans leurs rapports avec l'Église. Les anciennes ordonnances ecdésiutiqoes demeurèrent en vigueur, et, longtemps encore, TEglise vaudoise devait être envisagée comme une branche de radministration civile. A la chute du régime bernois, on comptait dans le pays 170 paroisses et l'allocation faite à l'église s'élevait à 300, (K)0 francs. La<loctrine, alors prôchéedans les temples, avait insensiblement dévié de l'orthodoxie primitive; elle revêtait une teinte ostervraldienne assez prononcée. La prédication ne niait pas les vérités fondamentales du christianisme, mais elle le retranchait volontiers derrière la morale. Le règne des théologiens n'était plus, celui des philosophes l'avait remplacé. Les doctrines des* séchantes et impies de l'encyclopédie avaient pénétré au sein des vallées de la Suisse et les populations des rives du Léman eu étaient inlec] tées. De là. le formalisme, le sommeil; état d'autant plus dangereux que le drapeau officiel de l'Église vaudoise était toujours la confesnon de foi helvétique. Pour beaucoup, un vague respect traditionnel pour Is religion se confondait avec la piété elle-même et en tenait lieu. Cela suffisait à un peuple que les intérêts de la religion et de l'Église n'avaient jamais profondément remué. — Cependant, au commencement de notre siècle, on pouvait ^^î;4iiali'r à Lausanne rexisteni'c de petit? groupes de mystiques, d'illunnnés, des disciples do M""" (.juyoaet des adeptes du théosophe Dutoit-Membrini. Il y avait également dans quelques localités du canton de Vaud des moraves, qui n'ont pas laissé qoede (aire du bien. Toutefois, pour se produire, le Réveil exigeait des éléments plus puissants cl plus conformes au génie national. — Parmi ces éléments, et an premier rang, il faut compter l'activité du doyen Curtat, premier pasteur (le I^iusannr, mort en 183:2. dont la prédication était remarquable, suit par lus doctrines positives qu'elle développait, soit par ses caractères de chaleur et de vie. Bien que sa théologie présentât ploi d'une lacune^ le doyen, par ses leçons privées aux étudiants eo théologie, devait exercer une très grande influence sur beaucoup d'entreettZ et les mettre sur la voie de la vérité évangélique. Parmi les signesavantconreurs du Réveil dans le canton de Vau<l, il faut mentionner la fondation de la Société biblique, par le j)rol'esseur Levade, à Lausanne (1814). Le germe du Réveil était là. Dès cette époque, eu eilet, il se
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manifesta dans le canton des Itosoins religieux qui n'étaient nullement,, comme on l'a prétondu dans un but lioslilo, le résultat d'influences étrangères. En particulier, on peut afflrnu^r que si, en 18:21, les regrettables brochures du doyen Gurtat contre les convenlicules n'avaient pas vu le jour, le réveil se serait certainement accompli sans qu'on eût jamais eu l'idée d*6n foire honneur aux Anglais. — C'est, en effet, en 1821 que le mouvement religieux, préparé par un travail antérieur, a pris eoTpset s'est accusé dans ce qu'on a appelé dès lors le Réveil. Mais c'est à cette époque aussi que la lutte s'est engagée autour de la question de libre association et de libre action dans l'Église. Aux partisans du Réveil qui réclamaient la liberté pour eux et pour l Église, les adversaires répondirent par des persécutions de fait et par (b^s lois oppressives. Triste époque, en vérité, dans rhistoire reli|iieuse du ejuiton de Yaud. (jue celle (jui a vu pronmlguer la loi du 20 mai 1824; loi infAnie, s'il eu fût, dirigée contre des gens pieux que l'autorité elle-même ne craignait pas de stigmatiser de répitbëtede«mdmîers»t Le elergé vaudois, timide et hésitant, influencé du reste par le doyen Gurtat qui avait l'oreille du pouvoir, ne sut pas alors prendre énergtquement en mains la cause de la liberté religieuse. — La loi du 20 mai a inauguré dans le canton de Yaud une ère de persécutions d'autant plus odieuses qu'elles étaient légales. Les procès pour délit de prière et de culte se sont accumulés; ils ont été suivis de nombreuses comlaninations à l'amende, au bannissement. La loi du 20 mai a fait naître la dissidence et lui a conféré cette légitimité qui appartient de droit à toute revendication de la conscience outragée. Cependant cette loi devait périr par ses propres excès. Dans ces années néfastes, et qui étendent un voile si sombre sur un des plus beaux pays du monde, c'est avec bonheur qu'on entend s'élever peu à peu, et toujours plus nombreuses, des protestations sorties des rangs du clergé. Plus éloquente que toutes les autres, était celle d'Alexandre Yinet, écrivant son Mémoire en faveur delà liberté des n///es (1826). C'est encore dans ces années troublées, que naissent la plupart de ces sociétés religieuses lilires qui devaient faire pénétrer le réveil <lans le sein même de l'église nationale. ( )n pouvait donc l'espérer, l'audacieuse négation de la liberté religieuse amènerait une réaction que tous les bons esprits, d'accord avec tous les cœurs pieux, désiraient ardemment. C'est, en efl^et, cette réaction que, à la fin de cette période, réclamait avec autorité l'essai de Yinet sur la eorueience et sur la liberté religieuse (iSilè), — La révolution libérale du i 8 décembre 1890, amenée en grande partie par les faits mentionnés plus baut, devait être, pour le canton de Yaud, le début d'une période de paix, de prospérité et de vie religieuse. Cbose étonnante pourtant! la Constitution de !83i ne renfermait aucun article garantissant la liberté religieuse. Les amis de cette liberté avaient espéré mieux. Les débats dans le sein de la Constituante furent longs et laborieux, la lutte fut \ive; mais les représentants du peuple, en grande partie favorables à la liberté réclamée, furent retenus par la crainte peu fondée de voirie zèle religieux prendre, sous l'égide de la loi, une direction flicbeuse. Et puis, on se fiiisait des illusions, on s'imaginait que l'opinion publique éclairé, rendrait impossible le renouvelle-
