VEUT ET VIVARAIS
des tailles lui avait représenté que l'absence des protestants nuisait à la ville et l'empêchait de recouvrer les deniers de la province. Le 3 janvier 1635, le seigneur d'Annonay veat empêcher M. de Vinay, le pasteur» de prêcher. Il se garde bien d'obéir et son troupeau occupe )e temple pendant plusieurs jours pour qu'on ne pût le fermer. Quand les archers se présentent néanmoins, les femmes les aveuglent par une pluie de reii'îres et on finit par obtenir un ordre du roi qui \hwe rinterdiction du seigneur. Tn détail <jui donne la mesure du zèle de ces ouaille?, cVst qu'il y eut des personnes qui jeûnèrent pendant 14 jours pour fléchir la colère de Dieu. £n 1650 ou entreprend de faire expier aux protestants privadoia rillusion qu'ils te faisaient sur Toubli de la déclaration de 1629. Le marquis de Cbàteauneuf» leur seigneur, les accuse de n'avoir pas le droit d'exercice. Le curé déclare qu'ils ont toujours a vécu avec les catholiques en grande concorde et qu'ils sont gens de probité, » maison les condamne néanmoins ii 60,CM)0 livres d'amende, et 10 ans aprbs, le syndic du diocèse de Viviers obtient un arrêt (16 décembre 1660; qui les oblii^e à retourner s'édifier à Golière et (îratenat. — Depuis plusieurs années déjà on avait inquiété les églises de Vais, Veyras, BofTres, Vernoux, Touruon les Privas, Ajoux, le Guà, Meysse et celles du Yclay assez gravement pour qu'en 1654, le synode décidât que chaque église élirait un syndic chaigé de la représenter et défendre, et en 1657, que chacune donnerait un sol par livre (du traitement fait au pasteur) pour couvrir les frais occasionnés par ces persécutions. Gomme le pasteur de Privas, Accaurat, prêchait sous uti arbre à cent pas des portes de la ville, un arrêt du 43 octobre 166.3 défendit de précîier ailleurs (|iie dans les teiuples, et le clergé ayant rappelé l'existence de la fanu use déclaration, le roi en ordonna l'exécution le 22 février 1664, en frappant d'une amende de 1000 livres tout protestant qui habiterait la ville. Or elle comptait alors environ 260 ûimilles dont 200 étaient réformées I Le pasteur, àgéde 80 ans est interdit, et le 29 juillet le curé de Flaviac qui s'était constitué procureur des curés du voisinage, obtient les biens confisqués sous prétexte de faire rebâtir « Irs églises etc., que les réformés étaient accusés d'avoir démolies en plus de 40 paroisses. » IxC 30 septemltre enfin on leur interdit Tournon, — On roniprend ces mesures qui paraissent prématurées quand on sait que 1p protestantisme s'était peu à peu, et malgré tout, étendu et développé. Il y avait alors plus de 40 églises dans les deux provinces et le colloque de Privât ou de Bail, comme on Tappeki désormais, en renfermait la moitié. Ceux qui forçaient les protestants de Privas, naguère encore riches, à demander l'anuK^ne à ceux de Lyon, n'allaient pas tarder à diminuer ce clnlfre. En l(i69 le commissaire du roi interdit les syndicats créés en 10," » ; en 1670 les pasteurs du Chcyhir et du l'ouzin ; en 1671, Ajoux el Salavas sont attaquées ou supprimées ; en 1675, Saint-Pons, Alissas. etc., et c^tte môme année on lit dans le procès-verbal du synode provincial que « le nombre des lieux d'exercice est si petit qu'ils ne s'assemblent pas en colloques. » Pourtant les syndics des clergés de Viviers, de Valence, de Vienne et du Puy, à U requête desquels toutes ces églises étaient privées d'un culte qu'elles mettaient souvent fort peu de géné-