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ment dos (It'sordres prnviH|aés par la loi du -20 mai. 11 ne fallut rien moins (]uo los scènes hideuses ijui suivirent la f(Mo dfs vi;^nr>rt>ns à Vevey, en [H'.VA, [uniT montrer clairement (jne la liberté n'existait »}u'à I-rii plaire. L'année suivante, la loi du 20 mai fui retirée, mais la lucuace constante d*un réveil de l'intoléranee ne cessa pas pour cela de planer sur le pays. — Au fond, les ennemis de la liberté religieuse se confondaient avec les ennemis du christianisme positif. En 1839t le grand conseil abolit la confession de foi helvétique et promulgua la loi ecclésiastique du 14 décembre, A entendre ses adversaires, la confession helvétique était le plus grand obstacle à l'établissement d'un»- liberté reliprieuse complète. Mais, en réalité, pour ce parti, le chri-iianisme biblique avail l'ait son temps, il «b vait être reuiidacé. L'abolition d<' la confession de foi était le premier pas dans cettt- voie. L'église ay.inl ainsi perdu ce qui la caractérisait en propre, ce qui était sa raison d être et ce qui faisait sa force, se vit aussitôt asservie à l*Etat. Ce fut le second pas. Aussi le double r^ultat de la nouvelle loi ecdésiastique iiit-il, d'un côté, le triomphe légal du gouvemementalisme en matière d*égliie; de l'autre, la négation officielle et constitutionnelle de la liberté religieuse. Vinet avait bien raison do dire que « le prineipe de cette loi était cyniquement matérialiste. » 1839 a été une date fatale pour l'Eglise évangélique réformér du canton de Vaud. — .\près !83!), il est vrai, il y eut un temps d'arrêt, apparent du moins, (lans le mouvement qui poussait l'église vaudoise vers une catastrophe. On pou vailencore ben;>>r de nombreuses et douces illusions. L'influence de Vinet allait graudissant, et la présence de cet éloquent apôtre de rindividualtsme duétiei à Tacadémie de Lausanne, paraissait être le gage d*un triomphe prochain et définitif de la liberté religieuse. Son bel Fsioi tur la mmûfettalion des convictions religieuses et sur la séparation de VEglise et de /'^<al (1812), protestation indirecte, mais d'une haute portée philosophlipie contre la loi de 1839, étonna, et même effraya le clergé vau-loi* en remettant tout en question. Néanmoins, les amis sincères do la liberté religieuse pouvaient considérer ce livre comme un plaidoyer qui finirait par subjuguer tous les bons esprits, — La brutale révolution du 4 4 février 1845 allait jirécipiter les événements. Les changements politiques survenus en 1830 avaient amené au pouvoir plusieurs hommes d'une incontestable honnêteté, sincèrement attachés à la cause de la civilisation et du christianisme. Mais le radicalisme, qui comptait au» des représentants au sein du Conseil d'Etat, excitait chez le peuple âne haine violente contre le Réveil, qualifié du nom de méthodisme. Propagande facile, car le peuple était plus formaliste que religieux, tandis que les pasteurs, (juoique généralement fort respectables, étaient peu populaires. Aussi la révolution «le 1845. commencée au cri de: A bas les jésuites, se continua-t-ellc au cri de : A bas les môiiiiersl En fait, cette révolution était dirigée contre l'aristocratie de la juoralile, comme on ne craignit pas de Ta vouer dans le temps. — Les pasteurs, réduits par la loi de 1839 à la condition de fonctionnaires de rétat,is virent appelés à adhérer à la révolution et à prêter leur ministère au actes tout politiques d'un gouvernement qui posait en principe la snbcv-
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dination de l'Eglise à l'Etat. Us firent beaucoup de concessions. On leur en demandadécidémrnt pins qu'ils n'en pouvaient faire, et, le 12 novembre 1845, cent quatre-vingt-dix pasteurs et ministres résignèrent leurs fonctions officielles. Il est vrai que, quinze jours plus tard, quarante d'eutre etix retin-rcnt leur dtMuission. La conduite singulièrement habile du Conseil d'Etal, ou plutôt de son président, Henri Druey, maintint debout, quoique aflkibli, rétablissement officiel. ^ L'Église évangélique libre du canton de Vaud ne fut pas le produit direct et nécessaire du conOît survenu en 1845 entre le elergé et le gouTernement vandois. Elle fut bien plutdt un fruit de tout le mouvement religieux antérieur. La lutte avec le pouvoir civil brisa des liens qui ne se seraient pas facilement dénouas à l'amiable, et la démission des pasteurs permit l'établissement d'une église qui aurait des membres un peu partout dans le pays. Cependant l'église libre elle-même, après bien des tAtonneraents qui s'expli<îuent sans peine, ne s'est constituée d'une manière régulière et définitive que le 12 mars 1847. Elle compte 4 à 5,000 membres, répartis en une quarantaine de congrégations reliées entre elles par un synode. Plusieurs commissions administratives permanentes relevant du synode, et ayant à leur téte la commission synodale, gèrent les intérêts divers de l'Eglise dans l'intervalle des sessions annuelles du synode. Un certain nombre de postes d'évangélisation, dans le canton et hors du canton, dépendent de l'Église libre dont le budget annuel s'élève à plus de 150,000 francs fournis par des dons volontaires. — La révolution de février 18 io avait rouvert dans le canton de Vaud une ère de basse intolérance. La démission des ministres avait été précédéi^ et elle fut suivie de persécutions dirigées contre les réunions religieuses tenues hors des temples et des heures fixées parla loi, contre les pasteurs et les fidèles qui prenaient part à ces réunions. La fondation de Téglise libre ne mit pas fin aux actes de violence de la populace, pas plus qu'elle n'arrêta la promulgation par Tautorité de lois intolérantes et prohibitives. Durant plusieurs années, on put croire que, la civilisation avait reculé d'un quart de siècle, au canton de Vaud. Les scènes humiliantes qui avaient accnnipagné les débuts du Réveil se reproduisaient avec une ressemblance telle, que le pays paraissait n'avoir rien ai)pris ni rien oublié. Enlin, en 1850, les lois oppressives de la liberté des cultes furent abolies et, en 1801, lu Constitution donna ù cet égard des garanties qui, jusqu'ici, avaient trop manqué à la législation du canton de Vaud. — > Au mois de mai 1863, le grand Conseil a promulgué la loi qui régit actuellement l'église nationale vaudoise. La condition requise pour être envisagé comme membre de cette église, c'est d'en accepter les principes et les formes .organiques. L'Eglise elle-même participe à son administration parle moyen des assemblées de paroisse, des conseils de paroisse, des conseils d'arrondissements ecclésiastiques, et, enfin, par le moyen du synode et de la coiunnssion synodale. La paroisse prend part à l'élection de son pasteur eu prés^'Utaut trois candidats, })aruii lesquels le Conseil d'Etat choisit librement. Le pays est divisé en huit arrondissranents ecclésiastiques et en 131 paroisses nationales. Ainsi, par l'établissement de corps mixtes et par la participation des laïques à
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radministratioii de l'église, la loi de 1803 a créi'* ce. qui nVxistait auparavanl que d'une manière abstraite, savuir une église. Seulement, la loi a maintenu la eonfiiûon du citoyen et du chrétien, du peuple politique et du [>euple religieux; elle n'adonné aucune place à une discipline qui s'eicrcerait sur les membres de l'Eglise. L'Etat conserve la haute main dans les alFaires de rplglise, car il a le contrôle et le veto. L'aulonomin de cette Eglise est donc loin d'»Mro rôollo. — Le culte catholique est garanti par la Constitution dans cinij paroisses du district d t^'hailens. Une loi de 1810 a permis l'érection de chapelles romaines à Lausaaae et dans la plupart des chefs-lieux de districts. — Les protestants allemands ont, à Lausanne, une paroisse reconnue par la Constitution et le rattacliant même à l'Église nationale. Deux pastcurs-évangélistes pourvoient aux besoins des nombreux Allemands répandus dans le canton. Les diverses nuances du plymoutliisme ont d'assez nombreux représentants au canton de Vaud. Les wesleyens. en petit nombre, ont une chapelle à Lausanne et des lieux de culte à Vevey et à Aigle, — Sources :'L. YuUiemin, te Chroniqueur, Lausanne, 1836; J. Olivier, Ftudei d'hùtoirt nationale^ Lausanne, 1842; Ch. Monnard, TûhlnoÊX tTAiitoire do la Suisse OU dix- fiui'fième siècle, ^avis, 1855; L. VulliemiDt Ir canffin de Vaud, Lausanne, 1S02, J. Cart; Pirrre J'iret, le réformateur vmtdois, Lausanne, 1804; Jules Gliavannes, les fléfdijtVa fmnçnit dans le pays de Vaud, Lausiinne, 187 i; Mémoires et doeumenis de la Société d' histoire de la Suisse romande^ Lausanne; J. Cart, Histoire du mouvement religieux et eeclétiaitique dans le canton de Vaud, pendant la première moitié du dix^euvième siècle, 6 volumes, Lausanne, 1971- 1^1 ; Brochures et écrits divers relatifs aux affaires erclésiastiqiiies vavd'iisex depuis 1845. J. Cart.
VAUDOIS. — Micbelet remarque au sujet des vaudois (}uc « c'est une belle singularité de ce petit peuple d'oecupcr par l'histoire une place si haute en Europe » [La Héfurme, Paris, 1850, p. 508). Ou ne saurait donc s'étonner que le nombre des écrivains qui entreprirent de lacooter leur histoire soit si grand.'Ge qui peut surprendre, c'est que, malgré tout ce qu'on a lu, M. J.-J. Herzog soit amené, par ses études critiques, h déclarer que « l'histoire des anciens vaudois est encore à faire » [Rev. de Th. et de Phil., Strasbourg, déc. 1850). — Nous distinguons, dans l'histoire des vaudois, trois p/Tirules : la première, antérieure à la Réforme; la seconde, depuis la Réluriue jusqu'aux premières libertés; la troisième, la période contemporaine. La plus connue des trois est su» doute la seconde, illustrée par des historiens de mérite et rendue popa* laire par un nombre infini d'écrivains de second ordre. Nous en tiendrons compte, afin de nous contenir dans les étroites limites d'uû article dont le caractère doit être surtout biblioErraphique.
I. .\VA.\T LA Hkkormk. — <i L'ori^nne des vaudois nécessite un nouvel examen, » au dire de M. A. Muslon. Ses lecteurs sont encore de cet avis malgré les recherches qui ont été fiutes et que Ton continue. U. Ch. Schmidt lui écrivait il y a plus de trente ans : < Tous les faits poAtifs constatés par des documents historiques (concernant les vaudois) sont sans exception postérieurs à 1170, c'est-ànlire à Yaldo., Avant celle
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^poquo. il n'y on a pas un seul. Citoz-moi 1(» moin<lrn petit fait antérieur à cotte époque et je Uïots bus les armes. » Jusqu'ici ce iléfi est resté sans réponse catégorique. L'hypothèse de l'antériorité des vaudois, relativement à Valdo, est non seulement insoutenable sur le terrain de la critique historique, mais inutile pour riotelligence des faits constatés. On invoquait encore naguère le témoignage de la chronique de Saint-Thron et du cardinal Damien : or la première ne fait nulle mention de
contrée souillée par une hérésie invétérée nu prissoff (hs /I (ainsi qu'ont affirmé MM. .Mona^tier et Muston , et il s'agit d'ailleurs là de l'hérésie de corpore et sanguine Domini que l'on attribuait aux Cathares ; d'autre part, saint Damien ne fait aucune allusion à des vaudois, et ne se plaint avec révéque Gunibert de Turin et la princesse Adélaïde de Suse que d'une chose. Savoir que la nouvelle loi du célibat excitât de l'opposition . Point d'allusion surprise jusqu'ici dans les annalf.-^ du couvent Iténédictin de l'abbaye de Pi^aierol, non jjlus que dans les archives de la maison de Luzerne, ayant trait à des vaudois ou habitants évangéliques des vallées, antérieurement à Valdo (voy. Rivinta Crutiana^ Florence, 188S). M. Muston invoque des raisons de linguistiqvepour soutenir que « Icâ poèmes vaudois sont Tœuvre des habitants originaires des vallées vaudoises, » et que cette œuvre date de la venue de Yaldu, à supposer qu'il soit jamais venu dans nos vallées {Aperçu de rantvjnité des Vaudois des Al/)t-s d'a/jrès l>?uvs poi-mes en langue roman€j Pignerol, 1881). Mais, selon les maîtres de la philologie romane, MM. Diez, Baehmer et Fœrster, son argumentation ne se concilie pas avec les règles admises des dialectes romans (voy. Arô. Crùtiana, 1882); au contraire, ils nous disent que les résultats de la philologie concourent à exclure l'hypothèse de l'antiquité traditionnelle. Dès lors, serions-* nous justifiables si nous faisi(ms remontt r l'origine des vaudois à l'Age apostolique, à Vigilance, à Claude de Turin? Certes non. Nous adincllons autant que personne tju'il y a une cliuine de réactions qui, du temps des Apôtres, se déroule, en Italie surtout, jusqu'^ celui de la Réforme, et nous Tavons démontré (voy. notre Introduzione à la Sioria délia Riforma m /<a/ta, Florence 1881) ; mais la réaction primitive des vaudois constitue un simple anneau de cette chaîne, anneau précieux du reste et plus tenace qne bien d'autres. En ce sens, il est toujours e.vact dédire que les vaudois sont les plus vrais représentants delà protestation antipapale, dont les origines nous ramènent à celles de l'Eglise elle-uiéuie. — Telles sont les raisons qui nous imposent de commencer cette notice par quelques mots sur Pierre Yaldo. On ne sait rien de précis encore sur son lieu de naissance. C'est à Lyon qu'il nous apparaît pour la première fois, dans la seconde moitié du douzième siècle. Il était marchand, mais • son nom ne nous serait pas parvenu s'il n'avait pas été aussi autre choge. Craignant Dieu, il redoulait ses propres richesses, l'n jour, frappé de la mort subite d'uu ami, alarmé daus sa conscience, il interrogea uu maître en théologie sur les moyens de sauver son âme. Embarrassé bientôt par la réponse de son directeur spirituel, qui lui indiquait plusieurs chemins : dites-moi quel est le plus direct et le plus sûr, fttril. Et la dernière réponse fut : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu
as et distribue<4e aux pauvres. » Yaldû avait une femme et deux l^lea. 11 leur laissa la meilleure part de ses biens, s'aequitta de tonte dette, et livra le reste aux nécessiteux. Il allait disant : « On ne peut servir à Dieu et à Ifammon ». Etait-ce vœu de pauvreté? Oui, mais tout volontaire. Ce qui carart«^ri?e ]n plus sa conversion, c'est rattachement qu'il voue à la suiute Ecriture. Il la lit. la médite, et, pour la rendre au peuple, il se décide à la traduire en langue vulgaire. A cet ellet, il s'associe deux clercs, quelque peu lettrés. Etienne d'Ausa lit l'oriice de traducteur, Bernard Ydros celui de copiste. — En quoi consista précisément leur travail? On ne saurait le déterminer avec précision. Existe-t-il encore? Gilly a cru reconnaître le cachet vaudois primitif à plus d'une version [Introduction à sa ftomaunt version, etc., London, 1848). M. Heuss en a jup- autrement (/'Vaymew/.v relatf'fs à la Bible franraise, Hev.de Th. et de Philos., 1851-53). Remarquons seuleraent que le Nouveau Testament de Lyon mentionné par Gilly {ib., p. 57-6ij, et plus au long par M. W. Fcarster {JUifue de languet romanett Montpellier, 1818, p. I05-1S5 et 157479), pourrait, d'après Topinion de ce dernier, être celui de Yaldo, tel quel ou remanié ; car au point de vue de la philologie, rien n'empôclierait absolument d'admettre qu'il appartienne au douzième siècle; d'autre ])art. la meiitiuii faite en lan 1179, au concile de Latran i,voy. Mapeus, cité par Ussérius) et encore l'an lii9 au concile de Toulouse, pourrait bien s'y rapporter. Ceci, du reste, demaode un examen pondéré, qui est encore à ftlre. Valdo ne se oontente pesée travailler & cette version ; il la répand, l'exidique. Chacun de ses diseiplai devient, comme lui, une Bible ambulante. Le véritable type vaudois du premier âge. c'est le colporteur. On le voit, l'origine vaudoise a un • cachet à la lois bibli(iue et lai(jue. Ou dirait voir renaître l'Eglise apostolique primitive, au cri de Pierre Valdo : « Mieu.x vaut uhfir à Uieu qu'aux hommes. » Les scribes et les pharisiens ne manquent pas de successeurs et voilà renaître aussi la persécution. — 'Valdo eompatalt devant l'évéque de Lyon et s*étonne de se voir accusé. Condamné une première fois par le concile diocésain (cf. avec les chroniques duXlII" 9. le mss. intitulé Jlist. véritable des Vaudois, à la bibl. Vict. Emmanuel à Turin, n" 109), il eu appelle au pape, et, selon le témoignair»' de trois chroniques, se rend lui-uiéme à Home. Un moment,, il seuilda trouver grâce auprès du vainqueur de Barberousse. En ellet, Alexandre 111 l'autorisa à prêcher, grâce peut-être à Tintervention d'un cardinal favoraUeà Yaldo. Mais un examen sans doute ultérieur, que ses délégués durentsobir par devant le concile de Tan 1179, amena le refus de toute autorisation à prêcher, saiifla permission du clergé local, pour les vaudois. M.Diecklioff fait, selon nous, de vains eflorts pour prouver qu il ne s'agit pas, dausc* dernier cas, d'Alexandre 111, mais d'Innocent 111 ; ni de l'an 1179, mais de l'an 1210 environ [Die IValdenser, p. 343 et suiv.). Les vaudois se recueillent et disent : « Le Seigneur n*a-i-il dit : AJlez, prêches l'Evangile à toute créature ? » Les voilà déddés pour jamais à bxmver l'autorité des hommes. L'excommunication éclate au concile de 'Vérone, en 1183-81; la persécution déchaînée les répand de tous côtés : en Dauphim-, Provence, Languedoc, Aquitaine, Guyenne, Gascogne, Mets, les Pays-Bas,
jusqu'en Angleterre, en Moravie et en Italie. Bieu des portes leur sont ouvertes par d'autres dissidents, surtout par les Cathares. Valdo, suivant une tradition assez vraisemblable, aurait fini ses jours en Bohème» où il laissa des disciples (Herzog, JSom. Wald,, 1. III; Zezschwitz, JDie Xaieeh. d.Wald^ und Bœhm. Brùder, p. 134-180; Pa|acky, GoU, etc.). — Suivons maintenant les vaudois en Italie. Nous en distinguons ici deux centres, dont l'un a disparu : celui de Milan en Lombardie. La Lombardie fourmillait, comme le sud de la France, de sectes dissidentes ; surtout Milan et les cités plus ou moins libres. Les vaudois, arrivés d*outr»>mont8, s'y amalgamèrent avec des disciples d'Amauldet Tassociation ouvrit des humiliés, sous le nom de pauperes Ualiei, De là ua mouvement d'émancipation vis-à-vis des vaudois, restés au delà de» monts, sous l'empire de Yaldo. Ce fut pour le conjurer peut-être, sinon pour le jiistiiier, (jue fut convoqu«'e la conférence tenue dans les environs de liergame. l'an 1218. Chacun des deux partis y fut représenté par six députés. Leurs débats furent recueillis et nous ont été révélés en 1875, grâce à la découverte de trois manuscrits de la Bibliothèque de Munich (Preger, Beiirxge zur Geschichte der Woddener, Miincheo, 1875). Ils jettent la plus vive lumière sur leurs Jivor^M iices d'opinions et font surtout honneur aux vaudois de Lombardie. Ils déclarent vouloir suivre les traces de Paul, qui résiste à Pierre, et s'approprient cette parole, de l'apùlre des Gentils: u Quand nous étions enfants, 'nous parlions comme des enfants, nous raisonnions comme des enfants ; maintenant que nous sommes devenus hommes, nous faisons disparaître ce qui est de l'enfant. » Les divergences portaient principalement sur Yaldo et l'interprétation deladoctiinedelatransfubstantiatiouadmise d( s (l( ux côtés. Du reste, elles ne paraissent pas avoir abouti à une séparation t'urmclle. Uut" iiutre (livifiou riait inévitable, entre les vaudois progressistes et ceux qui rêvaient la conciliation avec Home. Ceux-ci opérèrent une rentrée, qui ne fut pas glorieuse, sous le nom de pauperes eatkoliei, G*est vers ce temps qu'Innocent 111, si puissant contre les vaudois* de France, était réduit à se plaindre de ce que la commune de Milan avait concédé à leurs coreligionnaires de Lombardie un emplacement pour leur école, déjà démolie, mais rebâtie. Cependant, comme nous le verrons, la persécution huit par avoir raison d'eux partout, sauf dans leur forteresse naturelle des Alpes cottienues. — Ceci nous amène à dire un mot de l'autre centre, qui se trouve aux Yallées vaudoises. Les disciples de Yaldo y étaient arrivés dès avant l'an 1S09, car, cette année là, Tévéque de Turin invoque contre eux le secours de l'empereur Othon IV, descendu en Italie. Celui-ci rendit un décret, qui ne parait pas avoir donné lieu à ime persécutioH ouverte. Mais l'Inquisition était à l'œuvre. En Tan \2'20, le comte Thomas I""" entre à Pignerol, reçoit de l'abbé la restitution des domaines concédés par Adélaïde de Suse, et menace d'amende toute maison qui logera un vaudois. Ceci ne fiûsait pas l'affaire des seigneurs de Luzerne. Aussi, l'an 123S, si nous en croyons un manuscrit signalé tout récemment, taisant acte de soumission à la maison de Savoie, ils exigèrent, entre autres conditions, que l'on reconnût aux vaudois le « libre ezerdoe du culte i» (voy. à ce sujet
mit' leltro do Gaston de Brz, dans mon ouvrage Valflo »vi / Vnldesi (p. 28, n" i]. Si I on considère, après cela, que le comte Thomas et ses Sttccesieiin immédiats forent engagés ailleun en de graves afiaires, on concevra que, pour assez longtemps, il n'y ait plus trace de mention des vaudois dans nos lois civiles. Ce temps-là foi mis à profit à riionneurde l'Evangile. Lcf? vaudois se multiplièrent considérablement et lurent, plus et mieux que la maisfui de leur seijrneur de Luzerne, une lainière qui luit dans les ténèbres : lux lucet in tenehris. Répandus de tous eôlés, ils vont de ville eu ville, jusque dans les Calabres, où, le siècle suivant, ils fondent même une colonie. On sait quel fot son triste sort (De Boni, VinqumàUme ed i Calabro VeUdêti ; Al. Lombard, «/.-£,. Paseale et kt Martyrs de CeUabre). La persécution se déchaîna des deux côtés des Alpes Gottienne*? , et réussit à circonscrire l'action missinnnaire des vaudois, peut-être même à fernuT leur école à Angrogne. A la veille de la Réforme, une enquête dirigée par l'archevêque Seyssel de Turin révèle l'existence cachée des restes de l'Israël des Alpes. — Ajoutons ua mot touchant leurs croyances, leurs mœurs, leur littérature, dans ce premier âge. Leurs doctrines ne diffèrent pas encore formellement, sauf
< en quelques points, de celles de TEglise romaine, même quant aux sacrements. Néanmoins, leur dissidence est plus que justifiée parle fait que la Bible est devenue leur lumière. Ils tournent le dos au pape, sinon à l Eglise ratludique. Ils s'en tiennent à ce que leur enseignent leurs Barbes et se déhcnt des prêtres. Dès le commencement, ils rejettent nettementle purgatoire. Si leurs croyances se meuvent encore dans l'orbite de la tradition catholique, sans même s'inspirer spécialèmentde la réaction augustinienne, ainsi que feront plus tard les Réformateurs, on sentcependant qu'elles vont briser l'outre vieillie, poïir passer dans le credo renouvelé de la Réforme. En attendant, la vie passe dans les mœurs. Pauvres, chastes, humbles, les vaudois sont avant tout des témoins. Leur ouie^t
• oui ; partait, point de serments. Ils laissent encore tout entière à DLeu la vengeance, et se bornent à être fidèles. Us exercent le sacerdoce Tmiversel et professent un commencement de formes presbytériennes. De leurs écoles sortent des évantrélistes nourris de la moelle des Ecritures. Les adversaires même en lonl foi. dans leurs chroniques. Leur littérature n'offre rien d'extraordinaire (voy. Hir. Crist., 1882, article d'Ed. Montet). Parmi les écrits qu'on leur attribue il en est plusieurs qui ne furent rédigés qu'à l'aurore de l'àge suivant ; il en est d'autres, surtout en prose, qu'ils ne firent guère que transmettre. Leur livre, c'est la Bible. Nous voyons paraître àoêté d'elle quelques petits poèmes, pleins de sève et d'une candeur caractéristique. Le plus remarquable d'entre eu\ est la Nobla Lcszon . « Nos pères, dit (lilles avec raison, ont toujours eu plus de soin de bien faire en toutes choses, que d'escrire et conserver la mémoire de leurs laicts. » »
II.'De la Répur.\ie jusqu'aux phehières libertés. — La Réforme marque le premier réveil vaudois. Son contact est dû à Tintermédiaire de quelques pasteurs des Vallées et aux réformateurs de la Suisse et de Strasbourg. L'an 1532, au mois de septembre, eut lieu à Angrogne an synode décisif, auquel la Réforme intervint par ses députés. Le résultat
VAtJDOIS
fut l'adhésion pure et simple des E-zlises des Valh^es aux doctrine» de la Kéforme. Voir ici, outre Gilles, un manuscrit de Dublin portant les articles formiilés à ce synode, et que M. Herzog d'abord {Bom. Wald,)^ puis M. Benrath [Hiv. Crùt,^ an 1876) ont fidèlement transcrite. Quelques-uns des Barbes vandois refusèrent leur adhésion. Il leur paraissait que la Réforme ne respectait pas sufTisamment Tancienneté de leur foi» ot qu'elle exposait, en tout ras, ses nouveaux adhérents aux représailles de IViiiiomi, surtout puissant en Italie. Gela dit, deux d'entre eux se rendirent en Bohème, dans le but de gagner à leurs vues les coreh- ^onnaires revenus aux Vallées ; ils furent entendus au synode tenu au val Saint-Martin, en août 1533. Ce synode couronna l'union résolue Tannée précédente, et les deux mécontents 8*éloignfcFent pour toujours. — La nouvelle période débuta, comme la première, par une nouvelle traduction des saintes Ecritures, Nous faisons allusion h la Bible de Robert Olivétan, si admirée par M. Reuss, et dont nous a entretenu ici même M. Douen (voy. son article Olivétan). Désormais, les Eglises des Vallées constituent ime des branches de TEgiise réformée. Leurs confessions de foi, leur discipline, tout se développe à Tunisson. La légende de l'antiquité vaudoise s'enracine si bien, et si h propos, que l'on devine qu'elle doit servir de réponse à la demande ironique, jetée à la face de de la Réforme par ses ennnmis : « Où était votre religion avant Luther, Zwingli et Calvin?» Pour descendre sur leur terrain, on répondra plus d'une fois : « Elle existait dans les vallées du Piémont » (Maclaine, notes sur Moskem^ édit. de Londres, 1806, vol. III, p. 123 en marge). Cette préoccupation engendra une véritable confusion dans la littéra-* ture^ vaudoise, des anachronisroes que la critique n'a corrigés que de nos temps. Comme on l'avait prévu, les persécutions devinrent plus terribles. Mais, l'abri dos Aliiesja solidarité des nations réformées, surtout la protection manifeste de Dieu, empêchèrent l'anéantissement de l'Eglise vaudoise. Nous n'essayerons pas même de résumer ces temps de persécution et d'héroïsme que Gilles, Léger et tant d'autres historiens ont rendus si célèbres. — Gilles est le plus vaudois de nos historiens. Son livre mérite d'être relu do tous, même par nos critiques. Il vient d'être réédité par le modérateur de- l'Eglise vaudoise, le docteur Pierre Lantaret. Léger n'ost pa* oublié encore. Ses tragiques récits ont ému l'Europe protestante et irrité au plus haut degré les adversaires. Parce (ju'il raconte avec Iteaucûup d imagination, et pour tout dire, sans exactitude, les origines vaudoises, on s'est plu à ne voir que de la médisance dans les pages brillantes qui stigmatisent la cruauté des persécuteurs (voy. par exemple Pius Melia, Tke origin^ persécutions and doctrines of the "^aldenset^ Londres, 1870, et Colletta, Storia del regno dei tempi di Carlo Emanm^le II, Gènes, 1877 !. Si nous regrettons qu'il ait trop a fait les frais de l'érudition de «es successeurs», ain-^i que s'exprinie M. Reuss, et que, depuis sir Samuel Morland, les écrivains ecclésiastitiues de langue anglaise n'aient guère fait autre chose que de le répéter, cela ne signiûe pas que son témoignage, en ce qui concerne les temps plus rapprochés de lui, ne soit très digne d'examen. Ceux qui vont jusqu'à révoquer en doute les maux et la désolation dont il fax témoin, ne réussiront pas à égarer la XH 67
critiqua sur leurs traces voy. VArc/nci') stnr. Ital., an 1878, disp. Yll De tous les personnages vaudois dont il nous parle, celui qui est resté le plus populaire, c'est Henri Âniaud, rilluttra caj^taine qui ramena nos aleax aux vallées de la terre d*exU. M. K.-H. Klaiber, pasteur d^une des paroisses vaudoises du Wurtemberg, a dédié à sa mémoiro la première biographie (Henri Arnaud, Pfnrrer und Kriegsoberstt^r fier U'aldenser^ ein Lebensbild, etc. Stuttgart 1880), qu'il sonore déjù à refaire, lit-, récit de la glorieuso ronlrée (an 1681)i a été rérominont réi'dilé, tant à Genève (juaux Vallées. Les Vaudois se préparent à lèter dignenieul le second centenaire do eet éTènement par lequel ils finent reodos à kor patrie italienne. — Nous ne dirons rien de plus sur cette seconde pMode de l'histoire yaudoise, dispensés que nous sommes de le faire par les ouvrages remarquables de MM. Monastier et Muston, ainsi que par le beau voyaire de Hudry-Menos, inséré il y a quelques années dans la Revwt des Deux- Mondes^ sous ce titre cinprujilé : Ylsraôl dcf Alpe$ (au i867-18t)8). Signalons encore ici la récente étude de topographie et d'histoire militaire de M. Â. de Rochas d'Âiglun, Les ValUlat vouante», Paris, 4881.
ni. Pkriodb GONTRHPORAIM-:. Celte période s'ouvre par un nouveau réveil, dont l'instrument principal fut, après Félix Neff etGilly, le général lieekwith, communément appelé le bienfaiteur des vaudois. Sur son œuvre de restauration, il faut lire rexcellonte biographie que M. J.-l*. Meille, premier évangéliste de l'Eglise vaudoise, a fait paraître à Lausanne, en i872, sous ce titre : Le générai Beckwith^ sa vie et m tn* vaux parmi let Vaudois du Piémont. On y trouve, ainsi que dans «on rapport à r.\lliance évangélique réunie à Paris l'an 1855, le récit dai débuts de l'évangélisalion reprise vers l'an 1848, qui fut celui de l'émancipation dos vaudois {17 févrieri et de la promulgation du statut foodanienlal (}ui est la base inéiue des libei tés italiennes. Pour se rrndre compte de l'enthousiasme que produisit i'aunouce de ces libertés, il faut Ure le bel ouvrage de M. Amédée Bert, alors pasteur à Turin (/. ValdeH, etc., Turin, 1849). Un antre livre à eonsulter pour le rédt de l'évangélisatioa de l'Eglise vaudoise, et des divors(>s dénominations surgies à côté d'eHe, c'est VItalia de M. Léopold Witte (Freienwalde a. 0.. 1878). Lai?WM(c Crtstiania de Florence, qui s'occupe régulièrement des éludes concernant la Itétorme italit'une, ainsi <jue de la bibliographie vaudoise. vient d'entreprendre sous la ruJjrique Cronaca docutnentala, etc., la narraliou exacte, complète et documentée des origines et des faits les plus saillants de révangélisation générale d'Italie jusqu'à nos jours, eommençant par Florence. Nous nous permettons d'y renvoyer les lecteurs. — L'œuvre d'évangélisation do l'Eglise vaudoise, recommencée Tan 1848, n'a tait que se développer jusqu'aujourd'hui. On peut distinguer ici trois phases : I. De Van 18iH à l'an 1860. L'évangélisalion est dirigée par la Table vaudoise, et l'on commence à former des évangélistes à l écolc de théologie de Torre-Pellice.— U. De Van 1860 à tan 1872. L'école de théologie est transférée à Florence, au palais Salviati, avec ses premien professeurs, MM. le docteur J.-P. Revol et P. Geymonat. D'autres professeurs sont ajoutés ; entre autres, le célèbre Louis de Sanctis. L'évao-
VAUDOrS 1059
«lélisation est coiiliéc à une commission spécialo. — III. l)e l'an 187i à Van 1882. Sur Tinvitation de la Gounuissioa d'évaugélisation, les Eglises nouvelles envoient à Florence leurs députés, aûu de procéder à la constitution de lu première conférence générale. La seconde eut encore lieu à Florence, la troisième à Gènes» la quatrième à Turin» la cinquième à Milan. Cette conférence générale se réunît tous les trois ans. Le champ de l'évangélisation se divise en cinq districts : Piémont et Lifriirie, Lombanlo-Vénétie, Toscane, Rome et Naples, et Sicilo. Les coiiféronces de district sont annuelles. — En i848, l'Eglise vaudoise comptait dans son sein 18 ministres consacrés, 15 églises et quelques écoles. Elle compte maintenant, hors des YaUées 41 églises, plus 34 stations et 150 localités lûltées, 3,SS5 communiants, 22 mille auditeurs occasionnels, 1,878 élèves des écoles du dimanche. Le budget annuel s'élève à plus de 250 millo francs. Il est intéressant de marquer le pro<^rès continu ([u'olFrent les re gistres des contributions volontaires que les nouvelles églises s'imposent :
Fr. g.
An 1870 9.504 17
An 1871 11.152 17
An 1872 21.217 84
An 1873 2fi.2m> 76
An 1874 25.27(; 10
An 1875 23.831) 25
An 187G. 26.795 64
An 1877 29.770 77
An 1878 43.385 71
An 1879 46.747 57
An 1880 40.'iC.î» 76
An 1881 53.604 60
L'école de théologie de Florence a été fréquentée par plus de cen^lèves. La liste des ouvrages produits par la mission vaudoise n'est pas insignifiante, non plus que celle des journaux. Nous signalons surtout les Commentaires du révérend docteur R. W. Stewart, la S( icnce de la religion
ou la dogmatique de M. le profes?»'ur P. (îeymnnat. la nouvelle version du Nouveau Testamt^nt et des ouvrages d'Introduction aux livres de l'Ancien et du Nouveau Testament par M. le professeur A. Revel ; cnlin, l'histoire de la Réforme en Italie, que Taccueil bénévole de la presse m'autorise à enregistrer ici. — Sourcbs. Voyez Muston, Fsraëides Alpes, ▼ol. rV, Bibliographie; Dieckhoff, Waldenser, 1»^ partie, p. 11-144; Herzog, iHe ^om. Wald. et autres écrits; Tood, FAe bwtcks of the Vaudois. Qu'on nous pt-rmctto de renvoyer, pour la premi»'re période surtout, à notre étude nititulc»' : ['a/do cd i Vdidrsi aimnli /a J{i forma (Florence, 1880), ou bien à la traduction anglaise (jjii en a «'té faite. Aucune des sources utiles n'y est omise, sauf les toutes récentes que nous avons indiquées ici. On y trouvera aussi mentionnées plus sommairement les sources à consulter pour la seconde période. Sur la troisème, outre les ouvrages indiqués de MM. Meille et Bert, voir encore les rapports o£K-